SUÈDE

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Suède : carte physique

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Suède : drapeau

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Forêt (Suède)

Forêt (Suède)
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Arctique (Suède)

Arctique (Suède)
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Nom officielRoyaume de Suède (SE)
Chef de l'Étatle roi Carl XVI Gustaf (depuis le 15 septembre 1973)
Chef du gouvernementStefan Löfven (depuis le 3 octobre 2014)
CapitaleStockholm
Langue officiellesuédois
Unité monétairecouronne suédoise (SEK)
Population9 904 000 (estim. 2016)
Superficie (km2)447 420
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La Suède est restée plus longtemps que les autres pays scandinaves dépourvue d'histoire écrite. Les temps archaïques, sur lesquels la documentation se limite aux données de l'archéologie, de l'épigraphie runique et de quelques traditions plus ou moins mythiques consignées dans les pays étrangers, s'y prolongent jusqu'au milieu du xiie siècle.

Suède : carte physique

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Carte physique de la Suède. 

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Suède : drapeau

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Suède (XVIe s. ; off. 1906) Champ bleu azur écartelé d'une croix scandinave jaune d'or. Les couleurs de ce drapeau sont celles des armoiries d'État datant de 1364, composées de trois couronnes jaunes inscrites sur un fond bleu. Sa lointaine origine est une bannière moyenâgeuse... 

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Ainsi s'expliquent les incertitudes qui pèsent sur les origines de l'État suédois : on ne saurait dire quand ses trois parties constitutives essentielles (le Svealand, autour du lac Mälar, le Götaland, autour des lacs Vättern et Vänern, et l'île baltique de Gotland) ont commencé à reconnaître un même roi, dont le siège ordinaire était en Svealand. Cette union, qui n'effaça jamais, au Moyen Âge, des différences institutionnelles assez profondes, paraît en tout cas antérieure à la fin de l'âge des Vikings. Sauf de courtes périodes au xive siècle, la Suède médiévale ne comprit jamais la Scanie et les régions voisines ; sa façade maritime était sur la mer Baltique, à l'ouest elle ne disposait que d'une étroite fenêtre entre le Danemark et la Norvège, sur le bas Götaälv.

—  Lucien MUSSET

Monarchie constitutionnelle, la Suède pratique le régime parlementaire depuis longtemps. En effet, après la mort de Charles XII (1718), dont le règne a marqué l'apogée de l'absolutisme royal, l'Acte sur la forme du gouvernement (1719-1720) et la loi organique sur le Parlement (1725) établirent la prééminence du Parlement en instaurant un véritable régime d'assemblée. C'est à cette époque, présentée comme l'« ère de la liberté », que naît une véritable vie politique avec la formation de deux courants d'opinion au sein du Parlement.

Profitant des luttes partisanes et des difficultés intérieures, Gustave III réalisa, en 1772, un coup d'État qui, en supprimant les partis politiques, marqua la fin du régime parlementaire et aboutit à l'adoption d'une nouvelle Constitution qui reconnaissait au monarque des pouvoirs quasi absolus.

Les défaites militaires liées aux guerres napoléoniennes conduisirent, en 1809, à la déposition du monarque, Gustave IV Adolphe. Immédiatement fut constituée une commission de la Constitution qui élabora un texte destiné à prévoir tout retour de l'absolutisme royal mais aussi à limiter les pouvoirs du Parlement. Ce texte, instaurant une monarchie constitutionnelle, allait permettre le développement du parlementarisme ; il fut complété par trois lois organiques inséparables de la Constitution : la loi organique sur le Riksdag (Parlement), la loi sur la liberté de la presse et la loi sur la succession au trône.

Cet ensemble de lois fondamentales, qui fit l'objet de nombreux amendements, est demeuré en vigueur jusqu'au 1er janvier 1975, date à laquelle s'est appliquée la nouvelle Constitution qui a abrogé le texte de 1809, sans toutefois apporter de bouleversements substantiels au régime existant.

Tel qu'il a évolué jusqu'à nos jours et tel qu'il est établi par la nouvelle Constitution, le régime politique suédois se présente comme une monarchie constitutionnelle dont le parlementarisme constitue la pierre angulaire.

Depuis le milieu du xixe siècle, la Suède, jusque-là pays pauvre, a connu un développement économique qui la classe, au début du xxie siècle, parmi les premières nations au monde en termes de revenu par habitant. La société suédoise a par ailleurs élaboré au xxe siècle un « modèle » social qui a longtemps fait l'admiration, sinon l'envie, de nombre de pays. Les mutations économiques survenues dans le dernier quart du xxe siècle ont mis à mal ce modèle, qui a dû faire l'objet de profondes adaptations pour perdurer.

—  Jean-Claude MAITROT

Au fond de l'âme suédoise telle qu'elle se dévoile à travers ses expressions artistiques et littéraires se lit une passion, une rage même d'absolu, de radicalisme, de perfection. L'usage est de mettre l'accent sur son mysticisme, son goût du rêve, son penchant pour le lyrisme. En vérité, il faut aller plus loin : elle est aux écoutes, perpétuellement, fascinée depuis toujours par un irrésistible appel de l'ailleurs, que cet « autre part, n'importe où » soit physique, mental ou religieux. À ce titre, sainte Brigitte, Swedenborg, Almqvist, Strindberg, aujourd'hui Lagerkvist sont ses meilleurs représentants. Et voilà aussi pourquoi elle a tant de peine, tout au long de son histoire, à se dégager des influences étrangères. Parallèlement, et là réside son originalité, il appartient à son génie propre de tenter d'organiser rationnellement cette quête de l'absolu, d'enseigner à Jacob la prise infaillible qui lui permettrait de triompher de l'Ange. Entreprise vaine, évidemment, qui la mènerait à coup sûr au désespoir comme il lui arrive de fait fort souvent, s'il n'existait, perpétuellement offerts à profusion à son angoisse, le lac et la forêt auxquels elle revient toujours, réconciliée.

—  Régis BOYER

Un pays nordique

La Suède en position centrale en Europe du Nord, situation qui peut contribuer à expliquer son destin historique puisqu'elle a dominé la Finlande placée à l'est durant sept cents ans environ puis la Norvège à l'ouest et au nord pendant près d'un siècle, représente le plus vaste et le plus peuplé des États scandinaves et nordiques avec, au début de l'année 2014, une population de 9,65 millions d'habitants. Son extension en latitude lui permet de comprendre à la fois des régions subpolaires et d'autres déjà proches de l'Europe centrale. Et son climat, encore maritime, est déjà d'une nuance continentale. Ce pays comprend donc des ressources très variées avec d'abondantes forêts, des mines exploitées depuis longtemps, et il compte aujourd'hui parmi les puissances mondiales importantes.

Forêt (Suède)

Forêt (Suède)

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Forêt de bouleaux à l'approche de l'automne (Suède). 

Crédits : Roine Magnusson/ Getty Images

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Conditions naturelles et données humaines

La Suède s'étend sur 1 574 kilomètres du nord au sud, de 690 4′ à 550 20′ de latitude nord, et de l'est à l'ouest sur 500 kilomètres au maximum avec une superficie totale de 449 964 kilomètres carrés. Elle est contiguë à la Finlande sur 586 kilomètres et à la Norvège sur 1 619 kilomètres. Deux grandes îles de la mer Baltique font partie de son territoire : Gotland (3 001 km2) et Öland (1 344 km2).

Le relief

Le pays repose sur le socle précambrien du bouclier baltique qui plonge au sud sous les terrains sédimentaires de l'époque primaire. À l'ouest du bouclier s'est dressée au Dévonien la masse montagneuse des Scandes ou Alpes scandinaves, qui, après avoir été nivelée par l'érosion, a été soulevée de nouveau à l'époque tertiaire et dressée au-dessus de la mer du Nord. C'est à cette masse montagneuse que s'adosse la Suède ; elle en comprend la partie orientale avec de hautes surfaces au-dessus de 500 mètres et des sommets qui atteignent 2 000 mètres là où les grands fleuves prennent leur source. Ces plateaux seraient assez monotones si les rivières ne les avaient violemment attaqués en y creusant de profondes vallées.

L'ensemble a été complètement remanié par les glaciers qui, à plusieurs reprises, au début de l'époque quaternaire, ont envahi le pays et l'ont écrasé sous une masse de glace (inlandsis) épaisse de plusieurs milliers de mètres. La dernière période glaciaire ne remonte qu'à une dizaine de milliers d'années. Les hautes surfaces ont, de nouveau, été rabotées ; les seuils ont été élargis en gigantesques portes (porte lapone) ; les glaces, remplissant les vallées, les ont recreusées, élargies, leur donnant la forme caractéristique d'auges aux parois abruptes. En se retirant, les glaciers ont déposé des moraines qui ont barré ces vallées, retenant l'écoulement des eaux. D'où la multitude des lacs qui se trouvent aujourd'hui en amont de chacune de ces vallées.

Au pied de ces montagnes, le plateau suédois s'incline vers le golfe de Botnie et la Baltique et s'achève en plaines basses. Sous l'énorme poids des glaces, toute la péninsule scandinave s'était enfoncée au début du Quaternaire, et, maintenant libérée, elle se redresse lentement ; aussi, les régions basses émergent en quelque sorte des eaux qui, autrefois, s'avançaient vers l'intérieur, recouvrant une bonne partie de la Suède méridionale. Le mouvement n'est point terminé ; les terres continuent à se soulever ; le mouvement est plus marqué vers le nord, mais à Stockholm il est encore de 0,40 mètre par siècle. De nouvelles terres sont ainsi gagnées à la culture le long des côtes, car dans la mer bordant l'inlandsis des matériaux très fins se déposèrent lentement sur le fond et forment aujourd'hui les sols argileux fertiles des plaines de la Suède centrale, tandis que, dans les estuaires, les ports risquent de s'assécher.

Les glaciers ont, en se retirant, laissé sur ces terres basses les dépôts morainiques qu'ils avaient ramassés en raclant les sols dans leur course. Au nord, il ne s'agissait que de dépôts cristallins, graviers, blocs de pierre, sable, peu fertiles ; mais, à l'extrémité méridionale, les glaciers, qui avaient raboté les fonds calcaires au sud de la Baltique, déposaient des terres plus chaudes qui ont fait la fortune de la Scanie. Parmi tous ces dépôts, il faut signaler les åsar (eskers), qui abondent dans toute la Suède. Ce sont d'étroites levées de terre, rides de sable et de gravier, qui, hautes parfois de plusieurs dizaines de mètres, n'ont souvent que quelques mètres de largeur et qui peuvent se poursuivre sur plus de cent kilomètres ; s'élevant au-dessus de plaines parfois marécageuses, elles ont constitué des sites favorables à l'implantation d'habitats et de voies de communication dans les régions basses humides et sont aussi devenues de précieuses sablières. On les considère comme des deltas formés dans la mer par les torrents sous-glaciaires au débouché du glacier qui se retirait ; ou bien il s'agit des dépôts remplissant les longues fissures sous-glaciaires et restés en relief quand la glace a fondu.

Climat, hydrographie, végétation

La Suède s'étend sur suffisamment de degrés de latitude pour être le siège de climats divers. Dans l'ensemble, elle appartient aux climats froids et subit les effets de l'anticyclone sibérien, mais la rigueur est atténuée par le voisinage de la côte norvégienne où abordent les cyclones venus de l'ouest et où les eaux relativement chaudes du courant nord-atlantique entretiennent une certaine tiédeur l'hiver ; en outre, des vagues de chaleur méridionale viennent s'attaquer parfois au front polaire tandis que les masses d'air arctique peuvent sévir en hiver.

Le trait le plus caractéristique du climat est l'inégalité des jours et des nuits. En été, le soleil, qui resplendit à minuit au nord du cercle polaire, assure dans tout le pays des nuits claires (à Stockholm, les nuits de juin n'ont que quelques heures de demi-obscurité), tandis que les nuits d'hiver sont longues même au sud, et, tout au nord, durent vingt-quatre heures.

Le Nord (Laponie), que traverse le cercle polaire arctique, connaît des hivers rigoureux ; à Jokkmokk, la moyenne (1931-1960) des températures du mois le plus froid est de — 13 0C, et le thermomètre est descendu en 1924 à — 46 0C ; en juillet, la moyenne est de + 15,2 0C. Plus au sud, la température se réchauffe, mais la moyenne du mois le plus froid est encore à Stockholm de — 3,1 0C (minimum — 28,2 0C en 1942), avec une moyenne de juillet de + 17,8 0C (moyenne annuelle + 6,6 0C). Il faut arriver en Scanie pour que la moyenne des mois d'hiver se place au-dessus de — 1 0C, avec + 17,2 0C en juillet. La côte occidentale bénéficie de conditions semblables, Göteborg, à une latitude cependant plus élevée, connaît — 1,2 0C en février, + 17 0C en juillet.

Les précipitations se tiennent généralement entre 500 et 700 millimètres par an (555 mm à Stockholm : 1931-1960) ; elles ne dépassent ces chiffres que dans l'étroite zone montagneuse du Nord et au voisinage du Kattegat ; et elles restent au-dessous de 500 millimètres dans l'extrême Nord. Elles sont assez bien réparties, avec un maximum, peu marqué, en été. L'hiver, elles tombent sous forme de neige qui tient plus ou moins longtemps suivant la latitude.

Ces précipitations alimentent les fleuves grossièrement parallèles qui descendent sur 400 ou 500 kilomètres vers le golfe de Botnie après avoir drainé les lacs au sortir de la montagne. Mais le plus long des fleuves suédois se jette dans le Kattegat : c'est le Klarälv qui, né en Norvège, traverse le lac Vänern et prend ensuite le nom de Götaälv pour aboutir en un large estuaire à Göteborg ; il mesure 720 kilomètres de long, dont 520 sont situés en Suède, et son bassin s'étend sur 50 200 kilomètres carrés.

Les nombreux lacs de montagne constituent des réservoirs naturels pour la production hydroélectrique ; mais il faut signaler surtout les grands lacs de la dépression centrale : Mälar, Hjälmar, Vättern, Vänern ; le principal d'entre eux, le Vänern, couvre 5 585 kilomètres carrés.

La végétation, qui a réoccupé le pays après les glaciations, dépend à la fois de l'altitude et de la latitude. Si la zone subarctique est couverte d'une forêt claire et basse de bouleaux (qui deviennent exclusifs en altitude) et de résineux, la plus grande partie de la Suède appartient à la zone boréale de conifères (pins et épicéas en boisements assez denses auxquels se mêlent des bouleaux) ; marais et tourbières y sont nombreux. Vers le sud se multiplient les arbres à feuilles caduques (ormes, tilleuls, chênes, frênes). Dans l'ensemble, les forêts recouvrent 53 p. 100 du pays.

La population

La population suédoise augmente peu. Au fil des années 1990, cette faible croissance était avant tout le fait de l'immigration. Depuis les années 2000 cependant, la reprise de la natalité a provoqué la hausse, si limitée soit-elle, du taux de croissance naturelle. Compte tenu de ces facteurs, la population suédoise a évolué depuis la Seconde Guerre mondiale : d'une part, plus de 10 p. 100 des résidents sont nés à l'étranger (et 5,3 p. 100 de la population est de nationalité étrangère) ; d'autre part, elle connaît un vieillissement accéléré : quand les moins de dix ans représentaient 22 p. 100 de la population en 1905, ils ne comptaient plus en 2006 que pour moins de 11 p. 100.

Cette population travaillait autrefois surtout dans l'agriculture, la pêche, l'exploitation des forêts ; 50 p. 100 de la population active s'adonnaient à ces travaux en 1900. Là comme partout ailleurs en Europe, les mutations de la société et leur corollaire, l'exode rural, ont vidé peu à peu les campagnes du nord : au début du xxie siècle, 90 p. 100 de la population suédoise vit dans le sud du pays, où sont concentrés les centres industriels et administratifs. Si les districts de Stockholm et de Malmö ont, en 2012, des densités respectives de 326 et 114 hab./km2, cette densité tombe à 4,7 dans le district de Västerbotten et même à 2,5 dans ceux de Norrbotten et de Jämtland, la densité moyenne nationale étant de 23 hab./km2.

Par ailleurs, en fonction des politiques volontaristes de parité et d'égalité menées par les divers gouvernements, les femmes tiennent une place essentielle dans le monde du travail : se montant à 79 p. 100, leur taux d'activité est l'un des plus élevés au monde.

Divisions régionales

La Suède comprend, du nord au sud, des régions que l'on définit surtout par leur latitude et que l'on a l'habitude de grouper en Suède septentrionale ou Norrland, Suède centrale et Suède méridionale.

Le Norrland

Au nord, la Laponie – Norrbotten et Västerbotten – est un vaste territoire qui représente près des trois cinquièmes du pays, très peu peuplé. Traversée par le cercle polaire, elle se caractérise par le contraste de la longueur des jours et des nuits entre l'hiver et l'été : la période végétative ne dure guère plus de quatre mois (de la mi-mai au début d'octobre), et la luminosité de l'été ne peut en compenser la brièveté.

La Laponie comprend à l'ouest un axe montagneux dont les sommets peuvent atteindre plus de 2 000 mètres (Kebnekaise, 2 111 m) et qui, dans les parties les plus élevées, est le domaine du fjäll, à peu près dépourvu de toute végétation, avec des plaques de neige subsistant tout l'été ; cette montagne est traversée de profondes coupures nord-ouest - sud-est où s'allongent les lacs (Torneträsk, Stora Lulevatten) ; des usines hydroélectriques sont implantées à la sortie de ces lacs (Harsprånget).

Arctique (Suède)

Arctique (Suède)

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Le mont Kebnekaise, dans l'extrême nord de la Suède. 

Crédits : John Beatty/ Getty Images

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Les collines et la plaine sont couvertes de conifères, pins et épicéas. L'activité agricole est dominée par la production de produits laitiers, de fourrage et de viande de boucherie. À l'embouchure des rivières Torneälv, Kalixälv, Luleälv, Piteälv, Skellefteälv, Umeälv, se sont placées les scieries qui débitent les troncs naguère arrivés par flottage et les usines de pâte à papier.

L'autre grande richesse du pays, avec la forêt, ce sont les mines ; il existe des minerais sulfureux, de cuivre notamment, et aussi de plomb et de zinc, à Boliden près de Skellefteå ; mais surtout on a découvert de vastes bassins ferrifères en pays quasi vide, à Gällivare-Malmberget et à Kiruna. Ce minerai de haute teneur est en partie exporté par le port norvégien de Narvik et en partie dirigé sur l'usine sidérurgique de Luleå.

Les Lapons ou Samis, qui ont donné leur nom au pays, ne sont guère que quinze mille. Un très petit nombre d'entre eux seulement continue à mener la vie des éleveurs, campant l'hiver dans les villages de la plaine et poussant leurs troupeaux de rennes vers la montagne au printemps et en été ; mais ils pratiquent aujourd'hui très rationnellement un système d'élevage par transhumance.

Ce pays de montagnes pittoresques, offrant d'immenses champs de neige, illuminé par le soleil de minuit en été, ne pouvait manquer d'attirer les touristes ; ils ont fait le succès de stations comme Jokkmokk. Mais les villes sont pour l'essentiel sur la côte : Luleå, Skellefeteå et surtout Umeå, considérée comme la capitale du Norrland supérieur.

Le Norrland méridional comprend le Jämtland et les districts de Västernorrland et de Gävleborg. Il est recouvert aussi par le vaste tapis de conifères mêlés de bouleaux. Mais la température est déjà plus clémente qu'en Laponie ; la montagne, plus accueillante, se prête à l'élevage, offre les villégiatures d'été. Au cœur de campagnes assez fertiles s'est développé le centre d'Östersund sur le Grand Lac (Storsjö), relié par voie ferrée au port norvégien de Trondheim.

C'est aussi la région où le flottage des troncs était le plus développé. L'ångermanälv, l'Indalsälv, le Ljungan, le Ljusnan, aujourd'hui remplacés par les transports ferroviaires et surtout routiers, portaient à la côte les bois qui y sont convertis en pâte à papier. C'est sur cette côte que se trouvent les villes : Sundsvall, Härnösand, Kramfors, Sollefteå, Örnsköldvik.

La Suède centrale

La Suède centrale comprend au nord, dans le district de Kopparberg, une zone où la présence de mines avait suscité une industrie renommée et qui en garde la marque. Il y avait là des mines d'argent, des mines de cuivre à Falun, il reste des mines de fer autour de Grängesberg. L'acier que l'on obtenait grâce au charbon de bois de résineux était célèbre en Europe, où il était exporté. Le Bergslag était alors la seule grande région industrielle de la Suède et la plus ancienne ; la sidérurgie très touchée par la crise y demeure, mais le fer est en partie acheminé vers le port d'Oxelösund où se trouve une aciérie. À l'ouest, le Värmland avait fondé son industrie du bois.

Minerai de cuivre

Minerai de cuivre

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Des perforatrices modernes sont utilisées pour dégager le minerai qui peut encore être intéressant, dans des mines de cuivre, épuisées, de Falun, en Suède, en 1955. 

Crédits : Hulton Getty

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La Dalécarlie supérieure, où se retrouvent des vestiges de l'ancienne vie rurale autour du lac Siljan, est un des séjours de vacances favoris des habitants de Stockholm.

Soudée à cette zone, la région vitale de la Suède s'étend de Stockholm à Göteborg. Il s'agit d'une zone d'effondrement, d'une série de fossés qui, après le départ des glaciers, fut recouverte par la mer, unissant la Baltique à la mer du Nord. Les sédiments marins plus fertiles permettent la culture des céréales dont les étés déjà chauds assurent la maturation ; c'est aussi la principale région d'élevage. Et les communications sont aisées, facilitées par la présence des grands lacs. C'est dans cette zone que se sont établis les centres industriels : industries métallurgiques, chimiques, alimentaires.

Ces industries sont souvent réparties entre des villes de moyenne importance : Uppsala qui juxtapose des industries diverses à sa célèbre université ; Trollhättan, Linköping, Västerås, Jonköping, Norrköping, Eskilstuna. Certaines de ces villes sont spécialisées : Örebro (fabrique de chaussures), Borås (textiles), Bofors (armements), Huskvarna (appareils ménagers).

Les deux grandes villes, Stockholm et Göteborg, sont situées aux extrémités de la dépression.

Stockholm

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Stockholm en hiver au coucher du soleil. 

Crédits : Chad Ehlers, Getty Images

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Stockholm s'est installé sur des îles, débris d'un ås nord-sud qui sépare un golfe de la Baltique du lac Mälar ; il les a soudées, puis a débordé au nord et au sud et garde de nombreux plans d'eau qui en font le charme. Devenue capitale de la Suède, la ville n'a cessé de se développer et compte, en 2012, 881 000 habitants (plus de 2 millions dans l'agglomération). Le port, gêné en hiver par les glaces, a un trafic tourné surtout vers l'intérieur ; et l'industrie est essentiellement orientée vers la fabrication de produits légers (objets de luxe, matériel électrique, électronique). Mais Stockholm, métropole de la Suède orientale, domine la vie économique du pays.

De l'autre côté de la péninsule, sur le Kattegat, Göteborg est le grand port suédois, toujours libre de glaces. Il est installé sur l'estuaire du Götaälv, le long d'une côte rocheuse, et son commerce est orienté vers l'Europe occidentale ; c'est aussi un port de pêche important. La ville a attiré toutes les industries mécaniques (automobiles, roulements à billes), textiles, chimiques, mais a perdu l'essentiel de ses vastes chantiers de constructions navales. La ville compte 526 000 habitants en 2012 et domine la Suède occidentale.

La Suède méridionale

Le Småland représente un compartiment de plateau légèrement surélevé (de 200 à 400 m) qui n'a pas été recouvert par les mers postglaciaires ; moins fertile, c'est une région de forêts et d'élevage. On y peut rattacher, à l'ouest, la côte de Kalmar et les îles (Öland, Gotland) où apparaissent les terrains sédimentaires frangeant le bouclier baltique. Gotland joua au Moyen Âge un rôle majeur avec Visby, et Öland est devenu un lieu de villégiature.

La Scanie, construite aussi sur les terrains sédimentaires, est un morceau de l'Europe centrale, prolongement des plaines fertiles du Danemark rattaché à la péninsule par les avatars des mers postglaciaires ; elle ne bénéficie pas seulement d'hivers assez doux (le printemps s'y annonce dès la fin de février) et d'étés plus chauds ; les moraines qui l'ont recouverte comportent une bonne part de terrains calcaires assez fertiles. Aussi la Scanie est-elle le grenier de la Suède ; les céréales abondent ainsi que les betteraves sucrières ; bovins et porcins y sont élevés intensivement. C'est en outre par la Scanie que la Suède communique avec l'Europe centrale ; d'où les ports sur le Sund : Helsingborg face au Jutland, Malmö face à Copenhague ; plus au sud, Trälleborg, point de départ pour l'Allemagne. Malmö est un grand centre industriel (naguère, constructions navales en particulier) ; à l'intérieur, Lund, vieille ville universitaire, est un centre agricole important. La conurbation Malmö-Lund-Helsingborg, comprend en 2012 plus de 550 000 habitants (307 700 pour Malmö). Cependant, la Scanie tout entière se trouve dans la zone d'influence de Copenhague. Cette situation a été confortée par l'ouverture, en l'an 2000, du pont d'Öresund, qui mêle voies routières et ferrées afin d'assurer la meilleure liaison possible entre les deux pays.

L'examen des régions suédoises traduit un déséquilibre qu'imposent les conditions physiques, laissant le Nord fort peu peuplé, déséquilibre qui tend à s'accentuer avec l'exode continu des habitants de ces vastes secteurs. Les autorités essaient, pour enrayer ce mouvement, d'implanter des activités, de créer des centres nouveaux ; mais elles se heurtent à de nombreuses difficultés, comme le montre le cas de l'aciérie de Luleå, durement frappée par la crise, à l'instar des mines de fer de Laponie.

Un autre déséquilibre apparaît menaçant, créé par l'amenuisement de la population rurale, l'industrialisation et surtout la « tertiarisation » croissantes et le développement des grandes agglomérations. Sans doute la centralisation peut ne pas paraître excessive ; deux métropoles, Göteborg et Malmö, font contrepoids à la capitale. Mais on s'efforce de freiner la croissance de trop vastes agglomérations et de stimuler des villes d'une cinquantaine de milliers d'habitants qui pourraient constituer des centres régionaux.

Enfin, cette planification doit tenir compte des problèmes qui se posent à la Suède en matière économique au sein d'une Europe du Nord qui se veut unie, mais que divisent les orientations « européennes » respectives des cinq États qui la composent.

—  Georges CHABOT, Michel CABOURET

La Suède médiévale

Les origines

Le premier peuple connu en Suède est déjà celui auquel le pays doit son nom ; les Suiones, mentionnés par Tacite, qui avaient dès le ier siècle après J.-C. une grande activité maritime. Les Suédois ne prirent pas directement part aux Grandes Invasions, mais il se peut que l'origine des Gots remonte au Götaland. Vers les vie et viie siècles, l'archéologie révèle en Uppland l'existence d'une aristocratie fort riche (tombes à navires de Vendel) et d'une royauté siégeant à Uppsala, sans doute celle des Ynglingar que cite la tradition poétique. De vastes espaces boisés isolent ce foyer de culture de ses voisins, sauf vers la mer.

Comme les autres Scandinaves, les Suédois prirent part, au ixe siècle, au premier mouvement des Vikings, surtout vers l'est. Ils fondèrent des places de traite dans les pays baltes (Grobina, en Lettonie), explorèrent les fleuves russes et, dès 839, se manifestèrent dans le bassin de la mer Noire. Il s'agit des marchands et des mercenaires que les sources regroupent sous le nom de Varègues. Des isolés tentèrent leur chance vers l'ouest. Au xie siècle, des Suédois louaient encore en grand nombre leurs bras aux princes russes et aux empereurs grecs, mais beaucoup d'autres fournissaient à Knut le Grand de substantiels renforts pour ses expéditions anglaises. Ce fut le début de l'influence occidentale.

Royauté et christianisme

Vers la même époque apparaissent les premiers rois historiques : Olof Sköttkonung (baptisé en 1008) et son fils Anund Jacob, qui furent chrétiens, mais dont les sujets refusèrent de se convertir. L'aristocratie paysanne de l'Uppland, enrichie par les trafics des Varègues et bien connue par les inscriptions runiques, gardait sa fidélité au grand sanctuaire païen d'Uppsala. Vers 1060, une nouvelle famille royale, issue du Götaland, entreprit d'imposer le christianisme, que répandirent des missionnaires allemands et anglais. Les diocèses furent lentement organisés dans la première moitié du xiie siècle, et un archevêché fut établi en 1164 à Uppsala. L'art roman se naturalisa en Suède. Quelques villes y furent fondées, telle Sigtuna. Toutefois, les structures sociales et politiques restaient fort archaïques. La singulière alternance de deux dynasties, les Erik et les Sverker, qui dura jusqu'à 1250, freina pendant longtemps le développement de l'État. Les seuls faits marquants du xiie siècle sont les entreprises mal connues du roi Erik en Finlande vers 1157, qui lui valurent une canonisation populaire. Cependant, les commerçants lübeckois avaient établi depuis longtemps déjà un très actif comptoir à Visby, dans l'île de Gotland, qui fut un excellent relais vers la Russie. Au début du xiiie siècle, les hanséates apparurent en nombre sur le continent suédois, offrant des débouchés à son bois, à ses fourrures, au cuivre de Falun, et plus tard au fer de Dalécarlie. Plus que ses voisins, la Suède tira bénéfice de leur intervention, qui prépara les voies d'un renouvellement radical de la société et des institutions.

En 1250, le jarl Birger, qui détenait depuis quelque temps la réalité du pouvoir, fonda avec l'assentiment de l'aristocratie la dynastie des Folkungar. Son geste le plus significatif fut de donner à la Suède une capitale et une métropole économique : Stockholm. Il fit reconstruire par un architecte français la cathédrale d'Uppsala, marquant ainsi son ralliement à la civilisation de l'Occident. Sous ses fils, les institutions féodales se généralisèrent. Magnus Ladulås (1275-1290) fut, avec l'aide du clergé, un législateur et il accrut le territoire dominé par les Suédois en Finlande. La transformation en institution fiscale du ledung, antique levée navale aux origines quasi préhistoriques, procura des ressources appréciables.

Les vicissitudes de l'union avec les pays scandinaves

Bientôt les Folkungar se déchirèrent en d'atroces querelles familiales. Le pouvoir réel passa à une aristocratie étroite, éclairée mais égoïste, très liée à celle des royaumes voisins, qui gouvernait au sein du « conseil du royaume » (Riksråd). Cette classe s'accommoda sans peine du hasard successoral qui unit en 1319 les couronnes de Suède et de Norvège sur la tête du jeune Magnus Eriksson. Cette première union valut d'ailleurs aux Suédois deux avantages sensibles : la consolidation de leur frontière en Finlande, face aux Russes (1323), et en 1332 l'annexion de la province danoise de Scanie. Dans la seconde moitié du xive siècle, les choses prirent vite un tour moins favorable. La Scanie fut reperdue en 1360, en 1361 les Danois se saisirent de Gotland, cette clef de la Baltique, qu'ils gardèrent jusqu'en 1644. La couronne un moment dévolue à Albert de Mecklembourg (1367-1389), revint finalement à la belle-fille de Magnus Eriksson, la Danoise Marguerite Ire, qui fonda en 1397 l'union dite de Kalmar entre les trois royaumes scandinaves. En principe, l'Union respectait la personnalité et l'autonomie interne de chaque État ; toutefois, ce régime a laissé à l'historiographie suédoise de fort mauvais souvenirs, peut-être exagérément noircis. Il est sûr qu'en dehors d'un clan étroit de la haute aristocratie les rois danois puis allemands qui se succédèrent au xve siècle à la tête de l'union furent assez mal vus. Presque tous eurent à faire face à des soulèvements « nationaux » (le terme est traditionnel mais discutable), soutenus par d'autres couches sociales, et notamment par les chefs dalécarliens, qui devaient à l'exploitation de leurs mines puissance et richesse et entretenaient avec les Allemands des relations commerciales régulières. Souvent ces mouvements arrachèrent aux rois de l'Union la réalité du pouvoir pour le confier à des Suédois, avec le titre de régent (riksföreståndare) : Engelbrekt (1435-1436), Sten Sture l'Ancien (1471-1503), Svante Sture (1504-1511), Sten Sture le Jeune, homonyme et non parent du premier (1512-1520) ; l'un d'eux, Karl Knutsson (1448-1470), prit même impunément le titre de roi. Tantôt les souverains de l'Union firent contre mauvaise fortune bon cœur, acceptant de ne garder que le contrôle de la politique extérieure, tantôt ils réagirent avec violence. Il y eut à plus d'une reprise des heurts très sanglants, comme à Brunkeberg (1471) où paysans et mineurs suédois s'opposèrent avec succès à la chevalerie danoise et aux lansquenets allemands.

Ces luttes se terminèrent par un épisode atroce : ce fut le massacre du parti de Sten Sture le Jeune, ordonné en 1520, sous prétexte d'hérésie, par le roi danois Christian II d'Oldenburg (« bain de sang de Stockholm »). Il rendit désormais impossible toute tentative d'union où entrerait la Suède. Le fils d'une des victimes, Gustave Eriksson Vasa, rétablit définitivement en 1523 l'indépendance du royaume ; il accentua la rupture avec le passé médiéval en adhérant progressivement, entre 1529 et 1540, à la Réforme luthérienne.

Une civilisation brillante

Les crises des xive et xve siècles n'empêchèrent pas la Suède de développer alors une civilisation vigoureuse. Elle fut à peu près épargnée par la détérioration de l'économie rurale qui frappa le reste de la Scandinavie. Nobles suédois et citadins allemands édifièrent des fortunes sur le commerce du cuivre et du fer. La vie intellectuelle s'intensifia, donnant naissance à d'immenses chroniques rimées et à des poésies politiques d'un souffle ardent. Et, surtout, la Suède donna à la chrétienté sainte Brigitte (1303-1373), femme de la noblesse animée d'une piété dynamique, qui se distingua en fondant le seul ordre religieux né en Scandinavie et en exerçant une profonde influence sur la papauté. En 1477, une université fut ouverte à Uppsala et, en 1510, l'imprimerie fit son apparition.

L'art suédois de cette période se conforma davantage aux modes internationales. L'architecture de pierre subit l'influence française, celle de brique se rallia aux usages allemands. Les sculpteurs hanséatiques ont trouvé en Suède un marché très favorable : le splendide groupe élevé par Bernt Notke à la Grande Église de Stockholm pour commémorer la victoire suédoise de Brunkeberg en est le meilleur exemple. La peinture, plus naïve, garda un caractère local.

Cet essor de la civilisation à la fin du Moyen Âge prépare, plus directement que l'évolution politique, la transformation qui fit de la Suède au xvie siècle une grande puissance européenne.

—  Lucien MUSSET

L'époque moderne

L'indépendance, la Réforme et les premiers Vasa

Au début du xvie siècle, les Danois étaient engagés dans d'interminables intrigues et des guerres pour rétablir leur souveraineté sur la Suède. En 1520, Christian II réussit à se faire couronner roi de Suède à Stockholm, grâce à l'appui du haut clergé, mais après qu'il eut fait assassiner, lors du « bain de sang de Stockholm » (nov. 1520), les chefs du parti de la liberté, une révolte éclata parmi les mineurs de Dalécarlie, fomentée par un gentilhomme, Gustave Eriksson Vasa.

Gustave Ier et la rupture de l'Union

Grâce à l'appui de Lübeck, adversaire de la collusion dano-hollandaise en Baltique, Gustave Vasa réussit à chasser les Dano-Norvégiens du territoire. Proclamé, en 1523, roi élu de Suède au Riksdag de Strängnäs, sous le nom de Gustave Ier, par les quatre ordres, noblesse, clergé, bourgeois et paysans libres, il fut le bâtisseur du royaume, le fondateur d'une dynastie qui régna jusqu'à Christine en ligne directe.

Au cours de son long règne (1523-1560), la puissance de la couronne et l'influence du protestantisme évoluèrent conjointement. Après maintes fluctuations, des soulèvements populaires en Dalécarlie et au Småland, une monarchie luthérienne s'établit. Commencée par la prédication de disciples de Luther, Olaf et Laurent Petri et l'archidiacre de Strängnäss, Laurent Anderssen, la Réforme triompha lors de la diète de Vesterås de 1527. Rassemblée en vue de résoudre les difficiles problèmes financiers, elle permit en outre au roi, en menaçant la noblesse de son abdication, d'opérer le transfert d'une grande partie des biens du clergé à la couronne et à certains nobles. Malgré une résistance populaire sporadique, l'Église suédoise nouvelle se diffusa à la fin du règne, tout en échappant au césaropapisme et en conservant longtemps des formes catholiques, sans interruption dans la consécration épiscopale.

Bon administrateur, Gustave Vasa réorganisa sans ménagement, avec de nombreux étrangers, les finances publiques, régularisa l'administration en nommant des baillis provinciaux, développa l'armée, la marine, et réglementa la vie économique tendant à une sorte de prémercantilisme, vendant le bois et le fer tirés de ses domaines ou perçus au titre des impôts en nature. De nouvelles terres cultivées, la dette de Lübeck remboursée, il s'efforça de dégager la Suède-Finlande de l'emprise hanséatique. En 1544, le Riksdag, à sa demande, abrogea l'ancienne loi qui rendait la couronne élective et la déclara héréditaire dans sa maison. Unie à la couronne, la Réforme évangélique était désormais le palladium de la Suède et le creuset de sa culture nationale. En revanche, la lutte de la monarchie centralisatrice contre la noblesse allait durer aussi longtemps que la puissance monarchique appuyée sur les paysans.

Le conflit pour la domination de la Baltique orientale était ouvert, où s'opposaient les convoitises et les intérêts de la Suède, du Danemark, de la Pologne et de la Moscovie. En 1558, Ivan IV le Terrible s'empara de la Livonie des chevaliers Porte-Glaive et de l'important port de Narva. Gustave Vasa lui disputa la Carélie et l'Estonie, et les vaisseaux suédois firent le blocus de Narva pour détourner le trafic vers Reval. Erik XIV (1560-1569), fils aîné de Gustave Vasa, lui succéda, plus anxieux de lutter contre Lübeck et la Moscovie. Il imposa sa suzeraineté à l'Estonie. Mais la faveur accordée à des secrétaires d'État roturiers lui aliéna l'aristocratie, et les revers qu'il essuya dans sa lutte contre le Danemark et la Pologne entraînèrent des souffrances. Ses frères, les ducs Jean et Charles, n'eurent pas de peine à renverser le monarque demi-fou (1568). Le Riksdag de 1569 proclama roi Jean III. L'épuisement des belligérants amena ceux-ci à conclure la paix de Stettin de 1570, la Suède ayant dû racheter Elfsborg, son seul port sur la mer du Nord. La guerre nordique de sept ans (1563-1570) n'avait assuré à aucun riverain la suprématie en Baltique.

Erik XIV

Erik XIV

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Erik XIV (1533-1577), roi de Suède (1560-1568). 

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L'échec de la Contre-Réforme

Jean III (1569-1592) avait déjà montré comme duc de Finlande sa volonté d'infléchir la politique suédoise dans des voies nouvelles. Son mariage avec la sœur du roi de Pologne le rapprocha des puissances catholiques. Il reçut secrètement des jésuites. Les souverains partisans de la Contre-Réforme espérèrent le retour de la Suède au catholicisme. Mais le pape Grégoire XIII, malgré l'habileté de son nonce, ne crut pas pouvoir accorder à Jean III les concessions qu'il réclamait en matière de liturgie et de doctrine. Au surplus, le clergé et le peuple, sinon la noblesse, n'étaient pas disposés à cette conversion.

Son fils, Sigismond, roi catholique de Pologne, puis de Suède (1592-1604), tenta plus résolument de rétablir le catholicisme en Suède-Finlande et de créer une union suédo-polonaise. En riposte, le synode d'Uppsala (févr. 1593) abolit la liturgie de Jean III, adopta l'Écriture sainte comme base doctrinale, la Confession d'Augsbourg et le catéchisme de Luther. Profitant de son absence, son oncle, Charles de Sudermanie, organisa la révolte, soutenu par le Conseil et le parti protestant de Suède, et se fit déclarer régent par le Riksdag en 1595. Sigismond fut défait à Stångebro (1598). L'année suivante, il fut déposé et remplacé par Charles IX (1604-1611), qui écrasa l'opposition des aristocrates monarchomaques et s'appuya contre la noblesse sur les paysans, la bourgeoisie, le clergé et l'université d'Uppsala rouverte et dotée de nombreux privilèges. À l'extérieur, il dut lutter simultanément contre le Danemark, la Pologne et la Russie, léguant trois guerres à son fils Gustave Adolphe. L'héritage que constituait la monarchie des premiers Vasa, mixte et patriarcale, était menacé.

Le temps de la grandeur (1611-1721)

L'accession à la puissance

Le Danemark, exploitant le monopole du Sund, a voulu interdire à la Suède un accès à la mer libre par Gefle et Göteborg. Christian IV doit abandonner ses projets contre la Suède (1613). À la Russie en proie aux Troubles, Gustave II Adolphe (1611-1632) impose la paix de Stolbova (1617), qui fait du golfe de Finlande une mer suédoise, privant les Moscovites de leur débouché sur la Baltique. À la Pologne de son rival, Sigismond III, héritier légitime du trône de Suède, la trêve d'Altmark enlève la Livonie céréalière et les précieux droits de douane de Prusse-Orientale : la Baltique devient un lac suédois.

1600 à 1700. Les nouveaux conquérants

1600 à 1700. Les nouveaux conquérants

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Les nouveaux conquérants : Hollande, Angleterre, France, Russie. Guerre de Trente Ans. Louis XIV. La prépondérance de l'Espagne et du Portugal s'achève au cours du XVIIe siècle devant les appétits commerciaux des autres grandes puissances européennes. Les Provinces-Unies… 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Suède, XVIe-XVIIe s.

Suède, XVIe-XVIIe s.

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L'expansion territoriale et la domination de la Suède sur la Baltique sous la dynastie Vasa (1523-1654). 

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Aidé du chancelier Axel Oxenstierna, Gustave réorganisa les rouages gouvernementaux. Il avait dû d'abord reconnaître, par la charte de 1611, les privilèges de la noblesse, notamment la franchise d'impôt, pour obtenir le concours financier et militaire de celle-ci. De fait, malgré certaines entorses, le premier ordre fut toujours ménagé. Gustave Adolphe en fit un groupe social plus homogène (palais de la noblesse de 1626), interdisant les mésalliances, encourageant les prétentions aristocratiques, mais sous sa dépendance. Cependant, les gentilshommes jouèrent le rôle de fonctionnaires dans les cours de justice et les collèges administratifs sous l'autorité de six grands officiers du Riksråd (le Conseil ou Sénat). Surtout, ils fournirent d'excellents cadres pour la nouvelle armée, soit dans l'infanterie de milice, recrutée par conscription et cantonnée, soit dans la cavalerie, cuirassiers et dragons, volontaires ou mercenaires étrangers : cet instrument militaire avait une valeur exceptionnelle, était doté d'un caractère national et religieux et possédait une discipline rare pour l'époque ; Gustave Adolphe fut amené à l'utiliser dans la guerre de Trente Ans, pour des mobiles religieux, politiques, économiques ou stratégiques. Il redoutait en effet le pouvoir grandissant des Habsbourg et la Ligue catholique. Les armes forgées par Louis de Geer et ses forgerons immigrés de Liège et l'audacieuse rénovation de la tactique gustavienne, allégeant mousquets et canons dans des corps indépendants, manœuvrant en ordre mince, couverts aux ailes par la cavalerie, firent merveille à Breitenfeld (17 sept. 1631) et dans la région rhénane, menaçant même la Bavière, malgré les objurgations de la France de Louis XIII et de Richelieu, qui lui fournissait depuis le traité de Bärwalde (1631) d'indispensables subsides. Il entreprenait de grouper autour de lui les princes protestants d'Allemagne du Nord en une sorte d'empire protestant quand il tomba victorieux à Lützen (16 nov. 1632).

Christine, sa fille unique, était âgée de six ans ; le gouvernement fut donc assumé par Oxenstierna au conseil de régence. Après la défaite de Nordlingen (1634), l'alliance renouvelée avec la France, relayant les ventes insuffisantes de cuivre royal, permit la poursuite des hostilités. Si les ports de Prusse-Orientale furent restitués à la Pologne, le traité de Brömsebro avec le Danemark-Norvège céda à la Suède le Jämtland, l'Härjedalen, le Halland, les îles d'Ösel et de Gotland, et l'exempta des droits du Sund et des Belts (1645). La paix de Westphalie, enfin conclue à Osnabrück, en octobre 1648, consacrait la prépondérance de la Suède sur la Baltique et l'embouchure des trois fleuves allemands, avec les ports de Stettin et de Wismar, dans le Mecklembourg, les évêchés de Brême et de Verden, marquant le zénith de sa puissance ; puissance évidemment contestée par le Brandebourg et la Hollande, intermédiaire inévitable du commerce nordique, qui s'était rapprochée du Danemark.

Crise et reconstruction

Pour financer ses guerres et sa diplomatie, l'État avait dû affermer ou aliéner les domaines de la couronne, rendant ainsi la noblesse propriétaire de 72 p. 100 des terres, la couronne et les paysans n'en possédant plus que 28 p. 100, vers 1650, alors que, en 1550, paysans, couronne et noblesse possédaient respectivement 50,18 et 32 p. 100 des terres. Les paysans risquaient de tomber sous l'entière dépendance de l'aristocratie, qui avait emprunté à l'Allemagne une conception féodale de l'autorité, alors que la Suède ignorait le servage. Cette évolution s'accéléra pendant la minorité de Christine et sous son règne de 1644 à 1654. Héritière des dons culturels de son père, elle manquait de son puissant équilibre. Et ses goûts dispendieux de princesse baroque, protectrice de Descartes, La Vallée, ou Vossius, accrurent le déséquilibre financier. La tension sociale, l'affrontement des ordres pendant les diètes, sa conversion secrète au catholicisme la décidèrent à abdiquer en faveur de son cousin le Palatin Charles X Gustave.

Charles X Gustave (1654-1660) soutint la création de la banque de Palmstruch, devenue Riksbank, mais la première émission de billets de banque et une « réduction » partielle des biens restitués à la monarchie ne rétablirent pas la balance des comptes. La guerre, industrie nationale, s'imposa à nouveau. Après avoir ravagé la Pologne, Charles X s'empara du Danemark en franchissant les Belts glacés et contrôla le Sund. Mais l'intervention des Provinces-Unies contraignit la Suède, aux traités de Röskilde (1658) et de Copenhague (1660), à n'annexer que la Scanie et le Bleking, lui assurant ses frontières naturelles.

Les prétentions et l'accaparement territorial nobiliaires reprirent pendant la régence et la minorité de Charles XI (1660-1672), sous le gouvernement du chancelier Gabriel de La Gardie. Le traité de subsides franco-suédois de 1672 permit au royaume d'entreprendre la guerre contre le Brandebourg, marquée par la défaite de Fehrbellin (1675) et une dangereuse invasion dano-norvégienne, appuyée par des soulèvements paysans (1675-1678). La victoire de Lund (1676) et l'intervention de Louis XIV lui restituèrent presque tous ses territoires en 1679.

Le développement des exportations de blé de Scanie et de Livonie, des produits maritimes, des industries métallurgiques a provoqué celui d'une bourgeoisie de commerçants, d'armateurs, de manufacturiers ; le roi Charles XI put s'appuyer sur elle et sur sa nouvelle noblesse de service pour exclure les grands seigneurs du gouvernement et de l'administration et réaliser, avec l'approbation du Riksdag, la « réduction » qui confisqua une partie des domaines aristocratiques. La richesse foncière fut répartie également entre la couronne (35,6 p. 100), la noblesse (32,9 p. 100) et les paysans (31,5 p. 100), les revenus des domaines royaux étant affectés à la réfection de l'armée, de la marine, des routes et des ports. Le clergé fut fonctionnarisé. La paix et la neutralité favorisèrent l'essor économique, tandis que dans les universités de Lund, d'åbo, de Greilswald on faisait l'éloge de l'absolutisme et on prônait le gothicisme (exaltation du passé scandinave).

La ruine de l'empire baltique

Les guerres de Charles XII (1697-1718), pour rompre l'encerclement de l'empire baltique par la Russie, la Pologne, le Danemark, furent d'abord victorieuses (Narva, 1700). Mais la grande guerre du Nord enlisa l'armée caroline en Pologne et en Saxe pour détrôner Auguste II et imposer à Altranstädt, en 1706, Stanislas Ier. Le périple s'acheva à Poltava, en Ukraine, où l'artillerie ouralienne de Pierre Ier écrasa les Suédois. L'exil royal en Turquie permit à la coalition nordique, grossie du Hanovre et de la Prusse, d'achever le partage de l'héritage de Gustave Adolphe. Le retour et la résistance désespérée de Charles XII, sa mort en Norvège en 1718, l'imbroglio diplomatique ne purent que retarder la liquidation à Stockholm et à Frederiksborg (1719-1720). Le Hanovre gagna Brême et Verden, la Prusse Stettin et une partie de la Poméranie, le Danemark la part suédoise du péage du Sund, et Pierre le Grand annexa les provinces baltiques. La Suède-Finlande ne conservait que les îles d'Aland, Rügen et la Poméranie antérieure : c'était la fin de sa période de grandeur.

Suède, XVIIIe-XIXe siècle

Suède, XVIIIe-XIXe siècle

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Le déclin de la puissance suédoise dans la Baltique. 

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Charles XII

Charles XII

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Charles XII (1682-1718), roi de Suède à partir de 1697. 

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Le temps de la liberté, des Lumières, et l'époque gustavienne

La défaite de Charles XII entraîna une révolution aristocratique, qui élut reine Ulrique Éléonore, sa sœur cadette, mais lui imposa les Constitutions de 1719 et de 1720 rendant souverain le Riksdag, réuni tous les trois ans. Le pouvoir exécutif fut exercé par la commission secrète, délégation de la Diète, qui présentait au choix des monarques, Frédéric Ier (1720-1751) et Adolphe Frédéric (1751-1771), les candidats au Conseil d'État. De 1718 à 1772, le pays fut dominé par des factions qui s'organisèrent peu à peu en partis dirigés par l'aristocratie, les Bonnets inféodés à la Grande-Bretagne et à la Russie, les Chapeaux à la France. Ces derniers, soudoyés par Versailles, entraînèrent la Suède dans les guerres malheureuses de 1741 à 1743 contre la Russie et de 1757 à 1761 contre la Prusse.

Cette « ère de la liberté » se caractérisa cependant par un vif essor économique, la reprise de la pêche au hareng en Baltique et en mer du Nord, des réformes agraires de remembrements et d'enclosures, storskifte (1757, 1783), et un remarquable développement scientifique, artistique et culturel ; la presse libre apparaît, le piétisme se mêle à l'ésotérisme de Swedenborg.

Appuyé par Louis XV, Gustave III, fils d'Adolphe Frédéric, réussit, sans effusion de sang, le coup d'État de 1772 qui, en supprimant les partis, aboutit à la proclamation d'une Constitution nouvelle, inspirée de Montesquieu et de la vieille tradition de monarchie mixte suédoise, réduisant les pouvoirs du Conseil et de la Diète qui gardait, en partie, le contrôle des finances, mais ne siégeait que trois mois, sans convocation régulière. L'État fut renforcé, l'administration plus centralisée, la flotte de guerre développée, la torture supprimée, la tolérance religieuse proclamée, une plus large liberté des échanges établie pendant l'expérience du despotisme éclairé. Le royaume, notamment ses armateurs, s'enrichit pendant la guerre d'indépendance d'Amérique, la Ligue des neutres (1780) assura les échanges en Baltique, et le commerce de la Compagnie suédoise des Indes orientales fut fructueux.

Cependant, les paysans s'irritèrent des fastes de la cour à la française, de l'augmentation des impôts, et les nobles de la promotion sociale des roturiers comprise dans l'Acte d'union et de sûreté de 1789 ; celui-ci marquait le début de l'autocratie gustavienne s'exerçant pendant la fin du règne et sous celui de son fils Gustave IV Adolphe.

La guerre de prestige mal engagée contre la Russie aboutit, malgré la conspiration d'Anjala, à une paix honorable, après la victoire navale de Svenksund (1788-1790). Mais un noble fanatique assassina le « roi charmeur et esthète » en 1792.

Sous Gustave IV Adolphe (1792-1809), après la régence du duc Charles de Sudermanie et de son favori, Reuterholm, marquée par un renouveau de prospérité et le rétablissement provisoire de la liberté de la presse, les difficultés financières l'obligèrent à convoquer la diète de Norrköping de 1800 qui fit racheter le papier-monnaie par la Riksbank. Le remembrement total en Scanie (1803) puis dans tout le royaume, enskifte (1807), en abolissant les servitudes collectives, permet le perfectionnement de l'agriculture. Le commerce baltique est protégé par les Ligues de neutralité nordiques de 1794 et 1800. Le servage est aboli en Poméranie. Mais les affaires allemandes engagèrent la Suède dans la coalition contre Napoléon Ier, ce qui lui fit perdre Stralsund et Rügen (1805-1807). À Tilsitt, Napoléon et Alexandre Ier s'entendirent pour attaquer les possessions de la Suède si celle-ci ne ralliait pas le Blocus continental, alors que les quantités de fer exportées en Angleterre étaient plus importantes qu'elles ne l'avaient jamais été et que les exportations de Göteborg doublaient en 1808.

Cependant, les Russes avaient conquis la Finlande ; Sveaborg ayant capitulé, les îles d'Aland étaient tombées. Le traité de Fredrikshamn entérina ces pertes (sept. 1809). L'insanité royale contribuait au malaise général ; une révolte militaire au Värmland, coïncidant avec le coup d'État du général Adlercreutz à Stockholm, mit fin à ce règne (13 mars 1809), ouvrant la voie au libéralisme.

—  Claude NORDMANN

L'époque contemporaine

Après le coup d'État du 13 mars 1809 et l'abdication de Gustave IV le 29, une nouvelle Constitution fut adoptée par les États le 5 juin ; l'oncle de Gustave IV fut proclamé roi sous le nom de Charles XIII (1809-1818). La Constitution de 1809 qui, à travers quelques changements, devait rester en vigueur jusqu'à nos jours, établissait une assez nette séparation des pouvoirs. Le roi exerçait le pouvoir exécutif dans les limites de la Constitution (Regeringsform). Il était personnellement irresponsable, mais les neuf membres du Conseil désigné par lui devaient répondre devant les États de la gestion des affaires. Il n'était pas question, toutefois, de parlementarisme.

Le retour à la paix et la naissance de la Suède moderne (1809-1914)

Le désir de paix avait contribué au succès du coup d'État de mars 1809. Mais le traité que la Suède dut signer avec la Russie à Fredrikshamn le 17 septembre 1809 fut très dur, et ses conséquences ne devaient cesser de peser sur les relations entre les deux voisins : la Suède était amputée de la Finlande, de l'archipel d'åland et de certains territoires de l'extrême Nord (Västerbotten). L'ensemble représentait un tiers de la superficie du royaume et un quart de sa population. La paix fut aussi conclue avec le Danemark à Jönköping en décembre 1809, mais sans pertes territoriales. La paix avec la France signée à Paris en janvier 1810 contraignait la Suède à se soumettre au blocus continental et l'amenait, en juin, à rompre les relations diplomatiques avec l'Angleterre.

Le 21 août 1810, le Riksdag choisit à Örebro le maréchal Bernadotte comme prince héritier sous le nom de Charles Jean (Carl Johan), Charles XIII étant sans enfant. Loin de rechercher à l'Est une revanche, avec l'appui de Napoléon, comme l'espérait l'opinion suédoise, Charles Jean soutint le projet de rattachement de la Norvège à la Suède et se rapprocha d'Alexandre Ier. La « politique de 1812 » impliquait la guerre contre la France et son alliée le Danemark, et les Suédois, qui ne participèrent que modestement à la bataille de Leipzig, profitèrent de la reprise de la guerre pour l'emporter sur les Danois à Bornhöft et Sehested. Soutenu par la Russie, Charles Jean put imposer à Frédéric VI de Danemark la paix de Kiel (14 janv. 1814) : le Danemark renonçait à la Norvège qui, tout en conservant sa souveraineté, devait constituer une union avec le royaume de Suède. Face à la résistance des Norvégiens qui s'étaient donné une Constitution à Eidsvoll le 17 mai 1814, Charles Jean dut utiliser la force pour imposer la convention de Moss (14 août) et faire reconnaître en Norvège l'autorité du roi de Suède (novembre).

Bernadotte

Bernadotte

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Le Français Jean-Baptiste Bernadotte (1763-1844), devenu prince héréditaire de Suède en 1810, devient roi de Suède et de Norvège sous le nom de Charles XIV, en 1818. 

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Bernadotte, devenu roi en 1818 sous le nom de Charles XIV, mena jusqu'à sa mort, en 1844, une politique de paix et de réformes afin de redresser une économie délabrée après les guerres du début du siècle Le cours de la monnaie fut stabilisé. Des progrès agricoles furent réalisés et l'industrie domestique connut un véritable essor. Malgré le conservatisme croissant du régime en matière politique, les courants libéraux se développèrent et avec eux le scandinavisme, prise de conscience romantique de la communauté de civilisation des royaumes du Nord. Mais, sous le règne de son fils Oskar Ier (1844-1859), ce dernier subit un revers sensible lors du conflit dano-prussien de 1848-1849. Malgré une brève intervention de l'armée suédoise aux côtés des Danois, les Bernadotte ne réussirent pas à s'assurer la succession de Frédéric VII, comme l'espéraient les milieux scandinavistes. Une seconde grande occasion se présenta lorsque, en 1854, la France et la Grande-Bretagne déclarèrent la guerre à la Russie : une partie de l'opinion suédoise « activiste » estimait que le pays devait saisir la chance de réparer la mutilation de 1809. Oskar Ier hésita et la Suède n'intervint pas. Finalement, par le traité de novembre 1855 (novembertraktaten), Paris et Londres garantissaient l'intégrité territoriale du royaume uni de Suède et de Norvège.

Ainsi la Finlande demeura-t-elle russe. Lors de la conférence de Paris (1856), la Suède obtint toutefois la « servitude d'åland » : la Russie s'engageait à ne pas fortifier l'archipel, tout en le conservant. Le règne de Charles XV (1859-1872) fut aussi décevant quant à la politique extérieure : lors de la guerre des duchés opposant les Danois aux Austro-Prussiens, la Suède se refusa à intervenir. Tandis que le Danemark devait signer la désastreuse paix de Vienne (30 oct. 1864), le scandinavisme semblait s'effondrer à jamais.

Au cours de ces trois règnes, l'économie se transforma progressivement. Le protectionnisme commença à être remis en cause dès le règne de Charles Jean ; le système des corporations fut aboli en 1846, des canaux furent creusés, des voies ferrées mises en chantier. L'usage de la vapeur favorisa le développement des industries traditionnelles, comme celle du bois. La révolution industrielle fut encore plus profitable à l'industrie du fer (introduction des procédés Bessemer et Martin entre 1855 et 1868), ainsi qu'aux industries mécaniques (Eskilstuna, Huskvarna, Motala) et aux constructions navales (Göteborg, Malmö). Cette période fut aussi celle des débuts de la rationalisation et de la mécanisation de l'agriculture suédoise, où le remembrement se poursuivait. Cette agriculture demeurait cependant fragile. La population suédoise, qui demeurait à 90 p. 100 rurale au début de la période, passait de 3 860 000 habitants dans les années 1850 à 4 169 000 dans les années 1860 ; la réduction de la mortalité, en particulier infantile, compensait une relative baisse des taux de natalité, de 32,8 p. 1 000 au cours de la première décennie à 31,4 p. 1 000 au cours de la seconde. Pour des raisons religieuses ou économiques, une partie de cette population rurale émigra, principalement en Amérique du Nord : 103 000 personnes quittèrent par exemple la Suède de 1868 à 1873, années de crises et de famines, dont 32 000 pour la seule année 1869. Le monde rural, toutes origines sociales confondues, dominait le système politique des États, les quatre ordres du Riksdag (Ståndssamhället), mais ce dernier devait compter de plus en plus avec le développement des mouvements populaires (Folkrörelser). Ceux-ci eurent d'abord un caractère religieux (mouvements missionnaires et églises libres), ou moral (sociétés de tempérance). Des préoccupations sociales apparurent : cercles d'éducation, associations ouvrières, caisses de maladie, groupements de consommateurs se multiplièrent, souvent selon des modèles allemand ou anglais. Par une série de réformes partielles, la base électorale de l'ordre de la bourgeoisie et de celui de la paysannerie fut progressivement élargie, ce qui renforça les courants libéraux  : sur proposition du gouvernement de Geer, une réforme de la représentation nationale fut adoptée à la fin de 1865 ; en lieu et place des quatre ordres, le Riksdag serait désormais composé de deux Chambres : une première Chambre élue pour neuf ans par les conseils généraux (landstingen) et les conseils municipaux des grandes villes, une seconde élue à des conditions de cens plus populaires (un revenu annuel de 800 couronnes) mais qui, en réalité, excluaient près de 80 p. 100 des électeurs majeurs. Les conservateurs du Parti paysan (Lantmannapartiet, 1867) s'opposèrent aux néo-libéraux conduits par Adolf Hedin, notamment sur la question de la défense, à laquelle la guerre austro-prussienne, puis franco-allemande, conférait une actualité immédiate.

En 1872, Oscar II monta sur le trône. Son long règne (1872-1907) fut très largement occupé par les difficultés, puis par la dissolution de l'Union suédo-norvégienne. Le conflit s'engagea véritablement à partir de 1892 lorsque le parlement norvégien autonome (Storting) décida que la Norvège établirait ses propres consulats à l'étranger, puis affirma son intention de doter le pays d'un pavillon purement norvégien. Plus encore, les tensions européennes et l'action des grandes puissances en train de se regrouper en deux camps sur le continent remettaient en cause le dogme de la neutralité désarmée de la Suède. Le « mouvement pour la défense nationale » (Försvarsrörelsen) commença à entraîner l'opinion, favorisant l'adoption par le Riksdag de la loi militaire de 1901 : la conscription nationale remplaça l'ancien système des milices de l'armée indelta. Beaucoup doutaient que la Suède pût rester neutre en cas de conflit européen, et le débat entre partisans de la neutralité et avocats d'une politique d'alliances prit de l'acuité. Les relations avec la Norvège ne cessaient de se détériorer et, après la conférence de Karlstad (août 1905), ce fut la sécession pure et simple. Le gendre d'Édouard VII, le prince Carl de Danemark, monta sur le trône à Kristiania sous le nom de Håkon VII. À la fin du règne d'Oscar II, la position de la Suède face aux problèmes extérieurs était déjà celle de 1914 : amertume à l'égard de la trahison norvégienne, perception aiguë du « danger russe », isolement diplomatique, mise en place coûteuse d'une défense périphérique avec une armée en pleine restructuration.

Oscar II

Oscar II

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Le roi de Suède et de Norvège Oscar II (1829-1907) ouvre la séance du Parlement suédois alors que la Norvège se prépare à déclarer son indépendance, en 1905. 

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Sur le plan intérieur, le débat politique et parlementaire fut largement occupé par l'opposition entre protectionnistes et libre-échangistes, en particulier à propos des droits sur les céréales. L'économie suédoise restait en effet majoritairement rurale dans un pays qui avait 5,1 millions d'habitants en 1900 (55,1 p. 100 en 1900 contre 72,4 p. 100 en 1870). Mais l'industrialisation se poursuivait rapidement. Le progrès technologique permettait l'exploitation du minerai phosphoreux de Kiruna et de Gällivare en Laponie, qui, après la mise en service de la voie ferrée de Narvik en 1902, put être exporté par la mer du Nord. La production passait de 270 000 tonnes en 1840 à 6,8 millions de tonnes à la veille de la Première Guerre mondiale. Les industries mécaniques progressaient, telle celle des roulements à billes (S.K.F. fondée à Göteborg en 1907). La formation des concentrations industrielles allait de pair avec celle de la classe ouvrière. Les tensions sociales furent sans doute amoindries par la persistance de l'émigration qui fut très forte entre 1879 et 1893, principalement en raison des difficultés de l'agriculture. Néanmoins, le mouvement ouvrier (Arbetarrörelsen) s'organisa après la première grande grève de Sundsvall en 1879 : Confédération générale du travail de Suède (L.O.), en 1898, et Parti social-démocrate (S.A.P.), en 1889 sous l'impulsion de Danielsson et de Branting. En 1907, les progrès réguliers des salaires réels s'arrêtèrent avec l'apparition de la basse conjoncture mondiale. Les conflits se multiplièrent ; dans l'été de 1909, plus de 100 000 ouvriers avaient été victimes de lock-out. La grève générale la plus puissante de l'histoire éclata, mais se solda par un échec. La L.O. et le S.A.P. en sortirent affaiblis d'autant qu'à partir de 1910, la conjoncture se retourna à nouveau, et les conflits sociaux s'apaisèrent.

Karl Hjalmar Branting et Kurt Eisner, 1919

Karl Hjalmar Branting et Kurt Eisner, 1919

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Le leader de la social-démocratie suédoise Karl Hjalmar Branting (1860-1925), à gauche, en compagnie du journaliste et homme politique allemand Kurt Eisner (1867-1919), lors de la conférence socialiste de Berne, en 1919. 

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C'est dans les milieux de gauche et de centre gauche que se développa au même moment la revendication du suffrage universel, notamment à partir de la fondation en 1890 de l'Association suédoise pour le suffrage universel (Sveriges allmänna rösträttsförbund). Radicaux et socialistes convoquèrent les « Riksdags populaires » (1893, 1896) à côté du Riksdag légal et censitaire. La réforme militaire de 1901 avait constitué une des bases d'un élargissement du suffrage, et dès 1902 le gouvernement von Otter soumit au Riksdag un projet qui échoua, alors qu'en Norvège un suffrage quasi universel masculin avait pu être introduit dès 1898. Cependant, la montée des revenus faisait qu'un nombre croissant de Suédois franchissait le cens des 800 couronnes, et en 1905 les partis « de gauche » (libéraux du Samlingspartiet et sociaux-démocrates) obtinrent la majorité à la seconde Chambre. Le leader libéral Karl Staaff put former le ministère (1905-1906). Toutefois, la réforme électorale prévue devait être réalisée par son successeur, Arvid Lindman (1906-1912) entre 1907 et 1909 ; elle introduisait le suffrage proportionnel à la seconde Chambre pour les électeurs masculins imposables s'étant acquittés de leurs impôts nationaux et locaux.

Gustave V était monté entre-temps sur le trône après la mort d'Oscar II, le 8 décembre 1907.

Le début de son long règne (1907-1950), de la dissolution de l'Union suédo-norvégienne à l'éclatement de la Première Guerre mondiale, fut marqué par l'influence grandissante des problèmes de politique extérieure. L'opinion, toujours sensible au « danger russe », était parcourue de courants anglophobes, tant le rôle de la Grande-Bretagne dans la sécession norvégienne avait semblé ambigu. De plus, le traité de novembre 1855, qui avait accordé la garantie franco-britannique au royaume suédo-norvégien, était devenu caduc dès lors que ce dernier avait cessé d'exister. La Norvège entreprit d'obtenir des puissances de 1855, mais aussi de la Russie et de l'Allemagne, la garantie de sa neutralité et de son intégrité territoriale. Finalement, par un traité conclu le 2 novembre 1907, la seule intégrité de la Norvège fut garantie par les quatre puissances. L'amertume était grande à Stockholm devant un traité jugé aussi superflu qu'offensant. Fallait-il désormais pour la Suède renoncer à sa neutralité et entrer dans le jeu des alliances en train de se construire en Europe ? Elle participa, le 23 avril 1908, à la conclusion des traités de la Baltique et de la mer du Nord par lesquels les puissances concernées se garantissaient mutuellement leurs possessions. L'armée suédoise fut réorganisée sur des bases purement nationales. Les mesures de russification de la Finlande en 1909 et 1910 donnaient une plus vive acuité au « danger russe ». Jugé trop timoré en matière de défense par l'opinion conservatrice, Staaf entra en conflit avec Gustave V. Mais la « marche des paysans » du 6 février 1914, fomentée par les milieux proches du souverain, l'obligea à remettre la démission de son second cabinet (1911-1914). Gustave V constitua donc un gouvernement conservateur conduit par Hjalmar Hammarskjöld, ne disposant pas de véritable assise parlementaire. Lorsque s'ouvrit la crise européenne à la fin de juin 1914, la Suède était toujours neutre et libre d'alliances, mais Londres, Paris et Saint-Pétersbourg redoutaient qu'elle ne glissât dans l'alliance allemande.

La Suède durant les guerres européennes (1914-1945)

Le 2 août 1914, la Suède mobilisa, puis publia, le lendemain, une déclaration de neutralité « dans le conflit en cours ». Les puissances s'engagèrent à respecter l'indépendance et l'intégrité du pays, aussi longtemps qu'il observerait cette neutralité. L'Allemagne, cependant, escomptait qu'elle lui fût bienveillante. Mais le Reich ne put obtenir que le ralliement de minorités « activistes », tandis que Hammarskjöld et le ministre des Affaires étrangères Wallenberg s'efforçaient de maintenir le commerce extérieur et de préserver le statu quo. Une sorte de fragile union sacrée s'établit entre le gouvernement et l'opposition de gauche constituée de libéraux et du Parti social-démocrate devenu, sous l'impulsion de Branting, le premier parti de la seconde Chambre aux élections de septembre 1914. Cette entente tacite s'exprimait notamment dans la volonté commune aux partis suédois de conduire une politique « scandinave », par une concertation Stockholm-Copenhague-Kristiania. Exportatrice traditionnelle de produits comme le minerai de fer, que la guerre rendait encore plus précieux, la Suède fut l'objet de pressions répétées. Certains de ses actes ne furent pas conformes à une stricte neutralité, comme la mise à disposition de l'Allemagne de ses légations pour des transmissions télégraphiques de Berlin vers le Nouveau Monde. Le gouvernement Hammarskjöld chercha avant tout à préserver les intérêts économiques du pays, quitte à mener une « politique de représailles » à l'égard de l'Angleterre qui brimait son commerce extérieur. Une partie de l'opinion était sensible aux appels venus de Finlande et aux mesures de remilitarisation entreprises par les Russes dans l'archipel d'Åland. Après l'adoption (avr. 1916) de la « loi sur le commerce en temps de guerre » (Krigshandelslagen), la Suède s'engagea dans une politique nouvelle de dirigisme économique. Sous la pression des sociaux-démocrates, le gouvernement adopta diverses mesures propres à enrayer la dégradation des conditions de vie de la majorité de la population : ouverture de négociations commerciales avec Londres, maximum des prix, réduction des exportations de produits alimentaires.

Les difficultés d'approvisionnement et la pénurie s'aggravèrent considérablement après le printemps de 1917 et la guerre sous-marine à outrance. Dès le 5 mars 1917, le cabinet Hammarskjöld dut se retirer devant l'opposition du Riksdag. Le nouveau cabinet Swartz-Lindman fut accueilli avec scepticisme par la majorité de la seconde Chambre. Ce cabinet dut faire face à une vague de troubles sociaux d'allure révolutionnaire qui agita la Suède d'avril à juin 1917, malgré la conclusion d'un accord (shipping agreement) avec l'Angleterre le 8 mai. Les sociaux-démocrates et les syndicalistes de la L.O. contribuèrent puissamment à contrer ce mouvement qui mettait en danger leur leadership ouvrier. Après les élections de septembre 1917, où les conservateurs perdirent vingt-sept sièges, Gustave V dut se résigner à appeler le leader libéral Nils Edén, qui constitua un ministère de coalition avec le S.A.P. Branting entra alors au gouvernement pour y jouer un rôle d'appoint. Le 29 mai 1918, la Suède conclut un accord avec l'Angleterre. Elle était contrainte de céder une partie de son tonnage à l'Entente et de réduire ses exportations de fer vers l'Allemagne. Lui accordant des importations régulières de céréales, l'accord du 29 mai fut considéré à Stockholm comme une « assurance antifamine » face à une situation sociale inquiétante. Après la paix séparée germano-russe et l'indépendance de la Finlande, les débuts de la guerre civile finlandaise posaient à nouveau la question d'une intervention suédoise. Il n'en fut plus question après le débarquement allemand à Åland (5 mars 1918) et la conclusion de trois traités inégaux entre Berlin et le gouvernement contre-révolutionnaire finlandais, installé à Vaasa (7 mars). La Suède se préoccupa surtout, dès lors, de limiter l'influence du bolchevisme et de faire prévaloir les droits des neutres lors de la future conférence de la paix.

Rois scandinaves

Rois scandinaves

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Christian X de Danemark, Haakon VII de Norvège, Gustave V de Suède et le président finlandaissont au palais royal de Stockholm pour étudier les relations de la Finlande avec la Russie soviétique, vers 1920. 

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Les lendemains de la guerre furent immédiatement occupés par la révision constitutionnelle. Le processus complexe des élections à la première Chambre fut démocratisé dans la mesure où il ne fut plus nécessaire d'être imposé pour être éligible. En 1919-1921, le droit de vote fut accordé aux hommes et aux femmes âgés de vingt et un ans révolus. Libéraux et sociaux-démocrates, déjà majoritaires à la seconde Chambre, le devinrent bientôt à la première. La seconde préoccupation, dans l'immédiat après-guerre, était de politique sociale, à un moment où l'Allemagne basculait dans la révolution : en 1919 fut adoptée la journée de travail de huit heures. Le Parti social-démocrate adopta, lors de son congrès de 1920, un nouveau programme préconisant diverses mesures de socialisation de l'économie. Sous l'impulsion du ministre des Finances social-démocrate F. Thorsson fut présentée au Riksdag une réforme radicale des impôts locaux. Le ministère Edén dut se retirer (mars 1920), et un ministère social-démocrate fut constitué pour la première fois, dont Branting fut le chef.

Ce gouvernement eut à subir les effets de la crise internationale qui, en 1920, toucha la Suède. Les élections défavorables de l'automne de 1920 entraînèrent son retrait. Lui succédèrent deux brefs ministères de fonctionnaires. Toutefois, l'adoption de la réforme électorale impliquait la dissolution du Riksdag (juill. 1921) et de nouvelles élections, favorables cette fois aux sociaux-démocrates. Branting put constituer son deuxième ministère (1921-1923). La Suède, qui avait adhéré à la S.D.N, dut se soumettre à son jugement, qui accorda à la Finlande la souveraineté sur les îles Åland (1921). Cette déception fut cependant atténuée par la convention internationale d'octobre 1921, établissant la neutralisation et la démilitarisation de l'archipel.

À partir de 1923, la conjoncture se retourna, le chômage diminua quelque peu et la croissance reprit. La Suède put rétablir la parité or de la couronne dès 1924. Le débat portant alors surtout sur le désarmement, on aboutit à un compromis laborieux : la loi militaire de 1925. Celle-ci imposait de sensibles réductions au budget de l'armée, ce qui semblait assez conforme à l'esprit de Genève où Hjalmar Branting, désormais à la tête de son troisième ministère (1924-1925), se posait en « grand Européen », ami de la paix. La croissance de l'industrie se poursuivit rapidement jusqu'en 1931 grâce au développement de l'énergie hydroélectrique, à la multiplication des moyens de transport et à la motorisation. Les gains de productivité n'étaient cependant pas très favorables à l'emploi ouvrier, ce qui créa de fortes déceptions à gauche. Les gouvernements minoritaires pratiquaient un « parlementarisme à bascule » fort peu social, à l'instar des cabinets libéraux dirigés par Carl Ekman (1926-1928, puis 1930-1932). La crise mondiale, déjà annoncée par les difficultés de l'agriculture en 1929, frappa de plein fouet dès 1930 une économie très dépendante de son commerce extérieur. C'est ainsi que les exportations de minerai de fer, qui atteignaient environ 11 millions de tonnes en 1929, tombèrent à 2 millions en 1932. Le chômage, déjà élevé, explosa en quelques mois. D'importants mouvements sociaux se déclenchèrent, comme dans la vallée d'Ådalen où l'armée tira sur les grévistes, tandis que de nombreuses faillites secouaient l'industrie ; celle d'Ivar Kreuger déclencha un scandale politique qui fit chuter les libéraux.

À la suite des élections de 1932, les sociaux-démocrates reprirent le pouvoir. Per Albin Hansson forma son premier gouvernement (1932-1936) composé de ministres de la jeune génération du S.A.P. Partiellement inspiré par les idées développées plus tard par Keynes, le gouvernement entreprit de lutter contre le chômage par une politique volontaire de grands travaux et de soutien à l'agriculture. Son orientation sociale, imposée par les circonstances, visait à faire de la Suède une « maisonnée » (Folkhemmet). La loi sur les pensions en 1935 en fut l'un des fleurons. Le retour à des pratiques protectionnistes avait permis un rapprochement entre les sociaux-démocrates et le Parti paysan (Bondeförbundet) dès mai 1933. Les deux partis purent former en septembre 1936 un gouvernement de coalition qui dura jusqu'à la fin de 1939. La situation économique s'était redressée à partir de 1933, stimulée par la reprise des exportations, en particulier vers l'Allemagne. La montée de la crise européenne et le rapprochement des partis permirent dès 1936 un accord sur la défense qui accroissait le temps du service et prévoyait un développement de l'aviation. L'adhésion à la neutralité était bien plus grande qu'en 1914, et la Suède rejeta en mai 1939 l'offre que lui faisait l'Allemagne de conclure avec elle un pacte de non-agression.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la Suède réussit à préserver sa neutralité malgré la guerre menée par l'Union soviétique contre la Finlande (nov. 1939-mars 1940) puis l'agression allemande contre le Danemark et la Norvège (9 avr. 1940). Mal préparée, elle ne pouvait rien faire pendant la guerre d'Hiver de 1939-1940 pour la Finlande, malgré de puissants courants d'opinion en faveur d'une intervention. Elle mena ensuite une « politique de conjoncture », plutôt contrainte vis-à-vis de l'Allemagne jusqu'en 1943, et plus favorable aux Alliés par la suite. Un gouvernement de coalition nationale, toujours conduit par Per Albin Hansson, réunit tous les partis du Riksdag, à l'exception des communistes et des partis d'extrême droite. Coupée de l'extérieur après l'occupation de la Norvège et du Danemark, la Suède dut introduire le rationnement et négocier ses approvisionnements avec les belligérants. Une partie du tonnage suédois fut mis à la disposition des Alliés, mais les exportations de fer vers l'Allemagne – nécessaires à la Suède en raison des contreparties en charbon – furent maintenues à leur niveau de 1938 (environ 9 millions de tonnes) jusqu'en 1943. Les pressions croissantes des Alliés, en particulier pour l'arrêt de l'exportation des roulements à billes, amenèrent en 1944 un ralentissement considérable du commerce avec l'Allemagne. Aux élections de l'automne de 1944, le Parti communiste, en Suède comme ailleurs, réalisa d'excellents scores, triplant son électorat et obtenant quinze mandats. Le blocage de la politique sociale durant le conflit et les ambiguïtés de la diplomatie officielle attiraient vers lui les déçus. Néanmoins, à la fin de la guerre, la Suède, qui avait accueilli des dizaines de milliers de réfugiés, apparaissait comme un havre de paix.

Patrouille finlandaise à skis

Patrouille finlandaise à skis

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Dans le nord de la Finlande, ces soldats finlandais à ski sont en position de tir, pour répondre à un assaut des forces soviétiques, en 1940. 

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L'après-guerre : la Suède au temps des blocs (1945-1976)

Le retour de la paix ne justifiait plus un gouvernement de coalition nationale. Dès l'été de 1945, Per Albin Hansson remania son gouvernement, qui devint social-démocrate homogène. Ce gouvernement resta aux affaires jusqu'en 1951 sous la conduite de Per Albin Hansson jusqu'à sa mort en octobre 1946, puis sous celle de Tage Erlander (1946-1969).

Ce quart de siècle vit la domination presque sans partage du Parti social-démocrate, malgré quelques années de coalition avec les paysans (1951-1957). Ce fut aussi l'ère d'Erlander. La Suède avait manifesté très tôt son adhésion à la nouvelle sécurité collective incarnée dans l'Organisation des Nations unies, et son refus des blocs. Dans un pays totalement épargné par la guerre, la production et les exportations reprirent aussi vite que les moyens de transport le permirent. Le gouvernement estimait que la Suède devait développer ses relations avec tous et conclut avec l'U.R.S.S., le 7 octobre 1946, un traité de commerce, accordant aux Russes un crédit d'un milliard de couronnes. Les États-Unis protestèrent et la diplomatie suédoise participa avec ses homologues scandinaves à la Conférence de Paris (12 juill. 1947) sur l'aide Marshall. Bien que réservée vis-à-vis des blocs, la Suède souscrivit à la convention du 16 avril 1948, créant l'Organisation européenne de coopération économique (O.E.C.E.), qui préservait la souveraineté des adhérents. Soucieuse en revanche de se maintenir en dehors des alliances militaires, elle essaya d'entraîner les autres capitales nordiques dans une union défensive (avril-mai 1948). L'adhésion du Danemark, de l'Islande et de la Norvège à l'O.T.A.N., en avril 1949, condamna ce projet. La Suède retrouva toutefois ses partenaires scandinaves au Conseil de l'Europe (mai-août 1949), puis au sein du Conseil nordique (1952). Parallèlement, les pays du Nord recherchaient les possibilités d'établir un tarif extérieur commun. Mais le projet d'Union douanière fut ajourné sine die en janvier 1950. Toutefois, à partir de mai 1950, les débuts de l'intégration économique européenne, dont la Suède, comme les autres États scandinaves, était exclue, amenèrent une relance de la coopération économique nordique. Les diplomates suédois soutinrent de plus le projet britannique de grande zone de libre-échange (Wide Free Trade Area) puis, après l'échec de ce dernier, l'Association européenne de libre-échange (A.E.L.E. ou E.F.T.A.). Mais le revirement de la Grande-Bretagne, candidate à la C.E.E. pendant l'été de 1961, entraîna celui du Danemark et bientôt de la Norvège (avr. 1962). La Suède, attachée à sa neutralité, restait seule et déçue. Elle demanda cependant de pouvoir négocier un traité d'association avec la C.E.E. mais se heurta au veto français, le 14 janvier 1963 ; du coup, elle retrouva le Danemark et la Norvège dans le cadre étroit de l'A.E.L.E. Après quatre années confinées dans ce cadre limité, la Grande-Bretagne, suivie immédiatement du Danemark, fut à nouveau candidate à la C.E.E. (11 mai 1967). Trois jours plus tard, la Suède demandait à son tour à négocier avec la Communauté. Elle n'excluait, à ce moment, aucune des formes de participation, y compris l'adhésion. Le second échec de la candidature britannique (27 nov. 1967) entraîna celui de ce que Maurice Couve de Murville appelait sa « suite », et en particulier celui de la Suède. On en revint alors, comme douze ans auparavant, à un projet de Communauté économique nordique (Nordek) soutenu par le Conseil nordique (mars.-juill. 1969). Ainsi, lorsqu'à l'automne de 1969 Tage Erlander laissa sa place à la tête du S.A.P. et du gouvernement à son dauphin Olof Palme, les relations de la Suède avec l'Europe étaient loin d'être stabilisées.

À l'intérieur, l'« ère Erlander » s'était d'abord caractérisée par le programme « en 27 points » d'Ernst Wigforss pour le plein-emploi et la démocratie économique. Pour le réaliser, la pression fiscale s'accrut considérablement. Malgré leur recul aux élections de 1948, les sociaux-démocrates poursuivirent une politique sociale hardie (pension nationale de vieillesse, allocations familiales, assurances chômage, congés payés de trois semaines à partir de 1951). L'inflation devint cependant très sensible dès 1950-1951, ce qui rognait le pouvoir d'achat et créait du mécontentement. Comme l'agriculture continuait à être fortement subventionnée, à la fin de 1951, Erlander se rapprocha du centre paysan conduit par Gunnar Hedlund, et forma avec lui un gouvernement de coalition (1951-1957). Ce dernier mit en place une réforme communale, une réforme scolaire, une réforme électorale et un régime d'assurance-maladie obligatoire (1955). Et surtout les sociaux-démocrates et les syndicalistes de la L.O. lancèrent le projet d'une pension complémentaire (A.T.P.) appelée à assurer une retraite équivalente à 65 p. 100 du revenu moyen des quinze meilleures années. Après un vaste débat, un référendum ratifia ce projet en 1957. Le coût de la politique de réforme était cependant élevé et, en 1959, le gouvernement dut introduire un impôt sur la consommation de 4 p. 100 qui ne passa qu'à grand-peine au Riksdag. Différentes mesures sociales vinrent compléter la politique de l'État-providence, tandis que la scolarité obligatoire était portée à neuf ans en 1962. Les années 1960 furent également marquées par la réforme du Parlement et l'adoption du système monocaméral (1968-1969).

Depuis la bataille de l'A.T.P., la coalition « rouge-verte » s'était dissociée. Mais appuyé par une majorité de l'électorat pendant onze ans (1958-1969), Tage Erlander conduisit un ministère social-démocrate homogène. Il put pratiquer sans contraintes autres qu'économiques une politique de progrès social appuyée sur des prélèvements fiscaux de plus en plus élevés.

Le « modèle suédois » conciliant l'économie de marché et le progrès social commença à connaître, après l'arrivée au pouvoir du dauphin de Tage Erlander, Olof Palme, quelques ratés dont la longue grève des mineurs de Kiruna en décembre 1969 avait pu être un signe avant-coureur. Les prix des denrées alimentaires augmentèrent de 30 p. 100 de 1968 à 1973, et le P.N.B. cessa de croître à partir de 1971. Alors que la social-démocratie avait assis ses succès sur le plein-emploi, érigé en dogme, le chômage atteignait des taux trop élevés. Lors des élections législatives de septembre 1970, le S.A.P. perdit la majorité absolue. Ces difficultés expliquèrent l'attention avec laquelle le gouvernement suédois suivait l'élargissement de la C.E.E. et plus particulièrement les candidatures de la Grande-Bretagne, du Danemark et de la Norvège. Bien que se refusant toujours à envisager une adhésion à la C.E.E. en raison de sa neutralité, la Suède réussit à signer avec elle, le 22 juillet 1972, des accords d'« association ». Lors des élections de septembre 1973, les sociaux-démocrates durent faire face « au plus grand assaut bourgeois de l'après-guerre », selon Olof Palme. Gauche et droite recueillirent chacun 175 sièges. La veille des élections, le 15 septembre, le roi Gustave VI Adolphe mourut à plus de quatre-vingt-dix ans, et son petit-fils lui succéda sous le nom de Charles XVI Gustave. Dans une situation de blocage politique, le Premier ministre fit appel au civisme et à la solidarité de la nation. Le premier choc pétrolier amena son gouvernement à introduire des mesures de rationnement ; la Suède s'engagea en outre dans un programme nucléaire : six réacteurs étaient en fonctionnement en 1976, sept autres en projet. Par ailleurs, une réforme de la Constitution (juin 1973-mars 1974) permit, notamment, de réduire le total des députés à 349. Le gouvernement, cependant, ne parvint pas à juguler la récession économique, et l'année 1975 fut une année zéro pour la croissance du P.N.B. Toutefois, le chômage avait pu être limité à 1,5-2 p. 100, grâce à une politique de relance intérieure, malgré la baisse des exportations. Mais l'opposition libérale et conservatrice dénonçait de plus en plus non seulement la pression fiscale, mais aussi la bureaucratie « asphyxiante » ; les centristes critiquaient de surcroît la politique nucléaire. Le projet Meidner visant à constituer, par une ponction sur les bénéfices des entreprises, des « Fonds salariaux » (Löntagarfonder) pour permettre aux travailleurs d'accéder à la propriété collective des moyens de production fut interprété par les partis d'opposition comme une volonté de rupture avec l'économie de marché et une remise en cause du consensus national. Dans l'immédiat, le gouvernement Palme s'efforçait de « sauter par-dessus la crise » en subventionnant la fabrication de stocks et en masquant le sous-emploi par l'ampleur des programmes de formation continue. À la veille des élections de l'automne de 1976, le débat portait sur le programme de « démocratie économique » autour, notamment, du projet Meidner et de la réforme de l'article 32 du droit des sociétés dont le but était d'introduire la cogestion dans tous les rouages de l'entreprise. L'emprise toujours croissante de l'État-providence sur la vie des individus avait amené de retentissantes dénonciations, comme celle du metteur en scène Ingmar Bergman qui s'exila au printemps de 1976. L'élévation considérable du niveau de vie du peuple suédois au cours des trente années de l'après-guerre s'était, il est vrai, accompagnée d'une certaine uniformisation (urbanisation croissante, politique d'enseignement, politique des salaires et des revenus). En matière de solidarité salariale et sociale, grâce à un relèvement progressif des basses rémunérations et à un écrêtement rapide des hauts revenus, une partie des classes moyennes jugeait qu'on avait été trop loin, et trop vite. Les manifestations antinucléaires révélaient enfin une autre inquiétude de l'électorat.

La fin de l'hégémonie sociale-démocrate (1976-1982)

Lors des élections de septembre 1976, les partis de l'opposition (conservateurs, centristes, libéraux) obtinrent 50,72 p. 100 des suffrages, les sociaux-démocrates 42,74 p. 100 (47,8 p. 100 avec les communistes). C'était la fin de quarante-quatre ans de pouvoir social-démocrate à Stockholm. Le nouveau gouvernement de coalition tripartite fut conduit par le leader centriste Thorbjörn Fälldin qui, au cours de la campagne électorale, s'était prononcé pour l'abandon à terme du programme électronucléaire suédois. Il devait faire face à une situation économique sérieuse et qui se détériorait rapidement

 : fléchissement de la production industrielle en 1975 et 1976, stagnation des exportations et déficit de la balance commerciale, inflation à 10 p. 100. Il apparaissait que la Suède vivait au-dessus de ses moyens. Après une dévaluation de 5,7 p. 100 de la couronne, un plan d'austérité fut adopté en avril 1977. La couronne suédoise était au « plancher » du « serpent  monétaire européen » et, à la fin d'août, le gouvernement dut le quitter. Elle fut alors dévaluée de 10 p. 100.

La recherche d'une solution à la crise économique conduisit les centristes à faire quelques concessions à leurs partenaires sur la question nucléaire. Mais le programme en cours fut poursuivi avec prudence car le budget de 1978-1979, en déficit de plus de 32 milliards de couronnes, excluait toute nouvelle majoration des dépenses publiques.

Les efforts réalisés dans le cadre de la reprise internationale ayant permis une légère amélioration de la situation économique, la Commission de l'énergie du Riksdag publia le 13 juin 1978 un rapport dont il ressortait que les garanties étaient suffisantes pour la poursuite de l'exploitation du nucléaire. Ne pouvant obtenir de ses partenaires la tenue d'un référendum avant toute poursuite du programme nucléaire, le Premier ministre Fälldin remit donc sa démission au début d'octobre 1978.

L'existence de divergences entre les partis de la coalition bourgeoise et l'éclatement de cette dernière ne pouvaient que satisfaire l'opposition sociale-démocrate. Soucieux de dissocier, avant tout, les libéraux des conservateurs, et accessoirement des centristes, le S.A.P. favorisa la constitution d'un gouvernement libéral homogène, très minoritaire, mais assuré de son abstention. Le nouveau cabinet fut présidé par le nouveau chef du Parti libéral, Ola Ullsten, ancien ministre de la Coopération de Thorbjörn Fälldin. La proximité des élections législatives appelées à se tenir en septembre 1979 ne lui laissait guère de marge de manœuvre. Cependant, la situation économique s'améliorait quelque peu : balance commerciale positive, inflation ramenée à 8 p. 100 et chômage à 2,6 p. 100. À la suite de l'accident nucléaire de Three Mile Island aux États-Unis, le gouvernement Ullsten décida de soumettre à référendum la question nucléaire suédoise. Il donnait ainsi satisfaction au Parti centriste, mais aussi aux sociaux-démocrates qui espéraient probablement se concilier une partie de l'électorat ayant fait le succès de Thorbjörn Fälldin en 1976.

Les partis bourgeois se présentaient désunis aux élections, tandis que les sociaux-démocrates se réunissaient derrière un programme de redressement, en particulier d'investissements industriels « immédiatement applicables », c'est-à-dire dans un délai de cent jours. Aux élections du 16 septembre 1979, la participation fut de l'ordre de 90 p. 100 des inscrits. Les partis « bourgeois » disposèrent de 175 des 349 sièges du Riksdag, soit une majorité d'une voix, les conservateurs rassemblant à eux seuls 20,4 p. 100 de l'électorat. Les sociaux-démocrates, tout en progressant de 0,8 p. 100, n'avaient pas réussi à reprendre le pouvoir perdu en 1976. D'intenses négociations furent menées pendant plusieurs semaines pour une politique commune de réforme fiscale et pour une stratégie d'attente préréférendaire pour le nucléaire. Le 9 octobre 1979, les trois partis « bourgeois » s'accordèrent pour demander à Thorbjörn Fälldin de former son second gouvernement. Après les premières secousses de 1979, l'année 1980 sembla confirmer que les économies occidentales subissaient un second « choc pétrolier ». C'est dans ces circonstances qu'eut lieu le référendum suédois du 23 mars 1980 sur le nucléaire, décisif pour un programme comportant déjà six réacteurs en activité produisant 25 p. 100 des besoins en électricité, et quatre autres prêts à être chargés et couplés au réseau. Les électeurs suédois se prononcèrent à plus de 58 p. 100 en faveur de la poursuite du programme de douze réacteurs. Malgré ce nouvel échec, le gouvernement Fälldin appliqua loyalement le jugement de la nation.

Mais il se trouva peu après confronté à un conflit social d'une ampleur inconnue depuis la grève générale de 1909. Du 24 avril au 11 mai 1980, grèves et lock-out en cascade paralysèrent trente mille usines et 90 p. 100 de l'industrie privée. À partir de revendications initiales des syndicats, portant sur un relèvement des rémunérations de 11,3 p. 100, une négociation put cependant avoir lieu. Un compromis donnant une augmentation de 6,8 p. 100 fut finalement trouvé entre le patronat (S.A.F.) et la Confédération syndicale (L.O.), lesquels estimèrent toutefois que le modèle suédois de négociation était moribond. Pourtant, de nouvelles conventions collectives furent signées le 3 février 1981 pour les années 1981 et 1982.

L'impossibilité des trois partis au pouvoir à s'accorder sur une réforme fiscale réclamée en Suède depuis plus de dix ans devait condamner bientôt le second ministère Fälldin. Par souci de se démarquer des conservateurs, libéraux et centristes choisirent de composer avec les sociaux-démocrates, acceptant en particulier de limiter les possibilités de dégrèvements fiscaux et d'augmenter la taxe patronale. La conséquence prévisible de cette désunion fut, en mai 1981, la démission des huit ministres conservateurs du gouvernement Fälldin. Ce dernier forma alors un cabinet centriste-libéral minoritaire, qui était condamné à survivre en donnant des satisfactions des deux côtés. Dans un pays de plus en plus las des querelles politiciennes et semblant appeler de ses vœux un gouvernement d'union nationale, ce cabinet ne pouvait envisager de s'attaquer aux réformes demandées par les partis bourgeois, en particulier la réduction des dépenses publiques qui atteignaient 65 p. 100 du P.I.B. en 1980, contre 45 p. 100 en 1973. En septembre 1981, le gouvernement Fälldin adopta un plan destiné à relancer les exportations et à résorber le chômage : la couronne fut à nouveau dévaluée de 10 p. 100, la T.V.A. réduite de 3,46 p. 100 et les prix gelés jusqu'à la fin de l'année. Le budget présenté par T. Fälldin pour 1982-1983 faisait encore apparaître un déficit de 82,6 milliards de couronnes, soit 13 p. 100 du P.N.B. De son côté, la dette publique atteignait 280 milliards de couronnes au début de 1982, et son service près de 20 p. 100 des recettes de l'État. La campagne des législatives de 1982 fut particulièrement animée. Les partis bourgeois dénonçaient les projets de socialisation de leurs adversaires. Selon eux, la Suède était « devant un choix de société ». Les sociaux-démocrates, eux, se faisaient fort de « sortir le pays de la crise ». Avec 45,9 p. 100 des suffrages, le S.A.P., progressant de 2,75 p. 100 par rapport à 1979, l'emporta (166 sièges) sur les trois partis bourgeois. Les sociaux-démocrates avaient cependant besoin de l'appoint des vingt élus communistes. Olof revint au pouvoir le 8 octobre 1982 avec un ministère social-démocrate homogène.

Olof Palme et Kurt Waldheim, 1980

Olof Palme et Kurt Waldheim, 1980

photographie

Le Premier ministre suédois Sven Olof Palme (1927-1986), à droite, et l'Autrichien Kurt Waldheim, secrétaire général des Nations unies, lors d'un mini-sommet organisé en 1980 par le président finlandais Kekkonen. 

Crédits : Hulton Getty

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Le retour des sociaux-démocrates et le débat de société (1982-1989)

Olof Palme commença par dévaluer la couronne de 16 p. 100. En effet, les dévaluations précédentes de 1977 et 1981 n'avaient produit que des bénéfices à très court terme, la monnaie suédoise, tirée vers le haut par le mark, se revalorisant rapidement. Reprise de la croissance, rétablissement des balances extérieures, ralentissement de la consommation intérieure, mais maintien de la politique sociale : tel était l'ambitieux programme de la social-démocratie à nouveau au pouvoir. Il impliquait une baisse passagère du niveau de vie, mais les syndicats acceptèrent de ne revendiquer que 2 à 3 p. 100 pour 1983. La priorité fut accordée à une relance de l'activité, qui devait ensuite permettre la réduction des déficits et d'une dette passée de 80 milliards de couronnes en 1976 à 377 en 1982. À la satisfaction de l'opposition, les subventions aux industries en crise, dont une partie avait dû être nationalisée, commencèrent à être réduites. Des mesures furent prises contre l'inflation qui atteignait environ 9 p. 100 en 1983. Dans un environnement de relance des économies occidentales, les exportations suédoises reprirent rapidement en 1983 et, avec elles, la croissance. Mais les importations et la consommation privée demeuraient élevées, et la balance des paiements fut fortement déficitaire en 1983. À la veille des élections de septembre 1985, les résultats de l'expérience demeuraient précaires et contestés. La paix sociale d'autrefois n'était pas rétablie, le gouvernement ayant à compter avec les manifestations des entrepreneurs protestant au début d'octobre 1983 contre le « trop d'État », mais aussi les grèves du secteur public qui affectèrent au printemps de 1985 les écoles, les transports ferroviaires, le trafic aérien et les ports.

La priorité accordée à la croissance économique donnait un intérêt tout particulier à une collaboration avec la Communauté économique européenne, à un moment (à la fin de 1983) où, précisément, les derniers obstacles tarifaires entre C.E.E. et A.E.L.E. étaient supprimés. L'idéal suédois de zone de libre-échange européen, le seul qui lui semblât compatible avec sa neutralité, pouvait sembler réalisé. Se rapprocher le plus possible de la Communauté sans se confondre avec elle, telle fut alors la politique suédoise. Le respect scrupuleux de la neutralité ne mettait cependant pas la Suède à l'abri de difficultés avec son voisin soviétique. Ses eaux territoriales, à proximité immédiate de ses bases navales comme Karlskrona et Muskö, étaient violées par les sous-marins soviétiques. L'adoption de nouvelles mesures de défense et de vives protestations diplomatiques n'altérèrent pas cependant le souci de Stockholm de maintenir des relations normales avec Moscou.

La campagne électorale de 1985 fut l'occasion d'un large débat de société. Les trois partis de l'ancienne majorité, sans offrir un front uni, s'efforçaient de présenter une alternative au « modèle suédois », avec moins d'État et plus de libertés. Les sociaux-démocrates faisaient valoir les résultats déjà acquis et mettaient en garde contre l'abandon de la société du bien-être. En faisant perdre au S.A.P., lors des élections de septembre 1985, 0,7 p. 100 des voix et 7 sièges (159 au lieu de 166), l'électorat témoignait d'un petit progrès des idées libérales, dans un pays coupé en deux. Mais le S.A.P. demeurait le premier parti du Riksdag, et Olof Palme chef du gouvernement. Il avait cependant besoin de l'appoint communiste pour disposer d'une majorité parlementaire.

L'assassinat d'Olof Palme à Stockholm, le 28 février 1986, dans des circonstances inexpliquées, plongea le pays dans la stupeur. Le vice-Premier ministre Ingvar Carlsson lui succéda. La disparition tragique du leader social-démocrate, à peu près contemporaine du remplacement des chefs des partis bourgeois, fut suivie d'une période de relative dépolitisation de la vie publique. L'opposition systématique des deux Suède depuis près de vingt ans semblait laisser la place à la recherche de consensus. Cette dernière apparaissait comme appelée par les grands défis extérieurs : relations avec la Communauté européenne, véritable valeur de la neutralité à l'heure de la perestroïka et de la détente Est-Ouest, prise de conscience nouvelle des problèmes de défense de l'environnement au lendemain de la catastrophe de Tchernobyl (avr. 1986). Profitant largement de la reprise mondiale, la santé de l'économie suédoise s'améliorait sensiblement : le chômage était ramené à 1,3 p. 100 en 1988 et le déficit budgétaire à 4 milliards de couronnes en 1988-1989. La social-démocratie amorçait manifestement un virage sur le plan idéologique. C'est ainsi que les Fonds salariaux entrés modestement en vigueur en janvier 1984, et qui n'avaient acquis que 1,5 p. 100 des actions suédoises en 1987, cessèrent apparemment d'être une priorité. La réforme fiscale demeurait à l'ordre du jour, ainsi qu'on put le constater lors du 30e congrès du S.A.P. (sept. 1987). Il est vrai que la Suède était toujours celui des pays industrialisés où les prélèvements obligatoires étaient les plus lourds par rapport au P.I.B. (55,8 p. 100). Sur le plan extérieur, après dix-neuf années de négociations, le gouvernement Carlsson parvint à conclure, le 13 janvier 1988, un accord avec l'U.R.S.S. sur le partage des zones économiques en mer Baltique entre Gotland et la Lettonie, qui donnait à la Suède 75 p. 100 de la zone contestée.

Ainsi les élections de septembre 1988 ne comportèrent-elles pas de surprise, malgré l'arrivée d'un nouveau parti, celui des Verts du Miljöpartiet, fondé en 1981. Avec plus de 43 p. 100 des voix et 157 députés, le S.A.P. demeurait le premier parti du Riksdag ; mais il était en train de prendre une orientation nouvelle, celle du rapprochement avec les libéraux. Le 23 novembre 1988, le ministre des Finances Kjell-Olof Feldt proposa une réforme du système fiscal qualifiée d'historique. Elle fut présentée en janvier 1989 au Parlement dans le cadre du projet de loi de finances pour 1989-1990. Une véritable révolution allait, en effet, être opérée : les revenus inférieurs à 160 000 couronnes par an – ceux de neuf Suédois sur dix – seraient totalement exonérés d'imposition d'État. Seuls subsisteraient les impôts locaux. Une majoration des prélèvements sur les revenus du capital, de la taxe patronale et de la T.V.A. devait compenser le manque à gagner provoqué par la réforme appelée à entrer en vigueur en 1991.

Après dix-huit mois de débats, le Riksdag adopta définitivement la réforme fiscale le 13 juin 1990. Mais il avait fallu constater que la situation économique s'était sensiblement dégradée : déficit de la balance des échanges, hausse trop rapide des salaires et des prix avec un taux d'inflation de 11 p. 100, crise des coûts et pertes de parts de marché à l'étranger. Le gouvernement Carlsson dut présenter au Riksdag un « paquet de crise » demandant le gel des salaires et des prix et même la suspension momentanée du droit de grève. Réduit au soutien de son seul parti, Carlsson fut battu et démissionna le 15 février 1990. Cette « crise de février » révéla un mal plus profond : les effets des grandes dévaluations antérieures s'étaient épuisés dès 1985-1986 et, n'était la chute des prix du pétrole, la crise eût surgi plus tôt. La pression des salaires et des charges, l'absentéisme protégé par la loi amenaient les entreprises à investir massivement à l'étranger. Carlsson put reformer un cabinet et, par un accord inattendu avec les libéraux, présenter un programme d'austérité plus modéré. Kjell-Olof Feldt, qui avait annoncé son retrait définitif après le rejet du plan d'assainissement de février, fut remplacé par Allan Larsson. Une commission présidée par Bertil Rehnberg et composée de représentants des centrales patronale et syndicales (S.A.F., L.O., T.C.O., S.A.C.O.) reçut la mission de trouver un deuxième souffle pour le « modèle suédois ». Les controverses politiques et le débat de société se concentrèrent de plus en plus sur le niveau possible de protection sociale assurée par l'État en période de crise. Les Fonds de pension générale (A. P. Fonder) avaient été garantis jusqu'au milieu des années 1980 grâce aux cotisations des actifs, supérieures aux pensions versées. La tendance s'était inversée depuis lors, ce qui posait de manière aiguë la question de la réforme du système. Le budget pour 1991-1992 comporta un plan de réductions d'emplois dans le secteur public, et les dépenses de défense furent sacrifiées. Dans la perspective des élections de septembre 1991, les conservateurs et les libéraux présentèrent une plate-forme commune « Nouveau départ pour la Suède » (Ny start för Sverige) proposant une baisse spectaculaire de la T.V.A. de 25 à 18 p. 100, compensée par la réduction des dépenses publiques. L'objectif était de faciliter l'investissement en Suède, d'enrayer la fuite des capitaux et de s'adapter à la Communauté européenne. En effet, l'économie suédoise était de plus en plus dépendante du marché européen et, depuis le 20 juin 1990, était engagée à Bruxelles la négociation pour réaliser un Espace économique européen (E.E.E.) dont le traité fut signé à Porto en mai 1992. Mais, dès ce moment, on pouvait observer les prémisses d'un renversement de la politique européenne de la Suède. Conviction de la poursuite de la construction européenne malgré la réunification allemande, crainte de devenir un petit État marginal (randstat), perception des nouveaux équilibres de sécurité en Europe de l'Est affaiblissant le dogme de la neutralité : telles en étaient les principales raisons. Dès novembre 1990, les quatre grands partis s'étaient mis d'accord sur le principe d'une demande d'adhésion à la Communauté européenne, mais avec « réserve de neutralité ». Le 12 décembre 1990, le Riksdag en prit la « décision historique », et le 1er juillet 1991 la Suède fut à nouveau candidate. Cela ne favorisa guère la solidarité nordique, ambition toujours affichée de la Suède ; les autres capitales regrettèrent une décision prise sans concertation. La crise des États baltes depuis l'indépendance de la Lituanie en mars 1990 et l'intervention russe à Vilnius en janvier 1991 mobilisèrent l'opinion, tandis que le gouvernement condamnait l'action soviétique avec une certaine fermeté. Après l'apaisement de la crise balte, l'attention se concentra sur la campagne électorale et sur les élections législatives de septembre 1991. L'échec des sociaux-démocrates (– 5,3 p. 100 des voix et – 17 sièges) amena Ingvar Carlsson à démissionner le 16 septembre. Leur électorat populaire n'avait que peu apprécié leur virage social-libéral et ses premières conséquences. Le leader conservateur Carl Bildt forma un gouvernement de coalition dit de « trèfle à quatre feuilles » (conservateurs-libéraux-centristes-chrétiens), pourtant minoritaire.

Le cabinet Bildt : une expérience de gouvernement libéral (1991-1994)

La volonté de rupture avec le socialisme se manifesta immédiatement par l'annonce de mesures comme le démantèlement des Fonds salariaux ou la privatisation progressive d'un grand nombre d'entreprises d'État. En politique étrangère, Bildt estimait que le concept de neutralité n'était plus adéquat et que le pays devait affirmer une « claire identité européenne ». Mais, nonobstant la réorientation libérale, la crise semblait s'être installée durablement ; le chômage doubla de 1990 à 1991 et encore de 1991 à 1992. La priorité fut néanmoins donnée à la lutte contre l'inflation, la baisse promise de la T.V.A. fut ajournée et le taux de base de la Riksbank (Banque de Suède) fortement relevé, signifiant ainsi qu'il ne serait pas question de dévaluer une couronne désormais reliée à l'écu. Mais le déficit budgétaire ne pouvait être maîtrisé, dépassant bientôt 100 milliards de couronnes (1992-1993). En septembre 1992, le flottement du mark finlandais provoqua une redoutable onde de choc qui se répercuta sur la couronne. Pour la défendre, la Riksbank augmenta son taux d'intérêt marginal jusqu'à 500 p. 100 ! Le 20 septembre 1992, les sociaux-démocrates et le gouvernement s'unirent derrière un programme de crise (Krispaket), réduisant les pensions, les dépenses de défense, l'aide au logement et les indemnités maladie. Tout fut fait pour éviter la dévaluation et maintenir la couronne liée au S.M.E., mais en vain. Le 19 novembre 1992, on dut la laisser flotter, et elle perdit instantanément 10 p. 100 de sa valeur (et 20 p. 100 en janvier 1993). Si, contrairement aux années 1980, la progression des salaires semblait raisonnablement maîtrisée en 1993 et en 1994, en revanche, le déficit du budget s'accroissait de manière quasi incontrôlable, atteignant 190 milliards de couronnes en 1994, soit près de 15 p. 100 du P.N.B. Certes, la Suède avait conclu un accord satisfaisant avec l'Union européenne en mars 1994, mais elle était loin de remplir les « critères de convergence » prévus par le traité de Maastricht. En 1994, l'endettement de l'État approchait la valeur du P.N.B. et le climat économique demeurait morose malgré certains signes de reprise. Face à ce bilan peu engageant du ministère Bildt, les élections du 18 septembre amenèrent un net revirement en faveur de la gauche, les sociaux-démocrates regagnant plus de 8 p. 100 des voix et le Parti de la gauche et les Verts près de 2 p. 100 chacun. Bien que toujours minoritaire, Ingvar Carlsson forma donc un cabinet social-démocrate homogène, soutenu par les autres formations de gauche. Mais au grand dam d'une partie de son électorat, il présenta en novembre un plan de rigueur drastique, qu'il tenta de justifier en mettant aussi à contribution le capital et en surtaxant de 5 p. 100 les plus hauts revenus. C'était prendre le risque, à plus long terme, de perdre une fraction de ses électeurs traditionnels. L'intérêt de l'opinion s'était toutefois rapidement porté vers le référendum sur l'adhésion à l'Union européenne du 13 novembre 1994. En dépit de beaucoup d'incertitudes, le oui l'emporta avec un peu plus de 52 p. 100 des voix d'un électorat fortement mobilisé, mais manifestement divisé, en particulier celui du S.A.P.

—  Jean-Pierre MOUSSON-LESTANG, Maurice CARREZ

La Suède dans l'Union européenne et dans le monde depuis 1995

La Suède devint membre de l'Union européenne (U.E.) le 1er janvier 1995. L'adaptation économique aux normes libérales de l'Union représentait un nouveau défi pour le pays. Cela provoqua de fortes tensions au sein des organisations syndicales et ouvrières, bien que la conjoncture économique fût redevenue plus favorable. Le S.A.P. fut durement sanctionné lors des élections générales de 1998, de même que les libéraux, alors que le Parti de gauche, hostile au nouveau cours des choses, fit une percée remarquée. Comme la principale force d'opposition (le Parti du rassemblement modéré de Carl Bildt) n'avait regagné que 0,5 p. 100 et que ses alliés avaient régressé de plus de 2 p. 100 chacun, le nouveau chef du S.A.P. Göran Persson put former un premier gouvernement qui, rendu prudent par la sanction des urnes, essaya de trouver tant bien que mal une voie moyenne entre l'appartenance à une U.E. libérale et l'attachement de son électorat à l’État-providence. Au cours de la mandature, pour la première fois, la Suède assura la présidence tournante de l'Union (premier semestre de 2001). Mais l'opinion publique suédoise, malgré le progrès des idées libérales parmi les jeunes des classes moyennes urbaines, restait méfiante devant le processus d'intégration. Les élections législatives de 2002 furent certes correctes pour le S.A.P. qui regagna 3,46 p. 100 des voix et vit le Parti du rassemblement modéré subir un important revers. Mais ce n'était qu'une victoire à la Pyrrhus, car ses alliés reculaient (Parti de gauche) ou stagnaient (Verts). Une partie non négligeable de la population continuait d'estimer l'intégration européenne peu compatible avec le « modèle suédois » d'équilibre entre les contraintes économiques et les exigences sociales. Le référendum de septembre 2003 sur l'adoption de l'euro en administra la preuve, puisque 56 p. 100 des électeurs rejetèrent l'introduction de la monnaie unique à la place de la couronne. Sans remettre fondamentalement en cause le choix de 1994, il montrait la défiance de nombreux Suédois vis-à-vis d'une Union européenne perçue comme trop peu sociale. Cela se manifesta aussi aux élections européennes de 2004, où les populistes de la droite dure (baptisés pour l'occasion « Démocrates de Suède ») firent une percée remarquée. Il faut dire que, malgré une amélioration depuis la fin des années 1990, le chômage restait à un niveau inhabituel (6,5 p. 100 au milieu des années 2000). En outre, les coupes dans l'aide sociale et la privatisation d'une partie des services publics, assortie d'une baisse du nombre de fonctionnaires, n'étaient pas unanimement appréciées. Les électeurs de gauche, mécontents du blairisme à la suédoise incarné par Göran Persson, le firent savoir lors des élections législatives de septembre 2006 : le S.A.P. subit un recul de près de 5 p. 100. Son principal allié, le Parti de gauche, retombait à son score habituel, victime de turbulences internes. Göran Persson avait pourtant défendu durant la campagne électorale le bilan de son gouvernement en matière de rééquilibrage budgétaire et de croissance économique. Ce discours ne pouvait faire oublier les effets de la désindustrialisation, la ghettoïsation de certains quartiers urbains et le creusement des inégalités, bien éloigné de l'idéal socio-démocrate du Folkhemmet. En face, le Parti du rassemblement modéré eut l'habileté de ne pas présenter un programme trop libéral et affirma vouloir « sauver le modèle suédois » par des réformes fiscales adaptées et des contrats de travail plus flexibles. Cette posture s'avéra payante (près de 11 p. 100 de gains électoraux) d'autant qu'elle lui permit de se débarrasser de la tutelle pesante de ses alliés libéraux du Parti du peuple, qui recula de 6 points.

Du coup, c'est une coalition de centre droit largement dominée par le parti de Fredrik Reinfeldt (successeur de Carl Bildt) qui prit en 2006 les commandes d'un nouveau Riksdag, plus féminisé (47 p. 100 d'élues, un record mondial) et plus jeune, mais aussi plus difficile à cerner sur le plan politique et moins divers dans sa composition sociale. Sa majorité était représentative d'une Suède méridionale urbaine, plutôt instruite, exerçant des métiers mieux rémunérés que la moyenne et inclinant vers le libéralisme, quoique consciente de la nécessité d'une redistribution sociale minimale. Son chef, Fredrik Reinfeldt, se présentait quant à lui comme un modéré, adepte du social-libéralisme à la Tony Blair et défenseur d'un « modèle suédois » revisité pour en gommer « les excès ». Il pouvait compter, pour durer, sur la crise profonde du S.A.P., miné par ses divisions et qui se donna en 2007 une nouvelle figure dirigeante, Mona Sahlin. Arrivé au pouvoir, le centre droit décida d'adopter une ligne favorable à l'intégration européenne et à un réexamen de la politique de neutralité et de défense, dans le cadre d'un rapprochement avec l'O.T.A.N. (baptisé pour l'occasion « coopération sans alignement militaire ») et d'une participation active aux opérations dites « de maintien de la paix ».

Sur le plan économique, il soutint l'investissement dans les secteurs des biotechnologies, des télécommunications et de l'agroalimentaire en cherchant à développer ses exportations vers les marchés en croissance rapide, tels que ceux des États baltes ou des nouveaux pays industrialisés. Le mot d'ordre devint « la transition vers une économie du savoir » avec une hausse de la part du P.I.B. consacrée à la recherche-développement. La crise économique mondiale, qui vit en 2009 le P.I.B. reculer brutalement de 5,3 p. 100, servit de justificatif pour rogner le système d'État-providence. Alors que l'impôt sur la fortune était aboli, l'impôt sur le revenu baissé, les subventions d'État encore réduites et la vente de participations publiques accélérée, les cotisations chômage furent relevées et les allocations correspondantes diminuées à un moment où l'emploi était fortement attaqué. Bien qu'en recul dans les sondages, la coalition au pouvoir parvint à sauver sa place lors des législatives de 2010 où la participation fut très élevée. Son principal parti réalisa un score presque comparable (30 p. 100) à celui du S.A.P., toujours en baisse et tombé à un niveau historiquement bas. Les Verts et le Parti pirate ne confirmèrent pas leur score élevé des européennes de 2009. Sans doute, un retour rapide à la croissance dès 2010 et une situation budgétaire considérée comme correcte expliquèrent-ils en partie ce succès, peu évident au départ, de la coalition au pouvoir dite Alliance pour la Suède. Il faut dire que la crise durable du S.A.P. (qui changea à nouveau de dirigeant en mars 2011, en élisant Håkan Juholt sur une ligne apparemment un peu plus sociale que précédemment) et l'absence d'alternative à gauche facilitèrent la victoire du centre droit. Néanmoins, l'entrée au Riksdag du parti populiste des Démocrates de Suède fit sensation et révéla la montée d'un sentiment identitaire et xénophobe dans une partie de la population. En effet, cette formation, créée en 1988, avait fait siens depuis longtemps trois thèmes qui rencontrèrent finalement un écho : l'immigration, la criminalité et la défense des personnes âgées supposées en danger. Après deux explosions de bombes dans les rues commerçantes du centre de Stockholm en décembre 2010, l'émotion ressentie apporta de l'eau au moulin des xénophobes, d'autant que l’auteur de ces actes les avait justifiés dans un communiqué dénonçant l'intervention de soldats suédois en Afghanistan et l'indifférence du gouvernement face à l'affaire des caricatures du prophète Mahomet (2007).

Fredrik Reinfeldt forma en tout cas un gouvernement minoritaire (il lui manquait deux sièges pour retrouver la majorité absolue qu'il avait obtenue en 2006), en laissant entendre qu'il pourrait au besoin recourir à une alliance avec les Verts et le S.A.P. En fait, il poursuivit sa ligne d'adaptation aux normes européennes et à la mondialisation libérale. Depuis lors, le malaise social créé par des politiques de restriction budgétaire quasi ininterrompues depuis quinze ans s'est manifesté de manière spectaculaire lors des émeutes urbaines qui ont eu lieu en mai 2013 dans plusieurs quartiers périphériques des grandes villes. Les inégalités sociales se sont creusées, la volonté de vivre ensemble s'est dégradée, tandis que la croissance est revenue à un niveau modeste et que le taux de chômage est proche de 8 p. 100. L'image du petit pays modèle est écornée, et le doute s'est installé dans la population. Cela dit, la Suède dispose encore d'atouts importants : une économie moderne, un déficit public maîtrisé et des systèmes de santé et d'enseignement plutôt performants. En outre, dans les années 2000 et 2010, tout en conservant un niveau assez élevé d'aide au développement des pays les plus pauvres (principalement en Afrique), le pays s'est fortement impliqué dans les organisations régionales, et plus particulièrement dans le Conseil des États riverains de la mer Baltique, avec la volonté d’entretenir des relations fructueuses avec les États baltes et la Russie.

À la veille des élections législatives de septembre 2014, l'alliance de gauche Rouges-Verts se trouve en difficulté. Le nouveau dirigeant social-démocrate (élu à la fin de janvier 2012, après la brusque démission de son prédécesseur), Stefan Löfven, n'écarte pas totalement l'hypothèse d'une entente avec le centre droit.

(Voir également SUÈDE, chronologie contemporaine)

—  Maurice CARREZ

Une économie tournée vers l'extérieur

L'économie suédoise occupe dans le monde une situation sans commune mesure avec le chiffre de la population du pays. Le P.I.B. par habitant s'élevait en 2007 à 36 200 euros, ce qui le situe aux toutes premières places mondiales. Cette réussite n'est pas due aux conditions naturelles ; celles-ci sont au contraire assez médiocres : climat rude, sol ingrat, sauf en Scanie, absence de sources d'énergie jusqu'à la mise en exploitation du réseau hydrographique. Les seuls atouts ont été l'abondance de bois et de fer, encore que les conditions d'extraction de celui-ci aient été difficiles dans l'extrême nord du pays.

Le développement économique est assez récent ; le pays est resté pauvre jusqu'au milieu du xixe siècle. C'est surtout à partir des années 1870 que la croissance devint manifeste, fondée d'abord sur l'industrie du bois, puis sur celle du papier et enfin sur la métallurgie, reprenant et développant la tradition industrielle du Moyen Âge.

Les données traditionnelles de la puissance suédoise

La croissance a été alors particulièrement forte jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, plus rapide que dans les autres pays industriels de l'Europe. La Suède a profité de sa neutralité, mais moins qu'on ne le croit généralement ; si elle n'a pas connu de destructions ni de pertes de vies humaines, son économie a souffert de l'isolement et des difficultés de ravitaillement. Plus importante a été sa remarquable résistance à la grande dépression des années 1930.

Après la Seconde Guerre mondiale, la croissance s'est maintenue, et elle a trouvé de nouveaux relais à l'exportation, dont l'étroitesse du marché intérieur avait déjà ancré la tradition dans l'économie : la moitié des effectifs d'Ericsson était implantée hors des frontières avant la Première Guerre mondiale. Les nécessités de la reconstruction de l'Europe après le conflit mondial ont favorisé le développement des entreprises suédoises dont le statut de neutralité du pays avait permis de préserver le potentiel et l'outil de travail. En 1970, la Suède est ainsi devenue le quatrième pays le plus riche du monde en termes de P.I.B. par habitant. Pour parvenir à ce résultat, elle s'est appuyée sur les secteurs de production qui faisaient sa force depuis la fin du xixe siècle.

Une agriculture moderne

Malgré des conditions naturelles mauvaises, l'agriculture suédoise est efficace et enregistre d'excellents rendements (de 35 à 40 q à l'hectare en moyenne pour le blé, 5 000 kg de lait par vache). Elle permet au pays d'avoir une autosuffisance à peu près complète. Cela est dû à une bonne organisation des agriculteurs, grâce au système coopératif, et à des prix à la production assez élevés. Le coût de l'alimentation s'en ressent, et la politique a visé à concentrer les activités agricoles sur les terres les meilleures. Néanmoins, la population active dans l'agriculture a fortement diminué depuis les dernières décennies, surtout dans le nord. Les terres cultivées, qui représentent en 2006 moins de 10 p. 100 de la superficie totale du pays, sont en effet situées principalement à l'extrême sud. La baisse du nombre d'exploitations et du pourcentage de terres cultivées a été en partie compensée par des gains de productivité qui garantissent la pérennité de l'autosuffisance alimentaire.

Puissance de l'industrie

À la fin des Trente Glorieuses, la Suède est l'un des pays les plus industrialisés du monde. La principale caractéristique de cette industrie est d'être tournée vers l'extérieur.

Les industries exportatrices reposent fondamentalement sur le bois et le papier d'une part, le fer, la métallurgie et les équipements industriels et de transport d'autre part. Elles trouvent sur place d'abondantes matières premières et se sont orientées, au cours des années, vers une élaboration de plus en plus poussée.

La production de pâte à papier réclame des investissements très lourds et dont les charges se sont accrues en raison des impératifs de la lutte contre la pollution ; en outre, la concurrence étrangère est vive. Le déplacement de ces activités vers le sud, où les transports sont plus aisés, aggrave la crise du nord.

Jusqu'à la fin du xxe siècle, le fer est abondant dans la Suède centrale et dans l'extrême Nord, en Laponie (mine de Kiruna), dont la quasi-totalité de la production est exportée par le port de Narvik en Norvège. C'est un minerai à haute teneur (plus de 60 p. 100). La Suède se trouve alors dans les premiers producteurs du monde. Le minerai de la Suède centrale alimente la sidérurgie nationale. La production d'acier, assez modeste, se concentre sur des aciers de haute qualité ; aussi les besoins en acier ordinaire sont-ils en partie couverts par l'importation.

Les industries du métal au sens large sont les plus développées et les plus importantes. La politique des firmes suédoises a consisté à se spécialiser dans des produits à haute technicité, pour lesquelles elles disposaient d'une situation avantageuse sur le marché mondial, en raison de leur savoir-faire et de la qualité des méthodes et de la main-d'œuvre. La construction électrique et électronique, concentrée dans les régions de Stockholm et de Västerås, est particulièrement développée, pour le matériel lourd, le matériel de télécommunications (Ericsson) et les produits d'usage domestique (aspirateurs, réfrigérateurs). L'automobile et l'aéronautique (Volvo, Saab-Scania) sont principalement implantées au sud du centre du pays. Parmi les spécialités suédoises, il faut encore citer les roulements à bille (S.K.F. : Svenska Kullagerfabriken) ou les écrémeuses, issus d'innovations conçues et développées en Suède.

D'autres branches telles que le textile, le cuir, l'alimentation travaillent essentiellement pour le marché intérieur. À l'exception de cette dernière qui est fortement structurée, elles ont beaucoup souffert des difficultés dues à la concurrence étrangère venant de pays à bas salaires.

L'industrie suédoise n'est pas complète et ne peut manufacturer l'ensemble des produits nécessaires à une économie de très haut niveau technique et à une population exigeante. Bien qu'elle ait développé la production de biens aussi complexes que les ordinateurs, le matériel atomique et les avions de combat, elle dépend de l'étranger pour de nombreux produits. Sa principale force réside dans ses spécialisations, et celles-ci sont suffisamment nombreuses pour lui éviter les dangers de la mono-industrie.

Les échanges extérieurs jouent par conséquent un rôle considérable dans la prospérité du pays. La Suède exporte à cette époque 30 p. 100 de son P.N.B. Le montant des exportations de produits bruts (minerai de fer, bois) ou semi-manufacturés n'est pas négligeable, quoiqu'il soit déjà en déclin. L'essentiel est constitué de produits élaborés. Les principaux clients sont des pays industriels. Allemagne, Royaume-Uni, Scandinavie et États-Unis constituent alors plus de 50 p. 100 des débouchés de l'économie suédoise. Les importations se réalisent avec les mêmes partenaires principaux mais sont plus diversifiées.

Dépourvue de ressources en hydrocarbures, la Suède a développé fortement ses industries hydroélectrique et nucléaire, qui assurent chacune environ la moitié de sa production électrique. Le taux de dépendance énergétique du pays par rapport à l'extérieur est passé de 78 p. 100 en 1973 à 55 p. 100 en 1990. À ces données économiques se superposait une organisation sociale, tant patronale que syndicale, qui signait l'originalité du modèle suédois.

Le « modèle » suédois

Un des traits les plus frappants de l'industrie suédoise, à l'époque, est sa très forte concentration. Le pays étant petit, il ne peut y avoir, dans chaque branche, un grand nombre de firmes. Exportant beaucoup, plusieurs d'entre elles ont atteint une dimension qui leur permet de se situer favorablement sur le marché mondial. Leur taille est liée aux nécessités de la concurrence internationale plutôt qu'aux dimensions du pays. Certaines ont pris la forme de firmes multinationales, avec d'importantes filiales à l'étranger (S.K.F., Ericsson, Electrolux). On peut signaler à l'inverse que la pénétration du capital étranger est restée longtemps très modérée, en partie sous l'effet d'une réglementation restrictive. Le degré de concentration est encore plus fort si l'on tient compte des liens qui existent entre les entreprises et avec les principales banques commerciales privées, les compagnies d'assurances et les holdings financiers. Il existe ainsi de puissants ensembles industriels et financiers, dont le plus célèbre a été le groupe Wallenberg, organisé autour de la Stockholms Enskilda Bank, et qui dominait neuf des vingt plus grandes firmes suédoises.

La Suède est célèbre pour le développement du système coopératif. Les coopératives de consommation, organisées en une puissante fédération, distribuent une part notable de l'alimentation de détail ; elles ont en outre établi tout un réseau de filiales industrielles, dans l'industrie alimentaire mais aussi dans d'autres branches (lampes, céramique). Dans l'agriculture, les coopératives organisent non seulement la collecte, mais l'élaboration des produits pour la viande, le lait et ses dérivés.

Un des traits caractéristiques du système économique suédois consiste en la très forte organisation à la fois des employeurs et des salariés, malgré une tendance inverse observable depuis les années 1980. Les premiers sont regroupés dans une organisation patronale, la Svenska Arbetsgivare-föreningen (S.A.F.), très disciplinée, les seconds à près de 80 p. 100 dans les grandes centrales syndicales : la Landsorganisationen (L.O.) pour les ouvriers, la Tjänstmänens Central Organisation (T.C.O.) pour les employés ; quelques centrales moins importantes rassemblent les cadres supérieurs et les fonctionnaires. La séparation est catégorielle et non idéologique. Les relations de travail ont été réglées par toute une série d'accords dont le plus important est celui de Salts-jöbaden (1938), dit « convention de base ». Ces accords ont généralement été négociés par les intéressés sans intervention de l'État. Dans les années 1960, on était parvenu à un système de négociations très centralisées et régulières : négociation globale fixant les règles générales des accords de salaire à venir et négociations par branches dans le cadre des accords globaux. Ce système, joint à une réglementation stricte des conflits de travail, permettait d'éviter assez généralement le recours à la grève ; c'était la « paix sociale suédoise ». La remise en cause de ce système, depuis les années 1970, est allée de pair avec celle du « modèle suédois » en général.

Mutations de l'économie suédoise

La crise qui a frappé l'Europe occidentale au milieu des années 1970 n'a pas épargné la Suède. La demande se réduisit, surtout après 1973-1974, pour un certain nombre de biens – aciers, navires, papier – qui formaient une part notable de l'industrie suédoise. La croissance de la productivité baissa puis s'inversa. Les industries en difficulté utilisèrent moins efficacement leurs ressources. Les hausses de salaires cessèrent d'engendrer des gains de productivité. La mobilité de la main-d'œuvre diminua, en partie parce que les principaux transferts avaient été faits, en partie parce que les entreprises en difficulté n'embauchaient plus, mais aussi parce qu'en Suède comme ailleurs se développait une campagne pour « vivre au pays ». Par ailleurs, la perte progressive de compétitivité de l'industrie suédoise devait conduire les firmes à investir massivement à l'étranger.

Des branches entières menaçaient de disparaître, et l'État dut intervenir. C'est ainsi qu'une grande partie de la sidérurgie et les chantiers navals passèrent sous son contrôle, non par un désir de nationalisation, absent du programme des principaux partis suédois y compris les sociaux-démocrates, mais par pure nécessité. Cette prise de contrôle avait surtout pour but de protéger l'emploi car le déclin industriel créait la menace d'un chômage massif. Mais l'État devait alors prendre en charge les pertes des branches concernées.

En réaction, et afin de relancer l'économie, le gouvernement s'attache à partir des années 1980 à déréglementer de nombreux secteurs et à en privatiser d'autres. Une croissance, modérée, reprend alors, jusqu'à ce qu'une nouvelle crise, provoquée par l'éclatement d'une bulle financière (liée au marché de l'immobilier) couplé à une mauvaise conjoncture internationale ne plonge le pays dans la récession au début des années 1990. Les comptes publics se dégradent, à tel point que le déficit budgétaire s'élève à plus de 15 p. 100 du P.I.B. en 1994.

De rigoureuses mesures d'austérité, soutenues par l'ensemble de la classe politique, permettent de rétablir les grands équilibres, au prix de la forte hausse du chômage. Les plans de restructuration du secteur privé contribuent également à cette hausse.

Par ailleurs, les entreprises suédoises font, à la fin des années 1990 et au début des années 2000, d'importants efforts d'adaptation à la nouvelle donne internationale. Leur actionnariat s'ouvre ainsi aux capitaux étrangers : en 2004, 23 p. 100 des salariés de l'industrie et du commerce travaillaient dans une entreprise sous contrôle étranger, quand ce chiffre n'était que de 10 p. 100 au début des années 1990. Acquisitions et fusions se multiplient entre entreprises suédoises et étrangères, favorisant l'internationalisation déjà poussée de l'économie : en 2005, les exportations suédoises représentent 49 p. 100 du P.I.B.

Dans le même temps, les activités de services prennent le pas sur le secteur manufacturier, dont la part dans l'emploi global est passée de 30 p. 100 en 1960 à 16 p. 100 en 2004. Les gains de productivité en sont la principale explication, bien plus, en tout cas, qu'un recul de l'industrie suédoise. En revanche, certaines activités connaissent le déclin, comme celles des mines et carrières, confrontées à la raréfaction des ressources et à des coûts d'extraction inférieurs à l'étranger.

Pour autant, il faut relativiser la forte croissance des services, dans la mesure où les entreprises créées sont parfois, sinon souvent, le produit de l'externalisation de prestations (assistance informatique, entretien, etc.) hier encore réalisées au sein des sociétés industrielles. Celles-ci peuvent ainsi se concentrer sur leur cœur de métier. Constructions mécaniques (52 p. 100), industrie du bois (20 p. 100) et le nouveau et dynamique segment de la chimie-pharmacie (15 p. 100) sont les principales branches du secteur manufacturier en 2005, la sidérurgie ne comptant plus que pour 5 p. 100 du total.

L'Union européenne est le principal débouché des exportations suédoises (58 p. 100 en 2005), alors que la place de l'Asie (10 p. 100) se renforce année après année.

Mais l'évolution la plus notable résulte de l'implication de la Suède dans l'économie du savoir et de la connaissance, qui regroupe principalement les technologies de l'information et de la communication. À cet égard, la zone d'activités de Kista, près de Stockholm, qui accueille les 10 000 employés du siège d'Ericsson, joue un rôle moteur. Avec Israël et la Finlande, la Suède est le pays qui investit le plus dans la recherche et le développement (4 p. 100 du P.I.B. en 2005). En conséquence, la Suède figure dans le peloton de tête des pays ayant déposé des brevets auprès de l'Office européen chargé de les enregistrer.

Construite sur des bases saines (l'excédent budgétaire est de 2 p. 100), la croissance suédoise est vigoureuse (2,5 p. 100 sur 2000-2004 ; 2,7 p. 100 en 2005 et 4 p. 100 en 2006) et permet au pays d'envisager sereinement les défis présents et à venir de la globalisation, dont il fut après tout l'un des précurseurs. Un point noir demeure : le chômage, et plus particulièrement celui des jeunes et des immigrés. Si la Suède incarne toujours un « modèle », sans doute celui-ci n'est-il plus tout à fait le même.

—  Jean PARENT, Universalis

Les institutions politiques et administratives

Une monarchie constitutionnelle

La monarchie est une tradition bien établie en Suède, et l'histoire montre l'attachement des Suédois à l'institution royale. Cependant, au terme d'un effacement progressif de ses prérogatives, le roi ne détient plus aucun pouvoir et ne joue aucun rôle dans la vie politique.

La tradition monarchique

L'institution royale remonte au Moyen Âge, à l'époque où l'unité du royaume était symbolisée par la présence du monarque. Élu, le roi pouvait être déposé, et, si les provinces étaient tout à fait indépendantes, elles étaient néanmoins unies au roi par des liens exprimés dans des serments et des engagements personnels envers le souverain.

Lorsque, en 1520, le roi du Danemark, Christian II, après le « bain de sang » de Stockholm, réussit à se faire couronner roi de Suède, les paysans et les mineurs de Dalécarlie se soulevèrent. Le meneur de cette révolte, Gustav Eriksson Vasa, fut élu roi de Suède en 1523 sous le nom de Gustav Ier. Son règne (1523-1560) contribua au renforcement de l'institution royale. C'est ainsi qu'il fit abroger l'ancienne loi qui rendait la couronne élective et obtint que la royauté devînt héréditaire au profit de sa descendance. À partir de cette époque, la monarchie va connaître des siècles de gloire dont le sommet sera la monarchie absolue de Charles XI et surtout de Charles XII. À la suite de la mort de ce dernier, le pouvoir royal commença à décliner en raison de la réaction populaire contre les excès de l'absolutisme.

Cependant, l'institution royale demeure bien ancrée dans l'esprit des Suédois puisque, en 1809, après la défaite de la Suède face à la Russie, et après la déposition de Gustav IV Adolph, Charles de Sudermanie fut désigné comme monarque sous le nom de Charles XIII alors que l'on aurait pu s'attendre à la disparition de la monarchie et à la proclamation de la République. Cet attachement à la monarchie se trouva confirmé en 1810. En effet, le successeur désigné de Charles XIII, Charles Auguste, meurt en 1810. La monarchie risquait donc de s'éteindre. Le Parlement désigna alors, pour régner sur la Suède, Charles-Jean Bernadotte, prince de Ponte-Corvo et maréchal de France, dont l'actuel souverain, Charles XVI Gustave, est l'héritier. La loi de succession au trône du 26 septembre 1810 prévoyait que, en outre, si la dynastie ainsi choisie venait à disparaître, le Parlement désignerait immédiatement une autre famille régnante. Ainsi, la monarchie constitue un élément essentiel des institutions politiques de la Suède, dont la stabilité résulte des origines. Si elle n'est plus une monarchie élective, elle demeure une « monarchie d'élection » reposant sur un large consentement populaire. Mais, comme dans toutes les monarchies constitutionnelles, les pouvoirs de la couronne n'ont cessé de s'amenuiser. De ce point de vue, la Suède a connu la même évolution que la Grande-Bretagne. D'une part, le souvenir des excès de la monarchie absolue a été à l'origine des dispositions constitutionnelles limitant les prérogatives royales. D'autre part, comme en Grande-Bretagne avec George Ier qui était d'origine allemande et ne parlait pas anglais, c'est à l'avènement de Bernadotte, qui était français, que le transfert des pouvoirs du roi au profit du cabinet a commencé à se produire.

L'effacement du roi

La Constitution de 1809 avait instauré un régime de stricte séparation des pouvoirs entre le roi et le Parlement (Riksdag), le pouvoir de gouverner (Styrande Makt) étant reconnu au premier, le pouvoir législatif étant partagé entre eux deux. En outre, c'était le roi qui nommait les ministres, investis de simples fonctions consultatives. La lettre de la Constitution exprimait avec une grande rigueur les attributions du roi qui, selon l'article 4 du texte de 1809, « gouverne seul le royaume ». Cependant, en marge de la Constitution et en contradiction avec ses dispositions, le système de la séparation des pouvoirs allait tomber en désuétude, et une pratique coutumière en faveur du parlementarisme se dessina et s'affirma. La percée définitive du parlementarisme s'effectua à la veille de la Première Guerre mondiale, le roi Gustave V exprimant pour la dernière fois, en février 1914, une opinion différente de celle du gouvernement. En outre, en 1917, le roi dut accepter que le gouvernement de Nils Eden, leader du Parti libéral, fût investi de la confiance du Parlement. Il dut également admettre que, désormais, les affaires publiques fussent traitées par le gouvernement. À partir de cette époque, le roi continua de jouer un certain rôle, ou du moins d'exercer une certaine influence, mais il fut bien établi que cette action ne pouvait qu'être discrète et devait respecter le principe de la neutralité. Cependant, les prises de position personnelles que Gustave V eut, pendant la Seconde Guerre mondiale, vont entraîner une vive discussion, au cours des années 1954-1955, sur l'avenir de la monarchie, le Parti socialiste adoptant même un programme républicain.

La suppression ou le maintien de l'institution monarchique ne constitue plus qu'un problème d'intérêt doctrinal. Le souverain ne détient, depuis l'adoption en 1974 de la nouvelle Constitution, aucun pouvoir politique. Certes, il continue à porter le titre de chef de l'État, et, à ce titre, il représente la Suède dans des cérémonies officielles, mais il n'exerce plus aucune influence politique, ses fonctions étant essentiellement d'ordre protocolaire. Il prononce, tous les ans à l'automne, l'ouverture de la session parlementaire, il préside le comité des Affaires étrangères, mais il ne prend même pas part formellement aux délibérations du cabinet ni d'aucun autre organe politique. Il n'a pas à signer les décisions gouvernementales. Le rôle qu'il occupait antérieurement dans le choix d'un nouveau Premier ministre revient désormais au président du Riksdag.

En 1979, la loi de succession du trône a été amendée afin de placer les héritiers des deux sexes sur un pied d'égalité. Depuis le 1er janvier 1980, la succession au trône est dévolue au premier-né, quel que soit son sexe. Ainsi, la pérennité de la monarchie semble assurée et cela d'autant plus que la population manifeste un attachement très vif à l'égard de la famille royale qui représente un exemple pour l'ensemble des familles suédoises.

Un régime parlementaire

Plongeant ses racines dans l'évolution politique du pays, le parlementarisme suédois repose sur un certain nombre de pratiques coutumières qui ont été érigées en règles constitutionnelles par le texte de la Constitution de 1974. Régissant les rapports entre les pouvoirs, la nouvelle Constitution attribue au gouvernement les prérogatives autrefois dévolues au monarque et souligne la place prééminente du Parlement au sein des institutions politiques.

Le gouvernement

Le gouvernement (Regering) se compose du Premier ministre (Stats minister) et des ministres (Statsräd). C'est désormais au président du Riksdag, après consultation du vice-président et des représentants des partis siégeant au Parlement, qu'il appartient de désigner le Premier ministre dont le choix définitif est soumis à l'approbation des parlementaires. La désignation est réputée acceptée si plus de la moitié des membres du Riksdag ne se sont pas prononcés contre ; dans le cas contraire, elle est rejetée. En d'autres termes, il n'est pas nécessaire pour être investi d'obtenir le vote de la majorité des parlementaires puisque les députés absents ou abstentionnistes sont censés avoir accepté la proposition de leur président. En cas de rejet, le président du Riksdag doit entamer une nouvelle procédure et formuler une nouvelle proposition, rien ne l'empêchant de renouveler son premier choix. Pour éviter les risques de blocage et pour accélérer le déroulement de la procédure, la Constitution prévoit que, dans l'hypothèse de quatre rejets successifs, la procédure de désignation est interrompue et ne reprend qu'après de nouvelles élections du Riksdag. Une fois investi de la confiance du Parlement, le Premier ministre désigne les membres de son cabinet dont il porte les noms à la connaissance du Parlement sans que celui-ci ait à se prononcer par un vote. C'est aussi le président du Riksdag qui est compétent pour recevoir la démission du Premier ministre, qu'elle soit spontanée ou qu'elle résulte d'un vote de défiance des parlementaires.

S'il arrive que des techniciens sans attaches politiques soient appelés à faire partie du

cabinet, le plus souvent les ministres appartiennent au parti au pouvoir. Dans la plupart des cas, ils sont membres du Parlement où leurs suppléants assument, pendant la durée de leurs fonctions ministérielles, les obligations du mandat parlementaire.

La stabilité gouvernementale semble être une caractéristique du « parlementarisme à la suédoise ». Le poste de Premier ministre n'a connu, de 1936 à 1976, que trois titulaires : Per Albin Hansson, Tage Erlander et Olof Palme, qui, écarté du pouvoir en 1976, a repris la direction des affaires politiques après les élections de 1982 jusqu'à son assassinat en 1986. La solidarité gouvernementale, qui implique que l'ensemble du cabinet assume la responsabilité des décisions prises par le gouvernement, repose sur l'autorité du Premier ministre, qui dirige et coordonne l'activité des ministres en présidant de nombreuses réunions (Conseil des ministres, réunion de cabinet, réunions quotidiennes au cours du déjeuner, dites « conseils du lunch », etc.).

Le Parlement

En Suède, comme dans les autres démocraties de l'Europe du Nord, le pouvoir législatif est organisé selon les règles du parlementarisme le plus orthodoxe. Depuis 1971, le Parlement ne comporte plus qu'une seule chambre. La révision constitutionnelle de 1969 a, en effet, établi le principe du monocaméralisme. Auparavant, la Constitution prévoyait l'existence de deux assemblées représentant les quatre ordres du royaume (noblesse, clergé, bourgeoisie et paysans).

Le Riksdag comporte 349 élus au suffrage universel direct pour trois ans. Le droit de vote est reconnu à tous les citoyens suédois âgés de plus de dix-huit ans (depuis 1976, les immigrés résidant en Suède depuis trois ans ont le droit de voter et de se présenter aux élections municipales). Le scrutin proportionnel, selon la méthode de Sainte-Langüe, est conçu pour assurer la répartition la plus juste des sièges entre les partis. Sur l'ensemble des 349 sièges, 310 sont attribués aux circonscriptions (Fasta Valkrejsmandat) ; les 39 sièges restants sont correcteurs ou de « compensation » et sont répartis entre les formations politiques à l'échelon national. Afin d'éviter la prolifération des partis, la Constitution prévoit que, pour être représenté au Parlement, un parti doit obtenir au moins 4 p. 100 des suffrages nationaux. Toutefois, un parti n'ayant pas obtenu 4 p. 100 dans l'ensemble du pays peut recevoir un ou plusieurs sièges s'il a eu 12 p. 100 des suffrages dans une ou dans plusieurs circonscriptions.

En vertu des dispositions de la Constitution de 1974, le Riksdag détient l'intégralité du pouvoir législatif, il dispose de l'initiative législative et a la faculté de demander au gouvernement de faire procéder à une enquête sur un problème particulier et de rédiger un projet de loi. Mais, le plus souvent, c'est le gouvernement, assisté de comités d'enquête chargés du travail d'élaboration technique des textes, qui propose les projets de loi avant de les soumettre aux parlementaires. Le conseil de législation (Lagradet), organisme indépendant composé de conseillers à la Cour suprême et à la Cour administrative suprême, examine le texte au point de vue juridique. L'essentiel du travail parlementaire s'effectue au sein des commissions permanentes (Utskott) au nombre d'au moins quinze. La commission compétente examine le projet de loi et les amendements qui l'accompagnent et rédige un rapport qui est soumis à l'assemblée plénière du Riksdag qui se prononce sur le texte.

La Constitution prévoit que le Riksdag peut adopter une loi décidant de l'organisation d'un référendum consultatif. Exception faite du référendum de novembre 1994, organisé pour ratifier l'adhésion de la Suède à l'Union européenne, et du référendum de septembre 2003 pour l'adoption de l'euro, cette procédure de démocratie directe n'a été utilisée qu'à quatre reprises : en 1922, à propos de la prohibition ; en 1954, à propos de la circulation à gauche ; en 1957, pour les pensions de vieillesse ; en 1980, sur la question de l'énergie nucléaire. En 1979, une disposition nouvelle a été introduite dans la Constitution rendant possible le recours à un référendum législatif sur les amendements à la Constitution. Aucun référendum de ce type n'a, jusqu'à présent, été mis en œuvre.

Le principe de la responsabilité politique du gouvernement figure dans la Constitution. C'est ainsi que le gouvernement peut poser la question de confiance sur un texte avant l'ouverture du scrutin. Le Riksdag a, de son côté, la faculté, dans le cadre de sa fonction de contrôle, de contraindre le gouvernement à démissionner en adoptant à la majorité absolue une « motion de défiance ». Toutefois, une telle motion demeure sans effet si le gouvernement décide de recourir à de nouvelles élections.

Les acteurs du jeu politique

En Suède, comme dans toutes les démocraties modernes, les partis politiques sont les acteurs privilégiés du jeu politique. Mais certaines organisations, comme les syndicats, dont l'influence est parfois déterminante, doivent également être considérées comme des éléments essentiels de la vie politique.

Les partis politiques

Le multipartisme est une des caractéristiques principales de la vie politique suédoise. Les partis politiques ont commencé à prendre leur physionomie actuelle lors des luttes pour l'établissement de la démocratie menées au cours des décennies qui ont précédé et suivi la fin du xixe siècle. Ainsi, en 1909, c'est la même loi qui a établi le principe du suffrage universel pour les élections à la chambre basse et qui a adopté le système de la représentation proportionnelle pour les élections aux deux assemblées. Cet aménagement du mode de scrutin conféra aux partis politiques un rôle accru en raison de l'importance qu'ils acquirent dans la désignation des candidats aux diverses élections.

Cinq formations ont occupé depuis le début du xxe siècle et occupent encore le devant de la scène politique tant sur le plan national que sur le plan local.

Le Rassemblement des modérés (Moderata Samlin Gspartiet) est fréquemment appelé de son ancien nom, délaissé en 1969, de Parti conservateur. Après avoir été de 1920 à 1948 le plus grand des partis « non socialistes » ou « bourgeois », le Parti conservateur se trouva dépassé par le Parti libéral qui devint le premier parti d'opposition. Toutefois, depuis le début des années 1970, les conservateurs n'ont cessé de progresser. Remportant environ 20 p. 100 des suffrages depuis les élections de 1979, ils se sont présentés, sous l'impulsion de leurs chefs, Ulf Adelsohn puis Carl Bildt, comme l'alternative à la social-démocratie. Leur programme traditionnel d'opposition les conduisait à critiquer le système fiscal, à dénoncer la bureaucratie et les tendances collectivistes de la société, à redonner à l'individu le sens de ses propres responsabilités et à insister sur les valeurs chrétiennes et la signification de la communauté familiale. Associés au pouvoir entre 1976 et 1981, les modérés ont trouvé dans le gouvernement dirigé par Carl Bildt (1991-1994) l'occasion d'engager l'économie suédoise sur la voie du libre marché. Ils ont dû ensuite attendre jusqu'en 2006 pour revenir au pouvoir, sous la houlette de Fredrik Reinfeldt, leur nouveau leader qui devient alors Premier ministre.

Autrefois appelé Parti agrarien, le Parti du centre (Centerpartiet), attaché à l'origine à la défense de la population agricole, a élargi sensiblement son assise sociale ; la part des agriculteurs dans son électorat s'est réduite, tandis que la proportion des ouvriers et des employés s'accroissait. Sa première période d'expansion culmina en 1936, puis il déclina surtout dans la période 1951-1957 où il participa à un gouvernement de coalition avec les sociaux-démocrates. Après un creux en 1956, où il n'atteignait plus que 9,4 p. 100 des voix, le Parti du centre a progressé pour atteindre 25,1 p. 100 des suffrages en 1973. Depuis lors, son audience ne cesse de diminuer pour ne plus constituer que 7,8 p. 100 des voix en 2006. Après les élections de 1976, le chef du Parti du centre, Thorbjörn Fälldin, fut chargé de former le gouvernement qui remplaça celui d'Olof Palme. À l'issue de deux années de responsabilités, le Premier ministre démissionna en raison des divergences entre les partis non socialistes au sujet de l'énergie nucléaire. Au printemps de 1981, T. Fälldin reprit la tête d'une coalition centriste libérale qui fut battue aux élections de 1982.

L'audience du Parti libéral (Folkpartiet) a subi d'importantes fluctuations. Il connut sa première heure de gloire au début du siècle lorsqu'il commença à s'organiser à l'échelle nationale. Sa coopération avec le Parti social-démocrate, pour l'instauration d'une véritable démocratie passant par la reconnaissance du suffrage universel, eut pour résultat de développer l'influence des sociaux-démocrates qui bénéficièrent des suffrages de la classe ouvrière. Peu à peu, la part des suffrages du Parti libéral déclina jusqu'en 1932 pour se stabiliser autour de 12 p. 100. L'influence des libéraux au Parlement demeura cependant forte, malgré une scission du parti en 1923 à propos de la prohibition. Réunifiés en 1934, les libéraux connurent une seconde période de croissance en 1948 et apparurent comme le parti le plus important de l'opposition. En 1958, à l'époque du conflit de la pension complémentaire, la position intermédiaire du Parti libéral lui fit perdre beaucoup de terrain. Depuis lors, les électeurs se sont détournés de lui, et il n'obtint plus que 9,4 p. 100 des suffrages en 1973, 11,06 p. 100 en 1976, 10,5 p. 100 en 1979. Son leader Ola Ullsten a été Premier ministre dans le gouvernement libéral minoritaire d'octobre 1978 à l'automne de 1979 avant de devenir ministre des Affaires étrangères dans le cabinet Fälldin. Aux élections de 1998, le Parti libéral a subi un échec spectaculaire en n'obtenant que 4,7 p. 100 des voix, chiffre le plus faible jamais atteint depuis sa création. Il a reconstitué par la suite son électorat, obtenant 13,4 p. 100 des voix en 2002.

Fondé en 1889, le Parti social-démocrate des travailleurs (Social Demokratiska Arbeterapartiet) entra au Parlement en 1897 avec Hjalmar Branting et vit son assise électorale s'élargir à mesure que le droit de vote était reconnu à de nouvelles catégories d'électeurs. Ayant obtenu 64 sièges à la chambre basse en 1911 (conservateurs, 65 ; libéraux, 101), le Parti social-démocrate refusa de participer au pouvoir aux côtés des partis bourgeois. Toutefois, adoptant les thèses réformistes, les sociaux-démocrates figurèrent dans une coalition avec les libéraux en 1917 sous la direction du libéral Eden. En 1920, Branting devint Premier ministre et le resta à plusieurs reprises dans des gouvernements minoritaires jusqu'à sa mort en 1927. De 1932 à 1976, les sociaux-démocrates exercèrent le pouvoir sans interruption, à l'exception d'un bref intermède de cent jours en 1936. De 1932 à 1936, les sociaux-démocrates, dirigés par Per Albin Hansson, passèrent avec les agrariens un accord de coopération pour résoudre la crise de l'emploi et régler les problèmes du monde agricole. Ils formèrent ensuite avec eux un gouvernement de coalition (1936-1939). Durant la Seconde Guerre mondiale, la Suède connut un gouvernement d'union nationale dans lequel figurèrent tous les partis, à l'exception des communistes. Après la guerre, le gouvernement d'union nationale fut remplacé par un gouvernement social-démocrate homogène qui, de 1945 à 1951, mit en œuvre un programme de réformes sociales. Après les élections de 1948, les sociaux-démocrates, dirigés par Tage Erlander qui succéda à Hansson, décédé en 1946, tentèrent d'élargir l'assise parlementaire du gouvernement et constituèrent une coalition, de 1951 à 1956, avec le Parti du centre. La question de la pension complémentaire mit fin à cette coalition, et les sociaux-démocrates eurent alors seuls la responsabilité gouvernementale.

En 1968, les sociaux-démocrates, sous la direction du « père de la nation », Tage Erlander, remportèrent une éclatante victoire en obtenant la majorité absolue aux dernières élections organisées dans le cadre du bicaméralisme. Cependant, à partir de 1970, le parti, à la tête duquel se trouvait depuis 1969 Olof Palme, vit son audience diminuer, tout en demeurant la principale force politique du pays. L'accélération des réformes dans tous les domaines : politique familiale, fiscalité, sécurité de l'emploi, place des délégués syndicaux au sein des entreprises, protection de la nature, politique énergétique, etc., entraîna un flottement au sein du parti et conduisit à une érosion de ses positions. En 1973, les électeurs renvoyaient dos à dos le camp bourgeois et le bloc socialiste avec 175 sièges chacun dans une assemblée où certains textes furent adoptés par tirage au sort. Ce qui entraîna une diminution du nombre de sièges du Riksdag qui passa de 350 à 349. Aux élections de 1976, le Parti social-démocrate fut vaincu, les partis non socialistes obtenant la majorité au Parlement avec 180 sièges. Les sociaux-démocrates revinrent aux commandes en 1982, portés par la dégradation de la situation économique, la montée du chômage et l'impossibilité pour les partis « bourgeois » de mettre au point un programme commun. À leur tour, pourtant, ils devaient être victimes de l'aggravation de la crise. En dépit d'une politique économique très assouplie, inspirée par le soutien des libéraux, ils connaissaient un sérieux revers électoral en 1991 avec 38,2 p. 100 des voix. La même cause les ramenait au pouvoir en 1994, leur résultat de 45,4 p. 100 aux élections législatives permettant à Ingvar Carlsson de former un cabinet homogène minoritaire. Göran Persson lui succède en mars 1996, et maintiendra au pouvoir les sociaux-démocrates et leurs alliés jusqu'en octobre 2006.

Né de la scission qui se produisit en 1917 au sein du Parti social-démocrate, le Parti communiste (Vänsterpartiet Kommunisteria), aujourd'hui dénommé Parti de la gauche, n'a longtemps été qu'un petit parti dont les résultats électoraux se sont situés aux alentours de 5 p. 100, bien près du seuil de 4 p. 100. Dans les années 1960, il a développé une stratégie nouvelle, acceptant les principes du parlementarisme et de la démocratie et a servi de force d'appoint aux sociaux-démocrates, notamment pour l'instauration, en 1983, des fonds salariaux.

Enfin, on note, selon les élections, la percée de petites formations telles que le Parti chrétien-démocrate (24 élus en 2006), et le Parti écologiste qui obtient en 2006 19 élus.

Les syndicats

La structure économique et sociale de la Suède confère au mouvement syndical un rôle particulièrement important. Historiquement, le Parti social-démocrate s'est développé à partir d'une base syndicale puissante. Cette origine explique l'étroite parenté qui a constamment existé entre les syndicats et les sociaux-démocrates.

Après la tentative des typographes de Stockholm qui, en 1846, voulurent créer une « union », l'idée syndicale est apparue, en Suède, au cours des années 1880 lorsque des syndicats de relieurs, de tailleurs et de peintres se constituèrent. C'est également à cette époque que naquirent les premières fédérations syndicales. Durant les premières années de son existence, le Parti social-démocrate, fondé en 1889, exerça une action de type syndical dont la réussite déboucha, en 1898, sur la création de la Confédération générale du travail de Suède (Landsorganisationen ï Sverige, L.O.). Face au mouvement syndical, les patrons fondèrent, en 1902, la Confédération patronale suédoise (Svenska Arbetsgivare Föreningen, S.A.F.) qui se développa rapidement. Au début des années 1930, les fonctionnaires et les employés commencèrent à se regrouper dans des syndicats indépendants de L.O. La plupart du temps, ils procédèrent par l'élargissement ou la transformation d'anciennes amicales professionnelles. En 1944, la fusion des centrales des employés et des fonctionnaires donna naissance à la Confédération générale des fonctionnaires et employés (Tjänstemännens Central Organisation, T.C.O.).

L.O. est la plus grande organisation de travailleurs ; les fédérations syndicales qu'elle regroupe sont structurées davantage par branches industrielles que par types de métier. Des rapports étroits unissent traditionnellement L.O. et le Parti social-démocrate, et beaucoup de syndiqués appartiennent au parti, car de nombreuses fédérations affiliées à L.O. adhèrent collectivement au Parti social-démocrate. À tous les échelons, des liens organiques s'établissent entre parti et syndicat, des comités de collaboration réunissent des personnalités des deux organisations afin d'harmoniser les actions du parti et du syndicat. Sur le plan financier, les fédérations syndicales sont d'importants bailleurs de fonds du parti, leur participation au financement de ses dépenses atteignant, en période électorale, 50 p. 100. Au point de vue idéologique, les rapports sont moins étroits, ainsi qu'en a témoigné, à la fin des années 1970 et au début des années 1980, le débat sur les « fonds salariaux ».

La Confédération générale des fonctionnaires et employés regroupe la grande majorité des « cols blancs » suédois. Ce syndicat, qui se veut politiquement neutre et indépendant à l'égard de L.O., s'intéresse activement aux divers problèmes de société et a vu son ancien président, Lennart Bodstrom, devenir ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement formé par Olof Palme en octobre 1982.

La plupart des conventions collectives reposent sur des accords nationaux entre L.O. et S.A.F., qui sont ensuite complétés par des conventions fédérales et locales.

Organisation administrative

Les institutions administratives suédoises présentent une originalité certaine qui les distinguent de celles de nombreux pays, qu'il s'agisse des administrations centrales, des institutions locales ou de l'ombudsman.

Les administrations centrales

L'exécution des décisions gouvernementales est confiée à un certain nombre de services administratifs qui ne sont pas placés sous l'autorité directe des ministres. Ces services sont érigés en agences ou bureaux (Ambetswierk) autonomes. À la tête de chacun de ces services est placé un directeur général entouré d'un conseil d'administration composé de hauts fonctionnaires et de représentants des usagers. Ces agences ou bureaux se consacrent à l'administration courante, c'est-à-dire à l'exécution des lois et règlements.

Les ministères proprement dits (départements) constituent de petites unités composées généralement d'une centaine de personnes placées directement sous l'autorité du ministre. Leur mission est limitée aux tâches suivantes : préparation des projets de lois, élaboration des décisions du Conseil des ministres (règlements, nominations des hauts fonctionnaires, etc.), publication des textes législatifs et réglementaires, étude de la politique générale du gouvernement.

Administration locale

L'autonomie administrative locale, pratiquée aujourd'hui en Suède, a été instaurée sous sa forme moderne par les ordonnances de 1862 sur l'administration locale. Des réformes ultérieures ont créé une administration locale à deux niveaux : les communes (Kommun), qui ont une longue tradition de liberté, et les comtés (Län).

Avant 1952, la Suède comptait quelque 2 500 communes. L'État souhaitait les regrouper afin de constituer des unités suffisamment fortes pour supporter la charge de tâches nouvelles, notamment en matière sociale et scolaire. Un processus de fusion fut mis en place en plusieurs étapes ; en 1970, la Suède était encore divisée en 850 communes, aujourd'hui ce nombre est réduit à 290. Les compétences de ces collectivités sont larges et concernent : les enseignements primaire et secondaire, les services sociaux (protection de l'enfance, lutte antialcoolique, action en faveur des personnes âgées), la voirie, les adductions d'eau, etc. En contrepartie, les communes sont habilitées à lever un impôt sur le revenu de leurs administrés dont le taux n'a cessé de s'accroître au cours des dernières années. Elles perçoivent également une taxe foncière et font payer à leurs habitants une redevance pour divers services et prestations. Elles perçoivent enfin d'importantes subventions étatiques destinées à couvrir certaines dépenses. Rappelons que, depuis 1976, les immigrés ayant résidé depuis au moins trois ans en Suède ont le droit de voter et de se présenter aux élections communales.

L'organisation régionale s'articule autour de vingt et un comtés (22 jusqu'en 1996). Les efforts faits pour engager les administrés dans les affaires locales se sont également traduits dans les institutions. Des référendums consultatifs peuvent être organisés.

Autrefois, chaque préfecture avait à sa tête un préfet (Landshövring) nommé par le gouvernement et jouissant de pouvoirs de décision exclusifs. Depuis la loi sur les collectivités locales, entrée en vigueur en 1977, la direction de l'administration préfectorale est confiée à un conseil présidé par le préfet. Les membres de ce conseil sont élus par le conseil de comté (Landsting), lui-même élu pour quatre ans au scrutin proportionnel, comme les conseils municipaux. Les conseils généraux sont essentiellement responsables en matière de santé, et ils ont notamment la charge des hôpitaux.

L'ombudsman

La Suède est à l'origine de l'institution de l'ombudsman, qui s'est développée dans de nombreux pays pratiquant le régime parlementaire. La fonction de l'ombudsman parlementaire, apparue au xviiie siècle, a été consacrée par la Constitution de 1809, qui a créé un ombudsman pour fournir au Parlement un moyen de contrôler le respect des lois par l'administration. En 1915 apparaît un ombudsman spécialisé dans les affaires militaires. En 1968, trois ombudsmen, égaux entre eux, ont été nommés, portant tous trois le titre d'ombudsmen parlementaires. Enfin, en 1976, l'organisation des services a été modifiée. Il y a aujourd'hui quatre ombudsmen parlementaires, l'un d'eux étant responsable de l'administration des services. Bien qu'ils soient désignés par le Riksdag, les ombudsmen sont placés dans une situation qui les rend indépendants. Les ombudsmen exercent leur contrôle sur toutes les administrations et organisations publiques de l'État et des collectivités locales, ils supervisent la façon dont les fonctionnaires observent la loi. Leur compétence ne s'étend ni aux ministres ni aux conseillers municipaux. Pour accomplir leur mission, les ombudsmen ont accès à tous les documents, même secrets, et peuvent se livrer à des enquêtes et inspections. L'intervention des ombudsmen est, le plus souvent, motivée par la requête d'un citoyen qui s'estime victime d'un comportement illégal de l'administration. Chaque année, plusieurs millions de plaintes de ce genre sont examinées, l'institution tire son prestige et sa force de son indépendance et de la large publicité donnée à ses travaux.

L'« ombudsman antitrust » est nommé par le gouvernement ; il est chargé de faire respecter la loi sur la restriction de la concurrence. Créée en 1971, la fonction d'ombudsman pour les consommateurs a pour mission de contrôler que les lois visant la protection des consommateurs sont bien appliquées. Enfin, en 1980, après l'entrée en vigueur de la loi sur l'égalité des sexes qui interdit toute discrimination entre hommes et femmes, un « ombudsman pour l'égalité des chances » a été institué pour surveiller l'application de cette loi.

—  Jean-Claude MAITROT, Universalis

La littérature

En matière de littérature, l'originalité de la Suède, dans le concert des nations nordiques, vient de son éclectisme. Il n'est pas de domaine où elle ne se soit illustrée avec éclat. Et si les débuts furent difficiles, la période présente a quelque chose d'étincelant, même si une approche de type éthique semble marquer ces inspirations.

Sous le signe de la religion et de l'étranger

Les origines de la littérature suédoise sont obscures et modestes. Avant le xiie siècle, la Suède ne livre guère que des inscriptions runiques réparties sur tout le territoire et dont les plus anciennes pourraient remonter au ive siècle de notre ère. Le plus souvent commémoratives (d'un mort illustre ou de quelque bienfait) et brèves, elles seraient d'une navrante monotonie – n'étaient le sens magique de beaucoup d'entre elles et, parfois, le mètre poétique de certains textes, hautement élaboré malgré son archaïsme. Fait remarquable, non seulement ces inscriptions sont en nombre fort important – bien plus que dans les autres pays scandinaves continentaux – mais la diversité des sujets qu'elles abordent, par allusions rapides, si elle est correctement interprétée, peut donner une bonne idée de l'univers mental et de l'histoire des Vikings qui les ont consignées. Elles constituent à ce titre une source d'information capitale.

La Suède n'ayant été christianisée que vers 1100, c'est seulement à partir de cette date qu'elle apprend à écrire, sous la férule de l'Église. Sa littérature naît dans les monastères, en latin, à l'école des clercs et sous une influence française, puis allemande, enfin danoise, puisque le pays ne se libérera de la tutelle du Danemark qu'en 1523.

De cette époque on ne retient que certains textes de lois provinciales et coutumières (Vestrogothie et Gotland surtout), consignés au début du xiiie siècle au plus tôt, dont l'intérêt est avant tout de restituer une fort ancienne tradition orale, visible dans les formulations archaïques allitérées, au rythme poétique proche de celui des texte eddiques ; et des adaptations de textes chevaleresques français et allemands, dont Le Chevalier au lion de Chrétien de Troyes : Les Chansons d'Euphémie (début du xive siècle). la Chronique d'Éric, qui versifie l'histoire de Suède de 1220 à 1320, constituent de bons documents historiques.

S'imposent alors les œuvres de Petrus de Dacie et surtout de sainte Brigitte (1303-1373), fondatrice de l'ordre des Brigittins et mystique ardente qui consigna en suédois puis fit traduire en latin ses Révélations où les sombres visions apocalyptiques et les méditations d'une haute spiritualité alternent avec un souci du détail concret et un pittoresque d'une prenante fraîcheur. Dogmatique intransigeante, elle orchestre, dès le début, le thème du radicalisme suédois. Voici donc en place les assises fondamentales du génie suédois en matière de lettres : une tendance profonde et comme inaliénable au mysticisme, point trop éthéré, en vérité, mais ardent à trouver une communion avec l'Essence ; simultanément, et non sans paradoxe, une volonté de réalisme qui fait que jamais les implications concrètes de l'expérience ne sont oubliées ; enfin, ce sens de l'ordre, de la loi, qui sera qualifié un jour d'absolutisme.

Il faut en outre faire une place à part, ici comme dans les autres pays scandinaves, aux chants populaires ou folkvisor, d'âge et d'origine incertains, qui brodent sur tous les sujets possibles en vers (knittel) simples, souvent naïfs, ponctués par un refrain. Le style en est plus évolué qu'il n'y paraît, et les sources sont d'une infinie diversité. Il semble bien, toutefois, que l'influence principale exercée sur ces chants dansés vienne de la carole française et des milieux aristocratiques qui la pratiquaient.

Avec l'avènement de Gustave Vasa (1523) et le passage au luthéranisme (1527), l'influence allemande s'accentue. Surtout, la proscription du catholicisme livre un temps la Suède à elle-même, la contraignant de se créer une littérature en langue vernaculaire. Le rôle des traductions officielles de la Bible (Nouveau Testament en 1526, Bible intégrale, dite Bible de Gustave Vasa, en 1541) sera déterminant pour la fixation d'une langue qui allie déjà la netteté et la simplicité à un penchant pour une solennité un peu raide. Ces traductions sont dues avant tout à Olaus Petri (1493 ?-1552), esprit ouvert et libre, qui connut la disgrâce pour avoir écrit une chronique trop franche du règne de Gustave Vasa. C'est lui qui servira de modèle au célèbre Maître Olof (1872), de Strindberg,

Plus curieuses, parce que promises à une longue postérité, sont les œuvres, d'un patriotisme ardent mis au service d'une immense culture volontiers enrichie par une impénitente imagination, des deux frères Johannes et Olaüs Magnus (1488-1544 et 1490-1557) : le premier, avec son Historia de omnibus Gothorum Suenonumque regibus (1557), faisait remonter l'histoire de la Suède à Gog et Magog ! Avec l'Historia de gentibus septentrionalibus (1555) du second, c'est le « göticisme » qui se trouvait ainsi lancé : il sera promis à une belle fortune. Mais ces ouvrages contiennent quantité de renseignements intéressants ; ils vérifient la puissance de l'instinct visionnaire et assoient solidement l'humanisme suédois.

Le « temps de la grandeur »

C'est plutôt d'un point de vue historique qu'il faut entendre la dénomination par laquelle les Suédois désignent leur xviie siècle : Stormaktstid, l'« ère de la grande puissance », qui correspond au norvégien storhetstid, « ère de la grandeur », qui renvoie, lui, au xiiie siècle. Devenue grande puissance, il reste à la Suède à se doter d'une littérature nationale digne de son rang, par un effort conscient qui nous vaudra l'étourdissante Atlantica sive Manhem (1679) d'Olof Rudbeck (1630-1702), où il ne s'agissait de rien de moins que de démontrer que la Suède était l'Atlantide de Platon, sinon l'Éden de la Bible, et par une imitation appliquée de la France, encouragée par les souverains, Christine surtout qui fit venir Descartes à Stockholm.

Les résultats sont assez décevants sur le plan littéraire, mais la langue suédoise y gagna un enrichissement et une souplesse qui la rendront apte bientôt à traduire les plus hautes inspirations. On peut évoquer les noms de Lars Wivallius (1605-1669), poète dont la Complainte sur ce printemps sec et froid (1641) ne manque pas de charme, de Lars Johansson Lucidor (1638-1674), qui préfigure Bellman par ses chansons à boire, et surtout de Georg Stiernhielm (1598-1672), poète énergique au réalisme savoureux que l'on a à bon droit appelé le père de la poésie suédoise, en particulier à cause de son poème didactique et allégorique en hexamètres, Hercule (1658).

Le XVIIIe siècle

Une période de confusion politique appelée l'ère de la liberté (frihetstiden), puis, après le coup d'État de Gustave III (1772), francophile résolu et despote éclairé à la Voltaire, un temps de classicisme qui voit également un enrichissement très marqué de la nation et une promotion sensible de la bourgeoisie vont favoriser l'éclosion de talents de premier ordre cette fois, tant sur le plan littéraire que dans les sciences (le juriste Lagerbring, le physicien et astronome Celsius, auquel on doit le thermomètre, le naturaliste Carl von Linné, inventeur de la nomenclature, toujours en vigueur, du vivant, et qui fut aussi un voyageur curieux de tout et habile à dépeindre les paysages nordiques).

Emmanuel Swedenborg (1688-1772), qui publia surtout en latin et hors de Suède, esprit omniscient et inventeur fécond, géologue, ingénieur, biologiste, communique à partir de 1745 le résultat de ses visions et de ses méditations (De cultu et amore Dei, 1745) : hanté par le problème des relations entre âme et corps, célibataire obsédé par l'amour conjugal, ce mystique conçoit une hiérarchie qui monte scientifiquement de la nature brute aux sphères éthérées. Nul n'est plus représentatif que lui du génie suédois (Almqvist et Strindberg ne s'y tromperont pas), qui entend allier par un effort de la raison le rêve le plus ailé au réalisme bien tempéré. On connaît son influence sur l'œuvre de Balzac, en particulier.

Le fait marquant de l'histoire littéraire suédoise en ce siècle est pourtant ailleurs : dans la création d'une prose élégante et souple, que l'on doit à Olof Dalin (1708-1763) ; celui-ci fonde, sur le modèle du Spectator d'Addison et Steele, l'Argus suédois (premier numéro le 13 décembre 1732), où il traite avec finesse et charme tous les sujets à la mode. La veine sera exploitée ensuite par Johan Henrik Kellgren (1751-1797) qui fut l'âme, à la fin du siècle, du journal Stockholmsposten.

Néanmoins, c'est en poésie encore que s'imposent quelques noms : celui de « la bergère du Nord », dont le surnom dit assez les prédilections poétiques, Hedvig Charlotta Nordenflycht (1718-1763), ceux de Gustav Creutz (1731-1785) et de Gustav Gyllenborg (1679-1746) qui comptent quelques réussites, le premier dans le genre lyrique (Atis och Camilla, poème pastoral), le deuxième dans la satire. Ils s'effacent devant Carl Michael Bellman (1740-1795) : ses Épîtres de Fredman (1790) et ses Chansons de Fredman (1791), rassemblées et publiées en volume peu avant sa mort, sont demeurées immortelles non seulement par leurs qualités musicales, mais aussi par un fond d'angoisse et un amour de la vie qui donnent à ses créations bouffonnes d'apparence une profondeur inattendue. Anna Maria Lenngren (1754-1817), dont les Essais poétiques publiés en volume après sa mort (1819) avaient d'abord paru sans nom d'auteur dans le Stockholmsposten, représente la bourgeoisie tranquille et heureuse de vivre. Reste Johan Kellgren, déjà nommé, qui fut le poète préféré de Gustave III et l'interprète fidèle de ses goûts : encyclopédiste et d'esprit voltairien dans Nos Illusions (1780), il sera, sur la fin de sa vie, presque préromantique dans La Création nouvelle ou le Monde de l'imaginaire (1790). Gustave III essaya aussi de créer un théâtre en suédois, mais il ne parvint pas à le dégager de l'emprise française.

Ce n'est en fait qu'avec les premiers frissons du préromantisme, venus d'Angleterre et d'Allemagne, que se lève vraiment un souffle appelé à susciter de grandes œuvres : tant il est vrai que quelque affinité intime devait lier le génie suédois et le romantisme. Il y a d'ailleurs déjà dans les poèmes de Frans Michael Franzen (1772-1847) et surtout dans L'Ange de la mort de Johan Olof Wallin (1779-1839) une ouverture et un appel qui annoncent des temps nouveaux.

Visages du romantisme

Parce que la Suède sort amoindrie des guerres napoléoniennes, que le classicisme y survit plus longtemps qu'ailleurs en Europe, que les centres de la vie intellectuelle se placent dans les villes universitaires de Lund et d'Uppsala et non plus à Stockholm, que le prestige de la France le cède à celui de l'Allemagne, un bouleversement se produit qui entraîne un sursaut de patriotisme et un réveil religieux.

En 1810 se fonde à Uppsala une revue, Phosphoros, organe d'un cénacle littéraire (les « phosphoristes ») dont le chef de file est Per Daniel Amadeus Atterbom (1790-1855) : outre de remarquables essais, véritables fondements de l'histoire littéraire en Suède sur les visionnaires et poètes suédois (Svenska siare och skalder, (1841-1855), ce poète qui s'inspire de Tieck et de Shakespeare assigne à la poésie lyrique la fonction de découvrir le monde idéal dont notre terre n'offre qu'une grossière et décevante ébauche : L'Île de la félicité (1827). Ce mysticisme trouve une expression plus intense encore dans les œuvres d'Erik Johan Stagnelius (1793-1823), Les Lys de Saron (1821) et Les Martyrs (1821) influencés par Chateaubriand. Stagnelius tire une subtile jouissance de sa propre incapacité à choisir entre une sensualité tyrannique et une religiosité éthérée ; ce déchirement provoque des recherches artistiques d'une grande beauté, mais le dilemme n'est pas résolu.

Le professeur Erik Gustaf Geijer (1783-1847) et le professeur Esaïas Tegnér (1782-1846), qui deviendra évêque, tentent de le résoudre par un retour aux sources historiques. Le premier est le plus illustre fondateur de Götiska Förbundet (1811), l'Union gothique qui voulait revivifier la Suède en lui inculquant les vertus des anciens Gots, d'où le nom de « göticisme » donné au mouvement, où l'on retrouve le souvenir de Johannes Magnus et d'Olof Rudbeck. Historien de qualité, Geijer est grandement responsable du mythe nordique ou du mythe viking que se hâteront d'orchestrer les romantiques français (par le truchement, surtout, de Xavier Marmier), à la fois par le rayonnement de sa personnalité et la mâle énergie de ses plus grands poèmes, comme le célèbre Viking (1811) ou Manhem. De plus, en véritable savant, il contribua à ressusciter le passé en publiant avec Afzelius l'important recueil de Chants populaires suédois des temps anciens (1814-1816). Il s'agit, en fait, des folkvisor que nous avons présentées plus haut. On ne saurait négliger l'importance de ces « folkloristes » danois, norvégiens et suédois qui, au début du romantisme, se mirent en quête des trésors littéraires des temps passés. Plus que d'une reviviscence, il s'agissait bien d'une « réinviscération » de l'âme nationale dans des réalités quasi immémoriales. De Geiger, toujours, on apprécie également la force et l'émouvante simplicité de ses derniers et brefs poèmes hantés par la mort prochaine, comme Pour le jour de l'an 1838. Tegnér, qui évoque Goethe parfois, a doté une inspiration toute romantique d'une expression restée classique. Il reste l'auteur cher à tout Suédois du poème patriotique Svea et surtout de la Saga de Frithiof (1825), imitée d'un modèle islandais ancien, ensemble de poèmes majestueux et harmonieux où un idéalisme plus grec assurément que nordique combat un pessimisme lucide.

C'est en 1980, avec la publication du premier journal libéral suédois, Aftonbladet, que se situe le tournant précis qui va hisser la littérature suédoise au tout premier rang, faisant resurgir un réalisme un instant délaissé pour offrir cet amalgame original qu'illustrent les œuvres d'Almqvist et de Strindberg.

Carl Jonas Love Almqvist (1793-1866) est le fruit de la lente évolution que l'on vient d'esquisser. Aventurier de haute volée qui mourra exilé et soupçonné de faux sinon de tentative d'empoisonnement, cet écrivain qui fut aussi directeur d'école et pasteur luthérien reste la première et la plus vivante expression de ce que M. Bigeon appela les « révoltés scandinaves », le premier à tenter ce que les Scandinaves nomment la « percée » (genombrott) moderne. Disciple de Rousseau, de Swedenborg et des représentants des grandes tendances du romantisme européen, il aborde dans les seize volumes du Livre de l'églantine (1832-1850) tous les genres possibles, préfigurant les multiples et divers courants du modernisme (on n'osera publier intégralement certains de ses récits qu'en 1960) ; production inégale et touffue d'où émerge un plaidoyer pour l'amour libre (Ça va, 1839, en français : Sara), des poèmes d'un lyrisme chantant (Songes, 1849), un roman ciselé comme un camée, Le Diadème de la reine (1834), dont le personnage principal est un étrange androgyne, des plaidoyers pour le petit peuple miséreux, comme Signification de la pauvreté suédoise (1838). Rousseauiste actif, Almqvist tenta un retour à la nature qui fut un échec personnel et conçut un plan d'éducation populaire étonnamment moderne. Tous les frémissements de l'idéalisme et du mysticisme, tempérés par un réalisme aux vues d'avenir audacieuses, passent dans une œuvre dont l'unité tient à la fascinante personnalité de l'écrivain.

Auprès de lui, les poètes qui se firent connaître sous le nom collectif de « Signatures » paraissent un peu fades, malgré l'aristocratisme parnassien, curieusement teinté de sollicitude sociale, de Carl Snoïlsky (1841-1903), auteur des Images suédoises, et l'éloquence grave de Viktor Rydberg (1828-1895) qui écrivit le roman Le Dernier Athénien (1859). Il contribua à sa façon à la résurrection des antiquités nationales en prodiguant des études, qui demeurent lisibles aujourd'hui, sur la mythologie des anciens Scandinaves et Germains.

La fin du xixe siècle voit l'entrée de la Suède dans le concert des nations industrielles, avec les bouleversements économiques et les problèmes sociaux qui en résultent. Cependant, la littérature officielle demeure romantique et ignore les préoccupations du monde moderne. Il s'ensuit que chez les personnalités de génie le sentiment d'incompréhension et de solitude est fort, partant, la tendance à la révolte, à l'individualisme anarchique sinon à l'exil, et le repli sur l'aristocratisme nietzschéen promis à un grand retentissement dans le Nord. Par là se trouvent expliquées les œuvres de Brandes au Danemark, d'Ibsen en Norvège et surtout du plus grand écrivain suédois, August Strindberg (1848-1912) dont toute la vie se sera passée à crier, par la poésie, le roman, la nouvelle et surtout le drame, son angoisse existentielle, son besoin d'amour, sa quête d'absolu, c'est-à-dire, encore et toujours, sa recherche passionnée de lui-même selon tous les registres de l'écriture, du romantisme au symbolisme en passant par le réalisme et le naturalisme, par une alchimie dont lui seul possède la clé. Maître Olof (1872-1876), Le Cabinet rouge (1879), Inferno (1897), Le Chemin de Damas (1898-1904), Le Songe (1901), entre autres, portent la marque du génie universel et sans âge parce que, au-delà de ce qu'elles doivent à leur temps, on perçoit une des personnalités les plus riches, les plus pathétiques et les plus déchirées qui aient jamais été. On a réduit trop souvent en France l'œuvre de Strindberg à son seul théâtre, quelle que soit la valeur, incontestable, de ses pièces, notamment de celles dites à tort « naturalistes » (expressionnistes conviendrait beaucoup mieux à Mademoiselle Julie ou au Père, par exemple).

Son ombre immense offusque un peu la portée d'œuvres contemporaines pourtant attachantes, toutes aimantées, malgré la diversité des écoles, par le rêve, la religiosité, la sentimentalité, et toutes tendant, consciemment ou non, à s'exprimer dans une prose poétique que facilite la claire musicalité de la langue suédoise.

Autour de 1890, le lyrisme fleurit avec Verner von Heidenstam (1859-1940), romantique attardé capable de superbes romans historiques (Les Carolins) et dont le recueil Année de pèlerinages et d'errances (1888) ouvre la voie à Gustaf Fröding (1860-1911), disciple des romantiques anglais, poète maudit qui exhala dans des recueils d'une belle musicalité comme Guitare et accordéon (1891) ou Éclats et lambeaux (1896) son angoisse de ne pouvoir accorder la laideur de la réalité aux blandices du rêve, et à Erik Axel Karlfeldt (1864-1931), qui chanta en vers robustes et d'apparence naïve sa Dalécarlie natale dans Chansons de Fridolin (1898) : par là se trouvait mis à l'honneur un régionalisme qui devait constituer une des sources d'inspiration les plus fécondes de la Suède moderne. Car Karlfeldt s'appliquait à décrire et à commenter avec alacrité, dans ses poèmes en vers libres, les naïves et splendides peintures murales des maisons de Dalécarlie représentant en particulier des scènes de la Bible.

De ce régionalisme témoigne Selma Lagerlöf (1858-1940) dont Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson à travers la Suède (1906-1907), ouvrage de commande qui, sous le couvert d'une affabulation gentiment folklorique, porte toute une philosophie du retour à la nature primitive bonne et secourable, a imposé le nom au monde entier, mais qui fut aussi une romancière attentive à capter les résonances mystiques de la réalité la plus humble de son Värmland dans des romans dont le fleuron reste la Saga de Gösta Berling (1891). Pareillement, on ne fait pas assez droit à l'humanisme réaliste de Hjalmar Söderberg (1869-1941), délicatement exprimé dans La Jeunesse de Martin Birck (1901).

Et il convient de rappeler que le féminisme suédois, lancé avec plus de fougue que d'art par Fredrika Bremer (1801-1865), trouva vers la fin du siècle en Ellen Key (1849-1926) un apôtre convaincu.

Les Temps modernes

Désormais, la Suède est devenue une grande puissance. Elle souffre pourtant, en littérature, d'un déséquilibre entre tenants de la tradition et adeptes résolus d'un modernisme impénitent.

À ce titre, l'auteur le plus représentatif restera Pär Lagerkvist (1891-1974) qui, d'Angoisse (Ångest, 1916) à Mariamne (1967) en passant par Barabbas (1950) et de nombreux ouvrages romanesques ou dramatiques, ne cesse de réinstruire en termes passionnément ambigus le procès d'une époque qu'il accuse de nier la vie. Le même sentiment tragique de la condition humaine domine l'œuvre hautaine et racée du poète Vilhelm Ekelund (1880-1940), l'auteur de L'Étoile de la mer (1906), tandis que le grand romancier Hjalmar Bergman (1883-1931), dans Les Mémoires d'un mort (1918), ou Le Clown Jac (1930), voile ses créations angoissées du masque d'un humour souvent grotesque, et qu'Agnes von Krusenstjerna (1894-1940), dans des romans comme Tony (1922-1926), Les Demoiselles von Pahlen (1930-1935), Noblesse pauvre (1936-1938), dira, avant de sombrer dans la folie, l'extase de l'être jeune et pur devant l'amour et la vie, puis l'irrémédiable déchéance qui, par l'amour et la vie mêmes, mène inexorablement à la mort.

Peut-être est-ce la conscience de cette sorte d'impasse qui entraîna vers les années vingt un certain nombre d'écrivains, dits prolétaires, effectivement sortis pour la plupart de milieux ouvriers, à chercher leur inspiration dans leur expérience sociale, le plus souvent sous une forme autobiographique voilée. Tout comme les « atomiques » islandais ou les « absurdistes » danois, les « prolétaires » (mal nommés : autodidactes conviendrait mieux) suédois – et, dans leur sillage, norvégiens –, représentent un des apports originaux des lettres scandinaves à la culture occidentale. Ils ont renouvelé le mode d'expression, que nous avons dit un peu figé et raide, de leurs compatriotes. Ils ont aussi contribué au passage de la Suède à la social-démocratie et, plus ou moins formés par l'école d'adultes, ils ont prouvé en même temps qu'un certain type d'éducation, aussi éloigné de l'abstraction universitaire que du populisme, peut faire merveille. Les écrivains « prolétaires » exploitent, dans un réalisme franc né d'un amour profond de la vie simple, la veine individualiste strindbergienne. Relèvent de cette tendance, entre autres, Arthur Lundkvist (1906-1991), avec Flamme (1928), et Harry Martinson (1904-1978), marin et voyageur à la Paul Morand dans Voyages sans but (1932), romancier du Chemin de Klockrike (1948) et poète qui sut renouveler le vocabulaire pour décrire ses errances. Eyvind Johnson (1900-1976) est un romancier lucide et réfléchi dont la trilogie Krilon (1941-1943), qui défendait au prix d'une allégorie transparente l'humanisme occidental contre le nazisme, et les ouvrages parodiques inspirés de l'Ulysse de Joyce, Voici la nuit (1932) et Heureux Ulysse (1946), comptent parmi les œuvres marquantes du demi-siècle. Martinson et Johnson ont obtenu, ensemble et en tant que représentants de l'école « prolétaire », le prix Nobel de littérature en 1974.

D'autres s'essaient à de courageux bilans, comme Gunnar Ekelöf (1907-1968), poète finement cultivé qui se livre dans Tard sur la terre (1932) et dans des recueils d'inspiration orientale telle La Saga de Fatumeh (1966) à une méditation en profondeur sur la civilisation occidentale, quand ils ne recherchent pas dans l'hermétisme, comme Erik Lindegren (1910-1968), dans L'Homme sans voie (1942), la clé d'une sagesse perdue. Mais désespoir et suicide guettent des engagements comme celui de Stig Dagerman (1923-1954), auteur du Serpent (1945) et de L'Enfant brûlé (1948). Dagerman assume avec force cette littérature dite des années 1940 (Fyrtiotalister), qui correspond d'assez près à nos existentialistes et entend faire face à la déréliction du monde moderne tragiquement renforcée par l'histoire. Le correspondant danois en serait Martin A. Hansen. Mais là où les émules de Sartre recommandent l'engagement et l'exercice de la liberté souveraine, il semble que les Scandinaves ne soient pas parvenus à triompher du vide ontologique que cette vision du monde entraîne comme par définition. Cela confère à leurs œuvres un ton tragique que l'on ne retrouve pas ailleurs.

D'autres tendances vont tantôt à la recherche d'une poésie concrète, comme Öyvind Fahlström (1928-1976) dans Oiseaux de Suède (1962), tantôt s'appliquent à une objectivité sereine qui cache en fait des recherches ironiquement subjectives, comme Per-Olof Sundman (1922-1992) qui affirme d'œuvre en œuvre une souveraine maîtrise dans l'art de la notation du décalage qui sépare sans recours, semble-t-il, réalité objective, expérience vécue et relation littéraire : Les Chasseurs (1957), L'Expédition (1962). Ou bien, c'est le mystère de l'être ici-bas qui fascine les romans bernanosiens de Birgitta Trotzig (née en 1929) comme dans Les Destitués (1957), tandis que Per-Olof Enquist (né en 1934) cherche à dédoubler la réalité « documentaire » d'une dimension psychosociale dans Le Cinquième Hiver du magnétiseur (1964). Sven Delblanc (1931-2000) revient à la tradition dans d'impeccables récits de goût classique (La Cape du pasteur, 1963), mais sa voix demeure solitaire. Per Odensten (1938), avec Gheel, la ville des fous (1981), respecte ce qui, de tout temps, fut l'essence du génie suédois : son sens du mystère et son application à en approcher les arcanes.

Les lettres suédoises de ces dernières décennies ont d'abord été marquées par une réflexion de caractère politique, dans la ligne de l'engagement social-démocrate vigoureusement défendu par les « prolétaires » de l'avant-guerre. Un Per Wästberg (né en 1933) médite sur la condition des peuples africains et sur le colonialisme (Sur la liste noire, 1960), Sara Lidman (1923-2004), qui avait débuté par un roman-reportage sur les mineurs du Norrland (La Mine, 1968), s'élève, dans Moi et mon fils (1981) contre le racisme et l'apartheid. Jan Myrdal (né en 1927) stigmatise le communisme à la chinoise dans le célèbre Rapport sur un village chinois (1963) avant de s'en prendre aux structures sociales et politiques de son propre pays (Enfance, 1982). Ce dernier point mobilise l'attention des écrivains. Ainsi pour les satires truculentes de P. C. Jersild (né en 1935) dans La Maison de Babel (1973), ou les très intellectuelles méditations philosophiques de Lars Gustafsson (né en 1936), par exemple dans Mort d'un apiculteur (1978), voire les vitupérations du poète Göran Palm (né en 1931) contre la sournoiserie du capitalisme à l'intérieur même de la social-démocratie (Endoctrinement en Suède, 1968). Les voix féministes trouvent leur meilleur porte-parole dans les romans de Kerstin Ekman (née en 1933), notamment dans Une ville de lumière (1983). On remarque par ailleurs un retour en force de l'attention à l'écriture (Histoire de m, 1977, de Per-Olof Sundman) et surtout d'une sensibilité retrouvée à l'être humain tout nu, avec sa fantaisie irrépressible, contre le nivellement régnant. Les voix de Göran Tunström (1937-2000) dans L'Oratorio de Noël (1983), de Per Gunnar Evander (né en 1933) dans Les Poings noués de Judas Iscariote (1978), de Torgny Lindgren (1938-2017) dans Bethsabée (1984) ou de Carl-Henning Wijmark (né en 1932) – dont La Draisine est un chef-d'œuvre d'allégorie –, sans parler du fin poète Kjel Espmark (né en 1930 ; Signes à l'Europe, 1982), que révolte l'indifférence du monde présent pour l'individu vivant, paraissent bien devoir l'emporter sur tant de plaidoyers trop alourdis d'idéologie. Mentionnons également la poésie riche de métaphores explosives et d'images concentrées jusqu'au fantastique de Baltiques (1974) de Tomas Tranströmer (1931-2015).

Enfin, on n'oubliera pas que s'exprimèrent en suédois quelques-uns des plus grands noms de la littérature finlandaise, entre autres Johan Ludvig Runeberg, Zacharius Topelius et les poètes Edith Södergran et Bo Carpelan.

Une exubérante vitalité

Il en va des lettres suédoises depuis une vingtaine d'années comme de leurs homologues scandinaves : elles se caractérisent par leur foisonnement, leur diversité, leur ouverture. Là comme ailleurs dans le Nord, l'observateur est frappé par la vitalité d'une littérature pourtant fermement établie sur des assises maintenant au moins centenaires. Ajoutons qu'une bonne part de ces auteurs se sont refusés à se laisser cantonner dans un seul genre : ils sont à la fois poètes, romanciers, dramaturges, essayistes, voire journalistes – au point qu'il est parfois difficile de les ranger dans une catégorie donnée. Autres traits communs, ils sont à la fois un peu écrasés par le passé littéraire, prestigieux, de leur pays, et fascinés par l'ailleurs et l'autrement des lettres mondiales – américaines surtout. Enfin, les aspects morbides de l'existence les attirent sans doute plus que dans d'autres pays. Et puis les grands devanciers, toujours productifs, comme Torgny Lindgren (Miel de bourdon, 1995), Sara Lidman (La Racine de la vie, 1996), Göran Tunström (Reflets, 1996), Kerstin Ekman (Rends-moi vivante de nouveau, 1998) ou P. O. Enquist (Les Cartographes, 1992) restent à la fois des modèles et des incitateurs.

La poésie se porte bien, en vertu d'une tradition vivante en ce pays. Nommons au moins Katarina Frostensson (née en 1953) ou Göran Greider (né en 1959) dont Quand les usines se taisent a quelque chose de poignant. Robert Kangas (né en 1952) se tournerait plutôt vers le réalisme qui a toujours exercé un prestige évident sur la Suède littéraire, mais la palme revient à Jacques Werup (né en 1945) poète de la joie de vivre, de la vitalité (Lumière de septembre,1990), également capable d'une satire lucide et dure de son pays : « Je me suis coulé loin de moi-même/ j'ai essayé d'oublier/ que nous allions bientôt nous rendre chez nous en Suède/ vers l'ordre, la famille au Cultured Milk, l'argile et la maison préfabriquée, la Volvo, / le solarium domestique et les dîners funéraires déductibles d'impôts/.../ Où sur terre la vie revient-elle à rentrer à la maison ? Ces rencontres soudaines, inattendues. » (Le Corps chantant, 1986).

Les prosateurs gardent leurs droits, au pays de Hjalmar Bergman. Ainsi, Magnus Dahlström (Home, 1996) se montre obsédé par la violence et le mal. Parmi les écrivains de sensibilité féministe, mentionnons Sigrid Combüchen (née en 1942), qui s'est imposée par une sorte d'autobiographie fictionnelle de Byron (1988), et Agneta Plejel (née en 1940), écrivain de haut vol dont le roman Fungi (1993) est assuré de demeurer dans les bibliothèques nordiques. On remarquera, là comme ailleurs dans le Nord, une renaissance de l'autobiographie : Peter Kihlgård (né en 1954) avec Conseil à un père, 1996), ou Björn Ranelid (née en 1949) avec À tous...

Il va sans dire que le roman policier connaît en Suède la même étonnante fortune que dans le reste du Nord. Ici, tout le monde connaît Henning Mankell (1948-2015), le plus traduit des écrivains de son pays aujourd'hui, qui, de Meurtriers sans visage (1991) à Avant le gel (2002) est en passe de créer, avec son héros Kurt Wallander, un type de personnage à la Simenon. Mentionnons également le succès planétaire qu'a connu Millénium (2005-2007), la trilogie de Stieg Larsson (1955-2004). Enfin, on n'oublie pas, dans le domaine de la littérature pour la jeunesse, Le chat qui aimait la pluie (1992).

On ne saurait laisser cet aperçu de la littérature suédoise sans faire droit à un étrange parallèle avec les lettres norvégiennes, qui sont dominées par le dramaturge Jon Fosse. Ici, il s'agit de Lars Norén (né en 1944), littéralement obsédé par la figure de Strindberg, le grand ancêtre, et qui, consciemment ou non, a tenté de refaire l'œuvre du maître. Il est d'ailleurs aussi suédois, si l'on peut dire, que l'auteur de La Danse de mort : il a le sens du décor de nature dans lequel se joue le drame, de la famille au sein de laquelle se nouent les pires trames (Le Courage de tuer, 1980), il est passionné d'introspection, tant celle qui concerne ses personnages qu'à travers eux, lui-même. Il ne néglige évidemment pas la critique sociale (La nuit est la mère du jour). En vérité, l'originalité de son théâtre est claire : il n'y a pas d'intrigue suivie, on n'entend que des fragments de conversations qui créent une galerie de figures endommagées par la vie et éclairées d'une touche d'humour, d'une pointe de tendresse qui viennent à point nommé tempérer ce que cette œuvre pourrait avoir de malsain ou de narcissique. En fait, il est bien dans la ligne de Strindberg. Comme l'est également Lars Norén, passionné de réalisme psychologique – et, en un sens, de ce type de moralisme ou de ce réflexe éthique qui a toujours été la marque même du génie suédois.

—  Régis BOYER

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Écrit par :

  • : maître de conférences à l'université de Caen
  • : professeur de droit public à l'université de Paris-V-René-Descartes
  • : professeur émérite (langues, littératures et civilisation scandinaves) à l'université de Paris-IV-Sorbonne
  • : directeur honoraire de l'Institut de géographie de l'université de Paris
  • : professeur de géographie humaine, économique et régionale à l'université de Metz, U.F.R. de lettres et sciences humaines, membre de l'Académie Gustave-Adolphe d'Uppsala (Suède)
  • : professeur à l'université de Lille-III
  • : professeur émérite d'histoire contemporaine à l'université Robert-Schuman, Strasbourg
  • : ancien élève de l'École normale supérieure de la rue d'Ulm et de l'Institut national des langues et civilisations orientales, professeur d'histoire contemporaine à l'institut des hautes études européennes de l'université de Strasbourg
  • : professeur à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne

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Autres références

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SUÈDE, chronologie contemporaine

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Tous les événements politiques (élections, conflits, accords, …) et les faits économiques et sociaux qui ont marqué l’histoire contemporaine du pays jusqu’à aujourd’hui. […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/chronologie/suede/#i_16489

ALLEMAGNE (Histoire) - Allemagne du XVIe et du XVIIe s.

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  • Georges LIVET
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Dans le chapitre « L'Allemagne, champ de bataille de l'Europe »  : […] qui lèse les intérêts protestants, surtout en Allemagne du Nord. En 1630, le roi de Suède Gustave-Adolphe débarque en Poméranie avec une armée. Trois raisons le décident : défense de son propre pays, extension de la domination suédoise dans la Baltique et défense du protestantisme allemand. Richelieu fournit les subsides. […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/allemagne-histoire-allemagne-du-xvie-et-du-xviie-s/#i_16489

BERGSLAG

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  • Georges CHABOT
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Le terme de Bergslag désignait au Moyen Âge un groupement minier, avec ses forêts, ses villages, ses forges, auquel étaient accordés des privilèges spéciaux ; puis, à partir du xvie siècle, on a appelé ainsi tout l'ensemble des bergslag. Cet ensemble, mal délimité, s'étend sur le Värmland, le […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/bergslag/#i_16489

BERNADOTTE FOLKE (1895-1948)

  • Écrit par 
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Le 17 septembre 1948, deux hommes en uniforme israélien abattent à bout portant le comte Folke Bernadotte, médiateur de l'organisation des Nations unies, et son adjoint le colonel français Sérot, alors qu'ils traversent la localité de Katamon pour se rendre à Jérusalem. Soldat, humaniste et diplomate […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/folke-bernadotte/#i_16489

BERNADOTTE JEAN-BAPTISTE (1763-1844), roi de Suède et de Norvège sous le nom de CHARLES XIV (1818-1844)

  • Écrit par 
  • Jean MASSIN
  •  • 545 mots
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Fils d'un magistrat de Pau, engagé à dix-sept ans, sergent-major en 1788 et connu alors sous le sobriquet de « Belle Jambe », Bernadotte prend ses grades dans les armées de la Révolution, devient le lieutenant de Jourdan à l'armée de Sambre-et-Meuse puis de Bonaparte à l'armée d'Italie. Ambassadeur à Vienne pendant deux mois en 1798, il y rencontre […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/bernadotte-charles-xiv/#i_16489

BIRGER jarl de BJÄLBO (1210 env.-1266)

  • Écrit par 
  • Jean Maurice BIZIÈRE
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La figure de ce grand féodal, lié aux familles régnant alors en Scandinavie, incarne le moment où la Suède, au cours du xiiie siècle, s'ouvre aux influences européennes et où les principaux éléments qui pèseront sur son histoire se mettent en place dans […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/birger/#i_16489

BJÖRLING JUSSI (1911-1960)

  • Écrit par 
  • Piotr KAMINSKI
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Johan Jonaton (Jussi) Björling naît à Stora Tuna (Suède) le 5 février 1911 dans une famille très musicienne, et même très « vocale ». Son père, Karl David Björling, était ténor professionnel, et il enseigna le chant à ses trois fils, Karl […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jussi-bjorling/#i_16489

BONNETS & CHAPEAUX

  • Écrit par 
  • Jean Maurice BIZIÈRE
  •  • 400 mots

Nom de deux tendances politiques suédoises qui se disputèrent la majorité au Riksdag, devenu le détenteur du pouvoir politique durant l'« ère de la liberté » (Frihetstid). Au cours de cette période qui s'étend de la mort de Charles XII (1718) au coup d'État de Gustave III (1772), l'absolutisme est […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/bonnets-et-chapeaux/#i_16489

BRANTING KARL HJALMAR (1860-1925)

  • Écrit par 
  • Karl KOEHLER
  •  • 758 mots
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Premier leader de la social-démocratie suédoise, Branting est issu de la bourgeoisie stockholmoise ; étudiant, il rompt avec son milieu, se lance dans le journalisme et sera bientôt le chef de file de la presse socialiste. En 1889, il contribue à la fondation du Parti social-démocrate, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/karl-hjalmar-branting/#i_16489

CARL XVI GUSTAV (1946-    ) roi de Suède (1973-    )

  • Écrit par 
  • Universalis
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Roi de Suède depuis 1973 […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/carl-xvi-gustav/#i_16489

CHARLES XII (1682-1718) roi de Suède (1697-1718)

  • Écrit par 
  • Claude NORDMANN
  •  • 2 344 mots
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Charles XII porta d'abord la Suède-Finlande à son plus haut degré de puissance, pour la précipiter ensuite dans la décadence. Il infléchit vers un despotisme à l'orientale l'absolutisme qu'avait institué son père, Charles XI, dans ce pays traditionnellement attaché à ses libertés : il […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/charles-xii/#i_16489

CHÔMAGE - Politiques de l'emploi

  • Écrit par 
  • Christine ERHEL
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Dans le chapitre « La Suède, pays pionnier »  : […] D'un point de vue historique, la Suède fait figure de précurseur dans le domaine des politiques de l'emploi. Dès 1914, une commission composée de syndicats et d'employeurs (commission Myrdal) propose la création d'un système d'emplois publics subventionnés, en complément de l'assurance-chômage. Cette proposition s'appuie sur l'idée qu'il est […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/chomage-politiques-de-l-emploi/#i_16489

CHRISTIAN II (1481-1559) roi de Danemark et de Norvège (1513-1523) et roi de Suède (1520-1523)

  • Écrit par 
  • Jean Maurice BIZIÈRE
  •  • 367 mots
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La vie de ce fils de Hans Ier de Danemark et de Christine de Saxe commence comme un conte de Perrault, mais se poursuit et s'achève comme un drame de Shakespeare. Désigné comme héritier présomptif par les trois royaumes scandinaves, ce prince intelligent mais instable, alors […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/christian-ii/#i_16489

CHRISTINE (1626-1689) reine de Suède (1632-1654)

  • Écrit par 
  • Claude NORDMANN
  •  • 396 mots

Fille unique de Gustave II Adolphe, Christine lui succède, après sa mort à Lützen ; elle est « élue » reine, à six ans, le 14 mars 1633. Elle est élevée par le théologien Johannes Matthiae pendant la régence d'Axel Oxenstierna, et une formation trop virile déséquilibre cette Vasa exceptionnellement douée […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/christine/#i_16489

CRUSELL BERNHARD HENRIK (1775-1838)

  • Écrit par 
  • Michel VINCENT
  •  • 641 mots

Bernhard Henrik Crusell (né en 1775 à Nystad et mort à Stockholm en 1838) ne serait sans doute jamais passé à la postérité si un engouement discographique récent n'avait fait resurgir son répertoire pour la clarinette […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/bernhard-henrik-crusell/#i_16489

DALÉCARLIE

  • Écrit par 
  • Georges CHABOT
  •  • 383 mots

Peuplée de 275 600 habitants en 2008, la Dalécarlie (en suédois, Dalarna) est une région chère au cœur des Suédois ; c'est de là qu'est partie en 1520 la révolte de Gustave Vasa contre le joug danois, et elle est restée en quelque sorte le symbole de l'unité nationale. Elle constitue la majeure partie du comté de Dalarna (Kopparberg jusqu'en 1997 […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/dalecarlie/#i_16489

DANEMARK

  • Écrit par 
  • Marc AUCHET, 
  • Frederik Julius BILLESKOV-JANSEN, 
  • Jean Maurice BIZIÈRE, 
  • Régis BOYER, 
  • Georges CHABOT, 
  • Lucien MUSSET, 
  • Claude NORDMANN
  • , Universalis
  •  • 19 543 mots
  •  • 17 médias

Dans le chapitre « Naissance d'un État occidental »  : […] du Holstein et du Mecklembourg qui accapare places et revenus, tandis que les villes comptent de plus en plus de bourgeois allemands. Vers 1330, le Danemark semble menacé de dissolution : il doit céder au roi de Suède ses provinces orientales, et les coteries holsteinoises s'y battent en liberté en l'écrasant de taxes […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/danemark/#i_16489

DANIELSON AXEL FERDINAND (1863-1899)

  • Écrit par 
  • Paul CLAUDEL
  •  • 274 mots

Originaire d'une famille ouvrière, ayant peu fréquenté l'école, Danielson est, avec Auguste Palm, l'un des fondateurs du Parti socialiste suédois. Lorsque Palm lance le journal Arbetet à Malmö, c'est à Danielson qu'il confie le poste de rédacteur en chef : il le restera jusqu'à sa mort. De même, le Club […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/axel-ferdinand-danielson/#i_16489

ERLANDER TAGE FRITJOF (1901-1985)

  • Écrit par 
  • Jean PARENT
  •  • 826 mots

Premier ministre suédois de 1946 à 1969, Tage Fritjof Erlander est né le 13 juin 1901, dans la province de Vamland, la plus occidentale de la Suède […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/tage-fritjof-erlander/#i_16489

ESTONIE

  • Écrit par 
  • Céline BAYOU, 
  • Suzanne CHAMPONNOIS, 
  • Jean-Luc MOREAU
  •  • 9 143 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « La Réforme : Germaniques et Suédois »  : […] L'Ordre de Livonie s'y épuisa et disparut. Ce dont profitèrent les Polonais et surtout les Suédois. Ces derniers établirent leur autorité pour un siècle sur l'Estlandie, tandis que les Polonais dominaient Riga et la Livonie. Les nouveaux pouvoirs politiques ne diminuèrent pas l'autorité réelle des barons baltes, descendants des chevaliers de l' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/estonie/#i_16489

EXTRÊME GAUCHE

  • Écrit par 
  • Christine PINA
  •  • 7 144 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Réalités européennes »  : […] gauche peut apparaître comme une alternative politique, au bénéfice d'alliances ou d'ouvertures à de nouvelles thématiques. En Suède, à côté du confidentiel Socialistiska Partiet (membre de la IVe internationale), se développe le Parti de la gauche (Vänsterpartiet), historiquement composé de communistes rénovateurs. Avec 30 sièges à l'Assemblée […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/extreme-gauche/#i_16489

FALUN CUIVRE DE

  • Écrit par 
  • Jean Maurice BIZIÈRE
  •  • 517 mots
  •  • 1 média

Cuivre provenant d'un important gisement suédois, actuellement épuisé, à côté duquel s'est construite une ville d'une vingtaine de milliers d'habitants, chef-lieu du département (län) de Stora Kopparberg. Qualifié par Linné de plus grande […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/cuivre-de-falun/#i_16489

FINLANDE

  • Écrit par 
  • Régis BOYER, 
  • Maurice CARREZ, 
  • Lucien MUSSET, 
  • Yvette VEYRET-MEKDJIAN
  •  • 22 479 mots
  •  • 14 médias

Dans le chapitre « Une terre convoitée »  : […] xiie siècle et commencèrent à la convertir à l'orthodoxie. La concurrence russe incita la papauté à intervenir plus activement : un légat convainquit le chef suédois Birger Jarl de commencer, en 1249, la conquête politique. Le Sud-Ouest fut occupé sans difficulté, un diocèse créé à Åbo (Turku), en 1286. […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/finlande/#i_16489

FRÉDÉRIC III (1609-1670) roi de Danemark et de Norvège (1648-1670)

  • Écrit par 
  • Jean Maurice BIZIÈRE
  •  • 489 mots

Second fils de Christian IV et d'Anne Catherine de Brandebourg, Frédéric est, encore enfant, coadjuteur de Brême, de Verden et de Halberstadt, mais perd ses possessions d'abord en 1629, puis définitivement en 1645. Époux de Sophie-Amélie de Brunswick-Lunebourg (1643), le futur Frédéric III se querelle avec le maréchal comte Bille pendant la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/frederic-iii-1609-1670-roi-de-danemark-et-de-norvege-1648-1670/#i_16489

FRÉDÉRIC IV (1671-1730) roi de Danemark et de Norvège (1699-1730)

  • Écrit par 
  • Claude NORDMANN
  •  • 269 mots

Fils de Christian V et de Charlotte-Amélie de Hesse-Cassel, ayant succédé à son père, Frédéric IV se ligue avec le tsar Pierre Ier et l'Électeur Auguste de Saxe contre le roi de Suède Charles XII, mais il est bientôt contraint de conclure la paix de Travendal (août 1700) reconnaissant la souveraineté […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/frederic-iv/#i_16489

GÖRTZ GEORG HEINRICH VON SCHLITZ baron von (1668-1719)

  • Écrit par 
  • Claude NORDMANN
  •  • 386 mots

Fils du baron immédiat d'Empire Philippe Frédéric von Görtz et d'Élisabeth von Minnigerode, Georges Henri von Schlitz, dit von Görtz, né en Franconie, formé aux universités d'Iéna (où il perd un œil) et de Kiel, se distingue par ses dons physiques et intellectuels à la cour des ducs de Holstein-Gottorp. Il sert comme contrôleur des Finances, puis […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/georg-heinrich-von-gortz/#i_16489

GÖTEBORG

  • Écrit par 
  • Georges CHABOT
  •  • 299 mots
  •  • 1 média

Deuxième ville suédoise, située sur le magnifique estuaire par où le Göta älv, déversoir du lac Väner, débouche sur le Kattegat. Plusieurs ports s'étaient déjà succédé sur cet estuaire ; Göteborg, fondé au début du xviie siècle les supplanta […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/goteborg/#i_16489

GOTLAND ÎLE DE

  • Écrit par 
  • Georges CHABOT
  •  • 233 mots
  •  • 1 média

Située dans la mer Baltique, l'île de Gotland (3 140 km2, 57 100 hab., estimation de 2007) forme un comté du royaume suédois ; elle doit sa célébrité au rôle qu'elle a joué au temps de la Ligue hanséatique (xiii […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ile-de-gotland/#i_16489

GUSTAVE Ier VASA (1495-1560) roi de Suède (1523-1560)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 800 mots

Roi de Suède (1523-1560) né en 1495 ou 1496, mort le 29 septembre 1560 à Stockholm, Gustave Ier fonda la dynastie Vasa et rétablit la souveraineté de la Suède […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/gustave-ier-vasa/#i_16489

GUSTAVE III (1746-1792) roi de Suède (1771-1792)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 589 mots

Roi de Suède (1771-1792), né le 24 janvier 1746 à Stockholm, mort le 29 mars 1792 à Stockholm […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/gustave-iii/#i_16489

GUSTAVE IV ADOLPHE (1778-1837) roi de Suède (1792-1809)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 362 mots

Roi de Suède (1792-1809), né le 1er novembre 1778 à Stockholm, mort le 7 février 1837 à Saint-Gall (Suisse […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/gustave-iv-adolphe/#i_16489

GUSTAVE VI ADOLPHE (1882-1973) roi de Suède (1950-1973)

  • Écrit par 
  • Karl KOEHLER
  •  • 691 mots

Fils de Gustave V, lui-même arrière-petit-fils de Bernadotte que les circonstances firent couronner roi de Suède en 1818. Monté tard sur le trône, en 1950, à l'âge de soixante-huit ans, Gustave VI, qui fut prince royal pendant quarante-trois ans, s'est, il est vrai, préparé à sa mission en administrant le pays durant les […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/gustave-vi-adolphe/#i_16489

JEAN II CASIMIR (1609-1672) roi de Pologne (1648-1668)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 475 mots

en échange de son aide militaire. Alors que l'armée polonaise combat à la frontière orientale de la Pologne, l'armée suédoise envahit le pays par l'ouest et occupe une grande partie du territoire en octobre 1655. S'étant allié au Grand Électeur de Prusse Frédéric-Guillaume durant la première guerre du Nord (1655-1660), Jean Casimir mettra fin […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-ii-casimir/#i_16489

JEAN III VASA (1537-1592) roi de Suède (1569-1592)

  • Écrit par 
  • Jean BÉRENGER
  •  • 153 mots

Fils cadet de Gustave Vasa, Jean épouse Catherine Jagellon, fille du roi de Pologne Sigismond II Jagellon. Emprisonné de 1563 à 1567 par son frère Eric XIV, il fait déposer ce dernier et est élu roi de Suède à sa place par la noblesse suédoise. Jean III Vasa conclut en 1570 la paix de Stettin avec le […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-iii-vasa/#i_16489

KALMAR UNION DE (1390)

  • Écrit par 
  • Pascal BURESI
  •  • 222 mots

La mort, sans héritier, du roi de Danemark Valdemar IV, en 1375, permit l'union de ce royaume avec la Norvège dont le roi Haakon VI a épousé Marguerite, la fille de Valdemar. La personnalité de celle-ci est fondamentale pour comprendre l'union des royaumes scandinaves à Kalmar, la plus importante des […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/union-de-kalmar/#i_16489

LADISLAS IV VASA (1595-1648) roi de Pologne (1632-1648)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 524 mots

royaume durant la guerre de Trente Ans (1618-1648) qui oppose notamment l'Allemagne à la Suède, Ladislas profite des difficultés de cette dernière pour l'attaquer. Il conclut ainsi une paix avantageuse lors de l'armistice de Stuhmsdorf en septembre 1635 mais ne parvient pas à récupérer la couronne suédoise, que son père […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ladislas-iv-vasa/#i_16489

LAPONS

  • Écrit par 
  • Jean-Luc MOREAU
  •  • 3 013 mots
  •  • 1 média

île de Kola. Ils y cohabitent avec d'autres populations, généralement plus nombreuses, auxquelles ils tendent de plus en plus à s'intégrer. On compte environ quarante-cinq mille Lapons en Norvège, vingt mille en Suède, dix mille en Finlande, un peu trois mille en Russie. La plupart d'entre eux sont aujourd'hui bilingues […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/lapons/#i_16489

LETTONIE

  • Écrit par 
  • J. A. ANDRUPS, 
  • Céline BAYOU, 
  • Suzanne CHAMPONNOIS
  •  • 8 201 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Les occupations polonaise et suédoise »  : […] L'échec du tsar Ivan IV réveilla l'intérêt des pays voisins pour cette région, notamment de l'État polono-lituanien et de la Suède. La Livonie devint alors le champ de bataille entre Polonais et Suédois, alliés précédemment contre la Russie. Les Suédois l'emportèrent en 1621, prirent Riga et, en 1626, annexèrent toute la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/lettonie/#i_16489

LÜTZEN BATAILLE DE (16 nov. 1632)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 212 mots

C'est au cours de cet engagement militaire indécis de la guerre de Trente Ans que le roi de Suède Gustave II Adolphe perd la vie. Depuis 1630, les Suédois sont intervenus au côté des princes protestants d'Allemagne du Nord en guerre contre les forces catholiques de l'empereur du […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/bataille-de-lutzen/#i_16489

MALMÖ

  • Écrit par 
  • Georges CHABOT
  •  • 330 mots
  •  • 1 média

Troisième ville de Suède, après Stockholm et Göteborg, située à l'extrémité méridionale du pays, sur le Sund, en face de Copenhague, Malmö est le principal centre […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/malmo/#i_16489

MARGUERITE Ire (1353-1412) reine de Danemark, de Norvège et de Suède

  • Écrit par 
  • Lennart T. NORMAN
  • , Universalis
  •  • 860 mots

Reine de Danemark, de Norvège et de Suède, née en 1353 à Søborg (Danemark), morte le 28 octobre 1412 à Flensburg, dans le Schleswig-Holstein (auj. en Allemagne […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/marguerite-ire/#i_16489

MONARCHIE

  • Écrit par 
  • Jacques ELLUL
  •  • 9 646 mots

Dans le chapitre « Le régime constitutionnel scandinave »  : […] En Suède, tout avait commencé par un coup de force. À la mort de Charles XII, en 1718, la Diète, composée des représentants des quatre ordres, élut une reine, hors de l'ordre successoral normal. Cette reine dut accepter une constitution en 1719 ; la Suède devenait une république […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/monarchie/#i_16489

MYRDAL KARL GUNNAR (1898-1987)

  • Écrit par 
  • Karl KOEHLER
  •  • 426 mots
  •  • 1 média

Juriste de formation, le Suédois Karl Myrdal se consacre très tôt aux problèmes économiques internationaux. Professeur en 1935, il reçoit une chaire à l'université de Stockholm. En 1932, à l'arrivée au pouvoir de la social-démocratie, il formule la base théorique […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/karl-gunnar-myrdal/#i_16489

NÖRDLINGEN BATAILLE DE (5-6 sept. 1634)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 167 mots
  •  • 1 média

Bataille de la guerre de Trente Ans, qui se déroula près de Nördlingen, dans le sud de l'Allemagne. Elle se termina par une victoire décisive des forces du Saint Empire romain germanique et de l'Espagne sur les Suédois, ce qui conduisit à […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/bataille-de-nordlingen/#i_16489

NORRBOTTEN

  • Écrit par 
  • Georges CHABOT
  •  • 342 mots
  •  • 2 médias

Comté le plus septentrional de la Suède (106 000 km2, soit près du quart du territoire national), le Norrbotten s'étend du golfe de Botnie à la chaîne des Scandes (Kebnekaise, 2 111 m […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/norrbotten/#i_16489

NORVÈGE

  • Écrit par 
  • Marc AUCHET, 
  • Régis BOYER, 
  • Georges CHABOT, 
  • Lucien MUSSET, 
  • Claude NORDMANN
  •  • 24 726 mots
  •  • 20 médias

Dans le chapitre « De l'unification à l'Union (XIIe-XIVe s.) »  : […] Marguerite, qui gouverna jusqu'en 1412. Ainsi la Norvège était entrée dans des unions personnelles, d'abord avec la Suède (1319-1380), puis également avec le Danemark sous l'autorité d'Erik de Mecklembourg. L'union des trois royaumes scandinaves fut scellée à Kalmar en 1397. La Norvège, partenaire le plus faible, y fut finalement partie perdante […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/norvege/#i_16489

NYSTAD TRAITÉ DE (1721)

  • Écrit par 
  • Vincent GOURDON
  •  • 205 mots

Conclu par Frédéric Ier de Suède et Pierre le Grand, tsar de Russie, le traité de Nystad est le quatrième accord bilatéral qui, de 1719 à 1721, règle les conséquences de la guerre du Nord (1700-1721) et de l'effondrement suédois, symbolisé par la mort, en pleine campagne […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/traite-de-nystad/#i_16489

OURS BRUN EN EUROPE

  • Écrit par 
  • Farid BENHAMMOU, 
  • Jean-Pierre RAFFIN
  •  • 4 568 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Des situations de conservation contrastées  »  : […] d'importantes retombées économiques. En partie grâce à la Finlande, la Norvège et la Suède sont en cours de repeuplement pour l’espèce ursine. La Suède posséderait plus de 3 000 ours, vivant principalement entre le nord et le centre du pays. C’est dans cette région centrale que le noyau de la lignée occidentale ibérique est longtemps resté isolé. […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ours-brun-en-europe/#i_16489

OXENSTIERNA AXEL GUSTAVSSON comte (1583-1654)

  • Écrit par 
  • Jean Maurice BIZIÈRE
  •  • 483 mots

Descendant d'une des plus anciennes familles de Suède qui avait, dès le xiiie siècle, occupé les plus hautes fonctions tant civiles que religieuses, Axel Gustavsson Oxenstierna tient une place éminente dans la pléiade des grands hommes d'État qui menèrent les affaires de l' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/axel-gustavsson-oxenstierna/#i_16489

PALME SVEN OLOF (1927-1986)

  • Écrit par 
  • Karl KOEHLER
  •  • 712 mots
  •  • 1 média

Premier ministre de Suède de 1969 à 1976 puis de 1982 à 1986 […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sven-olof-palme/#i_16489

PARTIS POLITIQUES - Financement

  • Écrit par 
  • Éric PHÉLIPPEAU
  •  • 4 640 mots

Dans le chapitre « Les politiques du financement politique »  : […] leur organisation interne et leur gestion financière assujetties à des réglementations contraires à leur choix. En Suède ainsi, depuis le milieu des années 1960, des systèmes d'aides publiques aux partis ont été institués sur le plan national et plus encore à l'échelon local. Depuis le milieu des années 1970, ces aides financières concernent […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/partis-politiques-financement/#i_16489

PATRIMOINE INDUSTRIEL EN SCANDINAVIE

  • Écrit par 
  • Louis BERGERON
  •  • 3 015 mots
  •  • 3 médias

d'un patrimoine industriel étroitement lié à l'environnement. La Norvège et la Suède disposent d'une couverture forestière, d'un potentiel hydraulique et de richesses minérales qui ont pu en faire un temps des puissances économiques d'importance mondiale. Le Danemark et la Norvège se sont […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/patrimoine-industriel-en-scandinavie/#i_16489

PETRI OLAUS (1493-1552) & LAURENTIUS (1499-1573)

  • Écrit par 
  • Jean Maurice BIZIÈRE
  •  • 300 mots

Les frères Olaus et Laurentius Petri (forme latine d'Olaf et de Laurent Petersson), d'origine modeste, firent leurs études de théologie à Wittenberg au contact direct de Luther et de Melanchton, et ils jouèrent un rôle important dans l'instauration de la Réforme en Suède. Olaf revint d'Allemagne en […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/petri-olaus-et-laurentius/#i_16489

POLOGNE

  • Écrit par 
  • Jean BOURRILLY, 
  • Georges LANGROD, 
  • Michel LARAN, 
  • Marie-Claude MAUREL, 
  • Georges MOND, 
  • Jean-Yves POTEL, 
  • Hélène WLODARCZYK
  •  • 44 190 mots
  •  • 25 médias

Dans le chapitre « Souverains médiocres et guerres funestes (1587-1763) »  : […] cumule les inconvénients d'une république nobiliaire et d'un royaume électif, entre dans une longue décadence. La dynastie suédoise des Waza l'entraîne dans des guerres ruineuses et impopulaires. Sigismond III (1587-1632) échoue dans ses tentatives, aussi bien pour réunir le trône de Suède à celui de Pologne que pour conquérir et convertir la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pologne/#i_16489

POLTAVA BATAILLE DE (8 juill. 1709)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 319 mots

Victoire décisive de Pierre le Grand de Russie sur Charles XII de Suède dans la Grande Guerre du Nord. La bataille mit fin au statut de grande puissance de la Suède et marqua le début de l'hégémonie russe en Europe orientale. La bataille eut lieu au nord et à l'ouest de Poltava, ville située à l'ouest de la Vorskla en […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/bataille-de-poltava/#i_16489

RÉFÉRENDUM

  • Écrit par 
  • Edmond JOUVE
  •  • 2 831 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Mérites et démérites »  : […] permet aux électeurs de se prononcer sur l'idée qu'il souhaite mettre en œuvre. En Suède, par exemple, une loi organique du 22 juin 1809 dispose que, « dans le cas où l'importance d'une question exige que l'opinion du peuple soit recherchée avant la décision définitive de l'affaire, le roi et le Ryksdag pourront, par une loi faite en commun, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/referendum/#i_16489

RÉGIME PARLEMENTAIRE

  • Écrit par 
  • André DEMICHEL, 
  • Pierre LALUMIÈRE
  • , Universalis
  •  • 7 476 mots

Dans le chapitre « L'Europe du Nord »  : […] de transition pacifique entre deux états sociaux et de moyen de coexistence entre deux classes rivales. En Suède (1809) et au Danemark (1849), le parlementarisme fut la synthèse d'une lutte, qui d'ailleurs avait été fort longue, entre la tradition absolutiste de la monarchie et l'idéologie libérale de la bourgeoisie. Dans les autres cas, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/regime-parlementaire/#i_16489

RETRAITE

  • Écrit par 
  • Lucy apRoberts, 
  • Anne-Marie GUILLEMARD
  •  • 9 844 mots

Dans le chapitre « Une spécificité française : des régimes professionnels en répartition »  : […] professionnels à couverture étendue par l'État existent dans d'autres pays. Ceux de la Suède ressemblent à ceux de la France. Il y existe quatre grands régimes complémentaires qui, ensemble, couvrent quelque 90 p. 100 des salariés. Les groupes concernés par ces régimes sont les cols blancs du secteur privé, les cols bleus du secteur privé, les […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/retraite/#i_16489

RIKSDAG ou RIGSDAG

  • Écrit par 
  • Jean Maurice BIZIÈRE
  •  • 251 mots

Mot employé pour désigner le Parlement en Suède et au Danemark (il s'écrit alors Rigsdag) jusqu'à la réforme de 1953 qui ne laissa subsister dans ce dernier pays qu'une seule Chambre : le Folketing. En fait, l'absolutisme régnant au Danemark à partir de 1665, le Parlement y joua un rôle beaucoup moins […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/riksdag-rigsdag/#i_16489

SCANDINAVIE

  • Écrit par 
  • Martin Edvard BLINDHEIM, 
  • Régis BOYER, 
  • Georges CHABOT, 
  • Lucien MUSSET, 
  • Nicole PÉRIN, 
  • Jean-Michel QUENARDEL
  •  • 22 098 mots
  •  • 11 médias

Les pays scandinaves se rassemblent au nord de l'Europe ; ils sont formés en grande partie par l'énorme péninsule scandinave, qui comprend la Suède et la Norvège et que prolonge au sud le Danemark. Des îles plus ou moins lointaines leur sont rattachées : l' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/scandinavie/#i_16489

SCANDINAVISME

  • Écrit par 
  • Claude NORDMANN
  •  • 513 mots
  •  • 1 média

Dès les xviie et xviiie siècles, des hommes d'État tels que les Danois H. Sehested, P. Griffenfeld et J. von Bernstorff, le Suédois J. Gyllenstierna conseillent la réconciliation entre les États nordiques. Cela n'aboutit qu'à de précaires ligues […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/scandinavisme/#i_16489

SCANIE

  • Écrit par 
  • Georges CHABOT
  •  • 385 mots

Région la plus méridionale de la Suède, la Scanie comprend les comtés de Kristianstad et de Malmöhus, et rassemble 1 184 500 habitants (2007) sur 11 000 kilomètres carrés. La Scanie est un morceau de l'Europe centrale dont la sépare le Sund et elle a été rattachée à la Suède par les fluctuations du niveau des mers à l'époque […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/scanie/#i_16489

SERVICES ÉCONOMIE DE

  • Écrit par 
  • Jean-Charles ASSELAIN
  •  • 12 731 mots

Dans le chapitre « Modèles nationaux et choix de société »  : […] De nombreux indicateurs quantitatifs témoignent de ces orientations divergentes : les recettes publiques représentent 57 p. 100 du P.I.B. en Suède en 2001 contre 31 p. 100 aux États-Unis, l'emploi public 38 p. 100 de l'emploi total en Suède en 1998 contre 16 p. 100 aux États-Unis, l'emploi dans les services de santé et d'action sociale […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/economie-de-services/#i_16489

SIGISMOND III VASA (1566-1632) roi de Pologne (1587-1632) et de Suède (1593-1599)

  • Écrit par 
  • Jean BÉRENGER
  •  • 453 mots

Fils de Jean III Vasa (ou Wasa), roi de Suède et neveu, par sa mère Catherine, du dernier roi Jagellon, élevé dans la religion catholique, Sigismond III Vasa est élu roi de Pologne, en 1587, à la mort d'Étienne Báthory, et grâce à l'appui du chancelier Jan Zamoyski. Il promet d […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sigismond-iii-vasa/#i_16489

SOCIALISME - Histoire des mouvements socialistes (1870-1914)

  • Écrit par 
  • Daniel LIGOU
  •  • 8 058 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Le socialisme scandinave »  : […] En Suède, en Norvège et au Danemark, le socialisme s'est développé assez tard, conséquence d'une industrialisation retardée ; la collaboration entre syndicalisme et socialisme a été très étroite et l'alliance avec les « radicaux » ou les « paysans » à peu près systématique. En […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/histoire-des-mouvements-socialistes-socialisme/#i_16489

SOCIALISME - Social-démocratie

  • Écrit par 
  • Philippe MARLIÈRE
  •  • 10 051 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « La social-démocratie et la gauche »  : […] sans risquer de s'aliéner les voix les plus ouvrières. Entre les années 1940 et 1970, le parti social-démocrate qui est resté le plus longtemps au pouvoir (le S.A.P. suédois) est celui dont l'électorat est le plus ouvrier et qui n'avait aucun concurrent important sur sa gauche. Inversement, les partis socialistes français (P.S.) et italien (Partito […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/socialisme-social-democratie/#i_16489

STANISLAS Ier LESZCZINSKI (1677-1766) roi de Pologne (1704-1709 et 1733-1736)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 489 mots

Stanislas Leszczynski voyage à travers l'Europe occidentale pendant sa jeunesse. En 1702, le roi Charles XII de Suède envahit la Pologne durant l'une des multiples guerres qui ne cessent d'opposer les puissances d'Europe du Nord. Il force alors les nobles polonais à déposer le roi Auguste II (Frédéric-Auguste I […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/stanislas-ier-leszczinski/#i_16489

STENHAMMAR WILHELM (1871-1927)

  • Écrit par 
  • Michel VINCENT
  •  • 756 mots

Né et mort à Stockholm, Wilhelm Stenhammar est considéré à juste titre comme l'un des pères de la musique suédoise contemporaine. Disparu trop tôt (il s'éteint à l'âge de 56 ans d'une hémorragie cérébrale), Stenhammar a marqué la vie musicale de son pays tout autant par ses activités d'interprète et de chef d' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/wilhelm-stenhammar/#i_16489

STOCKHOLM

  • Écrit par 
  • Georges CHABOT
  •  • 667 mots
  •  • 3 médias

Capitale de la Suède, Stockholm est connue, depuis le xiiie siècle, comme forteresse d'abord, puis comme ville marchande. La ville […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/stockholm/#i_16489

STRÄNG GUNNAR (1906-1992)

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre MOUSSON-LESTANG
  •  • 650 mots

Né à Järfälla le 23 décembre 1906 et mort à Stockholm le 7 mars 1992, Gunnar Sträng a été un des principaux acteurs de la vie politique suédoise de l'après-guerre […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/gunnar-strang/#i_16489

STURE LES

  • Écrit par 
  • Jean Maurice BIZIÈRE
  •  • 372 mots

Famille de grands féodaux dont plusieurs représentants présidèrent aux destinées de la Suède, du xve siècle au début du xvie, époque où le pays, toujours déchiré par des querelles intestines, voit se manifester un sentiment de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/les-sture/#i_16489

SVEALAND

  • Écrit par 
  • Georges CHABOT
  •  • 324 mots

Région centrale de la Suède située entre le Norrland et le Götaland, le Svealand rassemble des régions très diverses autour de la dépression centrale due à un fossé tectonique à travers le bouclier scandinave. Il bénéficie des sédiments déposés dans les mers postglaciaires qui avaient envahi le fossé. Des lacs subsistent : […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/svealand/#i_16489

TRAVAIL - La fin du travail ?

  • Écrit par 
  • Dominique MEDA
  •  • 7 657 mots

Dans le chapitre « Vers une meilleure conciliation des rôles et des temps pour les hommes et les femmes »  : […] et les Pays-Bas illustrent chacun une dimension de la question. Comme l'explique Anne-Marie Daune-Richard, la Suède est l'exemple d'un pays qui a accepté l'idée que les hommes et les femmes sont des êtres humains chargés de plusieurs rôles et donc que le principe du plein-emploi doit s'appliquer aussi aux femmes : l' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/travail-la-fin-du-travail/#i_16489

TRENTE ANS GUERRE DE

  • Écrit par 
  • Victor-Lucien TAPIÉ
  •  • 3 272 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Les armées de la guerre de Trente Ans »  : […] un durable souvenir de terreur. Au début de son intervention (1631) l'armée du roi de Suède Gustave Adolphe (13 000 hommes) présentait un autre caractère. Elle était recrutée dans le pays même par la conscription, animée d'un idéal religieux, soumise à une discipline sévère, avec interdiction de vol et de blasphème. La Suède, pays producteur de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/guerre-de-trente-ans/#i_16489

UPPSALA, franç. UPSAL

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 405 mots

Ville suédoise, Uppsala, située à quelque 70 kilomètres au nord-ouest de Stockholm, est la capitale du län (district) du même nom qui se situe sur la côte orientale. À l'origine, connue sous le nom d'Östra Aros, elle était un comptoir commercial d'où partaient les bateaux qui naviguaient sur la Fyrisån, à […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/uppsala-upsal/#i_16489

UPSAL UNIVERSITÉ D'

  • Écrit par 
  • Jean FAVIER
  •  • 212 mots

Première université scandinave, créée en Suède en 1477 par Sixte IV pour répondre à une demande formulée à plusieurs reprises par le clergé local, notamment lors du concile provincial de 1441. La royauté n'intervint pas dans la création ; le choix de la ville d'Upsal fut déterminé par le fait que l' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/universite-d-upsal/#i_16489

VÄSTERBOTTEN

  • Écrit par 
  • Georges CHABOT
  •  • 260 mots
  •  • 1 média

Comté (55 401 km2) appartenant au Norrland suédois, qui s'étend du golfe de Botnie à la frontière norvégienne et qui couvre ainsi une bonne partie de la province de Laponie. La partie occidentale du Västerbotten comprend des fjälls enneigés avec des hauteurs qui […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/vasterbotten/#i_16489

VIKINGS

  • Écrit par 
  • Lucien MUSSET
  •  • 5 211 mots
  •  • 14 médias

Dans le chapitre « Le premier âge des Vikings »  : […] fleuves furent remontés aussi haut qu'ils étaient navigables. Au-delà de l'Europe, les Suédois atteignirent le monde byzantin, le bassin de la mer Caspienne, l'Iran septentrional, peut-être le Turkestan ; les Norvégiens explorèrent les côtes marocaines et, dans le désert de l'Atlantique nord, découvrirent les îles Fær-Øer et l' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/vikings/#i_16489

VIKINGS (notions de base)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 2 732 mots
  •  • 9 médias

Dans le chapitre « Des commerçants avisés »  : […] important développement des liens commerciaux entre la Scandinavie et le monde extérieur. À l’est, les Suédois ont fondé des établissements marchands en territoire balte ou slave. À l’ouest, les Norvégiens fréquentaient les Shetland et les Orcades dès cette époque. Les Danois se rendaient dans les comptoirs sur le pourtour de la mer du Nord, de la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/vikings-notions-de-base/#i_16489

WESTPHALIE TRAITÉS DE (1648)

  • Écrit par 
  • Vincent GOURDON
  •  • 232 mots
  •  • 1 média

Les traités de Westphalie, signés à Münster et Osnabrück, mettent fin, dans l'espace germanique, à la complexe guerre de Trente Ans qui a embrasé l'Empire puis l'Europe entière. Ils marquent un tournant historique majeur, en entérinant les […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/traites-de-westphalie/#i_16489

WRANGEL KARL GUSTAV comte (1613-1676)

  • Écrit par 
  • Jean BÉRENGER
  •  • 361 mots

Général suédois, Karl Gustav Wrangel appartenait à une famille d'origine estonienne. Son père, Hermann, qui était lui-même au service de Gustave-Adolphe, meurt en 1643 avec le grade de général de corps d'armée. Karl Gustav se distingue comme capitaine de cavalerie dans les campagnes d'Allemagne ; trois ans plus tard, il est colonel et, en 1638, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/karl-gustav-wrangel/#i_16489

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Pour citer l’article

Lucien MUSSET, Jean-Claude MAITROT, Régis BOYER, Georges CHABOT, Michel CABOURET, Claude NORDMANN, Jean-Pierre MOUSSON-LESTANG, Maurice CARREZ, Jean PARENT, « SUÈDE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le . URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/suede/