MÉTAPHYSIQUE

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À la physique, qui étudie la nature, on oppose souvent la métaphysique. Celle-ci est définie soit comme la science des réalités qui ne tombent pas sous le sens, des êtres immatériels et invisibles (ainsi l'âme et Dieu), soit comme la connaissance de ce que les choses sont en elles-mêmes, par opposition aux apparences qu'elles présentent. Dans les deux cas, la métaphysique porte sur ce qui est au-delà de la nature, de la ϕ́υσις, ou, si l'on préfère, du monde tel qu'il nous est donné, et tel que les sciences positives le conçoivent et l'étudient.

Mais, précisément, ce qui est au-delà de la nature n'est-il pas inconnaissable ? L'ambition de fonder une métaphysique passe donc, aux yeux de beaucoup, pour chimérique, et le mot de métaphysique qui, selon certains philosophes, tel Descartes, désigne la connaissance à la fois fondamentale et suprême, est pris, par d'autres, en un sens dépréciatif. Dire qu'une question est métaphysique, n'est-ce pas avouer qu'elle est insoluble, et que ceux qui se consacrent à son étude ne pourront jamais nous offrir que verbiage et divagations ?

Il est donc d'abord nécessaire de considérer historiquement ce qu'a été la métaphysique, de préciser les sens divers que le terme a reçus, d'examiner les attitudes que les différents penseurs ont adoptées en ce qui concerne cette connaissance, effective ou prétendue. On pourra alors se demander si la métaphysique peut garder, à l'heure actuelle, un sens et une valeur.

L'Antiquité

Platon et l'au-delà des apparences

La notion de métaphysique, comme science de l'au-delà de la nature, résulte, à l'origine, d'une sorte de contresens sur le mot grec μετ̀α. L'ouvrage d'Aristote que nous appelons La Métaphysique a été nommé ainsi parce que, dans l'édition qu'en donna Andronicos de Rhodes, il faisait suite à la physique. Les livres qui le constituaient furent donc désignés par les mots : τ̀α μετ̀α τ̀α ϕυσικα. Plus tard, l'expression « métaphysique » signifia ce qui se trouve au-delà de la nature, bien que μετ̀α, qui veut dire après, ne puisse correctement recevoir le sens de : au-delà.

Platon - Athènes

Platon - Athènes

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Né vers 428 avant J.-C. à Athènes, Platon a reçu l’éducation d’un jeune aristocrate athénien. Disciple de Socrate, qu’il met en scène dans ses Dialogues,  il fonde sa propre école, l’Académie. La forme du dialogue oriente la pensée vers la parole et le questionnement. Elle permet... 

Crédits : AKG

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Mais si le terme « métaphysique » est relativement récent (métaphysique, en un seul mot, ne se rencontre pas avant le Moyen Âge), la notion qu'il désigne est fort ancienne. Dès l'Antiquité, vouloir atteindre ce qui est au-delà de la nature est, en effet, un des soucis majeurs des philosophes. Cela se voit déjà clairement chez Platon. Et sans doute la théorie platonicienne des Idées, sources et modèles de toutes choses, ne doit-elle pas être interprétée de façon naïvement réaliste, et comme si les Idées formaient une sorte de monde séparé. Platon, cependant, ne craint pas de parler du ciel des Idées et, par exemple dans le Phèdre, d'expliquer l'amour en disant que les âmes, ayant quelque souvenir des « choses du ciel », où jadis elles ont suivi le cortège des dieux, sont saisies d'enthousiasme et d'une sorte de délire dès que, sur cette terre, une beauté rencontrée les leur rappelle. La beauté est donc bien le signe d'un autre monde, situé « par-delà » le monde physique. Et le désir de retrouver cet autre monde sera, sous des formes diverses, le moteur de toute réflexion métaphysique. En son mouvement essentiel, la démarche de Descartes, s'élevant à Dieu, ne différera pas de celle de Platon.

D'autre part, Platon tend sans cesse à dépasser la connaissance scientifique (telle du moins qu'elle existe en son temps) vers la recherche des premiers principes. Il rêve d'une science absolue, totalement rationnelle, et sans mélange de sensible. Un tel projet est bien métaphysique : il se retrouvera chez tous les philosophes voulant découvrir les fondements derniers de la connaissance, ou désirant s'élever, comme Hegel, au savoir absolu.

Recherche d'un être se situant au-delà des apparences, recherche des premiers principes, tout ce que l'on appellera plus tard métaphysique est donc, dès le platonisme, nettement indiqué. Il apparaît ainsi que la métaphysique répond à la question la plus essentielle que puisse formuler un esprit humain : celle du fondement et de l'origine de sa propre pensée et, par là, celle de son rapport avec les choses. Chez Descartes, chez Kant, ce problème ne cessera d'être posé, en sorte que la métaphysique constituera, à travers les systèmes, une sorte de philosophie éternelle.

La métaphysique d'Aristote

Comme le remarque Heidegger, la métaphysique d'Aristote répond à deux soucis, par elle confondus et cependant distincts : celui de l'être, celui de la découverte des premiers principes, soucis qu'on vient de rencontrer chez Platon, mais qui prennent ici une forme nouvelle.

Toutes les sciences portent sur un genre déterminé d'être, sur des objets spécifiés et considérés en leur particularité propre. Mais tous les objets étudiés par les sciences (y compris, aux yeux d'Aristote, les objets mathématiques) ont ceci de commun qu'ils sont : l'être est leur caractère le plus général. Il doit donc y avoir une science portant sur l'être en tant qu'être, sur l'être en tant que tel, science qui méritera le nom de science première, ou de philosophie première, science qu'on appelle aujourd'hui métaphysique. À ce niveau, on peut dire que le problème qui occupa Aristote est éternel : Heidegger le reprend de nos jours quand il veut constituer une ontologie fondamentale. Pourtant, contrairement à ce que fera Heidegger, Aristote essaie de résoudre la question de l'être par une analyse essentielle, découvrant, par exemple, que tout être est fait de puissance et d'acte, de matière et de forme. C'est là subordonner le problème de l'être à celui des choses qui sont.

Aristote ne pouvait donc manquer de retrouver les difficultés qui avaient embarrassé Parménide. Comment concilier, en effet, l'unité de l'être et la multiplicité des êtres, comment comprendre l'unité de l'être si l'être ne peut exister à part des êtres particuliers, de ce que Heidegger appellera les « étants » ? Réfléchissant sur ce problème, Aristote, pour déterminer les significations multiples du mot « être », aborde l'étude des catégories, étude que, dans un but analogue, Kant reprendra plus tard. Et sa recherche le conduit à passer du problème de l'être comme existence au problème de l'être comme essence, à s'interroger sur la première cause de ce qui est. En ce sens, la métaphysique d'Aristote tend à devenir une théologie.

D'autre part, Aristote aperçoit que la saisie des principes premiers de la connaissance se situe au-delà de toute science particulière. En effet, si est objet de science ce qui peut être démontré, les principes à partir desquels on démontre ne peuvent eux-mêmes être objets de démonstration. La pensée qui saisit ces principes n'est donc pas à proprement parler scientifique : elle est métaphysique. Et, en cela, la métaphysique apparaît encore comme philosophie première, science des principes indémontrables de toute démonstration. Mais, cette fois, la recherche de tels principes (ainsi le principe de contradiction) conduit Aristote à des réflexions de nature logique. En sorte que l'on peut dire que, chez Aristote, la métaphysique, ou plutôt la philosophie première, voulant, d'une part, découvrir le fondement de la réalité, d'autre part, établir les principes premiers de la connaissance, tend à se constituer à la fois comme théologie et comme logique. Cette tension intérieure se retrouvera, par la suite, en toute métaphysique. Et l'on peut considérer que la révolution kantienne consistera essentiellement à substituer à une métaphysique considérée comme théorie de l'être une métaphysique définie comme théorie de la connaissance.

Transformation de la métaphysique

Le dieu créateur et la preuve ontologique

L'idée judéo-chrétienne d'un dieu créateur de toutes choses va contribuer à l'identification de la métaphysique et de la théologie, mais en un sens différent de celui d'Aristote. Pour Aristote, Dieu n'était cause du monde qu'à titre de cause finale du mouvement qui tend vers lui. Cela laissait intact le problème posé par Parménide, problème du rapport de l'unité de l'être et de la multiplicité des choses qui sont. Pour les penseurs chrétiens, au contraire, Dieu est le créateur, la cause directe de l'existence de tous les êtres. De ce fait, le problème de Parménide disparaît, et la théorie de l'être se trouve profondément transformée. Si, en effet, tous les êtres sont des dépendances et des effets de l'Être premier, si Dieu seul mérite, au sens absolu, le nom d'être, la métaphysique, comme science de l'être en tant qu'être, devra devenir la science de Dieu, et se réduire, cette fois totalement et sans réserves, à la théologie.

En une telle perspective devait naître ce que Kant appellera plus tard l'argument ontologique, argument que l'on peut considérer comme essentiel à la métaphysique moderne, puisqu'on le retrouvera chez Descartes, chez Spinoza, chez Malebranche, chez Leibniz, et même, en un sens différent il est vrai, chez Hegel et les post-kantiens. Dieu apparaît, en cet argument, comme l'être absolu, l'être que, d'aucune façon, on ne saurait nier, l'être qui existe par soi, l'être qui contient en lui-même sa propre raison d'être, l'être, comme le dira Spinoza, dont l'essence enveloppe l'existence. Et cet être est aussi celui dans lequel la pensée s'enracine, celui qui lui permet de sortir de soi, de porter sur les choses, de se découvrir comme pensée du réel.

L'argument dit ontologique (rappelons encore que ce nom lui fut donné par Kant) est formulé pour la première fois par saint Anselme, en son célèbre Proslogion. Aux yeux d'Anselme, seul l'insensé, c'est-à-dire celui qui est privé de raison et ne craint pas d'énoncer des affirmations contradictoires, peut déclarer que Dieu n'est pas. Dieu est en effet l'être tel que rien de plus grand ne peut être conçu. Il suffit qu'une telle définition soit comprise pour qu'il soit établi qu'un tel être existe au moins à titre d'idée, au moins « dans l'esprit ». Mais si un tel être n'existait que dans l'esprit, on pourrait en concevoir un plus grand, à savoir un être semblable existant aussi en fait. Il faudrait donc dire que l'être tel que rien de plus grand ne peut être conçu n'est pas l'être tel que rien de plus grand ne peut être conçu, ce qui est la contradiction même. L'être tel que rien de plus grand ne peut être conçu existe donc, et dans l'esprit, et en fait. Et cet être est Dieu.

Descartes reprendra l'argument en lui donnant une forme mathématique : l'existence de Dieu résulte de sa définition comme il résulte de la définition du triangle que la somme de ses angles est égale à deux droits. Pour Malebranche, il s'agira d'une preuve de simple vue. Aux yeux de Leibniz, l'existence paraîtra analytiquement contenue dans l'idée de Dieu. Spinoza insistera sur le fait que Dieu est cause de soi. Mais, pour tous ces philosophes, la notion d'être va bien rejoindre celle de Dieu, avec laquelle elle se confond. C'est pourquoi, quand il voudra condamner la métaphysique dogmatique, Kant estimera que sa démarche est tout entière calquée sur la preuve ontologique. Réfuter cette preuve, démontrer l'inanité des raisonnements métaphysiques, séparer l'affirmation de l'être de l'affirmation de Dieu, soustraire l'être à la pensée, tout cela, pour Kant, ne fera qu'un.

Métaphysique et théologie chez saint Thomas

Pourtant, les philosophes du Moyen Âge sont loin d'accueillir unanimement la preuve ontologique : en particulier, l'argument de saint Anselme est rejeté par saint Thomas. Par la preuve ontologique, en effet, l'esprit humain semble s'installer d'emblée dans l'être, se passant non seulement du recours à la révélation, mais encore de l'expérience du monde. La raison thomiste se montre plus modeste. C'est à partir du monde, et par la preuve cosmologique, qui invoque la nécessité d'une cause du monde, qu'elle s'élève à Dieu.

Mais, chez tous les philosophes du Moyen Âge, Dieu, quelle que soit la voie par laquelle on l'atteint, demeure l'Être suprême, le seul être qui soit au sens plein de ce mot : la métaphysique reste donc confondue avec la théologie. Si Dieu est l'Être des êtres, comment pourrait-il y avoir en effet, en dehors de la science de Dieu, une science de l'être en général, telle que la voulait encore fonder Aristote ?

En revanche, et cette fois par extension, la métaphysique porte, chez saint Thomas, sur tout ce qui manifeste le surnaturel, étant entendu que tout ce qui est surnaturel est, en quelque mesure, divin. L'âme en tant qu'immortelle, les anges sont donc les objets de la métaphysique, objets immatériels, non sensibles, et, comme le dit saint Thomas, transphysiques (transphysica). La métaphysique devient alors la science de Dieu et de tout ce qui se rattache directement au divin.

Est-ce à dire que la métaphysique thomiste soit identique à la théologie révélée ? Bien au contraire, si elle a le même objet, elle en diffère par la méthode, elle n'use que des ressources naturelles à l'esprit humain, elle ne met en œuvre que la seule raison. Ainsi se distingueront toujours, et pour les philosophes chrétiens eux-mêmes, l'aspiration religieuse et l'aspiration métaphysique au surnaturel. La métaphysique appartient à la philosophie. Et la théologie métaphysique constitue ce que l'on a appelé, ce que Kant appellera encore, la théologie rationnelle.

Chez saint Thomas, cependant, une telle théologie ne peut prétendre à une totale indépendance : elle doit se subordonner à la théologie révélée. Et c'est la théologie révélée qui fournira souvent la solution de problèmes qui, pour notre seule raison, seraient définitivement insolubles. Une telle conception se retrouvera chez Malebranche et chez Pascal, estimant tous deux que le péché originel peut seul rendre compte des caractères contradictoires de la nature humaine. Ainsi, bien avant Kant, qui examinera cette difficulté en sa première antinomie, saint Thomas remarque que notre raison ne saurait décider si le monde a eu, ou non, un commencement dans le temps. À s'en tenir aux évidences naturelles, on peut fournir des arguments tant en faveur de la thèse de l'éternité qu'à l'appui de l'affirmation d'un début temporel de l'univers. Seule la foi, révélant que le monde a été créé, permet ici d'atteindre une vérité que, livré à ses seules forces, l'entendement humain ne saurait établir.

Il faudra donc attendre Descartes pour que la métaphysique redevienne purement rationnelle. Un Dieu découvert par la seule raison justifiera alors, par sa véracité, la raison elle-même. Et le xviie siècle sera le siècle des systèmes métaphysiques qui, demeurant théologiques, seront cependant libérés de tout appel à la révélation.

Du retour à la raison au discrédit de la métaphysique

La métaphysique de Descartes

La métaphysique de Descartes peut être considérée comme la source de toute métaphysique moderne. Il convient pourtant de remarquer ce que cette métaphysique a d'ambigu. On pourrait même prétendre que la métaphysique cartésienne est moderne dans la mesure où nous lui conférons un sens que Descartes, en son intention explicite, ne lui a pas clairement donné. En présentant l'ouvrage qui porte en latin le titre de Meditationes de prima philosophia, et en français celui de Méditations métaphysiques, Descartes annonce en effet que l'on y trouvera avant tout la démonstration de l'existence de Dieu et celle de l'immortalité de l'âme, ou, du moins, de la distinction de l'âme et du corps. C'est là conserver à la métaphysique sa définition médiévale : elle demeure bien la science de ces réalités invisibles et « transphysiques » que saint Thomas tenait pour ses objets propres. Elle est, pourrait-on dire, la science des objets immatériels.

Mais il faut convenir que Descartes ne consacre pas beaucoup de temps à l'étude positive de tels objets. De Dieu, il n'affirme guère que l'existence, l'infinité et la véracité. De l'âme, il se contente de dire qu'elle est pure pensée, distincte du corps. En fait, le Dieu de Descartes apparaîtra surtout comme le fondement et le garant d'une connaissance dont l'âme constituera le sujet. De ce fait, la nature même du savoir métaphysique sera profondément modifiée. Jusque-là, la métaphysique était savoir suprême. Avec Descartes, elle devient la racine de tout savoir.

« Toute la philosophie, écrit Descartes dans la lettre-préface de l'édition française des Principes de la philosophie, est comme un arbre, dont les racines sont la métaphysique, le tronc est la physique, et les branches qui sortent de ce tronc sont toutes les autres sciences. » Dans cette mesure, Descartes abandonne ce qu'on a appelé la métaphysique spéciale, étudiant ces objets spécifiés que sont, par exemple, l'âme et Dieu, et revient à une métaphysique générale, réfléchissant sur l'Être qui est à l'origine de tous les êtres, à la source de toute science et de toute réalité. Et sans doute, de la conception médiévale, Descartes garde-t-il l'idée que cet Être est un dieu créateur. Mais c'est aussi, et avant tout, un dieu véridique, un dieu qui garantit mes idées claires, et la prétention de mon esprit à atteindre le réel. Ce dieu se trouve à l'origine de tout savoir.

Chacun de ces deux aspects de la métaphysique cartésienne aura, dans la suite de l'histoire des idées, un sort bien différent. Nul ne prouve plus, aujourd'hui, l'immortalité de l'âme par des arguments empruntés aux Méditations, nul n'invoque plus à l'appui de sa foi les preuves que Descartes propose pour établir l'existence de Dieu. En revanche, la primauté de l'esprit sur l'objet, établie par Descartes, paraît toujours actuelle : elle annonce, en particulier, ce qu'on appellera chez Kant la révolution copernicienne, substituant à une explication de la connaissance opérée à partir de l'objet une explication partant du sujet ; elle rend possible tout ce qui, dans la philosophie contemporaine, dépend encore de cette révolution.

En dépit de son titre et de l'apparence, la métaphysique cartésienne n'a donc rien de médiéval. Elle n'est pas étude de Dieu, de l'âme et du monde. Elle est la mise en place de ces trois réalités, entre lesquelles elle établit une hiérarchie nouvelle, tout aussi contraire à celle de la scolastique qu'à celle du sens commun. Pour nous tous, en effet, ce qui semble le plus évident est le monde. L'âme paraît douteuse, et Dieu n'est l'objet que d'une difficile croyance. Or, par le doute, Descartes met d'abord en question l'ensemble des objets perçus, et la connaissance scientifique elle-même. Par la prise de conscience de ce doute, le moi pensant découvre son être propre, et devient notre première certitude ; notre âme, comme le dit Descartes, paraît ainsi plus aisée à connaître que notre corps. Réfléchissant sur soi, notre esprit découvre enfin l'idée de l'infini, à partir de laquelle il s'élève à l'existence même de Dieu, créateur de ma pensée et de toutes choses. La véracité divine fonde alors le droit qu'a notre raison de s'exercer sans contrainte, et son pouvoir d'atteindre la vérité. Et c'est à partir de cette garantie que le monde matériel lui-même pourra être retrouvé. En sorte que l'ordre commun des évidences se trouve bouleversé.

Ici, quelque chose commence, et les démarches qu'effectue Descartes, les réalités qu'il invoque, si elles sont encore désignées par des mots empruntés au vocabulaire ancien, prennent un sens nouveau. Le doute cartésien n'est pas doute sceptique, le sujet qu'affirme la « Méditation seconde » n'est pas ce sujet humain qui, pour les Grecs, n'était source que de l'erreur. L'esprit connaissant, découvrant ses pouvoirs, se trouve mis à la première place, et Kant n'aura plus qu'à reprendre et à approfondir son analyse pour y découvrir les conditions de possibilité de tout objet.

La métaphysique cartésienne innove aussi en ce que, loin d'être connaissance théorique et purement intellectuelle, elle est méditation et réflexion vécue. C'est par une expérience temporelle que l'esprit découvre qu'il est la condition de tout ce qu'il connaît et peut connaître. Cette insertion de la temporalité dans l'essence même de la découverte annonce Hegel. D'autre part, comme on le voit dans la célèbre analyse dite du morceau de cire, Descartes inaugure l'analyse transcendantale des conditions de notre perception. Il affirme à la fois que la conscience connaissante n'est qu'une manifestation de l'Être, auquel elle doit demeurer soumise, et qu'elle est supérieure à tout ce qui, apparaissant d'abord comme Monde, se révèle à titre d'objet connaissable. En ce sens, la démarche cartésienne ne saurait être dépassée, et ce n'est pas par hasard que Husserl intitulera l'un de ses ouvrages Méditations cartésiennes.

Et, pourtant, il faudra attendre Kant pour que la métaphysique de Descartes porte vraiment de tels fruits, fruits qui, du reste, seront méconnus par Kant lui-même. Dans les systèmes qui succèdent à la métaphysique de Descartes, chez les philosophes qu'on a coutume d'appeler les cartésiens, le mouvement essentiel qui animait les Méditations se trouve perdu : on ne rencontre plus ni le doute, ni le cogito. Rendue par Descartes à sa certitude, la raison humaine, oubliant la démarche par laquelle elle s'est libérée, a l'ambition de tout connaître ou, du moins, de donner une image exacte du tout de l'univers. C'est la période des grands systèmes, que beaucoup considèrent à tort comme l'expression la plus achevée de la métaphysique.

Les grands systèmes

On a souvent dit que la seconde moitié du xviie siècle fut l'âge d'or de la métaphysique. C'est vrai en un sens, car jamais on ne vit proposer tant d'explications de l'univers, ordonnées, cohérentes et profondes. Cette époque est celle des grands systèmes de Malebranche, de Leibniz, de Spinoza. Et, pourtant, cette apogée de la métaphysique est l'annonce de son prochain déclin.

Selon Malebranche, la raison aperçoit directement les idées en Dieu. Consulter sa raison, c'est consulter le Verbe, qui répondra toujours à nos interrogations attentives, l'attention étant une sorte de prière naturelle que l'esprit adresse à Dieu pour découvrir la vérité. Il nous est donc possible de pénétrer les desseins mêmes de Dieu. Malebranche prétend nous apprendre pourquoi Dieu a créé le monde, pourquoi il n'agit que par des lois générales, et à partir de quoi s'expliquent toutes les imperfections apparentes, les désordres, les douleurs et les monstruosités. En un tel système, c'est la totalité de ce que nous constatons qui se trouve justifiée. Mais, par là même, surnaturel et naturel tendent à se confondre, et l'objet dernier de notre connaissance devient cet univers étalé dans l'espace, dont la science découvre la structure et les lois. Le système de Malebranche tend au naturalisme. Autant qu'une métaphysique, il nous présente une cosmologie.

Selon le « principe de raison suffisante », Leibniz estime que, de toute chose, il est possible en droit de rendre raison. Mais les raisons dernières des choses ne se découvrent pas dans le plan du mécanisme. Métaphysiquement considéré, le monde est composé de substances spirituelles, ou monades, qui sont les sujets auxquels peuvent être logiquement attribués tous les événements qui leur adviennent. À une analyse infinie, toute proposition vraie apparaîtrait donc comme totalement rationnelle. Et sans doute Dieu, seul capable d'une telle analyse, a-t-il eu le choix, au moment de la création, entre une infinité de mondes possibles. Mais le principe du meilleur, que, dans sa bonté, il devait nécessairement suivre, l'a, cette fois, moralement déterminé à choisir et à créer le meilleur des mondes possibles. Une fois encore, il peut donc être rendu raison de tout, et le système proposé par le philosophe se donne comme le système même de l'univers.

Une même ambition se fait jour chez Spinoza, qui veut, par la connaissance, nous conduire à la liberté, à la béatitude et au salut. Dieu est la substance unique des choses. Nous connaissons deux de ses attributs, l'étendue et la pensée. Chacun se développe indépendamment de l'autre, et une infinité de modes peuvent en être déduits. Mais l'ordre et la connexion des idées ne font qu'un avec l'ordre et la connexion des choses. En sorte qu'en enchaînant ses pensées dans l'ordre dû, qui est celui de la raison, l'esprit pensera par idées adéquates, et en complète conformité avec le réel. Et, l'idée qu'il prendra de lui-même coïncidant avec celle que Dieu a de lui, il expérimentera sa propre éternité.

Il est clair que ces brèves indications ne tendent en rien à révéler la profondeur et la richesse des grands systèmes métaphysiques de la seconde moitié du xviie siècle. Elles veulent seulement mettre en lumière l'ambition rationaliste qui les inspire, ambition qui, aux yeux de la plupart, est le caractère essentiel de l'entreprise métaphysique. Les philosophes de cette époque pensent avoir atteint la vérité absolue : l'ordre qu'ils nous proposent pour enchaîner nos idées leur paraît être l'ordre même du réel.

Et c'est pourquoi l'on peut penser que cette apparente victoire de la métaphysique n'est en réalité que défaite de la véritable métaphysique. Elle l'est, d'abord, en ce que les systèmes proposés s'opposent entre eux : Malebranche, Leibniz, Spinoza prétendent nous enseigner ce qu'est le monde en sa réalité dernière. Mais chacun nous en donne une image différente. En outre, les systèmes de ces auteurs sont en grande partie des systèmes de l'objet : en ce sens, ils apparaissent, plus encore que comme métaphysiques, comme des systèmes physiques, des systèmes de la nature. Or, au même moment, l'étude de la nature est entreprise par une science qui réalise chaque jour de nouveaux progrès, grâce à une méthode patiente et à des expériences sans cesse renouvelées. En face des conquêtes plus modestes, mais plus solidement établies de la science, les grands systèmes de Malebranche, de Leibniz, de Spinoza vont donc apparaître comme des rêves, inspirés par l'oubli des limites de l'esprit humain. Avec le xviiie siècle on verra, au succès des systèmes, succéder le discrédit de la métaphysique.

L'empirisme

Le discrédit de la métaphysique au xviiie siècle a revêtu bien des aspects. Il prend parfois celui du scepticisme ou de l'agnosticisme : les problèmes posés par la métaphysique sont alors tenus pour insolubles et, en tout cas, comme étant au-dessus des pouvoirs de la raison humaine. Un certain esprit scientiste se développe d'autre part : on attend de la science, et d'elle seule, tout progrès positif de la connaissance. Tout cela apparaît chez Voltaire, qui se moque des métaphysiciens, chez Diderot, chez la plupart des Encyclopédistes. Au rationalisme doctrinal, affirmant que le fond de l'être est raison, succède alors un rationalisme méthodique, faisant de la raison, non la mesure de l'être, mais celle de notre connaissance. Et cette raison même est tenue, non point, comme chez Platon ou chez Malebranche, pour une faculté capable de nous donner l'intuition de l'être, mais pour le moyen d'organiser nos expériences et nos pensées. Pourtant, le xviiie siècle n'abandonne pas toute philosophie, au sens traditionnel de ce mot. Mais sa philosophie est empiriste et critique, elle dérive de Locke et de Condillac. Aussi son histoire est-elle marquée par la destruction des deux notions fondamentales sur lesquelles semblait reposer la métaphysique classique : la notion de substance, celle de cause. Berkeley ruine la notion de substance matérielle, Hume celles de substance spirituelle et de causalité.

Berkeley est lui-même un métaphysicien. Il nous présente un univers composé d'âmes, âmes que Dieu affecte de ces sensations qui composent pour nous le monde. Mais la méthode de Berkeley est empiriste et critique. Elle rejette avant tout les idées abstraites, idées que Locke avait admises pour expliquer le fait du langage. Berkeley remarque qu'aucune idée abstraite ne saurait se découvrir sans l'intuition de l'esprit. Peut-on se représenter une couleur qui ne serait aucune couleur particulière, peut-on se représenter un cheval qui ne serait ni grand, ni petit, ni blanc, ni noir, ni brun ? Or une telle critique, appliquée à l'idée de matière, révèle en elle une absence totale de contenu. Quand nous parlons de matière, nous ne saurions rien concevoir qui ne soit sensation, perception, ou idée de l'esprit. Seuls donc existent, comme substances, des esprits : l'existence du monde est celle de leurs idées.

Mais Hume, reprenant la méthode de Berkeley, l'applique à son tour à la notion de substance spirituelle. Quand je me retourne vers moi-même, je n'aperçois qu'une série d'états, et non ce moi, un et identique, ce moi substance, cette âme que Descartes avait cru découvrir. Dieu ne saurait davantage être prouvé avec certitude. Voilà donc la métaphysique privée de ses objets.

Nous ne saurions non plus atteindre, au sens métaphysique, une cause. Analysant cette idée, Hume établit que nous ne trouvons jamais, dans l'antécédent, la raison du conséquent. Nous ne percevons pas non plus de productivité, d'action passant du phénomène-cause au phénomène-effet. Seule nous est offerte une succession. Mais la constatation répétée de couples de faits développant l'habitude d'attendre l'un des termes lorsque l'autre est donné, le sentiment que nous prenons de cette attente engendrent en nous l'idée de causalité : c'est dans cette impression de transition espérée et facile que réside tout ce qu'il y a de positif dans l'idée de cause.

Ainsi se trouve consommée la ruine de la métaphysique. Chez Malebranche, chez Leibniz, le monde était soutenu par Dieu. Avec Hume, sa structure semble reposer tout entière sur le sujet humain. Or ce sujet n'est pas encore, ce qu'il sera chez Kant, un sujet transcendantal. C'est un sujet fait d'habitudes et de sentiments, c'est un sujet nature. La nature semblant se suffire, il n'y a plus de place pour cet appel à l'au-delà de la nature, qui constitue l'essence de la métaphysique.

Kant et le problème de la métaphysique

L'activité du sujet et la science

Il est clair, cependant, que le naturalisme du xviiie siècle aboutit à quelque scepticisme. Pourquoi les mêmes faits se suivent-ils toujours ? Pourquoi notre attente causale est-elle satisfaite ? Ces questions, Hume ne les pose pas ou les tient pour insolubles. Il y a, entre l'homme et la nature, une certaine harmonie, dont on semble alors se contenter.

Kant ne s'en contente pas. Il aperçoit que la théorie de Hume n'explique en rien l'universalité et la nécessité des lois que découvre la science. Car la science existe, et le rôle de la philosophie est de découvrir comment elle est possible. La philosophie kantienne fondera donc la science. Et, dans cette mesure, elle constituera une nouvelle métaphysique, que l'on pourrait appeler métaphysique critique. Le sujet auquel s'élève cette métaphysique n'est ni le Dieu de Descartes, ni le sujet, psychologique et naturel, qu'invoquait Hume. Son activité est transcendantale, et c'est comme telle qu'elle rend possibles les « jugements synthétiques a priori » qui constituent notre savoir. L'esthétique transcendantale découvre, en notre sensibilité, ces formes a priori que sont l'espace et le temps, formes auxquelles toute chose, pour être perçue, doit se soumettre. L'analytique transcendantale étudie la formation de l'objet de la connaissance par le pouvoir unificateur de l'entendement : celui-ci applique ses catégories au divers fourni par la sensibilité, et, sans cette synthèse, nul objet ne saurait nous apparaître comme réel. Mais il faut y prendre garde : l'existence dont Kant décrit ici la constitution n'est pas l'existence en soi, l'existence que croyaient atteindre les anciennes métaphysiques. Elle n'est pas l'être. C'est l'existence, purement phénoménale, de l'objet scientifique. Or Kant oppose au phénomène le noumène, et la chose en soi.

Il y a donc quelque abus à considérer, comme on le fait souvent aujourd'hui, la critique kantienne comme une métaphysique positive, révélant comment le sujet transcendantal constitue l'« être » de l'objet. Il faut rappeler au contraire que jamais, selon Kant, un être véritable n'est constitué par l'activité, fût-elle transcendantale, du sujet, et que le sujet transcendantal lui-même n'est jamais affirmé par Kant comme un être. Et c'est pourquoi, après l'esthétique et l'analytique transcendantale, Kant place sa dialectique transcendantale, tout entière consacrée à la critique de la métaphysique, et, particulièrement, à la réfutation de l'opinion selon laquelle nous pourrions atteindre l'être du sujet.

La critique kantienne de la métaphysique

Mais il ne faudrait pas croire non plus, comme on le faisait couramment à la fin du xixe siècle, que l'intention de Kant ait été de ruiner la métaphysique pour laisser toute place à la science. À vrai dire, Kant, à l'époque où il écrit, constate que l'ancienne métaphysique est abandonnée de tous : il n'aura donc pas à la détruire, puisque personne n'y croit plus. Ce qu'il veut, c'est comprendre les raisons de cet échec, tout comme il a découvert les raisons du succès des sciences. Et, dans les deux cas, son effort porte sur l'étude des jugements synthétiques a priori. Car on trouve de tels jugements en métaphysique aussi bien qu'en mathématiques et en physique. Mais alors que, dans les sciences, l'activité de l'entendement s'exerce sur un donné sensible qu'elle unifie, l'activité rationnelle qu'on peut découvrir à la source de la métaphysique ne porte sur aucune intuition : elle s'exerce donc à vide. La métaphysique n'est pas parvenue à se constituer. Elle n'existe qu'à titre de « disposition naturelle ». Et cette disposition naturelle n'engendre que l'illusion.

Cette position du problème est tout à fait nouvelle. Le xviiie siècle avait pris, vis-à-vis de la métaphysique, une attitude purement négative, rattachant ses constructions au besoin de croire, et à une sorte de délire affectif. Kant, au contraire, voit dans la métaphysique le fruit d'une exigence purement rationnelle. Et c'est la source rationnelle de la métaphysique qui explique que l'illusion dont elle est faite ne puisse être véritablement réduite. Elle persiste après sa réfutation. Elle n'en est pas moins une illusion.

Les pseudo-connaissances forgées par la raison humaine en ce qui concerne l'âme, le monde et Dieu constituent ce que Kant appelle l'apparence transcendantale. Cette apparence résulte de l'illégitime extension, hors de toute intuition, de nos concepts. Et cette extension même se produit sous l'influence de principes qui, comme le dit Kant, « repoussent les bornes de l'expérience » et « commandent même de les franchir ». Ces principes, dits transcendants, sont ceux mêmes de la raison : ils nous conduisent à des idées dont l'objet ne peut être donné dans aucune expérience. On peut en ce sens parler de concepts de la raison, ou d'idées transcendantales. Kant les déduit a priori des fonctions mêmes du raisonnement syllogistique. Et il retrouve ainsi, avec le moi, le monde et Dieu, les divisions classiques de la métaphysique traditionnelle : psychologie rationnelle, cosmologie rationnelle, théologie transcendantale.

Par l'examen des paralogismes de la raison pure, Kant entreprend la critique de la psychologie rationnelle. Selon lui, c'est par un sophisme qu'on s'élève du « je pense » au « je suis », et donc à l'existence de l'âme. La critique de toute cosmologie qui se voudrait ontologique est fondée sur l'examen des antinomies : si elle pose le monde comme chose en soi, la raison est nécessairement conduite, en ce qui le concerne, à des thèses et à des antithèses nécessaires, et pourtant contradictoires. Enfin, dans son étude de l'idéal de la raison pure, Kant établit la non-validité de toutes les preuves de l'existence de Dieu.

L'intention de Kant n'est pourtant pas de nier l'immortalité de l'âme ou l'existence de Dieu. Il retrouvera ces vérités par une autre voie, celle de la morale. Il les posera alors par les postulats de la raison pratique. Mais elles ne seront pas, à ses yeux, l'objet d'une véritable connaissance. C'est en ce sens que Kant a pu écrire qu'il avait voulu abolir le savoir pour laisser place à la foi. Comme prétention à la connaissance rationnelle de l'au-delà de l'objet scientifique, la métaphysique est donc condamnée.

Renaissance et négation de la métaphysique

Des post-kantiens à Bergson

Dans la critique même qu'il présentait de la métaphysique, Kant mettait en lumière le pouvoir constructeur de la raison. C'est l'idée de ce pouvoir que reprend Hegel pour affirmer, selon sa formule célèbre, que tout ce qui est rationnel est réel, que tout ce qui est réel est rationnel. On retrouve ici l'équivalent de la métaphysique spinoziste : l'ordre des idées est l'ordre même des choses, et en suivant son propre mouvement, la raison construit l'univers. L'erreur de Spinoza, aux yeux de Hegel, a seulement été de se faire de la raison une conception mathématique. Or le raisonnement mathématique reste extérieur à son objet. Mais que l'on aperçoive que la marche de la raison est dialectique, et l'on verra que le devenir de l'histoire n'est autre que celui de l'esprit. Se recueillant en lui-même, et repensant l'histoire, l'esprit parviendra donc au savoir absolu. Car, selon Hegel, l'absolu n'apparaît qu'à la fin. Il est essentiellement résultat.

Bien que Hegel emploie peu volontiers le mot « métaphysique », que même il prend souvent en mauvaise part, la philosophie de Hegel, aboutissant au savoir absolu, et prétendant découvrir le sens dernier de tout ce qui est, est bien une métaphysique. On peut en dire autant de celle de Fichte, de celle de Schelling, de celle de Schopenhauer identifiant à la volonté cette chose en soi que Kant tenait pour inconnaissable. La première moitié du xixe siècle a été nommée l'époque des systèmes, et il est tout à fait remarquable de voir, après la critique kantienne de la métaphysique systématique, renaître avec cette vigueur les systèmes métaphysiques.

Mais on peut aussi s'opposer au kantisme d'un autre point de vue, et essayer de constituer une métaphysique échappant à sa critique, en découvrant pour elle cette expérience que Kant déclarait lui manquer. C'est ce que fera Bergson. Pour Bergson, l'être se découvre dans le devenir même de la conscience. Rejetons la division spatialisante de la technique, la division conceptuelle et symbolique de la science et du langage, et nous retrouverons, en cette sympathie par laquelle on se transporte « à l'intérieur d'un objet pour coïncider avec ce qu'il a d'unique et par conséquent d'inexprimable », l'expérience métaphysique. Car la métaphysique est, selon Bergson, « la science qui prétend se passer de symboles ». Elle est coïncidence pure, et abolit toute distance entre le sujet et l'objet. En elle se découvre l'élan d'une durée créatrice, d'un sujet qui transcende le moi et rejoint l'action divine, jaillissement permanent et source d'imprévisible nouveauté.

Le positivisme et le marxisme

La critique kantienne est la dernière des critiques proprement philosophiques de la métaphysique. Au xixe siècle, la métaphysique ne sera plus véritablement critiquée, mais souvent contestée et niée. Ainsi, pour condamner la métaphysique, Marx aussi bien que Comte se placent en dehors d'elle et refusent de considérer ses problèmes.

Le marxisme rejette la métaphysique pour plusieurs raisons. Tantôt il voit dans ses constructions des idéologies, dont il prétend découvrir les racines en des intérêts de classe. Tantôt il juge que le souci métaphysique nous détourne des tâches plus urgentes de la transformation sociale et de la révolution. Tantôt enfin il estime que les problèmes métaphysiques ne pourront être correctement posés que dans une société où l'homme sera délivré de toute aliénation.

C'est au nom de la science que le positivisme de Comte rejette la métaphysique. Selon Comte, l'esprit humain passe, en chaque ordre de connaissance, par trois états. Le premier est l'état théologique : l'homme cherche alors les causes des phénomènes dans des volontés semblables aux volontés humaines, dans l'intervention de dieux. Dans le deuxième état, dit état métaphysique, les agents surnaturels sont remplacés par des entités abstraites, tenues pour capables d'engendrer par elles-mêmes tous les phénomènes observés. Enfin, avec l'état positif, l'esprit parvient à une conception scientifique, et, selon Comte, définitive et suffisante du réel. Renonçant à atteindre les choses en soi, l'homme se borne à l'observation des phénomènes, c'est-à-dire de ce qui lui est donné. Renonçant à trouver des causes, il établit des lois, lui permettant d'agir sur le monde. Aux yeux de Comte, par conséquent, l'ère métaphysique est définitivement terminée. Enfin dans les pays anglo-saxons, la « philosophie analytique », qui a succédé au « positivisme logique », tient toutes les affirmations métaphysiques pour autant de non-sens.

Actualité de la métaphysique

Hamelin, Husserl et Heidegger

Mais, de même qu'elle a résisté à la critique qu'en présentait Kant, la métaphysique survit à ses négations, marxistes ou positivistes. Il est de fait que la philosophie contemporaine est tout entière métaphysique, ou pénétrée de métaphysique. L'idéalisme d'Octave Hamelin est bien une métaphysique. On le trouve à la source de ce qu'en France on a appelé la « philosophie de l'esprit ». Hamelin, écrit René Le Senne, « enseigne expressément que rien ne peut s'introduire du dehors dans l'esprit, qui est tout et plus que tout ». Louis Lavelle réfléchit sur l'expérience de l'être qu'on peut trouver à l'origine de toute pensée. Gabriel Marcel essaie de cerner ce qu'il appelle le « mystère ontologique », et écrit un Journal métaphysique.

Les études de Husserl sur la « conscience donatrice originaire » et l'« intentionnalité » sont également métaphysiques. Et l'on sait quelle influence la phénoménologie de Husserl a exercée tant sur l'existentialisme allemand que sur l'existentialisme français : L'Être et le Néant de Sartre, la Phénoménologie de la perception de Merleau-Ponty sont bien des ouvrages de métaphysique.

Heidegger, il est vrai, s'efforce d'effectuer une remontée régressive vers les fondements de la métaphysique, fondements qu'il dit, de ce fait, non métaphysiques. Mais chercher les fondements de la métaphysique, explorer ce sol où plongent les racines de la métaphysique, ou, plus exactement, cette racine de tout savoir qu'est la métaphysique, c'est bien encore faire de la métaphysique. Soucieux du problème de l'être, Heidegger reproche sans doute à la métaphysique occidentale de l'avoir négligé. Cela revient à dire qu'il lui reproche de n'avoir pas été assez métaphysique, d'avoir hérité des préjugés d'une science réduisant le réel à un ensemble d'objets mesurables. Ce en quoi l'on peut penser que Heidegger méconnaît injustement le sens de l'être qu'avaient ses prédécesseurs. Mais on ne saurait nier que la pensée heideggérienne ne réponde au souci essentiel de la métaphysique.

Si donc, malgré les critiques dont elle est l'objet, malgré les attaques qu'elle subit de toutes parts, la métaphysique demeure vivante, il y a lieu de se demander ce qui lui assure cette vitalité. S'agit-il seulement de la permanence d'un besoin humain, de l'anxiété devant le mystère de la mort ou de la destinée ? Ou faut-il reconnaître à la métaphysique une valeur spécifique, telle que sa suppression ou son oubli entraîneraient une mutilation de l'homme ? La métaphysique se contente-t-elle de poser des problèmes ? Ou pouvons-nous découvrir une vérité en ses affirmations ?

Métaphysique et systèmes

Il faut d'abord en convenir : dans la mesure où elle prétend à la totalité, ou au savoir absolu, l'exigence métaphysique est en échec. Elle aboutit alors à la constitution de systèmes, et nul système n'a réussi à s'imposer. Ceux du xviie siècle ont engendré, chez les penseurs du siècle suivant, le scepticisme. Celui de Hegel a provoqué à la fois les protestations de Kierkegaard et les critiques de Marx. L'exigence métaphysique est exigence d'un savoir rigoureux, totalement démontré, et pouvant ainsi s'imposer à l'esprit de tous les hommes. Comment prétendre qu'un système puisse constituer un tel savoir, si les systèmes s'opposent entre eux, et si, au cours de l'histoire de la philosophie, les systèmes n'ont cessé de succéder aux systèmes ?

Mais il n'en faudrait pas conclure que l'échec des systèmes soit nécessairement l'échec de toute métaphysique. La croyance, fort répandue, selon laquelle il en est ainsi vient de ce que l'on a d'abord identifié esprit métaphysique et esprit systématique, ce que rien n'autorise à faire. On a même pu remarquer que, plus encore que métaphysiques, les systèmes sont cosmologiques, ou, avec Hegel, historiques : ce sont des systèmes de l'objet, et il ne peut y avoir, en effet, de systèmes que de l'objet. On tiendra donc les systèmes pour ce qu'ils sont : les fruits de l'ambition, inhérente à l'esprit humain, de connaître et de penser la totalité de l'univers. L'esprit construit alors des ensembles coordonnés d'hypothèses, ensembles dont on peut admirer l'architecture et la cohérence interne, mais qui demeurent inadéquats à la vérité.

Tout système propose un monde. L'exigence métaphysique est celle d'un au-delà du monde : c'est bien ainsi qu'elle est apparue chez Platon s'élevant aux Idées, chez Descartes prouvant Dieu, chez Kant remontant de la connaissance aux conditions a priori de la connaissance. Mais, si cette exigence ne trouve à se satisfaire dans aucun système, où donc découvrira-t-elle cet être vers lequel elle tend ? Celui-ci lui sera-t-il livré en une expérience privilégiée, en une expérience métaphysique ?

Métaphysique et expérience

On a rencontré, en effet, à côté des métaphysiques du système, des métaphysiques de l'expérience, telle celle de Bergson : ici l'intuition, abolissant toute distance entre le sujet et l'objet, prétend donner à l'homme le moyen de se placer au cœur même des choses. Et l'on pourrait soutenir aussi que ce que Spinoza appelle connaissance du troisième genre comporte une expérience immédiate de l'être.

On peut douter, cependant, de la réalité et, même, de la possibilité de telles expériences. Elles constitueraient, en tout cas, des sortes d'états exceptionnels et incommunicables, et, comme tels, étrangers à la philosophie. Comment saurais-je, en effet, en dehors des secours de la raison, que je suis en présence de l'Être ? Tout ce qui peut se présenter à moi comme expérience métaphysique est indiscernable de ce que serait pour moi l'illusion d'une telle expérience. En vertu de leur essence même, l'absolu et l'au-delà ne sauraient être expérimentés. Expérimenté, l'absolu deviendrait relatif ; expérimenté, l'au-delà ne serait plus que naturelle présence.

Mais on dira peut-être que, chez Descartes, la saisie du « je pense » ou la découverte de Dieu constituent des expériences métaphysiques. Il n'en est rien cependant. Chez Descartes, l'expérience saisit toujours un attribut, ou une idée, lesquels renvoient à l'être ou permettent de l'atteindre par voie de démonstration, sans qu'il y ait jamais coïncidence totale de la pensée et de l'être. Même au moment privilégié du cogito, la pensée que j'expérimente me renvoie à l'être de la chose pensante, à la substance dont elle est l'attribut. Quant à Dieu, il se manifeste en nous par son idée, à partir de laquelle il doit encore être prouvé. En sorte que si l'on peut parler, chez les grands rationalistes du xviie siècle, d'une sorte d'expérience métaphysique, il faut ajouter aussitôt que cette expérience constitue une sorte de limite, dont on peut se demander à bon droit si elle n'est pas celle où l'expérience proprement dite laisse la place à la position intellectuelle du concept qui rendra intelligible l'expérience elle-même. Il est, en ce sens, nécessaire de remarquer que toute expérience appelle un au-delà, par lequel elle se qualifie. Mais, de cet au-delà lui-même, on ne saurait avoir d'expérience. Et l'Être, s'il est le fond et l'horizon sur lequel se profile toute expérience, demeure, en sa substantialité, toujours transcendant.

Sur ce point, il faut donc s'en tenir aux sévères leçons du kantisme. Chez Kant, en effet, l'expérience ne saurait se définir qu'au niveau de la construction, par l'esprit, d'un donné sensible. Toute expérience est donc expérience du relatif, le sujet pur et l'objet pur, le sujet construisant et la chose non construite, demeurant par essence inaccessibles. La possibilité même d'une expérience métaphysique semble donc devoir être niée.

Métaphysique et démarche philosophique

Faut-il alors s'en tenir à l'idée que l'exigence métaphysique, si elle est fondamentale chez l'homme, ne saurait, d'aucune façon, être satisfaite ? C'est l'avis de tous ceux qui tiennent la philosophie pour la plus vaine des études, et estiment, avec Pascal, qu'elle ne vaut pas une heure de peine. Mais cette opinion désolante vient de ce que l'on se refuse toujours à comprendre ce qu'est la métaphysique, et quel genre particulier de savoir elle peut atteindre. En vain les philosophes répètent-ils, depuis Socrate, que leur savoir est un non-savoir. Nul ne se donne la peine de réfléchir à ce qu'ils veulent dire.

Pour essayer de le comprendre, il faut remarquer tout d'abord que, s'ils ne peuvent communiquer leur expérience la plus intime, et s'ils diffèrent par leurs systèmes, les philosophes manifestent, par la démarche qu'ils accomplissent, un remarquable accord. Ainsi Platon, décrivant le mouvement du prisonnier de la caverne qui se « retourne » et regarde en arrière pour apercevoir les Idées, Descartes, nous conseillant de mettre en doute le monde qui, d'abord, nous semblait évident pour nous « retourner » vers nous-mêmes, Kant, nous demandant de « retourner » de l'objet au sujet qui le constitue, Husserl, opérant la réduction phénoménologique en mettant le monde entre parenthèses, accomplissent bien un même mouvement. Et ce mouvement, qui est celui même de la métaphysique, consiste en une réflexion grâce à laquelle l'esprit, cessant d'être le prisonnier du monde objectif qui lui semblait d'abord la mesure de l'être, s'élève aux conditions a priori de ce monde lui-même.

Ce retour à l'origine et à la condition, ce retour à l'être constitue-t-il un savoir ? On peut l'appeler ainsi, mais il faut alors ajouter que ce savoir n'est métaphysique qu'autant qu'il ne dégénère pas à son tour en un savoir de type scientifique, ce qui précisément lui advient lorsque le philosophe présente un système. Car, il faut le répéter, un système ne peut être que cosmologique, et les philosophes du système ne nous arrachent à ce monde que pour nous en présenter un autre, composé, comme lui, d'objets. La leçon dernière et éternelle de la métaphysique, c'est que, si ce monde ne prend de réalité et de sens que par rapport à autre chose, cette autre chose n'est pas elle-même un monde. L'objet ne saurait être métaphysiquement expliqué à partir d'un autre objet, ni le monde à partir d'un autre monde. Sinon, la démarche métaphysique devrait être recommencée, pour que soit à son tour fondé et expliqué ce monde nouveau. Cela n'aurait point de fin.

Exprimant la réaction totale de la conscience humaine devant toute situation donnée, devant tout monde objectif, la métaphysique ne saurait nous conduire au repos. Son savoir est donc non-savoir, il est savoir de rien. Mais ce savoir, en apparence négatif, permet de juger tout autre savoir, de situer tout savoir constitué par rapport à l'Être, dont l'idée habite notre conscience. Aussi la vie philosophique recommence-t-elle toujours. La métaphysique n'est pas une science parmi les autres. En nous délivrant de tout dogmatisme, de tout fanatisme, de toute aliénation intellectuelle, elle nous enseigne que nulle doctrine constituée n'est à la mesure de l'être, que nulle science objective n'est, à proprement parler, ontologique, et que nulle connaissance ne contient elle-même son propre fondement.

—  Ferdinand ALQUIÉ

Bibliographie

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Écrit par :

  • : professeur honoraire à l'université de Paris-Sorbonne, membre de l'Institut (Académie des sciences morales et politiques)

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  • Jean-François DUVERNOY
  •  • 711 mots

1993) ; son sous-titre l'annonce comme « essai sur l'origine ». Boutang se situe ici dans la grande tradition, emblématiquement métaphysique, de la question : « pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien », la posant plus ontologiquement même que ne le faisait Leibniz dans De l'origine radicale des choses, puisqu'il réfléchit longuement […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/boutang/#i_7992

BOVELLES CHARLES DE (1478-1567)

  • Écrit par 
  • Pierre MAGNARD
  •  • 1 166 mots

Naître à Saint-Quentin dans une vieille famille picarde, grandir sous la protection de François et Charles de Hallewin, évêques d'Amiens et de Noyon, être l'élève de Jacques Lefèvre d'Étaples au collège du Cardinal-Lemoine avant d'en devenir l'un des maîtres, vivre dans le commerce des Champier, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/charles-de-bovelles/#i_7992

CAJÉTAN TOMMASO DE VIO dit (1469-1534)

  • Écrit par 
  • Bruno PINCHARD
  •  • 1 236 mots

Le plus grand théologien catholique de la Renaissance, Tommaso de Vio, était né à Gaète (d'où le nom qu'on lui donna — Il Caietano), dans une famille noble. Il entra chez les dominicains à Naples en 1484, dans ce même couvent où furent admis, avant lui, Thomas d'Aquin et, après […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/cajetan/#i_7992

CAMPANELLA TOMMASO (1568-1639)

  • Écrit par 
  • Michel-Pierre LERNER
  •  • 2 010 mots

Dans le chapitre « La métaphysique primalitaire »  : […] Une conception triadique de l'être en général (créé et incréé) sous-tend toute la vision campanellienne du réel. Rationalisation évidente de la doctrine théologique des vestiges de Dieu dans la création, elle retrouve à tous les niveaux de l'être, et selon des modalités variables, les trois « proprincipes » ou « primalités » qui essentient Dieu ( […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/tommaso-campanella/#i_7992

CARTÉSIANISME

  • Écrit par 
  • Pierre GUENANCIA
  •  • 1 862 mots

Dans le chapitre « Une pensée inaugurale »  : […] jusqu'à la fin d'alimenter sa pensée, même si celle-ci s'est également attachée à poser et résoudre des questions d'ordre métaphysique en s'efforçant d'y observer la même rigueur que dans les autres sciences, et d'atteindre à une certitude au moins égale à celle des mathématiques. Il démontrera dans les Méditations métaphysiques (1640 en […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/cartesianisme/#i_7992

CAUSALITÉ

  • Écrit par 
  • Raymond BOUDON, 
  • Marie GAUTIER, 
  • Bertrand SAINT-SERNIN
  •  • 13 000 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « Questions métaphysiques »  : […] La causalité constitue un principe dont les philosophes de l'Antiquité ont donné plusieurs formulations. Platon l'énonce ainsi : « Tout ce qui naît naît nécessairement par l'action d'une cause » et précise : « car il est impossible que quoi que ce soit puisse naître sans cause » (Timée, 28 a). Cette seconde proposition passe en […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/causalite/#i_7992

COMTE AUGUSTE (1798-1857)

  • Écrit par 
  • Bernard GUILLEMAIN
  •  • 9 458 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L'idée comtienne de la science »  : […] des opinions individuelles. C'est le moment, désastreux, de l'anarchie ou de la métaphysique. Elle croît sur un déficit des sciences qui n'ont pas encore pris en général conscience de leur essence, ni constitué un système organisé qui réponde à l'exigence d'unité de l'esprit humain. La philosophie positive aura pour tâche de remédier à ces défauts […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/auguste-comte/#i_7992

CONNAISSANCE

  • Écrit par 
  • Michaël FOESSEL, 
  • Yves GINGRAS, 
  • Jean LADRIÈRE
  •  • 9 092 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Mise en question de l'idée de représentation »  : […] Il faudrait évoquer ici la problématique heideggérienne de la déconstruction de la métaphysique, qui contient une mise en question radicale de l'idée de représentation (on remarquera d'emblée que cette mise en question englobe la tentative phénoménologique, interprétée elle-même comme relevant encore d'une « métaphysique de la subjectivité »). […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/connaissance/#i_7992

CONSCIENCE

  • Écrit par 
  • Henri EY
  •  • 10 466 mots
  •  • 1 média

pour les uns, sa « spiritualité » et sa « réalité », ou la vouent, pour les autres, à la critique « matérialiste » qui la nie. Le problème de la conscience est à cet égard le problème central, non seulement de toute psychologie mais de toute métaphysique. Prise dans les antinomies de la raison, la conscience, « organisme de la réalité […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/conscience/#i_7992

CONTINGENCE

  • Écrit par 
  • Bertrand SAINT-SERNIN
  •  • 4 892 mots

Dans le chapitre « Formes composées »  : […] certaines de ses projections scientifiques – en principe d'explication du réel : des métaphysiques de l'ordre par le désordre, de la complexité à partir du simple, de la stabilité par la fluctuation, de la finalité dérivée de la sélection ont eu leur heure de gloire. Elles fondent leurs titres sur des arguments sérieux, en […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/contingence/#i_7992

CRITIQUE DE LA RAISON PURE, Emmanuel Kant - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • François TRÉMOLIÈRES
  •  • 962 mots
  •  • 1 média

Dans la Préface à la première édition de la Critique de la raison pure (1781), Emmanuel Kant (1724-1804) établit un parallèle célèbre entre les progrès des sciences exactes et la confusion qui règne dans la « […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/critique-de-la-raison-pure/#i_7992

DE L'ÂME, Aristote - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • François TRÉMOLIÈRES
  •  • 960 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Entre physique et métaphysique, une pensée du vivant »  : […] dans sa conception, qui ferait l'objet des deux premiers livres. De fait, la question de l'âme se trouve au point d'articulation d'une « physique » et d'une « métaphysique » – ce dernier terme désigne seulement à l'origine ce qui vient dans le corpus aristotélicien « après » la Physique ; mais en l'occurrence il y a bien lieu […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/de-l-ame/#i_7992

DESCARTES RENÉ

  • Écrit par 
  • Ferdinand ALQUIÉ
  •  • 12 478 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Une métaphysique appelée par la science »  : […] Et pourtant, la méthode et la science cartésiennes semblent appeler cette métaphysique qui, dans le système achevé, constituera leur racine. Les critères de vérité invoqués dans les Règles pour la direction de l'esprit sont relatifs non au réel, mais au seul sujet. La simplicité, signe du vrai, n'est jamais pour Descartes celle […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/rene-descartes/#i_7992

DESCHAMPS dom (1716-1774)

  • Écrit par 
  • Jean-Robert ARMOGATHE
  •  • 293 mots

Bénédictin français, né à Rennes, Léger Marie Deschamps semble avoir mené une vie tranquille, comme procureur du petit monastère bénédictin de Montreuil-Bellay, près de Saumur. L'événement le plus marquant de sa vie est sans doute, après 1760, la rencontre d'un protecteur et ami, bientôt d'un disciple, en la personne du […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/dom-deschamps/#i_7992

DÉTERMINISME

  • Écrit par 
  • Étienne BALIBAR, 
  • Pierre MACHEREY
  •  • 9 720 mots

sans déterminisme, où la prévisibilité exacte ne réapparaît que dans des cas exceptionnels « purs » ? [...]Supposer qu'il existe un déterminisme fondamental des phénomènes qui nous resterait caché est une hypothèse métaphysique, un acte de foi, et ce déterminisme ne serait pas celui que le physicien a seul le droit d'envisager et que nous […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/determinisme/#i_7992

DIEU - L'affirmation de Dieu

  • Écrit par 
  • Claude GEFFRÉ
  •  • 7 985 mots

Dans le chapitre « L'objectivisme théologique »  : […] Depuis Kant, le langage religieux sur Dieu n'est plus un discours ontologique au sens où l'entendait la métaphysique réaliste : Dieu n'est plus que le postulat de l'action morale. Et les deux grands théologiens qui ont le plus influencé la théologie moderne, aussi bien catholique que protestante, Karl Barth et Rudolf Bultmann, sont, chacun […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/dieu-l-affirmation-de-dieu/#i_7992

DIEU PREUVES DE L'EXISTENCE DE

  • Écrit par 
  • Lucien JERPHAGNON
  •  • 1 014 mots

Au long de l'histoire de la philosophie, les preuves de l'existence de Dieu varient selon le type d'argument choisi pour les fonder. Le philosophe peut partir de l'expérience qu'il fait de la contingence du monde, et en inférer, se plaçant à différents […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/preuves-de-l-existence-de-dieu/#i_7992

DUNS SCOT JEAN (1266 env.-1308)

  • Écrit par 
  • Maurice de GANDILLAC
  • , Universalis
  •  • 6 225 mots

Dans le chapitre « La foi et la raison (positions comparées de Thomas d'Aquin et de Duns Scot) »  : […] homme, on peut se demander si, du moins dans le statut du péché, la définition même de la métaphysique n'exige point un recours préalable à la foi (et, dans cette perspective, les historiens thomistes, rapprochant le scotisme de l'ockhamisme, y dénoncent parfois des tentations « fidéistes »). Averroès avait défini comme objet propre de la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-duns-scot/#i_7992

EMPIRISME

  • Écrit par 
  • Edmond ORTIGUES
  •  • 13 316 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La croyance chez Kant et chez Hume »  : […] du kantisme postule une nécessité inconditionnelle qui trouvera son expression dernière dans l'idéal transcendantal. L'idéal de la raison impose à la métaphysique de la nature la nécessité a priori d'une synthèse : « La métaphysique, en effet, où l'objet doit toujours être mis en parallèle avec toutes les lois nécessaires de la pensée, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/empirisme/#i_7992

ÉSOTÉRISME

  • Écrit par 
  • Serge HUTIN
  •  • 7 492 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Ésotérisme, gnose, hermétisme »  : […] Une connaissance grâce à laquelle l'homme parviendrait à reconstruire la métaphysique traditionnelle, une et universelle. Il importe tout de suite, pour éviter tout contresens, de préciser que ladite connaissance, dans les perspectives de l'ésotérisme traditionnel, ne constitue pas du tout une « philosophie » au sens […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/esoterisme/#i_7992

ESSAIS ET CONFÉRENCES, Martin Heidegger - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Francis WYBRANDS
  •  • 924 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « « L'essence de la technique n'est rien de technique » »  : […] remontée aux origines de la pensée occidentale lient ces textes en un rapport essentiel. Pour Heidegger, la technique, telle qu'elle se déploie dans la modernité à l'échelle de la planète entière, est complice, quant à son essence, de l'essence impensée de la métaphysique. Complicité difficile, lisible seulement à partir d'une prise en […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/essais-et-conferences/#i_7992

ESTHÉTIQUE & ANALYTIQUE TRANSCENDANTALES

  • Écrit par 
  • Françoise BURGELIN
  •  • 937 mots

Les deux expressions d'esthétique et d'analytique transcendantales désignent l'étude de l'entendement et celle de la sensibilité, saisis dans leur structure a priori, sources de toute notre connaissance des phénomènes. « Transcendantal », vieux terme scolastique, perd chez Kant […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/esthetique-et-analytique-transcendantales/#i_7992

ÉTHIQUE, Baruch Spinoza - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Francis WYBRANDS
  •  • 798 mots
  •  • 1 média

humaine, l'Éthique se déploie selon un plan déductif. Liberté et puissance de connaître sont identiques. Qu'un des plus grands traités touchant les questions de métaphysique s'intitule « éthique » ne doit pas tromper : le but de la connaissance est la béatitude. Celle-ci repose sur la connaissance que nous pouvons […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ethique-baruch-spinoza/#i_7992

ÊTRE, philosophie

  • Écrit par 
  • Giulio GIORELLO
  •  • 4 682 mots

Dans le chapitre « Être, étant, néant »  : […] Dasein ne révèle pas le sens de l'être, mais plutôt le néant de l'existence. La pensée de l'Occident a cherché ce sens en analysant les étants, en identifiant l'être à l'objectivité, c'est-à-dire à la simple présence des étants eux-mêmes ; la « métaphysique » s'est réduite à une « physique » qui a oublié l'être, et qui même a produit l'oubli […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/etre-philosophie/#i_7992

FINITUDE

  • Écrit par 
  • Henry DUMÉRY
  •  • 550 mots

Dans la philosophie grecque, fini et infini forment couple ; ils rendent compte de deux aspects du réel. Le fini, c'est le degré de détermination d'une notion ou d'une chose, ce qui fait qu'elle a un caractère précis, achevé dans son ordre. L'infini, c'est le degré d'indétermination d'une notion ou d' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/finitude/#i_7992

FONDEMENTS DE LA MÉTAPHYSIQUE DES MŒURS, Emmanuel Kant - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • François TRÉMOLIÈRES
  •  • 862 mots

En 1781, la Critique de la raison pure d'Emmanuel Kant (1724-1804) marquait nettement la différence de statut entre les sciences exactes et les sciences humaines. Elle soulignait aussi que toute science se décompose en connaissance a […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/fondements-de-la-metaphysique-des-moeurs/#i_7992

HEIDEGGER MARTIN

  • Écrit par 
  • Jean BEAUFRET, 
  • Alphonse DE WAELHENS, 
  • Claude ROËLS
  •  • 5 249 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Le projet initial de Heidegger »  : […] Mais, avant d'opérer ce passage, certains préliminaires s'avèrent indispensables. Puisque le Dasein est la voie d'accès unique et obligée à l'être, à toute compréhension de tout être, il faudra, pour commencer, que ce Dasein porte l'interrogation sur lui-même, qu'il scrute son propre être et sa relation à tout être. Telle […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/martin-heidegger/#i_7992

HUSSERL EDMUND

  • Écrit par 
  • Gérard GRANEL
  •  • 8 638 mots

Dans le chapitre « La métaphysique moderne et les mathématiques »  : […] et la réouverture d'une dimension « platonicienne » du logique chez le premier Husserl. La première concerne la métaphysique des modernes, déjà plusieurs fois « accusée » de relever d'un exercice naturel ou naïf du pouvoir théorétique. Il y a là en effet quelque chose qui pourrait n'être pas du tout compris, d'une part parce que la mathématique, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/edmund-husserl/#i_7992

HYLÉMORPHISME

  • Écrit par 
  • Édouard-Henri WÉBER
  •  • 939 mots

Théorie philosophique d'Aristote selon laquelle la constitution de tout être relevant du cosmos est expliquée par deux principes corrélatifs : la matière (hylê : bois, matériau de construction) et la forme (morphê […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/hylemorphisme/#i_7992

HYPOSTASE, philosophie

  • Écrit par 
  • Lucien JERPHAGNON
  •  • 321 mots

Du grec hupostasis, ce qui est en dessous, au fond, d'où le sens de dépôt (Aristote), de fondement, de structure, de réalité par opposition à quelque fruit de l'imagination (Aristote). Le terme n'acquiert de sens philosophique que tardivement. L'Épître aux Hébreux, où Jésus-Christ est dit « empreinte de l […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/hypostase-philosophie/#i_7992

IDÉALISME

  • Écrit par 
  • Jean LARGEAULT
  •  • 9 497 mots

Dans le chapitre « Les éléments de la représentation : le sujet et l'objet »  : […] L'idéalisme est étranger à l'Antiquité grecque et au Moyen Âge occidental. Les métaphysiques et les religions orientales portent l'empreinte de l'idéalisme. En Occident, l'idéalisme a été préparé par la réflexion sur le mode d'être des idées et sur les rapports entre l'intelligence et la réalité. Il n'est pas indifférent que […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/idealisme/#i_7992

IMMANENCE ET TRANSCENDANCE

  • Écrit par 
  • Robert MISRAHI
  •  • 4 276 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Le réalisme métaphysique et religieux »  : […] Dans l'esprit de la métaphysique classique, depuis Platon, les deux notions d'immanence et de transcendance sont liées (que ces termes soient présents ou non), s'impliquant l'une l'autre comme des contraires qui s'appellent et s'excluent. L'idéalisme platonicien peut servir de paradigme ou d' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/immanence-et-transcendance/#i_7992

INDIVIDUATION

  • Écrit par 
  • Alain DELAUNAY
  •  • 414 mots

Sur le plan philosophique, et d'une façon très générale, l'individuation désigne le processus d'organisation qui détermine la réalisation d'une forme individuelle complète et achevée. Qu'il y ait une réalité individuelle est une énigme métaphysique. Elle se constate. Comment la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/individuation/#i_7992

INFINI, philosophie

  • Écrit par 
  • Emmanuel LÉVINAS
  •  • 6 339 mots

La philosophie a emprunté la notion de l'infini – corrélative de la notion du fini – à la réflexion sur l'exercice de la connaissance, d'une part ; à l'expérience ou à la tradition religieuse, de l'autre. Ces deux sources déterminent […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/infini-philosophie/#i_7992

INFINI RÉGRESSION À L'

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 838 mots

Parce qu'expliquer c'est remonter du présent à ce qui l'a précédé, du composé au simple, la régression à l'infini est un procédé logique qui tente de rencontrer une limite ou un terme premier ne dépendant plus d'aucune condition. L'impossibilité d'accomplir ainsi la régression, s'agissant d'un tout infini, est un argument […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/regression-a-l-infini/#i_7992

INTELLECT & INTELLIGIBLES

  • Écrit par 
  • Édouard-Henri WÉBER
  •  • 1 724 mots

Du latin intellectus (le terme grec correspondant est nous), l'intellect est le principe de la pensée sous sa forme la plus haute ; à l'époque moderne lui correspondent des termes aux nuances particulières : intelligence, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/intellect-et-intelligibles/#i_7992

ISLAM (La civilisation islamique) - La philosophie

  • Écrit par 
  • Christian JAMBET, 
  • Jean JOLIVET
  •  • 9 001 mots

Dans le chapitre « D'Ibn Sīnā à Ibn Rušd »  : […] : ainsi pour le schème de l'émanation et pour la noétique. Comme chez Fārābī, les êtres célestes procèdent par voie intellectuelle à partir d'un Être premier, mais Ibn Sīnā attribue explicitement une âme à chacun des cieux, d'une façon plus nette donc que ne l'avait fait Fārābī. De même, il conserve comme celui-ci un tableau hiérarchique des […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/islam-la-civilisation-islamique-la-philosophie/#i_7992

KANT EMMANUEL

  • Écrit par 
  • Louis GUILLERMIT
  •  • 13 383 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La métaphysique en question »  : […] La première ambition annoncée par le mot « critique », qui se retrouve dans le titre des trois œuvres capitales de Kant, est celle de décider une bonne fois du sort de la métaphysique, de s'assurer qu'elle est possible et d'en faire une science […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/emmanuel-kant/#i_7992

LANGAGE PHILOSOPHIES DU

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre COMETTI, 
  • Paul RICŒUR
  •  • 23 534 mots
  •  • 7 médias

Dans le chapitre « La conception « analytique » »  : […] assignent à la tâche de clarification une fonction nettement thérapeutique et préventive à l'égard de la spéculation métaphysique, pour autant que celle-ci résulte d'un mésusage des langages naturels, à la faveur d'une liberté linguistique non critiquée et non dominée. Mais l'écart entre ces deux mouvements reste considérable. L'empirisme […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/philosophies-du-langage/#i_7992

LAVELLE LOUIS (1883-1951)

  • Écrit par 
  • Jean-Louis DUMAS
  •  • 373 mots

Métaphysicien français. Professeur à Strasbourg, puis à la Sorbonne (1932-1934), enfin au Collège de France. Louis Lavelle commence par la psychologie philosophique : La Perception visuelle de la profondeur et La Dialectique du monde sensible (Strasbourg, 1921). Son œuvre comprend en outre : La […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/louis-lavelle/#i_7992

LEIBNIZ GOTTFRIED WILHELM

  • Écrit par 
  • Martine DE GAUDEMAR
  •  • 5 065 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Des instruments pour la raison »  : […] d'analyser les notions, de mettre en lumière leur possibilité ou leur contradiction. Mais leur importance est d'abord métaphysique : le philosophe considère que l'univers est lui-même constitué à partir de cet alphabet logique qu'un esprit infini combine et conduit à l'existence en choisissant la combinaison la plus riche et la plus variée. Les […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/leibniz-g-w/#i_7992

LÉVINAS EMMANUEL (1905-1995)

  • Écrit par 
  • Jean GREISCH
  •  • 3 188 mots

Dans le chapitre « Autrui me regarde : l'épiphanie du visage »  : […] Totalité et Infini est un plaidoyer pour une métaphysique renouvelée inséparable d'une phénoménologie. Sa thèse directrice est que « l'essentiel de l'éthique est dans son intention transcendante », qui déborde la distinction habituelle entre théorie et pratique. En reprenant des intuitions de Platon, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/emmanuel-levinas/#i_7992

LIBERTÉ

  • Écrit par 
  • Paul RICŒUR
  •  • 11 646 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Être de l'acte et éthique de l'action »  : […] Mais la philosophie aristotélicienne n'est pas en mesure de résoudre le problème qu'elle-même pose ; finalement, l'acte n'appartient qu'aux êtres sans puissance et sans mouvement, à des êtres éternels et divins ; le seul analogue divin de cet acte pur est à chercher du côté non de l'action vertueuse et de la politique, mais de cette activité sans […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/liberte/#i_7992

LIVRE DE LA GUÉRISON, Avicenne - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • François TRÉMOLIÈRES
  •  • 619 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L'essence et l'existence »  : […] Profond métaphysicien, Avicenne a subi l'influence d'al-Fārābī et de Plotin – assimilée à celle d'Aristote, car les Arabes (et après eux les Latins, jusqu'au xiiie siècle) attribuaient au Stagirite une Théologie qui était en réalité d'origine néo-platonicienne. Le Dieu de la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/livre-de-la-guerison/#i_7992

LUMIÈRES

  • Écrit par 
  • Jean Marie GOULEMOT
  •  • 7 858 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Une anti-métaphysique ? »  : […] Pour définir la « philosophie des Lumières » on avance toujours leur rejet de la métaphysique, réclamé par Voltaire. Rien n'est plus vrai. Mais une telle affirmation risque de conduire à confondre ici cause et conséquence. Ce rejet de la métaphysique, qui trouve ses prémices dans le Dictionnaire historique et […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/lumieres/#i_7992

MARXISME - Le matérialisme dialectique

  • Écrit par 
  • Étienne BALIBAR, 
  • Pierre MACHEREY
  •  • 6 387 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Métaphysique et dialectique »  : […] Le contraire direct de la dialectique, c'est la métaphysique. La métaphysique représente des entités arrêtées, des choses éternelles, se suffisant à elles-mêmes, intransformables ; elle les réfléchit comme des aspects isolés, détachés les uns des autres, c'est-à-dire des abstractions. La conception métaphysique de la matière est donc anhistorique, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/marxisme-le-materialisme-dialectique/#i_7992

MÉDITATIONS MÉTAPHYSIQUES, René Descartes - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • François TRÉMOLIÈRES
  •  • 988 mots

Les Méditations métaphysiques (Meditationes de prima philosophia, 1641) sont la première œuvre proprement philosophique de Descartes (1596-1650), et d'ailleurs le premier ouvrage publié sous son nom. Alors que le Discours de la méthode (1637) garde un caractère de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/meditations-metaphysiques/#i_7992

MÉTASTABILITÉ

  • Écrit par 
  • Alain DELAUNAY
  •  • 1 077 mots

« Ce qui se manifeste, c'est aussi, en premier et le plus souvent, l'apparente stabilité des choses visibles, leur extraordinaire entêtement à demeurer en leur état » (J. T. Desanti, Natura Rerum : ordre ou désordre ?). La stabilité désigne la condition de possibilité de la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/metastabilite/#i_7992

MÉTHODE

  • Écrit par 
  • Jean LARGEAULT
  •  • 9 008 mots

Dans le chapitre « Méthodes et philosophie »  : […] En métaphysique, on raisonne sur des concepts, ce qui exige qu'on accorde une grande attention à leur cohérence. Ainsi on devrait tenir compte que telles ou telles thèses soit s'impliquent, soit se contredisent (par exemple nécessité ou déterminisme sont incompatibles avec une doctrine de la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/methode/#i_7992

MORT - Les interrogations philosophiques

  • Écrit par 
  • René HABACHI
  •  • 7 527 mots

Dans le chapitre « Les doctrines de l'information »  : […] C'est cette « métaphysique expérimentale » que Bergson retrouve à son tour par l'analyse des données immédiates de la conscience, lorsque, critiquant scientifiquement le parallélisme psycho-physiologique, il montre que la conscience et la mémoire sont plus riches que le corps qui les conditionne. L'élan vital qui traverse l' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/mort-les-interrogations-philosophiques/#i_7992

MOYEN ÂGE - La pensée médiévale

  • Écrit par 
  • Alain de LIBERA
  •  • 22 370 mots

Dans le chapitre « De la lumière comme métaphore à la lumière comme modèle »  : […] causes circule sous le titre de Lumière des lumières et toute la métaphysique émanatiste des Intelligences, où culmine la conception arabe du cosmos intelligible, en fait l'instrument privilégié d'une description du monde où l'ordre des choses n'est que « chute et occultation de la lumière de l'Étant suprême » ( […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/moyen-age-la-pensee-medievale/#i_7992

NATURE PHILOSOPHIES DE LA

  • Écrit par 
  • Maurice ÉLIE
  •  • 6 379 mots

Dans le chapitre « Physique et philosophies de la nature »  : […] Pour Aristote, la physique est « philosophie seconde », à côté de sa « philosophie première », nommée ensuite Métaphysique. Car la métaphysique traite de « quelque chose d'éternel, d'immobile et de séparé », alors que la physique traite « de cette sorte de substance qui possède en elle le principe de son […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/philosophies-de-la-nature/#i_7992

NÉANT

  • Écrit par 
  • Jean LEFRANC
  •  • 3 210 mots

Dans le chapitre « « L'être et le néant sont la même chose » »  : […] substance qui est sujet. Ainsi s'accomplit, selon Heidegger, une « onto-théologie » qui caractérise l'histoire de la métaphysique. L'esprit absolu qui se pense lui-même ne peut être fondamentalement différent à la fin du développement de l'être pur dont il est l'aboutissement dialectique. Il est « ce qu'il y a de réel en toute réalité » et à la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/neant/#i_7992

NÉO-POSITIVISME ou POSITIVISME LOGIQUE

  • Écrit par 
  • Gilles Gaston GRANGER
  •  • 3 401 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La philosophie comme analyse du langage »  : […] Logische Syntax der Sprache (1934), il veut montrer que les questions métaphysiques traditionnelles sont de pseudo-questions, dans la mesure où leur mystère repose sur la confusion et le mélange entre des expressions se référant aux objets du monde et des expressions se référant aux propriétés mêmes du langage. De telles pseudo- […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/neo-positivisme-positivisme-logique/#i_7992

NIETZSCHE FRIEDRICH

  • Écrit par 
  • Jean GRANIER
  •  • 9 775 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L'idéalisme métaphysique »  : […] Selon Nietzsche, la philosophie, depuis Parménide, est dans son principe essentiel une ontologie métaphysique. Cela signifie qu'elle s'efforce de fixer les prédicats qui doivent appartenir à l'être identifié à l'Idéal ou au Bien. C'est en vertu de cette conception de l' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/friedrich-nietzsche/#i_7992

NIHILISME

  • Écrit par 
  • Jean GRANIER
  •  • 4 433 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Nihilisme et oubli de l'être »  : […] l'a porté à son achèvement, parce qu'il n'a jamais pu saisir l'essence intime de la métaphysique, dont le nihilisme procède. La preuve en est, selon Heidegger, que les concepts nietzschéens sont tous marqués du sceau de la métaphysique : volonté de puissance et Retour éternel sont définis, en fonction de la dualité spécifiquement métaphysique de l […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/nihilisme/#i_7992

NOMINALISME

  • Écrit par 
  • Paul VIGNAUX
  •  • 3 602 mots

Dans le chapitre « La théorie des distinctions »  : […] Dans le commentaire d'Ockham sur le Livre des sentences de Pierre Lombard, les cinq Questions sur les universaux sont posées en vue d'une sixième sur « l'univocité » de « l'être » que le théologien dit de Dieu comme des créatures ; ce terme garde-t-il le même sens comme gardent le même sens les prédicats […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/nominalisme/#i_7992

ONTOLOGIE

  • Écrit par 
  • Paul RICŒUR
  •  • 15 647 mots
  •  • 1 média

rationnelle. On était amené, par une sorte de symétrie verbale, à placer en tête de ces trois sciences l'ontologie ; celle-ci jouait ainsi le rôle de métaphysique générale, par rapport à la métaphysique spéciale constituée par les trois autres disciplines. C'est cette dénomination qui a cours à la fin du xviiie siècle, lorsque Kant écrit la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ontologie/#i_7992

PANTHÉISME

  • Écrit par 
  • Robert MISRAHI
  •  • 7 634 mots

Dans le chapitre « Les stoïciens »  : […] le monde est Dieu. Le monde comme totalité est un être raisonnable et sage, et c'est en cela qu'il est divin. Derrière cette métaphysique se trouve certes une physique, puisque l'être du monde et le fondement de la nature sont constitués par un feu ; mais la métaphysique redevient le vrai sens de la philosophie de la nature lorsque ce feu est […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pantheisme/#i_7992

PARMÉNIDE (-VIe-Ve s.)

  • Écrit par 
  • Clémence RAMNOUX
  •  • 2 234 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Les interprétations »  : […] Il est une manière métaphysique de le lire, inaugurée après Platon, et usuelle chez les néoplatoniciens. Elle superpose au monde sensible en devenir, et à son bariolage, un autre monde, connu par la pensée armée du discours. Rien que la pensée armée du discours suffit à dissiper l'illusion sensible, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/parmenide/#i_7992

PEIRCE CHARLES SANDERS

  • Écrit par 
  • Gérard DELEDALLE
  •  • 3 101 mots

Dans le chapitre « Le métaphysicien »  : […] Si l'on devait comparer la métaphysique de Peirce avec celle d'un autre penseur pour la mieux comprendre, c'est de celle de Kierkegaard qu'on la rapprocherait. Comme la métaphysique de Peirce, celle de Kierkegaard est en effet catégorielle : l'instant du stade esthétique est premier, le temps du stade […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/charles-sanders-peirce/#i_7992

PERELMAN CHAÏM (1912-1984)

  • Écrit par 
  • Michel MEYER
  •  • 1 393 mots

discute pas, sous peine de déraison. Une raison exclusivement rationnelle est forcément métaphysique : elle croit au fondement évident, à la source unique qui fait jaillir la lumière, et non à l'accessibilité progressive aux vérités qui s'acquièrent entre hommes. Le Dieu de Platon, comme celui de Descartes, est forcément mathématicien, non juriste […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/chaim-perelman/#i_7992

PERSONNE

  • Écrit par 
  • Henry DUMÉRY, 
  • Nicole SINDZINGRE
  •  • 4 550 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « De l'étymologie à la métaphysique »  : […] Curieusement, la notion métaphysique de la personne ou la notion de la personne ontologique, pas seulement juridique ou morale, est venue d'un autre point de l'horizon. Ce sont les penseurs de l'école néo-platonicienne, les philosophes de la basse Antiquité (Porphyre, seconde moitié du iie s.), qui ont […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/personne/#i_7992

PHÉNOMÉNOLOGIE

  • Écrit par 
  • Renaud BARBARAS, 
  • Jean GREISCH
  •  • 7 227 mots

Dans le chapitre « Un temps de crise et de maturation »  : […] travail de déconstruction qui emprunte une partie de ses thèmes à la Lettre sur l'humanisme de Heidegger. La Voix et le phénomène est une analyse de la critique phénoménologique de la métaphysique centrée sur la première Recherche logique de Husserl. Le traitement du signe montre que la ressource de cette critique n'est […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/phenomenologie/#i_7992

PHILOSOPHIE

  • Écrit par 
  • Jacques BILLARD, 
  • Jean LEFRANC, 
  • Jean-Jacques WUNENBURGER
  •  • 21 040 mots
  •  • 8 médias

Dans le chapitre « Différence et sens »  : […] J.-L. Nancy, S. Kaufman...), se présente comme une démarche de déconstruction du langage. Jacques Derrida reprend ainsi le procès de la métaphysique occidentale en le déplacant vers la critique du logocentrisme, qui a asservi l'écriture à une parole vouée à la révélation d'une présence de l'Être. En remontant, à partir d'une interprétation de l' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/philosophie/#i_7992

PHILOSOPHIQUES SYSTÈMES

  • Écrit par 
  • Jacques MOUTAUX
  •  • 6 726 mots

Dans le chapitre « Les décisions fondatrices de l'histoire de la philosophie comme étude des systèmes »  : […] 2. Cette position est solidaire de la définition de la philosophie comme métaphysique, prise non dans l'acception étroite de connaissance du suprasensible ou des substances immatérielles, mais dans le sens général où elle se prononce sur les principes premiers de l'être ou du connaître. En effet, dire, par exemple, qu'il n'y […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/systemes-philosophiques/#i_7992

PHYSIS

  • Écrit par 
  • Pierre AUBENQUE
  •  • 3 788 mots

Dans le chapitre « La philosophie aristotélicienne de la nature »  : […] tenté, au premier abord, de retrouver cette même tendance chez Aristote. Aristote n'est-il pas le fondateur de la « métaphysique », c'est-à-dire d'une science qui prétend étudier ce qui est au-delà de la nature, science première et éminente qui réduirait à un rang dérivé et second la science des réalités naturelles ? De fait, même si le titre « […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/physis/#i_7992

RAISON

  • Écrit par 
  • Éric WEIL
  •  • 13 167 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La raison constructive et ses critiques »  : […] Raison et antiraison, souvent raisonnante, entrent ainsi en conflit. Foisonnement des sectes, affaiblissement, sinon du dogme, du moins de son rôle, concentration sur un domaine qui est considéré comme propre à la religion, tout cela exprime un antirationalisme tantôt inconscient ou larvé, tantôt hautement proclamé. De l' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/raison/#i_7992

RÉALISME, philosophie

  • Écrit par 
  • Jean LARGEAULT
  •  • 6 966 mots

Dans le chapitre « Les thèses métaphysiques du réalisme »  : […] peuvent trancher que par l'affirmative ou la négative. Au lieu de se ranger selon un ordre évolutif, les systèmes rentreront donc dans une classification. Les problèmes métaphysiques sont des dilemmes ; ils suscitent des thèses et des antithèses. Reste à chercher quelles relations logiques existent entre ces thèses et ces antithèses respectivement […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/realisme-philosophie/#i_7992

RECHERCHES PHILOSOPHIQUES SUR L'ESSENCE DE LA LIBERTÉ HUMAINE, Friedrich Wilhelm Joseph von Schelling - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Francis WYBRANDS
  •  • 828 mots

Dans le chapitre « Le fond de l'être »  : […] Décalage au sein du fondement, trouée (Lichtung) en elle-même irreprésentable, la substance se voit, pour la première fois, déboutée des prérogatives qui lui permettaient de fonder la métaphysique occidentale. Les conséquences quant à une anthropologie sont impressionnantes : on ne peut se contenter de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/recherches-philosophiques-sur-l-essence-de-la-liberte-humaine/#i_7992

RELATION

  • Écrit par 
  • Jean LADRIÈRE
  •  • 7 662 mots

Dans le chapitre « La doctrine des catégories : Aristote et Kant »  : […] textes de base se trouvent, pour ce qui concerne Aristote, dans l'Organon, I : Catégories, et V : Topiques, et dans la Métaphysique, et pour ce qui concerne Kant, dans la Critique de la raison pure, I, 2e part., 1re div., Analytique transcendantale […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/relation/#i_7992

RESPONSABILITÉ

  • Écrit par 
  • Jacques HENRIOT
  •  • 2 319 mots

La notion de responsabilité prend place à la double jonction de l'éthique et du métaphysique, d'une part, de l'éthique et de l'anthropologique, de l'autre […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/responsabilite/#i_7992

ṢADRĀ SHĪRĀZĪ (1572-1640)

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre DUCASSÉ
  •  • 1 907 mots

Dans le chapitre « Une métaphysique de l'acte d'exister »  : […] Ṣadrā comme philosophe : un commentaire d'Avicenne (Gloses sur la métaphysique du Shīfā d'Avicenne) et un commentaire de Sohrawardī (Gloses sur le Livre de la théosophie orientale de Sohrawardī). À l'influence de ces deux maîtres il faut ajouter également celle d'Ibn ‘Arabī. Mais, qu'il lise Avicenne ou […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sadra-shirazi/#i_7992

SCHOPENHAUER ARTHUR (1788-1860)

  • Écrit par 
  • Jean LEFRANC
  •  • 3 154 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La métaphysique de la volonté »  : […] La métaphysique et la physique se correspondent comme la notion de force (physique, chimique, vitale, psychologique) correspond à celle de causalité. C'est l'expérience interne du vouloir qui nous fait connaître le plus clairement la force. Inversement, la causalité, si obscure en nous-mêmes que nous avons l'illusion du […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/arthur-schopenhauer/#i_7992

SCIENCES - Science et philosophie

  • Écrit par 
  • Alain BOUTOT
  •  • 17 644 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Science et philosophie de la vie »  : […] leurs méthodes sont distincts : si la science a affaire à la matière, et donc à l'espace, la métaphysique traite de l'esprit, et donc de la durée. « Nous assignons à la métaphysique un objet limité, principalement l'esprit, et une méthode spéciale, avant tout l'intuition. Par là, ajoute Bergson, nous distinguons nettement la métaphysique de la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sciences-science-et-philosophie/#i_7992

SPIRITUALISME

  • Écrit par 
  • Dominique JANICAUD
  •  • 2 202 mots

Dans le chapitre « L'instauration bergsonienne »  : […] Mais l'expérience, au sens bergsonien, est intégrale : il s'agit de dégager des données scientifiques les orientations qui leur confèrent un sens métaphysique : « Comme l'esprit et la matière se touchent, métaphysique et science vont pouvoir, tout au long de leur surface commune, s'éprouver l'une l'autre, en attendant que le […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/spiritualisme/#i_7992

STÉNON, STENONIS NICOLAS ou STEENSEN NIELS (1638-1686)

  • Écrit par 
  • Françoise DREYER
  •  • 1 955 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Chaos »  : […] et la cristallographie. Toutefois, Sténon est résolument tourné vers la médecine, encore que son intérêt pour la métaphysique et la pratique religieuse le conduise à s‘interroger sur la part divine dans les maladies et qu’il s’interroge sur la résurrection. La richesse et la polyvalence de cette formation seront essentielles dans son parcours […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/stenon-stenonis-steensen/#i_7992

STRAWSON PETER FREDERICK (1919-2006)

  • Écrit par 
  • Francis JACQUES
  •  • 2 337 mots

Dans le chapitre « L'idée d'une métaphysique descriptive »  : […] dans le discours, soit qu'il élucide les relations entre universels et particuliers, sujets et prédicats. En fait, il manifeste désormais une ambition proprement métaphysique, en extrapolant de ses recherches sur le langage ordinaire à une investigation plus générale sur la structure réelle de notre pensée. Il appelle cette entreprise « […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/peter-frederick-strawson/#i_7992

SUBLIME, philosophie

  • Écrit par 
  • Philippe LACOUE-LABARTHE
  •  • 6 168 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Sublime et métaphysique »  : […] problématique du sublime. Et tel est ce qui la définit comme une problématique proprement métaphysique, en somme toujours affrontée à ce paradoxe matriciel qui est peut-être le paradoxe même de l'ontologie : dans le sublime, c'est la nature qui demande à l'art de la seconder, de la faire être afin qu'elle se révèle. Mais du coup elle supprime l' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sublime-philosophie/#i_7992

SUBSTANCE

  • Écrit par 
  • Robert MISRAHI
  •  • 5 343 mots

Une idée reçue particulièrement tenace occupe le devant de la scène philosophique depuis l'époque du positivisme d'Auguste Comte, c'est-à-dire depuis plus d'un siècle : l'idée selon laquelle la métaphysique serait morte avec Kant, à la fin du xviiie […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/substance/#i_7992

TEMPS

  • Écrit par 
  • Hervé BARREAU, 
  • Olivier COSTA DE BEAUREGARD
  •  • 14 773 mots

Dans le chapitre « Genèse de la notion du temps »  : […] la matière suffisante aux jugements synthétiques a priori. Ceux-ci fournissaient au philosophe les fondements métaphysiques de toute connaissance qui pouvait se faire passer pour science. Cependant, un tel succès était payé très cher : il fallait renoncer à connaître les choses telles qu'elles sont en elles-mêmes, il fallait se résigner à […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/temps/#i_7992

THÉODICÉE

  • Écrit par 
  • Henry DUMÉRY
  •  • 174 mots

Terme créé par Leibniz (cf. Essais de théodicée sur la bonté de Dieu, la liberté de l'homme et l'origine du mal, 1710), « théodicée » désigne la justification de la bonté de Dieu (thèse de l'optimisme), en dépit du mal inhérent au monde. En France, l'école éclectique (seconde moitié du xix […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/theodicee/#i_7992

THÉOLOGIE

  • Écrit par 
  • Henry DUMÉRY, 
  • Claude GEFFRÉ, 
  • Jacques POULAIN
  •  • 13 334 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Théologie chrétienne et onto-théologie »  : […] étroit de l'alliance entre le Dieu de la philosophie grecque et le Dieu de Jésus-Christ. C'est là le contrecoup inévitable de la crise de la pensée métaphysique à l'époque moderne ; l'ébranlement, aussi, depuis le deuxième concile du Vatican, de l'idée même de philosophie chrétienne. Certains n'hésitent pas à annoncer l'avènement d'une théologie […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/theologie/#i_7992

THOMISME

  • Écrit par 
  • Édouard-Henri WÉBER
  •  • 5 229 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Une métaphysique dynamique de l'être comme acte »  : […] fait, comme ses contemporains, grand cas, mais sans aucune prétention personnelle. C'est en philosophie première ou métaphysique (savoir des premiers principes et spécialement de l'être comme être) qu'il développe la réflexion du Stagirite. Bénéficiant des efforts déployés par les penseurs arabes, Avicenne surtout, qui ont instauré une recherche […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/thomisme/#i_7992

UN PHILOSOPHIES DE L'

  • Écrit par 
  • Jean TROUILLARD
  •  • 3 714 mots

Dans le chapitre « L'Un au-delà de l'Être »  : […] La deuxième raison est une option métaphysique. Les néo-platoniciens revendiquent le primat de l'Un : d'une part, parce que, pour eux, la communication de l'unité est plus parfaite que toute communication d'être ; d'autre part, parce que l'unité est la suprême valeur et la loi de toute réalisation […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/philosophies-de-l-un/#i_7992

UNIVERSAUX, philosophie

  • Écrit par 
  • Jean JOLIVET
  •  • 840 mots

La question des universaux est posée (mais non résolue, par dessein exprès de l'auteur) dans l'Introduction (Eisagogè) de Porphyre (iiie s.) à la Logique d'Aristote : les genres et les espèces existent-ils réellement ou […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/universaux-philosophie/#i_7992

VEDĀNTA

  • Écrit par 
  • Jean VARENNE
  •  • 2 721 mots

philosophiques » (darśana) brahmaniques et fut illustré par des maîtres tels que Śankara, Rāmānuja, Madhava. Voué à la métaphysique, le Vedānta emprunte les thèmes directeurs de sa problématique aux Upaniṣad, à commencer par la célèbre équation entre ātman et brahman (« l'âme individuelle est identique à l'âme universelle […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/vedanta/#i_7992

VÉRITÉ

  • Écrit par 
  • Robert BLANCHÉ, 
  • Antonia SOULEZ
  •  • 10 663 mots

Dans le chapitre « De la distinction entre le vrai dans l'être et le vrai dans la pensée à la critique de la vérité comme adéquation »  : […] à partir du Poème de Parménide d'Élée. D'après Heidegger, c'est en effet à un tel « changement intervenu », avec Platon, « dans l'essence de la vérité » (« La Doctrine de Platon sur la vérité », in Questions II, Gallimard, trad. R. Axelos et J. Beaufret) que la métaphysique occidentale doit cette nouvelle définition de la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/verite/#i_7992

VIENNE CERCLE DE

  • Écrit par 
  • Gilles Gaston GRANGER
  •  • 1 309 mots

Dans le chapitre « Le programme »  : […] 3. Le succès d'une telle philosophie annonce la fin de la métaphysique : « Car il ne sera plus nécessaire de traiter des « questions philosophiques », puisque de toute question on traitera philosophiquement, c'est-à-dire dans un langage clair et pourvu de sens » (Schlick, Die Wende der Philosophie). Et les questions […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/cercle-de-vienne/#i_7992

Voir aussi

Pour citer l’article

Ferdinand ALQUIÉ, « MÉTAPHYSIQUE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/metaphysique/