BARTHOLOMÉOS Ier (1940- )

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Deux cent soixante-dixième successeur de l'apôtre André, Mgr Bartholoméos Ier est devenu patriarche œcuménique et archevêque de Constantinople le 2 novembre 1991. Cette fonction fait de lui le chef spirituel des 300 millions de chrétiens orthodoxes. Les Églises orthodoxes étant autocéphales, le patriarche œcuménique n'a pas autant de pouvoir que le pape. Mais il est, protocolairement, le premier parmi ses pairs.

Bartholoméos Ier est né le 29 février 1940 sous le nom de Dimitri Archontonis, dans l'île d'Imbros, au village de Agios Thodoros. Son père, Christos, était barbier et patron de café. Les îles égéennes d'Imbros et Ténédos, qui commandent l'entrée des détroits, sont restées sous souveraineté turque, contrairement aux autres îles grecques de la mer Égée. À la suite de la guerre gréco-turque de 1918-1922 et du traité de Lausanne de 1923, les deux pays ont procédé à un échange de population. Les Grecs d'Istanbul, d'Imbros et de Ténédos, ainsi que les Turcs de la Thrace occidentale sont restés en dehors de cet échange. Ces deux minorités étaient protégées internationalement par le traité de Lausanne. Mais la Turquie n'a pas respecté cette clause et la minorité grecque, forte de 200 000 personnes à l'époque, s'est réduite à quelques milliers d'individus.

D'après les lois de la Turquie kémaliste, les chefs des différentes religions doivent obligatoirement être des citoyens turcs. Le patriarcat œcuménique de Constantinople étant tenu traditionnellement par un Grec, ce n'est désormais qu'au sein de cette petite minorité que l'on peut trouver des patriarches.

Après des études primaires à Imbros, Dimitri Archontonis entre au collège grec à Istanbul, puis à l'école théologique de la petite île de Halki. Il en sort diplômé avec mention en 1961. Ordonné diacre le 13 août 1961 dans la cathédrale d'Imbros par l'évêque de Chalcédoine, il reçoit le nom de Bartholoméos. Il doit ensuite effectuer son service militaire dans l'armée turque, jusqu'en 1963.

De 1963 à 1968, il poursuit ses études universitaires grâce à une bourse du patriarcat œcuménique, à l'Institut pontifical oriental de l'Université grégorienne à Rome. Il y obtient son doctorat en droit canon après avoir soutenu une thèse sur les régulations canoniques dans l'Église orthodoxe. Il part ensuite se spécialiser en droit religieux à l'Institut œcuménique de Bossey en Suisse et à l'université de Munich. Il est désormais parfaitement polyglotte, parlant le grec, le turc, le français, l'anglais, l'allemand, l'italien et le latin.

Membre fondateur de la Société pour la justice pour les Églises orientales, il en sera longtemps le vice-président. De retour au Phanar, le siège du patriarcat œcuménique de Constantinople en 1968, il est nommé vice-doyen de l'école théologique de Halki et est ordonné prêtre le 19 octobre 1969. Six mois plus tard, le patriarche œcuménique Athenagoras le fait archimandrite. À la mort de ce dernier, Dimitrios Ier est élu à la fonction suprême en 1972. Il fait du jeune Bartholoméos son directeur de cabinet.

Le jour de Noël 1973, il est nommé évêque-métropolite de Philadelphia (Alaşchir en Turquie) en Asie Mineure. En 1975, il entre à la commission « foi et ordre » du Conseil mondial des Églises. Devenu métropolite de Chalcédoine le 14 janvier 1990, il quitte ses fonctions de chef de cabinet du patriarche. Mais il accompagne ce dernier lors d'une visite d'un mois aux États-Unis (juillet 1990) en tant que conseiller principal.

En janvier 1991, il dirige la délégation orthodoxe à la VIIe assemblée générale du Conseil mondial des Églises à Canberra. Il s'y fait le fervent défenseur de l'œcuménisme. Le 2 octobre 1991, Dimitrios Ier meurt. Vingt jours plus tard, Bartholoméos le remplace, sous le nom de Bartholoméos Ier. Il prend la tête de l'Église orthodoxe au moment où la transition politique bouleverse les anciens pays communistes, de la Yougoslavie à l'URSS. De Tirana à Vladivostok, il faut tout reconstruire, soit en partant de rien, soit contre les hiérarchies mises en place par les pouvoirs communistes. Bartholoméos va faire preuve de diplomatie. Il soutient la reconstruction de l'Église orthodoxe albanaise tout en évitant qu'elle ne tombe sous la coupe d'évêques de la Grèce du Nord, ultranationalistes. De même, il tente de réconcilier l'Église bulgare, déchirée entre anciens communistes et anticommunistes.

Dès 1992-1993, i [...]

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Écrit par :

  • : docteur en histoire du xxe siècle de l'Institut d'études politiques, Paris, journaliste, membre du comité de rédaction de la revue Confluences Méditerranée

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CHRISTODOULOS Ier (1939-2008)

  • Écrit par 
  • Christophe CHICLET
  •  • 731 mots

Christos Paraskevaïdis est né le 21 octobre 1939 à Xanthi, dans la Thrace occidentale grecque, d'une famille de Grecs pontiques chassée par les Turcs après la Première Guerre mondiale. Il prononce ses vœux sacerdotaux en 1961, puis, en 1965, il est ordonné prêtre. Deux ans plus tard, il est docteur en théologie de la faculté de droit et de théologie d'Athènes. Durant la dictature des colonels (1 […] Lire la suite

Pour citer l’article

Christophe CHICLET, « BARTHOLOMÉOS Ier (1940- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/bartholomeos-ier/