ALBERTVILLE (JEUX OLYMPIQUES D') [1992]Contexte, organisation, bilan

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Le C.I.O. tient sa quatre-vingt-onzième session à Lausanne du 12 au 18 octobre 1986. Le 17 octobre, la matinée est consacrée à la désignation de la ville d'accueil des XVIes jeux Olympiques d'hiver, qui se dérouleront en 1992. Le choix semble difficile et l'ambiance est tendue : pour la première fois, six tours de scrutin sont nécessaires avant que le verdict soit connu. Au terme de ce marathon électoral, Albertville (cinquante et une voix) est préférée à Sofia (vingt-cinq voix) et à la ville suédoise de Falun (neuf voix). Berchtesgaden (R.F.A.), Anchorage (États-Unis), Cortina d'Ampezzo (Italie) et Lillehammer (Norvège), autres villes candidates, avaient été successivement éliminées. Toute la Savoie laisse instantanément éclater sa joie ; Jean-Claude Killy et Michel Barnier, co-présidents du comité d'organisation, qui portent cette candidature depuis cinq ans, retroussent de nouveau leurs manches...

Rapidement, les Jeux d'Albertville deviennent les « Jeux d'Albertville et la Savoie ». En effet, depuis l'annonce de la candidature, toute la Tarentaise est mobilisée par le projet. La grande idée de Michel Barnier et de Jean-Claude Killy fut d'associer plusieurs sites à ces Jeux, afin que l'ensemble du département soit intéressé, tout en conservant au projet une certaine compacité pour séduire le C.I.O.

Les travaux peuvent débuter. Une enceinte provisoire de trente-cinq mille places, le Théâtre des cérémonies, dotée d'une scène de 9 200 mètres carrés, est édifiée à Albertville même, sur le site du Sauvay : ce Théâtre accueille les cérémonies d'ouverture et de clôture. Toujours à Albertville sont construits l'anneau de vitesse (dix mille places), destiné au patinage de vitesse sur piste longue, et la halle de glace, patinoire de neuf mille places où se déroulent les épreuves de patinage artistique et de short-track. Val-d'Isère, la station de Jean-Claude Killy, est le théâtre de la majorité des épreuves masculines de ski alpin (le slalom ayant lieu aux Ménuires) : la piste de descente aménagée sur la face de Bellevarde est l'une des plus difficiles du monde, et elle est conçue de telle sorte que les spectateurs puissent voir l'ensemble du parcours. Pour les compétitions féminines de ski alpin, la station de Méribel est retenue : comme pour la compétition masculine, le tracé de la piste de descente permet au public de voir tout le parcours. C'est également à Méribel que se déroule le tournoi de hockey sur glace : une patinoire de six mille cinq cents places est construite pour l'événement.

Cérémonie d'ouverture des jeux Olympiques d'Albertville (1992)

Photographie : Cérémonie d'ouverture des jeux Olympiques d'Albertville (1992)

La cérémonie d'ouverture des jeux Olympiques est toujours marquée par quelques moments de grande solennité. Ici, de gauche à droite, Jean-Claude Killy, François Mitterrand, le président du CIO Juan Antonio Samaranch et Michel Barnier sont accompagnés par une jeune fille de onze ans et... 

Crédits : Bob Martin/ Getty Images

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Les compétitions de ski de fond et de biathlon ont lieu aux Saisies : les concepteurs du site ont l'idée de faire converger toutes les pistes vers un échangeur en forme d'anneau olympique ; de ce fait, les concurrents passent à plusieurs reprises devant la tribune principale, dans laquelle douze mille cinq cents spectateurs peuvent prendre place. Courchevel reçoit le saut à skis : les deux tremplins de 90 et 120 mètres sont édifiés sur le site où était érigé naguère l'ancien tremplin, dans la forêt du Praz ; trente-cinq mille personnes peuvent assister aux concours. Le combiné nordique se tient aussi à Courchevel : une petite piste de ski de fond de 5 kilomètres est tracée pour cette épreuve. Les compétitions de bobsleigh et de luge ont lieu à La Plagne : la piste est construite sur le site de La Roche. Le départ de celle-ci se situe à 1 684 mètres d'altitude pour le bobsleigh (1 559 mètres pour la luge), sa longueur est de 1 507 mètres pour un dénivelé de 124,5 mètres (pour la luge, la longueur est de 1 249 mètres pour un dénivelé de 110,6 mètres). Un ingénieux système de réfrigération permet de pallier tout aléa climatique et d'utiliser la piste du 1er octobre au 15 mars, pour les touristes en mal de frissons. Les compétitions de ski acrobatique se déroulent à Tignes. Au cœur du parc de la Vanoise, le tournoi de curling (sport de démonstration) a pour cadre la patinoire de Pralognan (deux mille trois cents places), une jolie petite station familiale heureuse de recevoir le label olympique. Enfin, le ski de vitesse (kilomètre lancé), épreuve de démonstration, a lieu aux Arcs, la Mecque de cette discipline à haut risque où une nouvelle piste de 1 700 mètres est tracée.

Le budget total des Jeux se monte à 4,2 milliards de francs, sans compt [...]

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Écrit par :

  • : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs

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Pierre LAGRUE, « ALBERTVILLE (JEUX OLYMPIQUES D') [1992] - Contexte, organisation, bilan », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/albertville-jeux-olympiques-d-1992-contexte-organisation-bilan/