PHÉNOMÉNOLOGIE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

« Pour une part essentielle, la phénoménologie assume, en notre siècle, le rôle même de la philosophie » (Jean-Luc Marion). Si elle a pu assumer ce rôle, c'est grâce à l'œuvre de Husserl. L'expression elle-même fut forgée par Johann Heinrich Lambert (1728-1777) pour désigner la doctrine de l'apparaître, pour autant qu'elle se distingue de l'être même. En s'adossant au travail de Kant, Hegel fut le premier philosophe à envisager la possibilité d'une phénoménologie qui aurait pour tâche d'étudier systématiquement les figures phénoménales de la conscience que l'esprit doit parcourir pour s'élever au savoir absolu. Sa Phénoménologie de l'esprit (1807) se présente comme « science de l'expérience de la conscience », dans laquelle chaque figure, par le fait de parvenir à la pleine compréhension de soi, se dépasse dans la figure suivante.

C'est en un tout autre sens que la phénoménologie husserlienne peut être dite « science de l'expérience de la conscience ». L'expérience est ici celle de la conscience intentionnelle considérée sous ses multiples formes. De cette expérience subjective peut-il y avoir science, et science rigoureuse ? L'idée husserlienne de la phénoménologie a trouvé sa première expression canonique dans les Recherches logiques, dont la première édition a paru en 1900-1901. Un simple regard sur le paysage intellectuel du xxe siècle confirme que Husserl n'avait pas tort de les présenter, dans un projet de préface rédigé en 1913, comme un « ouvrage de percée » qui marque moins une fin qu'un commencement.

De la première génération des disciples de Husserl jusqu'à aujourd'hui, les penseurs qui se réclament du geste fondateur husserlien, n'ont cessé de s'interroger sur la nature exacte de cette [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 12 pages

Écrit par :

  • : agrégé et docteur en philosophie, maître de conférences à l'université de Paris-IV-Sorbonne
  • : docteur en philosophie, professeur émérite de la faculté de philosophie de l'Institut catholique de Paris, titulaire de la chaire "Romano Guardini" à l'université Humboldt de Berlin (2009-2012)

Classification

Autres références

«  PHÉNOMÉNOLOGIE  » est également traité dans :

ACTE, philosophie

  • Écrit par 
  • Paul GILBERT
  •  • 1 282 mots

Dans le chapitre « L'acte d'être »  : […] La tradition philosophique dit cependant plus habituellement que l'énergie contamine l'entéléchie, que l'être suit l'agir. Nous avons vu comment cette articulation se présentait déjà d'une certaine manière chez Aristote, de qui Thomas l'a reçue ; elle a été retenue surtout par le néo-platonisme, qui constitue une autre de ses sources. Pour Plotin, l'être suit l'agir, car il est énergie, mouvemen […] Lire la suite

ALTRUISME

  • Écrit par 
  • Guy PETITDEMANGE
  •  • 3 312 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Autrui : l'obligation et la trace »  : […] Autrui comme autre que moi, qui se refuse originellement à l'identification, qui pourtant me lie à lui jusqu'à fissurer mon moi, et m'ouvre sans tristesse sur l'abîme des commencements et l'indistinction de la fin, telle pourrait être, simplifiée à l'extrême, la thèse d' Emmanuel Levinas, le penseur le plus radical de l'altérité. Éthique ? Non, si l'on entend par là le corollaire d'une conception […] Lire la suite

BLUMENBERG HANS (1920-1996)

  • Écrit par 
  • Jean GREISCH
  •  • 1 214 mots

Le philosophe allemand Hans Blumenberg est né le 13 juillet 1920 à Lübeck. Victime des lois raciales de Nuremberg, il est obligé d'interrompre ses études universitaires. D'abord inscrit comme étudiant en théologie à l'université jésuite de Francfort, il retourne comme simple ouvrier dans sa ville natale. C'est là qu'il est arrêté en 1944. Ayant réussi à s'enfuir du camp de concentration, il sera c […] Lire la suite

BRENTANO FRANZ (1838-1917)

  • Écrit par 
  • Samuel Hugo BERGMAN
  •  • 1 608 mots

Dans le chapitre « La « science de l'avenir » »  : […] Brentano considérait la psychologie comme la partie la plus importante de son œuvre, celle qui devait servir de base aux autres disciplines et rendre possible la solution des principaux problèmes philosophiques. D'après lui « science de l'avenir », elle exercera une profonde influence sur le développement de la pédagogie, de la politique et de la vie pratique en général. Dans Psychologie du point […] Lire la suite

BUYTENDIJK FREDERIK (1887-1974)

  • Écrit par 
  • Georges THINÈS
  •  • 1 277 mots

Occupant une place particulière parmi les meilleurs psychologues contemporains, le savant hollandais F. J. J. Buytendijk, qui fut pendant de longues années professeur aux universités de Nimègue et d'Utrecht, peut difficilement être rangé dans une école. On ne peut pas non plus le considérer comme un éclectique préoccupé de psychologie générale. Ce qui domine son œuvre est avant tout le souci de ré […] Lire la suite

CARTÉSIANISME

  • Écrit par 
  • Pierre GUENANCIA
  •  • 1 862 mots

Dans le chapitre « La « révolution » cartésienne et ses suites »  : […] La première vague du cartésianisme est assurément celle que forment des disciples fortement impressionnés par la puissance de cette méthode nouvelle comme par la netteté des distinctions conceptuelles entre les choses de nature corporelle et celles de nature intellectuelle. Mais cette reconnaissance ne signifie pas une adhésion sans réserve, attitude qui serait contraire à l'esprit de la philosoph […] Lire la suite

COGNITION INCARNÉE

  • Écrit par 
  • Rémy VERSACE
  •  • 1 274 mots

Pendant longtemps, les sciences de la cognition ont tenté de décrire les mécanismes à la base des comportements en privilégiant une approche modulariste décrivant le cerveau comme un ensemble de systèmes hautement spécialisés (des modules), impliquant différents niveaux de représentations internes, et intervenant avant tout selon un mode séquentiel. Au-delà de la modularité, que certains ont limi […] Lire la suite

CONNAISSANCE

  • Écrit par 
  • Michaël FOESSEL, 
  • Yves GINGRAS, 
  • Jean LADRIÈRE
  •  • 9 092 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La phénoménologie »  : […] La phénoménologie s'est efforcée de surmonter l'opposition du réalisme et de l'idéalisme, en proposant une interprétation de la connaissance qui élimine l'idée de représentation. Le concept central de la phénoménologie est celui d' intentionnalité. La conscience n'est ni la pure présence à soi d'une intériorité capable de se donner de surcroît une représentation du monde (par exemple, grâce à des […] Lire la suite

CONSCIENCE

  • Écrit par 
  • Henri EY
  •  • 10 465 mots
  •  • 1 média

Le mot latin conscientia est naturellement décomposé en « cum scientia ». Cette étymologie suggère non seulement la connaissance de l'objet par le sujet, mais que cet objet fait toujours référence au sujet lui-même. Le terme allemand Bewusstsein comporte la même résonance de sens. L'emploi du substantif conscience fausse la solution du problème qu'il implique, car la conscience n'est pas plus un […] Lire la suite

CORPS - Soma et psyché

  • Écrit par 
  • Pierre FÉDIDA
  •  • 3 215 mots

Dans le chapitre « Fondements nouveaux d'une théorie du corps »  : […] On voit ainsi à quelle impasse conduit la légitimation scientifique positive d'une distinction entre soma et psyché, qui trouvait pourtant son fondement spécifique à l'intérieur d'une démarche métaphysique et morale. La positivité des savoirs physiologique et psychologique s'est constituée sur le principe des exclusions réciproques et des réductions complémentaires. Dans le même sens, on s'aperçoi […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Renaud BARBARAS, Jean GREISCH, « PHÉNOMÉNOLOGIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/phenomenologie/