MARC AURÈLE (121-180)

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Buste de Marc Aurèle

Buste de Marc Aurèle
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Buste de Marc Aurèle

Buste de Marc Aurèle
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Marc Aurèle et ses légions

Marc Aurèle et ses légions
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Colonne de Marc-Aurèle, Rome

Colonne de Marc-Aurèle, Rome
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« Empereur » et « philosophe », une contradiction dans les termes ? On pourrait le croire en lisant les jugements de certains historiens modernes pour qui Marc Aurèle, empereur faible et médiocre, aurait trouvé dans la philosophie une diversion aux difficultés politiques qu'il avait du mal à affronter. Mais, en fait, depuis longtemps, l'idéal politique romain cherchait à réaliser l'union de la puissance et de la sagesse. Comme l'a écrit J. Gagé, « le Prince a vocation philosophique dès le début de l'Empire [...]. Un chemin logique mènera donc les empereurs au rôle pleinement philosophique d'un Marc Aurèle ». Mais il faut bien comprendre le mot « philosophie ». Pour les hommes de cette époque, la philosophie ne consiste pas en des spéculations abstraites, capables de faire « rêver » et de procurer une évasion, mais dans une discipline de vie qui engage toute l'existence. Un empereur philosophe, c'est tout simplement un empereur qui essaie d'agir raisonnablement. Tel fut Marc Aurèle.

Buste de Marc Aurèle

Buste de Marc Aurèle

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Buste de Marc Aurèle, IIe siècle après J.-C. Or, hauteur: 33,5 cm. Musée cantonal d'Archéologie et d'Histoire, Lausanne, Suisse. 

Crédits : A. De Gregorio/ De Agostini

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Une enfance paisible, un règne tourmenté

« Ce que j'admire le plus en lui, c'est que, dans des difficultés extraordinaires et hors du commun, il parvint à survivre et à sauver l'Empire. » Ce jugement de l'historien Dion Cassius est un des plus exacts qui aient été portés sur l'empereur philosophe. Dès l'instant où Marc Aurèle accède à la dignité impériale, en effet, les catastrophes naturelles, les difficultés militaires et politiques, les soucis et les deuils familiaux vont fondre sur lui et l'obliger à une lutte de tous les jours.

Né en 121, le futur Marc Aurèle, qui s'appelait alors Marcus Annius Verus, eut une enfance et une jeunesse que l'on peut qualifier de paisibles et d'heureuses. Après la mort de son père, survenue alors qu'il avait à peine trois ans, il avait été remarqué, protégé, favorisé par l'empereur Hadrien. Peu avant de mourir, en 138, celui-ci, pour assurer sa succession, adopta Antonin, l'oncle par alliance du futur Marc Aurèle, en lui demandant d'adopter à son tour ce dernier, ainsi que Lucius, fils de [...]


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ATHÈNES

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  • Guy BURGEL, 
  • Pierre LÉVÊQUE
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Dans le chapitre « Athènes romaine »  : […] iie siècle ses écoles de philosophie et d'éloquence. Marc Aurèle y crée en 176 quatre chaires de philosophie dont les titulaires sont rétribués par l'État. La vie de l'esprit y a repris un éclat qui semble rappeler celui de l'époque péricléenne et qu'Aulu-Gelle exalte dans ses Nuits attiques. Pausanias la visite et en […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/athenes/#i_40929

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Pour citer l’article

Pierre HADOT, « MARC AURÈLE (121-180) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 septembre 2017. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/marc-aurele/