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Océanie : entités territoriales

Océanie : entités territoriales
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Fidji, transport de canne à sucre

Fidji, transport de canne à sucre
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Huître et sa perle

Huître et sa perle
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Bora Bora, Polynésie française

Bora Bora, Polynésie française
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Depuis la Seconde Guerre mondiale, le monde Pacifique s'est affirmé au fil des décennies et, malgré guerres, révolutions et crises, comme un espace d'avenir qui connaît actuellement à la fois un fort essor économique d'ensemble et un poids croissant dans la politique internationale. Les deux premières puissances économiques mondiales au début du xxie siècle, les États-Unis et le Japon, sont riveraines du Pacifique, mais elles ne sont plus seules à compter. Au formidable essor de la Chine continentale qu'est venu renforcer Hong Kong s'ajoute tout un ensemble de puissances qui pèsent aujourd'hui sur l'échiquier politique et économique international, que ce soit la façade asiatique – Corée du Sud, Taïwan, Indonésie, Thaïlande, Malaisie, Singapour –, mais aussi de plus en plus les Philippines ou le Vietnam ; à l'ouest et au sud-ouest, l'Australie et la Nouvelle-Zélande ; et sur la rive américaine, le Canada, le Mexique ou encore le Chili.

Tout cela semble placer les multiples petites îles et archipels qui s'éparpillent sur les immensités de l'océan Pacifique dans une position favorable et leur a permis longtemps de bénéficier d'un intérêt international sans commune mesure avec leur taille souvent minuscule, la faiblesse de leur population et la modestie de leurs ressources. Si on exclut bien sûr l'Australie et la Nouvelle-Zélande, toute l'Océanie insulaire, y compris la vaste Papouasie - Nouvelle-Guinée, atteint à peine les 10 millions d'habitants. Mais, aujourd'hui, l'intérêt pour ces terres isolées a un peu faibli, d'autant que les nouveaux petits États ont révélé peu à peu des faiblesses internes qui ont compromis leur image.

Cependant, les domaines insulaires du Pacifique méritent qu'on s'y attache quand ce ne serait que par l'extraordinaire diversité des situations qu'ils présentent : on trouve en Océanie des îles riches, voire très riches, et des îles pauvres, des îles qui vivent de l'agriculture et de la pêche et d'autres qui sont pleinement insérées dans la civilisation « postindustrielle » des villes et des services, des îles à population homogène et d'autres avec deux, trois composantes ethniques ou plus encore, des îles ou archipels qui sont devenus des micro-États indépendants, tandis que d'autres se sont au contraire plus ou moins intégrés au sein de grandes puissances, sans oublier qu'à ces contrastes s'ajoutent ceux qui sont nés de la nature physique elle-même, îles grandes ou petites, hautes ou basses, etc.

Des populations peu nombreuses mais variées

Ce qui est frappant tout d'abord en Océanie, c'est la faiblesse numérique des populations : toutes les îles et tous les archipels, de la Nouvelle-Guinée aux Hawaii, de l'île de Pâques aux Salomon, réunissent à peine 10 millions d'habitants. Plus de la moitié du total d'ailleurs est à mettre au compte de la Papouasie - Nouvelle-Guinée, et ensuite seules les Hawaii dépassent le million d'habitants. À l'autre extrémité apparaissent des « États » comme Tuvalu ou Nauru qui n'excèdent pas... 14 000 habitants.

Océanie : entités territoriales

tableau : Océanie : entités territoriales

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Superficie, population et niveau économique des principales entités territoriales de l'Océanie. 

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Pourtant, ce petit nombre recouvre une grande diversité, d'abord dans la composition ethnique. Les populations indigènes elles-mêmes, celles qui étaient implantées depuis des siècles ou des millénaires dans pratiquement toutes les îles du Grand Océan, si isolées qu'elles fussent au moment de l'arrivée des Européens, sont en fait, on le sait, très variées. Traditionnellement, on les divise en trois ensembles (les aborigènes australiens mis à part) : Mélanésiens, Polynésiens et Micronésiens, en fonction de critères ethniques, linguistiques et géographiques qui ne sont certes pas absolus et laissent place à de nombreuses formes de transition et de métissage.

Les Mélanésiens (Noirs océaniens) sont de loin les plus nombreux, 8 millions peut-être, sans tenir compte de ceux de la moitié ouest de la Nouvelle-Guinée devenue province indonésienne de l'Irian Jaya (appelée Papouasie depuis 2000), où les indigènes sont peu à peu submergés par l'afflux de colons venant de certaines îles surpeuplées (Java) du reste de l'Indonésie. Les Mélanésiens occupent depuis de nombreux millénaires les grands archipels montagneux du sud-ouest du Pacifique : Nouvelle-Guinée, Salomon, Nouvelles-Hébrides, Nouvelle-Calédonie, Fidji. Eux-mêmes présentent d'ailleurs une variété certaine de types physiques, depuis les Negritos ou Pygmées de quelques vallées intérieures de la Nouvelle-Guinée jusqu'aux Papous et aux Mélanésiens proprement dits, sans compter diverses formes de métissage avec des Polynésiens (îles Loyauté, Fidji...). Mais c'est plus encore l'émiettement linguistique (plusieurs centaines de langues différentes en Nouvelle-Guinée, plus de quatre-vingts dans les seules îles Salomon) qui caractérise ce monde mélanésien et a donné aux différentes formes de pidgin (bichlamar néo-hébridais par exemple) et aux langues européennes (anglais, français) une fonction unificatrice.

Les Polynésiens sont en nombre beaucoup plus restreint, à peine deux millions dans leur immense aire d'expansion du Pacifique central, allant de la Nouvelle-Zélande au sud-ouest (les Maoris, environ 400 000, sont des Polynésiens) jusqu'aux Hawaii au nord-est et à l'île de Pâques au sud-est en passant par les Tonga, les Samoa, les Cook et la Polynésie française. Différents des Mélanésiens par leur aspect physique (peau assez claire, yeux en amande, cheveux plats ou ondulés) issu d'un mélange de traits caucasoïdes, mongoloïdes et mélanésiens, ils le sont aussi par leur remarquable unité linguistique qui témoigne de leur installation beaucoup plus récente. La langue polynésienne, subdivisée en dialectes relativement peu différenciés, se rattache en fait au grand groupe dit malayo-polynésien (Austronésien), ce qui permet, entre autres, d'abandonner toute idée d'une origine américaine, même si des contacts épisodiques ont pu avoir lieu.

Enfin, les Micronésiens, un peu plus de 500 000, occupent les archipels du nord-ouest du Pacifique, au nord de l'équateur, c'est-à-dire les Carolines, les Mariannes y compris Guam, les Marshall et une grande partie des Gilbert. S'ils appartiennent à la même famille linguistique que les Polynésiens, ils s'en distinguent souvent physiquement (peau plus foncée notamment).

Depuis la découverte par les Européens, ces groupes indigènes se sont trouvés placés au contact de nouveaux venus, blancs mais aussi asiatiques, d'où des phénomènes de métissage complexes qui ont touché en particulier le monde polynésien. Dans certains archipels, ces contacts et métissages n'ont affecté que plus ou moins superficiellement les populations indigènes qui restent largement majoritaires : c'est le cas aux Tonga, aux îles Cook, à Wallis-et-Futuna, aux Samoa (malgré la présence de quelques milliers de Métis allemands-samoans et chinois-samoans), voire en Polynésie française, comme en Mélanésie aux Salomon, aux Nouvelles-Hébrides, en Papouasie - Nouvelle-Guinée même. Mais, dans d'autres archipels, l'immigration n'a pas été limitée ou passagère : elle s'est développée massivement en fonction des besoins des grandes plantations de sucre ou d'ananas ou des mines, en fonction aussi de politiques d'immigration visant à favoriser l'enracinement de groupes ethniques nouveaux. Cela a été le cas bien sûr, à très grande échelle, de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande où aborigènes d'une part, Maoris d'autre part ont été totalement submergés, voire en grande partie éliminés par la colonisation blanche. Aux Fidji, l'enracinement de la communauté indienne a été rapide grâce à la présence d'assez nombreuses femmes parmi les immigrants et à la fécondité exceptionnelle de celles-ci. La conséquence en a été, dans les années 1980, que les Indiens, nés aux Fidji pour la plupart (Indo-Fidjiens), étaient devenus plus nombreux que les Mélanésiens. En Nouvelle-Calédonie, les tentatives pour faire de la Grande Terre un espace de colonisation européen puis le grand boom du nickel de la fin des années 1960 ont amené l'installation non seulement d'une forte population blanche, mais aussi d'Asiatiques (Tonkinois, presque tous repartis en 1963-1964, Javanais, sans parler des Japonais expulsés en 1942) et de Polynésiens de Tahiti et surtout de Wallis, surpeuplée. Aux Hawaii, enfin, les indigènes polynésiens ont été totalement submergés non seulement par les Blancs (Portugais des Açores, Espagnols, puis Américains de plus en plus nombreux après l'annexion de l'archipel par les États-Unis en 1898), mais surtout par les Asiatiques, Chinois, Japonais (les plus nombreux), Coréens, Philippins enfin ; les autochtones ne subsistent plus pratiquement que sous forme de Métis blancs-hawaiiens ou asiatiques-hawaiiens.

La coexistence de ces groupes ethniques différents n'est pas sans poser parfois des problèmes sérieux : si aux Hawaii, dans le contexte de prospérité du cinquantième État des États-Unis, est née une authentique société multiraciale caractérisée notamment par de très nombreuses unions interethniques, aux Fidji, par exemple, les deux groupes principaux se côtoient sans se mélanger. Les Mélanésiens, qui entendaient bien conserver leur quasi-monopole des terres et le contrôle de l'État et des forces armées, n'ont pas hésité à recourir à une succession de coups d'État pour sauvegarder leur prééminence face à des Indo-Fidjiens devenus plus nombreux et mieux intégrés dans les formes modernes de l'économie. Cette période troublée a commencé avec le coup d'État du colonel Rabuka (15 mai 1987) contre le Premier ministre « pro-indien » Timoci Bavadra, élu le mois précédent ; elle a eu pour conséquence la proclamation de la République et la sortie du Commonwealth. En 2000, c'est le coup de force de George Speight « au nom du peuple indigène de Fidji », qui prit en otage quarante députés et ministres « pro-indiens » pendant cinquante-cinq jours, et en décembre 2006, le « commodore » Bainimarama prend le pouvoir. Concilier les exigences internationales d'une condamnation de l'apartheid anti-indien et la volonté absolue de maintenir l'hégémonie politique et foncière des Mélanésiens est chose difficile et explique les soubresauts politiques et constitutionnels de la fin du xxe siècle, dont la conséquence est une émigration massive des élites indiennes, conscientes que l'horizon était bouché pour elles. On est ainsi passé d'un rapport de 52 p. 100 d'Indo-Fidjiens pour 44 p. 100 de Mélanésiens en 1986 à 51 p. 100 de Mélanésiens et 44 p. 100 d'Indo-Fidjiens en 2005.

La situation conflictuelle des Fidji a traumatisé l'ensemble des îles du Pacifique où l'on se reposait sur l'idée de l'existence d'une « Pacific Way » fondée sur la discussion et le consensus pour résoudre les problèmes, notamment les rapports interethniques. Les durs affrontements interethniques et interinsulaires, au début des années 2000, en Nouvelle-Guinée et aux Salomon ont confirmé la fragilité de ce concept. En comparaison, les difficultés rencontrées pour établir en Nouvelle-Calédonie la coexistence des peuples sur une base durable après les troubles des années 1980 paraissent moins insurmontables. Les accords de Matignon (1988, validés par un référendum national) puis ceux de Nouméa (1998) ont reporté à 2018 au plus tard le choix entre une Nouvelle-Calédonie dominée par les Mélanésiens (Kanaky) et le maintien d'une Nouvelle-Calédonie pluriethnique sous la souveraineté française. C’est le choix du maintien dans la République française qui l’emporte avec plus de 56 p. 100 des suffrages en novembre 2018.

Une croissance démographique rapide

Alors que, à la fin du xixe siècle, les populations indigènes d'Océanie étaient encore en recul, et paraissaient même parfois vouées à l'extinction, les premières décennies du xxe siècle ont vu un total renversement de la tendance qui n'a fait que se confirmer et se renforcer depuis lors, au point que certains archipels ont une des structures par âge les plus jeunes du monde. En Papouasie, aux Salomon, au Vanuatu, les taux de natalité dépassent les 30 p. 1 000, tandis que les taux de mortalité, du fait de la jeunesse de la population ajoutée aux progrès de l'hygiène et de la médecine, se situent bien au-dessous de 10 p. 1 000, voire de 5 p. 1 000. Aux Salomon par exemple, au début des années 2000, le taux de natalité était de 33 p. 1 000, la mortalité de 4,6 p. 1 000, et la fertilité de 5,4 enfants par femme : en une vingtaine d'années, la population de l'archipel a doublé (286 000 habitants en 1986, 552 000 en 2005), avec 41,3 p. 100 de moins de 15 ans (France 18,3 p. 100) et seulement 3,3 p. 100 de 65 ans et plus (France 16,6 p. 100). On est en pleine transition démographique.

D'autres États, déjà densément peuplés et qui ont encouragé le contrôle des naissances, comme les Samoa ou les Fidji, ont des bilans un peu moins impressionnants, mais qui restent largement positifs ; même les riches dépendances des grands États, comme Guam ou la Polynésie française, ont un taux de croissance naturelle entre 1,5 et 2 p. 100 par an. Le cas de Hawaii est un peu particulier, avec un alignement sur le reste des États-Unis (natalité 14,4 p. 1 000, mortalité 7,1 p. 1 000 en 2005). Cette croissance inégale n'a que peu atténué les contrastes dans la répartition de la population.

Dans l'ensemble, les très grands archipels montagneux du monde mélanésien sont faiblement peuplés, moins de 20 habitants au kilomètre carré. De plus, à l'intérieur de chaque archipel, des différences notables apparaissent entre les îles : aux Salomon, par exemple, si Malaita a aujourd'hui près de 40 habitants au kilomètre carré, Santa Isabel en a 6 seulement. En Polynésie et en Micronésie, en revanche, les densités sont beaucoup plus fortes et peuvent atteindre dans des atolls (mais il y a aussi des atolls presque vides) un niveau très élevé : près de 150 habitants au kilomètre carré à Kiribati, 450 à Tuvalu, voire plus de 1 000 à Majuro (Marshall). Dans les îles volcaniques polynésiennes s'opposent en général un intérieur des terres plus ou moins montagneux et vide d'hommes et une concentration littorale de la population (Tahiti).

La croissance démographique et les inégalités de population et de ressources ont donné naissance à des mouvements migratoires qui se sont accélérés ces dernières décennies avec les facilités de déplacement offertes notamment par l'avion. Il y a bien sûr des migrations de travail classiques, comme celles qui aux Salomon amènent depuis longtemps déjà les gens de Malaita sur les plantations de cocotiers de Guadalcanal ou des îles Russell. Elles peuvent être d'ailleurs à beaucoup plus grand rayon d'action : les mines et l'industrie du nickel de Nouvelle-Calédonie ont ainsi attiré, notamment pendant le grand boom du début des années 1970, des Tahitiens et surtout des Wallisiens, plus nombreux dans les années 2000 sur la Grande Terre qu'à Wallis même. De plus, deux mouvements de grande ampleur – les migrations vers les villes et les migrations vers le monde extérieur – risquent de remettre en cause certains traits de la répartition des populations insulaires.

Les migrations vers les villes. Dans certains archipels, les villes restent modestes et n'exercent qu'une attraction limitée et souvent temporaire : c'est le cas de Honiara, la capitale des Salomon (49 000 hab.) et à plus forte raison des petits centres comme Auki (Malaita), Gizo et Munda (ouest de l'archipel) qui ne dépassent pas les 10 000 habitants. Mais déjà en Nouvelle-Guinée, Port Moresby (300 000 hab.) et dans une moindre mesure les autres villes du littoral, Lae (90 000 hab.), Madang, attirent des groupes de plus en plus nombreux de montagnards de l'intérieur. Ce drainage vers les villes et surtout la capitale où se trouvent les emplois salariés se manifeste aussi bien au Vanuatu en faveur de Port Vila qu'aux Samoa où Apia dépasse 40 000 habitants. Aux Fidji, également, la capitale, Suva, compte environ 190 000 habitants, en majorité des Indiens qui contrôlent avec les quelques milliers d'Européens, d'Asiatiques et de Métis le commerce et les professions libérales. C'est cependant dans les territoires d'outre-mer français et plus encore aux Hawaii que le pouvoir d'attraction de la capitale s'est exercé de la façon la plus vigoureuse : aujourd'hui, Nouméa et Papeete réunissent chacune plus de la moitié de la population de leur territoire ; en Polynésie française, pratiquement toutes les îles et les archipels ont fourni des contingents de migrants qui souvent d'ailleurs conservent des liens avec leur terre d'origine. Aux Hawaii, enfin, le mouvement déjà ancien qui attirait la population de toutes les îles vers la capitale Honolulu (déjà la plus grande ville du Pacifique insulaire avant la Seconde Guerre mondiale) s'est considérablement renforcé après 1945 lorsque le développement économique de l'archipel s'est appuyé sur des bases nouvelles, les militaires d'un côté, les touristes de l'autre. Or Pearl Harbor et Waikiki, qui concentrent encore une bonne partie de ces activités, sont en fait partie intégrante de l'agglomération de Honolulu. Rien d'étonnant donc à ce que l'île d'Oahu soit devenue pratiquement tout entière le « grand Honolulu », réunissant plus de 80 p. 100 de la population de l'archipel sur moins de 10 p. 100 de sa surface au milieu des années 1960. Depuis lors, le développement de grands complexes touristiques dans les autres îles a permis de renverser la tendance malgré le déclin de l'agriculture, et Oahu ne groupait plus en 2000 que 72,3 p. 100 de la population totale. Il n'en reste pas moins qu'avec plus de 800 000 habitants, avec ses paysages urbains « à l'américaine », l'agglomération d'Honolulu fait figure de géant parmi les villes du Pacifique insulaire et exerce par sa visible opulence une forte attraction dans toute la Polynésie et la Micronésie, voire au-delà.

Les migrations vers le monde extérieur. Les insulaires du Pacifique, en particulier ceux des îles les plus densément peuplées, tendent à migrer vers des horizons plus ou moins lointains où les perspectives d'emploi sont meilleures. C'est ainsi que de nombreux habitants des îles Cook, de Niue, des Tonga et des Samoa sont partis s'installer en Nouvelle-Zélande, notamment à Auckland. De même, des Samoans orientaux et, depuis la politique de limitation des entrées par la Nouvelle-Zélande, occidentaux, sont allés s'installer aux Hawaii et, au-delà, en Californie où ils constituent des communautés qui conservent souvent des liens étroits avec leurs îles d'origine. Des habitants des territoires d'outre-mer français s'établissent en métropole. Il est vrai que, en sens inverse, l'immigration est loin d'être négligeable : le meilleur exemple en est les Hawaii où, depuis la libéralisation de la législation américaine sur l'immigration notamment, Philippins surtout, mais aussi réfugiés vietnamiens, chinois et même coréens ont afflué au rythme de plus de 8 000 par an. Dans les T.O.M. français, comme dans une certaine mesure aux Hawaii, des dispositions financières et fiscales très favorables (indexation des salaires et des retraites) ont attiré notamment des retraités dont l'apport est censé dynamiser les économies insulaires.

Les transformations de la vie rurale

Là encore, on ne peut qu'être frappé par la diversité des situations suivant les archipels. Dans bon nombre d'entre eux, la population rurale reste très largement prépondérante : 86,6 p. 100 du total en Papouasie - Nouvelle-Guinée en 2005, 83,5 p. 100 aux Salomon, 77,7 p. 100 aux Samoa. C'est que l'agriculture vivrière y emploie encore la majorité de la population. Presque partout, les cultures de base sont les racines et les tubercules : igname, taro, patate douce et, d'introduction plus récente mais en plein développement, manioc. Toutes sont des plantes généreuses qui ont des rendements élevés et n'exigent donc la mise en culture que de petites surfaces. Il s'y adjoint le bananier, le palmier sagoutier en Nouvelle-Guinée, le pandanus particulièrement utilisé dans les atolls, l'arbre à pain et surtout le cocotier, partout présent dans les régions littorales et dont l'importance est essentielle pour les atolls. En complément figurent la canne à sucre, le maïs et aussi le tabac, un genre de poivrier qui donne dans nombre d'archipels la boisson des fêtes et cérémonies traditionnelles (kava) et, en Mélanésie occidentale, le bétel. Cette agriculture indigène reste un peu sommaire (cultures itinérantes sur défrichements forestiers temporaires) là où la pression démographique est la plus faible. Mais elle a su évoluer ailleurs vers des formes beaucoup plus élaborées, avec la construction de grands billons pour les ignames, de véritables casiers inondables pour le taro, voire de terrasses sur les pentes, et présente souvent une véritable organisation de l'espace en terroirs différenciés (Samoa). Enfin, les montagnards de Nouvelle-Guinée ont constitué en altitude (de 1 500 à 2 500 m) de beaux paysages de bocage où ils cultivent notamment la patate douce et élèvent des porcs.

La classique concentration des villages indigènes en position littorale est liée pour une bonne part au rôle de la petite pêche dans le lagon et autour du récif-barrière. Celle-ci fournit en effet un complément en protéines important. L'élevage traditionnel est limité aux volailles et surtout aux porcs, sacrifiés en grande quantité en Mélanésie au moment des fêtes rituelles. La seule Papouasie - Nouvelle-Guinée en compterait deux millions environ. Il s'y ajoute parfois quelques bovins élevés sous les cocotiers. Au total, l'alimentation est en général suffisante en quantité et assez variée, et l'Océanie insulaire n'est pas un domaine de la faim, sauf en cas de catastrophe climatique.

Les horizons de l'agriculture indigène se sont singulièrement élargis avec l'introduction par les Européens de cultures nouvelles à vocation commerciale qui ont été insérées dans les systèmes traditionnels. Le café était ainsi devenu la ressource essentielle des réserves mélanésiennes de Nouvelle-Calédonie, mais il ne compte plus guère aujourd'hui. Dans les années 1980, le café s'est considérablement développé dans les hautes terres de Papouasie - Nouvelle-Guinée, dont il constitue la première ressource agricole exportée (60 000 tonnes, 22e rang mondial en 2005). Surtout, un certain nombre de cultures vivrières sont devenues en même temps productions pour le commerce national (ravitaillement des villes) et international : bananes des Samoa et des Fidji pour l'Australie et la Nouvelle-Zélande, et un peu partout coprah exporté vers les pays industrialisés pour la fabrication du savon et de la margarine, et qui donne le gros des ressources monétaires de nombreuses communautés villageoises.

Mais le coprah n'est pas fourni que par les paysans indigènes, car il existe aussi de grandes cocoteraies exploitées par de puissantes sociétés privées (Levers aux Salomon, aujourd'hui associée à l'État) ou par les États eux-mêmes (Western Samoa Trust Estate Corporation aux Samoa, issue de la nationalisation des plantations allemandes après la guerre de 1914-1918). Les principaux producteurs de coprah dans le Pacifique sont la Papouasie - Nouvelle-Guinée (110 000 t), le Vanuatu, les Salomon, la Micronésie, les Fidji, les Samoa et les Tonga, mais ils ne pèsent guère face à l'Indonésie et aux Philippines. Il s'y ajoute de grandes plantations de palmier à huile en Nouvelle-Guinée (350 000 t) et aux Salomon (38 000 t). En Polynésie française, l'importance des ressources monétaires disponibles par ailleurs a conduit à un quasi-abandon de l'exploitation des cocoteraies, sauf peut-être aux Tuamotu... où elles ont été ravagées par les cyclones de 1982-1983.

Une part considérable des exportations agricoles des archipels océaniens est fournie en fait par de grandes plantations. C'est le cas du cacao (42 500 t en Papouasie - Nouvelle-Guinée en 2005, localisées surtout en Nouvelle-Bretagne), et surtout de la canne à sucre, produite aux Fidji et aux Hawaii. Aux Fidji, la Colonial Sugar Refining australienne qui avait le monopole de la production sucrière a revendu, après l'indépendance, tous ses avoirs à l'État fidjien qui a maintenu le système mis en place dans les années 1920 : la canne est cultivée dans de petites exploitations familiales, par des Indiens descendant des premiers immigrants, la terre restant propriété de la Fiji Sugar Corporation qui contrôle les sucreries et fournit un encadrement technique aux petits planteurs. De petits planteurs indiens louent aussi des terres à des Mélanésiens qui, dans le contexte de tensions interethniques, sont de plus en plus réticents pour renouveler leurs baux. Au total, Fidji produit aujourd'hui en moyenne plus de 330 000 tonnes de sucre vendu jusqu'au milieu des années 2000 à un prix très intéressant à l'Union européenne (U.E.) dans le cadre des accords A.C.P. Mais la réforme de l'organisation du marché du sucre, imposée à l'U.E. par l'O.M.C., va se traduire par un alignement du prix offert aux pays A.C.P. sur les cours mondiaux.

Fidji, transport de canne à sucre

photographie : Fidji, transport de canne à sucre

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Transport d'un chargement de canne à sucre, à Viti Levu, la plus grande des îles Fidji. 

Crédits : S. Chester/ Comstock

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Aux Hawaii, les plantations de canne à sucre ont connu, à partir de la signature du traité de réciprocité avec les États-Unis (1876) puis de l'annexion par ceux-ci (1898), un essor impressionnant qui a amené l'archipel à une production d'un million de tonnes de sucre brut dès le début des années 1930. Mais, depuis la Seconde Guerre mondiale, elles se sont totalement transformées pour devenir d'énormes exploitations intégralement mécanisées afin de réduire les frais d'une main-d'œuvre devenue exorbitante. Malgré cette mutation, les plantations sucrières, totalement intégrées à de grands groupes multinationaux, ont disparu les unes après les autres, faute de rentabilité et malgré les niveaux techniques les plus performants. Il n'en subsiste plus que deux au milieu des années 2000, une très grande à Maui et une plus petite à Kauai, pour une production qui est tombée au-dessous de 300 000 tonnes, contre 900 000 au début des années 1980 et 600 000 en 1994. Pour l'ananas, l'évolution a été encore moins favorable : alors que les Hawaii ont conservé un quasi-monopole mondial de production des conserves d'ananas jusque dans les années 1950, le développement d'une puissante concurrence (pays du Sud-Est asiatique) et la hausse vertigineuse des salaires sur place ont contraint les grandes sociétés continentales (Libby's, Del Monte...) à abandonner les Hawaii et à investir par exemple aux Philippines et en Thaïlande. Une reconversion très partielle vers la production d'ananas frais – soit vendus aux touristes, soit expédiés par avion sur le marché américain – n'a pas empêché la disparition d'une grande partie des puissantes plantations, par exemple de l'ouest de Molokai ou encore de l'île de Lanai, qui fut la plus grande plantation d'ananas du monde, possédée par la firme Dole, et qui se reconvertit totalement aujourd'hui dans le tourisme et la résidence de grand luxe.

D'autres cultures destinées à l'exportation (noix de macadamia en grandes plantations, papayes et fleurs tropicales en petites exploitations tenues par des descendants d'Asiatiques) ou au marché local (légumes) et quelques grands ranchs ne constituent que des ressources secondaires par comparaison avec les grandes activités tertiaires qui font aujourd'hui la prospérité de l'archipel.

L'élevage bovin extensif est pratiqué aux Samoa, aux Fidji, au Vanuatu et en Papouasie sous les cocotiers des grandes plantations. En Nouvelle-Calédonie, les ranchs « à l'australienne » de la façade ouest, longtemps peu performants, ont dû abandonner de vastes territoires fonciers dans le cadre de la redistribution des terres au profit des Mélanésiens.

Enfin, dernière ressource dans les grandes îles montagneuses et peu peuplées du sud-ouest du Pacifique : la forêt, exploitée commercialement au Vanuatu, aux Salomon et en Nouvelle-Guinée surtout qui présente d'importantes possibilités en ce domaine. Parfois anarchique et destructrice sous l'égide de grosses sociétés de Taïwan ou de Malaisie (aux Salomon et en Papouasie - Nouvelle-Guinée), la mise en valeur de cette richesse est aujourd'hui de plus en plus rationnelle, avec reboisement systématique des coupes et boisement d'espaces en friche (pins caraïbes en Nouvelle-Calédonie et aux Fidji).

Au total, l'agriculture des îles d'Océanie connaît des difficultés dans la mesure où les plantations et plus généralement les cultures commerciales sont soumises aux fluctuations des cours internationaux sans que leur production soit suffisante pour peser sur ceux-ci. Pour le coprah, par exemple, le prix était à l'indice 149,6 en 1999, 100 (indice de référence) en 2000, 63,3 en 2001, pour remonter ensuite à 145 en 2006. Quant aux cultures vivrières, elles ont tendance à reculer rapidement, notamment dans les archipels dont le niveau de vie s'élève. Les gouvernements s'efforcent de faire face en développant par exemple une culture du riz en grandes exploitations mécanisées (plaine de la Rewa à Viti Levu aux Fidji, plaine nord de Guadalcanal aux Salomon). Mais bien souvent le déclin des cultures vivrières se traduit par une augmentation des importations qui déséquilibre la balance commerciale.

La pêche, une ressource d'avenir

Les populations indigènes associent traditionnellement l'agriculture et la petite pêche dans le lagon et autour du récif-barrière, là où il y a une vie importante, tandis que les eaux bleues du plein océan aux latitudes tropicales sont finalement très pauvres. Cela fournit un complément alimentaire important et, occasionnellement, du poisson frais à vendre. Il s'y ajoute l'apport de quelques pêcheurs professionnels (petits bateaux palangriers à Papeete ou à Nouméa, par exemple) et le poisson capturé par les plaisanciers et les amateurs. Néanmoins, depuis quelques années, on assiste dans nombre d'États et de territoires océaniens à un développement non négligeable de la pêche industrielle du thon, en Papouasie - Nouvelle-Guinée notamment (223 650 t en 2005), au Vanuatu (85 000 t), et dans une moindre mesure aux îles Marshall (56 100 t), dans les États fédérés de Micronésie (27 000 t) et aux Salomon (24 150 t). Cela correspond en général à l'armement de quelques navires senneurs à fort rendement par comparaison avec les petits palangriers qui continuent à fournir l'essentiel des apports aux Fidji, à Hawaii, au Kiribati, en Polynésie française, en Nouvelle-Calédonie, ou encore aux Samoa et aux Tonga.

En fait, l'essentiel des pêches thonières dans le Pacifique est réalisé non pas par les États insulaires océaniens, mais par les grands États riverains, surtout asiatiques (par ordre d'importance, en 2002, Japon, Taïwan, Indonésie, Corée et Philippines, loin devant le Mexique et les États-Unis). Comme les petits États océaniens disposent, grâce au nouveau droit de la mer (1982), d'immenses zones économiques exclusives (Z.E.E.) qu'ils n'ont pas les moyens techniques et économiques d'exploiter, ils monnaient leurs droits auprès des grands pays spécialisés dans ce type d'activité. Dès les années 1950, les Japonais avaient obtenu le droit d'implanter des bases de pêche dans certains archipels comme les Nouvelles-Hébrides (Santo) et les Fidji (Levuka), et plus tard avec Salomon (Tulagi, Noro). Le poisson pêché par des flottilles de thoniers attachés à ces bases y était débarqué, congelé, stocké et transporté par cargos congélateurs jusqu'au Japon. Les Américains avaient également installé à Pago-Pago (Samoa américaines) deux grandes usines de conserves appartenant aux puissants groupes Van Camp et Star Kist, usines ravitaillées par des thoniers japonais d'abord, coréens et taïwanais ensuite. L'intérêt de cette implantation est bien sûr le libre accès au marché américain.

Ainsi, les droits de pêche du thon (l'espèce la plus capturée dans le monde, 4 millions de tonnes, dont 65 p. 100 dans le Pacifique, 25 p. 100 dans l'océan Indien et 9 p. 100 dans l'Atlantique) constituent un enjeu considérable pour les petits États océaniens et un élément de rivalité entre les grandes puissances. Au-delà des îles elles-mêmes et de l'exploitation de leur Z.E.E. se pose la question des ressources halieutiques de l'ensemble du Pacifique sud, menacées par le rapide essor de l'usage dévastateur des chaluts de fond. La conférence de Renaca (Chili, mai 2007) a amorcé une interdiction générale de cette pratique malgré l'opposition des Russes.

Enfin, on s'oriente de plus en plus vers une exploitation rationnelle de la mer par le développement d'élevages marins, par exemple des crevettes aux Hawaii ou des huîtres perlières aux Tuamotu (perles noires) et aux Gambier.

Huître et sa perle

photographie : Huître et sa perle

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Une huître perlière de l'archipel des îles Tuamotu, en Polynésie française. 

Crédits : Bruno Barbier/ Getty Images

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La faiblesse des mines et de l'industrie

Il n'y a que relativement peu de ressources minières en Océanie insulaire, exception faite de la Papouasie - Nouvelle-Guinée et de la Nouvelle-Calédonie. Il faut mettre à part le cas du petit atoll soulevé de Nauru (21 km2) avec son très riche gisement de phosphates qui lui permit de devenir, dès 1968, le plus petit État indépendant du monde. Entre 1968 et 2001, 43 millions de tonnes de phosphates, valant 2,1 milliards d'euros, ont été extraits de l'île, laissant un environnement dévasté lorsque la ressource a été épuisée. Mais une gestion calamiteuse de ces capitaux énormes a conduit l'île à la banqueroute, la compagnie aérienne nationale Air Nauru à la quasi-faillite, et le gouvernement à des expédients, comme l'accueil de centaines d'établissements financiers se chargeant du recyclage massif d'argent sale en provenance notamment des mafias russes. Rappelons que d'autres gisements de phosphates avaient déjà été épuisés à Océan (Kiribati) et plus anciennement, à Makatea (Polynésie française).

La Papouasie - Nouvelle-Guinée a des ressources minières considérables (25 p. 100 du P.I.B.), d'abord avec les gisements de cuivre de l'île de Bougainville, dont l'exploitation a été fortement perturbée depuis les années 1980 par l'insurrection indépendantiste, ensuite avec le grand gisement d'or et de cuivre d'Ok Tedi, dans la cordillère centrale de Nouvelle-Guinée, près de la frontière de la Papouasie (Irian Jaya) ; d'importants capitaux internationaux (Australie) s'y sont investis, malgré les difficultés d'accès et les problèmes de sécurité. En 2004, la Papouasie - Nouvelle-Guinée a produit 173 000 tonnes de cuivre (15e rang mondial), 73 tonnes d'or (10e rang mondial) et 74 tonnes d'argent. Mais les perspectives d'avenir apparaissent prometteuses également dans le secteur du pétrole et, surtout, du gaz naturel. De gros gisements ont été découverts dans les Southern Highlands (Iagifu pour le pétrole, réserves de gaz de 430 milliards de mètres cubes), d'où le projet de construire un gazoduc de 4 000 kilomètres de longueur vers le nord-est de l'Australie.

Les richesses minières de la Nouvelle-Calédonie sont connues et exploitées depuis la fin du xixe siècle (création de la Société Le Nickel, S.L.N.). Si aujourd'hui on n'exploite plus les minerais de chrome, de manganèse et de fer, en revanche le nickel (5e producteur mondial, 4e pour les réserves) fournit 95 p. 100 des exportations du territoire. Il est soit exporté sous forme de minerais, soit traité dans l'usine de Doniambo à Nouméa par le groupe français Eramet (S.L.N.). Compte tenu de la flambée actuelle des cours (indice 100 en 2000, 172,1 en 2006), de très grands projets sont en cours dans un contexte où politique et économie se mêlent étroitement. Le groupe canadien Inco, leader mondial, construit une unité d'exploitation à Goro dans le sud de l'île. Mais surtout l'État français prévoit de subventionner massivement un autre groupe canadien, Falconbridge, pour la construction d'une deuxième grande usine dans le nord de l'île afin de rééquilibrer le territoire en faveur des indépendantistes de la province Nord, en leur attribuant le très riche massif minier de Koniambo. La situation devient plus complexe encore avec le rachat en 2006 de Falconbridge par le groupe suisse Xstrata, et Eramet ne désespère pas de récupérer finalement tout ou partie de Koniambo et de l'usine du Nord.

Il ne faudrait pas oublier enfin les potentialités que représentent les gisements de nodules polymétalliques du fond de l'océan. L'exploitation de ceux-ci n'est cependant pas encore économiquement rentable faute de techniques appropriées et de cours des métaux assez incitatifs.

Les activités industrielles n'ont qu'un faible développement en Océanie insulaire, faute de matières premières, faute aussi de sources d'énergie. Les possibilités hydroélectriques sont modestes (barrage de Yaté alimentant en partie l'usine de Doniambo en Nouvelle-Calédonie), il n'y a guère de pétrole et de gaz naturel (sauf en Nouvelle-Guinée), les énergies nouvelles (éolienne, solaire) n'offrent que des perspectives d'avenir restreintes. Les deux raffineries de pétrole implantées à Honolulu travaillent du brut indonésien pour satisfaire les besoins considérables d'une population à très haut niveau de vie augmentée du flot des touristes. Ces besoins justifient aussi l'installation d'usines de produits alimentaires, de boissons, d'impression de textiles, etc. Mais, dans les autres archipels, le marché est beaucoup trop exigu et l'industrie embryonnaire. Une seule exception, les Fidji, où, à l'exemple peut-être de l'île Maurice, des usines de transformation à vocation exportatrice (textiles) ont commencé à se créer dans les années 1990 sur des zones franches bénéficiant de quotas d'exportation vers les États-Unis. L'abandon de ce système en 2005 a entraîné la perte de plusieurs milliers d'emplois.

L'essor du transport aérien et le rôle croissant du tourisme

L'isolement des îles né de leur dispersion dans les immensités du Grand Océan est aujourd'hui considérablement réduit par le développement de l'aviation, et notamment de l'aviation à réaction, avec d'abord la génération des Boeing 707 au tout début des années 1960, puis celle des Jumbo-Jet (Boeing 747, DC 10) dans les années 1970. Certes, l'allongement des rayons d'action permet la traversée du Pacifique sans escale, et certaines petites îles, qui ont joué un temps un rôle de relais sur les grandes routes aériennes, sont de ce fait retombées dans l'oubli (Wake au centre du Pacifique nord). Mais les grands archipels ont été dotés d'aéroports internationaux capables d'accueillir les plus gros avions : c'est le cas bien sûr des Hawaii avec Honolulu (20 millions de passagers, un des vingt plus grands aéroports des États-Unis) mais aussi Hilo et Kahului, des Fidji (Nandi), de Tahiti (Faaa, 1961), de la Nouvelle-Calédonie (La Tontouta), et même, pour des raisons de souveraineté, de l'île de Pâques (1968) ou de Pago Pago (Samoa américaines). Il ne faut que quelques heures pour atteindre à partir de ces aéroports n'importe quelle grande métropole de la périphérie du monde Pacifique, et moins de vingt-quatre heures pour aller de Paris à Nouméa, presque exactement aux antipodes.

L'avion a permis en outre, par la multiplication des lignes intérieures et des lignes régionales, de rompre l'isolement des archipels et des îles marginales par rapport aux grands axes du transport aérien. C'est ainsi qu'en Polynésie française les îles de la Société (Moorea, Raiatea, Bora Bora) mais aussi les Tuamotu, les Marquises, les Gambier, les Australes sont reliées régulièrement à Papeete par avion. C'est vrai aussi pour la Nouvelle-Calédonie, les Fidji et, à une échelle beaucoup plus impressionnante, pour les Hawaii où plusieurs compagnies (Aloha, Hawaiian...) se partagent un trafic considérable entre les îles. Certains États entretiennent d'ailleurs des compagnies nationales qui non seulement assurent le trafic intérieur, mais aussi des liaisons avec les archipels voisins, voire les pays riverains du Pacifique (Air Pacific de Fidji). Cette ouverture sur l'extérieur grâce à l'avion a facilité les migrations des Océaniens et inversement a permis l'essor du tourisme dans les îles et archipels d'accès facile.

Bora Bora, Polynésie française

photographie : Bora Bora, Polynésie française

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Bora Bora, piton volcanique situé dans les îles de la Société, est entouré d'une vaste couronne de récifs (Polynésie française). 

Crédits : Chad Ehlers/ Photographer's choice/ Getty Images

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En fait, le tourisme est aujourd'hui concentré sur un petit nombre de points et laisse de côté une bonne partie des espaces insulaires jugés moins intéressants et plus ou moins protégés parfois par la politique de certains États ne souhaitant pas dénaturer leurs paysages et leurs genres de vie traditionnels par un afflux incontrôlé de touristes.

La Papouasie, les Salomon, le Kiribati ne reçoivent chacun que quelques milliers de touristes, ce qui ne représente par exemple qu'à peine 0,7 p. 100 du P.N.B. de la Papouasie - Nouvelle-Guinée, handicapée il est vrai dans ce domaine par les troubles politiques de Bougainville et par l'insécurité régnant à Port Moresby. D'autres pays ont une activité touristique un peu plus soutenue, comme le Vanuatu, les Tonga (qui profitent de la relative proximité de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande pour accueillir de nombreux navires de croisière), les Samoa (92 000 visiteurs, 16 p. 100 du P.N.B. en 2003) et même la Nouvelle-Calédonie (autour de 100 000 visiteurs par an entre 2000 et 2004). À Tahiti et dans les îles proches (Moorea, Bora Bora), le poids du tourisme est déjà beaucoup plus important (3 500 chambres, 213 000 touristes) de même qu'à Guam (plus d'un million de touristes, japonais pour les trois quarts) et aux Fidji (6 000 chambres et 400 000 visiteurs au début des années 2000). Tout cela il est vrai paraît modeste face au gigantisme de l'activité touristique aux Hawaii, où les 72 600 chambres, dont 36 000 à Oahu, c'est-à-dire pour l'essentiel à Waikiki, ont accueilli en 2005 pas moins de 7 000 000 de visiteurs qui ont dépensé... 10,9 milliards de dollars, plus que le P.N.B. réuni des quatre États du Sahel africain – Mali, Niger, Tchad et Mauritanie. Avec Waikiki, bien sûr, mais aussi avec les grands complexes touristiques situés dans les îles autres qu'Oahu (Lahaina-Kaanapali et Kihei à Maui, Kona à Hawaii...), les Hawaii sont devenues un haut lieu du tourisme mondial, accueillant des Américains des quarante-neuf autres États (70 p. 100 au total), mais aussi plus de 1 500 000 Japonais et des centaines de milliers de Canadiens, d'Australiens (2004)... La clientèle japonaise se plait particulièrement dans l'énorme complexe touristique de Waïkiki où elle retrouve l'image de l'Amérique et le luxe commercial qu'elle recherche. Bon nombre d'Américains du « mainland » préfèrent les îles autres qu'Oahu, moins encombrées et plus « authentiques ». En liaison avec le tourisme, ces autres îles deviennent aussi des lieux d'implantation privilégiés de lotissements de luxe achetés par des retraités venus du Continent, à l'image de la Floride par exemple. Les Hawaii perdraient-elles peu à peu leur qualité d'« îles des mers du Sud » ?

Papouasie-Nouvelle-Guinée, 1998 : cessez-le-feu à Bougainville

photographie : Papouasie-Nouvelle-Guinée, 1998 : cessez-le-feu à Bougainville

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1998 confirme la fin du conflit opposant depuis 1990 les rebelles sécessionnistes de l'île de Bougainville aux autorités de Port Moresby. 

Crédits : PA Photos

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Fragilité économique et marginalisation géopolitique

Les États et Territoires insulaires du Pacifique comportent, pour la plupart d'entre eux, des facteurs de faiblesse qui font parfois s'interroger sur leur viabilité même. Certains (Nauru, Tuvalu) sont minuscules et paraissent menacés dans leur existence même par la modeste montée des eaux (atolls du Tuvalu). Presque tous sont trop petits et trop isolés pour constituer de véritables foyers de production et de consommation, et dans bien des cas, leurs ressources sont très insuffisantes pour compenser les nécessaires importations. Si la Papouasie - Nouvelle-Guinée a un commerce extérieur excédentaire, et si les Salomon approchent de l'équilibre, les autres ont un taux de couverture très déficitaire : 58 p. 100 pour la balance commerciale des Fidji ; 33 p. 100 pour le Vanuatu ; 32 p. 100 pour les Tonga ; et seulement 26 p. 100 pour la Polynésie française malgré la perle noire.

Ce déséquilibre peut être, il est vrai, compensé en partie par des activités de service comme le tourisme, l'attrait de paradis fiscal (îles Cook, Nauru) ou l'importance du rôle stratégique : Guam abrite ainsi 25 000 militaires américains, et les Hawaii 60 000, plus 60 000 membres de leurs familles dans l'énorme complexe d'Oahu centré sur Pearl Harbor, ce qui représente un apport annuel de plus de 3 milliards de dollars à l'économie de l'archipel. En Polynésie française, le centre d'expérimentation du Pacifique (Mururoa) a été l'un des grands pourvoyeurs de l'économie du territoire jusqu'à la décision du 7 avril 1992 d'interrompre les essais nucléaires, temporairement repris en 1995 et définitivement soldés en 1996 au prix d'une longue et coûteuse indemnisation accordée par l'État français au territoire.

Enfin, les économies insulaires sont pour la plupart très largement soutenues par des aides ou transferts extérieurs. C'est vrai des entités rattachées à une grande puissance : les transferts représentent ainsi environ 80 p. 100 du P.N.B. des Samoa américaines, 70 p. 100 de celui de la Polynésie française, 50 p. 100 de celui de la Nouvelle-Calédonie. Mais des États « indépendants » n'échappent pas à cette dépendance : les aides, qu'elles proviennent d'organismes internationaux (F.A.O., Banque mondiale, Union européenne, Asian Development Bank) ou d'accords bilatéraux avec d'anciennes puissances colonisatrices ou de grandes puissances « régionales », comptent pour une part appréciable du P.N.B. du Vanuatu comme des Samoa. Il s'y ajoute parfois les transferts de fonds effectués par des émigrants installés outre-mer : les Samoa reçoivent ainsi 25 p. 100 de leur P.N.B. des communautés samoanes établies en Nouvelle-Zélande ou aux États-Unis, et les îles Cook ou encore le T.O.M. de Wallis-et-Futuna bénéficient d'importants apports de ce type (Wallisiens installés en Nouvelle-Calédonie).

Au total, ces petites entités insulaires jouissent donc de soutiens internationaux en proportion beaucoup plus importants que les États continentaux en développement. Cela est dû à leur petite taille qui permet des actions efficaces à des coûts limités, et aussi à leur position stratégique qui leur a valu une attention toute particulière de la part des grandes puissances riveraines du Pacifique, et leur a permis parfois de pratiquer une politique de surenchère vis-à-vis des éventuels fournisseurs d'aide.

Il est vrai que, depuis l'effondrement de l'U.R.S.S et l'affaiblissement de la compétition géopolitique qui en a résulté, l'intérêt stratégique de ces petits mondes insulaires a sensiblement diminué et qu'ils risquent ainsi de se retrouver quelque peu marginalisés face aux nouvelles concurrences de style plus économique que militaire qui se développent dans le bassin pacifique.

Bien d'autres facteurs pèsent sur l'avenir des petits États océaniens, à commencer par la menace d'éclatement du plus grand d'entre eux par la taille et la population, la Papouasie - Nouvelle-Guinée, qui doit faire face à la tentation sécessionniste de l'île de Bougainville. D'autres sont minés par des antagonismes ethniques plus ou moins irréductibles (Fidji, Salomon, Nouvelle-Calédonie). Presque tous sont affectés par des pratiques de clientélisme et de corruption, et cette mal-gouvernance est génératrice d'impuissance et d'insécurité, comme on le voit en Papouasie - Nouvelle-Guinée, aux Salomon ou même au Vanuatu.

Finalement, les « terres heureuses » de l'aire océanienne sont peut-être celles qui sont intégrées ou étroitement associées à une puissance extérieure qui leur garantit un haut niveau de vie et la sécurité, tout en leur laissant une très large autonomie. On comprend facilement par exemple l'attachement d'un archipel comme Wallis-et-Futuna pour un statut territorial qui assure la pérennité des trois royaumes (un à Wallis, deux à Futuna) et reconnaît la valeur des pratiques coutumières tout en apportant un solide soutien financier.

Devant le risque de pulvérisation géopolitique de ce monde des îles, les grandes nations riveraines du Pacifique et les anciennes puissances coloniales ont favorisé la création d'organismes régionaux comme la Commission du Pacifique sud devenue « communauté du Pacifique » et installée à Nouméa depuis 1947, ou le Forum du Pacifique sud et son bureau de coopération économique (y compris un office de pêche implanté en 1986 à Honiara, Salomon), ou encore l'université du Pacifique sud, localisée à Suva (Fidji) mais regroupant onze États et avec laquelle rivalisent les deux universités françaises de Polynésie et de Nouvelle-Calédonie. Si certains États se sentent liés par une certaine solidarité ethnique (États mélanésiens aujourd'hui, peut-être monde polynésien demain), les éléments de diversité l'emportent encore de beaucoup sur les facteurs d'unité dans l'Océanie insulaire.

—  Christian HUETZ DE LEMPS

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Les langues d'Océanie ne sont pour l'essentiel que la subdivision orientale de l'ensemble linguistique le plus étendu à la surface du globe : l'austronésien (AN). L'austronésien-nord est représenté par Taiwan, l'austronésien-ouest regroupe le malais, les langues des Philippines, de Madagascar et la plupart des langues d'Indonésie. L'originalité la plus évidente de la famille océanienne est son ext […] Lire la suite

OCÉANIE - Les arts

  • Écrit par 
  • Jean GUIART
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De tous les arts improprement dits « sauvages », parce qu'ils échappent aux canons esthétiques ressassés en Occident, les arts d'Océanie offrent la plus grande variété, tant du point de vue de la forme que de celui de la couleur. À la multiplicité des expériences humaines tentées sur le plan des institutions comme sur celui des structures répond celle du jeu de la lumière, des volumes présents ou […] Lire la suite

ASIE (Géographie humaine et régionale) - Espaces et sociétés

  • Écrit par 
  • Philippe PELLETIER
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Dans le chapitre « Mots, limites et chevauchements  »  : […] Asie désigne habituellement un ensemble de terres situées à l'est de l'Europe. Sa délimitation varie selon les auteurs, les critères scientifiques et les surdéterminations géopolitiques. Elle est marquée par son origine européenne qui ne correspond pas aux conceptions locales traditionnelles. Ce problème géographique crucial implique l'appartenance des individus, des sociétés et des pays à une rég […] Lire la suite

AUSTRALIE

  • Écrit par 
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  • Bastien BOSA, 
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  • Harold James FRITH, 
  • Yves FUCHS, 
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Dans le chapitre « La population australienne, les potentialités et handicaps du pays »  : […] Le Commonwealth d'Australie, nom officiel du pays, est une fédération de six États et de deux Territoires, chronologiquement constitués entre 1788 et 1911 : la Nouvelle-Galles du Sud (6,8 millions d'habitants en 2006), l'Australie-Occidentale (2,05 millions), l'Australie-Méridionale (1,55 million), le Victoria (5,1 millions), le Queensland (4,05 millions), la Tasmanie (500 000), le Territo […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Christian HUETZ DE LEMPS, « OCÉANIE - Géographie humaine », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 mai 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/oceanie-geographie-humaine/