SÉISMES ET SISMOLOGIEEffets des séismes

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Effets des séismes

Les effets des tremblements de terre sont liés aux mécanismes décrits précédemment, puisque l'intensité est fonction de la distance, de la profondeur du foyer et de la magnitude. On a vu que profondeur et magnitude sont conditionnées par le mouvement des plaques tectoniques. Il ne faut donc pas s'attendre à des chocs colossaux le long des lignes séparant des dalles en cours d'écartement : ainsi, l'effondrement, en 1963, du mont Gale Lekoma, au bord du lac Asal, est sans commune mesure avec la fantastique translation, sur des kilomètres parfois, de collines entières, comme cela s'est produit en 1920 au Kan-Sou, ou les innombrables et colossaux glissements de terrain observés en 1958 en Alaska, en 1960 au Chili, en 1980 en Campanie, et de nombreuses fois au Pérou ; les surfaces isoséistes (surfaces d'égale intensité) de ces deux types de secousses, d'extension ou de compression, secousses majeures chacune dans son contexte tectonique, ne peuvent se comparer. Il convient néanmoins de se souvenir que la complexité des phénomènes naturels peut toujours permettre l'exception en réunissant dans une région où il ne devrait pas s'en produire les facteurs d'un choc de magnitude élevée : par exemple, la secousse cataclysmale qui eut lieu à Lisbonne en 1755, à laquelle nombre de sismologues attribuent une magnitude 9, jamais égalée depuis dans le monde. Par exemple encore, le formidable choc de New Madrid (centre-est des États-Unis), en 1811.

Séismes de Loma Prieta et de Kobe

Vidéo : Séismes de Loma Prieta et de Kobe

Le 17 octobre 1989 à 17 h 4, 62 000 spectateurs assistent à un match de base-ball au stade de Candlestick lorsqu'un séisme d'une magnitude de 7,1 secoue la région de San Francisco. L'épicentre est situé au pied du mont Loma Prieta, à une centaine de kilomètres au sud de San Francisco. Le... 

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Effets sur les constructions

Les effets d'un tremblement de terre sur les constructions de l'homme dépendent essentiellement, à intensité égale, de la qualité des édifices. Si rien ne semble pouvoir résister à une intensité maximale (XII de l'échelle MSK), les zones limitées par les isoséistes XI, X et même IX peuvent soit être entièrement ravagées si les bâtiments sont mal conçus – ce qui arrive dans la plupart des pays, même dans les pays dits développés –, soit, lorsque les constructions sont de type parasismique, ne présenter que des dégâts relativement réduits, et en tout cas moins meurtriers. Pour résister à une secousse, un édifice doit posséder une certaine élasticité et une certaine cohésion : les maçonneries hétérogènes, celles dont le mortier est médiocre, les bâtiments dont le centre de gravité est placé trop haut, les toitures trop lourdes, les vérandas, les encorbellements, tout cela peut s'effondrer, parfois dès l'intensité VIII. C'est ainsi que, dans la même année 1960, un choc superficiel de magnitude inférieure à 6, celui d'Agadir, a tué autant de monde que le colossal tremblement de terre du Chili de magnitude 8,6 à 8,7 : quoique de qualité assez médiocre, les bâtiments de Valdivia ou de Concepción étaient néanmoins mieux construits que ceux d'Agadir. De plus, alors que les gourbis de mauvaise et lourde maçonnerie s'écroulaient au Maroc, les maisons de bois qui constituent l'essentiel des bourgades et des villages du Sud chilien résistaient fort bien aux secousses, grâce à leur élasticité. Les immeubles, gratte-ciel compris, faits d'acier et de verre ou de béton armé selon les règles de l'architecture parasismique, sont également élastiques. En outre, les maisons de bois, ou comme au Japon, de bambou et de papier non seulement « plient mais ne rompent pas » mais, même lorsqu'elles s'effondrent, ce qui arrive aux hautes intensités, sont beaucoup moins meurtrières que la maçonnerie. En revanche, elles risquent de s'enflammer aisément pour peu que des foyers allumés se renversent, que des tuyauteries de gaz se rompent, que des courts-circuits se produisent (cas de Kōbe, en 1995).

Tremblement de terre à Agadir

Photographie : Tremblement de terre à Agadir

Le 29 février 1960, un séisme d'une magnitude 5,8 sur l'échelle de Richter touche Agadir (Maroc), faisant quinze mille victimes. 

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S'il n'est pas interdit, en y mettant le prix, de bâtir des édifices capables de supporter des intensités atteignant X, XI, voire XII de l'échelle MSK, il semble impossible de préserver de la torsion, allant éventuellement jusqu'à la rupture, les structures horizontales, routes, voies ferrées, canaux, canalisations, conduites de toute espèce... (Los Angeles, 1992 ; Kōbe, 1995).

Effets géomorphologiques

Les séismes jouent un rôle fondamental dans le modelé de la surface terrestre. Sans compter les innombrables traces laissées sous forme de failles dans les roches de l'écorce terrestre, la sismicité offre quantité d'exemples contemporains de son importance géomorphologique. On n'en évoquera ici que quelques-uns.

En 1819, le 16 juin, près des bouches de l'Indus, le bassin de Sindree s'effondrait sur une surface de 45 kilomètres sur 25, cependant qu'une [...]

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Avant le séisme

Avant le séisme
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Tremblement de terre

Tremblement de terre
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Intensités et dégâts
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Provence : tremblement de Terre de 1909

Provence : tremblement de Terre de 1909
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Pour citer l’article

Jean-Pierre ROTHÉ, Haroun TAZIEFF, « SÉISMES ET SISMOLOGIE - Effets des séismes », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/seismes-et-sismologie-effets-des-seismes/