PLATON

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L'un, l'être et le non-être

L'un et l'être

La participation signifie que, en l'absence de l'unité que lui communique sa Forme, une chose sensible se pulvériserait en une quantité indéfinie de qualités toutes singulières, donc indicibles. Mais la pensée dialectique n'a que les Formes pour objets. Elles ne sont pensables qu'à la condition de ne pas être des entités massives et fermées sur elles-mêmes. Penser une Forme, c'est s'appliquer à saisir la pluralité interne de ses espèces et la déterminer à l'aide d'autres Formes. Chacune d'entre elles doit donc présenter des articulations naturelles permettant de la diviser, et s'articuler à certaines Formes tout en en excluant d'autres. Or, contre la position de cette double pluralité s'élève la parole du vénérable Parménide énonçant que l'être est un et d'un seul tenant. Platon lui laisse, dans Parménide, l'honneur d'explorer les hypothèses concernant l'unité, et, en fait, de se réfuter lui-même. Si l'un est absolument un, il repousse toute espèce de multiplicité, sensible ou intelligible. Il ne peut alors recevoir aucune détermination, et même pas exister, puisque l'attribution de l'être à l'un présuppose leur dualité. L'un ne peut rester un qu'en se séparant de tout le reste : il est par conséquent inconnaissable, informulable, innommable. Cependant, le discours est capable d'énoncer cette impossibilité de dire, et il faut reprendre l'hypothèse pour rendre compte de cette possibilité-là. Si l'un est, s'il s'accommode de l'être, il se scinde en un-qui-est et en être-un, si bien que « deux indéfiniment s'engendre ». L'un n'est plus une pure unité, c'est une totalité possédant limite et figure. Comme cette totalité a son unité propre, c'est du même coup trois qu'on pose, et toute la suite des nombres ordinaux et cardinaux. L'existence de l'un engendre les nombres, et à partir d'eux les choses sensibles. Au long d'un temps ordonné et indéfiniment progressif, l'unité ne cesse de se multiplier, et la multiplicité de s'unifier sous l'effet de la limitation extrinsèque des nombres qui empê [...]


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Monique DIXSAUT, « PLATON », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 février 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/platon/