CORAN (AL-QURĀN)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Le mot al-Qur'ān (traditionnellement transcrit « Coran »), qui procède d'une racine attestée dans les plus anciens éléments de la prédication de Mahomet, semble exprimer l'idée d'une « communication orale », d'un « message », transmis sous forme de « récitation à voix haute ». Cette triple notion, par sa complexité même, caractérise l'état premier d'une «  révélation » verbale, qui ne reçut que lentement la sanction de l'écriture et ne fut fixée en un «  livre » que près d'un demi-siècle après la mort du prophète de l'islam.

Coran, manuscrit

Coran, manuscrit

Photographie

Fragment d'un rouleau du Coran, VIIIe-IXe siècle, époque abbasside. 

Crédits : DeAgostini/ Getty Images

Afficher

Du message au « fait coranique »

La vulgate coranique

Dans la forme qui se trouva dès lors reconnue et qui est demeurée immuable depuis treize siècles, le Coran est composé de cent quatorze chapitres, ou sourates (de l'arabe al-sūra), subdivisés en versets (āyāt) et classés selon un ordre de longueur décroissante, mode de classement qu'on retrouve en plusieurs types de recueils poétiques ou philologiques constitués dans le monde sémitique. Cette ordonnance purement formelle a posé dès l'origine des problèmes délicats aux musulmans soucieux de commenter et d'interpréter le texte « révélé » : elle ne correspond, en effet, ni à un classement par matières, ni à un classement chronologique. Les érudits de l'Islam médiéval s'efforcèrent donc, pour expliquer les versets coraniques, de déterminer minutieusement les circonstances qui étaient réputées avoir entouré la « révélation » de chacun des éléments de la prédication. Pour ce faire, ils se fondaient sur les traditions orales consacrées aux faits et gestes de Mahomet, qui furent, pendant les cent cinquante premières années de l'ère musulmane (630-770 de l'ère chrétienne), peu à peu rassemblées en une Vie du Prophète (Sīra). Ainsi fut élaborée une chronologie, parfois fort détaillée, qui répartissait les « révélations » sur vingt années, de 612 de l'ère chrétienne environ à 632, date de la mort de Mahomet, une coupure fondamentale étant marquée en 622 par le départ du Prophète de sa ville natale, la Mekke, pour [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 20 pages






Écrit par :

  • : professeur à l'université de Paris-I, directeur d'études à l'École pratique des hautes études
  • : agrégé d'arabe, docteur ès lettres, professeur à l'université de Provence

Classification


Autres références

«  CORAN (AL-QURAN)  » est également traité dans :

ADOPTION

  • Écrit par 
  • Pierre MURAT
  •  • 8 874 mots

Dans le chapitre « L'adoption aujourd'hui »  : […] L'évolution des chiffres résument parfaitement les tendances en cours : alors que le nombre d'adoptions plénières prononcées en France a été longtemps supérieur au nombre d'adoptions simples, la tendance s'est largement inversée (plus de 66 p. 100 des demandes en 2004). Mais si l'on s'intéresse aux seules adoptions d'enfants mineurs, l'adoption simple n'y représente qu'environ 20 p. 100. Outre un […] Lire la suite

‘AMR

  • Écrit par 
  • Roger ARNALDEZ
  •  • 228 mots

Mot arabe qui, venant du verbe amara (« commander », « ordonner »), désigne l'impératif en grammaire et le commandement divin dans le Coran et la théologie. Le ‘amr est donc en relation avec la volonté de Dieu, tantôt avec la volonté législatrice ( irāda ), tantôt avec une volonté créatrice qui détermine l'être et le devenir des créatures, la volonté du Décret ( ḳaḍā' ) et de la prédestination ( […] Lire la suite

ARABE (MONDE) - Langue

  • Écrit par 
  • David COHEN
  •  • 9 436 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « La langue du Coran »  : […] En effet, dans le texte reçu, celui de la Vulgate établie sous le calife Othman, le Coran est articulé dans une langue très proche (si même elle n'est pas identique) de celle des documents en « arabe ancien » et de la poésie. Or le Coran n'est que la parole divine recueillie textuellement par le Prophète. Celui-ci était un homme de l'Ouest, un Hedjazien, et il était réputé ignorant. Il n'a donc p […] Lire la suite

ARABE (MONDE) - Littérature

  • Écrit par 
  • Jamel Eddine BENCHEIKH, 
  • Hachem FODA, 
  • André MIQUEL, 
  • Charles PELLAT, 
  • Hammadi SAMMOUD, 
  • Élisabeth VAUTHIER
  •  • 29 287 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Le deuxième discours théorique : la « balāġa » »  : […] Pris dans sa seconde acception, le terme de rhétorique recouvre trois notions parfois proches jusqu'à la synonymie et qui, néanmoins, comportent des valeurs sémantiques distinctes. Ces notions sont : bayān , faṣāḥa , balāġa . Dans bayān , c'est surtout l'idée de dévoilement, de manifestation, d'apparaître qui prédomine. Le sens ( ma ‘ nā ) n'étant pas manifeste par lui-même doit, pour se communiqu […] Lire la suite

ASH‘ARĪ ABŪ L-ḤASAN ‘ALĪ BEN ISMĀ‘ĪL AL- (874 env.-935)

  • Écrit par 
  • Roger ARNALDEZ
  •  • 555 mots

Fondateur de l'école de théologie musulmane à laquelle se sont ralliés la majorité des sunnites. Né à Baṣra, mort à Baghdād, al-Ash‘arī, d'abord disciple d'al-Djubbā'ī, quitte le mu‘tazilisme vers 912, à la suite de trois visions qu'il aurait eues du Prophète. Il aurait compris qu'il lui était ordonné d'allier la tradition et la théologie spéculative ( kalām ). C'est bien, en tout cas, cette tenta […] Lire la suite

BĀṬIN & BĀṬINIYYA

  • Écrit par 
  • Joseph CUOQ
  •  • 359 mots

Le mot arabe bāṭin signifie « caché », « ésotérique », par opposition à ẓāhir qui est traduit par « explicite », « obvie », « littéral ». La distinction entre bāṭin et ẓāhir intervient dans l'interprétation du Coran, lequel, au-dessus du sens explicite et littéral, possède un sens caché ( bāṭin ) qu'on atteint non par l'oreille mais par le cœur, grâce à l'assistance divine. Ce sens est dévoilé […] Lire la suite

BLACHÈRE RÉGIS (1900-1973)

  • Écrit par 
  • André MIQUEL
  •  • 578 mots

Licencié d'arabe (Alger, 1922). Agrégé de l'Université (arabe, 1924). Docteur ès lettres (1936). Membre de l'Institut (Académie des inscriptions et belles-lettres, 1972). Directeur d'études à l'Institut des hautes études marocaines de Rabat (1930-1935). Professeur d'arabe littéral à l'École nationale des langues orientales vivantes (1935-1950). Professeur de philologie et de littérature arabes du […] Lire la suite

CHIISME ou SHĪ‘ISME

  • Écrit par 
  • Henry CORBIN, 
  • Yann RICHARD
  •  • 9 424 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Le phénomène religieux shī‘ite en son essence »  : […] Le phénomène shī‘ite est en son essence un phénomène religieux, tel qu'il ne pouvait éclore qu'au sein d'une « communauté du Livre » ( ahl al-Kitāb ), c'est-à-dire rassemblée autour du « phénomène du Livre saint » révélé par un prophète. Il procède du fait que la première et la plus urgente question devant laquelle le « Livre saint révélé » mette la communauté du Livre est celle-ci : quel en est […] Lire la suite

DAOUD KAMEL (1970- )

  • Écrit par 
  • Denise BRAHIMI
  •  • 1 007 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La liberté par les livres »  : […] Le sujet de son second roman, Zabor ou l es psaumes (2017), n’est pas du tout en continuité avec le précédent, sinon qu’il reste dans l’univers du livre, de ce que dit et de ce que peut l’écriture. S’inscrivant pleinement dans le registre de la fiction, Kamel Daoud n’en parle pas moins de manière plus ou moins autobiographique de son enfance et de son adolescence, et notamment de son amour des l […] Lire la suite

DAVID (env. 1000 av. J.-C.)

  • Écrit par 
  • Gérard NAHON
  •  • 1 815 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « David dans la tradition islamique »  : […] Maintes surates du Coran traitent de David, transcrivant certaines traditions non recueillies par les sources écrites juives (ainsi l'invention par David de la cotte de mailles, les entretiens de David avec les anges, la division de la semaine en jours de prière, de jugement, de prédication, d'affaires, de jeûne...). Dans son livre Prairies d'or , Mas'ūdī évoque au Moyen Âge le miḥrāb Dā'ūd, l'ora […] Lire la suite

DHIKR

  • Écrit par 
  • Richard GOULET
  •  • 389 mots

Transcrit également zikr , le dhikr désigne en arabe la remémoration, puis la mention arabe du souvenir, spécialement la prière rituelle ou litanie que récitent les mystiques musulmans (soufis) dans le dessein de rendre gloire à Dieu et d'atteindre la perfection spirituelle ; le mot désigne enfin la technique de cette remémoration. Fondé sur les prescriptions coraniques : « Remémore-toi ( udhkur ) […] Lire la suite

DJIHAD ou JIHAD

  • Écrit par 
  • Pierre-Jean LUIZARD
  •  • 1 323 mots

Le mot arabe jihād indique « un effort tendu vers un but déterminé ». Souvent traduit par « guerre sainte » dans les langues occidentales, le djihad a varié au cours des siècles dans sa conception comme dans son application. Ce n'est pas un devoir personnel, c'est un devoir collectif s'adressant à l'ensemble de la communauté musulmane ( umma ), et dont les règles précises ne furent fixées qu'aprè […] Lire la suite

MUSULMAN DROIT

  • Écrit par 
  • Pascal BURESI
  •  • 4 410 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Les écoles juridiques musulmanes »  : […] Dans le cadre impérial qui prévaut jusqu'au début du xix e  siècle, le droit musulman est territorialisé. Chaque grande aire obéit à un droit régional spécifique : le malikisme au Maghreb et en Afrique subsaharienne, le hanafisme dans l'Empire ottoman, le shafiisme sur les rivages orientaux de l'Afrique, autour de l'océan Indien et en Asie du Sud-Est, le hanbalisme, très minoritaire, dans certaine […] Lire la suite

FĀTIḤA

  • Écrit par 
  • Roger ARNALDEZ
  •  • 279 mots

Nom donné à une brève sourate de sept versets qui est mise en tête du Coran. On l'appelle aussi « Mère du Livre » ( Umm al-Kitāb ). C'est une suite d'invocations à Dieu à travers les plus importants de ses noms et relativement aux diverses formes de secours que l'homme peut lui demander d'accorder. Aussi cette sourate est-elle récitée dans la prière canonique au début de chaque rak‘a qui la compo […] Lire la suite

ḤADĪTH

  • Écrit par 
  • Khalifa SOUA
  •  • 1 474 mots

Mot arabe qui signifie récit, propos ou communication, ḥadīth est utilisé pour désigner plus particulièrement les propos tenus par le prophète Mahomet. Au début, il avait son sens le plus étroit, se limitant aux communications orales faites par le Prophète. Ensuite, on l'employa pour désigner toute tradition rapportant les paroles ( aqwāl ) ou les actes ( af‘āl ) du Prophète ou son approbation ta […] Lire la suite

ISLAM (La religion musulmane) - Les fondements

  • Écrit par 
  • Jacques JOMIER
  •  • 12 611 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L'absolu du sacré »  : […] Si le principe de l'insertion du musulman dans ce monde est bien affirmé, il reste à préciser comment celle-ci se réalise. Cette question est liée à celle du sacré. Quels sont les domaines sacrés dans lesquels l'activité du musulman est soumise à des normes supérieures intangibles ? Quels sont les domaines profanes où il est libre d'agir à sa guise ? Profondément religieux, l'islam tient le sacré […] Lire la suite

ISLAM (La religion musulmane) - Pratiques et rituels

  • Écrit par 
  • Toufic FAHD
  •  • 8 534 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La profession de foi »  : […] Dans la prononciation de la shahd̄a , les gestes des bras et le mouvement de la tête expriment la foi du cœur et la soumission du corps. Joignant les mains et inclinant la tête, le croyant reconnaît l'unicité d'Allāh et tout ce qu'elle implique. Le comparatif de la formule Allāhu akbar (Allāh est plus grand), qui rappelle la polémique contre les dieux du panthéon mecquois, devient un superlatif a […] Lire la suite

ISLAM (La religion musulmane) - Les sciences religieuses traditionnelles

  • Écrit par 
  • Chafik CHEHATA, 
  • Roger DELADRIÈRE, 
  • Daniel GIMARET, 
  • Guy MONNOT, 
  • Gérard TROUPEAU
  •  • 12 202 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Aperçu historique »  : […] L'ensemble du message de Mahomet constitue le livre sacré de l'islam appelé Coran (Qur'ān). Mais le Coran ne contient qu'un nombre dérisoire de textes ayant un caractère proprement juridique. En l'an 660, la dynastie des Omeyyades créa un royaume arabe ayant pour capitale Damas, mais le centre de gravité de l'État musulman passa ensuite à Bagdad où les Abbassides fondèrent l'empire qui devait do […] Lire la suite

ISLAM (Histoire) - L'émergence des radicalismes

  • Écrit par 
  • Olivier ROY
  •  • 2 594 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Délimitations »  : […] En fait, on ne peut parler de radicalisme islamique que lorsque l'usage de la violence est explicitement mis au service de la réalisation d'un État ou d'une société islamique. Ce qui exclut deux catégories aisément confondues : d'une part, la violence impliquant des populations musulmanes mais dans le cadre d'idéologies ou de stratégies qui n'ont rien à voir avec l'islam (mouvements nationalistes […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Régis BLACHÈRE, Claude GILLIOT, « CORAN (AL-QURĀN) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 février 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/coran/