SCIENCES ET PHILOSOPHIE

SCIENCES - Science et philosophie

  • Écrit par 
  • Alain BOUTOT
  •  • 17 642 mots
  •  • 6 médias

La science et la philosophie furent longtemps inséparables. Dans l'Antiquité, la philosophie représentait la science suprême, celle « des premiers principes et des premières causes ». Les autres sciences, et notamment la physique, recevaient d'elle leurs fondements. Cette alliance s'est trouvée brisée au xviie […] Lire la suite

TERRE ÂGE DE LA

  • Écrit par 
  • Pascal RICHET
  •  • 5 139 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « La force du raisonnement philosophique »  : […] Tout comme le jour et la nuit, les saisons, les années et les générations semblent se répéter inlassablement. D'un bout à l'autre de la Terre, il en résulta une conception du temps qu’on a qualifié de cyclique. Comme l’a résumé Mircea Eliade dans son classique Mythe de l’éternel retour (1949), « tout recommence à son début à chaque instant. Le passé n’est que la préfiguration du futur. Aucun évé […] Lire la suite

ALEMBERT JEAN LE ROND D' (1717-1783)

  • Écrit par 
  • Michel PATY
  •  • 2 878 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « La philosophie des sciences »  : […] En contrepoint à son œuvre scientifique et en relation avec elle, d'Alembert a développé une théorie de la connaissance influencée par Locke et le sensualisme de Condillac, mais centrée avant tout sur une épistémologie de la physique newtonienne. C'est à nos sensations que nous devons nos connaissances ; la première est la conscience d'exister, qui légitime l'exercice de la pensée, la deuxième es […] Lire la suite

ALTHUSSER LOUIS (1918-1990)

  • Écrit par 
  • Saül KARSZ, 
  • François MATHERON
  •  • 4 564 mots

Dans le chapitre « Science, idéologie, pratique sociale »  : […] On attribue souvent à Althusser le principe d'une séparation tranchée entre « science » et « idéologie ». Dans Pour Marx et Lire « Le Capital » , « science » désigne à la fois le projet marxiste de produire des connaissances objectives et l'inscription de ce projet dans le camp des sciences effectives. D'où l'insistance sur la rigueur des concepts, des méthodes et des objets, et l'accent mis sur […] Lire la suite

BACHELARD GASTON (1884-1962)

  • Écrit par 
  • Jean-Jacques WUNENBURGER
  •  • 3 479 mots
  •  • 1 média

L'œuvre du philosophe français Gaston Bachelard est dominée par deux thématiques bien distinctes, développées dans deux séries d’ouvrages aux références et aux lecteurs bien différents. Bachelard constitue de ce fait une figure singulière du paysage intellectuel français. Il échappe à toute simplification et se range malaisément dans une école de pensée. C'est bien cette singularité, mais aussi ce […] Lire la suite

BACON chancelier FRANCIS (1560 ou 1561-1626)

  • Écrit par 
  • Michèle LE DŒUFF
  •  • 2 167 mots
  •  • 1 média

La philosophie de Bacon représente une des grandes ruptures avec la scolastique. Après Thomas More et Montaigne, qu'il admire, avant Descartes qui le lira et reprendra plusieurs de ses idées, Bacon cherche à dégager la connaissance humaine de l'autorité accordée à Aristote par les universités : « Le savoir dérivé d'Aristote, s'il est soustrait au libre examen, ne montera pas plus haut que le sav […] Lire la suite

BERGSON HENRI (1859-1941)

  • Écrit par 
  • Camille PERNOT
  •  • 8 102 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Le procès de l'intelligence »  : […] L'expérience pure, si elle est possible, ne peut être qu'une expérience épurée. Bergson ne cesse d'attirer l'attention sur les confusions, les artifices et les illusions que comportent l'expérience courante et même certains types d'expérience tenus pour scientifiques et qui ne le sont que partiellement. Les prétendues données de ces expériences sont en fait des mixtes dans lesquels la réalité immé […] Lire la suite

BIOLOGISME

  • Écrit par 
  • Sébastien LEMERLE, 
  • Carole REYNAUD-PALIGOT
  •  • 2 767 mots

Le biologisme peut être défini comme une tendance à ramener l’explication des phénomènes humains, qu’ils soient psychologiques ou sociaux, à des facteurs biologiques. Cette manière de penser a une histoire étroitement liée à l’essor de la biologie moderne ainsi qu’à celui des premières tentatives de penser scientifiquement la société. Mais elle a aussi fortement partie liée avec les contextes de c […] Lire la suite

BRUNO GIORDANO (1548-1600)

  • Écrit par 
  • Jean SEIDENGART
  •  • 5 287 mots

Dans le chapitre « L'infinitisation de l'Univers »  : […] La révolution intellectuelle que G. Bruno tenta d'opérer pour repenser les rapports de l'infini et du fini n'est qu'un effort d'unification de la pensée, sans concession à quelque autorité que ce soit. Aristote avait fondé son finitisme cosmologique sur des arguments rationnels, mais aussi sur des données d' observation. C'est cet attachement aux évidences sensibles que dénonce Bruno. Non qu'il ré […] Lire la suite

BRUNSCHVICG LÉON (1869-1944)

  • Écrit par 
  • Françoise ARMENGAUD
  •  • 950 mots

Philosophe français, né à Paris, Léon Brunschvicg entre, en 1880, à l'École normale supérieure et suit à la Sorbonne les cours de Victor Brochard et d'Émile Boutroux. Sa thèse de doctorat a pour sujet et pour titre La Modalité du jugement (1892). Il fonde, en 1893, la Revue de métaphysique et de morale , avec Xavier Léon et Élie Halévy. Nommé professeur à la Sorbonne en 1909, il y enseigne pendant […] Lire la suite

CANGUILHEM GEORGES (1904-1995)

  • Écrit par 
  • François DELAPORTE
  •  • 2 192 mots
  •  • 1 média

L'œuvre de Georges Canguilhem se caractérise par une attention extrême portée, pendant près d'un demi-siècle, aux progrès contemporains des sciences biologique et médicale . La réflexion qu'il conduit est, pour l'essentiel, une analyse historique et critique des questions à portée générale comme le problème des rapports entre le normal et le pathologique. Il part de l'erreur pour poser le problèm […] Lire la suite

CARTÉSIANISME

  • Écrit par 
  • Pierre GUENANCIA
  •  • 1 862 mots

Dans le chapitre « Une pensée inaugurale »  : […] Quoique de taille relativement modeste, l'œuvre de Descartes s'étend à de très nombreux sujets. Elle a exercé une influence considérable sur la philosophie moderne et contemporaine dont elle est indiscutablement à l'origine, toutes tendances confondues. Car, à la différence des philosophies de ces trois derniers siècles, la philosophie cartésienne s'est engagée simultanément dans la voie de la phi […] Lire la suite

CARUS CARL GUSTAV (1789-1869)

  • Écrit par 
  • Paul-Henri BIDEAU
  •  • 973 mots

Issu d'une famille d'artisans aisés et cultivés de Leipzig, Carus, dès ses études achevées (1811), enseigne à l'Université l'anatomie comparée et se perfectionne en gynécologie, tout en poursuivant sa formation de peintre. Le typhus, contracté en soignant les blessés de la bataille de Leipzig, le laisse plusieurs jours entre la vie et la mort, événement qu'il décrit dans ses Souvenirs et pensées […] Lire la suite

CASSIRER ERNST (1874-1945)

  • Écrit par 
  • Gilbert DURAND
  •  • 2 345 mots

Dans le chapitre « Une symbolique des activités humaines »  : […] L'évolution de la pensée de Cassirer est inscrite dans cette biographie, surtout dans les différents volumes des principaux ouvrages d'un esprit universellement curieux : Le Problème de la connaissance dans la philosophie et la science contemporaines et La Philosophie des formes symboliques . On pourrait caractériser ainsi cette grande œuvre : en ce début du xx e  siècle, elle tente de substituer […] Lire la suite

CAUSALITÉ

  • Écrit par 
  • Raymond BOUDON, 
  • Marie GAUTIER, 
  • Bertrand SAINT-SERNIN
  •  • 12 999 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Questions métaphysiques »  : […] La causalité constitue un principe dont les philosophes de l'Antiquité ont donné plusieurs formulations. Platon l'énonce ainsi : « Tout ce qui naît naît nécessairement par l'action d'une cause » et précise : « car il est impossible que quoi que ce soit puisse naître sans cause » ( Timée , 28 a). Cette seconde proposition passe en maxime : «  Ex nihilo nihil fit  », que Descartes traduit : « de rie […] Lire la suite

CAVAILLÈS JEAN (1903-1944)

  • Écrit par 
  • Françoise ARMENGAUD
  •  • 444 mots

Philosophe et logicien français, professeur à l'École normale supérieure, à l'université de Strasbourg et à la Sorbonne. Pendant la Seconde Guerre mondiale, plusieurs fois prisonnier et évadé, il est l'un des premiers et des plus actifs fondateurs de réseaux de résistance. Il a été fusillé par les Allemands en 1944. Son souvenir est évoqué par sa sœur, G. Ferrières : Cavaillès, philosophe et comb […] Lire la suite

COGNITIVES SCIENCES

  • Écrit par 
  • Daniel ANDLER
  •  • 19 239 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Hypothèses et choix stratégiques »  : […] L'histoire nous enseigne que les hypothèses fondamentales sur lesquelles s’appuie une science ne sont jamais formulées au départ sous la forme qu'elles prennent lorsque la discipline atteint la maturité : indépendamment des changements, voire des revirements, et des désaccords entre écoles, qui accompagnent son développement, la signification véritable des intuitions de départ ne se dégage que pro […] Lire la suite

CONNAISSANCE

  • Écrit par 
  • Michaël FOESSEL, 
  • Yves GINGRAS, 
  • Jean LADRIÈRE
  •  • 9 092 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Mise en question de l'idée de représentation »  : […] Il faudrait évoquer ici la problématique heideggérienne de la déconstruction de la métaphysique, qui contient une mise en question radicale de l'idée de représentation (on remarquera d'emblée que cette mise en question englobe la tentative phénoménologique, interprétée elle-même comme relevant encore d'une « métaphysique de la subjectivité »). Cette problématique doit être comprise sur le fond d […] Lire la suite

COPENHAGUE ÉCOLE DE

  • Écrit par 
  • Bernard d' ESPAGNAT
  •  • 730 mots
  •  • 2 médias

On regroupe sous ce nom les physiciens théoriciens qui, entre 1920 et 1930, après avoir élaboré la mécanique quantique, mirent en évidence ses aspects les plus révolutionnaires par rapport aux concepts en vigueur jusqu'alors et furent les instigateurs d'un très profond débat épistémologique qui se poursuit encore actuellement. La description statistique des phénomènes atomiques et nucléaires doit- […] Lire la suite

LA CRISE DES SCIENCES EUROPÉENNES ET LA PHÉNOMÉNOLOGIE TRANSCENDANTALE, Edmund Husserl - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • François TRÉMOLIÈRES
  •  • 809 mots

Dans le chapitre « Crise des sciences et crise de l'humanité »  : […] La Krisis correspond au volume VI des Husserliana , publié en 1954 seulement, soit seize ans après la mort du philosophe. Les deux premières parties du « texte principal » ont d'abord paru dans la revue Philosophia (1936) : « La Crise des sciences comme expression de la crise radicale de la vie dans l'humanité européenne » (paragraphes 1 à 7) ; « Élucidation de l'origine de l'opposition moderne […] Lire la suite

DAGOGNET FRANÇOIS (1924-2015)

  • Écrit par 
  • Jean GAYON
  •  • 934 mots
  •  • 1 média

Né le 24 avril 1924 à Langres (Haute-Marne), François Dagognet a souligné combien son parcours scolaire fut atypique . Ayant grandi dans une famille modeste et indifférente aux études, il est placé dans une institution religieuse qui le destine à la prêtrise. L’instruction y est déficitaire dans le domaine des langues et des sciences. Pourtant, excellant dans l’écriture et en philosophie, il obtie […] Lire la suite

DÉMONSTRATION (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 3 087 mots

Dans le chapitre « L’autorité de la raison »  : […] La première manière qu’élaborèrent les Athéniens pour parvenir à un tel accord fut la « persuasion ». En démocratie , la parole est reine, et celui qui la maîtrise détient le vrai pouvoir. Une classe émergea, celle des sophistes , qui privilégiaient les règles de la rhétorique permettant à tous ceux qui voulaient être élus par l’assemblée du peuple de prononcer les discours les plus convaincants […] Lire la suite

DESCRIPTION ET EXPLICATION

  • Écrit par 
  • Jean LARGEAULT
  •  • 9 337 mots
  •  • 1 média

Certaines disciplines sont descriptives : astronomie, anatomie, zoologie. Une description peut être plus qu'une simple collection non ordonnée de faits ou de données, l'exemple des taxinomies le montre. La géographie comporte une partie descriptive ; les cartes sont de pures descriptions. Une partie de la science économique est consacrée à décrire des institutions ; une autre (les théories) est co […] Lire la suite

DÉTERMINISME

  • Écrit par 
  • Étienne BALIBAR, 
  • Pierre MACHEREY
  •  • 9 720 mots

C'est le xix e  siècle, dans la mesure où il a fait de la mécanique l'archétype des sciences expérimentales, sources de toute action technique efficace, qui a pratiquement identifié « science » et « déterminisme ». Lorsque, dans un contexte idéologique bien différent, celui des années 1920-1940, les premières découvertes de la physique quantique ont ébranlé la représentation du réel héritée de l'o […] Lire la suite

DIDEROT DENIS (1713-1784)

  • Écrit par 
  • Yvon BELAVAL
  •  • 6 376 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Le monde »  : […] On l'appelait le Philosophe. On traduirait mal par « honnête homme » un encyclopédiste se piquant de tout. Mais il garde de l'honnête homme le dédain de la scolastique, l'amour des idées claires, le goût des lettres, la méfiance à l'égard de toute proposition que ne garantit pas l'expérience. Pas de systèmes, donc. Et, du même coup, le modèle mathématique dont se réclamaient ces systèmes more geo […] Lire la suite

DUHEM PIERRE (1861-1916)

  • Écrit par 
  • Michel PATY
  •  • 3 009 mots

Dans le chapitre « Le philosophe des sciences »  : […] Tout en poursuivant ses travaux en physique, Pierre Duhem s'est de plus en plus préoccupé de philosophie et d'histoire des sciences, surtout à partir de 1893 pour la première discipline et de 1904 pour la seconde. La Théorie physique rassemble dans un ouvrage riche et original, dont l'importance a également été récemment découverte – notamment dans le monde anglo-saxon –, les conceptions de Duhem […] Lire la suite

EDDINGTON ARTHUR STANLEY (1882-1944)

  • Écrit par 
  • Jacques MERLEAU-PONTY
  •  • 2 816 mots

Dans le chapitre « Le système eddingtonien »  : […] La philosophie d'Eddington, sous des apparences assez déconcertantes et à travers une présentation peu systématique, s'ordonne entre deux pôles : une réflexion sur la science contemporaine et les importants changements de perspective qu'elle impose par rapport à la science classique ; une exigence éthique, la défense de valeurs spirituelles et religieuses menacées par le déterminisme matérialiste, […] Lire la suite

ÉPISTÉMOLOGIE

  • Écrit par 
  • Gilles Gaston GRANGER
  •  • 13 082 mots
  •  • 4 médias

Si l'on traduit par notre mot « science » le mot grec ἐπιστήμη, l'épistémologie est, étymologiquement, la théorie de la science. Bien que la forme anglaise du vocable ait existé avant que le français ne l'assimile, c'est pourtant avec le sens différent et plus large de « théorie de la connaissance » qu'il est généralement utilisé par les Anglo-Saxons. Ce décalage sémantique n'intéresse pas seu […] Lire la suite

ESPACE, philosophie

  • Écrit par 
  • Hubert FAES
  •  • 1 292 mots

Dans le chapitre « Une représentation nouvelle de l'espace »  : […] Avec la Renaissance et la révolution scientifique moderne, la représentation de l'espace devient plus abstraite. La vision d'un monde hiérarchisé et centré est abandonnée. S'impose un espace où le référentiel est choisi arbitrairement, selon ce qu'on appelle la relativité galiléenne. Les lois du mouvement sont les mêmes pour tous les observateurs, qu'ils soient eux-mêmes en mouvement ou non. Les […] Lire la suite

ESPAGNAT BERNARD D' (1921-2015)

  • Écrit par 
  • Michel PATY
  • , Universalis
  •  • 1 209 mots

Physicien français, spécialiste de l'étude des particules élémentaires, une des branches de la physique les plus marquées par le renouvellement rapide des connaissances, Bernard d'Espagnat fut un des penseurs notoires sur les problèmes conceptuels et philosophiques de la mécanique quantique. Dépassant le public restreint des physiciens et des philosophes des sciences, son ouvrage À la recherche d […] Lire la suite

ESTHÉTIQUE - Esthétique et philosophie

  • Écrit par 
  • Mikel DUFRENNE
  •  • 7 348 mots

Esthétique : le mot est assez neuf, et l'institution l'est plus encore ; la première revue d'esthétique, la Zeitschrift für Ästhetik und allgemeine Kunstwissenschaft , a été lancée en 1904, et en France la première chaire d'esthétique a été créée en 1921, à la Sorbonne, pour Victor Basch. Et pourtant la tâche que l'esthétique comme discipline prend en charge est aussi vieille que la pensée. D. Cha […] Lire la suite

ÉVOLUTIONNISME

  • Écrit par 
  • Hubert FAES
  •  • 1 252 mots

Il est fréquent de voir dans l'évolutionnisme une conception qui concerne exclusivement les êtres vivants. Parfois même, on le confond avec une théorie de l'évolution, celle de Charles R. Darwin, et surtout de ses continuateurs. Plus généralement, la pensée évolutionniste admet que les changements des systèmes vivants sont des transformations qui font que ces systèmes procèdent les uns des autres […] Lire la suite

EXPÉRIENCE

  • Écrit par 
  • Pascal ENGEL
  •  • 7 131 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L'empirisme logique et la construction logique du monde »  : […] Le programme empiriste classique ne peut mener qu'au scepticisme, parce qu'il paraît incapable de fonder la connaissance, et en particulier la connaissance scientifique, sur l'expérience sensible : comment celle-ci, si elle est intrinsèquement subjective, peut-elle justifier une connaissance objective et universelle ? Et comment peut-on espérer dériver « empiriquement » les concepts des mathématiq […] Lire la suite

EXPÉRIENCE (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 2 784 mots

Une dualité de sens rend complexe l’approche philosophique de la notion d’expérience, puisque ce terme renvoie aussi bien à l’expérience existentielle qu’à l’ expérimentation scientifique . L’expérience existentielle se dédouble elle-même dans l’expérience sensible, dans le sens où cette dernière peut en constituer le point de départ comme elle peut marquer le commencement de nos constructions th […] Lire la suite

FEYERABEND PAUL (1924-1994)

  • Écrit par 
  • Alban BOUVIER
  •  • 1 044 mots

Né à Vienne, mobilisé dans l'armée allemande à dix-huit ans, Paul Feyerabend poursuit ses études à Londres et y refuse à vingt-neuf ans le poste d'assistant que Popper lui proposait, comme il avait refusé un peu plus tôt de devenir l'assistant de Brecht. S'il ne dit pas grand-chose de ce qui le lia à Brecht puis le détourna du théâtre, sinon son regret de n'avoir pas poursuivi dans cette voie, i […] Lire la suite

GALILÉE (G. GALILEI)

  • Écrit par 
  • Pierre COSTABEL
  •  • 4 181 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Les sentiers de la gloire »  : […] Que Galilée ait parfaitement compris l'importance considérable de sa découverte des satellites de Jupiter, rien ne le montre davantage que le nom d'« astres médicéens » qu'il leur impose juste à temps pour figurer sur le frontispice du Sidereus Nuncius . L'auteur et sa découverte avaient certainement besoin de protecteurs, mais, en choisissant de flatter le nouveau grand-duc de Toscane, Cosme II d […] Lire la suite

GAYON JEAN (1949-2018)

  • Écrit par 
  • Laurent LOISON
  •  • 1 256 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « À l’intersection de la philosophie, l’histoire et la biologie »  : […] Tout d’abord, dans ses travaux, Gayon ne le cède en rien face à la technicité de certains savoirs biologiques. Cette volonté d’affronter la science dans ses dimensions les plus abstraites doit être mise en relation avec son parcours personnel. Après des études de philosophie à la Sorbonne, sanctionnées par l’obtention de l’agrégation en 1972, il s’engagea pendant près d’une décennie dans un cursu […] Lire la suite

GEYMONAT LUDOVICO (1908-1991)

  • Écrit par 
  • Fabio MINAZZI
  •  • 1 180 mots

Formé au contact direct de philosophes, tels A. Pastore et E. Juvalta, et de mathématiciens, tels G. Peano et G. Fubini, Ludovico Geymonat a passé ses diplômes de philosophie (1930) et de mathématiques (1932) à l'université de Turin. Publiée en 1931, sa thèse ( Il Problema della conoscenza nel positivismo ) critique ouvertement le néo-idéalisme de B. Croce et de G. Gentile et défend la pleine vale […] Lire la suite

GONSETH FERDINAND (1890-1975)

  • Écrit par 
  • Anne-Françoise SCHMID
  •  • 835 mots

Mathématicien et philosophe suisse, né à Sonvilier (Jura). Fils d'un industriel, Ferdinand Gonseth étudia les mathématiques à l'École polytechnique fédérale de Zurich, où il présenta sa thèse de doctorat (1915). Professeur à l'université de Berne (1919), puis à l'École polytechnique de Zurich (1929), il adjoignit bientôt à sa chaire de mathématiques supérieures un cours de philosophie des science […] Lire la suite

HEURISTIQUE

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre CHRÉTIEN-GONI
  •  • 8 415 mots
  •  • 3 médias

Ce terme de méthodologie scientifique qualifie tous les outils intellectuels, tous les procédés et plus généralement toutes les démarches favorisant la découverte – c'est la racine grecque du mot – ou l'invention dans les sciences. On a pu également désigner par là, d'une manière plus globale, l'une des deux dimensions épistémologiques fondamentales de l'activité scientifique, celle qui tente de […] Lire la suite

HOMME - La réalité humaine

  • Écrit par 
  • Alphonse DE WAELHENS
  •  • 14 321 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « La raison et la science »  : […] L'aube des temps modernes coïncide avec un accroissement considérable du sentiment de la puissance de l'homme. En tout domaine, le champ de ses possibilités s'élargit, pour paraître bientôt sans limites. Le développement inouï et continu de la science, qui s'amorce alors, ne fera jamais que renforcer ce sentiment, rendu sensible à tous par le retentissement, non moins inouï, de cette science sur l […] Lire la suite

BIOÉTHIQUE ou ÉTHIQUE BIOMÉDICALE

  • Écrit par 
  • Gilbert HOTTOIS
  •  • 7 814 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Réconcilier les deux cultures »  : […] Bien qu’elle soit demeurée sans lendemain, la Bio- Ethik de Jahr annonce celle du « père » traditionnel de la bioéthique : Van Rensselaer Potter. Dès son livre Bioethics . Bridge to the Future en 1971 (mais bioethics apparaît déjà dans l’article « Bioethics, the science of survival », in Pe rspectives in Biology and Medicine , vol.   14, 1970, repris dans l’ouvrage) , le biologiste américain […] Lire la suite

TRANSHUMANISME

  • Écrit par 
  • Gérard CHAZAL
  •  • 2 170 mots
  •  • 1 média

Apparue dans la seconde moitié du xx e  siècle, la notion de transhumanisme repose sur la conviction, propagée par un nombre croissant de scientifiques et de futurologues, qu’ une évolution voulue, orientée, choisie de l’espèce humaine est désormais possible, en s’appuyant sur des techniques nouvelles qui permettent d’intervenir non seulement sur l’individu mais aussi, à travers lui, sur l’espèce […] Lire la suite

HYPOTHÈSE (sciences)

  • Écrit par 
  • Jean-Paul THOMAS
  •  • 1 284 mots

Dans le chapitre « Degré d'explicitation d'une hypothèse »  : […] Enfin, le degré d'explicitation d'une hypothèse est variable selon les disciplines et évolue au cours de l'expérimentation. L'exemple de l'expérience d'Œrsted est significatif à cet égard. Hans Christian Œrsted est un physicien et homme de lettres danois qui a donné son nom à une expérience bien connue, celle qui consiste à faire passer un courant électrique à proximité d'une aiguille aimantée et […] Lire la suite

IDÉALISME

  • Écrit par 
  • Jean LARGEAULT
  •  • 9 495 mots

Dans le chapitre « L'idéalisme et la philosophie de la physique »  : […] On rencontre fréquemment deux opinions : que le réalisme est naturel aux sciences ; que la philosophie est nécessairement idéaliste. La première de ces affirmations a pu être vraie pour certaines théories. Émile Meyerson a soutenu qu'elle est vraie et que les thèses positivistes-idéalistes vont à contre-fil de la pratique des savants. Par exemple, Comte interdit de formuler des hypothèses sur « l […] Lire la suite

IMAGINATION (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 2 795 mots

Dans le chapitre « L’imagination créatrice »  : […] Ce sont les artistes qui ont le mieux compris la dimension créatrice de l’imagination et qui en ont le mieux décrit la dynamique. Renversant la formule de Malebranche, Baudelaire (1821-1867) érige l’imagination en « reine des facultés » ( Salon de 1859 ). Peintres, poètes et romanciers savent mieux que quiconque que, lorsqu’ils lâchent la bride à leur imaginaire, celui-ci ne leur propose nullement […] Lire la suite

IMMÉDIAT

  • Écrit par 
  • Dominique LECOURT
  •  • 3 909 mots

Dans le chapitre « La défaite de l'immédiat »  : […] Prenant pour objet les problèmes et les résultats des sciences contemporaines, leur travail réel, Gaston Bachelard, après avoir rejeté les catégories philosophiques traditionnelles des « théories de la connaissance », proclama, dès 1934, la « défaite de l'immédiat ». On ne s'étonnera pas de ce double geste : rejeter les unes, c'était s'affranchir de l'autre. Ce que Bachelard découvrait, c'est que […] Lire la suite

INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE DES SCIENCES (H.-J. Rheinberger) - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Gabriel GACHELIN
  •  • 1 081 mots

Directeur de l’Institut Max Planck d’histoire des sciences de Berlin de 1997 à 2014, Hans-Jörg-Rheinberger a publié en 2007 un bref ouvrage intitulé Introduction à la philosophie des sciences (trad. N. Jas, La Découverte, 2014). Il faudrait toujours se méfier des introductions. On se dit qu’elles sont des résumés pour étudiants, ou des notes de synthèse, mais, sous des dehors de simplicité et de […] Lire la suite

JACOB FRANÇOIS (1920-2013)

  • Écrit par 
  • François GROS
  •  • 1 838 mots
  •  • 1 média

François Jacob fut une figure majeure de la génétique et de la biologie moléculaire, un des penseurs parmi les plus pénétrants de l'histoire et de la philosophie des sciences du vivant. N'acceptant pas la capitulation de 1940, il intègre les Forces françaises libres, participe aux campagnes d'Afrique et de France. Il fut grièvement blessé, et la carrière de chirurgien à laquelle il s'était destin […] Lire la suite

JASPERS KARL (1883-1969)

  • Écrit par 
  • Jeanne HERSCH
  •  • 2 619 mots

Dans le chapitre « Savoir et limites »  : […] La philosophie est pour Jaspers suprêmement sérieuse. Elle engage l'être entier, elle est cet engagement même, avec la conscience de plus en plus claire que nous prenons de son caractère absolu. Mais c'est un engagement sans credo, puisque l'une des démarches décisives de la quête philosophique consiste à en démontrer l'impossibilité. Et c'est un engagement sans subordination à aucune autorité in […] Lire la suite

KANT EMMANUEL

  • Écrit par 
  • Louis GUILLERMIT
  •  • 13 382 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La métaphysique en question »  : […] La première ambition annoncée par le mot « critique », qui se retrouve dans le titre des trois œuvres capitales de Kant, est celle de décider une bonne fois du sort de la métaphysique, de s'assurer qu'elle est possible et d'en faire une science. Ce nom de métaphysique formulait une prétention à acquérir la connaissance d'objets qui se situent au-delà de la nature, dont l'expérience sensible permet […] Lire la suite

KOYRÉ ALEXANDRE (1892-1964)

  • Écrit par 
  • Gérard JORLAND
  •  • 1 251 mots

Historien de la pensée philosophique et de la pensée scientifique, Alexandre Koyré a été le fondateur, avec Hélène Metzger, Gaston Bachelard et Georges Canguilhem, de l'histoire philosophique des sciences. Il naît le 28 août 1892 en Russie, à Taganrog. Inquiété pour propagande antitsariste, il s'exile d'abord en Allemagne, où il suit l'enseignement du philosophe Edmund Husserl et du mathématicien […] Lire la suite

LUMIÈRES

  • Écrit par 
  • Jean Marie GOULEMOT
  •  • 7 857 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La mesure, fondement de la connaissance »  : […] Connaître, dans une telle optique, c'est observer et mesurer. Ce qui exclut bien évidemment la métaphysique du champ des Lumières. La mesure est à l'œuvre dans tous les domaines : les méridiens, les espèces animales, l'homme, le temps de l'histoire, la chaleur et le froid.... Cela posé, on ne s'étonnera pas que le siècle s'intéresse tant à la chronologie, que naissent la démographie, l'économétri […] Lire la suite

MACH ERNST (1838-1916)

  • Écrit par 
  • Michel PATY
  •  • 4 135 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La philosophie de la connaissance de Mach »  : […] Mach écrivait, dans la préface à L'Analyse des sensations  : « La même considération sous-tend mes écrits d'épistémologie de la physique et mes recherches en physiologie des sensations, celle que l'on doit éliminer tout élément métaphysique comme superflu et contraire à l'économie de la science. » C'est autour de cette exigence centrale que Mach a développé une philosophie de la connaissance. S'il […] Lire la suite

MATÉRIALISME

  • Écrit par 
  • Georges GUSDORF
  •  • 3 916 mots
  •  • 1 média

Le mot matérialisme désigne une attitude philosophique caractérisée par le recours exclusif à la notion de matière pour expliquer la totalité des phénomènes du monde physique et du monde moral. Cette conception est attestée dès le moment où se forme, dans la Grèce classique, la spéculation occidentale. Refoulée à l'arrière-plan par la culture chrétienne de l'âge médiéval, elle se réaffirme avec f […] Lire la suite

MATIÈRE

  • Écrit par 
  • Jacques GUILLERME, 
  • Hélène VÉRIN
  •  • 10 672 mots
  •  • 1 média

Pour l'action comme pour la connaissance, la « matière » est toujours première. Première dans ses mixtes et ses confusions, lorsqu'elle résiste aux projets de façonnage ; première dans sa présence originelle, dès qu'apparut le projet d'une construction intelligible du monde. Mais, avant même que soient déclarées ces deux ambitions de conquête, la matière, diverse et multiple, est déjà là sous l'as […] Lire la suite

MÉCANISME, philosophie

  • Écrit par 
  • Joseph BEAUDE
  •  • 5 205 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Les développements de la science »  : […] L'importance du mécanisme dans l'histoire de la pensée est considérable ; grâce à lui, s'est ouverte l'ère de la science classique. Mais l'influence des premiers mécanistes est beaucoup moins due aux résultats qu'ils ont obtenus dans les disciplines scientifiques particulières qu'au changement de mentalité qu'ils ont provoqué ou, pour mieux dire, à la nouvelle appréhension du réel que leur œuvre a […] Lire la suite

MERLEAU-PONTY MAURICE (1908-1961)

  • Écrit par 
  • Alphonse DE WAELHENS
  •  • 3 508 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Désaveu de la science »  : […] Ses premiers ouvrages marquants furent ses deux thèses : La Structure du comportement (1942) et la Phénoménologie de la perception (1945). Les titres de ces livres laissent supposer qu'ils concernent en premier lieu la psychologie. Or cet intérêt, loin d'être exclusif, n'en est même pas le souci principal. Non seulement ils traitent de tous les problèmes philosophiques classiques mais ils tracent […] Lire la suite

MEYERSON ÉMILE (1859-1933)

  • Écrit par 
  • François TRÉMOLIÈRES
  •  • 568 mots

D'origine polonaise, Émile Meyerson a reçu une formation de chimiste, d'abord à Heidelberg, comme élève de Bunsen, puis en France, où il s'installe en 1881. Ruiné par l'industrie, il devient rédacteur de l'agence Havas pour la politique étrangère, puis (1891) directeur de la Jewish Colonization Association pour l'Europe et l'Asie Mineure. Parallèlement, il publie quelques études d'histoire des sci […] Lire la suite

MIRACLE

  • Écrit par 
  • Henry DUMÉRY
  •  • 6 604 mots

Dans le chapitre « Les théologiens, l'explication naturelle et la foi chrétienne »  : […] Un quatrième pas est accompli, un quatrième pas qui est un écart. Lorsque la curiosité dévie et recherche le sensationnel, lorsque l'anxiété l'emporte sur la foi et qu'elle réclame des preuves tangibles, contraignantes ; surtout, lorsqu'un rationalisme naissant (et mal compris) s'emploie à discriminer ce que la nature peut ou ne peut pas produire d'elle-même, l'idée de miracle sombre dans l'équivo […] Lire la suite

MODÈLE

  • Écrit par 
  • Raymond BOUDON, 
  • Hubert DAMISCH, 
  • Jean GOGUEL, 
  • Sylvanie GUINAND, 
  • Bernard JAULIN, 
  • Noël MOULOUD, 
  • Jean-François RICHARD, 
  • Bernard VICTORRI
  •  • 24 440 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Les fonctions de la modélisation »  : […] La philosophie de la connaissance, qui réfléchit sur les procédés de modélisation pratiqués par les différentes sciences, est dans l'obligation d'interpréter une nouvelle fonction, une nouvelle dimension de la rationalité. Les caractères de celle-ci ne sont pas aisés à fixer, parce qu'il s'agit de procédés techniques en voie d'élaboration et parce que la fonction des modèles n'est pas univoque : […] Lire la suite

NATURE PHILOSOPHIES DE LA

  • Écrit par 
  • Maurice ÉLIE
  •  • 6 379 mots

Dans le chapitre « Physique et philosophies de la nature »  : […] D'un point de vue historique, il semble que cette distinction n'ait pas toujours existé, si l'on admet que les penseurs présocratiques furent indissolublement physiciens et philosophes de la nature, eux qui cherchèrent l' Archè , le principe des choses, s'interrogèrent sur leurs éléments, terre, air, eau ou feu, ainsi que sur leurs modes de composition et de séparation. Ainsi, l'idée de transforma […] Lire la suite

NÉO-POSITIVISME ou POSITIVISME LOGIQUE

  • Écrit par 
  • Gilles Gaston GRANGER
  •  • 3 400 mots
  •  • 1 média

Le néo-positivisme, ou positivisme logique, ne constitue pas à proprement parler une école, ayant à sa tête un maître et attachée à un dogme, mais plutôt une attitude philosophique définie à l'origine par un groupe (le Cercle de Vienne) et aujourd'hui largement diffusée et diversifiée, en particulier aux États-Unis, en Grande-Bretagne et dans les pays scandinaves. C'est en réaction contre l'idéa […] Lire la suite

NEWTON ISAAC (1642-1727)

  • Écrit par 
  • Michel PATY
  •  • 4 663 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « La philosophie naturelle »  : […] Newton concevait son travail scientifique comme faisant partie de ce qu'il appelait la « philosophie naturelle », qui n'est pas une simple reprise du thème galiléen du livre de la nature, mais s'insère dans le courant néoplatonicien de Cambridge. S'il s'inspire de Descartes, par une certaine conception de la raison et du rôle des mathématiques, c'est aussitôt pour s'en démarquer, et les Principia […] Lire la suite

NOVUM ORGANUM (F. Bacon)

  • Écrit par 
  • Michel MALHERBE
  •  • 784 mots

Le philosophe anglais Francis Bacon (1561-1626), au terme de plusieurs ébauches, fait paraître en 1620 son ouvrage le plus célèbre, le Novum Organum (c’est-à-dire « Le nouvel instrument »). Son ambition est de fournir une nouvelle logique pour la science à venir et par là même – comme le suggère le titre – de supplanter l’ Organon d’Aristote (env. 385-322 av. J.-C.). L’ouvrage exerça une influe […] Lire la suite

OBJET

  • Écrit par 
  • Gilles Gaston GRANGER
  •  • 8 222 mots

Dans le chapitre « Les objets mathématiques »  : […] Les objets mathématiques ont bien évidemment des propriétés, un contenu, qui les différencie non en tant qu'individus réalisés hic et nunc, mais en tant que concepts déterminés, car ils ne sont pas saisissables comme tels dans une expérience sensible. Les philosophes ont pris à leur égard des positions très variées, qu'on peut cependant répartir entre quelques grandes orientations ; nous présent […] Lire la suite

ONTOLOGIE

  • Écrit par 
  • Paul RICŒUR
  •  • 15 647 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « En quête du réel »  : […] On a pris jusqu'ici le mot « ontologie » comme synonyme de métaphysique. C'est encore par cette identification que l'ontologie tombe sous la critique kantienne. Mais la philosophie kantienne est en même temps la démonstration vivante que la question de l'être renaît des cendres mêmes de la métaphysique : la « chose en soi » reste le fondement du « phénomène » et toute la philosophie pratique est u […] Lire la suite

PERCEPTION (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 3 214 mots

La distinction entre sensation et perception a occupé une position centrale dans la psychologie contemporaine. Celle-ci, sans toujours en mesurer les implications, a vécu dans l’héritage des conceptions philosophiques qui se sont affrontées durant des siècles. Comme le remarque Martin Heidegger (1889-1976) dans Être et Temps (1927), même si l’on ne peut raisonnablement exiger des sciences humaine […] Lire la suite

PHILOSOPHIE

  • Écrit par 
  • Jacques BILLARD, 
  • Jean LEFRANC, 
  • Jean-Jacques WUNENBURGER
  •  • 21 037 mots
  •  • 8 médias

Dans le chapitre « La tentation du néopositivisme »  : […] Ces orientations sont cependant concurrencées, de plus en plus, par un besoin de rapprocher la philosophie des sciences, tant par leur histoire que par leur épistémologie. Après le paradigme biologique et génétique, la référence majeure se déplace vers les neurosciences et les sciences de la cognition (C. Debru), qui cherchent parfois à engager le dialogue avec la phénoménologie de la conscience, […] Lire la suite

PHYSIQUE - Les fondements et les méthodes

  • Écrit par 
  • Roland OMNÈS
  •  • 10 729 mots
  •  • 8 médias

Dans le chapitre « Physique et réalité »  : […] Le degré de raffinement auquel la physique est déjà parvenue, tout autant que l'étendue considérable des connaissances qu'elle recouvre, pose de manière aiguë le problème de la réalité, ou, si l'on préfère, celui de la signification même de ces connaissances. Comment se fait-il que l'on n'ait jamais buté contre une contradiction sans la résoudre, que l'on n'ait jamais rencontré les limites du rat […] Lire la suite

PHYSIQUE - Physique et mathématique

  • Écrit par 
  • Jean-Marc LÉVY-LEBLOND
  •  • 7 176 mots

Dans le chapitre « Les mathématiques, langage de la physique ? »  : […] Les solutions apportées au problème des rapports entre physique et mathématiques sont diverses, mais, qu'elles proviennent de scientifiques ou de philosophes, elles reposent dans leur écrasante majorité, surtout aujourd'hui, sur l'idée que les mathématiques constituent le langage de la physique. Au texte de Galilée déjà cité, on peut ajouter deux citations : « Toutes les lois sont tirées de l'exp […] Lire la suite

PLATON

  • Écrit par 
  • Monique DIXSAUT
  •  • 13 741 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « La question du savoir »  : […] De la position des Formes, la pensée tire son espace : elle se déploie dans un lieu purement intelligible. Nommer dialectique cette sorte de savoir, c'est indiquer la manière dont il procède, ce n'est pas dire ce qu'il est. Faut-il, pour savoir, savoir ce que c'est que savoir ? Après s'être enquis auprès de tous ceux qui passent pour savants (artisans, poètes et politiques), le Socrate de L'Apolo […] Lire la suite

POIRIER RENÉ (1900-1995)

  • Écrit par 
  • Bertrand SAINT-SERNIN
  •  • 879 mots

Né à Saigon, reçu premier à l'agrégation de philosophie en 1922, licencié en droit, pensionnaire à la fondation Thiers, René Poirier enseigna au lycée Janson-de-Sailly à Paris et au lycée de Chartres, puis aux universités de Montpellier (1931-1932) et d'Alger (1932-1937). Il fut élu à la Sorbonne en 1937. Envoyé au Brésil en 1939 pour participer à la fondation de l'Université nationale, il rentra […] Lire la suite

POLANYI MICHAEL (1891-1976)

  • Écrit par 
  • Raymond THOMAS
  •  • 1 584 mots

Médecin, chimiste, philosophe et économiste hongrois, né à Budapest, où il commença ses études, poursuivies ensuite à Karlsruhe, Michael Polanyi fut reçu docteur en médecine à vingt-deux ans. Sa volonté d'approfondir les notions qu'il avait reçues le fit abandonner cette discipline pour l'un de ses fondements : la chimie physique – courageuse démarche de jeunesse, qu'il devait refaire plus tard e […] Lire la suite

POSITIVISME

  • Écrit par 
  • Angèle KREMER-MARIETTI
  •  • 5 246 mots
  •  • 2 médias

Le rapport du positivisme aux sciences positives est fondamentalement affirmé par Littré et confirmé par Auguste Comte . Littré écrit dans son Dictionnaire de la langue française (1863-1870) : «  Philosophie positive  : se dit d'un système philosophique émané de l'ensemble des sciences positives ; Auguste Comte en est le fondateur ; ce philosophe emploie particulièrement cette expression par oppo […] Lire la suite

QUINE WILLARD VAN ORMAN (1908-2000)

  • Écrit par 
  • Françoise ARMENGAUD
  •  • 1 566 mots

Dans le chapitre « Une certaine idée de la philosophie »  : […] La philosophie n'a, pour Quine, ni objet propre à explorer, ni méthode autonome, ni sources spécifiques, ni point de vue privilégié ; elle n'a aucune capacité particulière à assurer quelque fondement que ce soit, ni aucune affinité spéciale pour les questions qui sont encore irrésolues ou qui sont réputées devoir provisoirement échapper à l'examen scientifique. Elle est une affaire sérieuse qui, a […] Lire la suite

RAISON

  • Écrit par 
  • Éric WEIL
  •  • 13 167 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Le discours métaphysique »  : […] Elle le fait, à partir de Descartes, en essayant de déterminer les limites à l'intérieur desquelles elle peut être sûre d'elle-même et de ses résultats. Elle peut douter, elle doit le faire si elle veut s'assurer des fondements sur lesquels elle se propose de bâtir. Ce qu'elle découvre alors comme fondement, c'est la raison même : le doute raisonnable implique déjà la raison. À partir de là, tout […] Lire la suite

RAISON (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 2 943 mots

Dans le chapitre « La rationalité moderne »  : […] Aussi étendu que soit leur génie, les Grecs ne croyaient guère à la rationalité du monde visible, ce monde que Platon dénommait le « monde sensible ». Pour lui, seul le ciel était réellement rationalisable, c’est-à-dire mathématisable, l’astronome étant le cousin germain du philosophe. Aristote, quant à lui, appelle « sublunaire » ce monde peu ordonné où on ne saurait identifier que des régularité […] Lire la suite

RÉDUCTIONNISME & HOLISME

  • Écrit par 
  • Jean LARGEAULT
  •  • 6 924 mots

Dans le chapitre « Historique »  : […] En simplifiant, suivant les procédés aristotéliciens de libre interprétation des textes, le matérialisme a surgi du premier coup, avec tous ses traits caractéristiques, chez les penseurs grecs d'avant Socrate. Considérant les choses sensibles, ils en cherchent le principe abstrait, et, afin d'expliquer comment ce principe unique engendre la diversité visible, ils postulent des transformations. P […] Lire la suite

REICHENBACH HANS (1891-1953)

  • Écrit par 
  • Alexis BIENVENU
  •  • 1 490 mots

Hans Reichenbach fut à Berlin, dans l'entre-deux-guerres, puis lors de son exil à Istanbul et Los Angeles, le principal représentant de l'empirisme logique, mouvement philosophique apparenté au positivisme logique du cercle de Vienne. Fondateur de la Société de philosophie empirique, il défend comme les Viennois une « conception scientifique du monde » visant à libérer la pensée des « non-sens de […] Lire la suite

RESPONSABILITÉ SOCIALE DES SCIENTIFIQUES

  • Écrit par 
  • Jacques TESTART
  •  • 7 658 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « Qui est responsable ? Et de quoi ? »  : […] Le modèle scientifique créé au xx e  siècle impliquait un lien étroit entre recherche publique d'État, investigations à visée cognitive et contributions au progrès économique et social, grâce à la mise à disposition des connaissances. Depuis la fin des années 1980, ce modèle a été ébranlé par la multiplication des contrats industriels, par la création de véritables marchés scientifiques (brevets, […] Lire la suite

SCIENCES - Sciences et discours rationnel

  • Écrit par 
  • Jean LADRIÈRE
  •  • 6 601 mots

En première approximation, on pourrait dire que la science est un mode de connaissance critique. Le qualificatif « critique » doit être entendu ici en un double sens : il indique, d'une part, que la science exerce un contrôle vigilant sur ses propres démarches et met en œuvre des critères précis de validation, d'autre part, qu'elle élabore des méthodes qui lui permettent d'étendre de façon systém […] Lire la suite

SCIENCES - Science et progrès

  • Écrit par 
  • Jean-Marc LÉVY-LEBLOND
  •  • 6 523 mots

Dans le chapitre « Le progrès « dans » la science ? »  : […] Peut-être faut-il commencer par prendre acte d'une mutation profonde de la place et du rôle de la science dans nos sociétés. Cette science, au sens moderne du terme, c'est-à-dire depuis la « coupure galiléenne » du début du xvi e  siècle, a connu un développement ininterrompu de son poids économique, du double point de vue de ses ressources et de ses retombées ; cette période de croissance semble […] Lire la suite

TERRA INCOGNITA (A. Corbin) - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Gabriel GACHELIN
  •  • 1 254 mots

Dans L e   M onde retrouvé de Louis-François Pinagot (1998) , Alain Corbin, partant d’un nom inscrit sur une tombe, des paysages du Perche qu’il a traversés et du glissement des contextes historiques qui ont accompagné entre 1798 et 1876 la vie du sabotier, a su lui redonner une existence plausible. On ignorait tout de Pinagot. Mais cette ignorance s’est révélée une dynamique. Avec Terra incogn […] Lire la suite

TRAITÉ DE PHYSIQUE, Jacques Rohault

  • Écrit par 
  • Gabriel GACHELIN
  •  • 744 mots

Le Traité de physique de Jacques Rohault, dont la parution originale date de 1671, connut un grand succès. Publié à six reprises en français jusqu’en 1730, il paraît pour la première fois en latin à Genève en 1674, puis à cinq autres reprises à Londres, à partir de 1702. Au moment de sa première parution en français, René Descartes est mort depuis plus de vingt ans et Rohault s’est institué le p […] Lire la suite

VIE

  • Écrit par 
  • Georges CANGUILHEM
  •  • 10 960 mots

« Qui sait si la première notion de biologie que l'homme a pu se former n'est point celle-ci : il est possible de donner la mort. » Cette réflexion de Valéry dans son Discours aux chirurgiens (1938) va plus loin que sa destination première. Peut-être n'est-il pas possible, encore aujourd'hui, de dépasser cette première notion : est vivant, est objet de la connaissance biologique, tout donné de l' […] Lire la suite

VIENNE CERCLE DE

  • Écrit par 
  • Gilles Gaston GRANGER
  •  • 1 309 mots

On appelle « cercle de Vienne » (Wiener Kreis) un groupement de savants et de philosophes formé à Vienne à partir de 1923 autour de Schlick, en vue de développer une nouvelle philosophie de la science dans un esprit de rigueur, et en excluant toute considération métaphysique. Les thèmes directeurs initiaux du groupe furent élaborés en collaboration avec une autre association fondée à Berlin sous l […] Lire la suite

VUILLEMIN JULES (1920-2001)

  • Écrit par 
  • Francis WYBRANDS
  •  • 687 mots

C'est en 1962 que Jules Vuillemin succède à Maurice Merleau-Ponty à la chaire de philosophie de la connaissance au Collège de France. C'est le couronnement mérité d'une carrière qui a débuté, après un enseignement dans le secondaire et un passage au Centre national de la recherche scientifique, à l'université de Clermont-Ferrand. Chez Jules Vuillemin, les incursions dans l'histoire de la philosoph […] Lire la suite


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D'Alembert

photographie : D'Alembert

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Jean Le Rond d'Alembert (1717-1783), l'un des mathématiciens et physiciens les plus importants du XVIIIe siècle, et aussi un philosophe marquant des Lumières 

Crédits : Hulton Archive/ Getty Images

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David Ruelle

photographie : David Ruelle

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Les travaux du physicien théoricien David Ruelle en physique statistique ont particulièrement renouvelé la compréhension des phénomènes de turbulence 

Crédits : D.R.

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Euclide - Alexandrie (Égypte)

photographie : Euclide - Alexandrie (Égypte)

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Euclide (env IVe-IIIe s av J-C) enseignait la géométrie à Alexandrie Son œuvre a représenté, pendant plus de deux millénaires, un modèle d'exposition déductive d'une science exacte à partir de quelques définitions et propriétés admises sans démonstration Son effort conscient pour... 

Crédits : Hulton Archive/ Getty Images

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Henri Bergson

photographie : Henri Bergson

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Le philosophe français Henri Bergson (1859-1941), Prix Nobel de littérature en 1927 

Crédits : Hulton Archive/ Getty Images

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Karl Popper

photographie : Karl Popper

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Le philosophe et épistémologue Karl Raimund Popper (1902-1994), né en Autriche, enseigna à la London School of Economics and Political Science de 1945 à 1969 

Crédits : Keystone/ Getty Images

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Ludwig Wittgenstein

photographie : Ludwig Wittgenstein

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Du Tractatus logico-philosophicus (1921) aux Investigations philosophiques (1953), le langage devient, pour Ludwig Wittgenstein (1889-1951), le véritable objet de la pensée Le langage, mais aussi ses limites, et les apories logiques qu'il en vient à produire D'où la célèbre phrase du... 

Crédits : Erich Lessing/ AKG

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Percy Bridgman

photographie : Percy Bridgman

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Le physicien américain Percy Williams Bridgman (1882-1961) Il obtient le prix Nobel de physique en 1946, pour ses travaux sur les propriétés de la matière soumise à de très hautes pressions, 

Crédits : Hulton Getty

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Crédits : Hulton Archive/ Getty Images

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Euclide - Alexandrie (Égypte)

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