STOÏCISME

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Contrairement à la plupart des doctrines philosophiques, le stoïcisme ne tire son nom ni de celui de son fondateur, comme le platonisme, ni de celui de son concept central, comme l'existentialisme, mais simplement de celui de l'endroit où sa voix s'est fait entendre pour la première fois : c'est au Portique des peintures, à la Stoa poikilè, à Athènes, que les premiers stoïciens donnèrent leur enseignement. En conservant ce nom, leurs successeurs, qui forment l'une des écoles les plus vigoureuses de l'Antiquité, témoignèrent à leur façon d'une fidélité qui ne s'adressait pas à la littéralité d'un catéchisme ou au prestige d'une personnalité supérieure, mais à l'esprit d'un lieu et à la tradition d'un style de pensée et de vie. Le stoïcisme, de Zénon à Marc Aurèle, est une longue création continuée ; chacun de ceux qui s'en réclament le revit et le reformule selon son génie propre, tout en s'insérant dans une lignée doctrinale.

Ce double aspect de la tradition stoïcienne explique aussi que cette philosophie partage avec celle de Platon le curieux privilège d'avoir donné naissance à deux adjectifs distincts : « stoïcien » et « stoïque ». Le stoïcisme est, en effet, la conjonction d'une doctrine complexe, hautement technique, et d'un style de vie parfaitement identifiable en dehors de toute référence doctrinale. À la relative indépendance de ces deux éléments est due, sans doute, l'extraordinaire influence que le stoïcisme a exercée dans la tradition morale de l'Occident, où il a fini par symboliser l'essentiel de ce qu'on entend communément par « philosophie ».

La longue histoire du stoïcisme s'étend sur près de six siècles. On la divise ordinairement en trois périodes : le stoïcisme ancien, avec les fondateurs, Zénon, Cléanthe, [...]


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Pour citer l’article

Jacques BRUNSCHWIG, Urs EGLI, « STOÏCISME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/stoicisme/