PÉCHÉ, religion

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Les expériences et les notions ayant trait à l'ordre du mal sont très diverses : depuis les sentiments plus ou moins conscients de honte, d'impureté ou de culpabilité, jusqu'au jugement moral le plus élaboré de la conscience, en passant par la transgression d'une loi (loi d'un groupe social, loi de la raison ou de la nature) ou par la conviction qu'un acte entraîne quelque désordre ou cause un tort à une personne, à un groupe, ou même à l'ordre des choses ou du monde. L'expérience du péché aussi bien que la notion de péché sont spécifiquement religieuses ; elles peuvent coïncider avec toutes ces autres expériences ou notions, mais elles désignent alors leur référence à un principe divin ou à un dieu, et font passer au premier plan la signification que revêtent ces actes, dès lors que cette référence devient la plus importante de toutes celles pouvant servir à qualifier leur valeur morale.

On peut donc dire qu'il n'y a pas de place pour l'expérience ni pour la notion de péché là où il n'y a pas référence à un principe divin, que leur contenu varie d'une religion à l'autre selon la conception qu'on a de la divinité et de la situation de chaque homme et de l'humanité en général par rapport à la divinité, et que tout changement dans ces conceptions entraîne un changement de ce qu'on met sous le mot péché.

Cette extrême diversité, identique à celle des représentations de la divinité et de ses rapports avec les hommes, rend impossible de présenter ici l'ensemble des conceptions religieuses du péché : même en se limitant aux conceptions chrétiennes ayant imprégné la culture occidentale, il est tout aussi impossible de présenter les différentes conceptions du péché qu'on peut actuellement rencontrer dans le catholicisme et dans les Églises orthodoxes ou protestantes, ou celles qu'on peut distinguer au cours des différents âges du [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 10 pages

Écrit par :

  • : dominicain, théologien, ancien doyen de la faculté de théologie du Saulchoir

Classification

Autres références

«  PÉCHÉ, religion  » est également traité dans :

ANGELUS SILESIUS JOHANNES SCHEFFLER dit (1624-1677)

  • Écrit par 
  • Eugène SUSINI
  •  • 2 057 mots

Dans le chapitre « « Le Pèlerin chérubique » »  : […] La Sainte Joie de l'âme et la Description sensible des quatre choses dernières sont des œuvres proprement lyriques, emphatiques parfois, souvent maniérées dans le goût de la Trutznachtigall de Friedrich Spee et d'autres poètes mystiques du xvii e  siècle. L'œuvre capitale, la plus originale et la plus forte, reste Le Pèlerin . Silesius a eu des devanciers. Le distique religieux en vers de douze p […] Lire la suite

ANGOISSE EXISTENTIELLE

  • Écrit par 
  • Jean BRUN
  •  • 2 547 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Péché et liberté »  : […] Si l'angoisse naît d'une interrogation sur le primordial , elle peut se déployer vers le terminal où l'action se trouve impliquée. Nul mieux que Kierkegaard, à qui de nombreux philosophes contemporains doivent beaucoup, n'a analysé les présupposés de cette implication. La perspective chrétienne du philosophe danois ne se contente pas d'un dogmatisme étroit s'appuyant sur des récits. Au premier de […] Lire la suite

AUGUSTIN saint (354-430)

  • Écrit par 
  • Michel MESLIN
  •  • 8 944 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « L'homme et la liberté »  : […] Cette question, primordiale, fut posée à Augustin par le pélagianisme. Les tenants de cette doctrine – qu'il faut considérer comme l'une des tendances fondamentales de l'esprit humain – professaient que l'homme seul est l'artisan de sa destinée terrestre et spirituelle. Les pélagiens insistaient avec vigueur sur la responsabilité du libre arbitre de l'homme, s'appropriant ainsi l'héritage lointai […] Lire la suite

BAÏUS MICHEL DE BAY dit (1513-1589)

  • Écrit par 
  • Raoul VANEIGEM
  •  • 700 mots

Né à Meslin, dans le Hainaut, Michel de Bay, dit Baïus, doit sa célébrité à la polémique qu'il engagea sur la question de la grâce et de la prédestination. La controverse allait, après sa mort, connaître un éclatant rebondissement avec la querelle du jansénisme. Étudiant à l'université de Louvain, président, en 1541, du collège de Standonck, docteur en théologie en 1550, successeur de Hasselius, B […] Lire la suite

CASUISTIQUE

  • Écrit par 
  • Louis-Gustave VEREECKE
  •  • 1 838 mots

Dans le chapitre « Inlassable quête d'une impossible pureté »  : […] Dans l'histoire des religions, la casuistique apparaît liée aux problèmes du pur et de l'impur, des purifications et des péchés, aux lois rituelles. Dans les religions anciennes (Égyptiens, Babyloniens, sectateurs de Zoroastre), dans les lois sacrales des Grecs, on rencontre des catalogues de fautes, des rituels de confession. Dans le judaïsme du début de notre ère, la casuistique devait trouver u […] Lire la suite

CULPABILITÉ

  • Écrit par 
  • Charles BALADIER
  •  • 9 666 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La loi extérieure du destin »  : […] Pour E. R. Dodds, relève de ce second modèle la société décrite par Homère, le plus grand bien aux yeux de celle-ci étant non la jouissance d'une conscience tranquille, mais la faveur de la timê , l'estime publique. Et l'on peut suivre, avec cet auteur, depuis l'époque homérique jusqu'à l'époque archaïque et au v e siècle, le passage relativement continu de la civilisation de la honte à la civil […] Lire la suite

DENCK JOHANNES ou HANS (1500-1527)

  • Écrit par 
  • Raoul VANEIGEM
  •  • 780 mots

Proche des anabaptistes, dont il s'éloigne cependant par son mysticisme, Denck apparaît, à bien des égards, comme un précurseur de la libre-pensée. En butte à l'animosité de tous les partis, il dégage de son propre scepticisme une attitude chrétienne débarrassée de la rigueur des dogmes et fondée sur le respect mutuel des individus. Relevant les multiples contradictions de la Bible, il en vient à […] Lire la suite

ENFERS ET PARADIS

  • Écrit par 
  • Olivier CLÉMENT, 
  • Mircea ELIADE
  •  • 6 307 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Enfer et paradis orphiques »  : […] Il est probable que ce passage de L'Odyssée reflète des influences orphiques. Ce sont en effet les orphiques qui ont modifié la conception traditionnelle de l'autre monde. Selon leurs vues, on subit dans l'Hadès la peine des péchés qu'on n'a pas expiés sur la terre. En descendant aux enfers, l'âme sera châtiée ou récompensée suivant ses fautes ou ses mérites. « Les coupables sont condamnés à de […] Lire la suite

GRÈCE ANTIQUE (Civilisation) - La religion grecque

  • Écrit par 
  • André-Jean FESTUGIÈRE, 
  • Pierre LÉVÊQUE
  •  • 20 051 mots
  •  • 8 médias

Dans le chapitre « Religion grecque et christianisme »  : […] Il est permis de se demander comment cette religion populaire s'ouvrait à la prédication chrétienne, si elle y préparait d'une certaine manière ou au contraire empêchait de l'entendre, et de marquer, s'il se peut, quelques ressemblances et différences. Tout d'abord, l'Ancien n'est pas irréligieux. C'est la grande différence d'avec le monde moderne, où, tout au moins dans notre vieille Europe, la p […] Lire la suite

INDULGENCES

  • Écrit par 
  • Jean PASSICOS
  •  • 360 mots

Terme qui, à l'origine, désignait la remise d'une pénitence publique imposée par l'Église, pour une durée déterminée, après le pardon des péchés. À la suite d'une lente élaboration, la notion d'indulgence en est venue à signifier aujourd'hui une intercession particulière auprès de Dieu accordée par l'Église en vue de la rémission totale ou partielle de la réparation (ou peine temporelle) qu'on doi […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Jacques POHIER, « PÉCHÉ, religion », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 novembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/peche-religion/