NÉPAL

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Népal : carte physique

Népal : carte physique
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Népal : drapeau

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Monastère de Tengboche, Népal

Monastère de Tengboche, Népal
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Parc national de Sagarmatha, Népal

Parc national de Sagarmatha, Népal
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Nom officielRépublique démocratique fédérale du Népal (NP)
Chef de l'ÉtatBidhya Devi Bhandari (depuis le 29 octobre 2015)
Chef du gouvernementKhadga Prasad Sharma Oli (depuis le 15 février 2018)
CapitaleKatmandou
Langue officiellenépalais
Unité monétaireroupie népalaise (NPR)
Population29 258 000 (estim. 2018)
Superficie (km2)147 181

Le Népal s'étend sur 147 000 kilomètres carrés et sa population comptait 26 494 500 d’habitants au recensement de 2011. Le pays est célèbre par la beauté de ses paysages et la très grande variété culturale qu'il doit à sa position. Il possède les plus hautes montagnes du monde, mais la plus grande partie de la population est concentrée dans des régions basses, plaines bordières et bassins intra-montagnards. Sa structure géographique est dominée par la disposition des éléments du relief, et l'étagement domine l'organisation des activités.

Népal : carte physique

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Carte physique du Népal. 

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Népal : drapeau

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Népal (1962). Réunies au XIXe siècle, les deux bannières triangulaires qui composent cet original drapeau marquent la pérennité nationale de la famille royale (croissant de lune en berceau) et de la famille Rana (soleil). Le rouge cramoisi représente le dynamisme du Népal, le bleu du cadre... 

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Du point de vue historique, le nom de Népal ne s'applique qu'à la haute vallée de la Bagmati (Katmandou) et à quelques districts extérieurs ; le reste du territoire népalais moderne y fut ajouté par les conquérants Gūrkhalī à la fin du xviiie siècle. La vallée fut primitivement occupée par des populations d'origine inconnue, génériquement appelées Kirāta ; quelques termes obscurs dans les plus anciennes inscriptions semblent être les seuls vestiges de leur langue. Dès le ixe siècle, les Newar, de langue tibéto-birmane, devinrent le peuple dominant. Après 1768, ils furent rejoints par les Gūrkhalī (de langue indo-européenne. Le bouddhisme y pénétra de bonne heure, et le Népal est le seul pays de civilisation indienne où la religion du Bouddha est encore vivante, sinon florissante. Cette influence indienne est particulièrement sensible dans les productions artistiques, qui n'en conservent pas moins un caractère original. Bien protégé par les montagnes et les jungles pestilentielles du Teraï, il resta à l'écart des invasions musulmanes (avec une seule exception), et, au début du xxe siècle, il était encore un échantillon presque pur de ce qu'était l'Inde ancienne, bien que possédant des caractéristiques locales très marquées.

Aujourd'hui le Népal, entre la Chine et le sous-continent indien, en pleine transformation, s'est ouvert aux influences extérieures et à la civilisation industrielle.

—  François DURAND-DASTÈS, Luciano PETECH

Un pays de hautes montagnes

Architecture d'ensemble du pays

L'armature morphologique du pays est construite selon des lignes assez simples, et s'organise en bandes longitudinales, orientées de l'ouest-nord-ouest à l'est-sud-est. Du sud au nord on rencontre six régions bien distinctes.

Le Teraï est une plaine basse, qui fait partie de la grande plaine du Gange. Elle comporte des terrasses alluviales, mais aussi des bas plateaux caillouteux. Les eaux qui s'infiltrent dans ceux-ci ressortent en une ligne de sources, qui alimente des marais. Ceux-ci font de certaines parties du Teraï des régions malsaines, où la malaria a longtemps exercé des ravages. Elles sont restées faiblement peuplées jusque dans les années 1970 et couvertes de forêts assez denses.

Les Siwāliks constituent une première chaîne de montagnes basses, culminant à environ 2 000 m (monts Bhabar et Churia). Elles sont formées de crêtes alignées suivant l'axe ouest-nord-ouest-est-sud-est, entre lesquelles s'inscrivent des dépressions allongées, connues sous le nom de dhuns.

Au nord, une première chaîne vraiment himalayenne domine les Siwāliks, avec des sommets qui dépassent légèrement les 3 000 m : c'est le Mahabharat Lekh, que l'on rattache généralement à l'axe du Moyen Himalaya. Les sommets ont des formes assez lourdes et ne sont pas alignés en axes continus. Les vallées transversales ont creusé dans la chaîne des vallées profondes dont l'altitude est comprise entre 400 et 600 m. Ces gorges aèrent vigoureusement le relief et donnent à la région son caractère montagnard.

Plus au nord, sur une largeur de 60 à 100 km, s'étend le Moyen Pays, expression que l'on peut préférer à celle de Plateau népalais, parfois employée, qui rend mal compte de la réalité, car les dénivellations n'y sont pas négligeables. Certes les sommets sont nettement plus bas (2 000 m environ), et les formes aiguës sont rares. Mais des bassins et des vallées sont creusés jusqu'à cinq et six cents mètres, et les pentes sont donc raides sur leurs bordures. Parmi les bassins les plus étendus, il faut citer ceux de Pokhara et surtout de Katmandou.

Le Moyen Pays est dominé par la chaîne du Grand Himalaya. Elle se dresse en une muraille prodigieuse ; entre les altitudes modérées du Moyen Pays et les hauts sommets de plus de 8 000 m, les dénivellations sont extraordinairement marquées. Ainsi, la vallée de la Kali Gandaki passe entre l'Annapurna et le Dhaulagiri. Les deux sommets ne sont distants que de 35 km, et atteignent respectivement 8 078 et 8 172 m. Or, entre les deux, le fond de la vallée n'est qu'à 1 200 m d'altitude. La vigueur de tels reliefs est à peu près sans égale dans le monde. Les sommets de la haute chaîne sont d'énormes pyramides de roches assez variées, ce qui amène une différenciation de leur modelé. Les plus élevés se groupent dans le Népal central et, plus à l'est, dans la région de l'Everest. Curieusement, plusieurs rivières traversent cet ensemble, en des gorges difficilement franchissables.

Monastère de Tengboche, Népal

Monastère de Tengboche, Népal

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Le monastère de Tengboche se trouve dans la région du Khumbu, au cœur de l'Himalaya. 

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Parc national de Sagarmatha, Népal

Parc national de Sagarmatha, Népal

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À 6 000 mètres d'altitude, le parc de Sagarmatha s'étend sur quelque 124 400 hectares. Il englobe les sommets enneigés de l'Himalaya et le plus haut sommet du monde, l'Everest, ou mont Sagarmatha. Il abrite des espèces rares comme le léopard des neiges ou le petit panda. 

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Au nord de la haute chaîne, un ensemble de hautes vallées et de montagnes moins élevées, mais encore très impressionnantes, forment la bordure avec le Tibet. La ligne de partage des eaux passe par ces reliefs, qui atteignent souvent plus de 6 000 m. Très sèche, mal reliée au Moyen Pays par les étroites gorges du Grand Himalaya, cette région est en relation facile avec le Tibet, avec lequel elle a sans doute plus d'affinités géographiques qu'avec le reste du Népal.

L'individualisation de ces unités morphologiques est due à d'importants accidents longitudinaux, comme le chevauchement interne qui borde le Grand Himalaya au sud, et le chevauchement bordier qui sépare le Mahabharat Lekh des Siwāliks. Ces accidents, qui sont responsables de l'importance du volume saillant, affectent un matériel assez varié : sédiments et semelle métamorphique de la « dalle tibétaine » au nord, région des nappes de charriages métamorphiques au centre et dans le Mahabharat, sédiments récents plissés dans les Siwāliks. D'autre part, surtout dans le Moyen Pays, des accidents nord-sud individualisent des compartiments au relief assez différent. Il existe une opposition nette entre le Népal occidental, où les bassins sont rares, et les régions orientales, où ils sont plus développés.

Étagement des paysages

Dans un pays aussi montagneux, c'est l'étagement qui est responsable des principaux contrastes géographiques. Il est conditionné par le climat lui-même. Celui-ci est marqué par le mécanisme des moussons. La mousson d'été remonte la plaine du Gange du sud-est au nord-ouest, et déverse des pluies importantes sur les reliefs. Toutefois, son influence diminue assez nettement vers le nord-ouest, généralement plus sec à altitude égale que les parties orientales. En hiver règnent des vents d'ouest à nord-ouest, qui prennent une grande vigueur en altitude, puisque les plus hauts sommets sont pratiquement englobés dans la zone de vents rapides connue sous le nom de courant jet d'ouest. Des neiges assez abondantes résultent en altitude de perturbations atmosphériques qui affectent ces courants d'ouest. Par contre, les précipitations sont faibles dans les régions basses.

Naturellement, les effets de ces mécanismes généraux sont fortement modifiés par l'altitude. Le Teraï a un climat très semblable à celui de la plaine du Gange avec des pluies abondantes en été (environ 2 000 mm dans l'Est, 800 mm dans l'Ouest), un été très chaud et une saison fraîche légèrement marquée (autour de 25 0C le jour, et de 10 0C la nuit). Les observations sont trop rares pour qu'il soit possible de suivre avec précision les modifications apportées par l'altitude. À 1 400 m, Katmandoua déjà un hiver marqué, environ 18 0C le jour, mais 2 0C en moyenne la nuit, et le gel n'est pas inconnu, le minimum absolu sur 20 ans étant de — 3 0C. L'été est chaud, même si les nuits restent agréablement fraîches (30 0C en moyenne pour les journées du mois le plus chaud, 16 0C pour les nuits). Sur l'énorme muraille du Grand Himalaya, on passe rapidement à des climats très froids, avec une atténuation des contrastes entre l'hiver et l'été. Toutefois ceux-ci sont encore sensibles jusqu'à plus de 4 000 m et influencent l'agriculture.

En l'absence de stations suffisamment nombreuses, on peut avoir recours à l'étude de la végétation naturelle pour connaître avec plus de précision et de continuité les conditions climatiques. La figure montre une répartition schématique des formations végétales : toutes les limites sont très élevées à cause de la position en latitude ; d'autre part, elles tendent à monter vers l'intérieur de la chaîne, ce qui est un effet de la diminution de la nébulosité et de l'augmentation corrélative de l'ensoleillement. L'intérieur du Népal est en effet bien plus sec que la bordure, à cause des effets d'abri par rapport au souffle de la mousson (le Téraï reçoit plus de 2 000 mm de précipitations, et le flanc sud du Mahabharat sans doute bien davantage ; il en tombe encore 1 400 mm à Katmandou, mais on n'a recueilli que 400 mm au glacier de Khumbu). Cela explique également la présence de formations sèches dans les vallées au nord de la grande chaîne.

Étagement des formations végétales

Étagement des formations végétales

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Étagement des formations végétales au Népal (d'après Hagen). 

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L'étagement de formations végétales est cependant assez théorique. En effet, les forêts ont été profondément défrichées sur d'immenses espaces. Elles forment encore de beaux groupements sur le Mahabharat Lekh et le flanc sud de la haute chaîne. Ailleurs, les bassins, les vallées et les pentes ont été aménagés par les hommes. Le paysage dominant est celui de champs en terrasses où des arbres assez peu nombreux sont conservés. Le paysage humanisé atteint de très fortes altitudes : il ne dépasse guère 2 500 m sur le flanc sud de l'Annapurna, il peut s'étendre jusqu'à près de 4 000 m sur le versant nord et dans les régions proches du Tibet. La culture du blé en été est possible jusqu'à environ 3 800-3 900 m, et la pomme de terre atteint des altitudes légèrement supérieures.

Systèmes agricoles

Les systèmes agricoles dépendent à la fois de l'étagement et des caractères ethniques de la population – ces derniers jouant un rôle important dans la zone d'altitude moyenne où coexistent les populations indiennes et tibéto-népalaises. Les premières cultivent surtout du maïs en été entre 1 500 et 2 000 m d'altitude. À la même hauteur, les secondes fondent plutôt leur subsistance sur le sarrasin et l'orge, que l'on produit en hiver. Mais, dans l'ensemble, l'étagement apporte les distinctions fondamentales. La variété des systèmes de culture est telle qu'elle défie la description. On se contentera ici de décrire un étagement type, par rapport auquel il existe de nombreux écarts. Les fonds de vallée et le bas des versants portent des rizières, que l'on irrigue en détournant les eaux des torrents. Elles ne dépassent guère 1 800 m, et sont cultivées en été. Au-dessus, après une frange où le riz d'été alterne avec la culture hivernale d'une céréale tempérée, on rencontre surtout des associations de céréales tempérées, cultivées en hiver et en été. L'association maïs-orge, par exemple, atteint 2 800 m environ. Plus haut, la culture d'été devient exclusive, et elle ne concerne plus que des plantes comme le blé et la pomme de terre qui sont bien adaptées à des nuits fraîches.

L'élevage est associé à la culture. Ainsi, chez les Gurung du Népal central, autour des villages situés entre 1 800 et 2 600 m, des rotations de cultures sont organisées pour laisser chaque année la moitié des champs en friche, afin de permettre le pacage. Mais il existe aussi une vie pastorale de montagne : moutons et chèvres quittent la zone des villages à la mi-mai, pour atteindre les prairies alpines entre 3 500 et 4 000 m au milieu du mois d'août. Les aires de déplacement des villages sont très importantes, puisqu'elles s'étendent, chez les Gurung, des rizières situées à 1 800 m aux hautes pâtures à près de 4 000 m.

L'agriculture est l'activité dominante du Népal, bien qu'un peu plus des 10 p. 100 du sol seulement soient cultivés. Les systèmes fonciers sont très variés. Dans un cadre juridique extrêmement complexe, de grands propriétaires contrôlent environ les deux tiers du sol. Mais les exploitations elles-mêmes sont toujours petites, puisque les terres sont divisées à l'extrême entre des métayers qui travaillent dans de dures conditions. Quelques réformes agraires sont intervenues au cours des dernières années, mais leur application est lente, comme dans l'Inde voisine.

Foyers d'activité et économie

Malgré le pittoresque et l'intérêt des formes de mise en valeur de la montagne, il faut souligner que la population népalaise est concentrée dans les régions basses, Teraï et bassins du Moyen Pays. Les densités peuvent atteindre des niveaux très élevés (plus de 800 hab./km2 dans le Teraï oriental). Les communications sont difficiles, à cause de l'obstacle des montagnes et de l'étroitesse de bien des gorges. Même les sentiers où le portage seul est possible sont souvent rendus impraticables pendant les pluies de mousson. Malgré un développement des routes dans les deux dernières décennies du xxe siècle, certaines régions, notamment l'Ouest, restent difficilement accessibles depuis Katmandou et la plaine.

Le Teraï, avec ses cultures de riz et de canne à sucre, ses quelques villes industrielles, ses projets d'aménagement hydro-électrique, est sans doute la partie du Népal qui possède le plus bel avenir. Mais le cœur du pays reste, pour des raisons historiques, le bassin de Katmandou. La capitale du Népal, avec son agglomération, est un vieux foyer d'activité. La ville comptait 1 003 285 d’habitants au recensement de 2011.

—  François DURAND-DASTÈS

Groupes ethniques et castes

Le Népal se caractérise par une très grande diversité humaine, tant linguistique, culturelle que sociale et religieuse. La succession continue de vagues de peuplement provenant de toutes les directions peut l'expliquer mais ne rend pas compte des interactions et syncrétismes qui en ont résulté. Au niveau le plus général, une classification peut être avancée à partir de deux critères : les langues et l'organisation sociale. Hormis le fond munda, qui ne subsiste ici qu'à l'état de traces, tous les parlers relèvent soit de la famille indo-aryenne (népali, hindi) soit de la famille tibéto-birmane (newari, magar, gurung, langues kiranti, tamang, tibétain). Aux sociétés reposant sur l'interdépendance de castes hiérarchisées peuvent être opposées celles dont l'organisation repose sur un assemblage de clans relativement égaux par leur statut : d'un côté, les sociétés de caste (Newar, Indo-Népalais, Hindous de la plaine), de l'autre, ce que l'on a longtemps appelé les « tribus » (Magar, Gurung, Tamang, Limbu, Tharu...). Toutefois, dans ce royaume hindou, dominé culturellement, économiquement et politiquement par les hautes castes indo-népalaises et newar, les idées sociales et religieuses de ces dernières se sont imposées à des degrés divers à tous les groupes. La hiérarchie des castes, codifiée par le Code civil de 1854 et abrogée en 1963, reste une référence importante dans les comportements sociaux. Le paysage anthropologique népalais est depuis les années 1970 en pleine mutation à la suite de deux évolutions majeures : le redéploiement vers la plaine du Teraï d'une population autrefois surtout montagnarde, et les évolutions politiques postérieures à 1991 (affaiblissement de la monarchie, rébellion maoïste et revendications des minorités ethniques).

Mariage au Népal

Mariage au Népal

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Femme népalaise ayant revêtu ses habits de noce. 

Crédits : David Hanson/ The Image Bank/ Getty Images

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Bouddhisme népalais

Bouddhisme népalais

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Vieux bonze du Népal. Le bouddhisme népalais, minoritaire (8 p. 100 de la population), intègre de nombreux aspects de l'hindouisme shivaïte. 

Crédits : David Robbins, Getty Images

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Les Newar

Très anciennement implantés dans la vallée de Katmandou (dont le « Népal » a tiré son nom), sur l'une des plates-formes commerciales les plus importantes entre l'Inde et le Tibet, les Newar (environ 825 000 en 2001) ont développé une civilisation urbaine et rurale très originale reposant sur une économie à la fois marchande, artisanale et rizicole. Leur système de castes répond à un modèle foncièrement indien mais présente des particularités uniques dans le sous-continent, dont la coexistence de castes hindoues et bouddhistes. La solidarité des castes, corps de métier et quartiers est singulièrement renforcée par des associations multi-fonctionnelles, les guthi. La religion newar est caractérisée par une intégration étroite entre cultes hindous et bouddhistes.

L'artisanat et l'architecture newar (la pagode) ont rayonné à travers la Haute-Asie, et d'importantes communautés marchandes newar sont présentes dans tout le royaume ainsi qu'à Lhassa, au Tibet. Malgré la soumission de leurs trois cités-États (Katmandou, Bhaktapur et Patan) au Népal en 1769, leur langue tibéto-birmane, le newari, leur culture et leur religion ont conservé une étonnante vivacité et les Newar occupent aujourd'hui une place importante dans l'intelligentsia, les affaires et l'administration.

Les Indo-Népalais

Ceux que les ethnologues français appellent les Indo-Népalais constituent une dizaine de castes de religion hindoue – à l'exception près des Curaute musulmans – et de langue népali, établis dans les basses montagnes et qui numériquement constituent l'entité culturelle népalaise la plus importante (environ 10 millions). Les gens de la vallée de Katmandou et des plaines, ainsi que la littérature anglophone, les désignent par le terme de Parbatiya, « montagnards ». Arrivés de l'Himalaya occidental et de la plaine gangétique à partir des XIe-XIIe siècles, ils ont sans cesse progressé vers l'est. Dans l'Himalaya central, ils ont fondé une multitude de principautés, notamment celle de Gorkha, dont la dynastie népalaise actuelle est issue. Leurs deux plus hautes castes, les Bahun et les Chetri, dominent très largement la vie politique et intellectuelle népalaise. Leurs artisans, autrefois intouchables, assument des fonctions économiques et rituelles indispensables aux maisons indo-népalaises hindoues mais sont également sollicités par des familles d'autres ethnies et d'autres confessions : Kami (forgerons), Sarki (tanneurs), Damai (tailleurs et musiciens de fanfare), Gaine (musiciens itinérants), Badi (danseurs). Leur système de caste se distingue des systèmes nord-indiens par cette polarisation aux extrémités de la hiérarchie. En milieu rural, leur économie est fondée sur la culture du maïs et du blé sur champs secs, ainsi que du riz dans les fonds de vallée irrigués. Si leurs rites du cycle de vie sont très proches de l'orthodoxie brahmanique, leurs rites collectifs, dominés par le culte aux déesses du territoire et aux divinités de clan, le sont beaucoup moins, notamment du fait de leur recours aux sacrifices sanglants et à la possession.

Les tribus des montagnes

Dans l'ethnologie de l'Inde et du Népal, la catégorie « tribus » regroupe des populations restées relativement perméables à la société des castes et dont le système politique traditionnel ignorait l'État. Il ne s'agit pas d'un concept indigène. Toutefois, l'ensemble des tribus se considèrent aujourd'hui comme des « minorités » (janaj āti), distinctes de la majorité indo-népalaise. Certaines de leurs élites revendiquent des droits spécifiques voire une autonomie au sein de l'ensemble népalais. Dans les montagnes, les tribus sont de langues tibéto-birmanes et sont arrivées par le nord et par l'est. Dans la plaine du Teraï, elles parlent très généralement des dialectes de l'hindi et se retrouvent pour certaines au-delà de la frontière avec l'Inde. Hormis dans certaines zones marginales et peu peuplées, les tribus vivent partout à proximité de villages indo-népalais.

Les Magar, la plus grande des tribus népalaises (1 600 000 individus), occupent la plupart des moyennes montagnes au sud du massif du Dhaulagiri. Leurs clans patrilinéaires sont identiques dans toute cette région. Mais culturellement, il faut distinguer deux groupes : d'une part, les Magar du Sud, en partie hindouisés, associés comme soldats et officiants aux États et sanctuaires hindous bien avant l'unification népalaise ; ils ont pour la plupart perdu leur langue au profit du népali. D'autre part, les Magar du Nord, ou Kham Magar, qui parlent encore le magar et chez qui le chamane joue encore un rôle rituel et thérapeutique important.

Les Gurung, au nombre de 550 000 environ, sont concentrés sur le versant sud de l'Annapurna. Leur société présente une certaine forme de stratification, en distinguant les « Quatre clans », qui fournissent chefs de village et officiants religieux, des « Seize clans », gens du commun. Les modèles sociaux et religieux hindous n'ont guère touché les Gurung. En revanche les influences tibétaines sont indéniables, de nombreuses familles faisant par exemple appel au lama pour leurs funérailles. La religion ancienne reste néanmoins très vivante, et ce sont deux types de chamanes qui assument respectivement les rites ordinaires et extraordinaires. Les Gurung sont l'ethnie la plus représentée dans les régiments gurkhas.

Venus du Tibet, avec lequel ils ont gardé des liens religieux, les Tamang (1 300 000 individus) occupent tout le pourtour de la vallée de Katmandou, loin au sud jusqu'à la chaîne du Mahabharat. L'ethnonyme Tamang, qui ne daterait que du xxe siècle, recouvre au moins deux entités – Est et Ouest – distinctes culturellement, mais socialement liées. L'importance des lamas de formation tibétaine n'a pas marginalisé celle des prêtres villageois et des chamanes traditionnels. Les Tamang fournissent une grande part de la main-d'œuvre non qualifiée de la vallée de Katmandou, surtout dans le portage et la construction.

Les montagnes du tiers oriental du Népal sont le domaine traditionnel d'un ensemble de populations particulièrement proches par leurs langues et dénommées collectivement les Kirant. Elles sont arrivées semble-t-il de l'est, le long de l'Himalaya, et n'ont été vraiment en contact avec les États et la société hindous qu'après l'unification népalaise (xviiie siècle) : d'ouest en est, Rai (635 000), Sunwar (95 000) et Limbu (359 000). Jusqu'au milieu du xxe siècle, toutes sont parvenu à conserver une certaine autonomie politique dans le cadre du système kipat, qui légitimait leurs chefs auprès du souverain népalais. Mais très vite leur domaine foncier et leur économie, fondée sur la culture itinérante, ont subi les effets de l'arrivée massive et continuelle de migrants depuis l'ouest du Népal.

Les populations de la plaine

La plaine du Teraï abrite aujourd'hui des représentants de toutes les ethnies népalaises, venues s'établir après l'éradication de la malaria et les campagnes de colonisation postérieures aux années 1950. Auparavant, la population du Teraï comprenait deux composantes principales : les Hindous de la plaine, divisés en castes identiques à celles des régions indiennes voisines (Bihar, Uttar Pradesh), et les Tharu. Le terme générique de Tharu désigne un ensemble de cinq tribus (Rana, Kathariya, Dangaura, Chitwanya, Kuchila, réunissant 1 500 000 individus au total) qui diffèrent par de nombreux traits culturels, en particulier l'usage de dialectes de l'hindi distincts, mais dont une histoire similaire au sein de l'État népalais a contribué à façonner une identité commune. Autrefois très mobiles et vivant d'une économie fondée sur l'association entre riziculture, pêche et cueillette, ils ont dû se sédentariser face à l'afflux des immigrants venus des montagnes. Par leur religion et leur structure sociale ils s'apparentent aux autres tribus de la plaine gangétique.

Les enclaves tibétaines

Les plus hautes vallées abritent des groupes communément appelés Bhotiya (environ 120 000 individus) qui culturellement se rattachent au Tibet voisin mais qui ont au fil de l'histoire prêté allégeance aux rois népalais. Ils vivaient autrefois de l'élevage, de la culture de l'orge et du commerce caravanier transhimalayen. La fermeture de la frontière chinoise dans les années 1950 les a contraint à réorienter leurs activités vers le sud, où ils ont migré en partie. Les plus célèbres, les Sherpa de la région de l'Everest, ont acquis un certain succès dans l'économie liée aux sports de montagne, au point qu'à l'extérieur du Népal leur nom a pris à tort la signification de « porteur ».

Famille sherpa

Famille sherpa

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Une famille sherpa, chez elle, dans la région de l'Everest, au Népal. 

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—  Philippe RAMIREZ

Une histoire millénaire

Le Népal ancien

L'histoire du Népal ancien est connue seulement par l'épigraphie, car les chroniques remontent à une époque beaucoup plus récente. Les inscriptions anciennes font référence à deux ères différentes, l'ère Saka datant de 78 après J.-C., puis une ère commençant en 576 et appelée de Mānadeva (ou de Aṃśuvarman). La première inscription est de 464 et montre le pays gouverné par la famille Licchavi, peut-être celle-là même dont la parenté contribua à la grandeur de la dynastie indienne des Gupta. Malgré la pénétration du bouddhisme, attribuée par la tradition à Aśoka, la religion de la maison royale, et vraisemblablement aussi celle de la classe dominante, fut toujours l'hindouisme. Après 576 Aṃśuvarman s'empara du pouvoir, d'abord en maintenant sur le trône les Licchavi, puis en l'occupant lui-même. Après sa mort le gouvernement passa aux mains d'une obscure famille Gupta, toujours sous le prête-nom des Licchavi. Ce n'est qu'en 641 que les Tibétains rétablirent le roi légitime Narendradeva dans la plénitude de son pouvoir, et pendant le reste du viie siècle le Népal subit leur influence. En 648 Narendradeva, allié du Tibet, apporta une aide militaire à l'ambassadeur chinois Wang Xuance attaqué et dépouillé par un prince du Tirhut. Cependant, au viiie siècle, le Népal était à nouveau indépendant et son roi Jayadeva apparaissait même comme un souverain important, car il était apparenté par mariage aux Gupta du Magadha et aux Maukhari de Kanauj. L'inscription de 736 est le dernier document épigraphique connu de la période ancienne ; pendant deux siècles et demi (à part l'obscure notice de la victoire de Jayapīḍa du Cachemire sur un roi du Népal), l'histoire du pays est plongée dans une obscurité absolue, que les traditions confuses et contradictoires conservées par les chroniques n'éclairent aucunement.

L'ère des Newar

Dès la fin du xe siècle les sources deviennent relativement abondantes. L'épigraphie recommence (la première inscription est de 987) et l'on possède une grande quantité de colophons datés de manuscrits, dont le plus ancien est de 920. Plus tard les chroniques (vaṃśāvalī) donnent à leur tour des informations dignes de foi ; la plus ancienne est la Gopāla-vaṃśāvalī, de la fin du xive siècle. Les dates sont données selon l'ère newarī qui commence en 879. Le Népal, dont la capitale était alors Patan, était gouverné par une dynastie qu'on appelle d'habitude les Thākurī ; dans les premières années du xie siècle est attestée une curieuse forme de dyarchie (dvairājya), le royaume étant divisé entre deux rois, bien qu'il maintînt son unité formelle.

En 1200 le trône fut occupé par la dynastie Malla, sous laquelle l'art népalais et la littérature newarī vécurent leur plus belle période. Pendant le règne de Anantamalla (1274-1310), le Népal entretint des relations assez cordiales avec la cour mongole de Chine ; le Népalais A-ni-ko (1245-1306) fut appelé à Pékin et y laissa une tradition durable dans la statuaire chinoise et sa théorie. Cependant, à la même époque, des envahisseurs étrangers ravagèrent le pays : les princes Malla, qui régnaient sur le Tibet occidental et les vallées au nord-ouest du Népal ; le roi Harisiṃha du Tirhut, qui fut lui-même chassé de son royaume par les musulmans et vint mourir pauvre et fugitif au Népal (1326). Après Anantamalla le pays tomba dans l'anarchie, étant partagé entre deux lignées rivales résidant respectivement à Patan et à Bhadgaon. Au cours de cette sombre période le Népal subit la seule invasion musulmane de son histoire, celle d'Ilyas, roi du Bengale (1349) ; bien que très courte, elle suffit pour infliger de graves dommages à son patrimoine artistique.

Le pays, sombrant dans le désarroi le plus complet, fut réunifié et réorganisé par Jayasthiti Malla (1380-1395), figure marquante de législateur et organisateur social. Avec l'aide d'un comité de cinq Pandits indiens, il codifia la structure de la société népalaise dans un cadre de pure orthodoxie hindoue en la divisant en 64 castes. Ses trois fils régnèrent ensemble, mais le pouvoir effectif passa aux mains de la famille des Rāma de Banepa, ministres et feudataires. Ce furent les chefs de cette famille, Madana Rāma et Saktisiṃha Rāma, que l'empereur de la Chine reconnut comme rois du Népal entre 1387 et 1427 ; mais leur influence déclina assez vite. Le dernier grand souverain newarī fut Jayaỵakṣa Malla (1428-1482), le seul qui esquissa une politique d'expansion vers le Tirhut, les petites principautés des montagnes et même vers le Tibet, sans aucun succès durable d'ailleurs. Puis ses fils, qui avaient d'abord régné en commun, se partagèrent le pays, le condamnant ainsi à l'impuissance totale.

Dès le début du xvie siècle le Népal fut divisé entre les trois royaumes de Katmandou, Bhatgaon et Patan, dont les capitales étaient proches l'une de l'autre. À Katmandou, la personnalité la plus marquante fut Pratāpa Malla (1641-1674), dont les relations politiques et commerciales s'étendaient à l'Inde du Nord et qui encouragea le développement des arts et des lettres. Après lui, le pouvoir passa pendant quarante ans à des régents (cautāra), et le royaume ne se releva plus de sa déchéance. Bhatgaon n'eut pas de rois dignes de mention, à l'exception peut-être de Bhūpatīndra Malla (1696-1722), bâtisseur des plus beaux monuments de la ville. Quant à Patan, elle appartint d'abord à des feudataires obscurs de Katmandou, fut plus tard annexée à ce royaume, et ne devint indépendante qu'en 1620 à la suite d'un partage d'héritage. Son histoire fut particulièrement riche de luttes intérieures ; au xviiie siècle la puissante aristocratie des pradhān nommait et déposait les rois à son gré. Les guerres stériles, bien que peu sanglantes, entre les trois royaumes menèrent peu à peu le Népal newarī à la ruine. La décomposition graduelle des structures politiques facilita la tâche de Prithvi Narayan, roi de Gurkha, ville située à l'ouest de la Vallée, qui en vingt ans d'une action patiente, rusée et cruelle acheva la conquête du pays. En 1768-1769 les trois royaumes tombèrent en son pouvoir.

Le Népal des Gūrkhalī

La conquête par Prithvi Narayan amena un profond changement social. Les Gūrkhalī, devenus classe dominante, ôtèrent aux Newar les droits politiques et imposèrent le nepalī comme langue officielle. Le nouveau régime poursuivit son mouvement d'expansion vers l'est et vers le nord-ouest au long du versant de l'Himalaya ; aux alentours de 1810 la domination népalaise s'étendait du Bhoutan jusqu'à Kangra. Toutefois les incursions gūrkhalī au Tibet provoquèrent la réaction de la Chine, et en 1792 une armée impériale était venue dicter la paix aux portes mêmes de Katmandou ; dès lors, et jusqu'à 1908, le Népal envoya tous les trois ans une mission de tribut à Pékin. En même temps les Gūrkhalī nouèrent avec la Compagnie anglaise des Indes des relations qui demeurèrent longtemps incertaines, mais qui finirent par tourner à l'hostilité. La guerre qui éclata en 1814 révéla les surprenantes qualités guerrières des montagnards gōrkhalī ; mais le traité de Segauli (1816) réduisait le Népal à ses confins modernes et tout en reconnaissant la pleine souveraineté intérieure du pays établissait un résident anglais à Katmandou.

Prithvi Narayan n'eut pas de successeurs dignes de lui. Après une série de complots de palais et de tragédies de famille, le pouvoir échut en 1846 à Jang Bahadur, véritable homme d'État. La dignité de Premier ministre (plus tard avec le titre de mahārāja) devint héréditaire dans sa famille, les Rana, soutenus par une armée forte et disciplinée. L'Angleterre maintint des relations cordiales avec le Népal, d'où elle tirait de très bons mercenaires ; ainsi, les Rana envoyèrent des régiments népalais en Inde lors de la révolte de 1857-1858 et lors des deux guerres mondiales, pour y appuyer et remplacer les troupes britanniques. Le traité de 1923 confirma la pleine indépendance du Népal et établit des relations diplomatiques normales entre les deux nations.

Le maharajah Prithui Duisiaj

Le maharajah Prithui Duisiaj

photographie

Son altesse le maharajah Prithui Duisiaj (1882-1911), roi du Népal (1908). 

Crédits : Hulton Getty

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—  Luciano PETECH

Le Népal contemporain

Le pouvoir autocratique de la famille Rana sur le royaume du Népal a duré cent quatre années durant lesquelles l’autorité du monarque a été reléguée au second plan et toute manifestation ou contestation sévèrement réprimée. Dans le même temps, les relations entre le pays et l’extérieur ont été réduites au strict minimum afin de limiter autant que possible l’influence (et les éventuelles aspirations émancipatrices) des forces étrangères. À partir de la fin de l’année 1950, la position des Rana est néanmoins devenue difficile à tenir. L’alliance entre le Congrès népalais (ou Nepali Congress, parti fondé en janvier 1947 à Varanasi par Bishweshwar Prasad Koirala et membre de l’Internationale socialiste) et le roi Tribhuvan, soutenue par l’Inde, pèse sur le régime qui abandonne le pouvoir le 8 janvier 1951. La primauté de la monarchie est rétablie, tandis que le Congrès népalais obtient la promesse que des représentants populaires élus seront intégrés au nouveau gouvernement.

La première démocratie népalaise

La nouvelle ère qui s’ouvre au Népal est marquée par une grande instabilité politique. Les factions antagonistes du gouvernement provisoire chargées d’instaurer un système démocratique durable ne parviennent pas à oublier leurs intérêts respectifs pour faire cause commune et, malgré l’introduction d’une Constitution de transition le 11 avril 1951, les coalitions se succèdent au cours de la décennie. Outre les querelles divisant les différentes forces politiques en présence, l’Inde participe au trouble ambiant en soutenant une partie contre une autre afin d’asseoir sa propre influence sur son voisin himalayen. Le traité de paix et d’amitié signé le 31 juillet 1950 entre le gouvernement de Nehru et le gouvernement rana figure parmi les principaux sujets de discorde. Rédigé pour durer éternellement, il définit ce qui sera appelé plus tard la « relation spéciale » qui unit les deux nations et qui passe par la reconnaissance de la souveraineté et de l’indépendance des deux pays ainsi que par une entraide mutuelle en matière de politique étrangère. Or la dynastie rana renversée, le Parti communiste du Népal (P.C.N., fondé en septembre 1949 à Calcutta par Pushpa Lal Shrestha) fait immédiatement de la révision de ce traité une des pierres angulaires de son programme politique. Il se heurte au Congrès népalais qui s’y refuse, afin de se ménager le soutien de l’Inde dans son combat politique. L’ensemble de ces dissensions conduit ainsi à huit remaniements gouvernementaux d’août 1952 à mai 1959.

Le 18 février 1955, le prince Mahendra Bir Bikram Shah Deva succède à son père sur le trône, mais ce changement de monarque ne parvient pas à sortir la démocratie naissante de l’impasse dans laquelle elle se trouve. Rapidement, Mahendra se montre réticent à proclamer la Constitution et à organiser les élections générales promises par son père. Ce n’est qu’après de nombreux revirements politiques que la Constitution est promulguée, le 12 février 1959, suivie une semaine plus tard par les premières élections parlementaires du royaume, remportées par le Congrès népalais, qui a désormais pour tâche de former un nouveau gouvernement ; celui-ci sera dirigé par Bishweshwar Prasad Koirala. Le répit sera néanmoins de courte durée, car l’opposition politique – et plus particulièrement le P.C.N., le grand perdant des élections – organise de vastes mouvements de contestations à travers le pays, qui fragilisent la position du gouvernement Koirala.

À la fin de décembre 1960, le Népal sombre graduellement dans le chaos. Les quelques réformes entreprises par le gouvernement sont critiquées, tant par les partis politiques tels que le P.C.N., qui juge les réformes insuffisantes, que par les « victimes » de ces mêmes réformes qui reprochent au Congrès népalais de les avoir lésées. En effet, si la période s’avère être particulièrement instable politiquement, il n’en demeure pas moins qu’un certain nombre de réformes économiques et de société ont été amorcées. Le plafonnement de la rente foncière, la fin des régimes fiscaux d’exception ou encore l’instauration de plans quinquennaux inspirés de l’Union soviétique et mettant l’accent sur le développement des infrastructures du pays en sont les exemples les plus marquants. Néanmoins, pour l’essentiel, ces réformes demeurent sans effet, faute d’un consensus entre les différentes forces politiques.

Tirant parti de ces querelles partisanes, le roi Mahendra utilise ses pouvoirs exceptionnels pour dissoudre les deux chambres et faire emprisonner B. P. Koirala et les autres membres du gouvernement, le 15 décembre 1960. Outre le fait que le roi accuse le Congrès népalais d’utiliser le gouvernement à son profit et de paralyser ainsi l’autorité de celui-ci, le prétexte qu’il invoque est de vouloir conserver « l’intégrité, l’unité et la souveraineté du royaume ». Non content de mettre fin au gouvernement Koirala, le roi interdit peu de temps après (début 1961) tous les partis politiques dans le royaume et instaure une monarchie quasi absolue où le monarque retrouve une place centrale sur l’échiquier politique.

La « démocratie panchayat »

En avril 1962, le roi Mahendra introduit au Népal un système de décentralisation politique désigné par le nom de « démocratie panchayat » (i.e. assemblée) et destiné à édifier « la démocratie progressivement, étage par étage, du bas vers le haut […], associant les gens à l’administration [et ce] à tous les niveaux ». Cette décentralisation est définitivement adoptée avec son introduction dans la nouvelle Constitution du 16 décembre 1962 qui donne les pleins pouvoirs, exécutif, législatif et judiciaire, à la couronne. La valeur démocratique de ce nouveau système se révèle donc être toute relative : hormis au tout premier échelon de cette « démocratie » pyramidale, le peuple n’intervient à aucun moment dans le processus de sélection de ses représentants ; la multiplication des échelons administratifs prônée par ce système dilue le peu de pouvoir que pourrait avoir la population ; enfin, l’interdiction des partis politiques est maintenue et des « organisations de classe » et professionnelles censées intégrer les Népalais dans la vie politique sont créées pour les remplacer. Le pouvoir est ainsi de facto concentré entre les mains du Palais.

Dans un premier temps, la classe politique est sans réaction face à la décision du roi. Rapidement, les hommes politiques commencent toutefois à s’organiser contre l’hégémonie du souverain, soutenus par Nehru qui ne souhaite pas qu’une nouvelle autocratie s’instaure dans le royaume. Ils demandent, sans succès, la restauration de la démocratie et la levée de l’interdiction des partis politiques. Face à l’intransigeance de Mahendra, l’ensemble des leaders politiques qui ont échappé à la prison fuient le Népal et se réfugient en Inde. À la fin des années 1960, les dirigeants politiques emprisonnés se voient offrir une porte de sortie par le gouvernement népalais qui, sous la pression du gouvernement indien, consent à les libérer s’ils acceptent de se plier aux nouvelles règles. Un grand nombre d’entre eux obtempèrent, mais profitent de leur libération pour se réfugier chez leur voisin.

Pourtant, loin de modifier sa ligne politique, le régime durcit sa position et le roi Birendra, qui succède à son père en 1972, réactive en août 1973 le programme de « campagne nationale de retour au village » destiné à développer et renforcer le sentiment en faveur du régime sans partis et à propager l’idée que le système panchayat n’a pas d’autre alternative. Cette campagne ne se borne néanmoins pas au seul volet politique et a également pour objectif de lutter contre la corruption, l’injustice, etc. ; de mettre en avant la politique étrangère de non-alignement du pays ; de renforcer l’unité nationale ; d’augmenter la production agricole et faciliter l’exécution des réformes agraires ; de souligner l’importance de la protection de la faune et de la flore ; et enfin d’encourager le développement des petites industries dans tout le pays. Sur le plan économique toujours, le Palais poursuit la planification quinquennale et divise le pays en cinq régions administratives englobant chacune des régions montagneuses, de collines et de plaines, afin de rééquilibrer les différences régionales. L’ensemble de ces mesures ne parvient toutefois pas à répondre aux objectifs, obligeant le gouvernement à négocier de nouveaux prêts auprès de la Banque mondiale. Si quelques progrès relatifs sont à noter durant cette période (dans le domaine des infrastructures routières, de l’éducation ou de la santé), le tableau reste très sombre : entre 1960 et 1982, le Népal est le seul pays d’Asie du Sud à connaître un taux de croissance négatif, tandis que le P.I.B. n’augmente que très peu, passant de 73 dollars en 1965 à 180 dollars en 1988.

Dans le courant de l’année 1979, une série de manifestations contraint le roi Birendra à annoncer la tenue d’un référendum, des élections directes à la Rastriya Panchayat (l’Assemblée nationale), un Premier ministre élu par la même assemblée, et un cabinet désormais responsable devant cette institution plutôt que devant le roi, sans pour autant remettre en question l’interdiction des partis politiques. La plupart des acteurs de la scène politique népalaise saluent ces décisions, mais nombreux sont ceux – et plus particulièrement chez les communistes – qui jugent que la nouvelle orientation politique de Birendra n’est qu’illusion, car elle ne remet pas en cause les fondements mêmes de la « démocratie panchayat ». Faute de véritable débat démocratique et suite au refus d’une partie des représentants politiques de participer à la campagne électorale (essentiellement les partis communistes), le référendum voit la victoire du camp propanchayat. Dans les années qui suivent, l’opposition au régime ne cesse de croître pour culminer lors du mouvement de 1989-1990, qui fera tomber le système instauré par Mahendra.

Durant toute cette période, l’Inde joue un rôle crucial, utilisant la présence de l’opposition politique népalaise sur son territoire pour faire pression sur le gouvernement en place. Le royaume possède néanmoins un atout de taille : sa position stratégique entre les deux grandes puissances que sont la Chine et l’Inde. Lorsque la pression de New Delhi se fait trop forte, Katmandou se rapproche de Pékin pour obliger l’Inde à revoir ses prétentions à la baisse. Ainsi, lorsque New Delhi fait connaître sa désapprobation quant au « coup d’État » de Mahendra en 1960, ce dernier accepte la construction d’une route reliant la capitale népalaise au Tibet. La guerre sino-indienne de 1962 permet au Népal de profiter pleinement de l’antagonisme entre les deux puissances et oblige New Delhi à restreindre l’accueil des opposants politiques népalais sur son territoire. De la même manière, l’annexion du Sikkim par l’Inde en 1975 conduit Katmandou à signer un traité de coopération économique avec Pékin.

L’enclavement du Népal le rend toutefois particulièrement dépendant du bon vouloir de l’Inde, qui n’hésite pas à se servir de cette carte maîtresse pour imposer sa politique à Katmandou. Les traités commerciaux qui régulent les échanges du Népal transitant par l’Inde sont, à chaque renouvellement, l’occasion pour New Delhi de peser de tout son poids sur le royaume hindou. En 1986, les renégociations de ces traités se révèlent être particulièrement tendues et la situation atteint son paroxysme en mars 1989 avec la fermeture de ses frontières par l’Inde, provoquant une pénurie dans tout le royaume. Au-delà des conséquences économiques évidentes, la position adoptée par New Delhi conduit à fragiliser davantage le gouvernement népalais sur la scène politique nationale, participant indirectement à la chute du régime panchayat.

La deuxième démocratie népalaise : naissance et échec

La pénurie engendrée par le blocus indien de 1989-1990 alliée au musellement politique qui sévit dans le royaume depuis le début des années 1960 parviennent à fédérer l’ensemble de la classe politique, qui initie un vaste mouvement contestataire en février 1990 afin d’obtenir le retour du multipartisme dans le pays. De nombreuses grèves et affrontements violents opposent les forces démocratiques aux forces militaires et policières du régime qui finit par lever l’interdiction des partis et annonce, en avril 1990, la constitution d’un gouvernement intérimaire composé de représentants des principaux partis politiques. Une nouvelle Constitution, qui restaure le système de monarchie parlementaire au Népal, est proclamée en novembre 1990. En mai 1991, les premières élections générales depuis 1959 voient la victoire du Congrès népalais à la majorité absolue et la nomination de Girija Prasad Koirala au poste de Premier ministre. L’unité qui a permis aux partis politiques de mettre un terme au régime panchayat et d’organiser ces élections ne se maintiendra pas.

Rapidement, les divergences réapparaissent et les coalitions gouvernementales se succèdent : de 1991 à 1996, pas moins de cinq gouvernements exercent le pouvoir. Les réformes économiques et sociales attendues par la population pâtissent de cette inconstance, faisant naître une pénible désillusion parmi les Népalais et poussant une partie de la classe politique à se radicaliser. En février 1992, des représentants du futur Parti communiste du Népal (P.C.N.[M.], maoïste) déposent une série de revendications auprès du Parlement qui choisit de ne pas réagir. Face au mépris répété affiché par les principaux partis politiques, le P.C.N.(M.) – officiellement fondé en mars 1995 – accélère sa marche vers la lutte armée et déclenche la « guerre du peuple » le 13 février 1996.

Bien qu’elle fasse des victimes, la révolte maoïste commence de manière relativement limitée, du fait notamment de l’armement sommaire des guérilleros (kukri, fusils de fortune, etc.). Les insurgés alternent les coups de force et les opérations de propagande au sein de la population locale. Ils lancent ainsi une série d’attaques contre diverses cibles (une banque de développement agricole, des postes de police, des « ennemis du peuple » ou des entreprises) et diffusent des tracts ou des affiches dans le but de convaincre « les masses » de rejoindre leur lutte. Les maoïstes s’en prennent aux policiers, aux paysans riches, aux usuriers, aux informateurs ainsi qu’à leurs ennemis d’une branche communiste dissidente. Ils luttent également en lançant des grèves générales qui paralysent le pays et se servent de la géographie montagneuse pour mener à bien leur guérilla.

Le gouvernement ne mesure pas l’ampleur de la rébellion qui s’annonce et poursuit sa politique. Aussi, loin de parvenir à contenir les rebelles, les différents gouvernements qui se succèdent de 1996 à 2001 permettent à la guérilla de prendre progressivement de l’ampleur ; le nombre de morts ne cesse de croître durant cette période, pour atteindre un total de près de mille six cents victimes en mars 2001.

Le massacre de la famille royale par le prince Dipendra, le 1er juin 2001, et l’arrivée au pouvoir de Gyanendra, frère du défunt roi, précipite le cours du conflit. Sitôt arrivé au pouvoir, le nouveau monarque aspire à restaurer la monarchie absolue de son père et, dans ce but, remanie le gouvernement afin d’asseoir sa domination, la révolution maoïste lui en fournissant le prétexte.

Parallèlement, et contrairement à son frère qui s’y était toujours refusé, Gyanendra décide, en septembre 2001, de faire intervenir les militaires dans le conflit qui, de rébellion, se transforme en véritable guerre civile où deux troupes s’affrontent : l’armée royale népalaise et l’Armée populaire de libération (A.P.L.) nouvellement créée. Vu que celle-ci se fournit en matériel militaire dans les stocks du roi au cours d’attaques menées à cet effet, son potentiel offensif ne cesse de croître (fusils d’assaut, armes automatiques, mais aussi mortiers) et permet au P.C.N.(M.) de prendre le contrôle de plusieurs districts du royaume et d’annoncer la création de huit régions aux gouvernements autonomes au début de l’année 2004, faisant par cette action étalage de sa puissance devant le gouvernement et le monarque.

L’économie du royaume subit de plein fouet l’instabilité politique durant cette période. Le retour de la démocratie en 1990 fait naître un espoir de décollage économique vite étouffé. L’industrie peine à franchir le cap des 10 p. 100 du P.N.B. (en 2002) et les destructions d’infrastructures (usines, centrales hydroélectriques, etc.) par les maoïstes ne contribuent pas à améliorer la situation. Alors que le Népal possède l’un des plus gros potentiels hydroélectriques au monde avec une puissance théorique de 80 000 MW (mais dont « seulement » 50 000 MW seraient économiquement rentables), il ne parvient pas à subvenir à ses propres besoins en énergie (pourtant modestes) et l’importation énergétique grève toujours davantage le budget du royaume. Enfin, la guerre civile freine considérablement un tourisme grand pourvoyeur de devises pour le pays.

Sur le plan international, la Chine condamne immédiatement la lutte armée engagée par le P.C.N.(M.), tandis que l’Inde reste sur la ligne qui est la sienne depuis son indépendance, en jouant des conflits internes au royaume du Népal pour y asseoir son influence. Si, officiellement, New Delhi se montre critique envers la guerre populaire, elle ferme les yeux sur la présence des guérilleros sur son territoire. Lorsque les États-Unis inscrivent le P.C.N.(M.) sur la Terrorist Exclusion List en 2004, l’Inde se voit contrainte de préciser sa position et d’affirmer son soutien à Gyanendra. La prise des pleins pouvoirs par le monarque, le 1er février 2005, qui entraîne l’arrestation de leaders politiques, la fermeture des serveurs Internet, des stations de radio et l’instauration d’une puissante censure de la presse modifie les relations entre le royaume et la communauté internationale. Cette dernière, à l’exception notable de la Chine, cesse d’appuyer la monarchie et se range du côté des principaux partis politiques du pays, lesquels appellent à une chute du régime et à la fin de la guerre civile.

La difficile stabilisation de la République du Népal

En novembre 2005, les représentants des sept principaux partis politiques du Népal rencontrent les leaders du P.C.N.(M.) à New Delhi et s’entendent pour travailler de concert à la chute de Gyanendra. Le 6 avril 2006, la population népalaise descend dans la rue tandis qu’une grève générale est annoncée dans tout le royaume. Face à la mobilisation exceptionnelle, Gyanendra réinstaure le 24 avril le Parlement, qui annonce la tenue d’élections pour une Assemblée constituante. Le 21 novembre 2006, des accords de paix sont signés entre le P.C.N.(M.) et le Premier ministre Girija Prasad Koirala, mettant un terme à dix ans de guerre civile.

La scène politique népalaise ne s’apaise pas pour autant et l’unité établie en novembre 2005 se dissout. Certes, le processus de normalisation du paysage politique suit son cours : les élections pour désigner les représentants à l’Assemblée constituante et la victoire du P.C.N.(M.), le 10 avril 2008, se déroulent dans une atmosphère calme, permettant la proclamation de la République du Népal le 28 mai suivant. Mais les partis politiques ne parviennent pas à taire leurs dissensions afin de trouver un consensus qui permettrait de rédiger une Constitution dans les délais annoncés. Outre la question de l’intégration des soldats de l’A.P.L. dans l’armée régulière népalaise et du désarmement du P.C.N.(M.), les instances politiques s’opposent sur la place des minorités ethniques dans la nouvelle République. Les gouvernements se succèdent donc après 2008 au gré des démissions des uns et des manifestations pacifistes des autres. L’élaboration de la Constitution est sans cesse repoussée et, face à cette impasse, l’Assemblée constituante est dissoute le 28 mai 2012. Le 19 novembre 2013, des élections qui voient la victoire du Congrès népalais permettent la formation d’une nouvelle Assemblée constituante.

Cette instabilité politique n’est pas sans conséquence sur l’économie népalaise. Les aides financières internationales demeurent indispensables à mesure que les travailleurs népalais fuient le pays pour trouver du travail à l’étranger, et plus particulièrement en Inde et dans les pays du Golfe. Les chantiers relatifs à la Coupe du monde de football de 2022 au Qatar révèlent aux yeux du monde l’exploitation à laquelle sont sujets ces migrants népalais. Les fréquentes coupures de courant (jusqu’à 18 heures par jour) qui ont lieu dans la capitale pour faire face à la pénurie d’énergie participent de la mauvaise condition de l’économie de la jeune République. En outre, les puissants séismes de magnitude 7,8 et 7,3 qui ont frappé le Népal les 25 avril et 12 mai 2015 dans les districts de Lamjung (à l'ouest de Katmandou), de Dolakha et de Sindhupalchowk (à l'est) pèsent lourdement sur le développement du pays. En plus du bilan humain (près de 9 000 morts et 25 000 blessés), de nombreux villages ont été détruits et l'ensemble de l'économie villageoise de ces régions a été durablement affecté par l'ampleur de la catastrophe.

(Voir également NÉPAL, chronologie contemporaine)

—  Benoît CAILMAIL

Art et archéologie

L'étude des arts du Népal est une discipline neuve qui a fait ces dernières décennies d'immenses progrès. Si l'art des Newar de la vallée de Katmandou est aujourd'hui suffisamment connu pour qu'on tente d'en esquisser l'évolution, il n'en est pas de même de la production artistique des autres ethnies, aux cultures variées, qui peuplent le Népal moderne. La quasi-absence de fouilles stratigraphiques rend aléatoire tout exposé archéologique.

Kathmandu

Kathmandu

carte

La vallée de Kathmandu 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Préhistoire

Les recherches concernant la préhistoire népalaise ne font que commencer. Leurs résultats sont insuffisants pour permettre une histoire du peuplement. Leur chronologie est fluctuante. Au nord de la vallée de Katmandou, près de Budhānīlkantha, un matériel en pierre taillée (30 000 av. J.-C. ?) évoque des vestiges paléolithiques semblables découverts en Mongolie, en Chine et même dans le sud de l'ex-U.R.S.S. Dans les Siwalik, à Kot-tandi (district de Nawalpur), sur la rivière Danda, des outils en pierre polie rappellent ceux qui ont été découverts dans la plaine indo-gangétique (IIIe-IIe millénaire av. J.-C.). D'autres témoignages, mis au jour dans la vallée de la Dang, peuvent être comparés aux rares vestiges néolithiques du Sikkim. Un matériel lithique a été également trouvé à Trivenighat (district de Nawalparasi), au confluent de la Narayanī et de la Panchanadī.

L'art newar

Les témoignages artistiques les plus nombreux, concentrés dans la vallée de Katmandou et ses abords immédiats, sont le fait de ses habitants, les Newar. Dans les premiers siècles de notre ère, cette région connut, peut-être parallèlement à certains pays d'Asie du Sud-Est, un lent phénomène de colonisation pacifique venu de l'Inde. Cette vallée, placée sur l'une des principales routes commerciales reliant la plaine du Gange au Tibet méridional, constitua durant des siècles une étape privilégiée pour les marchands. Cet essor commercial, amplifié par la présence d'artisans locaux industrieux, aboutit très tôt à la formation d'importantes agglomérations. La prospérité économique, un mécénat royal de tout temps actif, la protection des notables (pradhāna) aux revenus liés au grand commerce, l'attrait des lieux de pèlerinage et les liens internationaux longtemps entretenus par les communautés bouddhiques expliquent l'abondance des fondations religieuses et des donations pieuses.

Si la vie artistique, les techniques et l'iconographie religieuse dérivent d'antécédents indiens, leur lente assimilation, la permanence d'un substrat local encore mal étudié et une tendance au syncrétisme religieux donnent à l'art newar une réelle originalité. De nombreuses inscriptions, datées dans le calendrier de l'ère népalaise qui débute en 879, permettent des précisions chronologiques rares dans l'art du monde indien.

Sculpture

Les plus anciennes sculptures sur pierre que l'on ait retrouvées sont influencées par l'art de Mathurā, en Inde du Nord, de l'époque Kuṣāṇa (ier-iiie s.). Un bodhisattva en ronde bosse, trouvé à Harigaon (iie-iiie s. ? ; National Museum, Katmandou), quoique de facture provinciale, présente de nombreuses caractéristiques du style de Mathurā : torse massif aux pectoraux développés, bourrelets au-dessous du nombril, sexe visible à travers le vêtement.

Les premières statues datées remontent à l'époque des Licchavi (env. 350-env. 750). Deux stèles, trouvées à Tilganga et à Lajimpat, représentant Viṣṇu Vikranta, à la composition dynamique, sont dédicacées par le roi Mānadeva en 467. L'influence de l'art indien des Gupta (ive-vie s.) et des Cāḷukya occidentaux (vie-viiie s.) se fait sentir, parfois avec retard, sur la plupart des œuvres hindoues des vie et viie siècles (Umā-maheśvara de Sikubahi, National Museum, Katmandou, 573 ; Viṣṇu Varāha de Dhumvarahi, début viie s.). Deux sculptures du viie siècle, de tradition visnouite, retiennent l'attention par leur taille colossale et par la perfection de leur modelé : le Jalaśayana de Budhānīlkantha (642), de plus de six mètres de long, repose au centre d'un bassin ; puissance et mouvement caractérisent le Kṛṣṇa Kālīyadamana, transporté au xviie siècle dans l'une des cours du palais de Katmandou. Six reliefs sivaïtes (fin viie-début viiie s.) ont été retrouvés dans la partie occidentale de Katmandou, certains à Kathesimbhu (National Museum, Katmandou). L'aisance de leur composition et la place accordée aux éléments de paysage permettent d'évoquer les peintures murales de l'époque, toutes disparues.

La sculpture bouddhique restera longtemps fidèle aux canons gupta (Avalokiteśvara de Gana bahāl, env. 550 ; Buddha de Bangemura, Katmandou, vie s.). Puis les proportions des personnages deviendront plus élégantes (Buddha de Chabahil, vie-viie s. ; Caitya de Dhvakā bahāl, Katmandou, viie s.).

À l'époque des Ṭhākurī (env. 750-env. 1200), la sculpture pāla du Bengale et du Bihar influence le style des stèles bouddhiques et de la plupart des statuettes métalliques. Les reliefs hindous prolongent les canons particuliers d'une esthétique nationale. Le thème d'Umā-maheśvara sera particulièrement recherché. Un ensemble de stèles visnouites de grande qualité, remontant à cette période, est conservé à Chạ̄ngu Nārāyaṇa.

À partir du xiiie siècle, la sculpture sur pierre offre moins d'intérêt. Un sūrya (1349), à Banepa, est caractéristique des tendances esthétiques de cette période : complication de la composition, mouvement, personnages stéréotypés de petite taille, au visage juvénile et aux traits mongoloïdes. Ces particularités s'exprimeront en revanche avec bonheur dans la statuaire métallique.

Les plus anciennes sculptures de métal connues, de grande qualité, remontent au viiie siècle. En cuivre et plus rarement en laiton, exécutées à la cire perdue, elles s'inspirent à la fois des statues de pierre locales et des bronzes pāla. Elles possèdent cependant plus d'élégance que leurs homologues indiens. Leurs poses sont plus alanguies ; leur visage plus juvénile. Un grand soin est apporté aux finitions gravées, à la dorure exécutée à l'amalgame (Vajrapāṇi, Stanford University Museum, xe s. ; Devī, British Museum, xie s.). On conserve des œuvres exécutées au repoussé qui remontent au xie siècle. Un Viṣṇu Garudāsana, daté de 1004 (coll. part., États-Unis), recouvrait peut-être une stèle de pierre plus ancienne.

Ces techniques de la cire perdue et du repoussé évolueront parallèlement. Les statuettes à la cire perdue possèdent souvent un style plus conservateur, parfois archaïsant, reproduisant durant des siècles certains modèles des xe et xie siècles. Les œuvres exécutées au repoussé, souvent liées à des décors architecturaux, présentent, tout en suivant scrupuleusement les canons iconographiques et iconométriques, une esthétique plus novatrice, à tendance décorative. Le travail particulier des plaques de laiton, à forte teneur en étain pour assurer une meilleure malléabilité, incitera les artisans à traiter les formes par grandes masses géométriques, les traces d'assemblage des plaques étant cachées par des bandeaux décoratifs parfois incrustés.

Les xive et xve siècles voient l'apogée de la sculpture métallique : virtuosité technique, goût des larges fonds de stèle ornés de rinceaux tantôt traités en grandes crosses, tantôt déchiquetés, mouvement, élégance extrême des personnages aux attitudes déliées (Umā-maheśvara, xive s., Museum of Fine Arts, Boston).

Du Malla récent (1482-1768) datent la plupart des sculptures conservées, caractérisées par la multiplication des parures, la sécheresse du modelé, le type ethnique prononcé des visages. Le manque de renouvellement des sources d'inspiration et les règles contraignantes d'une iconographie de plus en plus complexe leur donnent un aspect conventionnel et stéréotypé. Certaines œuvres en pierre sont de taille colossale (Grand Buddha de Swayambhūnāth, xviie s.). Beaucoup sont liées à des ensembles monumentaux (frises du Kṛṣṇa et Rādhā mandir, Patan, 1637, inspirées des rouleaux peints narratifs contemporains ; bains sacrés [Tulasī, hiṭī], cour de Sundarī du palais de Patan, 1670). À Katmandou et à Bhadgaon, on remarque des rondes-bosses d'une esthétique plus robuste, inspirées des formes pleines et géométriques des statues métalliques au repoussé (Viṣṇu Narasiṃha, 1673, à l'entrée du palais de Katmandou ; Garuḍa, 1690, devant le temple de Nārāyan, Maru-tol, Katmandou ; sculptures sur les gradins du Nyātapola, 1702, Bhadgaon).

Cette période voit en effet l'apogée de la technique du repoussé. Des plaques ouvragées couvrent les toitures, les murs et même les accès de nombreux sanctuaires. Citons, entre autres, Kvā bahāl à Patan, Vakupati Nārāyan (1740) à Bhadgaon, la porte Sundhokā (1753) donnant accès aux sanctuaires inclus dans l'enceinte du palais de cette même ville. Les statues des souverains, agenouillés en donateurs, aux traits individualisés, sont juchées sur des piliers de pierre, dressés sur les places principales des trois capitales, Patan, Katmandou et Bhadgaon. Leurs visages sont tournés en direction des temples de Degutale, déesse protectrice des Malla.

Le bois (Michaelia excelsia, Michaelia champaca), abondamment utilisé en architecture, sera un matériau de prédilection pour les sculpteurs newar. Les plus anciens exemples connus, les corbeaux (tuṇāl ; en anglais : strut) de la façade arrière d'Uku bahāl à Patan, représentent des driades protectrices (yakṣiṇī). Leur date est controversée (xiiie s. ?). La plupart des œuvres conservées ne semblent pas antérieures au xve siècle. Les réparations continuelles des bâtiments et le remploi éventuel d'une partie de leur décor sculpté rendent toute datation hypothétique. Les corbeaux entourant les toitures des temples hindous ou les cours des monastères bouddhiques forment des ensembles iconographiques cohérents. Leur composition reste inchangée : un personnage de grande taille, surmonté de feuillages, domine un démon écrasé ou bien une scène narrative, prophylactique ou édifiante. Cette répartition tripartite se retrouve sur les corbeaux des arcatures (toraṇa) et sur les balustrades bouddhiques de l'Inde de l'époque Kuṣāṇa. Les portes de la façade principale des sanctuaires hindous seront, dans un premier temps, seules décorées (Indreśvar mahādev de Panauti, xve s. ?). On étendra ensuite le décor sculpté à l'ensemble des parties en bois du bâtiment : piliers et colonnettes, tympans, entourages de fenêtres. Le vocabulaire thématique, à peine modifié, est emprunté à l'art indien. Parallèlement se développe une sculpture sur bois en ronde bosse, polychrome, détachée de tout contexte architectural, parfois garnie de plaques de métal au repoussé.

Il convient de noter la présence de sculptures en terre cuite, parfois vernissées. Des plaques estampées couvrent ainsi entièrement le Mahābauddha (1601) de Patan. Une frise narrative, à couverte de couleur verte, tourne autour de la cour de la résidence de la petite déesse Kumarī (Kumarī Dyoché, 1760 ?) à Katmandou. Il convient de noter qu'une poterie grossière est encore de nos jours fabriquée à Thimi.

Sous les Gurkha (après 1769), les artisans reproduisent les modèles antérieurs. Des pièces surchargées, d'une grande virtuosité technique, sont fabriquées en série durant la première moitié du xixe siècle. Les contacts avec l'Inde britannique introduisent des motifs occidentaux. Des ateliers de bronziers, souvent en liaison avec des monastères bouddhiques, subsistent jusqu'au xxe siècle.

Peinture

Les plus anciennes peintures conservées – enluminures de manuscrits bouddhiques sur palmes séchées et décor des plats intérieurs de leurs couvertures – remontent au xie siècle. Aux deux textes bouddhiques illustrés en Inde, Aṣṭasāhsrikā Prajñāpāramitā et Pañcarakṣa, les Newar ajouteront le Gaṇḍavyūha et le Kāraṇḍavyu̱ha. Ces manuscrits sont plus richement enluminés que les œuvres pāla qui leur sont contemporaines. Les peintres newar utilisent des tons raffinés – rouge sombre, rose, mauve, pourpre, jaune pâle – qui les aident à modeler les formes, alors que les moines bengali appliquent des couleurs vives par aplats. Ces œuvres renvoient aux créations picturales d'époque Gupta (Ajaṇṭā, ve-vie s.). Ce grand style classique, disparu en Inde même, semble avoir été assimilé si totalement au Népal qu'il fera figure d'art national, s'opposant aux modes nouvelles apparues au cours de l'époque médiévale qui privilégient l'acuité du dessin, la stylisation des traits et la violence des couleurs. Au Népal, on peut répartir les peintures de manuscrits bouddhiques en trois périodes qui correspondent aux xie, xiie et xiiie siècles. Les miniatures du xie siècle présentent parfois, par rapport aux œuvres indiennes, une certaine maladresse dans le dessin, des compositions touffues aux nombreux éléments de paysage, une certaine liberté iconographique (Add. 1643, daté 1015, Cambridge University Library). Au xiie siècle, les compositions des plats de couvertures tendent à former des scènes continues, panoramiques (Vessāntara jātaka, National Museum, New Delhi). Les personnages, aux proportions élancées et à l'aspect aimable, ont des attitudes un peu maniérées. Leurs bijoux et les motifs de leurs vêtements, traités avec soin, se fondent dans l'ensemble de la composition. Au xiiie siècle, la grande quantité d'ouvrages apportés par des moines réfugiés, fuyant les invasions islamiques, entraîna peut-être une raréfaction des commandes. Les quelques manuscrits bouddhiques de cette période trahissent une forte influence de l'Inde médiévale, ou prolongent, dans un style conventionnel, les modèles antérieurs.

Alors qu'aucun manuscrit enluminé hindou antérieur au xve siècle ne nous est parvenu, on suit au Népal l'évolution de ce genre depuis le xie siècle. On y retrouve les principales caractéristiques stylistiques des enluminures bouddhiques. Les plus belles œuvres remontent au xiiie siècle. Elles accordent une place importante aux motifs décoratifs : colonnes, toraṇa, bijoux rehaussés d'or. Dès 1220, des manuscrits sont exécutés en lettres d'or sur papier bleu.

On conserve des rouleaux verticaux (sanskrit : paṭa ; newarī : paubhā) remontant au xiiie siècle, exécutés à la gouache sur coton, aux harmonies rouges et bleues caractéristiques, qui représentent les principales divinités du bouddhisme tantrique et, plus rarement, de l'hindouisme. Ce genre nous apparaît tout constitué. Les œuvres les plus abouties s'étagent du xiiie au xve siècle et laissent pressentir des exemples plus anciens, aujourd'hui disparus. Ces images, dont le moindre détail iconographique était fixé par la tradition, étaient consacrées lors de rituels conjuratoires ou propitiatoires (vrata) : rite d'Upoṣadha (Aṣṭamivrata) en l'honneur d'Amoghapāśa, aspect du bodhisattva Avalokiteśvara ; rite de Bhīmaratha au cours duquel on offre dix mille caitya (lakṣacaitya) ; culte rendu à Vasudhārā afin d'obtenir des biens matériels. Le registre inférieur de la peinture représente une scène d'oblation par le feu (homa) en présence des donateurs ; des scènes de chants et de danses accompagnent la cérémonie. Les collections du Los Angeles County Museum of Art permettent de suivre l'évolution stylistique des paubhā. Aux xive et xve siècles, les peintres utilisent des motifs décoratifs particuliers : colonnes végétales à chapiteau floral, issues d'un vase d'abondance, flammes déchiquetées. Les fonds sont animés de crosses de lotus peintes en camaïeu. Monumentalité et mouvement caractérisent les divinités tutélaires, en particulier Saṃvara et Vajravārāhī. Ce style se prolonge après 1482. Au xvie siècle émerge peu à peu une esthétique nouvelle : dessin nerveux cernant d'un trait déchiqueté des figures dansantes aux gestes expressifs et aux visages presque caricaturaux ; composition dense, apparemment désordonnée mais organisée selon de subtiles diagonales (Assaut de Mārā, 1561, Boston Museum of Fine Arts).

À la fin du siècle, des genres nouveaux portent à leur paroxysme ces tendances stylistiques : longs rouleaux narratifs (vilampo) suspendus lors de fêtes religieuses, à sujets légendaires ou apologétiques ; « Livres illustrés » (kalāpustaka), en papier, se dépliant en accordéon, et dont les sujets sont éventuellement profanes.

Vers 1650, les écoles moghole et rajpute (Mewar) influencent fortement tous les genres de la peinture newar (Buddha prêchant, 1649, Cleveland Museum of Art). À la fin du xviie siècle on fabrique de nombreux vilampo dans ce style rajput, totalement réinterprété (Kṛṣṇalīlā, 1692, Bharat Khala Bhavan, Varanasi). Au xviiie siècle, sous l'influence des thang-ka tibétains, les paubhā abandonnent leur composition en registres. L'importante production du xixe siècle prolonge ces deux tendances.

Architecture

Les stūpa les plus vénérés de la vallée reprennent la forme de leurs homologues de l'Inde ancienne. La tradition fait même remonter les stūpa situés aux quatre points cardinaux de la ville de Patan, ainsi que celui de Chābahil, à un voyage hypothétique de l'empereur Aśoka des Maurya (iiie s. av. J.-C.). Ces structures seront modifiées plus tard afin de répondre à des partis iconographiques plus complexes. Ainsi le stūpa de Swayambhūnāth recevra neuf niches consacrées aux Jina des orients et à leurs parèdres. Les yeux du Buddha suprême, « né de lui-même » (ādibuddha) du système Kālacakra (Aiśvarika) seront peints sur la masse cubique de maçonnerie (harmikā, chūḍāmani) qui couronne l'édifice. Trois terrasses carrées, redentées à la manière des enceintes d'un maṇḍala, entourent le stūpa de Baudhanāth. Des statues de divinités, au nombre sacré de cent huit, seront abritées dans des niches.

Les Newar développeront une architecture originale à charpentes de bois et à murs de briques cuites, montés sans mortier. Les bâtiments sont très divers : petits portiques (pāṭi) à colonnes de bois, pouvant servir de halte aux pèlerins, portiques pourvus d'un étage (sattal), portiques sur deux niveaux, bordés de salles (chapat), salles à piliers (maṇḍapa), habitations, monastères bouddhiques, etc.

Les monastères bouddhiques s'organisent, sur le modèle indien, autour d'une cour carrée. Le sanctuaire, situé dans l'axe de l'entrée, est surmonté d'une chapelle (āgama-chē) qui abrite les livres et les instruments liturgiques et qui est dédiée à une déesse, contrepartie féminine du dieu. Les monastères se répartissent en deux types : bāhī et bāhā. Le sanctuaire des bāhī est entouré d'un couloir de circumambulation. Le premier étage des ailes latérales est dépourvu de cloisons intérieures. Les bāhā ne se rencontrent que dans l'enceinte des villes. Leur sanctuaire ne possède pas de couloir périphérique. Leurs ailes sont partagées par des cloisons. Il existe quelques bâtiments de type mixte. Bāhī et bāhā abritent des communautés différentes. À la suite des profondes modifications qui affecteront les communautés bouddhiques à partir du xiiie siècle, les habitations des familles de moines s'aligneront autour de larges cours, les nani, près de certains bāhā.

Le temple hindou à toitures étagées (dega), le plus souvent de plan carré, constitue le type le plus accompli de l'architecture newar. Chaque étage prend appui sur le sol par un jeu de tours emboîtées. L'origine de cette forme d'architecture est controversée. H. Wiesner la rattache aux constructions de bois de l'Inde du Nord des époques Kuṣāṇa et Gupta. Des traditions semblables se retrouveraient en plusieurs régions périphériques de l'empire (Karṇaṭāka, Bengale) et jusqu'en Inde du Sud (Kerala). Le vocabulaire décoratif des parties sculptées renvoie effectivement aux arts kuṣāṇa, gupta et pāla. Il convient cependant de noter la présence d'architectures originales en bois dans d'autres basses vallées du complexe himalayen (Kaśmīr, Himāchal Pradesh).

Quelle qu'en soit la provenance, l'emploi du terme « pagode », pour définir les temples newar de type « dega », doit être résolument écarté. Il sous-entend en effet une origine extrême-orientale, des techniques de construction différentes et une affectation exclusivement bouddhique. Ce triple corollaire est contraire à tout ce que l'on sait des dega.

La fragilité des matériaux, les dégâts causés par les moussons, l'insuffisance des fondations dans un pays sujet à de fréquents séismes, parfois très dévastateurs comme en 1934, nécessitent des travaux d'entretien constants, supportés le plus souvent par des associations religieuses (guṭhi), ainsi que des reconstructions périodiques. Des inscriptions commémorent les réfections les plus importantes. Ces réfections, plus ou moins conformes au modèle antérieur, posent de délicats problèmes de chronologie. La relation de l'expédition chinoise de 648 du général Wang Xuance, reprise dans La Nouvelle Histoire des Tang, signale l'existence à l'intérieur du palais du roi du Népal d'une tour de sept étages. Aucune architecture ne semble antérieure à l'invasion du sultān Shams un-dīn Ilyās du Bengale (1342-1357), vers 1349. Les temples supposés reproduire les modèles les plus archaïques, quoique de nombreuses fois reconstruits, ne possèdent que deux étages (Paśupatināth à Deopatan, vers 1360 ; Paśupatināth à Bhadgaon et Chạ̄ngu Nārāyaṇa à Changu, tous deux de la fin du xive s.). L'étage le plus élevé correspond à la cella. La toiture inférieure repose sur les murs extérieurs qui délimitent un couloir de circumambulation. Si le plan carré semble de règle, il existe quelques structures de type dega de plan barlong. Ces sanctuaires sont consacrés à Bhaïrava, aspect farouche de Śiva (Bagh Bhaïrava à Kirtipur, 1513 ? ; Kāsi Viśvanāth à Bhadgaon, fin xviie s.). Certains temples dédiés à Kṛṣṇa sont de plan octogonal (Casī dega à Kāthmāndu, 1649).

Quelques sanctuaires, n'appartenant pas au type dega, montrent la variété des partis utilisés au milieu du xve siècle et l'ingéniosité de leurs constructeurs : le Dattātraya (Bhadgaon) dans sa forme primitive était un abri à trois étages pour les pèlerins (maṭh). Le Kāṣṭha maṇḍapa (Kāthmāndu), maṇḍapa de très grande taille, n'a aucun mur porteur. Ses toitures ne reposent que sur des piliers de bois.

D'autres édifices, appelés pīṭh, de plan barlong, ne possèdent qu'un mur porteur, celui du fond. Des piliers supportent la toiture sur les autres côtés. Dédiés à des déesses sivaïtes, ils sont élevés dans des sites agrestes (Bāla kumārī près de Patan, 1622 ; Vajravārāhī près de Chapagaon, 1665).

S'il est actuellement hasardeux de tenter de tracer l'évolution de l'architecture newar, deux tendances semblent cependant s'accuser avec le temps : la multiplication du nombre des toitures et l'introduction de plus en plus fréquente de soubassements à gradins. Le Taleju Bhavāni, attenant au palais de Kāthmāndu, présente, dès 1576, une structure à trois étages de toitures, juchée sur une pyramide à sept gradins et dominant la cité. Pour certains bâtiments relativement documentés, on remarque que des étages supplémentaires étaient ajoutés lors d'une réfection (Kumbeśvara à Patan, vers 1700 ; Kāsi Viśvanāth à Bhadgaon, 1718). À partir du xviie siècle, on rencontre des temples à deux ou trois étages dont la toiture inférieure repose sur des piliers et abrite ainsi une galerie périphérique (Viśvanāth à Patan, 1626).

Les gradins de pierre multipliés supportent la plupart du temps des sanctuaires sivaïtes. Ils représentent alors le mont Kaïlaśa, demeure de Śiva dans l'Himālaya (Maju dega à Kāthmāndu, 1692). Le Nyātapola de Bhadgaon (1702), dega à cinq toitures dressé sur une pyramide à cinq degrés, est l'aboutissement de cette double évolution. Lorsqu'un temple possède des toitures aussi complexes, les derniers étages sont fictifs et prennent appui par un jeu de poutres sur l'étage inférieur.

Au xviie siècle, des types architecturaux nouveaux, adaptés de modèles indiens, font leur apparition. Le Mahābauddha (1601), à Patan, s'inspire du sanctuaire de Bodhgayā. Des temples hindous, souvent d'obédience visnouite, construits en pierres, possèdent de hautes toitures curvilignes (śikhara). Ils peuvent être garnis de légers pavillons à colonnes, comme au Rajasthan et dans l'Inde moghole. Ainsi, le Kṛṣṇa et Rādhā mandir (1637), à Patan, est ceint d'une galerie périphérique. Son aspect aérien peut le rapprocher de deux monuments moghols : le Panch mahal de Fatehpur Sikri (avant 1574) et le tombeau d'Akbar à Sikandra (1613). Certains temples à śikhara possèdent des soubassements à gradins multipliés (Vatasalā devī, à Bhadgaon, fin xviie s.), d'autres sont de plan octogonal (tombeau de Kṛṣṇa, place du palais de Patan, 1723).

Des sanctuaires hindous, consacrés à un même dieu ou à un groupe de divinités, sont répartis dans la vallée à la manière d'un maṇḍala. Les ensembles les plus connus sont dédiés à Viṣṇu, à Gaṇeśa, et dans la ville de Bhadgaon et ses environs aux mātṛkā.

Dans les agglomérations, plus d'une trentaine de maṭh, aux façades richement décorées, servent de demeure à certains desservants hindous (mahanta). Leur plan s'apparente aux habitations laïques. Plusieurs, dont le Pujāri maṭh (1763), se dressent autour de Tachapal Tol (Bhadgaon).

Les capitales des rois Malla (Kāthmāndu, Patan, Bhadgaon), autrefois fortifiées, partagées en îlots (tol) et en quartiers possédant chacun leurs temples pourvus de nombreux bassins (praṇālī) et fontaines (hiṭi), ont pour centre politique et administratif la demeure du souverain (layku, darbār). Ces palais comprenaient originellement trois cours, dont une pour les bains rituels du souverain, des temples, dont celui de la déesse Taleju, et des appartements. Un jardin occupait l'arrière de l'enclos. À Bhadgaon, le « Palais aux cinquante-cinq fenêtres » (1697) possède à l'étage une galerie peinte conduisant à la chambre du roi. Sur la place qui s'étend devant le palais sont élevés les plus beaux temples de la cité.

Cette architecture newar se prolonge après 1768, sous la dynastie Gurkha, en particulier à Kāthmāndu : nouveaux aménagements au palais dès 1769 – Nava yoginī à Maru Tol – Sundhārā de Bhimsen Thapa. Quelques palais de styles occidentaux sont construits durant la première moitié du xixe siècle (Hari-bhavan, 1805, Sil-khāna, aujourd'hui National Museum, 1819 ; Nārāyaṇ hiṭī darbār, longtemps résidence royale, 1847). Ils se multiplient à la fin du siècle (Sinha darbār, 1903) et présentent, jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, un panorama assez complet des divers courants de l'architecture anglo-indienne.

Influence de l'art newar

La réputation des artisans newar gagnera le Tibet et même la Chine. Le bronzier Anige (1243-1306), mandé par Kubilaï (1216-1294) à Beijing, dressa, entre autres, les plans du « stūpa blanc » (baida) du Miaoying si (1271 ?). De nombreuses statuettes de bronze, réalisées en particulier sous les règnes de Yongle (1403-1424) et de Qianlong (1736-1796), prolongent l'esthétique sino-népalaise de l'époque Yuan (1279-1368).

L'art newar influencera considérablement l'art tibétain du xive au xvie siècle (aménagement du sanctuaire de Ngor, 1429). Les bronziers et orfèvres de la vallée de Kāthmāndu travailleront en grand nombre au Tibet méridional et central jusqu'au xxe siècle. Ils obtiendront même au xviie siècle un statut juridique particulier.

Art et archéologie hors de la vallée de Kāthmāndu

L'art des autres régions du Népal est mal connu. Au sud, le Teraï, par son relief et son climat, participa durant des siècles à la culture de l'Inde. À Lumbinī, lieu de naissance du Buddha Śākyamuni, un célèbre pilier élevé par Aśoka des Maurya (iiie s. av. J.-C.), un temple, un monastère et de nombreux stūpa témoignent de l'activité de ce site du iiie siècle avant J.-C. jusqu'à l'époque médiévale. Le site de Tiraulakot, identifié parfois comme l'antique Kapilavastu, a livré des fortifications, des poteries et des figurines de terre cuite des époques Maurya, Śunga et Kuṣāṇa.

À l'ouest du pays, dans la vallée de Karnalī, la dynastie des Malla de l'Ouest éleva de nombreux temples à śikhara (deval), particulièrement dans les districts de Dailekh, Dullu, Accham et Jumla. La plupart ont des dates qui s'échelonnent du xiie siècle au xive siècle. Cette tradition se prolongea jusqu'au xvie siècle. Les arêtes aiguës des toitures de ces sanctuaires et une partie de leur décor sculpté les apparentent aux fondations des Siwalik indiens (Mandi). Dans le royaume rival de Kumaon, sur l'autre rive de la Mahākālī, des temples de même style remontent à la fin de l'époque Katyūrī (xie-xive s.).

Dans le nord du pays, des communautés tibétaines développent leurs propres traditions, particulièrement dans les districts de Humla, de Dolpo (sculptures de bois), de Sindhu-Palchok et de Solu-Khumbu où les bâtiments couverts de toits à rampants s'apparentent aux architectures bhutanaises.

—  Gilles BÉGUIN

Les littératures du Népal

Les littératures de la trentaine d'ethnies qui peuplent le Népal se répartissent en deux groupes : les traditions orales des tribus et les littératures orales et écrites inspirées des modèles indiens et, accessoirement, tibétains.

Les traditions orales des tribus

Les populations autochtones sont divisées en vingt-cinq tribus qui regroupent 20 p. 100 de la population du pays. Leurs littératures, purement orales, sont certainement les plus originales ; elles sont transmises dans leurs chants et surtout dans les textes rituels mémorisés par leurs prêtres et leurs chamans. Elles sont très inégalement connues. Les tribus du Teraï (qui parlent des langues austro-asiatiques ou ont adopté des langues indo-aryennes) restent à étudier. Le répertoire des tribus des montagnes (de langues tibéto-birmanes) a été exploré dans ses grandes lignes, notamment chez les Limbu et les Raï à l'est, les Tamang et Gurung au centre, les Magar à l'ouest. Il comprend d'un côté une cosmogonie, une géographie religieuse ainsi que les légendes des divinités, constituant une véritable mythologie ; de l'autre côté l'histoire de chaque tribu avec les épisodes de ses migrations et de l'implantation de ses clans dans son territoire. Ces littératures n'ont jamais été fixées par écrit, sauf récemment et très partiellement chez les Limbu ; leurs véritables dimensions n'ont été révélées qu'à partir des années 1960 par les ethnologues travaillant sur la possession et le chamanisme.

Littératures d'inspiration indienne

Les gens de caste (79 p. 100 de la population totale) sont répartis en quatre ethnies : Hindous de la Plaine (21 p. 100), Musulmans (4 p. 100), Newar (3 p. 100) et Indo-Népalais ou Gorkhali (51 p. 100). Ils sont d'origine indienne et parlent des langues indo-aryennes à l'exception des Newar, autochtones de la vallée de Katmandou qui ont gardé leur langue tibéto-birmane ; ils suivent tous, Newar compris, les modèles littéraires oraux et écrits de l'Inde classique et moderne.

Sanskrit

Ils ont (Musulmans exceptés) une langue savante commune, le sanskrit. Le Népal est resté une bibliothèque de l'Inde classique hindoue et bouddhiste. Les Népalais y ont ajouté leur propre contribution à la littérature sanskrite : de l'Antiquité et du haut Moyen Âge, seules les inscriptions ont survécu : des livres originaux écrits entre le xive et le xxe siècle sont préservés. Ils émanent surtout des Newar, mais aussi des Hindous de la Plaine et, plus tard, des Indo-Népalais. Parmi toutes ces œuvres religieuses, scientifiques et littéraires, on notera l'abondance de la production théâtrale ainsi que deux catégories de textes qui concernent le pays : les māhātmya et purāṇa retraçant sa géographie religieuse et les légendes qui y sont liées ; puis les vaṃsavalī, chroniques dynastiques relativement exactes et périodiquement remises à jour.

Le développement des littératures en langues vernaculaires à partir du xve siècle va donner naissance en territoire népalais à trois littératures qui s'expriment en des idiomes distincts.

Hindī et urdū

Hindous de la Plaine et Musulmans ont comme langue maternelle trois dialectes du hindī : ce sont d'ouest en est l'awadhī, le bhojpuri et le maithilī ; tous, Musulmans compris, utilisent la riche littérature orale de ces dialectes qui comprend notamment plusieurs épopées. Ils lisent aussi la littérature écrite dans ces dialectes entre le xve et le xixe siècle ; la contribution propre des habitants du territoire népalais n'est pas connue, sauf pour le maithilī, qui était utilisé non seulement dans le Teraï mais dans les cours newar de la vallée de Katmandou.

La lingua franca du Teraï est l'hindoustani ; il est appelé urdū par les Musulmans qui l'écrivent en caractères arabo-persans ; et hindī par les Hindous de la Plaine qui utilisent les caractères devanagaris. Les Musulmans utilisent l'urdū pour leurs activités religieuses et littéraires ; les Musulmans du Népal n'ont produit en cette langue que des chants dévotionnels et un récit de voyage au Tibet. Les Hindous de la Plaine écrivent aujourd'hui en hindī standard ; leur contribution propre à la littérature hindī n'est pas connue ; les autorités découragent d'ailleurs l'usage de l'hindī au profit du nepalī.

Newarī

La littérature newarī s'est développée sous la double influence des modèles sanskrits et maithilī. Elle a prospéré dans sa période classique (xve-xviiie s.) grâce au patronage des rois Malla dont plusieurs étaient eux-mêmes littérateurs. À côté des textes religieux (hindous et bouddhistes) et techniques apparaissent des textes littéraires : chants de dévotion et d'amour et, surtout, pièces de théâtre où, sur une trame en maithilī (ou bengalī), sont insérés des dialogues et des chants en newarī. La seconde originalité de la littérature newarī est, après le théâtre, la production historique : chroniques et surtout journaux (thyasapu) où les lettrés notaient au jour le jour des événements marquants. Après la chute des rois newar en 1768-1769, cette littérature perdit ses mécènes et subit une éclipse ; la tradition orale des chants et du théâtre est restée cependant vivace. On assiste depuis 1951 à une renaissance de la littérature écrite, dans le cadre notamment de l'Association newarī (nepāl bhāṣā pariṣad) fondée et animée par le doyen des poètes newar, Chattadhar Hriday.

Nepalī

En unifiant le Népal voici deux siècles, les Indo-Népalais ont imposé leur langue, le nepalī, comme langue officielle permettant l'émergence de la littérature nepalī comme tradition distincte.

La littérature orale, bien conservée dans l'Ouest du pays, comprend, outre les contes et les chants lyriques, des récits chantés épiques et religieux exécutés par des bardes intouchables ; les ancêtres de la dynastie régnante y ont ajouté, au centre du pays, des ménestrels qui chantent leur histoire et leurs hauts faits.

La littérature écrite prend corps à partir de la fin du xviiie siècle. Viennent d'abord des textes poétiques et religieux à peine démarqués de leurs modèles sanskrits ou hindī ; plus originaux sont la divya upadesh, autobiographie de Prithvi Narayan, et la gorkhā vaṃsavalī, chronique de la nouvelle dynastie. Le premier grand littérateur est le poète Bhānu Bhakta Ācārya (1814-1866) dont le rāmāyaṇa est encore récité. Le polygraphe Moti Rām Bhaṭṭa (1866-1896) fut le premier à imprimer et à diffuser la littérature nepalī jusqu'alors manuscrite. Cette impulsion fut relayée au début du xxe siècle par l'officiel Comité pour la diffusion du nepalī (créé en 1913) et par des opposants exilés en Inde. Depuis 1957, l'impulsion unique vient de l'Académie royale du Népal. Les genres nobles restent la poésie, le théâtre (d'ailleurs rarement joué) et l'épopée ; s'y sont illustrés Lekhnāth Pauḍyāl (1884-1965), Lakṣmī Prasād Devkoṭā (1909-1959), Bāl Kṛiṣṇa Sama (1902-1981) entre autres. Des genres nouveaux inspirés de l'Occident (romans, nouvelle, essai...) se développent aussi. Plus que dans les genres nobles, l'originalité de la littérature nepalī se manifeste dans les genres mineurs comme le roman fantastique (vīr caritra de Girīś Ballabh Jośī, en 1907), les nouvelles à caractère social (sāmājik kahānī de Bhīm Nidhi Tiwārī), les contes et les écrits d'historiens comme Bābu Rām Ācārya (1888-1971).

Littératures d'inspiration tibétaine

Les Bhote de la frontière nord, venus du Tibet au cours des six derniers siècles, représentent 1 p. 100 de la population du Népal. Ils ont conservé leur culture tibétaine : ils conservent des littératures orales dans leurs divers dialectes, et leurs lettrés, qui sont des lamas, lisent et recopient la littérature tibétaine classique. Ils y ont ajouté quelques contributions originales : guides de pèlerinage, histoires de l'introduction du bouddhisme dans leur territoire, biographies de lamas... Deux tribus des montagnes moyennes, les Gurung et les Tamang, pratiquent aussi le bouddhisme tibétain concurremment avec le chamanisme ; leurs lamas, surtout chez les Tamang, ont écrit quelques textes en tibétain, notamment sur l'implantation des clans et sur la diffusion du bouddhisme.

—  Marc GABORIEAU

Bibliographie

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  • Yvan BARBÉ
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Population habitant le Népal oriental, le Bhoutan occidental, l'État indien du Sikkim et le district de Darjeeling (Inde). Leur nombre est évalué à environ 76 000. Il semble que les Lepcha, qui s'appellent eux-mêmes Rong (« ravins »), soient les plus anciens habitants du Sikkim, car ils ne possèdent aucune tradition de migration et situent la demeure de leurs ancêtres dans une des vallées du Kangc […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/lepcha-rong/#i_14630

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  • Écrit par 
  • Yvan BARBÉ
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  • Yvan BARBÉ
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  • Chantal MASSONAUD, 
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  • , Universalis
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Dans le chapitre « Dalaï-lamas enfants et suzeraineté chinoise »  : […] Somme toute, le xix e  siècle fut une période de calme et de stagnation. Les dalaï-lamas devaient recevoir les pleins pouvoirs à l'âge de dix-huit ans ; mais ils n'atteignaient pas cet âge, ou bien mouraient après quelques mois d'un règne nominal. Ainsi le Tibet était gouverné en permanence par les régents. La figure la plus marquante parmi ces pr […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/tibet-xiziang/#i_14630

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Pour citer l’article

Marc GABORIEAU, Luciano PETECH, Gilles BÉGUIN, François DURAND-DASTÈS, Philippe RAMIREZ, Benoît CAILMAIL, « NÉPAL », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 avril 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/nepal/