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JARDINS De l'Antiquité aux Lumières

Jardins d'Orient

Dans la moitié orientale de l'Empire romain, l'art des jardins se trouvait au contact de ses lointaines origines, et il n'est pas étonnant que Byzance ait connu des jardins magnifiques, dans lesquels s'alliait le goût asiatique de la fécondité et des arbres fruitiers, ainsi que de l'eau vive, à une recherche décorative utilisant les marbres de couleur, la mosaïque et les parterres de fleurs. On aime aussi, alors, mettre dans les jardins, d'où disparaissent les statues, des automates de toute sorte, qui peuplent bizarrement ce monde enchanté. Ces automates étaient des figures de bois ou de métal animées par des jeux d'eau ; ils appliquaient des découvertes mécaniques faites par les savants d'Alexandrie, quelques siècles plus tôt.

C'est à partir du jardin byzantin et syrien que se constitua l'art du jardin dit « arabe », parce qu'il fut diffusé dans l'Orient méditerranéen, le Maghreb et jusqu'en Espagne, par la conquête arabe. Ce jardin recherche la couleur, obtenue grâce à l'acclimatation de plantes originaires de l'un ou l'autre canton du vaste territoire arabisé, et aussi par la constitution des «   arabesques » de verdure, qui reproduisent, sur le sol, le tracé des lettres qui se lisent sur les murs des palais. Une particularité de la culture des plantes sous le climat des pays les plus secs donne naissance à l'un des caractères les plus curieux de ce jardin arabe : l'habitude de ménager des parterres en contrebas, où l'on peut amener l'eau d'irrigation, permet de recouvrir sans inconvénient les allées et les parties non cultivées de dallages en faïence de couleurs vives, si bien que les plantes semblent jaillir d'une terre invisible, parmi les jets d'eau qui animent des bassins aux formes géométriques. Dans ces jardins merveilleux se retrouvent les automates chers à Byzance. Ils flattent le goût, alors fort répandu, de la sorcellerie et des enchantements. Il en allait ainsi des jardins du Caire et de ceux de Bagdad vers le ixe siècle de notre ère. À Bagdad existait alors un petit jardin orné d'un arbre d'argent, où étaient perchés des oiseaux qui étaient d'argent eux aussi, et qui sifflaient.

Le plus souvent, ces jardins « arabes » sont enclos de hauts murs ; ils forment, comme le jardin romain, partie intégrante de la demeure, à laquelle les relie un « cloître » fait d'arcs outrepassés.

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Écrit par

  • : professeur émérite à l'université de Paris-Sorbonne, membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres
  • : agrégé de l'Université, docteur ès lettres, professeur à l'université de Toulouse-Le Mirail

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Fresque de la villa de Livie

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Château de Villandry, jardins

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Jardin Bomarzo de Vicino Orsini

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Autres références

  • ALPHAND ADOLPHE (1817-1891)

    • Écrit par Universalis, Michel VERNÈS
    • 1 674 mots
    .... Ce poste d'apparence modeste embrasse pourtant un des aspects majeurs de la transformation de Paris. C'est que Napoléon III est acquis à la cause des jardins publics. Influencé par les doctrines saint-simoniennes et par la civilisation anglaise où il a baigné en exil, Louis-Napoléon Bonaparte entend...
  • BÉLANGER FRANÇOIS-JOSEPH (1744-1818)

    • Écrit par Daniel RABREAU
    • 675 mots

    Protégé du comte de Caylus, disciple de David-Leroy et de Contant d'Ivry, Bélanger échoue au concours de l'Académie d'architecture (1765). Renonçant définitivement à cette distinction, il gagne l'Angleterre où il fait la connaissance de lord Shelburne pour qui il exécutera...

  • BÜHLER DENIS (1811-1890) & EUGÈNE (1822-1907)

    • Écrit par Monique MOSSER
    • 1 091 mots

    D'origine suisse, les frères Bühler sont des « jardiniers-paysagistes ». Ils figurent parmi les principaux protagonistes de la dernière époque du style irrégulier des jardins en France, aux côtés d'Alphand et de Barillet-Deschamps, maîtres-d'œuvre de la nouvelle politique des « espaces verts »...

  • BARRAGÁN LUIS (1902-1988)

    • Écrit par Marc VAYE
    • 969 mots

    L'architecte mexicain Luis Barragán Morfin est né à Guadalajara le 9 mars 1902, il meurt à Mexico-City le 22 novembre 1988. Sa vie traverse le siècle sans l'épouser. Fils de propriétaire terrien, il passe de longues périodes de son enfance dans un ranch de la région montagneuse de Mazamitla dans l'État...

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Voir aussi