SÉISMES ET SISMOLOGIEEffets des séismes

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La carte de la répartition des séismes à la surface du globe, dressée à partir de l'analyse de la sismicité historique, ainsi que diverses autres données géodynamiques telles que la répartition du volcanisme, le paléomagnétisme ou la gravimétrie, sont à l'origine de la théorie de la tectonique des plaques, qui explicite la manière dont « fonctionne » la planète Terre.

Par le biais de cette théorie, l'article précédent a expliqué où et pourquoi naissaient les séismes à la surface de la planète ; il est maintenant important de revenir à une échelle plus locale et d'examiner les effets et les conséquences des tremblements de terre au niveau des régions atteintes. Dans cet objectif, les échelles d'intensités, les cartes d'isoséistes, les cartes sismotectoniques, etc. permettent d'évaluer la nature et la répartition des destructions causées par l'activité sismique afin de mieux connaître les zones dangereuses et de se préparer à faire face dans la mesure du possible aux effets destructeurs de ces « risques naturels majeurs » que sont les séismes.

Avant le séisme

Photographie : Avant le séisme

Ville japonaise peu avant un tremblement de terre, en 1925. 

Crédits : Three Lions/ Getty Images

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Tremblement de terre

Photographie : Tremblement de terre

Ville japonaise après le tremblement de terre, en 1925. 

Crédits : Three Lions/ Getty Images

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L'étude macrosismique

On appelle « macroséismes » les séismes sensibles à l'homme. La surface sur laquelle ils sont perçus dépend de l'énergie développée au foyer et de la profondeur de celui-ci ; ses limites varient aussi avec l'observateur. C'est pourquoi, dans l'évaluation de l'intensité d'un séisme, on est amené à prendre des moyennes et à tenir compte du nombre des observations.

Échelles d'intensité

De nombreuses échelles d'intensité ont été utilisées, parmi elles l'échelle Rossi-Forel (RF), en dix degrés, l'échelle Mercalli modifiée (MM), en douze degrés. Ces échelles ont été abandonnées au profit de l'échelle MSK, en douze degrés, proposée en 1964 par Medvedev, Sponheuer et Karnik, et modifiée depuis lors.

Les degrés de l'échelle d'intensité MSK sont :

– degré I : secousse non ressentie ;

– degré II : secousse ressentie par peu de personnes et surtout aux étages élevés des maisons ;

– degré III : secousse ressentie par quelques personnes à l'intérieur des habitations ; vibrations des vitres et balancement d'objets ;

– degré IV : secousse ressentie par de nombreuses personnes à l'intérieur des maisons ; craquement des planchers et des cloisons, vibration des fenêtres, des portes, de la vaisselle ;

– degré V : secousse ressentie par toute la population d'une localité ; réveil de beaucoup de dormeurs, projection de liquides, large balancement des objets suspendus.

– pour les degrés VI à XII, l'échelle MSK précise les définitions des anciennes échelles d'intensité en prenant en considération les types de constructions, les pourcentages de bâtiments endommagés et la nature des dégâts.

a) Types de construction :

– type A : maisons en pisé, briques crues (« adobe »), maisons rurales, constructions en pierres ordinaires (galets, etc.) ;

– type B : constructions en brique, blocs de béton, constructions mixtes en maçonnerie et bois, constructions en pierres appareillées ;

– type C : constructions armées et bonnes constructions en bois.

b) Pourcentage de bâtiments endommagés : – Q (quelques-uns) : 5 p. 100 environ ;

– N (nombreux) : 50 p. 100 environ ;

– P (la plupart) : 75 p. 100 et plus.

c) Nature des dégâts :

– 1 : fissuration et chute de débris, de plâtras ;

– 2 : fissuration des murs, chute de tuiles, fissuration et chute de parties de cheminées ;

– 3 : lézardes larges et profondes dans les murs, chute de cheminées ;

– 4 : brèches dans les murs, effondrements partiels, destruction de remplissage ou de cloisons intérieures ;

– 5 : effondrement total de la construction.

Le tableau permet de définir exactement l'intensité de la secousse en un point donné.

Intensités et dégâts

Tableau : Intensités et dégâts

Intensité et fonction du type de construction (A, B, C), de la proportion de bâtiments endommagés (Q, N, P) et de la nature des dégâts (1 à 5). 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Les effets sur le terrain augmentent avec l'intensité de la secousse : au degré VI, de petites crevasses se forment dans les terrains détrempés ; aux degrés VII et VIII, le débit des sources varie, les routes sont fissurées, l'eau des lacs est troublée par la vase mise en mouvement ; au degré IX, on observe des projections d'eau, de sable et de boue, des chutes de rochers et de nombreux glissements de terrain ; au degré X, les ponts, les barrages, les digues sont endommagés, les canalisations souterraines rompues, les voies de chemins de fer tordues, des crevasses peuvent atteindre 1 mètre de largeur.

Au degré XI, des dommages sévères se produisent même aux bâtiments bien construits ; le terrain subit des déformations importantes avec de nombreux [...]

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Avant le séisme

Avant le séisme
Crédits : Three Lions/ Getty Images

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Tremblement de terre

Tremblement de terre
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Intensités et dégâts

Intensités et dégâts
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Provence : tremblement de Terre de 1909

Provence : tremblement de Terre de 1909
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Pour citer l’article

Jean-Pierre ROTHÉ, Haroun TAZIEFF, « SÉISMES ET SISMOLOGIE - Effets des séismes », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/seismes-et-sismologie-effets-des-seismes/