Abonnez-vous à Universalis pour 1 euro

PARIS

France : carte administrative - crédits : Encyclopædia Universalis France

France : carte administrative

Un certain nombre de villes du monde ont donné naissance à des mythes ; quelques-uns ont acquis une portée universelle, en se détachant des caractères fondamentaux du pays lui-même pour exalter la Ville en tant qu'individu. Il en est ainsi de Rome et de Paris. On a maintes fois signalé cette sorte de familiarité amoureuse, avec ses éclats de haine ou d'adoration, que Paris a toujours suscitée, dans le monde entier, chez les poètes ou les chansonniers notamment, familiarité manifestée par l'usage de « petits noms » : Paname, Pantruche. C'est là un phénomène probablement unique à ce degré et qui révèle tout d'abord un premier caractère de la ville, celui de métropole internationale, aux « spécialités » contradictoires : capitale du luxe et de la mode, foyer littéraire et artistique, Babylone de luxure et mère patrie des révolutions.

Les ponts de Paris - crédits : Bruno De Hogues/ Stockbyte/ Getty Images

Les ponts de Paris

À l'échelon national, Paris exerce son rôle de capitale depuis treize siècles (si l'on fait abstraction de deux siècles carolingiens) ; c'est un rare privilège, c'est aussi une charge d'où proviennent les difficultés que Paris éprouve à s'adapter au monde moderne et à la poussée désordonnée de la civilisation urbaine.

On a souvent énuméré ses attributs de capitale nationale. Ils découlent des fonctions qui ont fait sa fortune et qui sont issues d'une position géographique et d'un site privilégiés. Le passage de la grande Seine alluviale du début du Quaternaire à travers les gués et les îlots, dans l'axe même des cols de la France du Nord vers celle du Midi, l'axe routier romain emprunté ensuite par le christianisme localisent peu à peu et animent les trois secteurs topographiques séparés par la rivière : l'île de la Cité, siège de l'autorité politique et religieuse ; la rive gauche, centre intellectuel ; la rive droite, vouée à l'activité économique. Telle est l'origine de ces fonctions : capitale politique et quasi religieuse, capitale intellectuelle et artistique, capitale économique. Paris est connu pour être en France le premier centre industriel, la première place de commerce, la première place bancaire et le premier centre de gestion des affaires, le cœur du réseau routier et ferroviaire, le premier port fluvial, la plaque tournante du réseau aérien ; autant de qualifications qui pèsent lourdement sur l'activité des départements français en établissant l'autorité, si souvent dénoncée, du « Parisien ».

Le site seul n'a pourtant pas créé la ville. C'est le choix des césars romains, Julien l'Apostat et Valentinien, puis celui de Clovis, enfin celui de Hugues Capet, qui a ainsi imposé à la France l'ancienne bourgade gauloise, choix heureux sur bien des points (relief, fleuve, approvisionnement) sauf sur un seul : l'ouverture vers la trop proche frontière de l'est, chemin millénaire des invasions. La ville est ainsi « fille de la Seine et du roi » ; dans son intimité avec le souverain, trop étroite pour qu'elle ne soit pas à la fois choyée et malmenée, elle cherchera son indépendance en constituant une force politique et intellectuelle qui brisera à maintes reprises ses liens de filiation avec la monarchie et avec l'État : 1358, 1382, 1588, 1648, 1789, 1830, 1848, 1870, en prenant finalement l'habitude d'écrire elle-même l'histoire de France.

Sur le plan topographique, la croissance urbaine s'est faite avec une certaine régularité, à partir de l'île mère. En commençant par les environs immédiats des grands axes (rues Saint-Denis et Saint-Martin, Saint-Jacques, Saint-Honoré et Saint-Antoine), la ville s'est étendue peu à peu, comblant les vides et englobant les anciens « bourgs » fixés généralement autour des abbayes. Cette croissance radiante est matérialisée par les anneaux concentriques des [...]

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Écrit par

  • : inspecteur général des Archives de France
  • : directeur d'études à l'École pratique des hautes études, secrétaire de la IVe section
  • : directeur délégué de la chaire Ville à Sciences Po, Paris
  • : professeur émérite à l'université de Paris-I
  • : professeur à l'université de Paris-Sorbonne, membre de la section prospective et planification du conseil économique et social de la Région Île-de-France
  • : professeur, université de Picardie Jules-Verne
  • : professeur à l'université de Paris-IV-Sorbonne

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Médias

France : carte administrative - crédits : Encyclopædia Universalis France

France : carte administrative

Les ponts de Paris - crédits : Bruno De Hogues/ Stockbyte/ Getty Images

Les ponts de Paris

Façade de Notre-Dame de Paris - crédits : Beatrice Bibal Lecuyer/ Gamma-Rapho/ Getty Images

Façade de Notre-Dame de Paris

Autres références

  • TRIANGLE D'OR (Paris)

    • Écrit par Monique PINÇON-CHARLOT, Michel PINÇON
    • 2 318 mots
    • 1 média

    À Paris, les familles de la haute société, de la bourgeoisie ancienne et de la noblesse fortunée, ont manifesté leur position sociale par l'habitat qu'elles ont choisi et aménagé. Elles ont ainsi créé des quartiers, façonnés à leur image, sur des terres encore vierges, aux limites de Paris aux...

  • FRANCE - (Le territoire et les hommes) - Espace et société

    • Écrit par Magali REGHEZZA
    • 14 002 mots
    • 3 médias
    ...françaises concentrent 35 p. 100 de la population. Ces communes, situées dans les pôles des grandes aires urbaines, sont donc très densément peuplées. À Paris par exemple, la densité moyenne avoisine 20 000 hab./km2 et peut dépasser 40 000 hab./km2 dans certains arrondissements. Plusieurs communes...
  • ABADIE PAUL (1812-1884)

    • Écrit par Claude LAROCHE
    • 977 mots

    Paul Abadie est né à Paris le 9 novembre 1812. Il est le fils d'un architecte néo-classique homonyme (1783-1868) qui fut architecte du département de la Charente : on lui doit notamment le palais de justice d'Angoulême (env. 1825-1828). Abadie entre à Paris dans l'atelier d'Achille Leclère...

  • AGRICULTURE URBAINE

    • Écrit par Jean-Paul CHARVET, Xavier LAUREAU
    • 6 273 mots
    • 8 médias
    Les premiers développements bien documentés du maraîchage autour de Paris remontent au xiie siècle, c’est-à-dire à l’époque des constructions de la cathédrale Notre-Dame de Paris et de la basilique de Saint-Denis. Les « jardins maraîchers » trouvent l’origine de leur dénomination dans la...
  • ALPHAND ADOLPHE (1817-1891)

    • Écrit par Universalis, Michel VERNÈS
    • 1 674 mots
    Né en 1817 à Grenoble, d'un père colonel d'artillerie, Adolphe Alphand entre à l'École polytechnique en 1835, puis à l'École des ponts et chaussées en 1837. Après s'être vu confier des missions dans l'Isère et la Charente-Inférieure, il est envoyé en 1839 à Bordeaux comme...
  • Afficher les 236 références

Voir aussi