TIBET (XIZIANG)

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L'espace géographique tibétain

L'espace géographique tibétain s'étend sur quelque 3 500 000 km2, à une altitude moyenne de 4 000 m. Il est partagé entre le Cachemire, à l'ouest, les provinces chinoises du Sichuan à l'est (à qui a été rattachée la moitié orientale de la province du Xikang, supprimée en 1955) et du Qinghai au nord-est, et le Tibet proprement dit (agrandi depuis 1956 de la moitié occidentale de l'ex-province du Xikang), couvrant 1 221 000 km2 et qui constitue depuis 1965 l'une des cinq régions autonomes de la république populaire de Chine. Lors du recensement de l'an 2000, dont il convient d'utiliser les données avec prudence, la population était de 2,6 millions d'habitants (composé, officiellement, de 2,4 millions de Tibétains, soit 92 p. 100 du total, et de 155 000 Chinois d'origine han, comptant pour 5,9 p. 100).

Les grandes régions naturelles

Tout un ensemble de systèmes montagneux, qui comptent parmi les plus puissants du globe – « nœud » du Pamir et Karakoram à l'ouest, monts Tanglha et chaînes méridiennes du sud-est, système des Kunlun au nord et arc himalayen au sud –, marquent les limites de la Région autonome du Tibet, où l'on peut distinguer trois grands domaines : le haut Tibet, le Tibet oriental et le Tibet méridional.

Le haut Tibet ou Changthang (« plaine du Nord ») s'étend sur quelque 800 000 kilomètres carrés, des Kunlun au Transhimalaya (que les Chinois appellent chaîne des Gangdisi), où les altitudes ne sont jamais inférieures à 4 000 mètres. Ce « haut plateau tibétain » se compose en fait d'une succession d'une trentaine de chaînes sédimentaires plissées (calcaires du Trias au Crétacé, notamment) s'élevant jusqu'à 6 000 mètres, aux formes lourdes, aux pentes empâtées de débris et de coulées de solifluxion. Entre ces chaînes, alignées grossièrement d'ouest en est, s'ouvrent de larges vallées à 4 500-4 800 mètres d'altitude, qui aboutissent à des lacs salés, sans écoulement exoréique ; le plus vaste d'entre eux est le Nam Tso, ou Tengri Nor (« lac Céleste »), dont la surface est de 2 000 kilomètres carrés. Les caractères bioclimatiques du Changthang en font sans doute « le désert le plus effroyable de la planète » (P. Birot) : le total annuel des précipitations n'y dépasse guère 100 millimètres et la température moyenne annuelle est de l'ordre de — 5 0C. Une intense radiation solaire pendant le bref été (trois mois au maximum) se traduit par des contrastes thermiques considérables (plus de 20 0C le jour et jusqu'à — 10 0C la nuit), tandis que pendant l'hiver, qui dure plus de six mois, la rigueur des températures est encore aggravée par la violence des vents d'ouest qui sévissent sans relâche. Aussi la végétation se réduit-elle à une couverture extrêmement discontinue de mousses et de lichens, remplacés par les armoises et le carex dans les dépressions méridionales.

Plateau du Tibet

Photographie : Plateau du Tibet

Le plateau du Tibet, dont les altitudes varient de 4 000 à 5 000 mètres, offre des conditions bioclimatiques qui ne permettent guère que l'élevage. Au fond, le mont Everest. 

Crédits : J. Singer/ Click

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Le Tibet oriental (région de Tchamdo) est constitué d'un faisceau de vallées d'orientation méridienne empruntées par quelques-uns des grands fleuves asiatiques ; ceux-ci s'enfoncent jusqu'à 1 000 mètres entre des lanières de hauts plateaux qui ont de 3 500 à 5 000 mètres d'altitude et qui sont dominés par des chaînes cristallines parallèles dépassant 6 000 mètres. Ainsi se succèdent, d'ouest en est, les vallées de la Salouen, du Mékong et du Yangzi que séparent les alignements des Nushan et des Ningqingshan. Si dans les fonds de vallées, abrités et plus arides, ne poussent guère que des savanes buissonneuses, les versants et massifs qui reçoivent les éclaboussures de la mousson d'été chinoise portent une riche végétation forestière où dominent chênes, cèdres et pins.

Le Tibet méridional correspond à la vallée du Yarlungzangbo ou Brahmapoutre supérieur, sillon tectonique qui s'ouvre à 3 500-4 000 mètres d'altitude entre les prodigieux reliefs des Gangdisi et de l'arc himalayen. Par sa position protégée et sa situation méridionale, la vallée du Yarlungzangbo jouit de conditions climatiques exceptionnelles compte tenu de l'altitude : Lhasa, la capitale, à 3 630 mètres d'altitude, est moins froid que Pékin en hiver (moyenne de janvier [...]

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Plateau du Tibet

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Pour citer l’article

Chantal MASSONAUD, Luciano PETECH, David SNELLGROVE, Pierre TROLLIET, « TIBET (XIZIANG) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/tibet-xiziang/