MATIÈRE

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Inertie et attraction ; les aventures de la quantification

En tout état de cause, la nouvelle physique, pour être entendue, devait se déclarer fidèle à l'ontologie traditionnelle, c'est-à-dire admettre que tout est substance et attribut ; par voie de conséquence, elle excluait le vide, au sens de principe métaphysique, et de surcroît refusait à la matière toute activité intrinsèque ; elle déniait, a fortiori, toute action à distance excédant la seule force désormais inhérente, l'inertie. Combinée à l'axiome de l'impénétrabilité, cette force devait rendre raison de l'action réciproque des corps et des particules selon les lois du choc. Koyré a brillamment montré comment la mathématisation de la physique passe de loin une simple fonction adjuvante d'une science des qualités et qu'elle a positivement instrumenté la formalisation des phénomènes naturels. Cette attitude est à l'œuvre dans l'intuition fondamentale de Galilée, pour qui les lois physiques s'expriment par des rapports de grandeurs. Mais, en un sens, le pouvoir explicatif des mathématiques s'amenuise chez Descartes, dans la mesure même où il borne sa définition de la matière à la seule extension spatiale. Cette « géométrisation à outrance » répond sans doute à un désir prédominant, celui d'assurer la clarté et la distinction des idées. Le philosophe prétend bien, auprès de Mersenne (11 mars 1640), réduire toute la physique aux lois mathématiques, mais il avoue n'avoir pas livré les principes qui rendraient cette réduction actuelle. Lorsqu'il publiera, en 1644, ses Principia, il s'exposera inévitablement à la critique, ayant explicité le point de vue à partir duquel toute une génération de savants examineront les conditions de possibilité d'une physique quantifiable. Or Descartes, en forçant sur la rigueur de son exigence méthodique, risqua l'infécondité de son modèle théorique. Sa physique reposait, en effet, sur l'assimilation de la nature (des corps, du mouvement, etc.) à la condition de sa [...]

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ATOMISME

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DÉMATÉRIALISATION DE L'ŒUVRE D'ART

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Pour citer l’article

Jacques GUILLERME, Hélène VÉRIN, « MATIÈRE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 août 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/matiere/