NOMBRES (THÉORIE DES)Théorie analytique

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La théorie multiplicative

Le point de vue formel

On a vu supra (cf. Le point de vue formel, in chap. 1) que le monoïde multiplicatif N * vérifie la condition (D), et qu'on peut donc définir son algèbre large sur un corps K ; on se bornera encore au cas où K = C, et on notera D cette algèbre large. On note ici n−ω l'élément un de la base canonique de C[N*], et cette fois, un élément f ∈ D se note :

et on dit que c'est une série formelle de Dirichlet. Le produit de deux éléments f et g de D se note aussi * g et est défini par :
ce qui s'écrit encore :

Pour qu'une série formelle de Dirichlet :

ait un inverse dans D, il faut et il suffit que (1) ≠ 0. L'ordre d'une série formelle de Dirichlet :
non nulle est encore défini comme le plus petit entier n tel que f(n) ≠ 0. On voit qu'on peut encore définir dans D la somme infinie (4) et le produit infini (5) lorsque l'ordre de f n tend vers + ∞ avec n. Si on convient d'écrire F(ω) une série formelle de Dirichlet :
on écrit alors F (ω + α), pour tout nombre complexe α, la série formelle de Dirichlet :
de même, on écrit F (kω), pour tout entier k, la série formelle de Dirichlet :
et F′(ω) la série formelle de Dirichlet :

La décomposition d'un entier en facteurs premiers exprime encore que le monoïde multiplicatif N* est « produit direct » d'une infinité de monoïdes isomorphes au monoïde additif N. Dans la théorie des séries formelles de Dirichlet, ce fait apparaît de la manière suivante. Rappelons qu'une fonction f définie dans N*, à valeurs complexes, est dite multiplicative si l'on a f(1) = 1 et f(mn) = f(m)f(n) pour deux entiers m et n premiers entre eux. On vérifie aisément que, si f et g sont multiplicatives, il en est de même de f * g et de l'inverse de f dans D. Lorsque f est multiplicative, on a la décomposition en produit infini (produit étendu à tous les nombres premiers p) de la série formelle de Dirichlet :

qui équivaut à la décomposition f(n) = (p1k1) ... f (prkr) pour la décomposition de n en facteurs premiers n = p1k1 ... prkr.

Rappelons que la fonction constante i : n ↦ 1, la fonction de Möbius μ, la fonction d'Euler [...]

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Pour citer l’article

Jean DIEUDONNÉ, « NOMBRES (THÉORIE DES) - Théorie analytique », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 mai 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/nombres-theorie-des-theorie-analytique/