KATMANDOU SÉISME DE

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Le 25 avril 2015, à 11 h 56 (heure locale), un important séisme de magnitude 7,8 frappe le centre du Népal. Il est suivi par de nombreuses répliques, dont une de magnitude 6,7 le lendemain du choc principal. Le 12 mai, un nouveau séisme se produit avec les mêmes caractéristiques géophysiques que celui du 25 avril ; on peut donc le considérer comme une réplique très forte. Cette série sismique fait d’importants dégâts dans la vallée de Katmandou et dans la ville même. Les séismes se sont produits en journée ; bien que la plupart des habitants se soient trouvés hors de leur maison, le nombre de victimes est supérieur à 8 500.

L’histoire tectonique à grande échelle a débuté il y a quelque 100 millions d’années (Ma) lorsque le sous-continent indien s’est détaché du supercontinent Gondwana, qui réunissait autrefois l’Afrique, l’Antarctique, l’Amérique du Sud, l’Australie et l’Inde, pour dériver vers le nord-est en direction de l’Asie. La collision de l’Inde avec l’Asie a débuté il y a 50 Ma. Depuis, l’Inde s’enfonce comme un coin dans l’Asie à une vitesse de 4 à 5 centimètres par an. Même si l’Himalaya absorbe entre 1,5 et 2 centimètres par an de la convergence en continuant à s’élever, la poussée du coin s’exerce essentiellement de manière intracontinentale, générant de colossales contraintes. Voilà pourquoi cette région est la partie continentale du monde qui connaît le plus fréquemment des tremblements de terre, même si les zones de subduction proches des côtes, où se confrontent plaques océaniques et plaques continentales, peuvent engendrer des séismes plus violents, comme au Chili ou au Japon. Cette collision continentale produit de grands accidents tectoniques, comme des chevauchements ou de grandes failles décrochantes, dont le méga-chevauchement himalayen (ou main himalayan thrust, M.H.T.), siège des séismes de 2015. Cette extrusion se traduit par un raccourcissement des bordures est et nord-est du Népal et du plateau du Tibet, et est responsable en particulier de la structuration de la chaîne himalayenne. Sous Katmandou, les données sismiques indiquent que le M.H.T. est quasi horizontal, avec un pendage faible de cinq à sept degrés. La rupture sismique a commencé (le 25 avril) à l’épicentre, situé à environ 80 kilomètres au nord-ouest de Katmandou, puis s’est propagée vers l’est avec ses nombreuses répliques. Les différents foyers sismiques se situent en moyenne à environ 15 kilomètres de profondeur. Au total, la zone sismique, qui correspond à la partie du M.H.T. ayant rompu, s’étend sur une longueur de 150 kilomètres et une largeur de 50 kilomètres. Il reste donc des zones bloquées à l’ouest et à l’est de la partie qui a relâché ses contraintes.

Localisation du foyer du séisme de Katmandou

Dessin : Localisation du foyer du séisme de Katmandou

Le foyer du séisme de Katmandou se situe à une profondeur d'environ 10 km, sur la zone de glissement de la plaque indienne sous la plaque eurasienne. La rupture sismique s'est étendue sur 50 km de part et d'autre du foyer.  

Crédits : 2013 Encyclopædia Universalis France

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Même si le séisme du 25 avril est considéré comme un séisme important, il reste d’intensité faible si on le compare au séisme de 1934 de magnitude 8, qui avait déjà dévasté la vallée de Katmandou, en faisant entre 10 000 et 20 000 morts. En 1505, un autre tremblement de terre avait, lui aussi, atteint la même magnitude. Les sismologues et géophysiciens ont modélisé les contraintes opérant sur le M.H.T. en intégrant les données sismologiques récentes, les données historiques et celles relevant de la paléosismologie – il y a eu des événements sismiques majeurs en 1 100, en 1 255, en 1 344, etc. Leur conclusion est que le M.H.T. est loin d’avoir fini de libérer toutes ses contraintes, comme d’ailleurs la faille décrochante inverse au Beichuan, sur le plateau du Tibet, qui a fait au moins 80 000 morts et disparus le 12 mai 2008 (séisme du Sichuan), et au moins 240 000 morts en juillet 1976 lors du séisme de Tangshan (province de Hebei, est de la Chine). Les sismologues estiment, à partir de ces données, que le M.H.T. peut produire au Népal un séisme d’une magnitude de 8,5 à 9, soit une énergie trente fois supérieure à celle libérée le 25 avril 2015. Le temps de récurrence de ce genre de cataclysme est estimé à un millier d’années, avec une marge d’erreur de 20 à 30 p. 100.

La conclusion est sans appel : à une échéance impossible à déterminer (une décennie ou quelques siècles), le Népal n’échappera pas à la catastrophe d’un séisme géant. Et la menace vaut pour toute la bordure de la ch [...]

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Écrit par :

  • : docteur en sciences de la Terre, concepteur de la collection La Science au présent à la demande et sous la direction d'Encyclopædia Universalis, rédacteur en chef de 1997 à 2015

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Les derniers événements

25 avril 2015 Népal. Séisme meurtrier.

Un séisme de magnitude 7,8 sur l’échelle de Richter, suivi de puissantes répliques les jours suivants, frappe la région de Katmandou. Les secours peinent à atteindre certains villages très isolés. Le bilan humain du tremblement de terre s’élève à au moins sept mille cinq cents personnes, et on dénombre de très nombreuses destructions.  […] Lire la suite

Pour citer l’article

Yves GAUTIER, « KATMANDOU SÉISME DE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 30 novembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/seisme-de-katmandou/