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Substance et apparence ; la transsubstantiation

La fameuse motion « sauver les phénomènes », qui prescrit de découvrir sous la confusion des apparences quelque ordre intelligible, et invite à désigner sous la diversité du sensible des instances explicatives en ce qu'elles perdurent, cette motion stigmatise, depuis l'Antiquité, les exigences théoriques des physiologues, puis celles des physiciens. Or il nous faut souligner ici la tournure singulière que prit cette exigence entre le xie et le xviie siècle, sur le sujet de la transsubstantiation, alors que l'Eucharistie fut prétexte et motif d'un renversement radical de la difficulté de concevoir, dans sa permanence, l'objet d'une physique.

Le dogme énonçait que par le mystère de la consécration le Corps christique s'est substitué aux espèces et qu'il occupe la place du pain et du vin, dont les qualités sensibles demeurent, en apparence, intactes. La question de la connaissance du monde physique, savoir celle du rapport entre qualités sensibles évanescentes et substance rémanente, se trouvait posée, derechef, à cela près que les philosophes avaient à aborder une situation que définissait une persistance des apparences connexe d'une substitution de substances. Un embarras insidieux en résulta dans la formulation des thèmes fondateurs d'une physique qui se donne pour tâche de rendre raison des phénomènes sensibles, en posant l'existence d'une réalité matérielle qui les excède et d'où on les puisse déduire. Or la virginité du mystère eût été préservée des controverses des philosophes si les clercs n'y avaient contribué, oublieux de l'avertissement de Lanfranc, pour qui l'Eucharistie est « un mystère qui ne peut être sainement examiné » – quand bien même saint Augustin avoue personnellement que, « si la foi n'est pas pensée, elle n'est rien » (De pra [...]

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DÉMATÉRIALISATION DE L'ŒUVRE D'ART

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L'œuvre d'art est traditionnellement conçue comme l'incarnation d'une forme ou d'une idée dans une matière. Ou, plus précisément, dans un matériau, plus ou moins dense ou pesant, et doté de propriétés spécifiques – comme le bois, le marbre, la pierre ou les pigments de la peinture. Dès le départ, cependant, l'art se trouve marqué du sceau de la dématérialisation. Une œuvre d'art n'existe, pour Pl […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/dematerialisation-de-l-oeuvre-d-art/#i_95983

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Pour citer l’article

Jacques GUILLERME, Hélène VÉRIN, « MATIÈRE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/matiere/