KABBALE

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Le terme kabbala, littéralement «  tradition », désignait à l'origine toute tradition doctrinale, même biblique à l'exclusion du Pentateuque, et plus particulièrement la transmission, d'abord orale, ensuite écrite, d'enseignements concernant la pratique religieuse. C'est seulement au xiiie siècle que ce terme désigne un système doctrinal particulier et au xive siècle que les penseurs de ce courant sont appelés « kabbalistes » de préférence à toute autre désignation.

L'apparition de la mystique juive coïncide avec la période des grands courants théosophiques et gnostiques des premiers siècles de l'ère chrétienne. On peut suivre son développement ininterrompu du iie siècle à nos jours. Comme toute autre forme de mystique religieuse, elle cherche essentiellement à réinterpréter les données de la Révélation en vue d'atteindre des réalités supérieures par le moyen de la connaissance, de la vision ou à travers une expérience vécue. La spécificité de la mystique juive par rapport à la mystique grecque, chrétienne ou musulmane s'exprime dans certains concepts fondamentaux qui demeurent permanents quelle que soit la diversité des formes ou des moyens d'approche que revêtent ou adoptent les courants doctrinaux.

La méditation est centrée en premier lieu sur le concept du Dieu vivant, dont l'essence inconnaissable se manifeste dans ses attributs. Ces attributs sont en même temps les étapes de procession du monde de la divinité, qui transcende l'univers phénoménal et est cependant activement présente dans tout ce qui existe. Cette multiplicité de niveaux et d'attributs a pour origine le Dieu unique, source de toute existence.

La finalité de l'investigation mystique est la connaissance de ce monde divin. Les deux instruments providentiels qui permettent de la réaliser sont la Tora et la langue hébraïque. La Tora n'est pas seulement un texte composé de phrases et de mots, [...]


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LIVRE DE LA SPLENDEUR, KABBALE JUIVE

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AZRIEL DE GÉRONE (1re moitié XIIIe s.)

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BAAL SHEM TOV ISRAËL BEN ÉLIÉZER dit LE (1700 env.-1760)

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L'application hébraïque de Baal Shem Tov ( Ba‘al Šem Tov  : maître du Nom [divin] ou maître du Bon Nom [divin]  ; abrégé en Bešt ) désignait au xvii e siècle, chez les juifs d'Europe centrale un thaumaturge en état d'effectuer des guérisons par l'usage magique du Nom divin qu'il connaissait par grâce spéciale. Elle désigne aujourd'hui un maître spirituel dont la vie émerge mal de la légende et a […] Lire la suite

CARO JOSEPH (1488-1575)

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Maître des talmudistes et de la communauté de Safed au xvi e siècle, Joseph Karo naquit sans doute à Tolède en Espagne. Après l'expulsion de 1492, sa famille s'exila au Portugal et prit le chemin de la Turquie. Il vécut là quarante années, d'abord à Istanbul, puis à Andrinople, à Nicosie et à Salonique. Il eut pour premier maître son père, Éphraïm Karo, talmudiste de classe. Le martyre de Salomon […] Lire la suite

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Il fut l'élève de Joseph Karo et de Salomon Alkabetz, et le maître d'Isaac Luria. Cordovero est, avec ce dernier, la plus grande figure du centre kabbalistique de Safed (en Galilée) au xvi e siècle. Les deux œuvres principales de Moïse Cordovero sont le Pardess Rimmonim ( Jardin des grenades ), qu'il acheva à l'âge de vingt ans, et le Elimah Rabbati , terminé dix ans plus tard. Il rédigea aussi […] Lire la suite

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Dans le chapitre « Une métaphysique de la lumière et des ténèbres »  : […] Fludd paraît profondément marqué par la condamnation paulinienne des philosophes qui tentent de découvrir la vérité par la seule raison plutôt que par la méditation de la parole divine. Aussi sa pensée s'appuie-t-elle avant tout sur la Bible. Cependant, elle puise aussi abondamment dans les écrits d'Hermès Trismégiste (que Fludd jugeait authentiques, et dans lesquels il incluait le Liber XXIV phi […] Lire la suite

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GUEMATRIA

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Procédé d'herméneutique qui consiste à utiliser la valeur numérique des lettres constitutives d'un mot, ou d'un groupe de consonnes, pour l'interpréter moyennant le rapprochement avec un autre mot ayant la même valeur numérique. Par exemple le passage de la Genèse xxxii , 5 : « J'ai séjourné chez Laban » est expliqué par Bereshit Rabbati 145 de la manière suivante : la valeur numérique de « J'ai […] Lire la suite

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On ne sait que peu de chose concernant l'existence de Meir ben Ezechiel ibn Gabbay, sinon qu'il naquit en Espagne et qu'il en fut expulsé avec ses autres coreligionnaires en 1492, qu'il vécut d'une manière très précaire et, après diverses pérégrinations, qu'il s'établit en Turquie et mourut peut-être en Terre Sainte. Il composa trois ouvrages. Le premier, rédigé en 1507 et intitulé Tōla ‘at Yaaqō […] Lire la suite

IBN SHUAIB JOSHUA (1re moitié XIVe s.)

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Rabbin et kabbaliste espagnol de la première moitié du xiv e siècle. Joshua ibn Shuaib fut l'élève de Salomon ben Abraham Adret (le RaSHbA) et le maître de Menaḥem ben Aaron ibn Zeraḥ. Il vécut en Navarre, peut-être à Tudèle même. Il doit la notoriété à son œuvre Derashot , qui contient les sermons sur le Pentateuque qu'il donnait dans la synagogue locale (1 re  éd. : Constantinople, 1523 ; 2 e […] Lire la suite

ISAAC L'AVEUGLE DE NARBONNE (1160 env.-env. 1235)

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Personnage éminent de la kabbale d'Espagne, fils d'Abraham ben David de Posquières. C'est dans cette ville et à Narbonne qu'a vécu Isaac l'Aveugle. Les données biographiques le concernant se limitent aux traditions rapportées par ses élèves (parmi lesquels Azriel, Ezra ben Salomon et Naḥmanide) et reprises par des auteurs plus récents. Son surnom indique qu'il était aveugle, et certains auteurs (I […] Lire la suite

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Expression désignant un ensemble de textes, non de personnes, ces écrits étant tous anonymes. Leurs dénominateurs communs sont leur lieu d'origine (on suppose qu'il s'agit de la Provence ou de la Castille), leur date (fin du xii e  s. ou déb. du xiii e  s.) et une similarité idéologique qui comporte toutefois des nuances assez différentes d'un texte à un autre, mais dont l'ensemble a des rapports […] Lire la suite

JACOB BEN SHESHET (XIIIe s.)

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Kabbaliste qui vécut en Catalogne et fit partie du cénacle de Gérone, avec Azriel, Ezra ben Salomon et leur condisciple, plus jeune, Moïse ben Naḥman (Naḥmanide), lequel les dépassa tous en célébrité. La diffusion d'un des écrits de Jacob ben Sheshet a été d'ailleurs en partie due à son attribution, erronée, à Naḥmanide ; il s'agit d'un traité sur « la foi et la confiance » ( Ha Emuna Weha-bittaho […] Lire la suite

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JOSEPH IBN GIQATILIA (1248-1325)

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Kabbaliste espagnol, né à Medinaceli en Castille, Joseph ben Abraham Giqatilia passa de nombreuses années à Ségovie. Entre 1272 et 1274, il étudie auprès d'Abraham Abulafia, et son premier ouvrage, 'Ginnat Egōz ( Le Verger des noyers ), rédigé en 1276, porte l'empreinte de la kabbale prophétique et extatique de son premier maître. Il s'agit d'une introduction au symbolisme mystique de l'alphabet, […] Lire la suite

JUDA BEN YAQAR (mort entre 1200 et 1218)

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Talmudiste et kabbaliste, probablement né en Provence (G. Scholem, Les Origines de la kabbale , Paris, 1966). Pendant sa jeunesse, Juda ben Yaqar accomplit un séjour d'études dans les communautés du nord de la France, puis auprès d'Isaac ben Abraham de Narbonne. Les documents d'archives signés par lui (Barcelone, 1175) et par son fils (Narbonne) montrent que sa carrière active se situait en Proven […] Lire la suite

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Pour citer l’article

François SECRET, Gabrielle SED-RAJNA, « KABBALE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 mai 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/kabbale/