CÉSAROPAPISME

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Médias de l’article

300 à 400. Christianisme

300 à 400. Christianisme
Crédits : Encyclopædia Universalis France

vidéo

500 à 600. Reconquêtes

500 à 600. Reconquêtes
Crédits : Encyclopædia Universalis France

vidéo


Césaropapisme : ce mot anachronique a été forgé dans la seconde moitié du xixe siècle, pour définir l'absorption par l'empereur (césar-), souverain temporel, des fonctions spirituelles dévolues au chef de l'Église chrétienne (-pape).

Le problème des relations entre l'État romain et l'Église chrétienne s'est trouvé posé dans la prédication même de Jésus : « Rendez à César ce qui est à César » (Matthieu, xxii, 21 ; Luc, xx, 25), et dès les premiers temps apostoliques. Car la conception antique de l'autorité politique était sacrale et les chrétiens, reconnaissant que « toute autorité vient de Dieu » ne pouvaient admettre la déification du souverain ou de l'État. Que l'empereur se convertisse et fasse à l'Église une place privilégiée dans les structures mêmes de l'État romain, la tentation de confondre les destinées de l'Église triomphante avec celles de l'Empire désormais chrétien était grande. Il est dès lors plus difficile de délimiter la frontière entre Église et État, car, en devenant chrétiens, les empereurs des ive et ve siècles n'ont pas renoncé à leur toute-puissance monarchique ni au vieil idéal d'une royauté sacrée. La mainmise de l'État sur l'Église s'est réalisée en trois étapes ; mais, plutôt que de retracer les multiples péripéties des relations Église-État, mieux vaut examiner les doctrines et les théories en présence, afin de montrer comment une théologie politique chrétienne a, tout naturellement, pris le relais des théories païennes sur la divinisation du pouvoir.

L'héritage païen

L'une des caractéristiques essentielles de la civilisation romaine était l'étroite subordination de la religion à la vie politique de l'Urbs, la cité. Le même personnel assurait la conduite des affaires de la cité et les relations avec ses dieux protecteurs. Depuis Auguste, la monarchie impériale puisait ses forces les plus profondes dans l'union, en un même personnage, de t [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 9 pages




Écrit par :

  • : professeur émérite à l'université de Paris-Sorbonne, directeur de l'Institut de recherches pour l'étude des religions
  • : docteur ès lettres, directeur d'études à l'École pratique des hautes études (Ve section)

Classification


Autres références

«  CÉSAROPAPISME  » est également traité dans :

AMBROISE DE MILAN (339-397)

  • Écrit par 
  • Pierre HADOT
  •  • 1 926 mots

Dans le chapitre « Les principes de politique religieuse »  : […] Pour Ambroise, l'Église possède la vérité absolue, reçue de la parole même de Dieu, et elle a donc un droit imprescriptible d'intervenir politiquement lorsque cette vérité est menacée par le pouvoir civil. L'empereur est dans l'Église et non au-dessus de l'Église (Contra Auxentium, 36). Théodose qui, par mesure de répression […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ambroise-de-milan/#i_2245

CANOSSA (1077)

  • Écrit par 
  • Jean-Marie MARTIN
  •  • 412 mots

Épisode célèbre de la lutte entre le pape Grégoire VII et l'empereur Henri IV. Depuis le milieu du xie siècle, les papes tentent de réformer l'Église pour la débarrasser de la simonie et du nicolaïsme et la soustraire à l'emprise laïque. Ils rompent ainsi avec la tradition […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/canossa/#i_2245

CATHOLICISME - Histoire de l'Église catholique des origines au pontificat de Jean-Paul II

  • Écrit par 
  • Jean DANIÉLOU, 
  • André DUVAL
  •  • 16 422 mots
  •  • 9 médias

Dans le chapitre « L'Église et les temps barbares »  : […] se disloque sous les pressions des invasions barbares. Tel saint Léon (  461) à Rome, les évêques apparaissent un peu partout comme les défenseurs des cités ; maintenant ainsi leur cohésion, celles-ci offrent un point d'appui pour la formation de nouveaux royaumes. Teintés d'arianisme ou – comme les Francs – encore païens, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/catholicisme-histoire-de-l-eglise-catholique-des-origines-au-pontificat-de-jean-paul-ii/#i_2245

CONSTANTINOPLE IIe CONCILE DE (553)

  • Écrit par 
  • Pierre Thomas CAMELOT
  •  • 1 326 mots

L'histoire compliquée du IIe concile de Constantinople est à situer dans la suite des querelles, théologiques et politiques, qui s'élevèrent en Orient après le concile de Chalcédoine (451). Celui-ci avait défini l'existence dans le Christ de deux natures, humaine et divine. Des partisans attardés de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/iie-concile-de-constantinople/#i_2245

GÉLASE Ier saint (mort en 496) pape (492-496)

  • Écrit par 
  • Pierre Thomas CAMELOT
  •  • 216 mots

Pape de 492 à 496, Gélase défendit vigoureusement la primauté du Siège apostolique lors du schisme d'Acace de Constantinople, conséquence de la politique ecclésiastique de l'empereur Zénon. Il combattit le pélagianisme, les manichéens, les survivances païennes (les Lupercales), et maintint fermement la discipline […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/gelase-ier/#i_2245

HENRI IV (1050-1106) empereur germanique (1056-1106)

  • Écrit par 
  • Anne BEN KHEMIS
  •  • 1 004 mots

Fils de l'empereur Henri III et d'Agnès de Poitiers, élu roi des Romains à trois ans, héritier légitime du trône d'Allemagne, Henri IV était le petit-fils du puissant duc d'Aquitaine qui avait décliné la couronne d'Italie et protégeait Cluny. Le plus grand des abbés de Cluny, Hugues (1049-1109), fut son parrain et son conseiller […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/henri-iv-1050-1106-empereur-germanique-1056-1106/#i_2245

INVESTITURES QUERELLE DES

  • Écrit par 
  • Marcel PACAUT
  •  • 476 mots

Conflit qui, au milieu du xie siècle, éclata entre le pape et l'empereur à propos de la pratique de l'investiture accordée aux évêques par les pouvoirs laïcs (investiture ecclésiastique). Des clercs réformateurs, désireux de lutter contre la simonie dans le clergé et contre le concubinage des prêtres, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/querelle-des-investitures/#i_2245

JUSTINIEN Ier (empereur byzantin)

  • Écrit par 
  • Vincent GOURDON
  •  • 214 mots
  •  • 1 média

Succédant en 527 à son oncle Justin Ier un demi-siècle après la disparition de l'Empire d'Occident (476), Justinien, aidé de son épouse Théodora, est le dernier empereur byzantin à avoir réellement caressé l'espoir d'une reconstitution de l' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/justinien-i/#i_2245

SIGEBERT DE GEMBLOUX (1030 env.-1112)

  • Écrit par 
  • Denis COUTAGNE
  •  • 446 mots

Né dans le Brabant français, Sigebert de Gembloux est entré très jeune à l'abbaye de Gembloux, près de Liège ; devenu moine à Saint-Vincent de Metz, il s'intéresse fort tôt, dit-on, aux lettres sacrées et profanes, à l'étude du latin, du grec et même de l'hébreu, à la poésie, à la mécanique, à l'astronomie. Il demeure une trentaine d'années à Saint […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sigebert-de-gembloux/#i_2245

Voir aussi

Pour citer l’article

Michel MESLIN, Jean GOUILLARD, « CÉSAROPAPISME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/cesaropapisme/