JEUX OLYMPIQUES

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Jeux Olympiques : drapeau

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Rio de Janeiro élue ville olympique 2016

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Stade Panathénaïque, Athènes

Stade Panathénaïque, Athènes
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Jean Boiteux

Jean Boiteux
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Voulus par Pierre de Coubertin, les jeux Olympiques de l'ère moderne se tiennent tous les quatre ans depuis 1896. Les Jeux ne furent pas célébrés en 1916, 1940 et 1944, en raison des deux conflits mondiaux, mais le décompte des périodes quadriennales correspondant à une olympiade n'en fut pas arrêté pour autant : ainsi, en 2016 à Rio de Janeiro, se sont tenus les XXVIIIes jeux Olympiques d'été, les Jeux de la XXXIe olympiade de l'ère moderne.

Jeux Olympiques : drapeau

Jeux Olympiques : drapeau

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Jeux Olympiques (1914). Dessiné en 1913 par le baron Pierre de Coubertin, le pavillon des jeux Olympiques a été solennellement inauguré à Paris en juin 1914 ; c'est aux Jeux d'Anvers, en 1920, qu'il fut hissé pour la première fois. Sur un champ blanc immaculé, il présente cinq anneaux... 

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Rio de Janeiro élue ville olympique 2016

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Le jour où le C.I.O. dévoile le nom de la ville qui organisera les jeux Olympiques constitue un moment intense dans la vie des différentes cités candidates. Au terme d’un processus long et très précis, le verdict tombe, souvent après plusieurs tours de scrutin. Ici, le 2 octobre 2009, le... 

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Contrairement à ce que semblait espérer leur père fondateur, les jeux Olympiques n'ont pu se tenir à l'écart de l'histoire des hommes. Bien au contraire, il leur a fallu répercuter les crises majeures que connut le monde, et ce furent la démonstration de force « paisible » du régime nazi en 1936 ; l'attentat palestinien à Munich en 1972 ; le boycottage des Jeux de Moscou (1980) et de Los Angeles (1984) liés à la guerre froide ; la contestation par certains de la tenue des Jeux de 2008 à Pékin en raison des atteintes aux droits de l'homme en Chine...

Chargé de l'organisation des Jeux, le Comité international olympique (CIO), fondé en 1894, est devenu aujourd'hui une gigantesque entreprise et un pôle d'influence diplomatique et financier incontournable. Il se voit confronté à des problèmes dont la gravité va croissant : primauté de l'économie de marché sur les valeurs sportives, criante lors des Jeux d'Atlanta en 1996 ; gigantisme (le programme des Jeux d'été de Londres en 2012 comptait 302 épreuves, celui des Jeux d’hiver de Sotchi, en 2014 en comptait 98) ; dopage, toujours d'actualité.

Quant à l'olympisme, conserve-t-il au début du IIIe millénaire une raison d'être, une signification propre, ou ne représente-t-il plus qu'une idée creuse, dénuée de toute valeur ? Quelle en serait d'ailleurs l'exacte signification ?

Si l'on se réfère à la Charte olympique, document de cinquante-neuf articles répartis en six chapitres publié sous l'égide du CIO, on la cherchera dans les « principes fondamentaux » : « ... L'olympisme est une philosophie de la vie, exaltant et combinant en un ensemble équilibré les qualités du corps, de la volonté et de l'esprit. Alliant le sport à la culture et à l'éducation, l'olympisme se veut créateur d'un style de vie fondé sur la joie dans l'effort, la valeur éducative du bon exemple et le respect des principes éthiques fondamentaux universels. Le but de l'olympisme est de mettre partout le sport au service du développement harmonieux de l'homme en vue d'encourager l'établissement d'une société pacifique, soucieuse de préserver la dignité humaine. [...] La pratique du sport est un droit pour l'homme. [...] Toute forme de discrimination à l'égard d’un pays ou d'une personne fondée sur des critères de race, de religion, de politique, de sexe ou autres est incompatible avec l'appartenance au mouvement olympique... »

Ces phrases, dont chacune mériterait un long commentaire, ont-elles toute la force que l'on souhaiterait pouvoir leur trouver ? Correspondent-elles bien aux efforts de Pierre de Coubertin pour, à la fin du xixe siècle, redonner vie aux principes d'Olympie ?

—  Pierre LAGRUE

Pierre de Coubertin et son œuvre

Tous les quatre ans, le nom de Pierre de Coubertin revient sous le feu des projecteurs. On se réfère à son exemple, on cite, en la lui attribuant imperturbablement, la phrase qui n'est pas sienne, « l'important, c'est de participer » (citation qui, en outre, déforme la phrase exacte : « L'important, c'est moins de gagner que de prendre part », prononcée par l'évêque de Pennsylvanie lors de son sermon aux athlètes des jeux Olympiques de Londres en 1908, puis commentée et paraphrasée par Coubertin à l'occasion du dîner offert par le gouvernement britannique le 24 juillet 1908) ; mieux encore, on se prévaut de son opinion sans avoir lu ses écrits ou bien en extrayant de son contexte tel membre de phrase tronqué, ce qui rend aisées toutes les déformations abusives.

Dans le meilleur des cas, il apparaît tout au plus comme le rénovateur des jeux Olympiques, ce qui occulte la profondeur et la variété d'une pensée multiforme. L'homme et son œuvre restent en fait des inconnus.

Issu d'une famille du « faubourg Saint-Germain », il est né le 1er janvier 1863 dans l'hôtel particulier du 20 de la rue Oudinot, dont il ne devait se défaire qu'après la Première Guerre mondiale, pour des raisons essentiellement financières. Pierre de Coubertin était l'un des quatre enfants de Charles Fredy, baron de Coubertin (1822-1908), peintre de quelque talent, et de Marie-Marcelle Gigault de Crisenoy (voir la généalogie établie par son petit-neveu Geoffroy de Navacelle), tous deux monarchistes et partisans du comte de Chambord. Très vite, Coubertin allait faire la preuve de l'originalité de sa pensée ; il allait s'éloigner du chemin tout tracé, des rivages trop connus, pour se livrer à cette « aviation intellectuelle » que plus tard il tenterait d'introduire dans l'éducation (cf. l'importante étude d'Y.-P. Boulongne, éd. Léméac, Ottawa, 1975).

L'éducation, la pédagogie : tel fut le champ d'action qu'il se choisit dès 1883, s'il faut en croire Une campagne de vingt et un ans (1887-1908), publié en 1909, où il indique sans ambages l'importance de son premier voyage en Angleterre. Visitant les public schools, il se rend compte d'une chose « imprévue et cachée », à savoir qu'« il existait tout un plan de formation morale et sociale dissimulé sous le couvert des sports scolaires ». La stature de Thomas Arnold, mort en 1842 après avoir mené durant quatorze années les destinées de Rugby, l'impressionne, ainsi que les résultats obtenus par le grand éducateur. Il regrette que ce dernier n'ait laissé ni texte, ni lettre, ni sermon, mais il considère que tout son système reposait sur l'idée que c'est à l'adolescent de construire sa personnalité d'adulte avec les matériaux dont il dispose, notamment la maîtrise et la pratique du sport. C'est cela qu'il faut transposer en France, pour que toute une génération prenne conscience d'elle-même, de ses forces et de ses responsabilités. Alors la défaite de 1870-1871 pourra peut-être s'effacer.

Désormais, le jeune Coubertin est en route. Le 1er novembre 1886, dans La Réforme sociale, revue chère à l'école de l'économiste Frédéric Le Play, paraît son premier article. Premier d'une production foisonnante au long d'un demi-siècle : plus de vingt-cinq livres d'importance à partir de L'Éducation en Angleterre (Librairie Hachette et Cie, 1888), des dizaines et des dizaines d'articles parus dans des publications françaises, belges, suisses, anglo-saxonnes, de nombreuses conférences, sans oublier une correspondance considérable.

Cette inlassable activité d'écrivain, un écrivain diffusé bien souvent à compte d'auteur, n'allait nullement l'empêcher de faire preuve, sur le terrain, d'une capacité étonnante et têtue à réaliser des vues d'abord tenues pour chimériques par ses contemporains. En 1888, il rejoint le mouvement athlétique et ses pionniers, qui ont nom Georges de Saint-Clair (Racing-Club de France), Jules Marcadet (Stade français), ceux-là mêmes qui ont conçu, en janvier 1887, le projet de cette Union des sociétés françaises de course à pied (alors réduite à leurs deux clubs) qui se transformera, deux ans plus tard, en Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA), contenant en germe le développement de toutes les structures à venir du sport français. Coubertin vient de lancer le Comité pour la propagation des exercices physiques, à la tête duquel il a placé une célébrité, l'ancien ministre de l'Instruction publique Jules Simon, tandis qu'il assure le secrétariat général. En 1889, il assumera également celui du Congrès international, organisé lors de l'Exposition universelle.

Bientôt l'Union et le Comité, loin de se combattre, unissent leurs efforts, en face notamment de la Ligue de l'éducation physique, animée par Paschal Grousset, ancien communard, journaliste et homme de gauche, qui entend se dresser contre l'anglomanie des aristocrates. Mais les roulements de tambour de la Ligue seront éphémères, tandis que l'Union prend peu à peu son essor, renforçant ses effectifs. C'est au cours des cérémonies marquant le jubilé du cinquième anniversaire de l'Union que, le vendredi 25 novembre 1892, Coubertin va terminer l'une des trois conférences de la soirée en proposant « le rétablissement des jeux Olympiques ». Cette idée, il n'est pas le premier à l'avoir évoquée, mais il s'y accroche. Lorsque le Congrès international athlétique débute, le 16 juin 1894, il n'y a plus d'équivoque : le titre officiel est devenu celui de Congrès pour le rétablissement des jeux Olympiques.

Dès la circulaire lancée vers les sociétés françaises et étrangères, le 15 janvier 1894, Coubertin énonce certains principes : « Il importe avant tout de conserver à l'athlétisme le caractère noble et chevaleresque qui l'a distingué dans le passé, afin qu'il puisse continuer de jouer efficacement dans l'éducation des peuples modernes le rôle admirable que lui attribuèrent les maîtres grecs [...]. Le rétablissement des jeux Olympiques sur des bases et dans des conditions conformes aux nécessités de la vie moderne mettrait en présence, tous les quatre ans, les représentants des nations du monde, et il est permis de croire que ces luttes pacifiques et courtoises constituent le meilleur des internationalismes. »

Le succès du Congrès se dessina dans les dernières semaines. Coubertin fut même dépassé : pour la première célébration des Jeux, il songeait à Paris, en 1900. Les soixante-dix-neuf délégués, représentant douze pays, choisirent Athènes, dès 1896. Lors de la clôture, le 23 juin 1894, ces décisions étaient entérinées. Déjà le télégraphe crépitait. Coubertin, se levant à la table du banquet final, pouvait se réjouir du couronnement des « dix premières années de [sa] vie d'homme ».

Le 6 avril 1896, le roi Georges de Grèce scellait la renaissance des Jeux en prononçant dans le stade de marbre du Pentélique la formule appelée à devenir rituelle : « Je proclame l'ouverture des Jeux de la première olympiade de l'ère moderne. »

Stade Panathénaïque, Athènes

Stade Panathénaïque, Athènes

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Dix-huit mois de travaux furent nécessaires pour rénover l'antique stade Panathénaïque. L'architecte Anastasios Metaxas mena donc ceux-ci tambour battant, et tout fut fin prêt le 6 avril 1896, jour de l'ouverture des Iers jeux Olympiques de l'ère moderne. 

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Devant le succès, les Grecs avaient songé à reprendre l'initiative à leur compte. Coubertin, durant ces premiers Jeux, s'était vu assez cavalièrement traité, car le projet d'un retour à Athènes, tous les quatre ans, séduisait les Hellènes. Sitôt cette période achevée, il reprit la situation en main. En 1897, le congrès du Havre, tout près du château familial de Mirville, eut pour objet essentiel de redonner au Comité international olympique le sentiment de sa continuité, et ce fut une réussite. Un cap difficile était franchi.

L'olympisme allait connaître bien d'autres périls. Mais, peu à peu, il gagnait du terrain. Il y eut de nouveaux congrès, à intervalles irréguliers : Bruxelles (1905), Lausanne (1913), Paris encore, pour le XXe anniversaire du rétablissement des Jeux, Prague enfin, en 1925. Entre-temps, le siège du Comité international olympique avait été officiellement installé à Lausanne (10 avr. 1915), cependant que Coubertin – « un capitaine ne quitte pas le pont du navire pendant la tempête » – acceptait de voir renouvelés ses pouvoirs, lorsqu’en 1917 son second mandat décennal de président vint à expiration. Mais à Prague, il jugeait venu le moment de dire au revoir à l'olympisme actif : « ... Je veux pouvoir consacrer le temps qui me reste à hâter, dans la mesure où je le pourrai, une urgente entreprise : l'avènement d'une pédagogie productrice de clarté mentale et de calme critique. »

Ainsi la boucle était-elle bouclée. Lorsque Coubertin avait décidé de rétablir les jeux Olympiques, il voulait internationaliser le sport, l'imposer à l'intérieur des frontières, afin de le faire accepter au sein des établissements scolaires comme élément fondamental d'une réforme pédagogique profonde. Les Jeux n'étaient nullement un but pour lui, ils n'étaient qu'un moyen, un outil qu'il imaginait efficace.

Pour autant, la pensée de Coubertin ne pouvait s'éloigner totalement de l'olympisme. En octobre 1918, dans La Gazette de Lausanne, il avait encore une fois précisé ses conceptions : « L'olympisme [...] préconise une éducation sportive généralisée, accessible à tous, ourlée de vaillance virile et d'esprit chevaleresque, mêlée aux manifestations esthétiques et littéraires, servant de moteur à la vie nationale et de foyer à la vie civique. Voilà un programme idéal. » Divers messages, adressés aux athlètes notamment, montrèrent au fil des années qu'il demeurait très proche de sa plus belle réussite. En 1931 paraissait le document essentiel, ses Mémoires olympiques, livre charmant et plein de finesse, montrant bien quelle diplomatie, quelle ténacité il avait fallu pour éviter les multiples embûches, et qui s'achevait sur la « Charte de la réforme sportive », avec le rappel du principe de la pyramide situant le record « au sommet de l'édifice sportif » et la devise : « Citius, Altius, Fortius » (plus vite, plus haut, plus fort) sortie à la fin du xixe siècle du cerveau du père Didon. En 1935, le Message radiodiffusé, dont Radio-Lausanne a précieusement conservé l'enregistrement, prend figure de testament spirituel, puisque Coubertin y expose sa « pensée initiale » et « les bases philosophiques sur lesquelles il a cherché à faire reposer son œuvre ». Selon ces principes, l'olympisme est avant tout une religion. « J'estime donc avoir eu raison de restaurer dès le principe autour de l'olympisme rénové un sentiment religieux, transformé et agrandi par l'internationalisme et la démocratie. » Seconde caractéristique de l'olympisme, « le fait d'être une aristocratie, une élite ; mais, bien entendu, une aristocratie d'origine totalement égalitaire [...]. Être une élite ne suffit pas, il faut encore que cette élite soit une chevalerie [...]. L'idée de trêve, voilà également un élément essentiel, elle est étroitement associée à l'idée de rythme. Les jeux Olympiques doivent être célébrés sur un rythme d'une rigueur astronomique parce qu'ils constituent la fête quadriennale du printemps humain, honorant l'avènement successif des générations humaines [...], printemps humain [qui] s'exprime dans le jeune adulte [...]. Enfin un dernier élément, la beauté par la participation aux Jeux des arts et de la pensée [...]. Célébrer les jeux Olympiques, c'est se réclamer de l'histoire. »

—  Jean DURRY

Les jeux Olympiques d'été

1896. Athènes

Deux ans après sa création, le Comité international olympique a dû surmonter l'opposition des politiciens grecs, hostiles à la tenue des Jeux, pour que les Jeux de la Ire olympiade de l'ère moderne puissent avoir lieu à Athènes. Pierre de Coubertin a dû multiplier les contacts diplomatiques pour que son projet aboutisse. Toujours est-il que les Iers jeux Olympiques se tiennent à Athènes du 6 au 16 avril 1896.

Douze nations seulement ont répondu à l'invitation des organisateurs : 81 athlètes, tous des hommes, venus de 13 pays affrontent 230 Grecs dans 9 sports et 43 épreuves. L'Américain James Connolly, vainqueur du triple saut, est le premier champion olympique de l'ère moderne. La victoire d'un autre Américain, Robert Garrett, au lancer du disque – l'épreuve classique des Jeux antiques – meurtrit les Grecs. L'Australien Edwin Flack réussit le premier doublé athlétique des Jeux, en remportant le 800 et le 1 500 mètres. Mais la grande vedette de ces Iers jeux Olympiques est un berger grec de vingt et un ans, Spiridon Louys, vainqueur du marathon, épreuve imaginée par le philologue français Robert Bréal, commémorant le parcours de Philippidès qui, selon la légende, serait mort d'épuisement après avoir couru de Marathon à Athènes pour annoncer la victoire de Miltiade sur les Perses en 490 avant J.-C.

1900. Paris

Les Jeux de Paris constituent une grande déception pour Coubertin. Les compétitions s'étalent sur six mois, du 14 mai au 28 octobre, et mêlent concours des amateurs et épreuves professionnelles. Les Jeux sont totalement éclipsés par l'Exposition universelle ; 88 épreuves, dans 20 sports, sont au programme officiel, dont quelques curiosités, telles que le croquet, la pelote basque ou la lutte à la corde. Les femmes, malgré l'opposition farouche de Coubertin, participent aux Jeux : elles sont 19, parmi les 1 225 concurrents représentant 24 pays.

La première championne olympique est la Britannique Charlotte Cooper, gagnante du simple dames en tennis. On note la suprématie américaine en athlétisme : 17 titres sur 23, Alvin Kraenzlein remportant 4 épreuves. Le Français Michel Théato, ouvrier ébéniste, remporte le « marathon des fortifs » sous la canicule (39 0C).

1904. Saint Louis

Comme en 1900, les Jeux s'inscrivent dans le chaos d'une Exposition universelle, la World's Fair, organisée pour fêter le centenaire de l'achat de la Louisiane à la France. Les compétitions – 89 épreuves dans 16 sports – s'étalent sur quatre mois et demi, du 1er juillet au 23 novembre. En raison de la longueur du voyage, peu d'Européens font le déplacement. Sur les 617 athlètes engagés (dont 8 femmes), 533 représentent les États-Unis. Deux journées « anthropologiques » de fort mauvais goût prennent place dans le cadre des Jeux. Seules les compétitions d'athlétisme méritent le label « olympique ». Le sprinter américain Archie Hahn remporte 3 médailles d'or. L'attribution de médailles d'or, d'argent et de bronze aux trois premiers est en effet la principale innovation de cette édition.

1908. Londres

En 1906 s'étaient tenus à Athènes des « jeux Olympiques » qui réhabilitèrent les Jeux, gravement ternis par la cohabitation avec les Expositions universelles en 1900 puis en 1904. Longtemps « officiels », ils deviendront des « Jeux intercalaires » pour préserver la cohérence quadriennale chère à Coubertin.

Londres organise les Jeux de 1908 pour pallier la défaillance de Rome : choisie au départ, la capitale italienne renonça, car le gouvernement italien avait besoin d'argent pour reconstruire la zone située au pied du Vésuve, dévastée par l'éruption du volcan en 1906. Ceux-ci, répartis en « Jeux d'été » et Jeux d'automne », se déroulent du 27 avril au 31 octobre. Mais, une nouvelle fois, ils se tiennent dans le cadre d'une manifestation commerciale, l'Exposition franco-britannique, destinée à fêter l'Entente cordiale. Plus de 2 000 concurrents participent aux Jeux (2 035, dont 36 femmes). Représentant 22 pays, ils s'affrontent dans 109 épreuves réparties dans 23 sports, dont le patinage sur glace. Pour la première fois, ils défilent par pays, derrière leur drapeau, lors de la cérémonie d'ouverture. Le moment dramatique des Jeux est l'arrivée du marathon, dont la distance définitive est fixée, et deviendra officielle en 1924 (42,195 km, soit la distance séparant le départ, devant le château de Windsor, de l'arrivée, sur le stade de White City) : l'Italien Dorando Pietri, en tête, s'effondre à moins de 100 mètres de l'arrivée ; des juges le relèvent et l'accompagnent sur une quinzaine de mètres... ce qui lui vaudra d'être disqualifié. L'Américain Melvin Sheppard réussit le doublé 800-1 500 mètres, tandis que son compatriote John Flanagan remporte le lancer du marteau pour la troisième fois consécutivement. Un autre Américain, Ray Ewry, gagne le saut en hauteur et le saut en longueur sans élan : depuis 1900, il a remporté tous les titres de saut sans élan (8).

1912. Stockholm

Les Jeux prennent véritablement leur essor : plus de 2 500 participants (2 547, dont 57 femmes) représentant 28 pays ; un stade de 35 000 places réservé à l'athlétisme construit pour l'occasion, avec système de haut-parleurs pour informer le public ; instauration du système de chronométrage semi-automatique. Du 6 mai au 27 juillet, 102 épreuves dans 15 sports sont au programme.

Les exploits sont nombreux. Le Finlandais Hannes Kolehmainen remporte trois courses, dont le 5 000 mètres, ne se défaisant du Français Jean Bouin que dans l'ultime ligne droite, au prix d'un record du monde pulvérisé de près de 30 secondes. Jim Thorpe (États-Unis), un athlète hors norme, s'adjuge le pentathlon et le décathlon – il sera rétroactivement disqualifié pour avoir touché quelques dollars en 1909, alors qu'il jouait au base-ball pour payer ses études. Le Suédois Eric Lemming remporte le concours du lancer du javelot en battant le record du monde. L'athlète américain Ralph Craig réalise le doublé 100-200 mètres. Le Suisse Louis Richardet s'adjuge 6 médailles (dont 4 en or) lors des épreuves de tir. Malgré l'opposition de Coubertin, la natation s'ouvre aux femmes : l'Australienne Fanny Durack s'adjuge le premier 100 mètres olympique.

1920. Anvers

Les Jeux de Berlin, prévus pour 1916, furent annulés en raison de la guerre, et l'Allemagne vaincue se voit exclue de ceux de 1920 et de 1924. Les VIes Jeux, ceux de la VIIe olympiade, ont lieu à Anvers, dans la Belgique meurtrie : ce sont les diamantaires qui fournissent l'essentiel des moyens financiers. Avec cette édition, les rites olympiques finissent de se mettre en place : l'escrimeur Victor Boin prête le premier serment des athlètes ; le drapeau olympique, imaginé en 1914 par Coubertin – cinq anneaux, sur fond blanc, qui reproduisent les couleurs de toutes les nations et symboliseraient les cinq continents unis par l'olympisme –, flotte pour la première fois.

Du 20 avril au 12 septembre, 2 669 sportifs (dont 78 femmes), représentant 29 pays, se mesurent dans 154 épreuves et 22 sports. Le Finlandais Hannes Kolehmainen remporte le marathon, son compatriote Paavo Nurmi s'adjuge le 10 000 mètres, mais se voit devancé par le Français Joseph Guillemot sur 5 000 mètres. La distance du steeple est fixée à 3 000 mètres. En natation, l'Hawaiien « Duke » Kahanamoku, vainqueur du 100 mètres nage libre en 1912, remporte de nouveau cette épreuve – il a inventé le crawl et inventera le surf. L'escrimeur italien Nedo Nadi s'adjuge 5 médailles d'or.

1924. Paris

Les Jeux reviennent à Paris, selon la volonté de Coubertin. Un stade de 60 000 places est construit à Colombes, la piscine des Tourelles est creusée porte des Lilas. Pour la première fois, un village des athlètes est intégré au complexe olympique. Autre innovation : quelques épreuves sont retransmises par la TSF. Du 4 mai au 27 juillet, 3 092 sportifs (dont 136 femmes), représentant 44 pays, participent à 126 épreuves, dans 19 sports.

C'est à l'occasion de cette édition des Jeux que certains sportifs deviennent des « stars » : le Finlandais Paavo Nurmi, qui obtient 5 médailles d'or, remportant le 1 500 et le 5 000 mètres à moins d'une heure d'intervalle ; le nageur américain Johnny Weissmuller qui s'adjuge 3 médailles d'or et fait admirer sa plastique. Le tournoi de football fait connaître au monde entier le jeu étincelant des artistes de l'Uruguay, emmenés par José Leandro Andrade. L'haltérophile français Charles Rigoulot est champion olympique des mi-lourds, justifiant son surnom d'« homme le plus fort du monde ». L'athlète britannique Arnold Abrahams s'adjuge le 100 mètres, pour lequel son compatriote Eric Liddell, qui remportera le 400 mètres, a déclaré forfait en raison de ses convictions religieuses car il avait lieu un dimanche : l'histoire des deux amis sera magnifiée par le cinéaste Hugh Hudson dans Les Chariots de feu.

1928. Amsterdam

Une flamme, allumée à Olympie, jaillit d'une gigantesque vasque. Elle symbolise l'harmonie dans laquelle 3 014 sportifs (dont 290 femmes), représentant 46 pays, vont se mesurer dans 109 épreuves et 15 sports, du 17 mai au 12 août. Les femmes sont pour la première fois autorisées à participer à quelques épreuves d'athlétisme. L'Américaine Elizabeth Robinson, lauréate du 100 mètres, est la première championne olympique d'athlétisme ; mais, certaines concurrentes mal préparées terminent épuisées le 800 mètres remporté par l'Allemande Lina Radke. La misogynie du mouvement olympique de l'époque va s'en trouver légitimée...

Les athlètes finlandais, Paavo Nurmi (10 000 mètres), Vile Ritola (5 000 mètres), Harri Larva (qui devance le Français Jules Ladoumègue dans le 1 500 mètres), règnent sur le demi-fond. Le Canadien Percy Williams réalise le doublé 100-200 mètres. Le Japon glane ses premières médailles d'or (Mikio Oda, triple saut ; Yoshiyuki Tsuruta, 200 mètres brasse). Vingt-huit nations obtiennent au moins une médaille d'or : ce record restera inégalé pendant près de quarante ans.

1932. Los Angeles

Les studios d'Hollywood ont donné des idées fastueuses aux organisateurs des IXes jeux Olympiques d'été : un joli village olympique de 550 pavillons (réservé aux hommes) accueille les concurrents ; le Memorial Coliseum, inspiré du Colisée de Rome, a été conçu pour accueillir plus de 100 000 spectateurs. Du 30 juillet au 14 août, 1 503 concurrents (dont 126 femmes) vont se mesurer dans 128 épreuves et 15 sports. Malgré la crise économique, ces Jeux sont les premiers à dégager un bénéfice : 1 million de dollars

En athlétisme, le chronométrage au centième de seconde, avec film d'arrivée, devient systématique : la Two Eyes Camera s'avère indispensable pour déterminer que l'Américain Eddy Tolan a devancé son compatriote Ralph Metcalfe sur 100 mètres. Leur éclectique compatriote Mildred « Babe » Didrikson remporte deux médailles d'or (80 mètres haies, javelot) et une d'argent (hauteur). Mais deux prestigieux champions – le Finlandais Paavo Nurmi et le Français Jules Ladoumègue – se sont vu interdire de compétition pour « professionnalisme ». Le rameur australien Henry Pearce conserve son titre en skiff. Les nageurs japonais, qui remportent 5 des 6 titres individuels, sont la grande révélation de ces Jeux, alors que l'Américaine Helene Madison gagne 3 médailles d'or en nage libre. Les haltérophiles français (Raymond Suvigny, René Duverger, Louis Hostin) s'adjugent 3 des 5 concours.

1936. Berlin

En 1931, par 43 voix contre 16 et 8 abstentions, les membres du CIO ont attribué à la capitale du IIIe Reich, de préférence à Barcelone, l'organisation des Xes Jeux d'été. Tandis que des « Olympiades populaires » prévues à Barcelone et soutenues par le mouvement sportif ouvrier ne pourront se tenir car la guerre civile espagnole vient d'éclater, le régime nazi va organiser une énorme mise en scène pour affirmer sa force à la face du monde. Malgré de timides appels au boycottage, 48 nations ont répondu favorablement à l'invitation de l'Allemagne. Du 1er au 16 août, 4 066 sportifs (dont 331 femmes) vont participer à 129 épreuves dans 21 sports, dont le basket-ball, le canoë et le handball. Le régime déploie des moyens inédits pour assurer le succès de cette mascarade : 1 000 trains spéciaux acheminent 4,5 millions de spectateurs dans les différents sites des compétitions. Dans le Stade olympique, le svastika, emblème du régime nazi, côtoie le drapeau olympique, symbole de paix et de fraternité... Cette triste image restera gravée dans les mémoires. À la demande d'Hitler, Leni Riefenstahl réalisera un film documentaire célébrant l'inquiétante beauté des Jeux de Berlin : Olympia, rebaptisé en France Les Dieux du stade.

Mais, comme un pied de nez à la doctrine nazie de la prétendue supériorité de la race aryenne, le héros athlétique de ces Jeux est un Noir américain, petit-fils d'esclaves, qui s'adjuge 4 médailles d'or : Jesse Owens remporte les 100, 200 et 4 fois 100 mètres, ainsi que le saut en longueur. Quant au Coréen Kee Chung-sohn, lauréat du marathon, il monte sur le podium les larmes aux yeux, figé de honte, contraint d'écouter l'hymne du Japon, qui venait d'annexer son pays, lequel retentissait en son « honneur ». Mais l'Allemagne a obtenu 33 médailles d'or, contre 3 à Los Angeles...

1948. Londres

En 1940, les Jeux devaient avoir lieu à Tōkyō le conflit sino-japonais conduit à les déplacer à Helsinki... La tourmente de la Seconde Guerre mondiale balaie tout cela. En 1945, la quadriennalité des Jeux est réaffirmée par le CIO, et Londres est choisie pour organiser les premiers Jeux de l'après-guerre. Les Allemands comme les Japonais ne participent pas aux compétitions, qui voient 4 099 concurrents, représentant 59 pays, participer à 136 épreuves dans 19 sports, du 29 juillet au 14 août. Le manque de moyens est criant, les sportifs sont logés dans des baraquements militaires... Mais les Jeux de Londres sont la première manifestation sportive internationale de l'après-guerre. La télévision, qui retransmet pour la première fois les Jeux, fait une timide apparition.

La vedette de cette édition est une mère de famille néerlandaise de trente ans, Fanny Blankers-Koen, qui remporte 4 médailles d'or en athlétisme (100 mètres, 200 mètres, 80 mètres haies, 4 fois 100 mètres). Le Tchécoslovaque Emil Zatopek gagne le 10 000 mètres, devant le Français Alain Mimoun. Les cyclistes français (3 médailles d'or) se distinguent également

1952. Helsinki

Pour beaucoup, les Jeux d'Helsinki sont sans doute les plus purs de l'histoire. Un public féru de sport applaudit tous les concurrents, dont les Soviétiques, qui participent pour la première fois aux Jeux, dans un contexte de guerre froide naissante, tandis que les Allemands et les Japonais font leur retour. Du 19 juillet au 3 août, 4 925 sportifs (dont 518 femmes) représentant 69 pays, se mesurent dans 149 épreuves et 19 sports.

Ces Jeux sont marqués par les triomphes d'Emil Zátopek, la « locomotive tchèque », gagnant d'un 5 000 mètres d'anthologie devant Alain Mimoun et l'Allemand Herbert Schade, du 10 000 mètres et du marathon. Le bondissant Brésilien Adhémar Ferreira da Silva bat quatre fois le record du monde du triple saut lors de la finale (16,22 m). Comme à Londres, le pasteur américain Bob Mathias gagne le décathlon. Christian d'Oriola est champion olympique au fleuret, tandis que son cousin Pierre Jonquères d'Oriola remporte l'épreuve de jumping. Jean Boiteux, vainqueur du 400 mètres, apporte à la natation française sa première médaille d'or.

Jean Boiteux

Jean Boiteux

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Jean Boiteux vient de remporter le 400 mètres aux Jeux d'Helsinki, en 1952, devenant le premier Français champion olympique de natation. Fou de bonheur, son père a plongé tout habillé dans le bassin pour le féliciter - une image qui a fait le tour du monde. 

Crédits : Sport Archives/ D.R.

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1956. Melbourne

Pour ces premiers Jeux organisés dans l'hémisphère Sud, 3 184 sportifs (dont 371 femmes), représentant 67 pays, se mesurent dans 152 épreuves et 19 sports, du 27 novembre au 9 décembre. Si les sportifs des deux Allemagnes participent au sein d'une équipe unifiée, quelques pays boycottent les Jeux en raison de la crise de Suez. Les chars soviétiques sont entrés dans Budapest, et le match de water-polo Hongrie-URSS se termine par de violents affrontements.

Water-polo : Hongrie-U.R.S.S., jeux Olympiques de 1956

Water-polo : Hongrie-U.R.S.S., jeux Olympiques de 1956

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Ervin Zádor, joueur vedette de l'équipe de Hongrie de water-polo, quitte la piscine de Melbourne le visage en sang, le 6 décembre 1956, à l'issue du match qui opposait sa formation à l'U.R.S.S. Le 4 novembre 1956, l'armée soviétique avait pénétré en Hongrie pour réprimer l'insurrection... 

Crédits : Bettmann/ Corbis

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Les nageurs australiens, dont Murray Rose et Dawn Fraser, se distinguent. La gymnaste soviétique Larisa Latynina remporte le concours général ; elle récidivera à Rome et à Tōkyō. Déjà vainqueur en 1948 et en 1952, le Suédois Gert Fredriksson remporte le 1 000 mètres en canoë. L'athlète soviétique Vladimir Kuts s'adjuge les 5 000 et 10 000 mètres, l'Américain Bobby Morrow les 100 et 200 mètres. Le Français Alain Mimoun, en fin de carrière, triomphe sur le marathon, alors que son compatriote Christian d'Oriola, génie de l'escrime, s'adjuge sa quatrième médaille d'or. Et, comme un symbole, l'URSS de Lev Yachine remporte le tournoi de football, succédant à la Hongrie de Ferenc Puskas, lauréate en 1952...

1960. Rome

Les Jeux de Rome marquent une nouvelle ère, avec les premières retransmissions en direct par la télévision : 18 pays européens, les États-Unis, le Canada et le Japon retransmettent les épreuves. Du 25 août au 11 septembre, 5 348 sportifs (dont 610 femmes), représentant 84 pays, dont de nombreuses nations africaines qui viennent d'obtenir leur indépendance, participent à 150 épreuves dans 17 sports.

En athlétisme, l'Américaine Wilma Rudolph se distingue en remportant les 100 et 200 mètres ainsi que le relais 4 fois 100 mètres, tout comme l'Australien Herbert Elliott, vainqueur du 1 500 mètres en améliorant le record du monde, loin devant le Français Michel Jazy. L'Allemand Armin Hary, exceptionnel partant, gagne le 100 mètres, l'Américain Rafer Johnson remporte le décathlon à l'issue d'une lutte épique face au Formosan Yang Chuan Kwang. L'Éthiopien Abebe Bikila, qui court pieds nus, gagne, sous l'Arc de triomphe de Constantin, le marathon : il est le premier Noir africain médaillé d'or. Un jeune boxeur s'impose chez les mi-lourds : il se nomme Cassius Clay. Le sabreur hongrois Aladar Gerevitch, vainqueur de l'épreuve par équipes, s'adjuge sa sixième médaille d'or consécutive – il avait obtenu la première en 1932. Les gymnastes soviétiques, dont l'incomparable Larisa Latynina, brillent.

Wilma Rudolph sur 200 mètres, Rome, 1960

Wilma Rudolph sur 200 mètres, Rome, 1960

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Aérienne, l'Américaine Wilma Rudolph survole le 200 mètres aux jeux Olympiques de Rome, en 1960. Elle a déjà gagné le 100 mètres, et elle remportera le relais 4 fois 100 mètres. La « Gazelle noire » fut la reine de cette édition des Jeux, et son nom figure en bonne place dans le... 

Crédits : AFP/ Getty

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1964. Tōkyō

Les premiers Jeux à se dérouler en Asie indiquent l'universalité du mouvement olympique. Le Japon a dépensé 2 milliards de dollars pour assurer une organisation sans faille. En outre, les Jeux sont retransmis pour la première fois à la télévision par la Mondovision. Le dernier porteur de la flamme, Yoshinori Sakai, a été choisi parce qu'il est né le jour de l'explosion de la bombe atomique sur Hiroshima. Du 10 au 24 octobre, 5 140 sportifs (dont 683 femmes), représentant 94 pays, participent à 163 épreuves de dans 19 sports, dont le judo, inscrit au programme pour honorer le pays de Jigorō Kanō, et le volley-ball.

L'impressionnant athlète américain Bob Hayes remporte le 100 mètres et le 4 fois 100 mètres ; le Néo-Zélandais Peter Snell gagne les 800 et 1 500 mètres ; le Soviétique Valeri Brumel est champion olympique de la hauteur ; Abebe Bikila s'adjuge de nouveau le marathon. La nageuse australienne Dawn Fraser remporte le 100 mètres pour la troisième fois consécutivement, alors que l'Américain Don Schollander s'adjuge 4 médailles d'or. La gymnaste tchécoslovaque Vera Caslavska met fin à l'hégémonie soviétique. Mais le colosse néerlandais Anton Geesink, qui obtient en judo le titre « toutes catégories » en battant le Japonais Akio Kaminaga, plonge dans l'affliction le Japon tout entier.

1968. Mexico

En choisissant Mexico, le CIO a pris le risque de confier pour la première fois l'organisation des Jeux à un pays en développement. La surpopulation, la pollution, ainsi que les incertitudes liées à la résistance des sportifs en raison de la raréfaction de l'oxygène à l'altitude de 2 200 mètres font naître de nombreux doutes. En outre, en cette année 1968, le monde est en ébullition. Quelques jours avant le début des compétitions, sur la place des Trois-Cultures, l'armée a réprimé dans le sang une manifestation estudiantine... Sur la piste d'athlétisme, le Tartan remplace la cendrée, le chronométrage s'effectue au millième de seconde, les contrôles antidopage sont instaurés. Du 12 au 27 octobre, 5 531 sportifs (dont 781 femmes), représentant 113 pays, vont se mesurer dans 172 épreuves et 18 sports. La RDA participe pour la première fois aux Jeux sous son propre drapeau : avec 26 médailles, elle va prendre la cinquième place du classement des nations, inaugurant une politique sportive d'État qui allait conduire à toutes les dérives.

Ces Jeux sont marqués par les exploits des athlètes américains : Jim Hines court le 100 mètres en moins de 10 secondes (9,95 s) ; Tommie Smith réussit moins de 20 secondes sur 200 mètres (19,83 s) ; Lee Evans boucle le 400 mètres en moins de 44 secondes (43,86 s) ; le discobole Al Oerter remporte sa quatrième médaille d'or consécutive ; le sauteur en hauteur « Dick » Fosbury, dos tourné à la barre, invente un style nouveau ; quant à Bob Beamon, il bat le record du monde du saut en longueur de 55 centimètres (8,90 m). Les Africains (Kipchoge Keino, Naftali Temu, Mamo Wolde...), plus habitués à l'altitude, se distinguent en demi-fond et en fond. Quelques semaines après la répression du Printemps de Prague, la gymnaste tchécoslovaque Vera Caslavska domine à elle seule toute l'équipe soviétique. Les cyclistes français Daniel Morelon, Pierre Trentin et Daniel Rebillard brillent sur la piste, alors que la jeune Colette Besson remporte le 400 mètres à la surprise générale. Mais ces Jeux sont avant tout marqués par le geste des Noirs américains Tommie Smith et John Carlos, sur le podium du 200 mètres : quand retentit l'hymne national et que la bannière étoilée est hissée aux mâts, ils lèvent un poing ganté de noir pour protester, devant les télévisions du monde entier, contre la discrimination dont sont victimes leurs frères de couleur aux États-Unis. À Mexico, les Jeux sont entrés dans une nouvelle ère.

1972. Munich

Comme pour laver le souvenir des Jeux de Berlin en 1936, le CIO a attribué à Munich l'organisation de l'édition de 1972. Du 26 août au 10 septembre, 7 123 sportifs (dont 1 058 femmes), représentant 121 pays, sont invités à participer à 195 épreuves dans 21 sports. L'exploit du nageur américain Mark Spitz (7 épreuves disputées, 7 médailles d'or, 7 records du monde), le doublé 100-200 mètres de l'athlète soviétique Valeri Borzov, les victoires sur 5 000 et 10 000 mètres du Finlandais Lasse Viren, la première défaite des Américains au saut à la perche (victoire de l'Allemand de l'Est Wolfgang Nordwig), la joie de l'Ougandais John Akii-Bua, bondissant vainqueur du 400 mètres haies, le succès du colosse soviétique Vassili Alexeïev en haltérophilie, tout cela fait figure d'anecdotes en regard de la tragédie du 5 septembre.

Ce matin-là, un commando palestinien de Septembre noir investit le pavillon d'Israël tue deux membres de la délégation israélienne et prend neuf autres sportifs en otages. Lors de l'assaut, à l'aéroport de Fürstenfeldbruck, les neuf otages, quatre terroristes palestiniens et un policier allemand sont tués. Le 6, une cérémonie funèbre aura lieu au stade olympique, mais l'on décidera de continuer les Jeux...

1976. Montréal

En raison de multiples grèves et du manque de coordination des maîtres d'œuvre du projet, c'est dans un stade inachevé que s'ouvrent les Jeux de Montréal. L'organisation des jeux Olympiques laissera ainsi à la Ville de Montréal un très lourd déficit financier. Du 17 juillet au 1er août, 6 028 sportifs (dont 1 247 femmes), représentant 92 pays, vont participer à 198 épreuves dans 21 sports. Mais 30 pays africains ont décidé de se retirer pour protester contre la présence de la Nouvelle-Zélande, dont les joueurs de rugby sont en tournée en Afrique du Sud, le pays de l'apartheid.

La gymnaste roumaine Nadia Comaneci illumine ces Jeux de sa grâce juvénile. Cette édition est aussi marquée par le doublé inédit 400-800 mètres de l'athlète cubain Alberto Juantorena, le nouveau triomphe sur 5 000 et 10 000 mètres de Lasse Viren, le troisième titre consécutif au triple saut du Soviétique Viktor Saneïev ou encore par la médaille d'or du Français Guy Drut sur 110 mètres haies, la domination des nageurs américains (Jim Montgomery, 49,99 s sur 100 mètres, John Naber...). Les exploits de la nageuse est-allemande Kornelia Ender et de nombre de ses compatriotes féminines matérialisent la « réussite » de la politique sportive de la RDA : ce « petit » pays se classe deuxième du bilan par nations, derrière l'URSS, mais devant les États-Unis. On apprendra quinze ans plus tard que tous ces succès se fondaient sur le dopage d'État...

Nadia Comaneci

Nadia Comaneci

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La jeune Roumaine Nadia Comaneci, souriante en compétition, parfois un peu triste dans la coulisse, a ébloui le monde entier lors des jeux Olympiques de Montréal, en 1976, exécutant avec grâce les figures les plus difficiles. Elle fut la première à obtenir le 10,00, synonyme de perfection... 

Crédits : Allsport/ Getty Images

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1980. Moscou

En 1974, le CIO avait décidé d'attribuer les Jeux, pour la première fois, à un pays communiste. L'URSS de Leonid Brejnev voulait faire de cette manifestation une vitrine démontrant la grandeur et la force de son régime – le budget des Jeux se montera à quelque 9 milliards de dollars (contre 3 milliards annoncés). Mais, pour protester contre l'invasion de l'Afghanistan par l'URSS, le président Jimmy Carter décide que les États-Unis boycotteront les jeux Olympiques de Moscou. Ils seront imités par d'autres pays occidentaux, la Chine et 29 États islamiques. Du 19 juillet au 3 août, seuls 81 pays participent à ces XIXes jeux Olympiques d'été, qui réunissent 5 217 sportifs (dont 1 125 femmes), s'affrontant dans 203 épreuves et 21 sports. En conséquence, nombre de victoires s'en trouveront totalement dévaluées.

Retenons cependant le succès du perchiste polonais Wladislaw Kozakiewicz qui, non content d'avoir battu le record du monde (5,78 m), adresse au chauvin public soviétique un bras d'honneur resté fameux. Notons aussi le doublé 5 000-10 000 mètres de l'Éthiopien Miruts Yifter, ainsi que l'exploit du Soviétique Wladimir Salnikov, qui nage le 1 500 mètres en moins de 15 minutes (14 min 58,27 s). Mais il faut aussi mentionner qu'à de nombreuses reprises les juges ont favorisé des concurrents soviétiques et que plus de 80 p. 100 des médailles sont revenues à des sportifs du bloc de l'Est.

1984. Los Angeles

En réponse au boycottage américain des Jeux de Moscou en 1980, l'URSS et les pays de l'Est (à l'exception de la Roumanie) boycottent les Jeux de Los Angeles. Mais l'impact sur les compétitions est moins important qu'en 1980 : du 28 juillet au 12 août, 6 797 sportifs (dont 1 567 femmes), représentant 140 pays, dont la Chine populaire, participent à 221 épreuves dans 23 sports. Pour la première fois, les Jeux sont organisés sans aucun soutien financier du gouvernement : avec un budget de 500 millions de dollars, ils dégageront un bénéfice de 223 millions de dollars. Autre première, certains professionnels – les footballeurs (s'ils n'ont jamais participé à la Coupe du monde) – sont autorisés à prendre part aux Jeux : la France remporte le tournoi olympique.

Les compétitions sont largement dominées par les États-Unis (174 médailles, dont 83 d'or) et les performances sont de grande qualité. Certes, le Français Pierre Quinon ne serait peut-être pas devenu champion olympique du saut à la perche si Sergueï Bubka avait été présent. Mais la grande star de ces Jeux est l'Américain Carl Lewis qui, comme Jesse Owens en 1936, remporte 4 médailles d'or (100 mètres, 200 mètres, longueur, 4 fois 100 mètres). Le Britannique Sebastian Coe est le premier athlète à gagner deux fois consécutivement le 1 500 mètres, la Marocaine Nawal El Moutawakil, victorieuse sur 400 mètres haies, apporte à son pays la première médaille d'or de son histoire et est la première femme musulmane couronnée championne olympique. Le premier marathon féminin voit la victoire de l'Américaine Joan Benoit. Le Finlandais Pertii Karpinen est champion olympique du skiff pour la troisième fois consécutivement, l'explosive Mary Lou Retton est la première Américaine lauréate du concours général de gymnastique. Mais le nationalisme des Américains s'est plus que souvent transformé en chauvinisme exacerbé...

1988. Séoul

En 1988, à Séoul, seuls Cuba et la Corée du Nord refusent de participer aux Jeux. Aussi, du 17 septembre au 20 octobre, 8 465 sportifs (dont 2 186 femmes), représentant 159 pays, s'alignent dans 237 épreuves et 23 sports, dont le tennis et le tennis de table.

Le scandale éclate à l'issue du 100 mètres. Le 25 septembre, le Canadien Ben Johnson remporte l'épreuve en pulvérisant le record du monde (9,79 s). Deux jours plus tard, le CIO annonce qu'il a été contrôlé positif au stanozolol, un stéroïde anabolisant. Il est disqualifié pour dopage et exclu des Jeux. L'épreuve reine des jeux Olympiques est dénaturée. Les contrôles n'ont rien révélé d'illicite chez la gagnante des 100 et 200 mètres, l'Américaine Florence Griffith-Joyner, mais chacun a pu remarquer que sa musculature avait considérablement augmenté en quelques mois. Avec 6 médailles d'or, la nageuse est-allemande Kristin Otto est l'héritière de Kornelia Ender – les méthodes de « préparation » étant les mêmes. Quelques beaux champions sont néanmoins couronnés : Sergueï Bubka, qui obtient son seul titre olympique à la perche ; le plongeur américain Greg Louganis ; l'haltérophile turc Naïm Süleymanoglu ; le sabreur français Jean-François Lamour.

Ben Johnson

Ben Johnson

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Le 24 septembre 1988, à Séoul, Ben Johnson, surpuissant, remporte le 100 mètres olympique en battant le record du monde (9,79 s). Mais, dans la nuit du 26 au 27 septembre, il est confirmé que le Canadien a été contrôlé positif au stanozolol, un stéroïde anabolisant, et est donc convaincu... 

Crédits : R.C. Modra/ Sports Imagery/ Getty

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1992. Barcelone

Les XXIIes Jeux d'été, les Jeux de la XXVe olympiade, se tiennent à Barcelone. Depuis 1988, la géopolitique mondiale a été bouleversée : l'Allemagne est réunifiée, l'URSS a disparu et les concurrents issus de l'ex-Union soviétique s'alignent sous les couleurs de la Communauté des États indépendants ; l'Afrique du Sud est réintégrée. Le mouvement olympique se trouve totalement réunifié. En outre, sous l'impulsion du président Samaranch, la sacro-sainte règle de l'amateurisme a été totalement abandonnée. Ainsi, ces Jeux sont les premiers ouverts officiellement aux professionnels. Du 25 juillet au 9 août, 9 344 sportifs (dont 2 708 femmes), représentant 169 pays, participent à 257 épreuves dans 25 sports dans la métropole catalane.

La démonstration de la Dream Team américaine de basket-ball, composée de stars multimillionnaires de la NBA comme Michael Jordan ou « Magic » Johnson, est le symbole de l'ouverture des Jeux aux professionnels. L'une des images fortes de cette édition reste le tour d'honneur effectué par la Noire éthiopienne Derarte Tulu (gagnante) et la Blanche sud-africaine Elena Meyer (deuxième) à l'issue du 10 000 mètres. Autre moment symbolique, alors que la montée de l'islam radical pointe : c'est une femme, Hassiba Boulmerka, gagnante du 1 500 mètres, qui offre à l'Algérie sa première médaille d'or. En gymnastique, le Biélorusse Vitaly Scherbo remporte les 6 médailles d'or. En natation, la Hongroise Kristina Egerszegi est triple championne olympique et le Russe Alexandre Popov, vainqueur des 50 et 100 mères nage libre, éclipse les Américains. Le Cubain Javier Sotomayor, privé de Jeux en 1984 et en 1988 pour cause de boycottage, est enfin champion olympique du saut en hauteur. Carl Lewis (longueur et 4 fois 100 mètres) complète sa collection ; Marie-José Pérec gagne le 400 mètres.

1996. Atlanta

En 1996 se tiennent les Jeux du centenaire. En 1990, au moment de choisir, les dirigeants du CIO avaient donné leur préférence à Atlanta contre Athènes, privilégiant ainsi les intérêts économiques par rapport à la commémoration symbolique. Du 19 juillet au 4 août, la capitale de la Georgie accueille 10 320 sportifs (dont 3 523 femmes), représentant 197 pays, qui se mesurent dans 271 épreuves et 27 sports, incluant des compétitions de beach-volley, de VTT, de football féminin, de base-ball et de softball.

Les Jeux débutent par un grand moment d'émotion : Muhammad Ali, atteint de la maladie de Parkinson, embrase la vasque olympique – l'Amérique et le champion se réconcilient. En athlétisme, les exploits sont au rendez-vous avec les succès sur 200 (19,32 s, record du monde pulvérisé) et 400 mètres de l'Américain Michael Johnson et de la Française Marie-José Pérec, l'émouvante victoire de Carl Lewis, qui obtient un quatrième titre consécutif au saut en longueur. En natation, le nageur russe Alexander Popov conserve ses titres sur 50 et 100 mètres, alors que les performances de l'Irlandaise Michelle Smith (3 médailles d'or) sont plus que suspectes. Le poids lourd russe Alexandre Kareline s'adjuge sa troisième médaille d'or en lutte gréco-romaine ; Naïm Süleymanoglu est le premier haltérophile couronné trois fois consécutivement. Miguel Indurain, battu lors du Tour de France, se console en devenant champion olympique du contre-la-montre. De nombreux Français – les cyclistes Florian Rousseau et Jeannie Longo, l'épéiste Laura Flessel, le judoka David Douillet, le perchiste Jean Galfione... – brillent.

Mais l'organisation – transports mal adaptés, système informatique défaillant – s'est avérée défaillante. En outre, malgré les immenses moyens mis en œuvre par les autorités, l'explosion d'une bombe dans le Centennial Olympic Park cause la mort de deux personnes. Les jeux Olympiques semblent avoir atteint les limites du gigantisme.

2000. Sydney

Après les Jeux d'Atlanta marqués par la primauté de l'économie de marché sur les valeurs sportives, l'édition de 2000, à Sydney, semble donner un nouveau souffle à l'olympisme. Du 15 septembre au 1er octobre, 10 651 sportifs (dont 4 069 femmes), représentant 199 pays, participent à 300 épreuves dans 29 sports, dont le triathlon et le taekwondo.

Les joutes les plus spectaculaires sont aquatiques : on compte 15 records du monde battus en natation ! Dans le sillage de Ian Thorpe, les Australiens obtiennent 5 médailles d'or ; le Néerlandais Pieter Van den Hoogenband réalise le doublé 100-200 mètres, sa compatriote Inge De Bruijn remporte 3 médailles d'or. En athlétisme, l'Américain Maurice Greene remporte le 100 mètres et le 4 fois 100 mètres, l'Éthiopien Hailé Grebreselasie gagne, comme en 1996, le 10 000 mètres, le Tchèque Jan Zelezny obtient un troisième titre consécutif au javelot. Le Britannique Steven Redgrave, qui s'adjuge une cinquième médaille d'or en aviron, et le judoka français David Douillet, une deuxième fois champion olympique des poids lourds, réalisent d'immenses exploits. Lors de son discours de clôture des jeux Olympiques de Sydney, Juan Antonio Samaranch, président du CIO, prononce la phrase rituelle : « Les meilleurs Jeux de tous les temps. » Sciemment, il ne l'avait pas fait à Atlanta en 1996.

Steven Redgrave

Steven Redgrave

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Steven Redgrave (au centre), vainqueur du quatre sans barreur aux jeux Olympiques de Sydney en 2000, remporte sa cinquième médaille d'or en cinq éditions des Jeux. Le Britannique entre dans l'histoire de l'aviron. 

Crédits : StuForster/ Allsport/ Getty Images

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2004. Athènes

Le choix d'Athènes participe de la même volonté de refonder l'olympisme. Mais, longtemps, le mouvement olympique a pu craindre que ce retour aux sources ne se transforme en fiasco et que la capitale hellène ne puisse tenir son pari en raison du retard pris dans la réalisation des travaux. De plus, dans un contexte international où la menace terroriste est constante, la sécurité des Jeux serait-elle garantie ? En définitive, tous les travaux ont été terminés à temps. Par ailleurs, grâce à une mobilisation sans précédent, la sécurité des Jeux fut assurée. Mais la Grèce a dû débourser environ 10 milliards d'euros pour organiser ces Jeux, auxquels prennent part, du 13 au 29 août, 10 625 sportifs (dont 4 329 femmes), représentant 201 pays, qui se mesurent dans 301 épreuves et 28 sports.

L'athlète marocain Hicham El Guerrouj, vainqueur des 1 500 et 5 000 mètres, est le roi des Jeux. Le marcheur polonais Robert Korzeniowski, gagnant pour la troisième fois consécutivement du 50 kilomètres, doit aussi être salué. Le nageur américain Michael Phelps s'adjuge 8 médailles, dont 6 en or ; l'Australien Ian Thorpe réalise le doublé 200-400 mètres ; Laure Manaudou, lauréate du 400 mètres, apporte à la natation française une médaille d'or attendue depuis 1952. Au bilan, si les États-Unis (35 médailles d'or, 103 au total) demeurent la première puissance sportive mondiale, ils sont désormais talonnés par la Chine (32 médailles d'or, 63 au total), qui présentait pourtant une délégation jeune et peu expérimentée, venue s'aguerrir en vue des Jeux de Pékin. Le nouveau président du CIO, Jacques Rogge, peut légitimement se féliciter de cette réussite, d'autant que la lutte antidopage – 25 dossiers ont été instruits, 3 « champions olympiques » d'athlétisme, disqualifiés – semble faire des progrès.

2008. Pékin

Le 13 juillet 2001, le CIO avait confié, à une large majorité, l'organisation des XXVIes jeux Olympiques d'été à Pékin. On pouvait certes estimer qu'un pays qui rassemble un quart de la population de la planète était digne d'organiser les Jeux. Mais on aurait aussi pu penser qu'un État qui vivait au rythme de la campagne Yan da (« Frapper fort »), orchestrée par le Parti communiste, avec ses deux cents exécutions capitales hebdomadaires, n'avait cure des valeurs de l'olympisme. De fait, au printemps de 2008, les autorités chinoises ont brutalement réprimé des manifestations de Tibétains à Lhassa, ce qui provoqua l'émoi de nombreuses associations de défense des droits de l'homme. En définitive, la première victoire de la Chine, à l'occasion de ces Jeux, fut diplomatique et politique : quatre-vingt-dix chefs d'État – un nombre record, quatre fois plus qu'à Athènes en 2004 – assistèrent à la cérémonie d'ouverture ; le silence des défenseurs des droits de l'homme durant la période des Jeux fut assourdissant et aucun sportif n'esquissa le moindre geste contestataire dans les enceintes sportives. En outre, la Chine a proposé une manifestation à l'échelle de sa démesure (40 milliards d'euros investis en infrastructures). Enfin, la Chine s'est imposée comme la première puissance sportive mondiale : 51 médailles d'or, 100 médailles au total, devant les États-Unis (36 médailles d'or, 110 médailles au total).

Du 8 au 24 août, 10 942 sportifs (dont 4 637 femmes), représentant 204 pays, s'affrontent dans 302 épreuves et 28 sports. Deux champions hors norme marquent cette édition de leur empreinte : l'athlète jamaïquain Usain Bolt remporte les 100, 200 et 4 fois 100 mètres en battant à chaque fois le record du monde – un exploit inédit ; le nageur américain Michael Phelps fait mieux que son compatriote Mark Spitz à Munich en 1972 : huit courses, huit médailles d'or, assorties de sept records du monde. Méritent également d'être signalés, en athlétisme, les doublés 5 000-10 000 mètres de l'athlète éthiopien Kenenisa Bekele et de sa compatriote Tirunesh Dibaba ainsi que le nouveau record du monde établi par la perchiste russe Elena Isinbaeva (5,05 m), qui conserve son titre. Sur la piste, les cyclistes britanniques se sont particulièrement distingués : 12 médailles, dont 7 en or, dans le sillage du puissant Chris Hoy (3 médailles d'or). Les sportifs professionnels se sont impliqués comme rarement depuis que les Jeux leur sont ouverts : ainsi des tennismen espagnol Rafael Nadal, vainqueur du simple, et suisse Roger Federer, comblé par sa médaille d'or en double, des basketteurs américains de la NBA, qui se sont pleinement investis, à l'image de LeBron James et Kobe Bryant, pour laver l'affront de 2004 et reconquérir le titre, ou du footballeur argentin Lionel Messi. Alain Bernard est entré dans l'histoire du sport français en remportant le 100 mètres nage libre ; les handballeurs tricolores sont devenus pour la première fois champions olympiques à l'issue d'un tournoi maîtrisé avec panache ; Julien Absalon, vainqueur de l'épreuve de VTT, est le seul Français médaillé d'or en 2004 à s'imposer de nouveau à Pékin.

Durant la cérémonie de clôture, Jacques Rogge indiqua que « ce furent des Jeux vraiment exceptionnels ». Certes, mais ce furent sans doute les derniers de ce format. Sebastian Coe, le maître d'œuvre des Jeux de 2012 à Londres, a clairement indiqué que la capitale britannique misera sur moins de gigantisme et plus de modestie, car, même avant l'éclatement de la crise financière mondiale, son pays ne disposait pas des moyens nécessaires pour égaler Pékin. Il espère redonner un peu de chaleur et d'insouciance au rendez-vous olympique.

2012. Londres

Le 6 juillet 2005, le CIO choisissait Londres, aux dépens de Paris, pour accueillir les XXVIIes jeux Olympiques d’été en 2012. Londres devient donc la première cité à recevoir pour la troisième fois les Jeux d’été. Les Britanniques organisent ces Jeux de très belle manière et profitent de l’occasion pour rénover la zone défavorisée de Lower Lea Valley, dans l’Est londonien, où sont implantés le Parc olympique et le village olympique. Néanmoins, les dépenses liées à l’événement sont considérables (11,2 milliards d’euros). La Grande-Bretagne réussit également ses Jeux sur le plan sportif : avec 29 médailles d’or et 65 médailles au total, elle se classe troisième du bilan des nations, derrière les États-Unis (46 médailles d’or, 104 médailles au total) et la Chine (38 médailles d’or, 87 médailles au total).

Du 27 juillet au 12 août 2012, 10 973 sportifs (dont 4 860 femmes), représentant 204 pays, s’affrontent dans 302 épreuves et 26 sports. La grande star de ces Jeux est le sprinter jamaïquain Usain Bolt qui, comme à Pékin en 2008, remporte les 100, 200 et 4 fois 100 mètres, alors que le Kenyan David Rudisha gagne le 800 mètres en établissant un fabuleux record du monde et que le Britannique Mo Farah réalise le doublé 5 000-10 000 mètres. Le nageur américain Michael Phelps s’adjuge 4 médailles d’or et 2 médailles d’argent, battant tous les records en la matière (il a obtenu 22 médailles, dont 18 en or, aux Jeux). Les cyclistes britanniques dominent les compétitions sur piste (9 médailles, dont 7 en or, en 10 épreuves), et Bradley Wiggins, vainqueur du Tour de France en 2012, gagne l’épreuve contre la montre et devient une idole dans son pays. Les handballeurs français, champions olympiques comme à Pékin, marquent l’histoire du sport, tout comme le judoka Teddy Riner, couronné chez les poids lourds. La natation française, dans le sillage de Yannick Agnel, présente un joli bilan (7 médailles, dont 4 en or), et Tony Estanguet, vainqueur de l’épreuve de slalom en canoë monoplace, devient le premier Français médaillé d’or dans trois éditions différentes des Jeux.

Les jeux Olympiques d'hiver

1924. Chamonix

Malgré les réticences des Nordiques, le CIO a décidé, en 1921, d'organiser à Chamonix en 1924 une « Semaine internationale des sports d'hiver ». Cet événement sera rétroactivement considéré comme la première édition des jeux Olympiques d'hiver. Du 25 janvier au 5 février, 258 sportifs (dont 11 femmes), représentant 16 pays, participent à 16 épreuves dans 6 sports (biathlon, bobsleigh, curling, hockey sur glace, patinage, ski). Le patineur américain Charles Jewtrew, vainqueur du 500 mètres, est donc le premier « champion olympique » des Jeux d'hiver. Le Finlandais Clas Thunberg remporte 5 médailles (dont 3 d'or) en 5 épreuves de patinage de vitesse. Le Norvégien Thorleif Haug domine le ski nordique, s'imposant dans les 2 épreuves de ski de fond et dans le combiné nordique.

1928. Saint-Moritz

Du 11 au 19 février, 464 sportifs (dont 26 femmes), représentant 25 pays, participent aux 14 épreuves, dans 4 sports (bobsleigh, hockey sur glace, patinage, ski), des IIes Jeux d'hiver. La Norvégienne Sonja Henie, quinze ans, se distingue en patinage artistique, tout comme le Suédois Gillis Grafström, qui remporte sa troisième médaille d'or d'affilée. Le Finlandais Clas Thunberg obtient 2 nouvelles médailles d'or en patinage de vitesse, le Norvégien Johan Grøttumbråten remporte l'épreuve du 18 kilomètres en ski de fond ainsi que le combiné nordique.

1932. Lake Placid

Malgré la crise économique – le président du comité d'organisation, Godfrey Dewey, fait don d'un terrain qui appartenait à sa famille pour construire la piste de bobsleigh –, 252 sportifs (dont 21 femmes), représentant 17 pays, se mesurent dans 14 épreuves et 4 sports, du 4 au 15 février. Sonja Henie est de nouveau couronnée en patinage artistique, et devient la « fée de la glace ». Le couple français formé par Andrée et Pierre Brunet obtient aussi la médaille d'or. Mais les Jeux n'ont guère provoqué de passion dans cette ville de 4 000 habitants de l'État de New York.

1936. Garmisch-Partenkirchen

En 1936, les Jeux d'hiver prennent une nouvelle ampleur : 646 sportifs (dont 80 femmes), représentant 28 pays, participent à 17 épreuves dans 4 sports. Du 6 au 16 février, en effet, le régime nazi se sert de ces Jeux d'hiver comme d'une répétition générale de la nauséabonde démonstration de puissance qu'il fera, l'été venu, à Berlin : un service de bus permet à 500 000 personnes d'assister aux épreuves le dernier jour ! Le ski alpin est inscrit pour la première fois au programme : l'Allemande Christl Cranz et son compatriote Frantz Pnurf, vainqueurs du combiné, la seule épreuve, sont les premiers champions olympiques de ski alpin. Sonja Henie s'adjuge sa troisième médaille d'or consécutive, avant d'aller séduire Hollywood. En patinage de vitesse, le Norvégien Ivan Ballangrud remporte trois des quatre épreuves.

1948. Saint-Moritz

L'Allemagne et le Japon sont exclus des premiers Jeux de l'après-guerre. Du 30 janvier au 8 février, 669 sportifs (dont 77 femmes), représentant 28 pays, participent à 22 épreuves, dans quatre sports. Le ski alpin prend de l'importance, puisque des épreuves de spécialités sont au programme : le Français Henri Oreiller obtient la médaille d'or en descente et lors du combiné, et la médaille de bronze en slalom. La Canadienne Ann Scott et l'Américain Dick Button font de beaux champions olympiques en patinage artistique.

1952. Oslo

Les Jeux d'hiver sont enfin organisés dans le pays qui fut le berceau du ski. Symbole fort : la flamme olympique est allumée dans la cheminée de la maison de Sondre Nordheim, pionnier du ski au xixe siècle. Du 14 au 25 février, 694 sportifs (dont 109 femmes), représentant 30 pays, participent à 22 épreuves dans 4 sports. Pour la première fois, une épreuve de ski de fond est organisée pour les femmes : elle voit la victoire de la Finlandaise Lydia Wideman. En ski alpin, le slalom géant remplace le combiné : l'Américaine Andrea Mead Lawrence remporte le slalom et le slalom géant. Le Norvégien Hjalmar Andersen s'adjuge 3 médailles d'or en patinage de vitesse. Dick Button est le premier patineur à réaliser un triple saut et conserve son titre olympique.

1956. Cortina d'Ampezzo

Du 25 janvier au 5 février, les Jeux de Cortina d'Ampezzo réunissent 821 sportifs (dont 134 femmes), représentant 32 pays, qui disputent 24 épreuves dans 4 sports. L'URSS participe pour la première fois aux Jeux, et les Soviétiques se distinguent particulièrement : leur équipe de hockey sur glace met fin à l'hégémonie du Canada, les patineurs de vitesse remportent 3 épreuves. Mais la star de cette édition est l'Autrichien Toni Sailer, vainqueur des 3 courses de ski alpin. Ces Jeux sont les premiers à être retransmis par la télévision.

1960. Squaw Valley

Du 18 au 28 février, les Jeux réunissent 665 sportifs (dont 144 femmes), représentant 30 pays, qui participent à 27 épreuves dans 4 sports. Mais, pour la première fois, le bobsleigh n'est pas au programme, car les organisateurs ont refusé de construire une piste, alors que réapparaît le biathlon, qui voit la victoire du Suédois Klas Lestander. Les femmes participent pour la première fois aux épreuves de patinage de vitesse, dont la vedette est le Soviétique Evgueni Grichine, vainqueur des 500 et 1 500 mètres, comme en 1956. Le Français Jean Vuarnet, maîtrisant parfaitement la technique de l'œuf qu'il a inventée, remporte la descente. Les hockeyeurs américains causent la surprise, en battant le Canada et l'URSS.

1964. Innsbruck

Les Jeux d'hiver prennent de l'importance : 6 sports, dont la luge qui apparaît et le bobsleigh qui fait son retour, sont au programme. Du 19 janvier au 9 février, 1 091 sportifs (dont 199 femmes), représentant 36 pays, participent aux 34 épreuves. Les Soviétiques se distinguent : Lydia Skoblikova remporte toutes les épreuves féminines de patinage de vitesse et devient la première femme à décrocher 4 médailles d'or dans une seule édition des Jeux d'hiver ; la skieuse de fond Klawdija Bojarskich gagne 3 médailles d'or. Les sœurs Goitschel font la fierté de la France : Marielle remporte le slalom géant devant Christine, Christine gagne le slalom devant Marielle.

1968. Grenoble

À l'occasion des Xes Jeux d'hiver, 1 158 sportifs (dont 211 femmes), représentant 37 pays, se mesurent dans 35 épreuves et 6 sports, du 6 au 18 février. Vainqueur, comme Toni Sailer en 1956, des trois compétitions de ski alpin, Jean-Claude Killy devient un héros du sport français. En patinage artistique, la grâce de l'Américaine Peggy Fleming et la sobriété du couple soviétique Ludmila Beloussova-Oleg Protopopov émerveillent le public. Les téléspectateurs d'Europe occidentale découvrent le hockey sur glace : l'URSS remporte la médaille d'or, mais le succès des Tchécoslovaques sur les Soviétiques dans un match de poule, sur fond de Printemps de Prague, a provoqué l'enthousiasme à Prague. La Suédoise Toini Gustafsson (2 médailles d'or, 1 d'argent) se distingue en ski de fond. L'Italien Eugenio Monti gagne les 2 épreuves de bobsleigh.

Marielle Goitschel et Jean-Claude Killy

Marielle Goitschel et Jean-Claude Killy

photographie

Marielle Goitschel et Jean-Claude Killy, lors des jeux Olympiques de Grenoble en 1968. Les deux champions étaient dans les années 1960 les figures de proue du ski français, qui connaissait son âge d'or. 

Crédits : Keystone-France/ Gamma-Keystone/ Getty Images

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1972. Sapporo

Les Jeux d'hiver se tiennent pour la première fois en Asie. Du 3 au 13 février, 1 006 sportifs (dont 205 femmes), représentant 35 pays, participent à 35 épreuves dans 6 sports. La question de l'amateurisme provoque la controverse : le skieur autrichien Karl Schranz est exclu des Jeux pour avoir reçu de l'argent de fabricants de matériel de ski. Retenons la victoire du Suisse Bernhard Russi dans la descente, le double succès de sa jeune compatriote Marie-Thérèse Nadig (descente et slalom géant) et le triple triomphe (1 500, 5 000 et 10 000 mètres) du patineur néerlandais Arold Schenk. La Soviétique Galina Kulakova remporte les 3 épreuves de ski de fond dames. Yukio Kasaya, vainqueur de l'épreuve de saut à skis, apporte au Japon sa première d'or de l'histoire des Jeux d'hiver.

1976. Innsbruck

Les Jeux devaient se tenir à Denver. Ils reviennent à Innsbruck, car la population de l'État du Colorado vota contre l'emploi de fonds publics pour soutenir les Jeux, et Denver dut se désister. Du 4 au 15 février, 1 123 sportifs (dont 231 femmes), représentant 37 pays, participent à 37 épreuves dans 6 sports. L'Autrichien Franz Klammer « vole » sur la piste de descente et conquiert la médaille d'or. L'Allemande Rosi Mittermaier s'adjuge la descente et le slalom. Le patineur artistique britannique John Curry réalise une prestation parfaite. Une nouvelle épreuve apparaît : la danse sur glace. Les Soviétiques Lyudmila Pakhomova et Alexandre Gorshkov s'imposent.

1980. Lake Placid

Du 13 au 24 février, Les XIIIes Jeux d'hiver accueillent 1 283 sportifs (dont 271 femmes), représentant 37 pays, qui se mesurent dans 38 épreuves et 6 sports. Le héros de cette édition est le patineur de vitesse américain Eric Heiden, qui remporte les 5 titres de sa discipline. La victoire des jeunes hockeyeurs américains sur les favoris soviétiques (4-3) provoque, en cette période de tensions Est-Ouest, l'enthousiasme du public ; ce succès demeure connu sous l'expression « le miracle de la glace ». Les exploits sont nombreux : le Suédois Ingemar Stenmark remporte le slalom et le slalom géant ; la Soviétique Irina Rodnina s'adjuge sa troisième médaille d'or consécutive en patinage par couple, tout comme l'Allemand de l'Est Ulrich Wehling en combiné nordique ; vainqueur du relais en biathlon, le Soviétique Alexandre Tikhonov en est à sa quatrième médaille d'or d'affilée.

1984. Sarajevo

Les Jeux d'hiver se déroulent pour la première fois dans un pays communiste. Du 8 au 19 février, 1 410 sportifs (dont 283 femmes), représentant 49 pays, s'alignent dans 39 épreuves et 6 sports. Sur la glace, les danseurs britanniques Jayne Torvill et Christopher Dean comme la jeune Allemande de l'Est Katarina Witt ravissent jury et spectateurs. La Finlandaise Marja-Liisa Hämälainen remporte 3 médailles d'or en ski de fond.

1988. Calgary

Du 13 au 28 février, 1 423 sportifs (dont 313 femmes), représentant 57 pays, participent à 46 épreuves dans 6 sports. En ski alpin, le Suisse Pirmin Zurbriggen s'adjuge la descente, alors que sa compatriote Vreni Schneider remporte le slalom et le slalom géant, tout comme l'Italien Alberto Tomba. Franck Piccard apporte à la France une médaille d'or en super-géant. La belle Katarina Witt conserve son titre en patinage artistique. En saut à skis, le Finlandais Matti Nykänen s'adjuge 3 médailles d'or, tout comme la Néerlandaise Yvonne van Gennip en patinage de vitesse.

1992. Albertville

Portée par Jean-Claude Killy, la candidature d'Albertville a séduit le CIO. Du 8 au 23 février, la Savoie accueille 1 804 sportifs (dont 492 femmes), représentant 64 pays, qui participent à 57 épreuves dans 6 sports. Le ski artistique et le short-track font leur entrée au programme. Le public français, grâce aux médailles d'or de Fabrice Guy (combiné nordique), des biathlètes Véronique Claudel, Corinne Niogret et Anne Briand (relais) et du pétillant Edgar Grospiron (ski artistique), se passionne pour des épreuves avec lesquelles il est peu familiarisé. Les Norvégiens remportent toutes les courses de ski de fond, Björn Daehlie et Vegard Ulvang s'adjugeant chacun 3 médailles d'or.

1994. Lillehammer

Le succès des jeux Olympiques d'hiver va grandissant. Aussi le CIO a-t-il décidé en 1986 de rompre le rythme quadriennal pour pouvoir présenter tous les deux ans un événement majeur (Jeux d'été ou Jeux d'hiver). Les XVIIes jeux Olympiques d'hiver se tiennent donc dès 1994. Du 17 au 27 février, 1 737 sportifs (dont 521 femmes), représentant 67 pays, participent à 61 épreuves dans 6 sports. La grande vedette de ces Jeux est le public, qui encourage ses champions (Jogan Olav Koss, 3 médailles d'or en patinage de vitesse ou les skieurs de fond), mais applaudit également aux exploits des autres concurrents (le Kazakh Vladimir Smirnov, vainqueur du 50 km en ski de fond, ou l'Allemand Markus Wasmeier, qui remporte le slalom géant et le super-géant).

1998. Nagano

Du 7 au 22 février, le Japon accueille 2 302 sportifs (dont 814 femmes), représentant 72 pays, qui se mesurent dans 68 épreuves et 7 sports, le curling étant inscrit au programme. Des épreuves de snowboard sont organisées. Pour la première fois, les professionnels de la NHL participent au tournoi de hockey sur glace, qui voit la victoire surprise de l'équipe tchèque. Le Norvégien Björn Daehlie s'adjuge 3 médailles d'or en ski de fond, alors que Kazuyoshi Funaki, vainqueur du concours de saut au grand tremplin, puis, avec Harada, Saito et Okabe, du concours par équipes, fait chavirer de bonheur le public nippon. Le Français Jean-Luc Crétier cause la surprise en devenant champion olympique de descente, alors que l'Autrichien Hermann Maier gagne le super-géant et le slalom géant.

2002. Salt Lake City

Les Jeux de Salt Lake City se déroulent dans une certaine tension. Il s'agit en effet du premier événement de cette ampleur organisé aux États-Unis depuis les attentats terroristes du 11 septembre 2001. Le nombre d'épreuves ne cesse d'augmenter : du 8 au 24 février, 78 événements, dans 7 sports, mettent aux prises 2 399 sportifs (dont 886 femmes) représentant 77 pays. Les compétitions sont avant tout marquées par les exploits d'immenses champions : le Norvégien Ole Einar Björndalen remporte les 4 courses de biathlon ; le Finlandais Samppa Lajunen s'impose dans les 3 épreuves de combiné nordique ; la Croate Janica Kostelic s'adjuge 3 médailles d'or et 1 médaille d'argent en ski alpin le Suisse Simon Ammann remporte les 2 concours individuels de saut à skis. Les compétitions de patinage artistique font l'objet de tractations curieuses : lors de l'épreuve par couple, les Russes Berezhnaïa-Sikharulidze et les Canadiens Sale-Pelletier obtiennent chacun une médaille d'or, sur décision du CIO. La délégation française (11 médailles) réalise une brillante performance d'ensemble, obtenant 4 titres : Carole Montillet (descente), Jean-Pierre Vidal (slalom), Isabelle Blanc (snowboard), Marina Anissina et Gwendal Peizerat (danse sur glace).

2006. Turin

En 2006, les Jeux de Turin ne suscitent pas l'enthousiasme dans le Piémont. Du 10 au 26 février, 2 508 sportifs (dont 960 femmes), représentant 80 pays, se mesurent dans 84 épreuves et 7 sports, dans une certaine indifférence. Peu de champions charismatiques émergent, et la quasi-totalité des favoris ne tiennent pas leurs promesses. L'Autrichien Benjamin Raich et sa compatriote Michaela Dorfmeister, doubles médaillés d'or en ski alpin, l'Allemand Michael Greis (3 titres en biathlon) se distinguent néanmoins. Le Norvégien Kjetil Andre Aamodt, vainqueur du super-géant, s'adjuge sa huitième médaille olympique (sont 4 en or) depuis 1992. Le Français Antoine Dénériaz remporte la descente devant tous les favoris, les biathlètes Vincent Defrasne (poursuite) et Florence Baverel-Robert (sprint) obtiennent la médaille d'or.

2010. Vancouver

En 2010, les Jeux de Vancouver sont marqués par l'adhésion du public, qui suit avec passion toutes les compétitions, d'autant plus que les Canadiens (14 médailles d’or) réussissent de brillantes performances. Du 12 au 28 février, 2 762 sportifs (dont 1 102 femmes), représentant 82 pays, participent à 86 épreuves dans 7 sports (15 disciplines). Les vedettes de ces Jeux sont le Suisse Simon Ammann, qui remporte les deux concours de saut à skis, les skieurs de fond norvégiens Marit Björgen (3 médailles d’or) et Petter Northug (4 médailles dont 2 en or) ou la patineuse sud-coréenne Kim Yu-na. Côté français, Janson Lamy Chappuis (combiné nordique) et Vincent Jay (biathlon) sont champions olympiques.

2014. Sotchi

Les Jeux de Sotchi resteront avant tout ceux de la démesure : la Russie dépense 37 milliards d’euros pour l’événement, ce qui fait de ces Jeux les plus chers de l’histoire. Du 7 au 23 février, 2 874 sportifs (dont 1 160 femmes), représentant 88 pays, participent à 98 épreuves dans 7 sports (15 disciplines), des compétitions spectaculaires (slopestyle en ski et en snowboard, par exemple) faisant leur entrée au programme. Parmi les vedettes de ces Jeux, citons avant tout le biathlète norvégien Ole Einar Björndalen : à quarante ans, il obtient 2 médailles d’or ; avec 13 médailles olympiques, il devient le champion le plus récompensé des Jeux d’hiver, battant le record de son compatriote Björn Daehlie (12 médailles en ski de fond). Citons également la biathlète biélorusse Darya Domracheva (3 médailles d’or), la skieuse de fond norvégienne Marit Björgen (3 médailles d’or), le champion de short-track russe d’origine coréenne Viktor Ahn (3 médailles d’or, 1 médaille de bronze), en patinage de vitesse la Néerlandaise Ireen Wust (2 médailles d’or, 3 médailles de bronze) et ses compatriotes Sven Kramer (2 médailles d’or, 1 médaille d’argent) et Jorrit Bergsma (2 médailles d’or, 1 médaille de bronze), le sauteur à skis polonais Kamil Stoch, vainqueur des deux concours individuels. Côté français, en s’adjugeant 2 médailles d’or et 1 médaille d’argent, Martin Fourcade figure parmi les stars de ces Jeux, alors que Pierre Vaultier (snowboard) et Jean-Frédéric Chapuis (skicross) sont également champions olympiques.

—  Pierre LAGRUE

Le CIO, une organisation à l'échelle mondiale

Bien peu, lors de la prise de fonctions de l'Espagnol Juan Antonio Samaranch, qui succédait en juillet 1980 en tant que président du CIO à l'Irlandais Michael Killanin, titulaire du poste depuis 1972, pensaient que les jeux Olympiques avaient encore un avenir. D'autant que le premier choc de Moscou, en 1980, fut suivi d'un second cataclysme avec l'absence d'une grande partie des pays de l'Est aux Jeux de Los Angeles en 1984. Une sorte de réponse du berger à la bergère. Pourtant, ce sont ces Jeux qui marquèrent le renouveau du CIO en métamorphosant son image de petit club fermé en celle d'une organisation de dimension internationale. Lorsque le Belge Jacques Rogge succède à Juan Antonio Samaranch, le 16 juillet 2001, le CIO est devenu une entreprise gérée comme une multinationale et un pôle d'influence diplomatique et financier incontournable, ce qui est toujours vrai lorsque l’Allemand Thomas Bach prend la suite de Jacques Rogge, le 17 septembre 2013.

Naguère encore, le Comité international olympique s'appuyait sur quelques bonnes volontés. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Ayant quitté les hauteurs de Lausanne pour les bords du lac et le château de Vidy, avec une extension en 1986, le CIO est passé par deux phases qui stimulèrent son développement. La première fut marquée par la Française Monique Berlioux, ancienne championne de natation, qui donna à l'institution des structures mieux adaptées. Cette femme énergique, entrée au service du CIO en 1967, a réorganisé complètement le travail d'un effectif permanent, de manière à répondre à l'évolution constante du phénomène olympique. C'est en 1985, lors de la quatre-vingt-dixième session, à Berlin-Est, que Monique Berlioux, en désaccord avec Juan Antonio Samaranch, passa la main au profit d'un Suisse, Me François Carrard. En 2003, son compatriote Urs Lacotte lui succéda en tant que directeur général du CIO. L'administration du CIO est placée sous la responsabilité de ce dernier, qui, sous l'autorité du président Rogge, en assure le fonctionnement avec l'assistance d'un secrétaire général. Elle repose sur un personnel réparti entre le siège, les bureaux de la solidarité olympique – qui aide les deux cent cinq comités olympiques nationaux reconnus –, et le musée Olympique, inauguré à Lausanne le 23 juin 1993.

Un second événement est venu modifier de fond en comble la situation matérielle du CIO. À partir des Jeux de Rome (1960), les droits de retransmission télévisée ont pris une importance considérable, qui a encore augmenté avec les Jeux de Munich (1972). La seule exclusivité américaine avait coûté à la chaîne ABC 14 millions de dollars. Les chiffres se sont ensuite envolés, à partir des années 1980 (88 millions de dollars pour les Jeux de Moscou en 1980, 287 millions de dollars pour les Jeux de Los Angeles en 1984). En 2000, à Sydney, le montant des droits de retransmission télévisée a dépassé le milliard de dollars (1,332 milliard), et il a atteint 2,24 milliards de dollars pour les Jeux d'été de Londres en 2012. Les Jeux d’hiver ne sont pas en reste : alors que les droits se montaient à 21 millions de dollars pour les Jeux de Lake Placid en 1980, ils dépassaient 1 milliard de dollars pour les Jeux de Sotchi en 2014. Néanmoins, cette manne financière ne va pas sans poser problème : ainsi, pour les Jeux de Pékin, la chaîne américaine NBC a fait pression pour que les finales des compétitions de natation se déroulent le matin afin que, avec le décalage horaire, les Américains puissent les suivre le soir en prime time. Au mépris de toute considération sportive, les organisateurs ont répondu favorablement à cette exigence.

Le « marketing » olympique a fait le reste. Il englobe les droits de télévision, le parrainage, les monnaies, les licences et les revenus provenant de la vente des billets, produisant un montant de 8,046 milliards de dollars pour la période 2009-2012.

Le CIO, en tant que « propriétaire » des jeux Olympiques, est responsable de la direction et de la gestion générale des programmes de marketing olympique. Des revenus obtenus, il ne retient qu'une fraction limitée à 8 p. 100 du total. Le solde est distribué aux comités d'organisations des jeux Olympiques (COJO), aux comités nationaux olympiques (CNO), dont une partie destinée à la solidarité olympique, et aux fédérations internationales des sports représentés aux Jeux et à diverses organisations dont le Comité international paralympique et l'Agence mondiale antidopage.

En outre, malgré sa bonne santé financière, le CIO a décidé de redonner de l'importance aux Jeux d'hiver et d'été qui étaient organisés tous les quatre ans la même année : les Jeux d'hiver ont été décalés. Barcelone et Albertville, en 1992, auront été les derniers jeux Olympiques à se dérouler la même année. Désormais, les Jeux sont tous les deux ans sous les feux de l'actualité. Lillehammer (1994), avec son rendez-vous hivernal, a ouvert le bal, Atlanta (1996) et les Jeux d'été ont pris la relève.

La richesse du CIO a changé son image en lui permettant de retrouver une indépendance financière qu'il était sur le point de perdre au début des années 1980. L'attentat contre les athlètes israéliens à Munich en 1972, le déficit record de Montréal en 1976, les problèmes politiques de 1980 et de 1984 avaient presque eu raison de son existence. Tout changea le 17 septembre 1981 lorsque, par arrêté du Conseil fédéral suisse, le CIO fut reconnu organisation internationale non gouvernementale à but non lucratif, dotée de la personnalité juridique.

Cette richesse a rendu le CIO plus professionnel. Dès lors, il devenait impossible de maintenir plus longtemps l'article 26 de la Charte olympique ouvrant les Jeux aux amateurs purs et durs. Plus question de confrontations entre les « amateurs » d'État de l'Est et les universitaires de l'Ouest. Aujourd'hui, le terme « amateur » a disparu des textes du CIO, et les meilleurs s'affrontent pour remporter les médailles. Certains footballeurs professionnels firent leur apparition en 1984, les tennismen officiellement en 1988, les basketteurs de la NBA en 1992, les cyclistes du Tour de France en 1996 à Atlanta, et les hockeyeurs de la NHL à Nagano en 1998.

La politique a également changé la face du sport et du CIO en général. La détente Est-Ouest, le retour de la Chine dans le giron olympique en 1979, la disparition de la RDA autrefois triomphante, la naissance des nouvelles républiques d'Europe de l'Est, la réintégration en 1992 de l'Afrique du Sud, exclue pendant des lustres en raison de sa politique d'apartheid, ont redonné aux Jeux une dimension planétaire. Presque tout le monde a aujourd'hui compris que le boycottage ne punissait que les athlètes des pays qui voulaient se mettre en marge.

La télévision a amplifié le spectacle et souligné l'importance sans cesse grandissante du sport dans la vie des peuples. Les superbes performances de l'Américain Carl Lewis, égalant à Los Angeles en 1984 l'exploit de son compatriote Jesse Owens, remportant quatre médailles d'or à Berlin en 1936, le coup de tonnerre que fut la disqualification pour cause de dopage du Canadien Ben Johnson vainqueur du 100 mètres à Séoul en 1988, les performances extraordinaires des basketteurs américains de la Dream Team, « Magic » Johnson et Michael Jordan à Barcelone, ont donné une autre dimension – proche du gigantisme – à ce rendez-vous quadriennal.

Carl Lewis, 1993

Carl Lewis, 1993

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L'athlète américain Carl Lewis sur 200 mètres lors des Championnats du monde de Stuttgart en 1993. S'il n'est ici que médaillé de bronze, son palmarès (9 médailles d'or en quatre olympiades et 8 titres de champion du monde) est incomparable. 

Crédits : Gray Mortimore/ Getty Images

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Michael Jordan avec les Chicago Bulls

Michael Jordan avec les Chicago Bulls

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Sans doute le plus grand basketteur de l'histoire, l'Américain Michael Jordan, avec son célèbre numéro 23, ajoute à un brillant palmarès sportif une renommée mondiale. 

Crédits : Stephen Dunn/ Allsport/ Getty

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Michael Jordan

Michael Jordan

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Le basketteur américain Michael Jordan (à droite), ici en finale des jeux Olympiques de Barcelone face à la Croatie. Déjà star de la NBA, il fut la grande vedette de ces jeux Olympiques d'été de 1992, lors desquels, avec ses coéquipiers de la Dream Team, il offrit un spectacle somptueux qui... 

Crédits : Dimitri Iundt/ Corbis/ VCG/ Getty Images

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On a souvent reproché au CIO son mode de recrutement. Ainsi, il a fallu attendre 1981 pour qu'une femme y prenne place. Il faut dire qu'une certaine misogynie a longtemps régné dans cette vénérable institution. Néanmoins, de nos jours, on tente de réduire ces inégalités en accordant une importance grandissante aux épreuves féminines.

Selon la volonté de Pierre de Coubertin, le CIO, autorité suprême du mouvement olympique, recrute ses membres par cooptation, ce qui est une manière de garantir son indépendance. En effet, ces membres sont ses représentants dans leurs pays respectifs et non les délégués de leur pays en son sein. Le CIO se compose d'un maximum de cent quinze membres. Tous ces « élus » doivent se retirer à soixante-dix ans pour obtenir le titre de membre honoraire. Deux cent cinq comités nationaux olympiques sont liés au CIO. Les langues officielles du CIO sont le français – en hommage à Pierre de Coubertin –, qui fait autorité en cas de contestation, et l'anglais.

En décembre 1998, des accusations de corruption furent lancées à l'encontre du comité de candidature des XIXes jeux Olympiques d'hiver à Salt Lake City en 2002. Au début de 1999, le CIO prit des sanctions envers les membres impliqués. Quatre d'entre eux démissionnèrent, et sept furent exclus. Cette affaire démontra que l'institution devait être modernisée. Des décisions importantes ont donc été prises. Parmi les plus marquantes, citons : la modification de la procédure d'élection des villes candidates, avec pour corollaire la suppression des visites des membres du CIO à ces villes ; l'élection par leurs pairs de quinze sportifs lors des jeux Olympiques ; la création d'une commission d'éthique ; la publication de rapports financiers sur les sources de revenus du mouvement olympique ainsi que sur leur utilisation ; l'ouverture, pour la première fois, de la session olympique aux médias.

Le président, élu pour huit ans, est ensuite rééligible une seule fois pour quatre ans. La commission exécutive a la charge des affaires : elle est composée du président, des quatre vice-présidents élus pour quatre ans et de dix autres membres. Cette commission est renouvelée partiellement lors des sessions. L'assemblée générale, dite session, se tient au moins une fois par an. Quant au congrès olympique, réuni sur convocation du président du CIO et composé des membres du Comité, des délégués des comités nationaux olympiques et des fédérations internationales, des représentants d'autres organisations et d'individuels invités par le CIO, il se tient très irrégulièrement.

Outre la commission exécutive, le CIO compte plus de vingt commissions spécialisées, parmi lesquelles la commission d'éthique, la commission des athlètes, la commission médicale, la commission des finances, la commission du programme olympique, la commission de presse, la commission du sport pour tous, la commission sport et femme, la commission sport et environnement...

—  Alain LUNZENFICHTER, Universalis

Bibliographie

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Écrit par :

  • : écrivain, directeur du Musée du sport français, membre de l'Académie internationale olympique
  • : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs
  • : responsable de la banque de données du journal L'Équipe et des relations avec le Comité international olympique

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Pour citer l’article

Jean DURRY, Pierre LAGRUE, Alain LUNZENFICHTER, « JEUX OLYMPIQUES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 février 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jeux-olympiques/