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GURUNG

Population himalayenne du Népal. Le territoire gurung s'étend sur les hautes vallées du versant méridional de la chaîne de l'Annapurna dans la zone centrale des hautes collines du Népal. Les villages apparaissent entre 1 500 et 2 500 mètres et leurs « alpages » montent jusqu'à 3 500 et même 4 000 mètres.

Les voies de communication sont quasi inexistantes ; les véhicules à roue sont inconnus et le transport s'accomplit exclusivement à dos d'homme. Les principales plantes cultivées sont le riz (mlah), le millet (nare), le maïs (makai), l'orge (karu), le sarrasin (kargi), la pomme de terre (alue). Les Gurung sont, avec les Magar du Sud, les deux populations montagnardes les plus importantes et les plus groupées des hautes collines du Népal. Leur nombre est estimé à 200 000. L'origine des Gurung reste sujette à caution : les Gurung étaient autrefois gouvernés par la dynastie des Ghales dont les descendants forment aujourd'hui un clan gurung. Venus, au dire de la légende, du versant nord de l'Himalaya, les Ghales s'installèrent sur le versant sud et gouvernèrent le pays jusqu'à l'arrivée de princes venus de l'Inde au début du xve siècle.

Culturellement, les Gurung sont très proches des populations tibétaines ; leur langue appartient au groupe tibéto-birman. La religion est fortement imprégnée de croyances tibétaines ; aussi le lamaïsme pur est-il très répandu dans le pays. Les Gurung n'ont pas d'organisation administrative propre ; le gouvernement népalais y a créé un système de districts et de provinces. La seule unité territoriale est le village. Les terres d'un certain nombre de maisons sont placées sous l'autorité d'un ou de plusieurs chefs, kroh, représentant le gouvernement népalais. Sans doute en raison de leur isolement, les Gurung ont conservé des techniques traditionnelles originales. De nombreuses branches de l'artisanat (orfèvrerie, travail du fer et travail du cuir) sont entièrement aux mains des « intouchables » non gurung. Les Gurung eux-mêmes ont conservé le tissage et la vannerie dont la réputation est grande chez les peuples népalais. Il existe deux formes de maison gurung : la maison traditionnelle de plain-pied, avec charpente de bois, murs de terre et toit de chaume, et la demeure plus riche et plus confortable, à deux étages avec des murs de pierre et un toit fait d'une mince plaque de pierre, qui se répand de plus en plus. L'agriculture est de type montagnard : les champs en terrasses s'étagent entre 1 400 et 2 300 mètres. La culture du riz se fait sur les terres irriguées ; il n'y a qu'une seule récolte par an, les conditions atmosphériques ne permettant d'inonder les terres que pendant la mousson. La culture du maïs, culture d'appoint, permet à beaucoup de familles de se nourrir en attendant la maturation du riz.

La société gurung est divisée en clans exogamiques et patrilinéaires et semble avoir été fortement influencée par le système indien des castes : l'ensemble des clans est partagé en deux groupes endogames : les carjat, les solahjat. Les clans carjat auraient à l'origine constitué une classe privilégiée. Le clan ghale était celui des rois, le clan kon celui des administrateurs, le clan lama celui des prêtres. Chez les Gurung presque tous les mariages sont monogamiques, les unions polygyniques demeurant l'apanage des riches. Les Gurung ont une tradition de mercenariat militaire dans différentes armées étrangères, qui leur fournit une possibilité d'économiser quelque argent.

— Yvan BARBÉ

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Écrit par

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • NÉPAL

    • Écrit par Gilles BÉGUIN, Benoît CAILMAIL, François DURAND-DASTÈS, Universalis, Marc GABORIEAU, Luciano PETECH, Philippe RAMIREZ
    • 16 319 mots
    • 13 médias
    L'élevage est associé à la culture. Ainsi, chez les Gurung du Népal central, autour des villages situés entre 1 800 et 2 600 m, des rotations de cultures sont organisées pour laisser chaque année la moitié des champs en friche, afin de permettre le pacage. Mais il existe aussi une vie pastorale...

Voir aussi