BÉLANGER FRANÇOIS-JOSEPH (1744-1818)

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Protégé du comte de Caylus, disciple de David-Leroy et de Contant d'Ivry, Bélanger échoue au concours de l'Académie d'architecture (1765). Renonçant définitivement à cette distinction, il gagne l'Angleterre où il fait la connaissance de lord Shelburne pour qui il exécutera des projets (galerie de son hôtel à Berkeley Square, 1779) ; ce séjour sera pour lui l'occasion de se familiariser avec le néo-palladianisme d'outre-Manche qui marquera profondément son œuvre future. À son retour, Bélanger aura l'occasion de faire apprécier ses talents, eu égard à l'anglomanie, alors naissante en France, spécialement dans l'entourage du comte d'Artois où il est introduit par sa maîtresse, la célèbre cantatrice Sophie Arnould. Nommé premier architecte de ce prince, Bélanger partage ses activités entre cette charge, celle de dessinateur des Menus Plaisirs où il est adjoint à M.-A. Challe (1767), et une clientèle privée fort abondante. Pour le comte d'Artois, il construit l'hôtel des Écuries à Versailles, le pavillon de Bagatelle et ses jardins (1777), la maison d'Artois et les écuries de Vincennes (1778-1780) ; deux importants projets ne seront pas réalisés : celui d'un remaniement du château de Saint-Germain-en-Laye et celui d'un vaste lotissement résidentiel autour d'un palais neuf sur les anciennes pépinières du Roule récemment acquises par le comte d'Artois. Recommandé par son protecteur, Bélanger travaille en Belgique pour le prince de Ligne, aménageant son parc de Belœil (1771), celui de Baudour (1775) et l'hôtel d'Épinay à Bruxelles (1772). Parmi ses nombreuses constructions privées, à Paris ou dans la proche banlieue, citons : l'hôtel de la Chaussée d'Antin pour Sophie Arnould (1773), l'hôtel de Sainte-Foix (1777), la maison Bélanger (rue du Bois), une maison rue Neuve-des-Capucines, une maison à Sèvres, la Folie Saint-James à Neuilly (1777), la maison La Ballu à Pantin (1785). Spécialiste du jardin à l'anglaise, agrémenté de fabriques orientales et antiques qui le rendirent célèbre en Belgique et dont les plus fameux exemples sont à Belœil, à Bagatelle et à la Folie Saint-James, Bélanger aménagea avec Hubert Robert le parc de Méréville pour le financier Laborde. Mais l'art de Bélanger ne se limite pas à ces exemples gracieux où une ingéniosité toujours renouvelée s'accordait particulièrement à l'aimable destination de ces demeures urbaines ou champêtres. Son projet de réunir le Louvre aux Tuileries par la construction d'un opéra et d'une place Louis XVI au Carrousel (1781) et son grand projet de théâtre des Arts pour Bruxelles attestent son goût pour les vastes compositions urbaines où la multiplication des portiques, des arcs de triomphe, des obélisques, des colonnes et des statues ressuscite les forums de l'Antiquité. L'architecture édilitaire et la technique intéressèrent aussi Bélanger qui donnera dans ce domaine deux œuvres d'une rare qualité : les abattoirs de Rochechouart (1808), dont les formes contrastées rivalisent d'audace avec certaines inventions de Ledoux, et la coupole métallique de la Halle au blé (1808-1813), très moderne dans sa conception de l'emploi d'un matériau nouveau. La plupart des projets de Bélanger sont traduits par d'admirables dessins que nous avons conservés. Parmi ses activités de décorateur aux Menus Plaisirs, citons ses projets pour l'Alceste de Gluck à l'Opéra, ses dessins pour le catafalque du roi de Sardaigne (1773) et pour la décoration des funérailles de Louis XV (1774). Bélanger, qui reprend ses fonctions sous la Restauration, donne encore les projets de décor pour la translation de la dépouille de Louis XVI et de Marie-Antoinette à Saint-Denis (1815) et pour le mariage du duc de Berry à Notre-Dame (1816).

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  • : professeur à l'université de Paris-I-Sorbonne, directeur du centre Ledoux

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  • Écrit par 
  • Thomas von JOEST
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Pour citer l’article

Daniel RABREAU, « BÉLANGER FRANÇOIS-JOSEPH - (1744-1818) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/francois-joseph-belanger/