ORIENT ÉGLISES CHRÉTIENNES D'

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Sous la dénomination d'Églises chrétiennes d'Orient – ou sous celle plus généralement employée d'Églises orientales –, on désigne, de manière bien arbitraire, les communautés chrétiennes qui se sont constituées et organisées au cours des siècles dans la partie orientale de l'Empire romain, où des cultures d'expression grecque s'étaient surimposées aux cultures régionales : araméenne, égyptienne ou autres. Dans les provinces de l'Europe occidentale, le prestige politique et culturel de Rome, le rôle incontesté de la langue latine venaient corroborer le statut exceptionnel de l'Église romaine, laquelle, étant établie sur la confession scellée par leur sang (martyre) des apôtres Pierre et Paul, pouvait être considérée comme le seul « siège apostolique » de l'Occident. La situation était toute différente dans les provinces orientales, celles mêmes où le christianisme trouvait son origine et avait connu ses premiers développements. Les grand centres culturels et politiques d'Alexandrie ou d'Antioche – moins encore la « Nouvelle Rome » fondée par Constantin en 330 sur l'emplacement de l'antique Byzance – ne pouvaient se prévaloir au même titre que l'ancienne Rome d'être constitués témoins et gardiens de la foi et de la tradition reçues des Apôtres. Cela vaut davantage encore pour les régions situées aux frontières de l'Empire ou au-delà ; les anciennes cultures y demeuraient vivantes dans la masse de la population, ainsi que leurs expressions linguistiques. À côté du grec et du latin, langues officielles de l'Empire, l'araméen,  depuis  longtemps  langue commune pour les échanges allant des rives orientales de la Méditerranée jusqu'en Asie centrale, fut dès les débuts la langue d'évangélisation dans le monde syro-mésopotamien ; et le dialecte en usage aux confins de la Mésopotamie dans le petit royaume semi-indépendant d'Édesse (Urfa) s'imposera comme langue ecclésiastique et liturgique à des Églises qui s'organiseront depuis la Syrie et le Liban jusqu'au sud de l'Inde et même, durant quelques siècles, jusqu'en Chine. Aussi, alors que l'Occident chrétien d'expression latine allait se rassembler de plus en plus – du moins jusqu'au xvie siècle – autour du siège apostolique de Rome, l'Orient chrétien en vint-il à se diversifier – et même à s'émietter – en de multiples « autocéphalies » ou Églises indépendantes, voire antagonistes en raison de différenciations doctrinales qui furent considérées longtemps comme des divergences irréductibles. Dans cet éclatement, les facteurs théologiques, sociopolitiques et culturels sont entrelacés de telle manière qu'il paraît impossible d'en débrouiller l'écheveau.

400 à 500. Royaumes barbares

Vidéo : 400 à 500. Royaumes barbares

Grandes Invasions. Division de l'Empire romain. Création de royaumes barbares en Chine.Au Ve siècle, des peuples nomades déferlent massivement sur l'Extrême-Orient et sur l'Occident. C'est la période dite des Grandes Invasions.En Chine tout d'abord, les royaumes barbares du nord sont... 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

Afficher

Du modèle impérial aux autocéphalies

L'histoire, au cours des temps, a elle-même bouleversé la géographie dans le cadre de laquelle s'étaient au départ constituées les communautés chrétiennes avec un évêque par cité, puis une organisation modelée sur celle de l'administration impériale dans les limites des provinces autour du chef-lieu (métropole) et selon les ensembles plus vastes établis par Dioclétien (384) sous le nom de diocèses. Cette organisation semble acquise au début du ive siècle. Elle fut sanctionnée par les canons 4 et 5 du concile de Nicée (325), qui reconnaissait par ailleurs les primaties plus étendues des sièges d'Alexandrie, Rome et Antioche (canon 6). Les conciles d'Éphèse (431), de Constantinople (canons 2 et 3) et de Chalcédoine confirmèrent cette structure, mais étendirent le statut de sièges primatiaux à Constantinople, la Nouvelle Rome, et à Jérusalem. Enfin, la législation de Justinien (526-565) plaça à la tête de l'Église la « symphonie des cinq sièges patriarcaux » (pentarchie) et sanctionnait, par ailleurs, pour les Églises situées au-delà des frontières de l'Empire le rôle des « évêques généraux » (catholicos) ayant juridiction suprême (autocéphalie) sur les Églises constituées dans ces États. Ce statut fut acquis par les Églises de l'Empire perse sassanide en 410 et 424, par l'Arménie en 448, par l [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 11 pages

Médias de l’article

400 à 500. Royaumes barbares

400 à 500. Royaumes barbares
Crédits : Encyclopædia Universalis France

vidéo

Orientaux catholiques : répartition

Orientaux catholiques : répartition
Crédits : Encyclopædia Universalis France

tableau

Afficher les 2 médias de l'article


Écrit par :

Classification

Autres références

«  ORIENT ÉGLISES CHRÉTIENNES D'  » est également traité dans :

ARMÉNIE

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre ALEM, 
  • Françoise ARDILLIER-CARRAS, 
  • Christophe CHICLET, 
  • Sirarpie DER NERSESSIAN, 
  • Kegham FENERDJIAN, 
  • Marguerite LEUWERS-HALADJIAN, 
  • Kegham TOROSSIAN
  •  • 23 743 mots
  •  • 13 médias

Dans le chapitre « Organisation et relations œcuméniques »  : […] L'Église apostolique arménienne est autocéphale et membre de l'Église universelle. Il existe deux clergés : un clergé séculier, obligatoirement marié et un clergé régulier, obligatoirement célibataire. Seuls les membres de ce dernier peuvent accéder à la hiérarchie qui se distinguent par le port d'un voile noir et pointu sur la tête, le veghar . Le port de la barbe est obligatoire à tous les degré […] Lire la suite

ZARA YAQOB, roi éthiopien (1434-1468)

  • Écrit par 
  • Vincent GOURDON
  •  • 220 mots

En 1434, Zara-Yaqob, fils de David I er (1382-1411), devient empereur de la chrétienne Éthiopie. Il hérite d'un État puissant, reconstitué sur le plan territorial par les souverains de la dynastie fondée par son trisaïeul, Yekouno Amlak (1270-1285) et craint par ses voisins musulmans, depuis que David I er puis l'empereur Yetshaq (1414-1429) ont repoussé la guerre sainte menée durant une trentai […] Lire la suite

BARTHOLOMÉOS Ier (1940- )

  • Écrit par 
  • Christophe CHICLET
  •  • 1 069 mots

Deux cent soixante-dixième successeur de l'apôtre André, M gr  Bartholoméos I er est devenu patriarche œcuménique et archevêque de Constantinople le 2 novembre 1991. Cette fonction fait de lui le chef spirituel des 300 millions de chrétiens orthodoxes. Les Églises orthodoxes étant autocéphales, le patriarche œcuménique n'a pas autant de pouvoir que le pape. Mais il est, protocolairement, le premi […] Lire la suite

CATHOLICISME - Histoire de l'Église catholique des origines au pontificat de Jean-Paul II

  • Écrit par 
  • Jean DANIÉLOU, 
  • André DUVAL
  •  • 16 423 mots
  •  • 9 médias

Dans le chapitre « Les structures internes de l'Église »  : […] L'organisation ecclésiastique se modèle sur celle de l'administration impériale : chaque cité à son évêque , choisi par le peuple, secondé par divers ministres, spécialement des prêtres , qui président au culte dans les campagnes, en chaque province , l'évêque de la cité principale a prééminence sur ses collègues et préside leurs réunions, ou synodes provinciaux . Quelques Églises d'Orient, plus […] Lire la suite

CATHOLICISME - L'organisation et la vie de l'Église

  • Écrit par 
  • René COSTE, 
  • Pierre LIÉGÉ
  • , Universalis
  •  • 9 167 mots

Dans le chapitre « Les Églises particulières et leur gouvernement »  : […] Par Églises particulières, on entend les Églises groupées – avec leurs structures, leurs traditions théologiques et liturgiques et leur mentalité propres qui leur confèrent une très large marge d'autonomie – au sein de l'Église catholique et sous l'autorité de son pouvoir suprême. De ce point de vue, l'Église latine ou occidentale dont le pape est le chef (en tant que patriarche d'Occident) en mêm […] Lire la suite

CÉLIBAT RELIGIEUX

  • Écrit par 
  • André BAREAU, 
  • Jacques POHIER
  •  • 7 030 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Le célibat sacerdotal »  : […] L'histoire du célibat sacerdotal est beaucoup plus complexe. Jusqu'au iii e - iv e  siècle, l'Église ne semble pas avoir attaché une importance spéciale au problème du mariage des prêtres et des évêques. La vertu de chasteté leur est certes spécialement recommandée, mais sans que cela implique une différence de statut entre les prêtres et les laïcs. À partir du iv e  siècle, alors que les Églises […] Lire la suite

CHENOUDA III (1923-2012)

  • Écrit par 
  • Matt STEFON
  •  • 362 mots
  •  • 1 média

Cent dix-septième pape d'Alexandrie et patriarche de la prédication de Saint-Marc et de toute l'Afrique, Chenouda III a dirigé l'Église copte (église chrétienne égyptienne) de 1971 à sa mort en 2012. Nazir Gayed Raphaël naît le 3 août 1923 à Assiout (Égypte). Il étudie l'histoire, la théologie, puis donne des cours sur la Bible au séminaire copte du Caire jusqu'en 1954. Il embrasse ensuite la vie […] Lire la suite

COPTES

  • Écrit par 
  • Pierre DU BOURGUET, 
  • Hervé LEGRAND
  •  • 6 983 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « L'Église copte : la tradition monophysite »  : […] D'après la tradition locale, la fondation de l'Église copte remonterait à saint Marc, l'un des quatre évangélistes. La ville grecque d'Alexandrie connut certainement très tôt l'Évangile. De là il se répandit, quelquefois sous forme gnostique, dans l'arrière-pays copte. Le monachisme chrétien y naquit à la fin du iii e  siècle, exerçant une influence décisive sur l'Église du pays. Cependant le con […] Lire la suite

ÉPICLÈSE

  • Écrit par 
  • Marie-Odile MÉTRAL-STIKER
  •  • 358 mots

Grande prière eucharistique adressée au Saint-Esprit au moment où le célébrant rapporte le récit de la Cène et prononce les paroles dites consécratoires, l'épiclèse (du grec epiklêsis , invocation) a toujours tenu une place centrale dans les liturgies orientales, qui suivent ainsi saint Jean Damascène : « Le changement du pain dans le corps du Christ s'effectue par la seule puissance du Saint-Espr […] Lire la suite

ÉTHIOPIE

  • Écrit par 
  • Jean CHAVAILLON, 
  • Jean DORESSE, 
  • Éloi FICQUET, 
  • Alain GASCON, 
  • Jean LECLANT, 
  • Hervé LEGRAND, 
  • Jacqueline PIRENNE, 
  • R. SCHNEIDER
  • , Universalis
  •  • 24 467 mots
  •  • 26 médias

Dans le chapitre « L'Église d'Éthiopie »  : […] Le christianisme fut introduit en Éthiopie vers l'an 320 par deux laïcs syriens, Edesius et Frumentius, qui y convertirent le souverain après avoir été conduits à sa cour à la suite d'un naufrage en mer Rouge. Frumentius, après avoir reçu l'ordination épiscopale de saint Athanase, patriarche d'Alexandrie, devint le premier évêque du pays. Fidèle à ce précédent, l'Église d'Éthiopie allait recevoir […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Irénée-Henri DALMAIS, Hervé LEGRAND, « ORIENT ÉGLISES CHRÉTIENNES D' », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/eglises-chretiennes-d-orient/