CHINOISE CIVILISATIONLes arts

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Céramique

La céramique chinoise se distingue par la continuité de sa tradition, dont témoigne une production s'étendant sur sept millénaires, par la précocité de ses découvertes, une maîtrise technique inégalée, une profusion et une diversité sans commune mesure avec ce qu'a pu produire l'Occident. Les perfectionnements apportés aux fours, aux textures, aux couleurs ont commandé sa constante évolution, liée d'autre part à l'histoire de la société, à la multiplicité de la commande, souvent aussi à l'irruption d'influences étrangères. Les artisans chinois atteignent spontanément la beauté par une parfaite adaptation des formes à leur fonction, un sens inné des proportions et des rythmes, une mise en valeur de toutes les virtualités de la matière. Aux yeux des Chinois, la céramique est un art bien plus qu'un artisanat : certaines pièces sont prisées à l'égal du jade, la matière noble par excellence. Collectionnée de longue date, chantée par les poètes, la céramique fut souvent réservée aux empereurs et aux princes. Elle répond aux besoins les plus divers : vaisselle d'usage, elle est d'autre part matériel de culte et mobilier funéraire ; elle sert les exigences de la vie de Cour comme celles de la classe raffinée des lettrés qui s'enchante des formes pures d'un bol ou du lustre onctueux d'une couverte. La céramique concerne non seulement la vue, mais le toucher et même l'ouïe, sensible à la sonorité émise par une porcelaine. Discrète, dépouillée, austère à certaines époques, elle est à d'autres éclatante de couleurs, vigoureuse, audacieuse.

Diversité des techniques

Le mot « céramique » est un terme général qui englobe des techniques distinctes : la poterie, ou terre cuite, obtenue à basse température (750-900 0C), qui demeure fragile et poreuse ; le grès, cuit à 1 000-1 200 0C, plus lourd et plus solide, vitrifié et devenu imperméable ; la porcelaine, que sa cuisson à 1 350 0C environ vitrifie davantage encore et rend dure, sonore, parfois blanche et translucide. À la poterie sont associées les glaçures, à base de silicate de plomb, qui lui donnent de l'éclat tout en p [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 80 pages

Médias de l’article

-2000 à -1000. Les empires du Bronze

-2000 à -1000. Les empires du Bronze
Crédits : Encyclopædia Universalis France

vidéo

Vase rituel en forme de tigre, dynastie Shang, Chine

Vase rituel en forme de tigre, dynastie Shang, Chine
Crédits : Bequest of Grenville L. Winthrop, Bridgeman Images

photographie

Guerriers en terre cuite de l’empereur Qin Shi Huangdi

Guerriers en terre cuite de l’empereur Qin Shi Huangdi
Crédits : Meanmachine77/ Shutterstock

photographie

Guerriers de Qin Shi Huangdi

Guerriers de Qin Shi Huangdi
Crédits : Keren Su, Getty Images

photographie

Afficher les 41 médias de l'article


Écrit par :

  • : docteur-chercheur au C.N.R.S. (UMR 7041) , directeur de la Mission archéologique franco-chinoise au Xinjiang (Chine)
  • : chargée de mission au Musée national des arts asiatiques-Guimet
  • : critique d'art, écrivain, commissaire d'exposition
  • : ancien maître de recherche au CNRS, professeure honoraire à l'École du Louvre, chargée de mission au Musée national des arts asiatiques-Guimet
  • : directrice d'études à l'École pratique des hautes études (IVe section)
  • : reader, Department of Chinese, Australian National University
  • : directeur d'études à l'École pratique des hautes études, section des sciences historiques et philologiques, correspondant de l'Académie des inscriptions et belles-lettres

Classification

Autres références

«  CHINOISE CIVILISATION  » est également traité dans :

CHINOISE (CIVILISATION) - Vue d'ensemble

  • Écrit par 
  • Jacques GERNET
  •  • 1 592 mots
  •  • 1 média

L'Asie orientale, de civilisation et d'influence chinoises, constitue un ensemble humain et géographique qui est à la fois très vaste et complexe en raison de la diversité de ses populations et de ses conditions naturelles. Elle s'étend depuis l'équateur jusqu'à la taïga sibérienne et depuis le Pacifique jusqu'au cœur du continent asiatique. On trouve des colonies chinoises à Java et en Malaisie c […] Lire la suite

CHINOISE (CIVILISATION) - La pensée chinoise

  • Écrit par 
  • Claude GRÉGORY
  •  • 3 454 mots
  •  • 3 médias

Depuis des temps qui se perdent aux origines légendaires, la mentalité chinoise est soutenue et sous-tendue par ce que l'on peut, faute de mieux, appeler une doctrine.Doctrine forte et profonde qui justifie l'histoire entière de la Chine, mais sans laquelle un monde s'écroule pour ne laisser subsister qu'une poussière de faits dans un désordre inexplicable. Aucune analyse socio-économique ne saura […] Lire la suite

CHINOISE (CIVILISATION) - Symbolisme traditionnel et religions populaires

  • Écrit par 
  • Maxime KALTENMARK, 
  • Michel SOYMIÉ
  •  • 7 067 mots
  •  • 2 médias

Les fondements de la pensée chinoise traditionnelle nous sont connus essentiellement par des textes qui furent rédigés pour la plupart à l'époque dite des philosophes (en histoire : l'époque des Royaumes combattants, ve-iiie s. av. J.-C.). Il est cependant certain que nombre de concepts remontent à une ép […] Lire la suite

CHINOISE (CIVILISATION) - Bureaucratie, gouvernement, économie

  • Écrit par 
  • Pierre-Étienne WILL
  •  • 11 003 mots

« Céleste » ou « hydraulique », peu importe : l'idée communément répandue suivant laquelle la Chine vit depuis des temps fort anciens sous un régime bureaucratique est essentiellement correcte. Sans vouloir ici décrire à nouveau l'évolution, esquissée dans les pages précédentes, des institutions gouvernementales au fil des dynasties, on rappellera simpl […] Lire la suite

CHINOISE (CIVILISATION) - Sciences et techniques

  • Écrit par 
  • Jean-Claude MARTZLOFF
  •  • 6 597 mots

Pour la Chine, comme pour d'autres civilisations, plus on remonte le temps, plus il devient difficile de préciser ce qu'on doit entendre exactement par « science ». C'est pourquoi la « science chinoise » peut se définir de plusieurs manières : il peut s'agir de toute idée, découverte ou méthode chinoise qui joue encore u […] Lire la suite

CHINOISE (CIVILISATION) - La médecine en Chine

  • Écrit par 
  • Florence BRETELLE-ESTABLET
  •  • 8 506 mots
  •  • 8 médias

Depuis le début des années 1980, plusieurs facteurs ont conduit historiens et anthropologues à développer et renouveler le champ des études sur la médecine chinoise. D'une part, les travaux menés par les historiens ou philosophes, comme Foucault, sur la médecine européenne ont montré combien la médecine était un champ fécond pour l'histoire intellectuelle, sociale et politique d'une société donnée […] Lire la suite

CHINOISE (CIVILISATION) - La littérature

  • Écrit par 
  • Paul DEMIÉVILLE, 
  • Jean-Pierre DIÉNY, 
  • Yves HERVOUET, 
  • François JULLIEN, 
  • Angel PINO, 
  • Isabelle RABUT
  •  • 45 738 mots
  •  • 1 média

Les origines de la littérature chinoise sont à peu près contemporaines de celles des deux autres littératures dont se nourrit encore la tradition du monde civilisé : celle de l'Inde et celle de l'Europe. Ici comme là, ces origines remontent à un ou deux millénaires avant l'ère chrétienne, et le nom de Confucius, vers l'an 500 avant J.-C., marque en Chine u […] Lire la suite

ASTRONOMIE

  • Écrit par 
  • James LEQUEUX
  •  • 11 308 mots
  •  • 20 médias

Dans le chapitre « L'astronomie arabe et chinoise »  : […] En ce qui concerne les Arabes et leurs collègues juifs et persans, ce n'est pas seulement par amour de la science qu’ils s’intéressent à l'astronomie. L'étude des astres leur est indispensable pour prédire l'avenir : ce sont avant tout des astrologues. Ils ont d'abord besoin de méthodes de calcul et des tables déjà établies, qu'ils découvrent dans les vestiges des bibliothèques byzantines, et auss […] Lire la suite

CALENDRIERS

  • Écrit par 
  • Jean-Paul PARISOT
  •  • 9 872 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Calendriers chinois »  : […] Nos connaissances sur l'astronomie et le calendrier chinois sont dues au travail monumental réalisé entre 1723 et 1759 par le jésuite français Antoine Gaubil. Pendant les trente-six années qu'il passe à Pékin, sa fonction de traducteur et d'interprète lui permet d'être en contact permanent avec la cour et il a accès à tous les documents historiques. Il a publié plusieurs traités de chronologie (p […] Lire la suite

CHINE - Hommes et dynamiques territoriales

  • Écrit par 
  • Thierry SANJUAN
  •  • 9 791 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « Le territoire, un produit de l'histoire »  : […] Le territoire de la Chine se donne, dans l'histoire officielle, comme l'extension d'un monde chinois qui trouve son foyer originel dans le bassin moyen du fleuve Jaune dès le II e  millénaire avant J.-C. Plus largement, la Chine se veut le foyer de civilisation de l'Asie orientale dans la mesure où elle était elle-même l'ensemble du monde, « tout ce qui était sous le ciel » ( tian xia ). Le peup […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Corinne DEBAINE-FRANCFORT, Daisy LION-GOLDSCHMIDT, Michel NURIDSANY, Madeleine PAUL-DAVID, Michèle PIRAZZOLI-t'SERSTEVENS, Pierre RYCKMANS, Alain THOTE, « CHINOISE CIVILISATION - Les arts », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/chinoise-civilisation-les-arts/