PROVERBES

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Les proverbes constituent le genre le plus paradoxal de la littérature orale. L'un des plus anciens, sans doute, mais aussi celui qui a le mieux résisté à l'érosion du temps. Difficile à cerner, investi comme il est, en amont, par les dictons, les lieux communs, les « expressions proverbiales » et les locutions populaires (savoureuses mais engagées dans les manières de dire du moment et vite vieillies) et, en aval, par les adages, les sentences, les maximes et les jeux de société de la culture savante, le proverbe populaire reste malgré tout reconnaissable. Sa brièveté, les images sidérantes qu'il impose, ses inventions stylistiques (métaphores, périphrases, antithèses, rapprochements imprévus, jeux de mots, rimes, assonances, etc.) l'impriment dans la mémoire.

À la fois évident et énigmatique, c'est une œuvre d'art en miniature qui fait les délices du peuple et l'admiration des créateurs. Autre paradoxe : sa concision fait de lui le genre le plus souvent collecté, illustré, expliqué, développé et aussi, suivant les époques, méprisé et combattu.

Quelques repères historiques. De la Bible à Érasme

Les civilisations archaïques et préchrétiennes, aussi bien au Moyen-Orient qu'en Asie et en Europe, véhiculent toutes des proverbes dont la vétusté est encore soulignée par une référence explicite aux aïeux (« les Anciens disaient ») et par des archaïsmes dans l'expression. Il est tentant de les rapprocher des lois ou des textes religieux, d'autant qu'un des livres de la Bible est justement intitulé Livre des Proverbes. Toutefois le mot hébreu traduit ainsi (Meshalim) signifie plutôt poèmes et désigne en fait un exposé de morale religieuse. Rien à voir avec les proverbes populaires dont le ton apparemment péremptoire est toujours tempéré par l'humour, et dont les métaphores énigmatiques renvoient à l'ambiguïté du réel. Pareillement, dans le Nouveau Testament, certaines paraboles, à cause des images simples et fortes qu'e [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 6 pages




Écrit par :

  • : docteur ès lettres et sciences humaines, professeur émérite à l'université de Paris-VII-Jussieu

Classification


Autres références

«  PROVERBES  » est également traité dans :

AFRIQUE NOIRE (Culture et société) - Littératures

  • Écrit par 
  • Jean DERIVE, 
  • Jean-Louis JOUBERT, 
  • Michel LABAN
  •  • 16 604 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Propriétés et fonctions des littératures orales »  : […] L'oralité de ces productions verbales leur confère des propriétés qui les rendent différentes des productions de la littérature écrite. Une représentation convenue de ce type de littérature voudrait que les œuvres, créées dans un temps immémorial et consignées dans un répertoire, forme un patrimoine stable et immuable reproduit à l'identique de génération en génération. C'est de fait l'illusion qu […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/afrique-noire-culture-et-societe-litteratures/#i_2761

GNOMIQUE POÉSIE

  • Écrit par 
  • Véronique KLAUBER
  •  • 268 mots

Mettre en vers des sentences, des maximes ou des préceptes moraux sert avant tout leur mémorisation, mais leur attrait esthétique ainsi augmenté doit contribuer à leur meilleure propagation. Aussi la poésie gnomique existe-t-elle depuis toujours. Elle est très présente dans la littérature orale, les proverbes rimés et rythmés en relèvent aussi. Le premier et le plus illustre auteur du genre est in […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/poesie-gnomique/#i_2761

MAXIME

  • Écrit par 
  • Jean MARMIER
  •  • 343 mots

Le relief obtenu par la grande concision et l'emploi des figures dans un énoncé moral de portée générale a toujours été recherché, pour s'imposer à l'attention et à la mémoire, par le genre gnomique ; et ce genre s'insinue dans tous les autres. Au xvi e  siècle, les auteurs tragiques qui signalent par des guillemets leurs vers-proverbes font figure d'ancêtres de La Rochefoucauld plus encore que Pi […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/maxime/#i_2761

MÉTAPHORE

  • Écrit par 
  • Jean-Yves POUILLOUX
  •  • 6 356 mots

Dans le chapitre « Sémantique et logique de la métaphore »  : […] Ces glissements témoignent bien qu'il fallait envisager une autre façon de considérer le terme, et en particulier qu'il était aberrant de réduire la métaphore à une substitution d'un mot à un autre. Il fallait donc reprendre la question du « sens propre » (dont Aristote dit qu'il est κ́υριος : maître...). C'est ce qu'a tenté I. A. Richards dans The Philosophy of Rhetorics (1966). D'un point de vu […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/metaphore/#i_2761

Voir aussi

Pour citer l’article

Marc SORIANO, « PROVERBES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/proverbes/