ALCHIMIE

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L'alchimie chinoise

La Chine n'a pas connu de solution de continuité entre le stade technico-magique de la métallurgie et l'apparition de l'alchimie.

Les confréries de forgerons chinois, détenteurs du plus prestigieux des arts magiques, ont exercé, comme l'a montré Granet, une influence directe et profonde sur les premières conceptions alchimiques taoïstes. Par leurs principaux aspects, ces théories et ces pratiques remontent à la lointaine préhistoire. L'art du feu a formé, pendant des millénaires, l'essentiel du savoir humain. Les confréries qui mirent en œuvre les métaux, après celles qui taillèrent et polirent les pierres, s'étaient transmis initiatiquement l'héritage magique et technique ancestral. Des pratiques protochamaniques de danses mimétiques immémoriales ont été conservées dans les exercices étranges des taoïstes qui se proposaient de retrouver la spontanéité première en même temps que les pouvoirs perdus par l'homme civilisé.

Chez les taoïstes, comme le souligne Kaltenmark, « si le fourneau alchimique est l'héritier de la forge magique, l'immortalité n'est plus, du moins depuis les seconds Han, le résultat d'un sacrifice à la forge, de la fonte rituelle. Elle est acquise à celui qui sait produire le « divin cinabre ». À partir de ce moment, on eut un nouveau moyen de se diviniser : il suffisait d'absorber l'or potable ou le cinabre pour devenir semblable aux dieux ».

Mais, en réalité, le problème est moins de savoir si des intuitions rencontrées à l'état élémentaire dans les mythologies et les rites des fondeurs et des forgerons ont été reprises et interprétées par les alchimistes, que d'essayer de comprendre pourquoi cette interprétation est demeurée relativement stable et cohérente dans une société donnée. Seule, la structure féodale permet d'expliquer qu'une distribution des valeurs et un mode de cohésion logique typiques d'une représentation des structures de l'univers aient été ressentis et expérimentés aussi bien par les premiers alchimistes chinois que par les ancien [...]


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René ALLEAU, « ALCHIMIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 novembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/alchimie/