ALERTE SISMIQUE ET TSUNAMIS

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La sismologie joue un rôle très important dans la réduction de l'impact des grands séismes sur nos sociétés. Les ondes sismiques se propagent beaucoup plus rapidement qu'un tsunami en pleine mer ; elles apportent donc une information cruciale sur la source sismique avant l'arrivée du tsunami sur les côtes. Cependant, jusqu'à la fin des années 2000, plusieurs heures au minimum étaient nécessaires pour obtenir une information fiable sur la source des grands séismes. Ce délai important était lié en partie à l'inadéquation des méthodes utilisées qui n'étaient pas spécifiquement adaptées aux grands tremblements de terre. Il aura fallu ainsi plusieurs jours de discussions avant d’arrêter une estimation de magnitude faisant consensus lors du grand séisme de Sumatra-Andaman en 2004 (magnitude 9,2, plus de 227 000 morts d'après l'U.S. Geological Survey).

À la suite de ce séisme et de plusieurs événements dévastateurs comme le séisme de Java en 2006 (magnitude 7,7), une nouvelle méthode a été développée par une équipe franco-américaine pour accélérer la caractérisation des grands séismes. Cette approche est fondée sur l'utilisation des ondes sismiques observées à très longue période (c'est-à-dire à très basse fréquence, entre 1 mHz et 5 mHz) pour déterminer rapidement la magnitude, la localisation et le mécanisme au foyer du séisme. Elle repose en particulier sur l'utilisation de la phase W, une phase sismique de longue période accessible au début des sismogrammes. L'utilisation de ce signal sismique impliquant de très grandes longueurs d'onde est motivée par la possibilité de déterminer les principales caractéristiques de la source même lorsque la rupture se propage de façon complexe sur un plan de faille étendu. Cette méthode permet l'analyse rapide des grands tremblements de terre et est opérationnelle dans plusieurs centres d'alerte dont l'U.S. Geological Survey et le Pacific Tsunami Warning Center.

Phase W d'un sismogramme, séisme au Japon du 11 mars 2011

Phase W d'un sismogramme, séisme au Japon du 11 mars 2011

graphique

Ce sismogramme a été observé à la station AAK (Ala-Archa, Kirghizstan) lors du séisme du 11 mars 2011 au Japon. On représente le déplacement vertical du sol en noir et, après filtrage à longue période, en rouge. On identifie également les phases sismiques P, PP, S, SS et les ondes de... 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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—  Zacharie DUPUTEL

Écrit par :

  • : sismologue au Laboratoire de sismologie du California Institute of Technology, Pasadena, Californie (États-Unis)

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Pour citer l’article

Zacharie DUPUTEL, « ALERTE SISMIQUE ET TSUNAMIS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/alerte-sismique-et-tsunamis/