SCANDINAVIE

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Les pays scandinaves se rassemblent au nord de l'Europe ; ils sont formés en grande partie par l'énorme péninsule scandinave, qui comprend la Suède et la Norvège et que prolonge au sud le Danemark. Des îles plus ou moins lointaines leur sont rattachées : l'Islande qui constitue le quatrième État scandinave, le Svalbard (dont l'archipel du Spitzberg) et les Fär Ö (ou Féroé) qui dépendent respectivement de la Norvège et du Danemark. Bien que ne faisant pas partie des pays scandinaves, avec lesquels elle n'a que des liens économiques limités, la Finlande forme avec la Norvège et la Suède une même entité géographique, la Fenno-Scandie, tandis que le Danemark peut être considéré du point de vue physique comme l'appendice septentrional de la plaine germano-polonaise. Tous ces pays, luttant contre le handicap commun d'une latitude élevée, ont réussi à tirer parti de leurs ressources et, même s'ils ont tendance à former bloc, ils gardent leur indépendance politique.

Banquise

Photographie : Banquise

Débâcle de la banquise dans l'océan Arctique, au large de la Norvège (archipel des Svalbard). 

Crédits : John Beatty/ Getty Images

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L'unité substantielle des anciennes civilisations scandinaves résulte d'abord de la communauté linguistique. Les différents rameaux de la branche nordique du germanique sont en effet restés très proches les uns des autres jusqu'au xie siècle au moins ; l'intercompréhension était si aisée qu'un seul nom les désignait, dönsk tunga, « langue danoise », ou norrön tunga, « langue norroise ». Dans les autres domaines, l'évolution n'a longtemps apporté que des nuances : institutions et cadres économiques et sociaux sont encore au xiie siècle extrêmement voisins dans les trois royaumes ; même les colonies d'outre-mer ne s'en écartent encore que de peu. D'un pays à l'autre, hommes et idées ont toujours circulé abondamment, mais les milieux géographiques diffèrent profondément et les orientations politiques ont divergé de plus en plus à partir de l'âge des Vikings. À propos de chaque phénomène, il faut donc envisager à la fois les aspects communs et les particularités propres à chaque région.

La Scandinavie à l'époque viking

Dessin : La Scandinavie à l'époque viking

La Scandinavie est un espace dépourvu d'unité géographique. Le plat pays de l'archipel danois s'oppose à la Norvège montagneuse, compartimentée, aux côtes dentelées par les fjords, tout comme à la Suède, couverte de profondes forêts et parsemée de lacs. Les Vikings n'ont pas d'unité... 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Malgré sa situation géographique, qui en fait souvent le conservatoire d'institutions archaïques, la Scandinavie n'a jamais constitué un isolat. Tous les grands courants de civilisation de l'Europe du Nord-Ouest l'ont affectée, et quelques-uns de ceux de l'Europe orientale. C'est ainsi que les archéologues distinguent dans son âge du fer des périodes d'influence celtique, puis d'influence romaine. Plus tard, la Scandinavie joue un rôle sensible dans le déclenchement des Grandes Invasions. En dépit d'une inactivité relative, elle suit l'évolution du monde mérovingien. L'âge des Vikings lui-même comporte presque autant d'importations culturelles que d'influences exercées sur l'extérieur. C'est seulement après la conversion au christianisme que les échanges se font presque à sens unique : accueillant à tout ce qui vient du monde latin, le Nord cesse à peu près d'y faire sentir son action propre.

On appelle langues scandinaves un groupe de langues étroitement apparentées, bien qu'ayant développé chacune une personnalité propre et une littérature originale, toutes dérivées d'un même ancêtre descendant de l'indo-européen, le nordique commun (urnordisk), lui-même dérivé d'un germanique commun reconstitué hypothétiquement et dont proviennent également le germanique oriental (le gotique notamment) et le germanique occidental (d'où dérivent l'anglais et l'allemand modernes). Le groupe comprend, actuellement, le suédois (près de neuf millions de locuteurs), le danois (cinq millions), le norvégien (quatre millions), sous deux formes différentes qui tendent aujourd'hui à se rapprocher, l'islandais (deux cent mille) et le féroéen (îles Féroé, trente mille). Aujourd'hui nettement circonscrites, ces langues ont été autrefois parlées dans les îles nord-atlantiques (Orcades, Shetlands, Hébrides, de 800 environ à 1700 environ) et Britanniques (Irlande, de 800 à 1250 ; Man, de 800 à 1450 ; partie de l'Angleterre appelée Danelaw, jusqu'au xiie siècle), en Russie blanche (région de Novgorod : vieux norois Hólmgarđr, jusque vers 1300 ; région de Kiev : vieux norrois Konugarđr, jusque vers 1050), en Normandie (de 900 à 1100) et au Groenland (jusque vers 1450), à cause des incursions et des établissements vikings (en Europe) et islandais (au Groenland).

Il semble établi que les pays scandinaves n'ont été envahis par des peuplades indo-européennes qu'à compter d'environ 3000 avant J.-C. et que les peuplades préexistantes parlaient des idiomes différents dont on ne sait rien faute de documents, mais qui ont pu laisser quelques traces, toponymes surtout, dans le fonds lexicologique archaïque en particulier.

La Fenno-Scandie

Géologie

La Fenno-Scandie – limitée par la mer de Norvège sur sa façade occidentale, la mer du Nord et le Skagerrak au sud-ouest, la mer Baltique, le golfe de Finlande et les lacs Ladoga et Onega au sud-est, la mer Blanche et la mer de Barents au nord-est – forme un ensemble original dans la géologie européenne. En effet, le socle ancien, constituant le bouclier précambrien, appelé ici bouclier baltique, affleure largement dans cette région alors qu'ailleurs en Europe, et en particulier vers le sud-est, il est surmonté par une épaisse couverture sédimentaire. De plus, il est recouvert en écharpe par une chaîne de montagnes paléozoïques, les Calédonides, qui n'a pas d'équivalent sur l'ensemble de l'Europe. Une autre caractéristique de ce domaine est l'absence d'orogenèse cadomienne entre la fin du Précambrien et le cycle paléozoïque. Enfin, sa spécificité réside également dans la vigueur de son relief, relativement récent par rapport à l'âge des roches du substratum rocheux (bed-rock), ce relief étant à mettre en relation avec des événements tertiaires et quaternaires contemporains, pour les premiers, de l'ouverture de l'Atlantique nord et résultant, pour les seconds, des glaciations et des phénomènes associés.

La qualité des affleurements et la fraîcheur des roches du socle fenno-scandien en font une région privilégiée pour l'analyse des zones internes des orogènes et, d'une façon générale, pour l'étude de l'étage tectonique profond, ou « infrastructure ». C'est pourquoi de nombreux chercheurs ont utilisé, depuis la fin du xixe siècle, des exemples scandinaves et finlandais pour proposer des modèles géologiques. On peut citer les plus classiques : A. E. Törnebohm [...]

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La Scandinavie à l'époque viking

La Scandinavie à l'époque viking
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Islande, 1998 : éruption sous le Vatnajökull

Islande, 1998 : éruption sous le Vatnajökull
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Thor

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Écrit par :

  • : conservateur en chef du département médiéval du Musée historique de l'université d'Oslo
  • : professeur émérite (langues, littératures et civilisation scandinaves) à l'université de Paris-IV-Sorbonne
  • : directeur honoraire de l'Institut de géographie de l'université de Paris
  • : maître de conférences à l'université de Caen
  • : agrégée de l'Université, docteur en histoire, professeur d'histoire et géographie, chargée de cours à l'université de Rouen
  • : docteur ès sciences, maître de conférences

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Pour citer l’article

Martin Edvard BLINDHEIM, Régis BOYER, Georges CHABOT, Lucien MUSSET, Nicole PÉRIN, Jean-Michel QUENARDEL, « SCANDINAVIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/scandinavie/