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Préhistoire et archéologie

En Chine, le développement de fouilles stratigraphiques, particulièrement intense depuis 1970, a permis de relier les unes aux autres des découvertes jusqu'alors ponctuelles, isolées ou lacunaires. Des systèmes culturels dominants, intégrés dans des paléo-environnements variés, ont ainsi pu être identifiés et replacés dans une dynamique évolutive.

Chine : préhistoire et archéologie

Dessin : Chine : préhistoire et archéologie

Les principaux sites du Paléolithique, du Néolithique et de l'Âge du bronze mis au jour en Chine. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Le Paléolithique

Le Paléolithique inférieur

Le développement culturel durant le Paléolithique inférieur est le résultat d'un long processus qui commença sur le territoire chinois il y a un million d'années et se termina voici 200 000 ans. Les plus anciens vestiges d'occupation humaine sont encore très mal connus ; ils dateraient de la fin du Pléistocène inférieur. Les premières traces d'Homo erectus, identifiées en Chine du Nord sur les sites de Xihoudu au Shanxi, de Lantian au Shaanxi, de Xiaochangliang et de Donggutou au Hebei, en Chine du Sud à Yuanmou au Yunnan, se rattachent également à cette période. Sur ces différents sites, l'outillage lithique, souvent atypique et multifonctionnel, est caractérisé par des industries sur éclats où dominent les grattoirs, les lourdes pointes triangulaires et les galets aménagés.

Le plus ancien gisement, mis au jour à Xihoudu et remontant à 1,8 million d'années, ne peut dans l'état actuel de nos connaissances être comparé à aucun autre vestige paléolithique chinois. Le site de Lantian, où fut identifié en 1963 l'Homo erectus lantianensis, est mieux connu. Son industrie lithique assez primitive, marquée par des grands éclats et des pointes, serait à l'origine de celle de Dingcun appartenant au Paléolithique moyen. Des vestiges fossiles de trente-huit espèces de mammifères y ont été reconnus, qui sont parmi les plus importants pour la paléo-zoologie chinoise. Les premiers vestiges d'hominidés (Homo erectus yuanmouensis) découverts en Chine du Sud seraient postérieurs (environ 1,6 à 1,7 million d'années).

Le Pléistocène moyen, qui constitue le principal horizon du Paléolithique inférieur chinois, est beaucoup mieux représenté, en particulier sur le gisement 1 de Zhoukoudian près de Pékin, où de nombreuses campagnes de fouilles furent menées depuis 1929. Ce gisement, par sa fréquentation humaine qui couvre une période d'environ 300 000 ans, par l'abondance de sa faune et de ses vestiges archéologiques (près de 200 000 outils en pierre), est l'un des plus importants de tout le Paléolithique chinois. L'outillage, plus diversifié que sur les sites antérieurs, comporte un fort pourcentage de petits outils, lointains précurseurs des industries proto-microlithiques du Paléolithique moyen. Parmi les nombreux autres sites rattachés à cette phase, Kehe et Nanhaiyu au Shanxi, Gongwangling au Shaanxi et le niveau inférieur de Jinniushan au Liaoning fournissent des données de base pour l'analyse des modes de relations interculturelles au Pléistocène : les pointes et galets aménagés assez grossiers de Kehe seraient issus de Lantian, alors que la technique de débitage employée à Jinniushan se rattacherait à l'industrie de Zhoukoudian 1 ; le matériel de Gongwangling, assez proche de celui de Kehe, serait une préfiguration du Paléolithique moyen de Dingcun. Les assemblages de Chine du Sud, peu influencés par la tradition de Zhoukoudian, sont caractérisés par de grands éclats, souvent plus retouchés qu'en Chine du Nord. Les plus importants proviennent de la grotte de Guanyin au Guizhou, et du site de Shilongtou au Hubei.

Le Paléolithique moyen

Les cultures de cette période associée à l'émergence de l'Homo sapiens neandertalensis à la fin du Pléistocène moyen et au début du Pléistocène supérieur, semblent s'être développées directement à partir d'une base paléolithique inférieure indigène, dont elles conservent de nombreux traits (outils sur éclats, pointes, galets aménagés, retouches unifaciales). Dans l'ensemble, cependant, les types se régularisent et un plus grand soin est apporté aux techniques de préparation et de débitage des outils. Une vingtaine de sites ont été identifiés, parmi lesquels en Chine du Nord : le gisement 15 de Zhoukoudian près de Pékin, Jiangjiawan et Sigoukou au Gansu, Xujiayao et Dingcun au Shanxi, Dali (qui serait le plus ancien) et Yaotougou au Shaanxi, et Gezidong au Liaoning ; en Chine du Sud : Tongzi au Guizhou et Maba au Guangdong.

La faune et l'outillage de Jiangjiawan forment une transition entre la culture de Lantian et celle de Shuidonggou du Paléolithique supérieur, que préfigurent également les vestiges de Yaotougou, découverts en 1972.

Le site de Xujiayao, vieux de 60 000 à 30 000 ans et fouillé de 1974 à 1977, est l'un des plus importants de cette période par l'abondance de son matériel héritier de Zhoukoudian (plus de 14 000 instruments en pierre et en os, souvent retouchés et d'assez petite taille) et par son rayonnement culturel. Ce serait en effet l'un des principaux ancêtres de la tradition microlithique de Chine du Nord. Gezidong, premier site paléolithique découvert en Chine du Nord-Est, est généralement considéré comme l'une des extensions de la tradition lithique de Zhoukoudian.

Les fossiles de l'homme de Tongzi, dont l'outillage rappelle celui de Guanyindong rattaché au Paléolithique inférieur, sont jusqu'à présent les seuls connus sur le plateau du Yunnan-Guizhou.

Le Paléolithique supérieur

Le Paléolithique supérieur, caractérisé par l'Homo sapiens sapiens, s'inscrit dans un horizon du Pléistocène final, période au cours de laquelle se formèrent les dépôts lœssiques de la Chine du Nord. L'homme de Liujiang au Guangxi et celui de la grotte supérieure de Zhoukoudian (vers 16 922 avant notre ère) sont les premiers mongoloïdes connus.

En Chine du Nord, la tradition de Xujiayao et Zhoukoudian 15 donne naissance à une industrie dite proto-microlithique. L'utilisation de techniques de taille indirecte et du débitage par pression contribuent à diversifier et à fixer les types. Les lames occupent désormais une place importante dans les assemblages. Des techniques primitives de polissage et de perforation font leur apparition (pendeloques en pierre, aiguilles en os).

La culture de Hetao (dite de l'Ordos), identifiée au début du siècle sur des sites comme Shuidonggou au Ningxia, Dagouwan et Salawusu (Sjara-osso-gol) en Mongolie intérieure, correspond à une phase ancienne, de même que les sites de Shiyu au Shanxi (env. 26 950 ± 220 av. J.-C.), de Liujiacha au Gansu, et de Xiaonanhai au Henan (env. 22 150 ± 500). La même tradition se poursuit dans les phases terminales du Paléolithique supérieur, à Xiachuan au Shanxi (env. 21 950-14 450 avant notre ère), et sur le site plus récent d [...]

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-2000 à -1000. Les empires du Bronze

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Vase rituel en forme de tigre, dynastie Shang, Chine

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Guerriers en terre cuite de l’empereur Qin Shi Huangdi

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  • : docteur-chercheur au C.N.R.S. (UMR 7041) , directeur de la Mission archéologique franco-chinoise au Xinjiang (Chine)
  • : chargée de mission au Musée national des arts asiatiques-Guimet
  • : critique d'art, écrivain, commissaire d'exposition
  • : ancien maître de recherche au CNRS, professeure honoraire à l'École du Louvre, chargée de mission au Musée national des arts asiatiques-Guimet
  • : directrice d'études à l'École pratique des hautes études (IVe section)
  • : reader, Department of Chinese, Australian National University
  • : directeur d'études émérite à l'École pratique des hautes études, section des sciences historiques et philologiques, membre de l'Institut

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Pour citer l’article

Corinne DEBAINE-FRANCFORT, Daisy LION-GOLDSCHMIDT, Michel NURIDSANY, Madeleine PAUL-DAVID, Michèle PIRAZZOLI-t'SERSTEVENS, Pierre RYCKMANS, Alain THOTE, « CHINOISE CIVILISATION - Les arts », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/chinoise-civilisation-les-arts/