GRAVURE

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Fonction sociale de la gravure

Les procédés mécaniques qui entrent dans sa production n'ont jamais altéré le caractère magique de l'image. Son succès vient de ce qu'elle pouvait satisfaire, à l'échelle sociale, les différents besoins de représentation de la vie mythique.

Cette fonction apparaît dès les premières xylographies, essentiellement des crucifix et des images pieuses, qui protégeaient leurs possesseurs. On garnissait de gravures, pour les mêmes raisons, l'intérieur de coffrets, on en affichait au seuil des maisons ; les confréries faisaient graver leur saint patron, et les pèlerins se reconnaissaient aux « drapelets » (petits drapeaux imagés) qu'ils arboraient. La première fonction de la gravure fut donc de mettre à la portée de tous des images religieuses de caractère prophylactique.

Simultanément l'image gravée fut utilisée à des fins didactiques grâce aux almanachs et calendriers populaires ; ce fut le début d'une fructueuse production de moyens éducatifs : jeux, calligraphies, estampes documentaires. L'art du graveur doit beaucoup à l'artisanat du cartier et du dominotier, qui fabriquent des cartes à jouer et des motifs pour les papiers peints. L'un des premiers maîtres de la gravure sur métal est appelé à cause de ses œuvres « Maître des cartes à jouer », et l'une des premières séries de gravures italiennes fut longtemps appelée « tarots de Mantegna ».

La gravure trouva dans le portrait un champ d'activité vaste et logique. Les plus anciens sont dus à Dürer et au Maître du cabinet d'Amsterdam. Les burinistes du xviie siècle français en furent prodigues. Le portrait bon marché, réclamé par une nouvelle clientèle bourgeoise, fut répandu avant la photographie par des procédés tels que le « physionotrace ».

La puissance de l'image a fait de la gravure un instrument privilégié de propagande dans tous les domaines. François Ier avait utilisé [...]


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Jules César, opéra de Haendel

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Aztèques capturés par les Espagnols

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La Grande Fortune

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Écrit par :

  • : ancien élève de l'École normale supérieure, professeur à l'université de Paris-IV-Sorbonne
  • : directeur de la bibliothèque publique d'information, Centre Georges-Pompidou

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Pour citer l’article

Barthélémy JOBERT, Michel MELOT, « GRAVURE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 juillet 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/gravure/