SÉNÈQUE (-4-65)

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Lucius Annaeus Seneca, homme d'État, philosophe stoïcien, auteur de tragédies, précepteur de prince, représente, par la variété même des aspects de son activité, une des figures les plus intéressantes de l'époque impériale. Son œuvre de moraliste a exercé une influence capitale sur la formation de la pensée occidentale. Elle enthousiasma le Moyen Âge et la Renaissance, tout spécialement Montaigne. Dans le monde moderne, l'intérêt pour la morale de Sénèque a beaucoup diminué, mais, avec les progrès des méthodes historiques et philologiques, son œuvre apparaît de plus en plus comme une source précieuse pour la connaissance des courants philosophiques de l'époque hellénistique et impériale.

Sénèque, Juste de Gand

Sénèque, Juste de Gand

photographie

JUSTE DE GAND, Sénèque, huile sur bois. Musée du Louvre, Paris. 

Crédits : Erich Lessing/ AKG

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Éléments biographiques

Né à Cordoue, Sénèque vint, encore assez jeune, à Rome, avec sa tante qui l'introduisit dans des cercles influents. Il commença très tôt à s'intéresser à la philosophie et il s'attacha à l'école plus ou moins stoïcisante des Sextii ainsi qu'au stoïcien Attalus. Après un long séjour en Égypte avec son oncle et sa tante, il obtint peu après son retour (31-32) une charge de questeur. L'empereur Claude l'exila en Corse (41) sous le prétexte qu'il aurait eu des relations adultères avec une sœur de Caligula, Julia Livilla. En fait, il semble bien que Sénèque ait été victime d'intrigues politiques. Agrippine, après son mariage avec l'empereur Claude, le fit rappeler d'exil (49) et lui confia l'éducation de son fils Néron, le futur empereur. Au moment de l'assassinat de Claude, Néron n'avait que dix-sept ans. Sénèque se trouva donc être, en tant que précepteur du jeune empereur, le véritable régent de l'Empire, avec le préfet de la garde, Burrus. Dans les premières années du règne de Néron, Sénèque put exercer une bonne influence sur son disciple, et les effets bienfaisants en furent ressentis dans l'ensemble de l'Empire. Mais, avec le temps, Néron échappa à la direction de son précepteur, et les difficultés s'accrurent. Après la mort de Burrus (62), qui fut probablement un assassinat, Sénèque se retira de la vie politique et se consacra exclusivement à la philosophie. Accusé d'avoir participé à la conspiration de Pison, il se suicida sur l'ordre de Néron.

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Pour citer l’article

Ilsetraut HADOT, « SÉNÈQUE (-4-65) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/seneque/