GANGE

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Le Gange (en sanskrit et en hindī, Gangā) est un fleuve puissant du nord de l'Inde. Long de plus de 2 700 km et drainant un bassin de près d'un million de kilomètres carrés, il se situe, par son débit, parmi les cinq ou six plus grands fleuves} du monde. Son importance économique actuelle tient essentiellement au rôle qu'il joue dans l'irrigation de la plaine très peuplée où il coule.

Considéré par les hindous comme fleuve sacré, le Gange assure non seulement la fertilité du sol, mais est aussi source permanente de régénération pour qui se baigne dans ses eaux.

Bénarès, centre de pèlerinage

Photographie : Bénarès, centre de pèlerinage

Bain dans les eaux purificatrices du Gange à Bénarès (ou Varanasi), une des sept villes saintes de l'hindouisme. 

Crédits : Frank Bienewald/ LightRocket/ Getty Images

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De l'Himalaya au delta du Bengale

Dans son cours himalayen, le nom de Gange n'est attribué au fleuve qu'à partir de Devaprayag, où se réunissent les deux branches qui en forment le cours supérieur : à l'ouest, la Bhāgīrati, qui naît d'une grotte glacée à 6 600 m d'altitude ; à l'est, l'Alaknanda, plus longue, qui apparaît très près de la frontière tibétaine, au nord du massif du Nanda Devi, à 7 800 m. Par une alternance de bassins et de gorges, le Gange gagne le piémont de l'Himalaya.

À partir de Hardwār (311 m d'altitude), le Gange coule légèrement incisé dans un cône surbaissé qu'il a construit, et dont le rayon est d'environ 160 km. La plaine d'inondation est relativement étroite, puisque sa largeur varie de 2 à 10 km.

Le cours de plaine commence près de la ville de Kānpur, mais c'est surtout en aval de Allāhābād, où il reçoit la Jamuna qui double son débit, que le fleuve devient un organisme puissant et majestueux. La plaine d'inondation a une largeur de 10 à 20 km. Elle est dominée par des terrasses alluviales d'âges divers. Les plus anciennes sont formées de matériel lessivé et mêlé de concrétions qui donne des sols médiocres. Dès Kānpur, la pente du lit est très faible : environ 1/10 550.

Le delta commence à plus de 400 km de la mer à vol d'oiseau, après que le Gange a contourné la terminaison orientale des monts Rājmahāl, dernière avancée du socle péninsulaire vers le nord-est. Des effluents commencent à quitter le fleuve sur sa rive droite, pour aller en direction de la baie du Bengale. Mais un phénomène très important est observé depuis quelques siècles : les effluents d'amont tendent à s'obstruer et sont suivis par des masses d'eau de plus en plus réduites. L'essentiel du flot passe donc par les bras les plus orientaux, dont les eaux, sous le nom de Padma, se mêlent à celles du Brahmapoutre et de la Meghana au Bangladesh. On peut donc distinguer, à l'ouest, un « delta mort », avec de nombreux bras abandonnés, des eaux stagnantes, des sols non renouvelés, et, à l'est, un « delta vif », menacé par l'inondation, mais plus salubre, avec des sols renouvelés par l'alluvionnement annuel. Le principal des effluents en cours d'abandon est la Bhāgīrati-Hooghly, sur la partie inférieure de laquelle se trouve le port de Calcutta.

Les affluents sont très nombreux et puissants. La Jamuna est un cas à part. Son cours est en effet très comparable à celui du Gange supérieur et présente des sections analogues : cours himalayen et cours de piémont. De la source au confluent, la Jamuna a 1 300 km de long et draine 359 000 km2. Elle est plus puissante que le Gange lorsqu'elle le rejoint à Allāhābād. Les deux cours d'eau coulent parallèlement sur plusieurs centaines de kilomètres. Le Doab qui les sépare est une des régions les plus peuplées et les plus actives de la grande plaine du nord de l'Inde. Les autres affluents himalayens sont beaucoup plus courts et se jettent dans le Gange à la sortie des cônes de piémont qu'ils ont construits, et qui ont repoussé le fleuve principal vers le bord sud de la plaine. Parmi les plus importants, on peut citer, d'ouest en est : la Ramgangā (640 km), la Gogra (1 080 km), la Gandak (425 km), la Kosi (730 km).

Le nord de la péninsule est drainé vers le Gange, par l'intermédiaire surtout de la Chambal (affluent de la Jamuna), de la Son (780 km) et de la Damodar (541 km), cette dernière rejoignant le Gange dans le delta. Ces cours d'eau péninsulaires sont beaucoup moins bien alimentés que ceux qui viennent de l'Himalaya.

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Pour citer l’article

François DURAND-DASTÈS, « GANGE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/gange/