ISLAM (La religion musulmane)Les fondements

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Mouvement politico-religieux, l'islam est tout entier édifié sur un livre sacré, le Coran, livre qui revêt pour lui une importance extrême. Source de son dogme et de sa prière, base de toute sa liturgie, code juridique, autorité suprême à laquelle il se réfère en cas de contestation, le Coran est l'ouvrage à travers lequel le musulman voit l'histoire du monde, envisage l'avenir. Il y cherche des règles de conduite et de pensée aussi bien que des principes de grammaire et de rhétorique.

Le chant rituel des versets du Coran, enregistré ou donné directement devant un micro, se mêle à la vie de tous les jours. En terre d'islam, à l'époque du « transistor », on pourra l'entendre le matin dans certains autobus, le jour dans les souks ou le soir dans les réunions mortuaires, comme en des dizaines d'autres occasions. Toute l'existence en est marquée.

Le Coran fut annoncé ou transmis par cet homme exceptionnel, Muḥammad (Mahomet), qui prit la tête du premier groupe de croyants et que ceux-ci à leur tour vénérèrent comme un prophète et un envoyé de Dieu. Après sa mort en 632, une expansion fulgurante mena les armées arabes, puis musulmanes, loin de leur pays d'origine. En un siècle, elles avaient atteint la Gaule et se trouvaient devant les frontières de l'Inde et celles du Turkestan chinois. L'Inde du Nord fut conquise plus tard (xie-xive s.) et conservée en grande partie. Puis ce fut le tour de l'Indonésie (xive-xvie s.). En Afrique noire occidentale, la pénétration se fit à partir du xie siècle et, au xviiie, une ceinture d'États musulmans reliait Dakar à la mer Rouge, à travers les steppes subsahariennes. Cette expansion militaire fut doublée et souvent précédée par une pénétration pacifique, un rayonnement religieux et, très vite, culturel, ces divers aspects se complétant les uns les autres. Actuellement, l'islam touche entre un sixième et un septième de l'humanité.

Très proche du judaïsme et d'un christianisme unitarien auxquels il se réfère à maintes reprises, l'islam a été profondément marqué par des valeurs arabes et spécialement par la langue arabe qui reste toujours l'unique langue liturgique des mosquées et des prières rituelles. Prêchant un monothéisme strict, en réaction violente contre le paganisme de la péninsule arabique, insistant sur les notions d'unicité divine, de création, de révélation, de résurrection des morts et de rétribution dans l'au-delà, il est inséparable d'une législation. Les musulmans tiennent le message coranique pour le dernier d'une longue série, depuis Adam jusqu'à Moïse et Jésus. L'islam est pour eux la forme ultime et parfaite de la seule religion « proche de la nature » (Coran, 30), un retour à la foi d'Abraham, considéré comme le grand ancêtre.

Les chrétiens d'Orient, contemporains de la première expansion musulmane, n'y virent d'abord qu'un nouveau groupement apparenté au judaïsme et au christianisme, un de ceux que saint Jean Damascène énumérait dans les notices de son traité sur les sectes. Ce n'est que peu à peu que sa force apparut. Fière de sa foi et de sa puissance, la communauté musulmane aime à redire ce verset du Coran qui s'applique à elle : « Vous êtes la meilleure communauté qui ait été produite pour les hommes » (iiie, 106-110).

Le mot islām signifie « soumission de plein gré à la volonté de Dieu » ou, en forçant légèrement le sens, « abandon à Dieu ». Le musulman est celui qui se soumet ainsi.

Les origines

Le milieu

L'islam est apparu en Arabie au viie siècle de l'ère chrétienne. À mi-chemin entre l'océan Indien et la Méditerranée, deux villes distantes l'une de l'autre de plus de 400 kilomètres mais toutes deux relativement proches de la mer Rouge, La Mekke (ou La Mecque, en arabe Makka) et Médine (Al-Madīna), en furent le berceau. La Mekke était une cité caravanière, blottie dans une vallée absolument aride, vivant du transport et du trafic des marchandises de l'Inde en route vers l'Occident par l'océan Indien, Aden puis le désert. Elle possédait un sanctuaire fameux, petit temple à peu près cubique, d'où son nom de Kaaba (cube), atteignant quinze mètres dans sa plus grande dimension (hauteur) ; c'était une sorte de panthéon vers lequel les Arabes païens allaient en pèlerinage. D'autres lieux de pèlerinage existaient aussi dans les environs immédiats. Les habitants de La Mekke appartenaient à la tribu de Quraysh, les Qorayshites ; sa bourgeoisie, pour qui les voyages et le commerce avaient été l'occasion de tremper son caractère aussi bien que de s'enrichir, restait malgré tout prisonnière de ses préoccupations matérielles. Un malaise social, que les anciennes coutumes tribales du désert s'avéraient impuissantes à résoudre, rendait la situation instable. En outre, les éléments d'une population flottante, venus d'Abyssinie, de Perse ou d'ailleurs, s'étaient joints aux commerçants arabes.

Pèlerinage de La Mecque

Pèlerinage de La Mecque

photographie

Pèlerins accomplissant le tawaf, le tour sept fois répété de la Kaaba. L'édifice, dont l'un des angles conserve la Pierre noire, symbole d'une ancienne divinité lunaire, constitue une étape obligée du pèlerinage mecquois. 

Crédits : Neil Turner/ Getty Images

Afficher

Médine, en revanche, située au milieu d'une vaste oasis, comprenait une population rurale, composée pour une part d'Arabes païens (qui devaient se rallier massivement à l'islam) et, pour l'autre part, d'Arabes judaïsés qui accueillirent avec beaucoup de réserves la nouvelle religion et furent ensuite éliminés. Médine, c'est-à-dire la Ville (sous-entendu : du Prophète), était une localité très ancienne, appelée auparavant Yathrib et qu'une inscription du roi babylonien Nabonide mentionnait déjà au vie siècle avant J.-C.

Lorsqu'apparut l'islam, le conflit entre Byzance et la Perse avait atteint son paroxysme aux frontières de l'Arabie. Il avait eu ses répercussions sur les transactions commerciales entre l'Inde et la Méditerranée, bloquant certaines routes et détournant le trafic vers les régions épargnées par la guerre. Mais les conséquences de cette situation en Arabie sont difficiles à apprécier. Elles affectèrent certainement la vie à La Mekke.

Le contexte religieux

La religion dominante alors en Arabie était un paganisme, qui nous est connu par divers témoignages, avec ses idoles, ses lieux de culte, ses pèlerinages. Les païens admettaient à cette époque un dieu créateur supérieur auquel un certain nombre de divinités secondaires étaient « associées ». En s'insurgeant contre le polythéisme, l'islam s'en prendra tout particulièrement au péché d'associer (shirk) à Dieu d'autres divinités. Ce paganisme ne croyait pas non plus à la résurrection des morts, ce qui constituera une autre cause de conflits avec l'islam. Il semble cependant que le paganisme arabe ne satisfaisait plus vraiment ses adeptes : l'heure d'une autre religion avait sonné. En tout cas, après le triomphe de l'islam, personne ne donna sa vie pour défendre la foi païenne face à celui-ci, alors que le judaïsme et plus tard le christianisme ont eu des martyrs au cours de divers affrontements avec la religion musulmane.

Il existait à Médine une forte communauté juive, bien structurée, avec des rabbins et des écoles. D'autres communautés israélites importantes se rencontraient dans les oasis échelonnées entre Médine et la Syrie, et surtout au Yémen.

Si l'on arrive à connaître de manière assez précise les coordonnées géographiques de l'islam naissant, celles du paganisme arabe et, dans une certaine mesure, celles du judaïsme, il n'en est pas de même des autres composantes du contexte religieux. Certes, on sait que le christianisme jouait un rôle notable en Arabie ; entre La Mekke et le Yémen, l'oasis de Nadjran était un centre chrétien qui avait eu ses martyrs en 524-525.

Mais le détail de l'implantation chrétienne et la répartition de ses diverses sectes sont fort mal connus. Qui étaient exactement, à La Mekke, ces esclaves et ces marchands chrétiens rencontrés ici et là dans les récits de l'époque ? Quels étaient également ces personnages, peu nombreux et assez mystérieux, que la tradition présente comme des monothéistes indépendants, les ḥanīfs (ḥunafā') ? Qu'étaient ces Sabéens dont parle le Coran et qu'il ne faut pas confondre avec les Sabéens, habitants du pays de la reine de Saba et dont le nom s'écrit avec un autre type de S ? Le mot est employé dans quelques traditions. Il est parfois, bien que rarement, mis dans la bouche des païens qui qualifient de sabéen tel ou tel des premiers musulmans. Pour l'instant, le caractère limité des documents existants, joint à l'impossibilité de faire des fouilles, condamne les chercheurs à retourner dans tous les sens les textes qu'ils possèdent. Il est inutile d'espérer en savoir davantage tant que l'on n'aura pas découvert d'autres sources.

L'islam naissant

Comme tous les grands mouvements de l'histoire mondiale, l'islam a mis un certain temps à s'imposer. Suivant la tradition musulmane, seule source de connaissance en la matière, tout commença vers l'an 610. Muḥammad ibn ‘Abd Allāh, membre d'une famille respectable de La Mekke et qui avait alors une quarantaine d'années, faisait une retraite dans le désert, non loin de la ville, lorsqu'il eut des visions. Il se vit invité à réciter un texte que sa vision lui enseignait. Ces phénomènes extraordinaires cessèrent bientôt pour reprendre trois ans plus tard, mais cette fois d'une façon régulière. Dès lors, Muḥammad se mit à transmettre, au nom de Dieu, des messages sacrés à ses concitoyens. Cette activité, qui devait durer jusqu'à sa mort, rappelait celle des prophètes anciens dont il se voyait ainsi poussé à continuer l'œuvre. Ses messages, formulés en une très belle langue arabe, constituèrent, une fois rassemblés en un seul recueil, ce que l'on appelle le Coran (al-Qur'ān). Ce mot arabe, de facture et d'origine syriaques, signifie « récitation », puis, par extension, « texte sacré que l'on récite », ce texte pouvant être soit un message relativement bref, soit, par antonomase, le livre sacré tout entier.

Dès le début, une poignée de Mekkois crurent en la mission de Muḥammad et, se groupant sous sa direction spirituelle, s'efforcèrent de conformer leur vie aux enseignements du Coran. Ils vécurent une dizaine d'années à La Mekke et, malgré l'opposition des païens, étaient peut-être déjà au nombre de deux cents vers 622. Ils durent alors s'expatrier. Quelques dizaines d'entre eux avaient été envoyés auparavant en Abyssinie pour fuir la persécution. Muḥammad, qui était resté au Hedjaz, partit en 622 avec les siens pour la ville de Yathrib, l'actuelle Médine. L'année de cet exode (ou hégire en arabe) est tenue par les musulmans pour l'an I d'une nouvelle ère, l'ère musulmane.

La doctrine de l'islam à La Mekke (612-622)

Durant ces dix premières années, le visage de l'islam se dessina peu à peu. Religion de l'abandon à Dieu, il dut apparaître à plus d'un contemporain comme une nouvelle secte monothéiste à côté de toutes celles qu'avait déjà connues le Proche-Orient. Bien que marqué nettement par un prophétisme et une eschatologie d'origine biblique ou parabiblique, il avait avant tout ce cachet arabe indéniable qui faisait son originalité. Pendant quelques années, l'on put croire que Muḥammad prêchait uniquement une forme arabe d'un monothéisme de tradition biblique.

Le contenu de l'enseignement coranique faisait d'abord songer au fonds religieux le plus simple mais aussi le plus essentiel de l'humanité monothéiste. Il s'agissait de l'unité de Dieu, de sa bonté, de sa protection, de ses châtiments ; il s'agissait de la responsabilité de l'homme, qui sera jugé au jour de la Résurrection, de la sanction de ses actes durant la vie éternelle, avec le paradis pour les bons et l'enfer pour les méchants. Les droits des pauvres étaient soulignés. Les fidèles étaient exhortés à prier, à être patients, à espérer.

En même temps, l'islam apparaissait comme un mouvement prophétique. Il se rattachait nettement à la tradition biblique ou parabiblique, évoquant à maintes reprises Adam, Noé, Abraham, Isaac, Jacob, Joseph, Moïse, Aaron, David et Salomon, Job, Jonas, Zacharie, Marie et Jésus (‘Īsā) son fils, ainsi que Jean-Baptiste (Yaḥyā). La forme arabe de ces deux derniers noms fait difficulté ; elle ne se retrouve telle quelle que dans les livres sacrés des Mandéens (secte gnostique baptiste très ancienne dont quelques milliers d'adeptes vivent encore dans les marais près de la ville d'al-Wāsiṭ, en Iraq), mais on n'en connaît pas l'origine. Dans les descriptions de ces grandes figures de l'Ancien et du Nouveau Testament, le Coran s'attachait à certains traits ayant une signification religieuse générale (bonté de Dieu pour ses serviteurs qu'il nourrit, guérit, exauce) ; en même temps, il soulignait la protection que Dieu avait toujours accordée à ses envoyés, faisant miraculeusement échouer les manœuvres de leurs opposants. Noé a été sauvé du Déluge, comme Moïse l'a été du Pharaon et de la mer Rouge : le Coran, en rappelant ces souvenirs aux contemporains, menaçait ceux-ci du même sort que les ennemis des prophètes s'ils s'obstinaient à traiter Muḥammad d'imposteur. Quant aux descriptions du Dernier Jour, elles utilisaient de nombreuses images classiques dans la tradition apocalyptique judéo-chrétienne. Le Coran cependant insistait beaucoup plus que la Bible sur les manifestations de la toute-puissance cosmique de Dieu ; Dieu y est avant tout le créateur et le maître de l'univers, mais un créateur qui s'est révélé aux hommes et à qui ceux-ci parlent avec confiance.

Dès le début, la personne de Muḥammad prit son relief : il était le chef de la petite communauté, mais surtout « l'envoyé de Dieu » (rasoul Allāh) suivant le titre que le Coran lui donna aussitôt. Le Coran le mettait en parallèle avec Moïse (lxxiii, 15), tout en enseignant que chaque peuple avait eu son envoyé (xvi, 38/36).

L'intervention divine dans l'histoire du monde n'était pas conçue comme dans le judaïsme ou le christianisme ; il ne s'agissait plus de l'histoire unique du peuple de Dieu, mais de celle d'interventions sporadiques d'envoyés visant à ramener les uns après les autres les peuples à la pureté de la foi monothéiste. Muḥammad est présenté comme accomplissant pour les Arabes ce que Moïse avait jadis réalisé pour les Israélites. Le Coran a ainsi été révélé aux Arabes pour que ceux-ci également aient leur livre sacré en leur propre langue et qu'ils ne disent pas : « L'Écriture n'a été révélée qu'à deux communautés avant nous » (vi, 157/156).

La doctrine du Coran ne se donnait pas pour une nouveauté ; de nombreux versets assuraient, au contraire, qu'elle confirmait les messages révélés antérieurs. Aussi était-il demandé à Muḥammad de suivre la même voie que les prophètes d'Israël : « Par leur direction, dirige-toi » (vi, 90). Le Coran, écrit en langue arabe, apporte un message dont il est dit : « Et cela se trouve certes dans les Écritures des Anciens » (xxvi, 196). Au cas où Muḥammad douterait, qu'il aille « interroger ceux qui récitent l'Écriture avant lui » (x, 94), c'est-à-dire les adeptes de la tradition biblique, puisque, dans les parties du Coran datant de cette époque, les juifs et les chrétiens ne sont pas nettement distingués. Quoi qu'il en soit du caractère hypothétique d'un tel doute, ce verset montre qu'alors le Coran accorde une très grande importance à l'avis des contemporains versés dans la connaissance de la Bible. L'idée que la religion révélée aux différents prophètes au cours des temps est foncièrement une restera capitale dans l'islam. Aujourd'hui encore, les docteurs de la loi musulmane rappellent un vieil axiome de théologie : « Une seule religion, des législations différentes », soulignant ainsi que, pour eux, le dogme religieux prêché par tous les prophètes est le même. Seuls les préceptes de la Loi ont varié d'une législation à l'autre.

Les aspects nouveaux de l'islam à Médine (622-632)

L'orientation politique

Avec l'installation à Médine, un certain nombre de notions se précisèrent. L'orientation religieuse générale était suffisamment bien marquée pour qu'elle n'ait qu'à se développer. Sur deux points seulement, la situation de la jeune communauté changea.

Tout d'abord, elle devint le noyau d'un véritable État, qui allait revêtir un caractère politique et militaire autant que religieux et qui, du vivant de Muḥammad, prit une allure théocratique, en ce sens que les premiers musulmans suivaient dans leur vie civique les directives qui pouvaient leur venir à chaque moment du Coran en cours de révélation. La communauté des fidèles se considérait comme gouvernée directement par Dieu à travers de tels ordres. C'est de cette époque qu'on peut dater l'apparition des versets législatifs et politiques dans le Coran. Après la mort de Muḥammad, et donc après l'achèvement du Coran, l'islam deviendra une «  nomocratie », c'est-à-dire un régime dans lequel une loi, fixée une fois pour toutes, représente l'autorité suprême.

L'orientation politique de Médine n'est pas à considérer comme une rupture avec la période mekkoise, mais plutôt comme une nouvelle étape dans une voie que bien des textes coraniques plus anciens laissaient pressentir. Le rôle joué par la force d'En Haut dans la vie de prophètes comme Moïse était présent à la mémoire de tous, et la victoire de Badr (624) dut apparaître aux contemporains comme l'équivalent moderne de ces interventions divines du passé. En 630, après huit années de privations et de luttes armées, les musulmans victorieux rentrèrent à La Mekke, d'où ils proscrivirent toute idolâtrie. La participation des non-musulmans au pèlerinage, puis leur venue en ville furent interdites, et La Mekke devint la cité sainte de l'islam qu'elle est restée jusqu'à nos jours.

L'attitude devant les « gens de l'Écriture »

L'époque de Médine fut marquée par un autre changement, qui affecta l'attitude des musulmans vis-à-vis de ceux que désormais le Coran devait appeler les « gens de l'Écriture », c'est-à-dire les juifs et les chrétiens. À l'accord complet avec eux, suggéré par les textes de La Mekke, succéda une attitude plus que réservée, dont on ne peut encore affirmer, à l'examen des textes, si elle visait la totalité des juifs et des chrétiens, ou seulement certains de leurs groupes. Du vivant de Muḥammad, il semble bien que ce changement visait seulement des groupes précis, comme ceux qui furent éliminés de Médine ; mais, par la suite, il devait s'étendre à tous. Il resta comme voilé, il est vrai, par le fait que l'islam continua et continue encore à louer un judaïsme et un christianisme théoriques très différents de ceux qui sont vécus réellement. Pourtant, en pratique, l'autorité des Écritures judéo-chrétiennes fut écartée pour être remplacée par celle du Coran.

Dans la mesure où la position musulmane divergeait de celle des « gens de l'Écriture », l'islam devenait un mouvement réformateur appelé à rétablir dans toute sa pureté l'idéal juif et chrétien chez ceux qu'il jugeait l'avoir corrompu. Ainsi se manifesta la mission universaliste de l'islam : « C'est Lui (Dieu) qui a envoyé son apôtre avec la direction et la religion de Vérité pour la faire prévaloir sur la religion en entier, malgré qu'en aient les associateurs » (ix, 33). L'islam se présentait finalement comme la seule religion de l'humanité, toutes les autres n'ayant eu qu'un rôle temporaire ou une mission restreinte auprès de peuples particuliers et se trouvant donc maintenant dépassées.

Cette évolution de la doctrine permet de comprendre la diversité des interprétations actuelles concernant la position de l'islam par rapport aux « gens de la Bible ». Au stade dernier, qui fut atteint par les musulmans assez tôt après la mort de Muḥammad, apparaît une vue schématique de l'histoire qui est la plus répandue aujourd'hui et selon laquelle judaïsme et christianisme ont eu en leur temps chacun sa vérité. Mais cette situation est révolue, et le monde est à l'heure de l'islam. Le Coran est considéré comme offrant l'essentiel des patrimoines juif et chrétien que leurs détenteurs n'ont pas su conserver intacts ; les musulmans sont ainsi les seuls à connaître les vraies doctrines de Moïse et du Christ, leur monothéisme absolu. Le christianisme, religion de l'Évangile révélé à Jésus, ne contenait, ajoute-t-on, ni le dogme de la Trinité, ni celui de l'Incarnation, ni celui de la Rédemption (ni donc celui du péché originel). Le Christ, né miraculeusement d'une vierge, n'était qu'un envoyé, créature purement humaine que Dieu aurait pu réduire à néant s'il l'avait voulu (v, 19/17). Il n'est pas mort sur la croix, mais un sosie lui a été substitué. Torah et Évangile ont été manipulés par des humains et l'on ne peut se fier au texte actuel. Une telle position interprète les textes les plus anciens du Coran à la lumière des plus tardifs.

Cependant, d'autres interprétations ont été proposées au cours de l'histoire, dont certaines provenaient de non-musulmans soucieux d'entamer un dialogue. L'attention s'est portée d'abord sur l'idée coranique (médinoise) de l'altération des Écritures juives et chrétiennes ; plusieurs ont cru pouvoir affirmer que, dans le Coran, cette altération n'était pas présentée comme générale et absolue et que, par conséquent, celui-ci admettait la possibilité de trouver des textes de la Bible et des Évangiles non corrompus. Un nouveau pas a été franchi par ceux qui soutinrent que le Coran ne s'opposa pas au vrai christianisme mais à certaines de ses déformations, rejetées elles aussi par les vrais chrétiens. Ils en vinrent dès lors à insister sur les passages coraniques mekkois supposant l'accord de l'islam avec les gens de la Bible. Bien qu'on ne puisse trancher ici ces problèmes délicats, il suffit de faire remarquer que ces diverses positions ne mettent pas l'accent sur des passages des mêmes époques de la prédication du Coran.

Quoi qu'il en soit de cette dernière question et de l'orientation politique de l'islam, l'idéal religieux de celui-ci était bien affirmé lorsque les Arabes sortirent de leur péninsule pour conquérir le monde. Unis par le souvenir et le culte de Muḥammad, professant un rattachement direct à la religion d'Abraham – l'adorateur du Dieu unique et l'ancêtre des Arabes par son fils Ismaël –, vénérant le Coran comme la parole de Dieu révélée, les musulmans formaient alors une communauté jeune, vivante, dynamique, qui bouscula la Perse et Byzance, toutes deux affaiblies par l'âge et par les luttes armées. À l'instinct guerrier de nomades en quête du supplément de ressources qu'offre le butin aussi bien que de la gloire donnée par des actions d'éclat se superposèrent le sens d'une mission à remplir – proclamer à la face du monde l'unicité de Dieu – et la foi en l'assistance supérieure de Dieu qui donne la victoire. Mais en même temps, la communauté continuait à vivre d'une série de valeurs religieuses qu'il s'agit d'examiner.

Le dogme de l'islam

Matériellement parlant, la foi du musulman s'exprime dans des formules diverses dont la plus connue et la plus employée est l'attestation (shahāda) : « J'atteste que Dieu est unique et que Muḥammad est l'envoyé de Dieu. » De même, de nombreux versets du Coran sont très caractéristiques de la foi musulmane et en offrent autant de formulations particulières. Ainsi : « Ô vous qui croyez ! Croyez en Dieu, en son Envoyé, à l'Écriture qu'il a communiquée d'en haut à son Envoyé, à l'Écriture qu'il avait communiquée auparavant d'en haut ! Quiconque ne croit pas en Dieu, en ses anges, ses Écritures, ses envoyés et au dernier Jour est dans un égarement infini » (iv, 135/136). Il n'existe pas d'autre formule officielle sunnite de credo que la shahāda. Cependant, divers théologiens ont composé des professions de foi qui ont été étudiées et commentées dans plusieurs écoles de théologie : ainsi, celles qui ont été attribuées à Abou Ḥanīfa (xe s.), celles d'al-Ash‘arī (mort en 935) ; en Afrique du Nord, celles de Muḥammad ben Yousef al-Sanoussi (m. en 1490) ou, en Égypte, celles d'Ibrāhīm al-Lāqānī (m. en 1631) et d'Aḥmad al-Dardīr (m. en 1787), parmi des dizaines d'autres.

Les points principaux sur lesquels porte la foi sont donc l'existence de Dieu, la foi dans les envoyés, les livres sacrés, les anges et les fins dernières, la foi dans le Décret divin.

Dieu, ses envoyés, les livres sacrés, les anges

Par sa très forte insistance sur ce point de sa doctrine, l'islam apparaît avant tout comme la religion de l'unicité de Dieu (dīn al-tawḥīd). Il parle de Dieu et à Dieu pour le louer, comme pour lui demander pardon et aide ; le fidèle se plaît à rappeler les œuvres de Dieu (création, secours à ses envoyés, miracles), comme il aime énumérer les «  noms » et les attributs de Dieu. Dieu est ainsi présenté comme le Vivant, le Subsistant, le Miséricordieux, le Savant, le Puissant, Celui qui écoute, pardonne. La tradition a rassemblé quatre-vingt-dix-neuf noms divins, dont la plupart sont repris du Coran. Le croyant se soumet de plein gré à la volonté de Dieu, il s'abandonne à lui – attitude si caractéristique de cette foi qu'elle lui a donné son nom d'islam.

L'islam distingue entre le prophète (nabi), inspiré qui n'a pas reçu de mission particulière, et l'envoyé (rasoul) qui en a une. Tout envoyé est forcément prophète, mais la réciproque n'est pas vraie. Le Coran donne le titre d'envoyé à celles des principales figures de la Bible qu'il mentionne, depuis Adam jusqu'à Jésus. Il leur ajoute quelques envoyés d'Arabie inconnus de la Bible : ainsi Ṣāliḥ qui reçut mission auprès des Thamoudéens, Hūd auprès du peuple de ‘Ād, Shu‘ayb auprès des Madianites (le rôle des grands prophètes bibliques du ixe au ve s. av. J.-C. est pratiquement passé sous silence). Les différents envoyés ont tous prêché le monothéisme. Ils ont été chargés de missions particulières auprès de peuples variés ; ainsi, du point de vue musulman, Jésus n'a été envoyé qu'aux enfants d'Israël. Seul Muḥammad, le sceau des prophètes, celui de la dernière période de l'histoire du monde, aurait reçu une mission universelle.

Les professions de foi s'intéressent spécialement aux critères qui permettent de reconnaître la véracité d'un envoyé. Dans le cas de Muḥammad, elles rappellent que le texte coranique est le grand miracle prouvant l'authenticité de la mission du Prophète de l'islam. Ce texte est présenté comme d'origine divine et tel qu'aucune créature ne peut en composer de semblable. Le Coran a défié les humains et les djinns (sortes de créatures invisibles dont l'existence admise en Arabie a été reconnue par le Coran) de produire une seule sourate (chapitre) qui puisse être égalée au Coran. Et comme personne ne put relever le défi, les musulmans tiennent l'origine divine du Coran pour prouvée. Leur foi dans le caractère authentique de la mission de Muḥammad est liée à ce raisonnement.

La révélation des livres sacrés est conçue comme venant intégralement d'En Haut, sans que le prophète y joue le moindre rôle actif : il ne fait que recevoir des textes, qu'il répète. Les grands envoyés – Moïse, Jésus, Muḥammad – ont ainsi transmis respectivement la Torah, l'Évangile (au singulier), le Coran. D'autres livres plus anciens – d'Adam, de Seth, par exemple – sont parfois mentionnés chez les commentateurs. Pourtant, en pratique, les livres sacrés autres que le Coran sont officiellement écartés par les musulmans comme n'offrant pas un texte sûr. Ceux qui les lisent le font à titre privé, et souvent dans un dessein d'apologétique.

Le point du credo qui a trait aux anges semble vécu différemment par les fidèles. Mais la foi dans le monde invisible est très vive chez les musulmans, spécialement dans le peuple. Tous admettent que l'ange Gabriel a été l'instrument de la révélation, celui qui apportait de la part de Dieu les textes coraniques à Muḥammad. De même, tous croient à l'existence des deux anges gardiens que chaque homme a toujours avec lui pour noter ses actes, bons ou mauvais. Cette foi a souvent été amalgamée avec des vestiges de croyances locales antéislamiques. Un certain nombre de notions d'angélologie interviennent dans la fabrication des talismans, les opérations de guérison, etc.

Les fins dernières

Toute une partie du dogme musulman concerne les bouleversements de la fin du monde, la résurrection, le jugement, le ciel et l'enfer. Comme chez les millénaristes, la description du bonheur futur fait une grande place à des promesses matérielles, dont celle des femmes (houris) paradisiaques réservées aux élus. Cependant, le sommet de ce bonheur consistera à se savoir agréé de Dieu et à être heureux de lui. Une certaine vision de Dieu est annoncée dans le Coran, mais les commentateurs discutent sans pouvoir la définir. Une minorité de musulmans pensent que les descriptions matérielles du paradis sont le symbole d'une félicité spirituelle d'un autre ordre. Quant à la responsabilité de l'homme, elle se trouve nettement bien qu'implicitement admise dans les textes sur le jugement.

Les hommes seront jugés selon leurs actions ; mais les actions n'ont aucune valeur sans la foi. Le désir du bon musulman est que le poids des bonnes œuvres l'emporte sur celui des mauvaises dans la balance du jugement. Le péché irrémissible, en fait le seul péché mortel pour la plupart des théoriciens, est le shirk, le crime d'associer à Dieu d'autres divinités. L'homme qui l'a commis perd le bénéfice de toutes ses bonnes actions qui, de ce fait, n'ont plus de valeur. Pour la majorité des musulmans, et suivant la position tenue par l'école théologique des ash‘arites, l'enfer ne sera pas éternel pour le croyant. L'intercession de Muḥammad obtiendra que sortent de l'enfer, après des milliers d'années de châtiment, ceux de ses fidèles au cœur de qui se trouvera encore un atome de foi. Plusieurs théologiens, tel al-Ghazālī (1058-1111), admettent que l'infidèle de bonne foi puisse être sauvé s'il n'est pas moralement responsable de son incroyance. Cependant, des positions beaucoup plus exclusives sur la damnation des infidèles demeurent très répandues.

Il existe des traditions qui classent les péchés en « grands » et « petits » ; mais cette distinction ne recouvre pas celle que le catholicisme met entre péchés mortels et péchés véniels. Il s'agit seulement d'importance relative : ne pas respecter les droits de ses parents, tuer un musulman, commettre l'adultère, calomnier une musulmane vertueuse, fuir à la guerre sainte sont considérés comme des fautes très graves.

Cette foi en l'au-delà est à mettre en rapport avec les sentiments familiaux les plus chers : elle est évoquée à la mort de tous les parents et amis. Elle est profondément enracinée dans les masses musulmanes et s'exprime différemment suivant les contrées, en liaison souvent avec les anciennes traditions locales. En pays arabe et turc, on trouve fréquemment, gravée ou peinte sur les tombes, cette inscription : « Tout ce qui se trouve sur la terre périra, mais la face de ton Seigneur demeurera, majestueuse et noble » (Coran, lv, 26).

La loi de l'islam

Les sources

La législation de l'islam s'est élaborée peu à peu à partir du Coran considéré comme le texte de base intangible, bien qu'en fait la jurisprudence ait empêché momentanément l'application de mesures difficilement exécutables. Ainsi l'ordre de couper la main du voleur a-t-il été suspendu par le calife Omar lors d'une famine ; et des juristes tardifs ont argué du fait que des masses entières étaient sous-alimentées pour proroger une telle tolérance. Depuis les années 1970, on constate un retour à l'application de cette loi sous la pression des associations musulmanes, comme en Libye et en Iran, sans parler des pays qui ont toujours appliqué une telle loi (l'Arabie Saoudite, par exemple).

Comme le Coran ne pouvait préciser tout, les musulmans des premiers siècles ont cherché dans l'exemple de Muḥammad et de ses compagnons des compléments de législation. Ainsi est née la science des traditions (ou ḥadīth), extrêmement développée dans l'Islam. Des érudits ont recueilli dans tout le monde musulman des masses de traditions comprenant chacune un texte et la liste de ceux qui l'avaient transmis, sorte de généalogie de transmetteurs, remontant en général jusqu'à Muḥammad. Mais comme beaucoup de gens avaient eu intérêt à forger des textes pour y trouver appui lors des conflits d'idées ou de tendances, une masse de traditions apocryphes a également submergé l'islam. Aussi les docteurs de la Loi ont-ils élaboré toute une science de la critique des traditions pour dégager celles qui avaient de la valeur, puis ils ont rassemblé celles dont la solidité leur semblait prouvée. Il en est résulté un ensemble de corpus dont les plus autorisés sont les Authentiques de Bokhārī (m. en 869) et de Muslim (m. en 875).

En outre, des juristes ont introduit d'autres principes pour compléter le Coran et les traditions. Le consensus des savants d'une période donnée sur une question donnée (idjmā‘), l'intérêt commun (istiṣlāḥ), l'interprétation personnelle (ra'y), le raisonnement par analogie (qiyās) ont été largement utilisés par les uns aussi bien que discutés ou même refusés par les autres. Une activité débordante, rappelant celle des rabbins, s'est alors déployée en vue de traiter de nombreuses questions, les unes vitales, les autres assez spécieuses.

Les principales écoles juridiques

Les musulmans se sont répartis en diverses écoles juridiques, appelées parfois « rites », car leurs prescriptions s'étendaient au domaine de la liturgie, et dont les quatre principales écoles sont les suivantes :

– l'école ḥanafite, fondée par l'imām Abou Ḥanīfa (m. en 767), en Mésopotamie, qui fut surtout répandue par les Turcs et se rencontre en Turquie, en Inde, en Chine ; cette école, d'esprit assez large, est celle qui fait le plus appel à la raison ;

– l'école mālikite de l'imām Mālik (m. en 795), implantée en Arabie, en Afrique du Nord, en Afrique occidentale, en haute Égypte, au Soudan ;

– l'école shāfi‘ite de l'imām al-Shāfi‘i (m. en 820) enterré au Caire, qui se rencontre en basse Égypte, en Syrie, en Arabie du Sud, en Malaisie, en Indonésie, en Afrique orientale et qui met en avant la notion de consensus ;

– l'école ḥanbalite de l'imām Ibn Ḥanbal (m. en 855), qui « marque nettement une réaction vers un traditionalisme strict » et ne se trouve guère qu'en Arabie.

Les sciences juridiques ont continué par la suite à être l'objet d'une grande activité. La recherche personnelle libre (ou idjtihād) en cette matière a été très vite limitée. Mais à l'heure actuelle, de nombreuses voix réclament que l'on rouvre « les portes de l'idjtihād ». Le rôle du muftī est de donner officiellement les consultations juridiques (fatwā). Notons enfin qu'aujourd'hui bien des modifications d'envergure, spécialement dans le statut de la femme, sont en train de s'opérer par le biais de mesures législatives.

Les commandements

Les musulmans distinguent les obligations qui concernent chaque croyant à titre personnel et celles qui obligent à titre collectif. Ils reconnaissent une loi morale générale, qui correspond en gros à la partie sociale du décalogue : ne pas tuer, ne pas commettre d'adultère, ne pas voler, ne pas rendre de faux témoignage, et dont les commandements apparaissent à travers les textes coraniques. En outre, il existe une loi proprement musulmane, qu'il convient d'examiner. En général, c'est à la puberté que le musulman est considéré comme astreint à cette loi ; mais la coutume est d'y préparer les enfants et les adolescents plus tôt, spécialement pour la prière rituelle et, dans une certaine mesure, pour le jeûne. Les obligations de base sont connues sous le nom des « cinq piliers » de l'islam. Elles obligent à titre personnel tout individu capable et sont mentionnées dans la tradition suivante : « L'envoyé de Dieu a dit : l'islam est bâti sur cinq (bases) : le témoignage qu'il n'y a pas de divinité en dehors de Dieu et que Muḥammad est l'envoyé de Dieu, l'accomplissement de la prière rituelle, le versement de l'aumône légale, le pèlerinage et le jeûne de ramaḍān. » Ces valeurs religieuses se retrouvent, sous d'autres formes, au fondement du monothéisme biblique : le Sermon sur la montagne, en effet, parle longuement de la triade prière-aumône-jeûne ; quant aux pèlerinages, ils représentent une valeur importante de l'Ancien Testament.

Le témoignage de l'unicité de Dieu et la prophétie de Muḥammad

La formule de la shahāda : « J'atteste qu'il n'y a pas de divinité en dehors de Dieu et que Muḥammad est l'envoyé de Dieu », est à ce point caractéristique de l'islam qu'il suffit de la prononcer pour être considéré comme musulman. Elle est dite par le muezzin lors de l'appel à la prière, reprise par les fidèles sous une forme plus étoffée et sans cesse proférée dans la vie courante. Elle est à la base d'invocations qui sont répétées au cours du pèlerinage ; et à l'heure de la mort, le croyant tient à la redire avec une spéciale ferveur. Le musulman est en vérité le chevalier de l'unicité divine.

De même, son attachement à Muḥammad se constate dans tous les détails de l'existence. Les fidèles qui n'ont pas été marqués par l'Occident louent le Prophète en maintes occasions de leur vie. Et même ceux qui semblent le plus affranchis des idées religieuses gardent un sentiment très profond qui les fait réagir lorsque l'on touche en leur présence à la mémoire de Muḥammad.

Le fait d'employer dans la formule de la shahāda une phrase négative (le refus d'admettre qu'il y ait d'autres divinités que Dieu) donne à l'expression une clarté évidente. Elle écarte ce qui n'est pas Dieu, mais réserve la question du mystère de Dieu en lui-même, mystère dans lequel elle n'entre pas, que le croyant s'interdit même d'aborder, en vertu d'une attitude qui est également caractéristique de l'islam. Un ḥadīth déclare : « Méditez sur les créatures de Dieu, mais ne portez pas vos méditations sur ce que Dieu est, en Lui-même. » L'usage des formules simples comporte cependant le risque de faire oublier en pratique que même le monothéisme est mystérieux et qu'il y a en Dieu un mystère vivant, si inaccessible soit-il.

Ce témoignage en faveur de l'unicité divine présente pour l'existence un aspect très positif et constitue une force dont l'efficacité dépend du point d'application. Cette force aide à refuser la soumission aux autorités qui vont contre le Coran et l'islam. Durant la période d'occupation coloniale, elle a encouragé les mouvements de résistance culturelle. Exprimant sous une forme différente la même idée, Allāhu akbar (« Dieu seul est grand ») a été le cri de guerre des armées musulmanes, et, à l'heure actuelle, un chant patriotique égyptien, très répandu, commence par la triple répétition de ce cri. Aussi les morts à la guerre sont-ils tenus pour des martyrs, des témoins de l'unicité divine. La même force a aussi animé au sein de l'islam l'action de nombreux mystiques, dont le but suprême était de proclamer et de « vivre » cette vérité qu'il n'y a aucune divinité auprès du Dieu unique et donc d'écarter tous les « faux dieux » que l'homme peut se créer, à commencer par le « moi » propre. D'un simple point de vue sociologique, ce témoignage de la shahāda est indispensable à qui veut entrer à part entière dans la société musulmane. Une fois le pas franchi, le croyant (sauf dans des pays à discipline rigoriste, qui sont de plus en plus nombreux) est libre d'organiser sa vie et son temps comme il veut, à condition de ne pas choquer les autres, donc de respecter les formes extérieures et de rendre service à la communauté. Il existe ainsi des attitudes très variées à l'intérieur de la communauté musulmane.

La prière légale

À partir de la puberté et sous quelques autres conditions, de pureté légale notamment, le musulman est tenu d'effectuer cinq prières quotidiennes, qui forment l'essentiel de la liturgie de l'islam. Elles peuvent être dites en commun ou en privé, mais les postures du corps et les formules sont soigneusement précisées. Elles sont précédées d'ablutions, majeures ou mineures suivant les impuretés contractées depuis la prière précédente. Hommes et femmes y sont astreints également, bien que les périodes d'impuretés menstruelles par exemple, en écartent temporairement les femmes.

Décemment vêtu, purifié par les ablutions, le fidèle se tourne vers La Mekke (vers la Kaaba, plus précisément). Il délimite un coin de sol pur et exprime son intention de prier. Chaque prière se compose d'un certain nombre d'éléments répétés à la suite (rak‘a), qui sont obligatoires et auxquels on peut ajouter des formules surérogatoires. Les cinq prières obligatoires de la journée se situent à l'aube (deux rak‘a), à midi (quatre rak‘a), au milieu de l'après-midi (quatre rak‘a), dans le temps qui suit le coucher du soleil (trois rak‘a) et dans la nuit noire, avant de s'endormir (quatre rak‘a).

Il existe sur ce sujet un grand nombre de prescriptions juridiques qu'on ne peut résumer sans s'exposer à les déformer. Signalons cependant que la prière commence par le Allāhu akbar, dit de sacralisation, parce qu'il met l'orant dans un état sacré. Ensuite, debout, le fidèle récite la fātiḥa, ou premier chapitre du Coran : « Au nom de Dieu bon et miséricordieux, louanges soient à Dieu, Seigneur de l'Univers, bon et miséricordieux, Souverain du Jour du Jugement. C'est Toi que nous adorons, Toi dont nous demandons l'aide. Conduis-nous dans la voie droite, la voie de ceux à qui Tu as donné Tes bienfaits, qui ne sont ni l'objet de Ton courroux, ni les égarés. » À la fātiḥa s'ajoute la récitation de quelques versets du Coran, librement choisis, qui est obligatoire sauf à la troisième et à la quatrième rak‘a des prières de règle. Puis viennent les mouvements d'adoration : une inclinaison du corps après laquelle le fidèle se redresse pour se prosterner ensuite le front contre terre ; alors, restant agenouillé, il s'assied sur ses talons ; enfin, il se prosterne de nouveau avant de se relever. Des invocations brèves sont dites à plusieurs reprises. Quant à la formule Allāhu akbar, elle retentit cinq fois, servant de commandement pour déclencher tous les mouvements. Le spectacle d'une foule se prosternant ainsi à l'évocation de la grandeur de Dieu est très impressionnant. De telles inclinaisons et prosternations devaient être courantes jadis chez les moines chrétiens, et on les rencontre encore aujourd'hui dans les couvents d'Éthiopie. La rak‘a terminée, le fidèle passe à la suivante qui se déroule de la même façon. Assis sur les talons, le fidèle récite intérieurement la formule du tashahhod ou témoignage de foi, qui varie suivant les écoles juridiques et se dit à un moment précis. À la fin de la prière, le fidèle, toujours agenouillé, salue de la tête à droite et à gauche les assistants visibles et invisibles.

Les particuliers qui prient en privé ont une certaine latitude quant à l'heure des prières, qu'ils ne doivent pas anticiper mais peuvent retarder. Dans les mosquées, les heures sont déterminées par un calendrier et le muezzin convoque solennellement les fidèles à la prière. Son appel, un des éléments les plus connus de la liturgie musulmane, se fait sur un texte précis que l'on trouve dans les manuels de droit musulman (ou fiqh) où figurent également le texte du tashahhod et celui des prières spéciales pour les fêtes, les enterrements, des occasions exceptionnelles comme la pluie, une éclipse, un danger. La proportion de ceux qui accomplissent leurs prières quotidiennes varie beaucoup. Admettons qu'elle puisse être de 20 p. 100 pour une ville comme Le Caire, encore qu'il soit bien difficile de vérifier ce pourcentage.

Chaque vendredi, tous les hommes doivent se retrouver à la mosquée pour la prière de midi, qui est précédée d'une récitation de Coran et d'un sermon. Cette observance est très suivie ; et à la campagne, dans les pays pratiquants, presque tous les hommes se rassemblent. Cette prière, qui a un aspect social extrêmement important dans la vie musulmane, est présidée par un imām qui a fait en général des études coraniques ; pourtant n'importe quel musulman compétent pourrait prendre sa place, l'islam étant une religion de laïcs sans sacerdoce. Pour les deux grandes fêtes de l'année, jour des Sacrifices et fin de ramaḍān, une prière spéciale réunit les hommes après le lever du soleil. L'affluence est alors énorme, si bien que parfois on célèbre la prière en plein air, à la sortie de l'agglomération.

La prière rituelle de l'islam comporte un aspect juridique et se trouve entachée de nullité si elle ne respecte pas un certain nombre de conditions (orientation précise, par exemple). La prière du vendredi n'est obligatoire que pour les hommes, qui peuvent y venir quels que soient leurs sentiments intérieurs, leur ferveur ou leur indifférence (un peu comme les chrétiens d'Occident qui vont à une « messe d'anciens combattants »). Cette estime pour la prière influe sur l'opinion que les musulmans ont de ceux qui ne partagent pas leur foi. Au reproche d'être impurs qu'ils adressent à ces derniers s'ajoute assez fréquemment l'accusation de ne pas prier.

L'aumône légale

La zaka, mot dérivé d'une racine connue en syriaque et qui signifie « purifier », désigne l'aumône, qui en effet est regardée comme purifiant celui qui la fait. Il est difficile d'en donner un équivalent en français. Le terme de dîme conviendrait à condition de le dépouiller de toute idée quantitative précise. La zaka est une contribution, en nature ou en espèces, payée par le musulman et destinée à alimenter un fonds de secours mutuel, de bienfaisance, ou même à couvrir certaines dépenses d'intérêt public. Toute une législation la régit. À l'heure actuelle, très peu de pays l'ont conservée ; les musulmans fervents seuls continuent à se considérer comme obligés et font leurs dons en particulier. Provenant de musulmans, le résultat de la collecte ne doit servir qu'à des musulmans ou à des gens que l'on cherche à attirer vers l'islam.

Pour la fête qui marque la fin de ramaḍān, le fidèle doit donner une aumône en privé – qui cette fois peut aller à des non-musulmans –, afin d'aider les moins fortunés à fêter eux aussi la rupture du jeûne. Cette pratique semble bien observée.

La zaka a joué dans l'histoire un grand rôle pour la cohésion de la communauté. Depuis les années 1950, son existence est donnée comme preuve du caractère socialiste de l'islam : son rétablissement est exigé par les associations musulmanes. La zaka est prélevée non seulement sur le revenu, mais aussi sur certaines catégories de capital.

Le jeûne de ramaḍān

L'observance de ramaḍān ne signifie pas seulement « jeûne individuel », c'est également une manifestation sociale transformant toute la vie publique durant un mois lunaire, le neuvième de l'année (ramaḍān). Obligatoire pour tous ceux qui ont atteint la puberté, le jeûne consiste à ne prendre ni nourriture ni boisson depuis la fin de la nuit noire jusqu'au coucher du soleil ; le tabac comme les relations sexuelles sont interdits pendant ces mêmes heures diurnes. Le soir, les interdits cessent. Les juristes ont beaucoup discuté sur le problème de la détermination du début et de la fin du mois (par l'observation officielle du croissant de la nouvelle lune), sur les pratiques interdites ou permises durant le jour (piqûres médicales, vaccins, etc.), sur les cas de dispenses et les remplacements exigés. Mois destiné à célébrer le souvenir de la révélation du Coran, ramaḍān est aussi le mois où la faim rappelle aux riches l'existence des pauvres. C'est un mois d'exercice de la volonté, et pour les meilleurs, de prière et d'instruction religieuse. Une atmosphère de fêtes, surtout familiales (limitées par les ressources restreintes des habitants de pays pauvres), de visites, de dîners, règne pendant la nuit.

Le travail s'en ressent, car le jeûne diurne, les veillées épuisent tout le monde. L'idée suivant laquelle il faudrait continuer à travailler reste alors tout à fait théorique, sauf dans des cas individuels, ce qui a entraîné certains États, comme la Tunisie, à réagir. Dans les mosquées, il y a des prières spéciales (les tarāwīh) après la prière du début de la nuit noire. Le Coran est fréquemment récité.

Ramaḍān est pour beaucoup le motif d'une joie profonde et, pour la communauté, un facteur d'unité. Si certains se voient forcés par la pression sociale de pratiquer le jeûne qu'il prescrit, d'autres y souscrivent de plein gré. C'est même un mois de retour à la pratique pour un certain nombre. L'observance de ramaḍān varie selon les pays ; dans ceux qui se situent à la périphérie du monde musulman, elle était moins suivie qu'au centre. Cependant, avec les transformations de la vie moderne, avec les exigences du travail industriel aussi bien qu'avec la possibilité pour la prédication d'utiliser les moyens de diffusion (presse, radio), la question du ramaḍān peut évoluer dans un sens imprévisible.

Le pèlerinage aux Lieux saints de La Mekke

Obligatoire une fois dans la vie pour les adultes libres qui le peuvent matériellement, le grand pèlerinage (ou ḥādjdj) a profondément marqué la communauté musulmane. Il a été l'occasion de brassages de populations, de déplacements de savants, de création de courants commerciaux. Rattaché par le Coran et les traditions au souvenir d'Abraham, il comprend deux groupes de cérémonies.

Les premières s'effectuent individuellement à La Mekke entre les premiers jours du dixième mois et le début des cérémonies collectives. Elles consistent avant tout à faire rituellement sept fois le tour de la Kaaba et à parcourir quatre fois aller et trois fois retour la distance qui sépare deux buttes sacrées nommée Ṣafā et Marwa. Les autres cérémonies ont lieu à date fixe dans les environs de La Mekke ; elles consistent d'abord en une station collective très impressionnante dans une vallée désertique devant le mont ‘Arafa entre midi et le coucher du soleil, le 9 dhūlḥidjdja (douzième mois de l'année lunaire), puis au retour en une station nocturne à Muzdalifa ; du 10 au 12, les pèlerins séjournent à Minā, à sept kilomètres de La Mekke, où ont lieu des sacrifices de bétail (en souvenir du sacrifice d'Abraham) et la lapidation rituelle de piliers symbolisant le démon ; ce séjour est entrecoupé d'un retour à La Mekke où sont accomplis quelques rites.

Le pèlerin, bien avant d'arriver à La Mekke et durant les cérémonies, revêt un vêtement rituel, l'iḥrām ; cet habit le soumet à certains interdits qui cessent par un rituel de désacralisation ; pour les hommes, il ressemble à celui que portent encore les nomades afars ou somalis. Le pèlerinage est un grand pardon – qui procure, s'il est bien fait, la remise de tous les péchés –, un énorme rassemblement annuel (de cent mille à un ou deux millions de personnes) qui fait prendre à chacun conscience de la force de l'islam et permet des contacts et des échanges. Il confère au pèlerin (ḥādjdj) un titre d'honneur dans le monde musulman. Les cérémonies qu'il comporte évoquent les souvenirs d'Abraham qui aurait bâti le Kaaba, la course de sa servante Agar qui fut prise d'effroi en voyant qu'Ismaël allait mourir de soif (la mère et son enfant, qu'elle avait eu d'Abraham, auraient été sauvés par l'eau du puits de Zem-Zem près de la Kaaba). De nombreuses prières sont prévues par les rituels : il s'agit avant tout de proclamer l'unité de Dieu et de louer Muḥammad, et aussi de demander pardon de ses fautes et de prier pour tous les siens. Au Moyen Âge, le pèlerinage était également l'occasion d'une immense foire de commerce.

L'islam connaît une autre forme – mineure – de pèlerinage, la ‘umra, qui peut s'effectuer à n'importe quelle date de l'année, individuellement, et dont le rituel ressemble à celui de la première partie du ḥādjdj accomplie à La Mekke même.

Une abondante législation

À côté de ces prescriptions juridiques, les plus typiques de la vie religieuse musulmane, il en est de nombreuses autres qu'on doit se borner ici à énumérer. La législation concernant la guerre légale (djihād, appelée aussi guerre sainte) est abondante, mais souvent théorique : sort réservé aux vaincus, règles du butin, etc. Il existe une masse de textes auxquels un musulman peut faire appel en cas de besoin, tant sa communauté depuis les débuts a été marquée par la guerre. Celle-ci est un devoir qui incombe à la communauté comme telle. Offensive selon certains juristes, en tant que dirigée contre un peuple qui refuse de répondre à l'appel à se convertir, ou bien défensive selon d'autres – pour riposter à une attaque, récupérer des droits spoliés, protéger la propagande religieuse ou les droits de minorités opprimées –, la guerre légale doit aboutir à étendre le règne de la loi musulmane. Les conversions forcées sont interdites ; mais il y eut des cas dans l'histoire, notamment après des révoltes accompagnées d'apostasie, comme en Afrique du Nord au viie siècle, où seule la conversion permettait aux non-musulmans de sauver leur vie. Aujourd'hui, la conception musulmane n'est pas encore nette sur ce point.

L'islam définit soigneusement le statut personnel. En matière de mariage, il permet à l'homme d'avoir jusqu'à quatre épouses, les concubines esclaves étant licites sans clause de nombre. Il est demandé au mari d'être juste à l'égard de ses femmes. La tendance moderne est d'ailleurs de restreindre au maximum la polygamie. Le divorce est permis, mais on cherche également à le réglementer. Le mariage d'un musulman avec une païenne est interdit ; il est cependant licite avec juives et chrétiennes ; mais, dans tous les cas, les enfants doivent être musulmans. Quant à la musulmane, elle ne peut épouser qu'un musulman. L'héritage est réparti, suivant des règles précises, entre les musulmans. On peut cependant disposer d'une partie de ses biens par testament.

L'islam fait une place aux « protégés » (ou dhimmī, juifs, chrétiens, etc.), qui restent libres de pratiquer leur religion, tout en s'intégrant dans la cité musulmane. Au Moyen Âge, certes, ils devaient acquitter un impôt spécial ; cet impôt fut supprimé à l'époque coloniale. Aujourd'hui, les associations musulmanes voudraient le rétablir.

Un certain nombre de règles concernent les esclaves. Mais l'esclavage est maintenant partout officiellement aboli, même si les mœurs anciennes survivent ici ou là, en des régions éloignées des courants modernes.

Le prêt à intérêt est théoriquement interdit, bien que la pratique en ce domaine reste imprécise. En revanche, les dividendes sont admis en tant que participation aux bénéfices de sociétés dont les activités sont supposées légales.

Le musulman est soumis à une série d'interdits alimentaires : prohibition du sang, de toute viande non saignée, de viande sacrifiée à d'autres qu'à Dieu, de la chair de certains animaux comme le porc, des boissons alcooliques.

La loi musulmane, enfin, a prévu un certain nombre de pénalités. Dans le cas de meurtre et de blessures, on applique le talion avec possibilité de compensation à l'amiable (prix du sang) et même de pardon, mais lorsque la victime est un non-musulman ou un esclave, les réparations sont moindres. Les peines prévues pour l'adultère, pour le vol (main coupée), pour les buveurs de vin, ne sont appliquées que dans les rares pays rigoristes. Jusqu'à une époque récente, le musulman qui passait à une autre religion était mis à mort. De rares juristes enseignent que, dans un tel cas, si le transfuge n'attaque pas l'islam, on ne doit pas lui appliquer le châtiment suprême. Toutefois, la société musulmane, par un réflexe d'autodéfense, a toujours réagi très vigoureusement contre tout ce qui menace son potentiel humain.

Les grandes options

Ce monde et l'autre

L'islam refuse de dissocier ce monde et l'autre. À la différence du christianisme, il ne croit pas au péché originel et admet donc d'emblée que l'homme est bon et qu'avec l'aide de Dieu, il peut parfaitement tenir tête aux forces du mal (c'est-à-dire aux passions et à Satan). Aussi est-il normal qu'on recherche à la fois les biens de ce monde et ceux de l'autre, dans les limites légales. Certes, lorsque ces deux ordres de biens se trouvent en conflit, le primat sera donné à ceux de l'au-delà. Tout en approuvant certains renoncements (patience dans les épreuves envoyées par Dieu, jeûne...), l'islam déconseille une ascèse plus poussée, et le célibat volontaire y est mal considéré car « le mariage est la moitié de la religion ». Ni dans ce domaine, ni en ce qui concerne le pardon (qui est facultatif, la loi du talion étant la règle), la foi musulmane n'oblige à l'héroïsme : chacun est libre.

Le souci de rester en accord avec le monde apparaît encore à propos de la lutte et de la guerre. Les principes du nationalisme sont reconnus valides, mais ils sont transposés à l'échelle de la communauté tout entière qui doit chercher à s'étendre, lutter, user de la force. « Un musulman fort est meilleur qu'un musulman faible », dit une tradition très connue. Bien que vertueuse, la guerre musulmane reste une guerre. Une telle attitude facilite aussi pour l'islam l'adoption des moyens modernes qui peuvent servir la lutte : la politique, la propagande, la résistance. Si l'idéal social des fidèles se veut mesuré aux forces de la nature humaine en pratiquant « entraide, hospitalité, générosité, fidélité aux engagements pris envers les membres de la communauté, modération des désirs » (D. Sourdel), il offre, à travers la guerre et le sacrifice de sa vie, l'occasion de se dépasser soi-même.

Malgré tout, on constate une certaine tension entre ceux qui s'accommodent des biens de ce monde et ceux qui en sont détachés. Historiquement, cette tension ne se manifesta pas tant que les ressources de la communauté à La Mekke et à Médine demeurèrent modestes. Mais, avec les conquêtes menées à bien sous le calife ‘Omar (634-644) et ses successeurs, un immense butin afflua sous la forme d'argent, de propriétés, d'esclaves des deux sexes. En même temps, la communauté passa par une très grave épreuve qui alla jusqu'à la guerre civile (656-660). Le dogme, très simple, ne fut pas contesté, mais sur la question de l'exercice de l'autorité, de vieux antagonismes se réveillèrent. Qui allait diriger la communauté ? Qui serait calife ? Cette crise est à l'origine de la scission des shī‘ites (« partisans » de ‘Alī) qui réclamèrent le pouvoir pour les descendants issus du Prophète par Fāṭima sa fille et ‘Alī son gendre, les seuls par qui se prolongea la lignée de Muḥammad. Un autre groupe, celui des khāridjites, voulait comme calife le musulman le plus digne, fût-il un esclave noir. Et la masse des sunnites (ou gens de la tradition) se décida en faveur d'un calife qui serait choisi dans la tribu de Quraysh, ce qui légitima la prise de pouvoir par le calife Mu‘āwiyya et ses successeurs installés à Damas (660-750).

Ces troubles, le spectacle d'une communauté divisée, l'accroissement des richesses et ses conséquences provoquèrent une réaction. Entre tous ceux qui acceptaient une installation dans le monde et le petit nombre de ceux qui avaient la nostalgie de la vie pauvre et simple des débuts de l'islam, un fossé se creusa. Cette tension fut au point de départ du mouvement soufi (ṣūfī), mot qui est souvent rendu par «  mystique » mais dont le sens est plus large. Ainsi se dégagèrent, parmi les compagnons, des personnalités comme celle de Abou Dharr Al-Ghifārī ou, plus tard sous les Omeyyades, celle de Ḥasan al-Baṣrī (642-728), que les soufis devaient revendiquer comme leurs ancêtres à cause de la simplicité de leur vie, de leur sincérité et de leur idéal.

Un autre facteur, très différent, contribua à déterminer l'attitude populaire en face de ce monde et de l'autre. Il s'agit du fatalisme, phénomène beaucoup plus « sociologique » que religieux. La pauvreté des immenses masses de l'islam et le poids des circonstances économiques, en rendant extrêmement aléatoire la possibilité d'un changement, ont longtemps favorisé l'inhibition devant l'action. Des jouissances de ce monde, chacun prenait sa maigre part dont il devait se contenter, reportant ses espoirs sur l'au-delà. Mais il s'est trouvé à chaque époque des activistes pour rappeler à leurs coreligionnaires le devoir de songer à leur place dans ce monde, à l'expansion comme à l'organisation de leur communauté. À l'époque moderne, la nécessité de bâtir une société nouvelle a poussé les réformistes comme les laïcisants à englober dans une même réprobation fatalisme et soufisme. Toutefois, le retour sur le devant de la scène d'un soufisme purifié n'est pas à exclure.

L'absolu du sacré

Si le principe de l'insertion du musulman dans ce monde est bien affirmé, il reste à préciser comment celle-ci se réalise. Cette question est liée à celle du sacré. Quels sont les domaines sacrés dans lesquels l'activité du musulman est soumise à des normes supérieures intangibles ? Quels sont les domaines profanes où il est libre d'agir à sa guise ? Profondément religieux, l'islam tient le sacré pour une valeur essentielle et absolue, Dieu en étant bien entendu la seule source. Comme l'a écrit Ḥasan Saab : « L'islam en un sens est une protestation passionnée contre l'attribution du sacré à tout autre que Dieu. » Ce domaine du sacré s'étendra par participation à la nature qui, étant l'œuvre de Dieu, présente un aspect sacré sans que pour cela l'homme soit empêché d'agir. La nature est à la fois profane et sacrée. La vie de l'homme, créé à l'image de Dieu, est sacrée ; ses biens et son bonheur le sont également dans certaines limites.

Le Coran, parole de Dieu, ainsi que l'arabe, langue de la révélation, participent du caractère sacré de Dieu, ce qui motive jusqu'à présent, d'une part, le refus d'appliquer au Coran les méthodes de critique historique moderne et, d'autre part, une défiance vis-à-vis de tout ce qui porterait atteinte à la langue arabe (comme la turquisation de la liturgie vers 1925-1930, ou le développement des dialectes arabes). Une conception plus large du sacré pourrait entraîner cependant une attitude plus souple.

En matière de culte, l'islam tient pour sacrés – toujours à cause de leur référence à Dieu – des temps, des lieux, des cérémonies et même des vêtements (tel l'iḥrām du pèlerin). Mais il demeure profondément laïc, et même s'il accepte comme un fait sociologique l'existence d'une caste d'hommes de religion, il refuse tout sacerdoce. Les sacrifices officiels sont réduits au minimum et n'ont lieu qu'une fois par an, le 10 dhūl-ḥidjdja, bien qu'en pratique la persistance d'un sacré préislamique, avec immolations, talismans, amulettes, visites de tombes des saints, soit largement tolérée dans bien des pays musulmans, spécialement dans les campagnes et les milieux populaires.

Mais, en marge de ces points définis comme relevant du sacré, la part de l'initiative humaine reste très grande dans tous les domaines, ainsi que le montrent ici les études portant sur l'histoire, la pensée et la civilisation musulmanes. Le heurt du sacré intouchable avec la vie moderne s'est produit spécialement sur le terrain de la législation, à propos par exemple de l'intangibilité du mois de ramaḍān et de la question du prêt à intérêt. La souplesse des principes d'interprétation a permis d'écarter les plus grandes difficultés. Cependant, un des points qui restent parmi les plus délicats est celui du caractère sacré de la communauté musulmane dans laquelle seuls entrent les croyants et où l'égalité politique a été longtemps subordonnée à des considérations religieuses. Il est difficile de prévoir dans l'avenir comment cette limitation se conciliera avec la législation moderne des pays musulmans qui prévoient l'égalité de tous les citoyens.

Jusqu'ici, le principal souci des réformistes musulmans modernes a été le retour au Coran et à l'islam de la première génération. Repoussant le caractère intangible de nombreuses acquisitions médiévales qui ont alourdi leur patrimoine, ils ont refusé l'extension indue des limites du sacré. Mais les penseurs plus avancés restent à ce sujet silencieux. Le grand problème qu'aura à résoudre l'islam dans les prochaines années sera celui de l'autonomie des valeurs humaines en tant que telles et de leur conciliation avec la législation sacrée.

Le respect de Dieu

On caractérise parfois l'islam par l'idée de la transcendance divine, le musulman écartant immédiatement tout ce qui lui semble porter atteinte à cette transcendance. C'est indéniable. Pourtant certains musulmans considèrent également l'immanence comme spécifique de l'islam ; nombreux sont les fidèles qui vivent en effet de l'idée de la proximité de Dieu. Mieux vaut donc parler d'une réserve respectueuse vis-à-vis de Dieu. Le fidèle prendra dans le domaine du Cosmos les images qui lui serviront à parler de Dieu, en qui il voit avant tout le Créateur, le Pourvoyeur bon, « notre maître » (rabbena), celui qu'il aime servir. Les images bibliques qui désignent Dieu comme père, berger, époux, ainsi que tout parallèle avec la psychologie humaine (sauf dans le cas des attributs divins et en milieu soufi), sont soigneusement écartées, peut-être d'ailleurs parce que le paganisme antéislamique en Arabie insistait beaucoup sur les relations de parenté entre le fidèle et sa divinité.

Cette réserve du musulman apparaît dans d'autres domaines. Ainsi refuse-t-il de se prononcer sur la valeur des textes bibliques (« Ne les approuvez pas, ne les démentez pas », dit une tradition) ; de même il refuse souvent de se prononcer en théologie sur le « comment » de certains dogmes qu'il admet. Est-ce une attitude liée à un milieu sociologique où jusqu'ici les valeurs de vie et de sentiment sont préférées à l'abstraction ? Il est net en tout cas que la certitude du musulman a pour objet primordial ce que dit la raison sur l'unité de Dieu et ce qu'affirment le Coran et le Prophète. Mais le reste, les faits, la manière abstraite dont on peut les envisager ne revêtent pas l'importance que leur donne l'Occident chrétien. Seul le caractère vécu de ces faits présente un intérêt.

À propos du péché, en revanche, la transcendance divine est fortement soulignée. Le pécheur ne peut nuire à Dieu ; aucun médiateur, aucune rançon n'allégeront le fardeau d'autrui. Dieu pardonne comme il veut, d'abord à ceux qui le lui demandent, mais jamais aux polythéistes. L'intercession de Muḥammad jouera, et certains actes omis peuvent être réparés par d'autres que par le fidèle négligent, comme en témoigne la pratique du pèlerinage par substitution.

Étapes du développement ultérieur

Un certain nombre de courants et de phénomènes – soufisme, shī‘isme, développement de la théologie, rencontre avec la civilisation moderne – ont eu sur la religion de l'islam des incidences qu'il convient d'évoquer ici. Malgré la méfiance des juristes qui craignent toujours que les soufis n'en viennent à négliger la loi, le mouvement soufi se développe de façon continue. Outre l'idée de l'amour de Dieu, telle qu'elle fut vécue par Rabī‘a de Baṣra, une ancienne musicienne convertie, outre celle d'une communication directe souvent extraordinaire avec Dieu, ce courant spirituel mit en avant la notion essentielle de tawḥīd ou unicité de Dieu, le souci de nombreux mystiques étant de laisser, à travers leur vie, Dieu témoigner lui-même de son unicité, comme l'enseigna ‘Abd Allāh Anṣārī al-Harawī (m. en 1089). Il donna naissance également à des traités de vie spirituelle et de morale (par exemple celui de Ghazālī). Et, tandis qu'un autre courant spirituel subissait de plus en plus l'influence philosophique du néo-platonisme, des mouvements de piété populaire se répandaient partout (à partir du xiie-xiiie s.). On les appela les confréries ṣūfī (al-toroq al-sūfiyya) ; leurs offices ou séances de zikr, avec prières, postures du corps et discipline de la respiration, sont connus. Ces confréries contribuèrent à islamiser le peuple, spécialement en Afrique noire.

La théologie musulmane donna lieu à une très grande activité. L'enseignement était dispensé dans les grandes mosquées de l'Islam où l'on pouvait apprendre notamment le Coran, les traditions (ḥadīth), le droit, la théologie (kalām). Après une période pendant laquelle certains croyants s'attachèrent tellement à la lettre qu'ils n'osèrent pas interpréter métaphoriquement les rares expressions anthropomorphiques du Coran appliquées à Dieu (par exemple : les mains de Dieu, Dieu s'installe sur son trône), une réaction rationalisante survint, celle des mu‘tazilites. Ceux-ci, intransigeants tant qu'ils furent soutenus par le pouvoir du calife (ixe s.), furent persécutés ensuite après avoir été persécuteurs. Leur influence céda peu à peu la place à celle des ash‘arites, école qui resta dominante jusqu'au xxe siècle.

La grande masse de l'islam est sunnite, c'est-à-dire attachée à la tradition, tandis qu'un dixième à peu près est affilié à des branches indépendantes. La famille dissidente la plus importante est le shī‘isme, qui groupe les partisans de ‘Alī et que l'on trouve actuellement surtout en Irak et en Iran. La scission, initialement provoquée par des motifs politiques (question du califat), entraîna progressivement des divergences de spiritualité. Le shī‘isme lui-même se ramifie en plusieurs branches (cf. chiisme).

Le choc politique et culturel avec le monde moderne a amené une réaction religieuse. C'est ainsi qu'un mouvement de réforme de l'islam, caractérisé par le retour au Coran, a vu le jour à la fin du xixe siècle sous l'influence de Djamāl al-Dīn al-Afghānī (m. en 1897) ; il a eu des ramifications en Égypte (avec Muḥammad ‘Abdūh, m. en 1905), en Afrique du Nord (avec le mouvement des Ulémas en Algérie), au Pakistan (avec Abu'l-‘Alā' Mawdūdi) aussi bien qu'en Indonésie. Un souci d'action s'est développé partout, conduisant à mettre l'accent sur certains versets du Coran. Mais la pensée théologique elle-même est restée encore très traditionnelle. Comme l'écrivait D. Sourdel : « L'évolution récente paraît consacrer à la fois l'échec ou l'inutilité des tentatives de réformation de la pensée théologique et la possibilité de transformations politiques et sociales variées auxquelles les justifications théoriques viennent rarement à manquer. »

—  Jacques JOMIER

Bibliographie

Le Coran Le Coran, trad. E. Montet, Paris, 1929 ; trad. R. Blachère, Maisonneuve et Larose, Paris, 1972, rééd. 2005 ; trad. D. Masson, coll. La Pléiade, Gallimard, Paris, 1963, rééd. 1996. Voir la bibliographie de l'article coran. D. Bakker, Man in the Qur'ān, Amsterdam, 1965

R. Bell, Introduction to the Qur'ān, Édimbourg, 1953

R. Blachère, Le Coran, coll. Que sais-je ?, P.U.F., Paris, 1966, 13e éd. 2002 ; Introduction au Coran, Besson et Chantemerle, Paris, 1959, 2e éd. rev. Maisonneuve et Larose, 1991

I. Goldziher, Die Richtungen der islamischen Koranauslesung, rééd., Leyde, 1952

J. Jomier, Les Grands Thèmes du Coran, Centurion, Paris, 1978 ; Un chrétien lit le Coran, Cerf, Paris, 1984 ; Dieu et l'homme dans le Coran : l'aspect religieux de la nature humaine joint à l'obéissance au Prophète de l'islam, ibid., 1996

D. Masson, Monothéisme coranique et monothéisme biblique, Desclée De Brouwer, Paris, 2e éd. 1976. Origines et développement L. Gardet, L'Islam, religion et communauté, coll. Foi vivante, Aubier, Paris, 1970, nouv. éd. 2002

M. Gaudefroy-demombynes, Mahomet, Albin Michel, Paris, 1957

M. Hamidullah, Le Prophète de l'islam, 2 vol., Vrin, Paris, 1959

H. Massé, L'Islam, Paris, 1957

M. Rodinson, « L'Arabie avant l'Islam », in Encyclopédie de la Pléiade, Histoire universelle, t. II, Gallimard, 1957 ; Mahomet, rééd. Seuil, Paris, 1968, rééd. 1994 ; La Fascination de l’islam, La Découverte, Paris, 2003

G. Ryckmans, Les Religions arabes préislamiques, Louvain, 1951

D. Sourdel, L'Islam, coll. Que sais-je ?, 21e éd. 2002

W. M. Watt, Mahomet, Payot, Paris, 1980. La loi de l'islam L.-J. Brill dir., Encyclopédie de l'Islam (aux mots arabes correspondants), Maisonneuve et Larose, 2e éd., Leyde-Paris

H. Gaudefroy-Demombynes, Le Pèlerinage à La Mekke, Paris, 1923 ; Les Institutions musulmanes, Paris, 1946

I. Goldziher, Le Dogme et la loi de l'Islam, trad. F. Arin, Paris, 1920, rééd. 2005

J. Jomier, « Le Pèlerinage musulman vu du Caire vers 1960 », in Mélanges de l'Institut dominicain d'études orientales du Caire, t. IX, 1967

J. Jomier & J. Corbon, « Le Ramadan au Caire en 1956 », in Mélanges de l'Institut dominicain d'études orientales du Caire, t. III, 1956

A. A. Maoudoudi, Pour comprendre l'Islam, Paris, s.d.

J. Schacht, The Origins of Muhammadan Jurisprudence, Oxford, 1950, rés. en franç. sous le titre : Esquisse d'une histoire du droit musulman, trad. J. et F. Arin, Paris, 1953. Les grandes options Abd Al-Rahmān ‘Azzām, The Eternal Message of Muḥammad, trad. de l'arabe, New York, 1965

J. Abd El-Jalil, Aspects intérieurs de l'Islam, Seuil, 1949 ; L'Islam et nous, Cerf, 1947, 2e éd. 1981

H. A. R. Gibb, La Structure de la pensée religieuse de l'Islam, trad. J. et F. Arin, Paris, 1950 ; Les Tendances modernes de l'Islam (Modern Trends in Islam, 1947). trad. B. Vernier, Paris, 1949.

Écrit par :

  • : docteur ès lettres, membre de l'Institut dominicain d'études orientales du Caire, membre de l'Institut d'Égypte.

Classification


Autres références

«  ISLAM  » est également traité dans :

ISLAM (La religion musulmane) - Pratiques et rituels

  • Écrit par 
  • Toufic FAHD
  •  • 8 534 mots
  •  • 1 média

Religion dépouillée, l'islam n'a pas de culte à proprement parler, mais des pratiques codifiées dans des recueils de traditions et d'usages venant du Prophète en personne, Mahomet (Mụhammad), dont l'imitation constitue, en effet, la règle à suivre. Les ouvrages de fiqh, fondés sur les corpus du […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/islam-la-religion-musulmane-pratiques-et-rituels/

ISLAM (La religion musulmane) - Les sciences religieuses traditionnelles

  • Écrit par 
  • Chafik CHEHATA, 
  • Roger DELADRIÈRE, 
  • Daniel GIMARET, 
  • Guy MONNOT, 
  • Gérard TROUPEAU
  •  • 12 202 mots
  •  • 1 média

La civilisation islamique, développée sous l'influx de la religion musulmane, s'est donné tout un ensemble d'expressions culturelles. Certaines d'entre elles portent sur l'islam en tant précisément que religion. Nous les appelons ici « sciences religieuses traditionnelles ». Pourquoi traditionnelles ? Pour deux raisons, c'est-à-dire en deux sens. Ces sciences religieuses sont traditionnelles, d'ab […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/islam-la-religion-musulmane-les-sciences-religieuses-traditionnelles/

ISLAM (La religion musulmane) - L'étude de l'islam et ses enjeux

  • Écrit par 
  • Mohammed ARKOUN, 
  • Universalis
  •  • 6 981 mots
  •  • 3 médias

La « révolution islamique » en Iran, la chute du régime « socialiste » face à la résistance des tribus en Afghanistan, le réveil islamique dans les anciennes républiques soviétiques devenues indépendantes, les attentats terroristes en Algérie, en Irak, en Égypte, les pressions des partis « islamiques » sur tous les régime […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/islam-la-religion-musulmane-l-etude-de-l-islam-et-ses-enjeux/

ISLAM (Histoire) - De Mahomet à la fin de l'Empire ottoman

  • Écrit par 
  • Robert MANTRAN
  •  • 10 444 mots
  •  • 10 médias

Le phénomène de l'expansion de la religion musulmane est l'un des faits marquants et constants de l'histoire du monde depuis le premier tiers du viie siècle ; l'aspect religieux s'est généralement doublé d'un aspect politique, offensif et impérialiste jusqu'au début des Temps modernes, défensif et anti-impérialiste face aux Occidentaux depuis la fin d […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/islam-histoire-de-mahomet-a-la-fin-de-l-empire-ottoman/

ISLAM (Histoire) - Le monde musulman contemporain

  • Écrit par 
  • Françoise AUBIN, 
  • Olivier CARRÉ, 
  • Nathalie CLAYER, 
  • Andrée FEILLARD, 
  • Marc GABORIEAU, 
  • Altan GOKALP, 
  • Denys LOMBARD, 
  • Robert MANTRAN, 
  • Alexandre POPOVIC, 
  • Catherine POUJOL, 
  • Jean-Louis TRIAUD
  • , Universalis
  •  • 31 428 mots
  •  • 14 médias

Il existe de nos jours une communauté d'attitudes et de sentiments à travers le monde musulman.Il y a en premier lieu une solidarité internationale de ce qu'on peut appeler l'appareil de l'islam. Certes, il n'y a pas de clergé dans l'islam, au sens d'une hiérarchie disposant de pouvoirs sacramentels, comme dans le […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/islam-histoire-le-monde-musulman-contemporain/

ISLAM (Histoire) - L'émergence des radicalismes

  • Écrit par 
  • Olivier ROY
  •  • 2 594 mots
  •  • 4 médias

La première question concernant le radicalisme islamique est de savoir dans quelle mesure celui-ci est une conséquence de la doctrine religieuse elle-même, et donc intrinsèque à l'islam, ou bien s'il s'agit d'un phénomène avant tout politique, lié à des conflits contemporains. La confusion est d'autant plus grande qu'elle est entretenue tant par les critiques occidentaux de la religion islamique e […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/islam-histoire-l-emergence-des-radicalismes/

ISLAM (La civilisation islamique) - Islam et politique

  • Écrit par 
  • Louis GARDET, 
  • Olivier ROY
  •  • 11 478 mots
  •  • 2 médias

L'islam, on l'a dit souvent, est tout ensemble religion et communauté. Tel il s'éprouve et se veut lui-même. Communauté de foi et de témoignage de foi, à coup sûr, centrée sur ces « piliers de l'islam » que sont les actes cultuels impérés au croyant, mais en même temps communauté de vie, et code de vie. Les prières pres […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/islam-la-civilisation-islamique-islam-et-politique/

ISLAM (La civilisation islamique) - L'art et l'architecture

  • Écrit par 
  • Marianne BARRUCAND
  •  • 16 017 mots
  •  • 17 médias

Peut-on parler d'un art islamique, alors que la civilisation née de l'islam s'étend sur quatorze siècles et sur un espace qui va de l'Atlantique au Pacifique, du Maroc jusqu'à l'Indonésie, et que cette civilisation a poussé des ramifications un peu partout dans le monde, aussi bien en Chine qu'au Brésil ? Il ne vien […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/islam-la-civilisation-islamique-l-art-et-l-architecture/

ISLAM (La civilisation islamique) - La philosophie

  • Écrit par 
  • Christian JAMBET, 
  • Jean JOLIVET
  •  • 9 001 mots

Vers la fin du iie siècle de l'hégire, le champ théorique est entièrement occupé par, notamment, une théologie où l'on débat de l'unité de Dieu, de ses attributs, du sens qu'il faut donner aux noms et aux descriptions qui en sont attestés par le Coran, de la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/islam-la-civilisation-islamique-la-philosophie/

ISLAM (La civilisation islamique) - Les sciences historiques et géographiques

  • Écrit par 
  • André MIQUEL
  •  • 2 147 mots
  •  • 1 média

L'a-priori de la perception de l'espace et du temps dans la construction et la représentation du monde ne vaut pas que pour les individus : il est la règle aussi pour les sociétés. Aucune d'entre elles ne peut s'édifier et se méditer si elle ne définit pas d'abord comme sien l'espace qu'elle s'est acquis, si elle n'en marque les limites, si elle ne les défend sur le terrain et dans son propre univ […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/islam-la-civilisation-islamique-les-sciences-historiques-et-geographiques/

ISLAM (La civilisation islamique) - Les mathématiques et les autres sciences

  • Écrit par 
  • Georges C. ANAWATI, 
  • Roshdi RASHED
  • , Universalis
  •  • 22 470 mots
  •  • 1 média

« Et vous avez en ma personne le meilleur barbier de Bagdad, un médecin expérimenté, un chimiste très profond, un astrologue qui ne se trompe point, un grammairien achevé, un parfait rhétoricien, un logicien subtil, un mathématicien accompli dans la géométrie, dans l'arithmétique, dans l' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/islam-la-civilisation-islamique-les-mathematiques-et-les-autres-sciences/

ADOPTION

  • Écrit par 
  • Pierre MURAT
  •  • 8 874 mots

Dans le chapitre « L'adoption aujourd'hui »  : […] L'évolution des chiffres résument parfaitement les tendances en cours : alors que le nombre d'adoptions plénières prononcées en France a été longtemps supérieur au nombre d'adoptions simples, la tendance s'est largement inversée (plus de 66 p. 100 des demandes en 2004). Mais si l'on s'intéresse aux seules adoptions d'enfants mineurs, l'adoption simple n'y représente qu'environ 20 p. 100. Outre un […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/adoption/#i_5095

AFGHANISTAN

  • Écrit par 
  • Daniel BALLAND, 
  • Gilles DORRONSORO, 
  • Mir Mohammad Sediq FARHANG, 
  • Pierre GENTELLE, 
  • Sayed Qassem RESHTIA, 
  • Olivier ROY, 
  • Francine TISSOT
  • , Universalis
  •  • 34 325 mots
  •  • 21 médias

Dans le chapitre « L'émergence des talibans »  : […] En août 1994, un nouvel acteur apparaît soudainement, les talibans . Ceux-ci s'emparent de la ville de Kandahar en novembre et rétablissent l'ordre dans tout le Sud afghan, ouvrant les routes, éliminant les petits chefs de guerre devenus bandits de grand chemin et imposant partout la charia . Leur image de moines guerriers, intègres et intégristes, est faite. Les talibans exi […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/afghanistan/#i_5095

‘AĪD AL-FITR

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 148 mots

L’‘ a ī d al- Fitr (en arabe, « fête de la rupture »), est la première des deux principales fêtes rituelles de l’islam. Il marque la fin du rama ān , le neuvième mois qui est consacré au jeûne chez les musulmans. Il est […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/aid-al-fitr/#i_5095

‘AĪD AL-KABĪR

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 278 mots

L’‘ a ī d al- Aḍhā (en arabe, « fête des sacrifices »), également appelé ‘ a ī d al- Kabīr (« grande fête »), est avec l […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/aid-al-kabir/#i_5095

ALLĀH

  • Écrit par 
  • Roger ARNALDEZ
  •  • 561 mots

Nom désignant en islam le Dieu unique et créateur qui a révélé son existence et ses commandements, ses promesses et ses menaces, depuis Adam jusqu'à Muḥammad. Ce nom, connu avant la mission du Prophète, a pu désigner en Arabie le Dieu suprême. Il se rattache à la racine sémitique el . En arabe, ilāh signifie la divinité, dieu comme nom commun. Le verbe […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/allah/#i_5095

‘AMR

  • Écrit par 
  • Roger ARNALDEZ
  •  • 228 mots

Mot arabe qui, venant du verbe amara (« commander », « ordonner »), désigne l'impératif en grammaire et le commandement divin dans le Coran et la théologie. Le ‘amr est donc en relation avec la volonté de Dieu, tantôt avec la volonté législatrice ( irāda ), tantôt avec une volonté créatrice qui détermine l'être et le devenir des cr […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/amr/#i_5095

ARABE (MONDE) - Langue

  • Écrit par 
  • David COHEN
  •  • 9 436 mots
  •  • 3 médias

Aux environs du iv e  siècle de l'ère chrétienne, au moment où nous en saisissons les premières manifestations, et jusqu'au début du vii e  siècle, l'arabe était l'idiome de quelques tribus nomades pour la plupart, errant dans les immenses déserts de l'Arabie, et dont seule une petite fraction s'é […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/arabe-monde-langue/#i_5095

ARABIE SAOUDITE

  • Écrit par 
  • Philippe DROZ-VINCENT, 
  • Ghassan SALAMÉ
  •  • 18 450 mots
  •  • 9 médias

Dans le chapitre «  Le rôle religieux »  : […] L' islam est l'un des outils principaux de légitimation du pouvoir en Arabie Saoudite. Grâce au wahhabisme, le pouvoir s'est associé dès ses origines à un mouvement de prédication et à une réinterprétation rigoriste du texte islamique. Mais en annexant la province du Hijaz, où se trouvent La Mecque et Médine, les Saoud se sont dotés d'un rôle autrement prestigieux, celui de gardiens des Lieux sai […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/arabie-saoudite/#i_5095

ARKOUN MOHAMMED (1928-2010)

  • Écrit par 
  • Christian HERMANSEN
  •  • 1 033 mots

Philosophe et historien de l'islam, Mohammed Arkoun fut un éminent représentant d'une islamologie soucieuse de développer une lecture critique et humaniste de la civilisation musulmane. Prônant une approche rénovée de l'islam, il a exercé une influence intellectuelle considérable en France, en Europe et dans le monde arabe, et plus particulièrement dans les pays du Maghreb. Il n'eut de cesse de c […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/mohammed-arkoun/#i_5095

ASIE (Géographie humaine et régionale) - Espaces et sociétés

  • Écrit par 
  • Philippe PELLETIER
  •  • 23 138 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Complexité culturelle  »  : […] Plusieurs groupes ethniques eurasiatiques se rencontrent dans cette zone diagonale, et s'y déploient géohistoriquement. Les analyses traditionnelles en distinguent deux familles principales : les Indo-Européens vers l'ouest (dont les Persans et les Sémites) et le sud (Inde septentrionale), les Asiatiques vers l'est (dont les Chinois han, les Coréens, les Japonais, les Vietnamiens, les Malayo-Polyn […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/asie-geographie-humaine-et-regionale-espaces-et-societes/#i_5095

ASIE (Géographie humaine et régionale) - Dynamiques régionales

  • Écrit par 
  • Manuelle FRANCK, 
  • Bernard HOURCADE, 
  • Georges MUTIN, 
  • Philippe PELLETIER, 
  • Jean-Luc RACINE
  •  • 24 809 mots
  •  • 9 médias

Dans le chapitre « Un peuplement très diversifié  »  : […] Le Moyen-Orient connaît encore un croît démographique soutenu   : il est, en 2009, de 1,9 p. 100 (taux de natalité : 2,5 p. 100, taux de mortalité : 0,6 p. 100). Depuis les années 1990, la situation démographique est en évolution rapide. La fécondité a baissé de façon spectaculaire. L'indice synthétique de fécondité qui, autrefois, était de l'ordre 5,6 voire 7 enfants par femme, se situe, en 20 […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/asie-geographie-humaine-et-regionale-dynamiques-regionales/#i_5095

BALKANS ou PÉNINSULE BALKANIQUE

  • Écrit par 
  • Jean AUBOUIN, 
  • Michel ROUX
  •  • 7 507 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Diversité des peuples et des cultures »  : […] Si les invasions slaves des vi e et vii e siècles ont affecté toute la péninsule, et même les îles, trois langues antérieurement parlées dans les Balkans ont subsisté : l' albanais, dont le vocabulaire comprend de nombreux mots d'origine latine, indice de l'ancienneté de la présence de ce peuple […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/peninsule-balkanique/#i_5095

BANGLADESH

  • Écrit par 
  • Alice BAILLAT
  •  • 8 386 mots
  •  • 9 médias

Dans le chapitre « Un État pauvre et surpeuplé, mais fort de son identité  »  : […] Avec une densité de 1 100 habitants au kilomètre carré, le Bangladesh est le pays le plus densément peuplé au monde – à l’exception des villes-États, comme Singapour. Le pays a pourtant effectué des progrès notables en matière de contrôle des naissances, en développant des politiques de planning familial dès le début des années 1970. Ainsi, la croissance démographique annuelle est passée de 2,8 p […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/bangladesh/#i_5095

BAYT AL-ḤIKMA

  • Écrit par 
  • Roger ARNALDEZ
  •  • 159 mots

« Maison de la Sagesse », le Bayt al-Ḥikma fut fondé à Baghdād par le calife Ma'mūn, qui régna de 813 à 833. Ce centre de la culture arabe et universelle de l'époque fit de Baghdād, capitale du califat, l'équivalent de ce qu'avait été Alexandrie. Meyerhof, dans un opuscule intitulé D'Alexandrie à Bagdad , a développé ce point de vue, en montrant par quelles voies les traditio […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/bayt-al-hikma/#i_5095

BAZAR

  • Écrit par 
  • Marianne BARRUCAND
  •  • 3 365 mots
  •  • 8 médias

Le mot bazar , « marché », qui vient du pahlévi vacar et correspond à l'arabe sūq ou au turc çarsi̊ (du pahlévi cahar suq , persan car-su , « carrefour »), désigne, de manière générale, le centre commercial et artisanal traditionnel de toute ville ou localité en p […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/bazar/#i_5095

BELGIQUE - La période contemporaine

  • Écrit par 
  • Jean FANIEL, 
  • Xavier MABILLE
  •  • 8 984 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Une société en évolution »  : […] À partir de 1991, les entreprises publiques ont été l'objet de réformes importantes, dont la plupart sous forme de privatisations. Cette évolution obéit à une double contrainte, l'une conditionnée par le contexte européen, qui étend progressivement la concurrence à de nouveaux secteurs d'activité, l'autre par les difficultés budgétaires de l'État, qui incitent ce dernier à limiter ses interventio […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/belgique-la-periode-contemporaine/#i_5095

BĪMĀRISTĀN ou MĀRISTĀN

  • Écrit par 
  • Nikita ELISSÉEFF
  •  • 648 mots

Le terme « bīmāristān », ou « māristān », est un emprunt au persan ; il désigne un établissement hospitalier pour les malades dont on espère la guérison. Le problème de l'origine du bīmāristān n'est pas résolu. Le calife umayyade al-Walīd (705-710) passe dans la tradition pour avoir été le premier à bâtir un bīmāristān en Islam, à y avoir nommé des médecins et à leur avoir alloué un traitement. En […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/bimaristan-maristan/#i_5095

BISṬĀMĪ ABŪ YAZĪD ṬAYFŪR IBN ‘ĪSĀ IBN SURŪSHĀN AL- (mort en 857 ou 874)

  • Écrit par 
  • Roger ARNALDEZ
  •  • 322 mots

Mystique musulman qui vit à Bisṭām (Khurāsān) et y meurt. Son enseignement est oral ; on recueille ses maximes, transmises par son neveu et disciple ; on les commente et on en tire même une véritable légende dorée. Al-Bisṭāmī (connu aussi sous le nom de Abū Yazīd) a le sens aigu de la grandeur de Dieu. Il voit la réalité humaine comme un obstacle qu'il faut détruire par le fanā' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/abu-yazid-tayfur-ibn-isa-ibn-surushan-al-bistami/#i_5095

BULGARIE

  • Écrit par 
  • Roger BERNARD, 
  • André BLANC, 
  • Christophe CHICLET, 
  • Nadia CHRISTOPHOROV, 
  • Jack FEUILLET, 
  • Vladimir KOSTOV, 
  • Edith LHOMEL, 
  • Robert PHILIPPOT
  •  • 26 974 mots
  •  • 12 médias

Dans le chapitre « Un nationalisme utile »  : […] Malgré une soumission totale à l'Union soviétique, les dirigeants communistes bulgares ont souvent été tentés par le nationalisme ; lorsque Moscou lâchait la bride, le « national-communisme » bulgare reprenait de la vigueur. De 1945 à 1948, Tito est le modèle de l'Europe de l'Est. Ce dernier ayant des visées sur la Macédoine bulgare (Macédoine du Pirin dont la capitale, Gorna Djoumaya, est devenu […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/bulgarie/#i_5095

CALENDRIERS

  • Écrit par 
  • Jean-Paul PARISOT
  •  • 9 872 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Calendrier musulman »  : […] De nombreux éléments militent en faveur d'un calendrier luni-solaire ancien dont l'intercalation aurait été abolie par Mahomet (571-632) : l'étymologie des noms des mois est liée aux saisons (safar = pleines [les chamelles sont pleines], ramadan = chaud, radjad = fête [sacrifice de chameau] ) et on trouve dans le Coran (9-36) la mention d'un mois disparu, appelé nost, qui serait le mois intercala […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/calendriers/#i_5095

CATHOLICISME - Le pontificat de Benoît XVI

  • Écrit par 
  • Giancarlo ZIZOLA
  •  • 5 804 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Une série de faux pas »  : […] Soutenue par toutes les forces conservatrices de l'Église, déterminées à tirer parti de la disposition d'esprit du pape pour hâter l'enterrement de première classe du II e  concile du Vatican, la papauté s'est précipitée dans une impressionnante série d'incidents catastrophiques, au point de démontrer que même la plus intelligente des tentatives de retour à l'Église autarc […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/catholicisme-le-pontificat-de-benoit-xvi/#i_5095

CAUCASE

  • Écrit par 
  • André BLANC, 
  • Georges CHARACHIDZÉ, 
  • Louis DUBERTRET, 
  • Silvia SERRANO
  • , Universalis
  •  • 17 098 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Droit, religions, cultures »  : […] Le droit caucasien se reconnaît à la réunion de quelques traits spécifiques. On les retrouve sur toute l'étendue du territoire et à toutes les époques, y compris, pour certaines régions, à l'époque contemporaine. La vengeance sanglante y tient la première place : tout préjudice doit être compensé soit par un meurtre, soit par le rachat du prix du sang. La plupart des codes juridiques, qu'ils soien […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/caucase/#i_5095

CHEIKH ou CHAYKH

  • Écrit par 
  • Georges BOHAS
  •  • 424 mots

Terme formé sur la racine arabe shyh . Il désigne l'homme sur lequel apparaissent les signes de la vieillesse, donc, d'une part celui qui possède sagesse, expérience et auquel on confie, par conséquent, l'autorité, d'autre part celui qui a acquis une vaste science. En tant que détenteur de l'autorité, le chaykh est l'un des éléments de la vie bédouine : la tribu reconnaît à u […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/cheikh-chaykh/#i_5095

CHIISME ou SHĪ‘ISME

  • Écrit par 
  • Henry CORBIN, 
  • Yann RICHARD
  •  • 9 424 mots
  •  • 2 médias

Le chiisme (shī‘isme) ne doit pas être désigné comme une « hétérodoxie » par rapport à un sunnisme qui serait l'« orthodoxie » islamique. Il n'y a ni concile ni autorité pontificale en Islam pour déterminer ces positions dogmatiques, et l'idée de majorité n'est pas plus l'équivalent d'orthodoxie que celle de minorité n'est l'équivalent d'hétérodoxie. Le shī‘isme représente une certaine manière de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/chiisme-shi-isme/#i_5095

CINQUIÈME RÉPUBLIQUE - Les années Sarkozy (2007-2012)

  • Écrit par 
  • Pierre BRÉCHON
  •  • 5 626 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Affirmation d'un nationalisme identitaire »  : […] Conformément à ses annonces de campagne, Nicolas Sarkozy crée en 2007 un ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire – lequel sera supprimé en 2010. Il s'agit de rendre plus simples, donc plus nombreuses, les expulsions d'immigrés en situation irrégulière, de contrôler davantage le droit d'asile, les regroupements familiaux et les accès à la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/cinquieme-republique-les-annees-sarkozy-2007-2012/#i_5095

CONFRÉRIES MUSULMANES

  • Écrit par 
  • Charles-Robert AGERON
  •  • 1 563 mots

L' Islam ne reconnaît en principe aucun ordre religieux, aucun clergé, aucune hiérarchie spirituelle. Pourtant le mysticisme musulman ou çoufisme (ou soufisme), d'abord individualiste, devait peu à peu, sous l'influence du monachisme oriental, et surtout à partir du xii e siècle, s'organiser en associations admettant l'autorité d'un maître spirit […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/confreries-musulmanes/#i_5095

CORAN (AL-QURĀN)

  • Écrit par 
  • Régis BLACHÈRE, 
  • Claude GILLIOT
  •  • 13 323 mots
  •  • 1 média

Le mot al-Qur'ān (traditionnellement transcrit « Coran »), qui procède d'une racine attestée dans les plus anciens éléments de la prédication de Mahomet, semble exprimer l'idée d'une « communication orale », d'un « message », transmis sous forme de « récitation à voix haute ». Cette triple notion, par sa complexité même, caractérise l'état premier d'une «   révélation » verba […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/coran/#i_5095

DJIHAD ou JIHAD

  • Écrit par 
  • Pierre-Jean LUIZARD
  •  • 1 323 mots

Le mot arabe jihād indique « un effort tendu vers un but déterminé ». Souvent traduit par « guerre sainte » dans les langues occidentales, le djihad a varié au cours des siècles dans sa conception comme dans son application. Ce n'est pas un devoir personnel, c'est un devoir collectif s'adressant à l'ensemble de la communauté musulmane ( umma ), et dont […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/djihad-jihad/#i_5095

DJINNS

  • Écrit par 
  • Roger ARNALDEZ
  •  • 289 mots

Ce sont, pour le Coran, des êtres corporels, formés de feu, invisibles pour nous, créés par Dieu comme les anges et les hommes. Les djinns constituent avec ces derniers les deux charges ( al-thaqalān ) de la Terre. Ils ont leurs prophètes pris parmi eux (Coran, vi , 130). Mais ils doivent obéir à la Loi révélée à Mahomet : en ce sens, ils sont musulm […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/djinns/#i_5095

MUSULMAN DROIT

  • Écrit par 
  • Pascal BURESI
  •  • 4 410 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La théorie juridique musulmane »  : […] Dans la théorie politique classique, Dieu est le seul législateur. La Loi divine concerne tous les domaines : politique, économique, social, familial et, de manière générale, culturel. Tout pouvoir s'inscrit donc dans le cadre d'une Loi qu'il n'est pas habilité à modifier, mais seulement à respecter. Cela donne aux hommes de religion, aux juristes et surtout aux saints, une faculté considérable d […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/droit-musulman/#i_5095

ESCHATOLOGIE

  • Écrit par 
  • Michel HULIN
  •  • 6 356 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Résurrection et fin des temps : zoroastrisme, judaïsme, islam »  : […] Le modèle eschatologique le plus ancien, et longtemps le plus répandu sur la terre, avait partie liée avec l'idée de résurrection. Il supposait un univers stable, partagé symétriquement entre un « ici-bas » et un « là-bas » (plutôt qu'un « au-delà ») entre lesquels les âmes – ou les doubles – circulaient pour ainsi dire librement. En plaçant entre ces deux parties de l'univers une barrière infran […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/eschatologie/#i_5095

ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE (Le territoire et les hommes) - Religion

  • Écrit par 
  • Sébastien FATH
  •  • 3 471 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Un kaléidoscope religieux »  : […] Les protestants restent, d'assez loin, les plus nombreux au sein du kaléidoscope religieux nord-américain : ils représentent environ 52 p. 100 de la population totale des États-Unis au seuil des années 2010. Mais si le protestantisme reste majoritaire, la plus importante dénomination (en tant qu'organisation structurée) est aujourd'hui l'Église catholique . C'est la principale Église chrétienne a […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/etats-unis-d-amerique-le-territoire-et-les-hommes-religion/#i_5095

ÉTIENNE BRUNO (1937-2009)

  • Écrit par 
  • Franck FREGOSI
  •  • 938 mots

Anthropologue des religions, spécialiste de l'islam, Bruno Étienne est né le 6 novembre 1937 à La Tronche (Isère). Il effectue sa scolarité au collège de l'Institut Sainte-Marie à La Seyne-sur-Mer (Var), puis au lycée Thiers, à Marseille. Diplômé de l'Institut d'études politiques (I.E.P.) d'Aix-en-Provence, il est ensuite docteur en droit public et science politique et diplômé d'arabe de l'Instit […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/bruno-etienne/#i_5095

EUROPE - Diversité religieuse

  • Écrit par 
  • Michel MIAILLE, 
  • Kathy ROUSSELET
  •  • 11 280 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « L'islam »  : […] Le monde musulman d'Europe centrale et orientale est influencé par des courants divers, l'islam implanté de longue date dans la région entrant en conflit avec des influences étrangères éventuellement plus radicales. On observe partout des conflits de générations. Devant le faible nombre de cadres religieux, les plus jeunes partent se former dans les pays arabes et se heurtent à leurs aînés à leur […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/europe-diversite-religieuse/#i_5095

ÉVANGÉLISME ET ÉGLISES ÉVANGÉLIQUES

  • Écrit par 
  • Sébastien FATH
  •  • 3 778 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « Compétition islam-évangélisme  »  : […] Cette nouvelle vague évangélique ne s'impose pas sans tensions, ni dérives sectaires, et elle se fait parfois dans une situation de rivalité avec l'islam. La compétition entre évangélisme et islam se déploie dans trois grandes aires géographiques : l'Asie du Sud-Est, l'Europe et l'Afrique, où salafistes, tablighs (missionnaires musulmans apolitiques), pentecôtistes et évangéliques sillonnent les […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/evangelisme-et-eglises-evangeliques/#i_5095

ÉVOLUTION DE LA VILLE ISLAMIQUE

  • Écrit par 
  • Janine SOURDEL
  •  • 3 967 mots
  •  • 1 média

L' évolution des villes en pays d' islam constitue l'un des champs de recherche vers lesquels convergent les curiosités des spécialistes sans que de la confrontation de leurs points de vue se dégagent des positions ou doctrines toujours cohérentes sur des questions par définition complexes. On sait combien, de manière générale, le phénomène urbain reste difficile à saisir sur le double plan de se […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/evolution-de-la-ville-islamique/#i_5095

FOI

  • Écrit par 
  • Edmond ORTIGUES
  •  • 10 468 mots

Dans le chapitre « Origine et sens du mot « foi » »  : […] Les mots latins fides (foi) et foedus (pacte, accord, alliance) proviennent d'une même racine indo-européenne, beidh- , qui a donné aussi en grec pistis et qui suggère d'une manière générale l'idée de confiance (cf. G. Dumézil, Idées romaines  ; G. Freyburger, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/foi/#i_5095

GARDET LOUIS (1904-1986)

  • Écrit par 
  • Olivier CARRÉ
  •  • 918 mots

Se présentant lui-même comme « philosophe chrétien des cultures et des religions comparées », Louis Gardet était associé, à la tête de la collection « Études musulmanes » des éditions Vrin, à Étienne Gilson, l'un des tenants les plus remarquables de la « philosophie chrétienne » contemporaine issue du néo- thomisme, courant de pensée qui avait été encouragé par Rome dès la fin du […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/louis-gardet/#i_5095

GHETTO

  • Écrit par 
  • Gérard NAHON
  •  • 4 208 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Législation imposée au ghetto »  : […] Le principe de reléguer les juifs dans un quartier étroit et insalubre étant admis dans le monde chrétien ou musulman, son application réglementaire variait selon les États et les princes. Partout en Europe, on imposait, d'une part, la fermeture des portes du ghetto, la nuit, de l'extérieur et de l'intérieur, d'autre part, l'interdiction pour les juifs de quitter le ghetto après l' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ghetto/#i_5095

VENISE GHETTO DE

  • Écrit par 
  • Gérard NAHON
  •  • 252 mots

Dès 1215, le IV e  concile du Latran avait préconisé une séparation physique entre chrétiens et juifs. La république de Venise est la première à appliquer cette exigence. Le 25 janvier 1516, le Sénat de Venise vote un décret confinant les juifs dans un quartier clos de murs. Dès le 10 avril, sept cents juifs sont installés sur un îlot urbanisé au siècle précédent appelé […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ghetto-de-venise/#i_5095

ḤADĪTH

  • Écrit par 
  • Khalifa SOUA
  •  • 1 474 mots

Mot arabe qui signifie récit, propos ou communication, ḥadīth est utilisé pour désigner plus particulièrement les propos tenus par le prophète Mahomet. Au début, il avait son sens le plus étroit, se limitant aux communications orales faites par le Prophète. Ensuite, on l'employa pour désigner toute tradition rapportant les paroles ( aqwāl ) ou les actes […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/hadith/#i_5095

HAQQANI MEHMET NAZIM ADIL AL- cheikh (1922-2014)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 218 mots

Autorité spirituelle du soufisme, branche mystique de l’islam, le chef religieux turc chypriote cheikh Nazim était internationalement respecté. Né le 23 avril 1922 à Larnaca, Mehmet Nazim Adil est lié par sa famille à la longue tradition des confréries soufies ( ṭarīqa ṣūfī ). Il est également rattaché à la « chaîne d’or » des maît […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/mehmet-nazim-adil-al-haqqani/#i_5095

IBN ‘ABD AL-WAHHĀB

  • Écrit par 
  • Jacqueline CHABBI
  •  • 196 mots

Muḥammad ben ‘Abd al-Wahhāb donne son nom à la doctrine du wahhabisme. Réformateur sunnite issu d'une famille de juristes du Nadjd, en Arabie centrale, il s'inscrit dans le courant rigoriste musulman du hanbalisme (Ibn Ḥanbal mort en 855), revitalisé au xiii e  siècle par le Syrien Ibn Taymiyya. Son ouvrage sur « l'unité de Dieu » (tawḥīd) s'élève […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ibn-abd-al-wahhab/#i_5095

IBN KHALDŪN (1332-1406)

  • Écrit par 
  • Jamel Eddine BENCHEIKH
  •  • 2 113 mots

En ce xiv e  siècle ( viii e de l'hégire), les rivalités dynastiques déchirent le Maghreb. La Reconquista chrétienne entreprend de mettre un terme au destin d'al-Andalus presque réduit à la gloire de Grenade. L'Orient arabe subit la terrible invasion de Tīmūr Lang et connaî […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ibn-khaldun/#i_5095

IMAMITES ou DUODÉCIMAINS

  • Écrit par 
  • Roger ARNALDEZ
  •  • 565 mots

Tenants d'une secte shī‘ite, également appelés duodécimains. Cette branche est essentiellement représentée par l'islam iranien. Le shī‘isme s'est morcelé, au cours de son histoire, à l'occasion de la succession des imāms. Ainsi, à la mort de Dja‘far al-Sādiq, sixième imām des duodécimains, les partisans de son fils Ismā‘īl soutinrent que leur candidat avait reçu l'investiture de son père, et qu'il […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/imamites/#i_5095

INDE (Le territoire et les hommes) - Histoire

  • Écrit par 
  • Christophe JAFFRELOT, 
  • Jacques POUCHEPADASS
  • , Universalis
  •  • 22 498 mots
  •  • 24 médias

Dans le chapitre « L'unité nationale à l'épreuve des Gandhi »  : […] Les élections de janvier 1980 consacrent le retour au pouvoir d'Indira Gandhi à la tête d'un nouveau parti qu'elle a créé en 1978, le Congrès (I) – I pour Indira –, qui remporte 353 sièges avec 42,7 p. 100 des voix ; le Janata Party ne conserve que 31 sièges avec 19 p. 100 des voix, tandis que le Janata Party (S) de Charan Singh gagne 41 sièges (avec 9,4 p. 100 des voix). Le Janata Party connaît a […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/inde-le-territoire-et-les-hommes-histoire/#i_5095

INDONÉSIE - Géographie

  • Écrit par 
  • Muriel CHARRAS, 
  • Manuelle FRANCK
  •  • 5 802 mots
  •  • 9 médias

Dans le chapitre « Des frontières nationales héritées de la période coloniale »  : […] La mer est un facteur d'unification de l'archipel indonésien comme de la partie insulaire de l'Asie du Sud-Est. Les migrations austronésiennes ont mené depuis Taïwan, par voie maritime, les populations qui occupent aujourd'hui la majeure partie de l'Asie du Sud-Est insulaire, péninsule malaise comprise, à partir de 3000 avant notre ère. Les échanges maritimes acheminant les produits de l'archipel […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/indonesie-geographie/#i_5095

IRAK

  • Écrit par 
  • Loulouwa AL RACHID, 
  • Brigitte DUMORTIER, 
  • Philippe RONDOT, 
  • Pierre ROSSI
  •  • 29 305 mots
  •  • 26 médias

Dans le chapitre « Un pays arabe et musulman où subsistent des minorités ethniques et religieuses »  : […] L'Irak est un pays majoritairement arabe et musulman, où des milieux de vie spécifiques, d'accès difficile, marais au sud et isolats montagnards au nord, ont favorisé la survivance de particularismes religieux, statistiquement très minoritaires. On estime qu'il y aurait en Irak 60 p. 100 d'Arabes shiites, 20 p. 100 d'Arabes sunnites, 17 p. 100 de Kurdes sunnites. Les 3 p. 100 restants regroupent […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/irak/#i_5095

IRAN - Géographie

  • Écrit par 
  • Bernard HOURCADE
  •  • 5 159 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Diversité et cohésion culturelles »  : […] L'Iran est un État à la fois multi-ethnique et fortement unifié par son histoire et sa culture. Le nationalisme iranien, fondé sur l'ancienneté et la stabilité de l'État, est capable d'unir toutes les catégories sociales et culturelles du pays, comme ce fut le cas au début de la guerre Irak-Iran (1980-1988). La moitié des Iraniens ont le persan pour langue maternelle, mais un quart parlent d'autr […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/iran-geographie/#i_5095

IRAN - Histoire et politique

  • Écrit par 
  • Christian BROMBERGER, 
  • Robert MANTRAN
  • , Universalis
  •  • 22 380 mots
  •  • 10 médias

Dans le chapitre « Les relations avec l'extérieur »  : […] Pendant ce temps, à Téhéran, la démission du Premier ministre Mir Hossein Moussavi est refusée, mais certains ministres de son cabinet sont très contestés par le Madjlis. Les rivalités internes sont fatales aux partisans de Montazeri, dont onze sont exécutés en novembre, ouvrant la voie à toute une vague d'exécutions politiques. À la fin de l'année, l'imam Khomeyni décrète la limitation des pouvoi […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/iran-histoire-et-politique/#i_5095

KARIMOV ISLAM (1938-2016)

  • Écrit par 
  • Anne TOURNEVILLE
  •  • 843 mots
  •  • 1 média

Islam Abdouganiévitch Karimov a été président de la république d’Ouzbékistan , depuis l’accession à l’indépendance de son pays au moment de la dislocation de l’URSS, le 1 er  septembre 1991, jusqu’à sa mort le 2 septembre 2016, à Tachkent. Né le 30 janvier 1938 à Samarkand, Islam Karimov débute sa carrière dans les instances économiques et financières de la République soc […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/islam-karimov/#i_5095

KHĀRIDJISME

  • Écrit par 
  • Roger ARNALDEZ
  •  • 1 855 mots

Les khāridjites (en arabe khawāridj ) sont les adeptes d'une secte musulmane qui remonte aux origines de l' islam et qui a joué un grand rôle d'opposition sous les califes umayyades de Damas ; leur zèle s'est manifesté, sous des formes déjà moins violentes, pendant l'époque ‘abbāside, surtout en Afrique du Nord. Ils furent progressivement réduits et maîtrisés, et ils ne form […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/kharidjisme/#i_5095

KURDES

  • Écrit par 
  • Thomas BOIS, 
  • Hamit BOZARSLAN, 
  • Christiane MORE, 
  • Éric ROULEAU
  •  • 16 400 mots
  •  • 7 médias

Dans le chapitre « Renouveau du combat autonomiste »  : […] À la faveur des événements révolutionnaires qui secouèrent l'Iran en 1978 et provoquèrent le renversement du régime impérial les 10 et 11 février 1979, les Kurdes, comme les autres minorités nationales, tentèrent de faire reconnaître leurs droits politiques et culturels. Quelques jours après le retour en Iran (1 er  févr. 1979) de l'ayatollah Khomeyni, les autonomistes ku […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/kurdes/#i_5095

L'AUTRE RIVE, LE LIBAN (exposition)

  • Écrit par 
  • Hélène ERISTOV
  •  • 1 046 mots

Du 27 octobre 1998 au 2 mai 1999, l'Institut du monde arabe à Paris a présenté le patrimoine libanais dans sa diversité – outillage préhistorique, idoles phéniciennes, stèles hellénistiques, mosaïques byzantines, icônes melkites –, mais aussi dans la continuité d'une civilisation méditerranéenne où les mythes naissent des errances du commerce et de la guerre. Plus de cinq cents objets venaient de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/l-autre-rive-le-liban/#i_5095

LEWIS BERNARD (1916-2018)

  • Écrit par 
  • Pascal BURESI
  •  • 1 268 mots

Historien américain du monde musulman et du Proche-Orient, Bernard Lewis était un intellectuel controversé. Né à Londres le 31 mai 1916 dans une famille juive britannique, Bernard Lewis se découvre une passion pour les langues du Proche-Orient au moment où il est confronté à l’hébreu biblique pour sa bar mitzvah . Il commence alors à apprendre l’arabe, l […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/bernard-lewis/#i_5095

LIBYE

  • Écrit par 
  • Nora LAFI, 
  • Olivier PLIEZ, 
  • Pierre ROSSI
  •  • 11 695 mots
  •  • 14 médias

Dans le chapitre « Les fondements sociaux du nouveau régime »  : […] La révolution libyenne est en ce sens marquée par une forte volonté de renouvellement du personnel politique, et par une idéologie aux forts accents sociaux : ouvrir l'accès au pouvoir à ceux que la colonisation, marquée par un pacte entre certaines hiérarchies de type tribal et les occupants italiens, puis les lendemains de la Seconde Guerre mondiale, marqués par une configuration du même type en […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/libye/#i_5095

LIGUE ARABE ou LIGUE DES ÉTATS ARABES (L.E.A.)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 226 mots
  •  • 2 médias

Créée le 22 mars 1945 au Caire par l'Arabie Saoudite, l'Égypte, l'Irak, le Liban, la Syrie, le Yémen et la Transjordanie (l'actuelle Jordanie), la Ligue regroupe, depuis 1993, vingt-deux États arabes. Aux sept membres fondateurs se sont ajoutés la Libye en 1953, le Soudan en 1956, la Tunisie et le Maroc en 1958, le Koweït en 1961, l'Algérie en 1962, les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar et […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ligue-arabe-ligue-des-etats-arabes/#i_5095

LIVRE RELIGIONS DU

  • Écrit par 
  • André PAUL
  •  • 554 mots

Trois religions, le judaïsme, le christianisme et l'islam, se sont structurées et, par-delà toutes les scissions (karaïsme, protestantisme, shī‘isme, etc.) que chacune a pu connaître, se sont confirmées dans leur unité au cours des longs siècles de leur histoire par le double effet, inspirateur et régulateur, d'un livre. Cet effet est particulièrement fort dans l'islam, puisque la langue elle-même […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/religions-du-livre/#i_5095

MAGIE

  • Écrit par 
  • René ALLEAU, 
  • Roger BASTIDE
  •  • 11 230 mots

Dans le chapitre « Les techniques magiques »  : […] La loi magique fondamentale de « l'action du semblable sur le semblable », le principe de similarité, la puissance de l'analogie n'ont pas été des bases théoriques d'une « vision du monde » ni d'un système spéculatif sacralisé, mais autant de conséquences logiques d'un comportement ancestral, enseigné et suivi avec succès par maintes générations pendant tout le stade primitif de l'économie de la c […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/magie/#i_5095

MAHDISME

  • Écrit par 
  • Yves THORAVAL
  •  • 436 mots

Terme arabe qui signifie « celui qui est guidé » et, par extension, étant donné que toute sage directive vient de Dieu, « celui qui est guidé par Dieu dans la bonne voie », mahdī désigne, dans l'islam (avec un succès prédominant dans le Maghreb), un prophète qui doit venir à la fin des temps pour purifier la communauté, rassembler les croyants et convertir le monde à la foi […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/mahdisme/#i_5095

MAHOMET ou MUḤAMMAD (571?-632)

  • Écrit par 
  • Maxime RODINSON
  •  • 4 075 mots
  •  • 1 média

Mahomet (en arabe Muḥammad) est, parmi les fondateurs des grandes religions universalistes, celui que nous connaissons le mieux. Il a fondé l' islam, qui compte aujourd'hui près d'un milliard d'adhérents et dont le rôle historique fut considérable. Sa biographie est loin d'expliquer à elle seule ce succès, mais contribue pour sa part à cette explication. Homme génial, issu d'une société en marge […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/mahomet-muhammad/#i_5095

MALAISIE

  • Écrit par 
  • Philippe DEVILLERS, 
  • Nathalie FAU, 
  • Denys LOMBARD
  • , Universalis
  •  • 17 179 mots
  •  • 15 médias

Dans le chapitre « Contrer la résurgence islamique  »  : […] Si l'islam est la religion nationale, la Malaisie n'est pas pour autant un État islamique et ses institutions n'intègrent pas les préceptes coraniques. Cependant, depuis le début des années 1970, l'islam devient un enjeu politique et les organisations islamiques, idéologiquement hétérogènes, se multiplient. Afin de contrer un tel mouvement de renouveau, dit dakwah , tout en p […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/malaisie/#i_5095

MARABOUTISME

  • Écrit par 
  • Roger ARNALDEZ
  •  • 3 140 mots

Le mot « marabout » vient de la prononciation dialectale ( mrabot ) de l'arabe classique murābit qui désigne l'homme vivant dans un ribāṭ (couvent fortifié). Au pluriel, al-murābiṭūn , a donné Almoravides (dynastie qui régna sur le Maghreb et l'Espagne musulmane aux xi […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/maraboutisme/#i_5095

MASSIGNON LOUIS (1883-1962)

  • Écrit par 
  • Youakim MOUBARAC
  •  • 3 426 mots

Dans le chapitre « La voie mystique »  : […] En dehors du Coran et dans l'ordre du commencement, c'est dans le témoignage des mystiques, et plus spécialement d' al-Ḥallādj, que Massignon aura puisé le plus abondamment à la source sémitique par son orifice arabe. L'importance de son œuvre consacrée au grand mystique « intercis » à Bagdad, en 922, est généralement reconnue comme monographie exhaustive obéissant de manière exemplaire à toutes l […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/louis-massignon/#i_5095

MECQUE LA

  • Écrit par 
  • Georges BOHAS
  •  • 1 085 mots
  •  • 4 médias

Ville sainte de l'islam vers laquelle se tournent tous les musulmans pour prier et en laquelle ils doivent, s'ils en ont les moyens, se rendre en pèlerinage au moins une fois dans leur vie. Avant l'établissement de l'islam, La Mecque (de l'arabe Makka ) est essentiellement une cité commerçante. Bien que son existence soit plus ancienne, ce n'est qu'au vi […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/la-mecque/#i_5095

MEDDEB ABDELWAHAB (1946-2014)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 350 mots

Écrivain et philosophe franco-tunisien, Abdelwahab Meddeb est né en 1946 à Tunis, dans une famille conservatrice et pieuse. Après trois années à l’université de Tunis, il suit des études de lettres et d’histoire de l’art à l’université Paris-Sorbonne. À partir de 1967, il s’établit à Paris. De 1974 à 1987, il est conseiller littéraire et directeur éditorial des éditions Sindbad. Là, il fait tradu […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/abdelwahab-meddeb/#i_5095

MESSIANISME

  • Écrit par 
  • Henri DESROCHE, 
  • Roland GOETSCHEL
  •  • 7 914 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Messianismes et religions »  : […] L'aire des messianismes ne se confond pas mais interfère largement avec celle des religions. Wallis remarque que si les messies ont été plutôt rares dans le shintoïsme, le taoïsme et le confucianisme, ils ont été nombreux dans le judaïsme, le christianisme et l'islam. Il relève aussi des traces de messianisme dans l'ancienne Égypte et à Sumer et estime même qu'il n'est pas absent de cette religion […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/messianisme/#i_5095

MILLÉNARISME

  • Écrit par 
  • Jacques LE GOFF
  •  • 3 425 mots
  •  • 2 médias

Le millénarisme (forme latine de ce qu'on appelle aussi, à partir du grec, chiliasme) est une des formes les plus importantes des doctrines et mouvements eschatologiques qui se sont développés au sein ou en marge de la plupart des religions et notamment du judéo-christianisme. Si des tendances millénaristes se rencontrent dans le judaïsme ancien et l'Ancien Testament (le verset 4 du psaume LXXXIX  […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/millenarisme/#i_5095

MONACHISME

  • Écrit par 
  • André BAREAU, 
  • Guy BUGAULT, 
  • Jacques DUBOIS, 
  • Henry DUMÉRY, 
  • Louis GARDET, 
  • Jean GOUILLARD
  •  • 12 548 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Le monachisme en islam »  : […] Lā rahbāniyya fī l-islām , « pas de monachisme en islam » : ce hadīth (parole attribuée au Prophète), à l'authenticité d'ailleurs discutée, conduisit des islamisants occidentaux à affirmer l'absence de toute vie « monastique » dans le monde musulman. De fait, tout croyant doit être un « remis à Dieu » ( muslim ) dans sa vie personne […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/monachisme/#i_5095

MORT - Les sociétés devant la mort

  • Écrit par 
  • Louis-Vincent THOMAS
  •  • 8 190 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « La résurrection des morts, médiation pour la vraie vie »  : […] L'animisme des sociétés archaïques, a-t-on dit, s'efforce de nier la mort en affirmant qu'elle est privation existentielle – et l'existence est alors celle de l'individu – plutôt que négation essentielle : destruction du tout apparent qu'est le moi, mais jamais destruction de tout. Pour les Noirs d'Afrique, par exemple, « la vie, au sens le plus fort, n'est pas individuelle ou dérivée et la mort j […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/mort-les-societes-devant-la-mort/#i_5095

MU‘TAZILISME

  • Écrit par 
  • Roger ARNALDEZ
  •  • 5 844 mots

Le mu‘tazilisme est une des sectes ( firaq ) les plus importantes de l' islam. Elle a des origines politiques qui remontent aux premiers temps du califat, et ses adeptes ont joué un rôle dans les événements qui ont marqué la période umayyade et ‘abbāside. Elle s'est d'autre part signalée comme la première des écoles de théologie spéculative ( kalām ). La […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/mu-tazilisme/#i_5095

NESHAT SHIRIN (1957- )

  • Écrit par 
  • Bénédicte RAMADE
  • , Universalis
  •  • 796 mots

Née en 1957 à Qazvin en Iran, l’artiste Shirin Neshat a émigré aux États-Unis dès 1974. Elle ne retournera en Iran qu'en 1990, lors d'un voyage décisif pour sa carrière, désormais entièrement tournée vers l'étude poétique de la femme dans la société et la culture islamiques. De cette première rencontre avec son pays d'origine profondément modifié par la révolution islamique, Shirin Neshat const […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/shirin-neshat/#i_5095

OSMAN MUHAMMAD FATHI (1928-2010)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 286 mots

Essayiste égyptien, spécialiste de l'islam et de l'histoire du Proche-Orient, Fathi Osman prônait une interprétation libérale du Coran et tentait de favoriser la compréhension et le dialogue interreligieux. Muhammad Fathi Osman naît le 17 mars 1928 à Minya, en Égypte. Durant sa jeunesse, il rejoint l'organisation fondamentaliste des Frères musulmans et collabore à leur hebdomadaire ; il quitte ce […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/muhammad-fathi-osman/#i_5095

OULÉMAS, OULAMAS ou ULÉMAS

  • Écrit par 
  • Yvon LINANT DE BELLEFONDS, 
  • Guy MONNOT
  •  • 2 655 mots

Plutôt qu'oulémas, ou encore « ulémas », on devrait écrire : oulamas. Le mot n'est en effet que la transposition en français de l'arabe ‘ulamā' , pluriel de ‘ālim , « savant ». Déjà présent dans le Coran en un sens général, ce terme a progressivement reçu dans l' islam une acception technique. Très tôt sans doute, il désigne l'homme qui a acquis le « sav […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/oulemas-oulamas-ulemas/#i_5095

PAKISTAN

  • Écrit par 
  • François DURAND-DASTÈS, 
  • Gilbert ÉTIENNE, 
  • Christophe JAFFRELOT, 
  • Guy MENNESSIER
  • , Universalis
  •  • 19 646 mots
  •  • 13 médias

Dans le chapitre « La population »  : […] Bien que les premiers recensements de 1951 et de 1961 soient peu fiables, la croissance démographique est rapide : de 34 à 40 millions en 1951, la population est passée à 84 millions en 1981, à 130,5 millions en 1998, et à 174,5 millions en 2010, dont 35 p. 100 vivent désormais dans les villes. Les 800 000 kilomètres carrés sont très inégalement peuplés, au point que la densité moyenne (225 hab./k […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pakistan/#i_5095

PANISLAMISME

  • Écrit par 
  • Robert SANTUCCI
  •  • 746 mots

Mot créé à la fin du xix e siècle pour exprimer l'idée d'une cohésion défensive de la communauté musulmane contre les ambitions des puissances européennes qui tendaient à dominer la quasi-totalité du monde musulman. Le panislamisme repose sur le sentiment d'appartenance à la Cité musulmane fondée par Mahomet à Médine (622-632). Après la mort du P […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/panislamisme/#i_5095

PÈLERINAGES & LIEUX SACRÉS

  • Écrit par 
  • Alphonse DUPRONT
  •  • 22 742 mots
  •  • 8 médias

Dans le chapitre « Lieux de « sources » »  : […] La dernière catégorie de lieux sacrés pèlerins atteint une autre et plus haute précellence. Elle regroupe le nombre infime de lieux insignes qui sont consacrés dans leur élection cosmique, sous quelque forme que ce soit, de la puissance du règne. Marqués plus ou moins, eux aussi, par l'espérance eschatologique, ils se situent, mythiquement et souverainement, au centre du monde, car au centre est l […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pelerinages-et-lieux-sacres/#i_5095

PRIÈRE ET CONTEMPLATION

  • Écrit par 
  • Albert-Marie BESNARD
  •  • 4 081 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Le rôle de la croyance »  : […] On se ferait une idée caricaturale de la prière si on n'y voyait que l'expression d'un besoin signifié et transmis à une instance supérieure à fin d'exaucement. Le besoin incite au recours, mais le recours va être lui-même conditionné par le type de relation qui unit l'orant et son dieu. C'est la croyance qui encourage, justifie et structure le recours. Une question capitale se pose : n'est-il pa […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/priere-et-contemplation/#i_5095

RAMAḌĀN

  • Écrit par 
  • Louis GARDET
  •  • 900 mots

Le neuvième mois lunaire du calendrier hégirien est ramaḍān . Mois sacré par excellence. « Le Coran a été révélé [m. à m. « est descendu »] durant le mois de ramaḍān » dit le Livre (Coran, ii , 185). Chaque jour du mois, depuis la venue de la nouvelle lune, doit être marqué par un jeûne strict ( ṣawm , parfois […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ramadan/#i_5095

RELIGION - Religion et État

  • Écrit par 
  • Louis de NAUROIS
  •  • 8 429 mots

Dans le chapitre « La « déconfessionnalisation de l'État » »  : […] Au cours du xix e  siècle, l'État se « déconfessionnalise » progressivement ; en 1904, le gouvernement français dénonce le concordat de 1801, et le Parlement vote, le 9 décembre 1905, la loi « sur la séparation des Églises et de l'État » : désormais, la France est, dans toute la rigueur du terme, un État non confessionnel, « laïque » (hormis l'Al […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/religion-religion-et-etat/#i_5095

RELIGION - L'histoire des religions

  • Écrit par 
  • Dario SABBATUCCI
  •  • 5 132 mots

Dans le chapitre « Les grandes religions universelles »  : […] L'impossibilité de dissocier les religions des unités culturelles sert de fondement à une science historico-religieuse qui tend à identifier les cultures singulières à travers leurs expressions religieuses. Mais à cette indissociabilité semblent faire exception les grandes religions universelles telles que le bouddhisme, le christianisme, l' islam. Précisément en tant qu'elles sont universelles, e […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/religion-l-histoire-des-religions/#i_5095

RODINSON MAXIME (1915-2004)

  • Écrit par 
  • Gérard D. KHOURY
  •  • 952 mots

Orientaliste français, Maxime Rodinson est né à Paris le 26 janvier 1915 dans une famille d'immigrés juifs russo-polonais installés en France à la fin du xix e  siècle. Il baigne durant son enfance et son adolescence dans un climat familial – celui des milieux ashkénazes d'Europe Centrale et de Russie – favorable aux idées des Lumières et aux vale […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/maxime-rodinson/#i_5095

ROUGE MER

  • Écrit par 
  • Colette DUBOIS, 
  • Jean-Pierre PINOT
  • , Universalis
  •  • 9 696 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Des liens culturels resserrés »  : […] Dans cette zone de contacts, les communautés juives, musulmanes, chrétiennes, animistes, voire hindouistes, avaient appris à vivre en harmonie jusqu'au moment où la montée du sionisme et du panarabisme a exacerbé les rapports. L' islam, religion officielle adoptée par huit États riverains, ne joue pas pleinement son rôle de ciment de cohésion, car il laisse apparaître de profondes divisions au sei […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/mer-rouge/#i_5095

ROUX JEAN-PAUL (1925-2009)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 315 mots

Spécialiste de la Turquie et des arts de l'islam. Jean-Paul Roux, né en 1925 à Paris, mène des études à l'Institut national des langues et civilisations orientales et à l'École pratique des hautes études, puis à l'École du Louvre. En 1953, il se fait connaître du monde scientifique en publiant le livre La Turquie à l'occasion du 500 e  anniversaire d […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-paul-roux/#i_5095

SALAFISME

  • Écrit par 
  • Cyrille AILLET
  •  • 4 367 mots
  •  • 3 médias

On peut définir le salafisme comme une forme islamique de fondamentalisme religieux, dans la mesure où ses adeptes prônent l’application par les musulmans, qu’ils vivent ou non dans des pays à majorité musulmane, de ce qu’ils perçoivent comme les « fondements » de l’islam. Le terme renvoie aux « pieux ancêtres » ( al- salaf al- […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/salafisme/#i_5095

SOUFISME ou ṢŪFISME

  • Écrit par 
  • Jacqueline CHABBI
  •  • 4 023 mots

D'origine arabe, le terme de soufisme sert communément à désigner la mystique islamique. Il recouvre et parfois masque une multitude de courants d'importance diverse, souvent divergents dans leur pratique et leur doctrine, échelonnés entre les débuts de l' islam ( i er  siècle de l'hégire/ vii e   […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/soufisme-sufisme/#i_5095

SOUMISSION (M. Houellebecq) - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Agathe NOVAK-LECHEVALIER
  •  • 1 117 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Une logique d’épuisement »  : […] Nous sommes en 2022. François, universitaire spécialiste de Huysmans, apathique, désabusé et « aussi politisé qu’une serviette de toilette », assiste au déroutant second tour de l’élection présidentielle. Pour contrer l’extrême droite incarnée par Marine Le Pen, le candidat sera Mohammed Ben Abbes, le champion du tout récent parti de la Fraternité musulmane. Cette configuration inattendue suscite […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/soumission/#i_5095

SUNNISME

  • Écrit par 
  • Roger ARNALDEZ
  •  • 3 618 mots

Constituant une des trois grandes divisions de l'islam, les sunnites sont désignés en arabe comme les hommes de la sunna et de la communauté ( ahl al-sunna wa'l-djamā‘a ). On les nomme aussi simplement ahl al-Kitāb  : hommes du Livre (le Coran), ou ahl al-djamā‘a , ou ahl al-idjtimā‘ (= […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sunnisme/#i_5095

THÉÂTRES DU MONDE - Le théâtre dans le monde arabe

  • Écrit par 
  • Sayed Attia ABUL NAGA
  •  • 4 295 mots

Dans le chapitre « L'absence du théâtre dans la littérature classique »  : […] Les travaux du chanoine Drioton montrent que le théâtre naquit dans l'Égypte ancienne. Outre les mystères d'Osiris, qui remontent à la I re  dynastie, un théâtre laïcisé exista en Égypte dès le II e  millénaire. Pourtant, la tradition théâtrale disparut de l'Égypte à l'avènement du christianisme. Arabisée et islamisée, l'Égypte, comme les autres pa […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/theatres-du-monde-le-theatre-dans-le-monde-arabe/#i_5095

TURQUIE

  • Écrit par 
  • Michel BOZDÉMIR, 
  • Ali KAZANCIGIL, 
  • Robert MANTRAN, 
  • Jean-François PÉROUSE
  •  • 40 595 mots
  •  • 16 médias

Dans le chapitre « La question religieuse : l'islam et la laïcité »  : […] Dans son exercice du pouvoir, l' A.K.P. confirme qu'il est bien un parti de centre droit, certes avec un tropisme religieux et conservateur. Les statuts de l'A.K.P. ne contiennent aucune référence à l'islam, d'où l'affirmation de ses dirigeants que leur parti n'est pas « islamiste modéré », mais « démocrate conservateur ». En dix années de pouvoir, le gouvernement n'a fait adopter aucune loi d'in […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/turquie/#i_5095

VOILE, Islam

  • Écrit par 
  • Pascal BURESI
  •  • 1 103 mots
  •  • 1 média

La question du voile islamique fait son entrée fracassante dans les médias français en octobre 1989, avec l'« affaire du foulard », lorsque trois adolescentes musulmanes françaises voilées sont refoulées à l'entrée de leur collège, à Creil. Depuis lors, presque toutes les personnalités des médias ou de la politique ont pris la parole et tous les journaux ont fait leur une sur cette question, ou p […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/voile-islam/#i_5095

WALĪ

  • Écrit par 
  • Georges BOHAS
  •  • 190 mots

Dans le Coran, walī (pluriel awliyā' ) désigne celui qui est proche de Dieu. À cette idée de proximité s'ajoute celle de protection. Puis, ce terme en est rapidement venu à désigner de pieux personnages, réputés proches de Dieu et dont on pouvait escompter le patronage ; ainsi, walī est devenu l'équivalent du terme français : saint. Les théologiens se s […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/wali/#i_5095

Voir aussi

Pour citer l’article

Jacques JOMIER, « ISLAM (La religion musulmane) - Les fondements », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/islam-la-religion-musulmane-les-fondements/