JÉSUS ou JÉSUS-CHRIST

Il est peu de personnages historiques dont l'influence sur l'histoire de l'humanité ait été aussi grande que celle de Jésus, eu égard à la durée exceptionnellement courte de sa prédication. Il n'a pas fondé de religion et sa vie n'est en rien comparable à celle du Bouddha, de Confucius ou de Mahomet dont l'activité s'exerça durant des années. Et pourtant, depuis deux mille ans, son enseignement est sans cesse repris et commenté par ses fidèles, sa personne vénérée comme celle du Fils de Dieu, la foi en lui annoncée en toutes les langues de la terre. Les non-chrétiens et les adversaires même du christianisme reconnaissent en lui une personnalité hors de pair et chacun interprète son œuvre et son message en fonction de ses options philosophiques ou politiques. Jésus est tour à tour présenté comme un moraliste, un maître à penser, un idéaliste un peu rêveur, un messager du socialisme ou un révolutionnaire. Le personnage historique a depuis longtemps donné naissance au mythe. Cela est d'autant plus normal que Jésus n'a rien écrit. Les Évangiles, qui sont notre seule source documentaire, ne sont pas des biographies de Jésus, ni un compte rendu de ses discours, mais un témoignage de la foi des premiers chrétiens (cf. évangiles). S'ils font constamment référence à des événements de la vie de Jésus, s'ils rapportent ses paroles, c'est sous la forme d'une prédication, d'une annonce du Christ. Aussi bien les faits que l'historien peut avancer concernant la vie de Jésus se réduisent-ils à peu de chose. Originaire d'une province obscure de l'Empire romain, il a sans doute une trentaine d'années lorsqu'il commence un ministère public, d'abord dans l'entourage de Jean-Baptiste, qu'il quitte bientôt pour aller prêcher en Galilée, sa patrie, où il recrute des disciples. Son enseignement, enraciné dans la tradition religieuse et scripturaire juive, est pourtant marqué d'une autorité particulière. Il ne commente pas les Écritures et n'ergote pas sur les articles de la Loi, comme le font les rabbis pharisiens, mais parle comme un prophète inspiré, annonçant la venue imminente du Royaume de Dieu et la nécessité de se soumettre, avant qu'il ne soit trop tard, à la volonté de Dieu, qu'il appelle son Père. Il utilise un langage clair, des images et des paraboles simples, accessibles au peuple. Cet enseignement et les guérisons qu'il accomplit, comme le font d'autres rabbis, attirent sur lui l'attention des Galiléens, mais aussi l'hostilité des rigoristes pharisiens, qui le considèrent comme un gêneur et cherchent à le prendre en faute. Quelques mois plus tard, Jésus monte à Jérusalem avec ses disciples pour la Pâque. Les Évangiles nous le montrent enseignant dans le Temple, aux prises avec les légistes et les membres du sacerdoce. Arrêté de nuit, abandonné par ses amis, il est mené devant le sanhédrin réuni à la hâte, puis conduit chez le procurateur romain, Pilate. L'accusation portée contre Jésus, lors de sa comparution, est d'ordre politique : il se serait dit « roi des Juifs ». Il est condamné à être crucifié et meurt sur la croix, sans doute la veille de la Pâque, sans qu'on puisse préciser l'année (autour des années trente). Bientôt après, ses disciples proclameront leur certitude que leur maître est ressuscité.

Adoration des Mages, P. P. Rubens

Adoration des Mages, P. P. Rubens

Adoration des Mages, P. P. Rubens

Pierre Paul Rubens, Adoration des Mages. Vers 1617-1618. Huile sur toile. 251 cm x 328 cm. Musée des…

-200 à 200 apr. J.-C. La loi romaine

-200 à 200 apr. J.-C. La loi romaine

-200 à 200 apr. J.-C. La loi romaine

Mochica et Nasca dans les Andes. Les Han en Chine. Rome.


Les quatre siècles qui encadrent le début de…

Au total, ce que l'on connaît le moins mal du Jésus historique, ce sont les dernières heures de sa vie, qui représentent une bonne part de la matière évangélique, et surtout son enseignement. Mais le lecteur des Évangiles, historien ou non, se retrouve finalement devant la question que se posaient déjà ses contemporains : « Qui est-il ? ». À cette question, le Nouveau Testament donne la réponse de la foi.

Juif fervent, Jésus est[...]

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Écrit par

  • Joseph DORÉ : théologien, docteur en théologie, doyen de la faculté de théologie de l'Institut catholique de Paris
  • Pierre GEOLTRAIN : directeur d'études à l'École pratique des hautes études (Ve section, sciences religieuses)
  • Jean-Claude MARCADÉ : agrégé de l'université, docteur ès lettres, directeur de recherche émérite au C.N.R.S.

Classification

Pour citer cet article

Joseph DORÉ, Pierre GEOLTRAIN, Jean-Claude MARCADÉ, « JÉSUS ou JÉSUS-CHRIST », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le . URL :

Médias

Adoration des Mages, P. P. Rubens

Adoration des Mages, P. P. Rubens

Adoration des Mages, P. P. Rubens

Pierre Paul Rubens, Adoration des Mages. Vers 1617-1618. Huile sur toile. 251 cm x 328 cm. Musée des…

-200 à 200 apr. J.-C. La loi romaine

-200 à 200 apr. J.-C. La loi romaine

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Les quatre siècles qui encadrent le début de…

Christ guérisseur, Bible latine

Christ guérisseur, Bible latine

Christ guérisseur, Bible latine

Le Christ guérissant un hydropique et chassant les démons d'un possédé. Canon des Évangélistes.…

Autres références

  • PRÉDICATION ET PROCÈS DE JÉSUS

    • Écrit par Jean-Urbain COMBY
    • 182 mots
    • 1 média

    Les Évangiles de l'enfance (Matthieu et Luc) situant la naissance de Jésus au temps du roi Hérode, mort en 4 avant notre ère, conduisent à placer cette naissance en 7 ou 5 avant le comput chrétien officiel. L'Évangile de Luc (III, 1) date la prédication de Jean-Baptiste de la quinzième année...

  • AARON

    • Écrit par André PAUL
    • 338 mots
    • 1 média

    On ne sait guère d'où vient le nom d'Aaron, peut-être d'Égypte comme celui de Moïse, dont, selon la Bible, Aaron aurait été le frère. Les traditions le concernant doivent être soumises à la critique et bien discernées l'une par rapport à l'autre. La figure postexilique...

  • ABEL

    • Écrit par André PAUL
    • 309 mots

    Selon le Livre de la Genèse, Abel, le berger, était le second fils d'Adam et d'Ève. Il fut tué par son aîné, Caïn, l'agriculteur, son sacrifice ayant été agréé par Dieu et celui de son frère refusé (iv, 1-9). Il semble qu'il ne faille plus retenir l'explication courante...

  • AGNEAU SYMBOLISME DE L'

    • Écrit par Jacques PONS
    • 761 mots

    Il n'y a guère lieu de distinguer entre les termes « moutons », « brebis » et « agneaux », qui traduisent presque au hasard, en grec et en latin, les nombreux mots hébreux désignant le bétail ovin. De même, la présence d'un chevreau au lieu d'un agneau dans l'imagerie chrétienne...

  • ANDRÉ saint (mort vers 60-70)

    • Écrit par Universalis
    • 302 mots

    Né à Bethsaïde Julia en Galilée, mort vers 60-70 à Patras, dans la région d'Achaïe (Grèce), saint André est l'un des douze apôtres de Jésus, frère de Simon (qui deviendra l'apôtre Pierre).

    Dans les Évangiles synoptiques (Évangiles selon saint Matthieu, saint Marc et saint...

  • ANTÉCHRIST

    • Écrit par Hervé SAVON
    • 1 041 mots
    • 1 média

    C'est dans un texte du Nouveau Testament — la première Épître de Jean (fin i er/déb. ii e s.) — qu'apparaît pour la première fois le mot grec antichristos, dont le français « antéchrist » est le calque imparfait. Cependant, on voit se former l'idée d'un antimessie...

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Voir aussi