ABEL

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Selon le Livre de la Genèse, Abel, le berger, était le second fils d'Adam et d'Ève. Il fut tué par son aîné, Caïn, l'agriculteur, son sacrifice ayant été agréé par Dieu et celui de son frère refusé (iv, 1-9). Il semble qu'il ne faille plus retenir l'explication courante selon laquelle cette histoire se référerait à un conflit récurrent entre sédentaires et nomades, avec une préférence pour les seconds. La tradition biblique la plus ancienne met l'accent, en effet, sur le travail de la terre et sur ses qualités (Gen., ii, 15, etc.). En fait, le récit est tronqué et incomplet ; il faut voir sa signification dans le mouvement qui l'intègre dans un ensemble littéraire plus vaste.

L'étymologie du nom d'Abel est peu certaine. Il peut y avoir un lien avec hevel, « souffle », « vapeur », « vanité », ce qui soulignerait une symbolisation de la vie particulièrement brève et tragique du personnage (cf. « Vanité — hevel — des vanités... », Éccl., i, 2). On peut établir aussi une relation avec l'akkadien aplu ou ablu, « fils », en parallèle avec l'emploi des mots Adam (« humanité ») et Enoch (« homme »).

La haggadah (ensemble de traditions populaires juives) exploite largement l'histoire de Caïn et Abel à l'intérieur de récits parénétiques nombreux et significatifs (voir le midrash Bereshit Rabbah 22 ; Philon, De Virtutibus, et jusqu'à la traduction grecque des Septante dans ses éléments interprétatifs). Le Nouveau Testament mentionne Abel plusieurs fois : l'Évangile selon saint Matthieu (xxiii, 25) le place comme type du juste persécuté en tête de la lignée des prophètes exécutés ; l'Épître aux Hébreux (xii, 24) oppose son sang versé au sacrifice bien supérieur de Jésus. Les Pères de l'Église verront dans la mort d'Abel une préfiguration de celle du Christ et un prototype des persécutions et du martyre chrétiens. Le canon de la messe romaine place le sacrifice d'Abel à côté de ceux d'Abraham et de Melkisédeq.

—  André PAUL

Écrit par :

Classification

Autres références

«  ABEL  » est également traité dans :

CAÏN

  • Écrit par 
  • André PAUL
  •  • 217 mots

Le premier fils d'Adam et d'Ève, dont l'histoire tragique est rapportée dans le Livre de la Genèse ( iv ). Étymologiquement, le nom peut se rattacher au travail du métal : qayn en arabe et qaynâ en araméen signifient « forgeron » (étymologie cohérente avec Gen., iv , 22). La parole d'Ève à la naissance de Caïn a conservé une explication populaire du nom sous la forme d'un jeu de mots : qanîtî ( […] Lire la suite

Les derniers événements

Guinée-Bissau. Élections générales. 13 avril 2014

, José Mário Vaz arrive en tête au premier tour avec 40,9 p. 100 des suffrages. Au second tour qui doit avoir lieu en mai, il sera opposé au candidat indépendant soutenu par l'armée, Nuno Gomes Nabiam, qui obtient 24,8 p. 100 des voix. Abel Incada, candidat du principal parti d'opposition, le Parti […] Lire la suite

République centrafricaine. Coup d'État du général François Bozizé. 15-23 mars 2003

économique et monétaire d'Afrique centrale décide de renforcer son contingent en Centrafrique où la France maintient également le sien. Le 23, le général Bozizé désigne comme Premier ministre une grande figure de l'opposition, Abel Goumba. […] Lire la suite

Costa Rica. Élection du conservateur Abel Pacheco à la présidence. 7 avril 2002

Le candidat conservateur du Parti de l'unité sociale-chrétienne, Abel Pacheco, remporte l'élection présidentielle avec 58 p. 100 des suffrages contre 42 p. 100 pour Rolando Araya Monge, candidat de centre gauche du Parti de la libération nationale. Il succédera le 8 mai au président Miguel Angel Rodriguez, membre de la même formation que lui. Le taux d'abstention atteint 39 p. 100 au second tour. […] Lire la suite

République centrafricaine. Libération de l'ex-empereur Jean Bédel Bokassa et élection d'Ange-Félix Patassé à la présidence. 1er-19 septembre 1993

exprimés contre 45,62 p. 100 pour l'ancien président Abel Goumba. Le parti d'Ange-Félix Patassé, le Mouvement pour la libération du peuple centrafricain, ne dispose au Parlement que d'une majorité relative (34 sièges sur 85) à l'issue des élections législatives organisées parallèlement à l'élection présidentielle. […] Lire la suite

République centrafricaine. Échec du président sortant André Kolingba au premier tour de l'élection présidentielle. 22-29 août 1993

er septembre. L'ancien Premier ministre Ange-Félix Patassé arrive en tête avec 37,32 p. 100 des suffrages, suivi des anciens présidents Abel Goumba et David Dacko, qui obtiennent respectivement 21,68 p. 100 et 20,11 p. 100 des voix. Le président Kolingba ne recueille que 12,08 p […] Lire la suite

Pour citer l’article

André PAUL, « ABEL », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 janvier 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/abel/