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NÉPAL

Nom officiel

République démocratique fédérale du Népal (NP)

    Chef de l'État

    Ram Chandra Poudel (depuis le 13 mars 2023)

      Chef du gouvernement

      Pushpa Kamal Dahal dit « Prachanda » (depuis le 4 août 2016)

        Capitale

        Katmandou

          Langue officielle

          Népalais

            Unité monétaire

            Roupie népalaise (NPR)

              Population (estim.) 29 641 000 (2023)
                Superficie 147 181 km²

                  Le Népal contemporain

                  Le pouvoir autocratique de la famille Rana sur le royaume du Népal a duré cent quatre années durant lesquelles l’autorité du monarque a été reléguée au second plan et toute manifestation ou contestation sévèrement réprimée. Dans le même temps, les relations entre le pays et l’extérieur ont été réduites au strict minimum afin de limiter autant que possible l’influence (et les éventuelles aspirations émancipatrices) des forces étrangères. À partir de la fin de l’année 1950, la position des Rana est néanmoins devenue difficile à tenir. L’alliance entre le Congrès népalais (ou Nepali Congress, parti fondé en janvier 1947 à Varanasi par Bishweshwar Prasad Koirala et membre de l’Internationale socialiste) et le roi Tribhuvan, soutenue par l’Inde, pèse sur le régime qui abandonne le pouvoir le 8 janvier 1951. La primauté de la monarchie est rétablie, tandis que le Congrès népalais obtient la promesse que des représentants populaires élus seront intégrés au nouveau gouvernement.

                  La première démocratie népalaise

                  La nouvelle ère qui s’ouvre au Népal est marquée par une grande instabilité politique. Les factions antagonistes du gouvernement provisoire chargées d’instaurer un système démocratique durable ne parviennent pas à oublier leurs intérêts respectifs pour faire cause commune et, malgré l’introduction d’une Constitution de transition le 11 avril 1951, les coalitions se succèdent au cours de la décennie. Outre les querelles divisant les différentes forces politiques en présence, l’Inde participe au trouble ambiant en soutenant une partie contre une autre afin d’asseoir sa propre influence sur son voisin himalayen. Le traité de paix et d’amitié signé le 31 juillet 1950 entre le gouvernement de Nehru et le gouvernement rana figure parmi les principaux sujets de discorde. Rédigé pour durer éternellement, il définit ce qui sera appelé plus tard la « relation spéciale » qui unit les deux nations et qui passe par la reconnaissance de la souveraineté et de l’indépendance des deux pays ainsi que par une entraide mutuelle en matière de politique étrangère. Or la dynastie rana renversée, le Parti communiste du Népal (P.C.N., fondé en septembre 1949 à Calcutta par Pushpa Lal Shrestha) fait immédiatement de la révision de ce traité une des pierres angulaires de son programme politique. Il se heurte au Congrès népalaisqui s’y refuse, afin de se ménager le soutien de l’Inde dans son combat politique. L’ensemble de ces dissensions conduit ainsi à huit remaniements gouvernementaux d’août 1952 à mai 1959.

                  Le 18 février 1955, le prince Mahendra Bir Bikram Shah Deva succède à son père sur le trône, mais ce changement de monarque ne parvient pas à sortir la démocratie naissante de l’impasse dans laquelle elle se trouve. Rapidement, Mahendra se montre réticent à proclamer la Constitution et à organiser les élections générales promises par son père. Ce n’est qu’après de nombreux revirements politiques que la Constitution est promulguée, le 12 février 1959, suivie une semaine plus tard par les premières élections parlementaires du royaume, remportées par le Congrès népalais, qui a désormais pour tâche de former un nouveau gouvernement ; celui-ci sera dirigé par Bishweshwar Prasad Koirala. Le répit sera néanmoins de courte durée, car l’opposition politique – et plus particulièrement le P.C.N., le grand perdant des élections – organise de vastes mouvements de contestations à travers le pays, qui fragilisent la position du gouvernement Koirala.

                  À la fin de décembre 1960, le Népal sombre graduellement dans le chaos. Les quelques réformes entreprises par le gouvernement sont critiquées, tant par les partis politiques tels que le P.C.N., qui juge les réformes insuffisantes, que par les « victimes » de ces mêmes réformes qui reprochent au Congrès népalais de les avoir[...]

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                  Écrit par

                  • : conservateur au musée Guimet
                  • : conservateur des bibliothèques à la Bibliothèque nationale de France
                  • : professeur à l'université de Paris-VII-Denis-Diderot
                  • : directeur de recherche au C.N.R.S., directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales
                  • : professeur à l'université de Rome
                  • : chargé de recherche au C.N.R.S.
                  • Universalis : services rédactionnels de l'Encyclopædia Universalis

                  . In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

                  Médias

                  Népal : carte physique

                  Népal : carte physique

                  Népal : drapeau

                  Népal : drapeau

                  Monastère de Tengboche, Népal

                  Monastère de Tengboche, Népal

                  Autres références

                  • NÉPAL, chronologie contemporaine

                    • Écrit par Universalis
                  • ASIE (Géographie humaine et régionale) - Dynamiques régionales

                    • Écrit par Manuelle FRANCK, Bernard HOURCADE, Georges MUTIN, Philippe PELLETIER, Jean-Luc RACINE
                    • 24 797 mots
                    • 10 médias
                    ...à un Pakistan musulman et bicéphale, dont la partie orientale a fait sécession en 1971 pour devenir le Bangladesh. Au nord, les États himalayens du Népal et du Bhoutan font tampon avec la Chine, qui possède avec l'Inde une frontière commune, toujours contestée tant à l'ouest de l'...
                  • BHOUTAN

                    • Écrit par Benoît CAILMAIL, François DURAND-DASTÈS, Alain LAMBALLE, Chantal MASSONAUD
                    • 7 371 mots
                    • 6 médias
                    ...de main-d’œuvre dans le pays. Désignés par le terme de lhotshampa (opposé au terme de drukpa qui désigne les populations indigènes du Bhoutan), ces Népalais ont vu leur population croître pour devenir la principale minorité du pays (entre 30 et 40 p. 100 de la population totale selon les différentes...
                  • GRAFFITI

                    • Écrit par Glen D. CURRY, Scott H. DECKER, Universalis, William P. MCLEAN
                    • 5 879 mots
                    • 1 média
                    Aucune étude des graffiti des pays orientaux n'est encore parue, mais les graffiti figuratifs népalais ont constitué le sujet d'une documentation sommaire, réalisée au cours de l'été 1967 par l'ethnologue Khem Bahadur Bista. On peut remarquer qu'ils comportent le motif cordiforme, une figuration de la...
                  • GURUNG

                    • Écrit par Yvan BARBÉ
                    • 630 mots

                    Population himalayenne du Népal. Le territoire gurung s'étend sur les hautes vallées du versant méridional de la chaîne de l'Annapurna dans la zone centrale des hautes collines du Népal. Les villages apparaissent entre 1 500 et 2 500 mètres et leurs « alpages » montent jusqu'à 3 500 et même 4 000...

                  • Afficher les 16 références

                  Voir aussi