MERVEILLEUX

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Étymologiquement, le merveilleux est un effet littéraire provoquant chez le lecteur (ou le spectateur) une impression mêlée de surprise et d'admiration. Dans la pratique, on ne peut pas en rester là. La rhétorique classique limitait le merveilleux à l'intervention du surnaturel dans le récit et le décrivait comme un ensemble de procédés, ce qui a contribué à le rejeter hors du crédible et finalement hors de l'écriture. Une tendance plus récente l'identifie à cet éclair de ferveur qui est au cœur de toute expérience humaine : il en vient à désigner une qualité de présence de l'homme au monde et du monde à l'homme. Ou bien on finit par tout lui refuser, ou bien on finit par tout lui accorder. Il lui manque apparemment cette propriété essentielle des concepts : occuper un champ déterminé. Mais le problème est sans doute moins la contradiction dans les termes que le gouffre qui sépare deux stratégies définitionnelles : d'un côté, un discours scolaire ; de l'autre, une parole de l'ineffable. Ces postures intellectuelles désignent implicitement le même point aveugle de nos constructions mentales : là où la poièsis impuissante à décrire se réfugie dans le montrer et au bout du compte montre seulement qu'il y a du caché, de l'obscur. Le merveilleux nous fait acquiescer à l'impensable : c'est peut-être le point commun entre Aristote – qui présente le thaumaston comme une récupération de l'irrationnel par le vraisemblable –, les théoriciens de la Renaissance – qui cherchent un terrain d'équilibre entre le surnaturel et l'ornement – et les modernes – qui, dans nos sociétés de simulation, réactualisent le merveilleux comme rayonnement des possibles et clairière ouverte par l'art dans le retrait de Dieu, de la vérité et du monde.

Apories du merveill [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 11 pages

Écrit par :

Classification

Autres références

«  MERVEILLEUX  » est également traité dans :

ALICE AU PAYS DES MERVEILLES, Lewis Carroll - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Sophie MARRET
  •  • 1 212 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Un univers étrange et onirique »  : […] Les Aventures d'Alice au pays des merveilles naquirent lors d'une promenade en bateau à laquelle Lewis Carroll avait convié Alice, Lorina et Charlotte Liddell, les filles du doyen de Christ Church. Les enfants lui demandèrent de leur raconter une histoire qu'il inventa au fur et à mesure de leur progression, comme le rapporte son ami le révérend Duckworth qui les accompagnait. Sur la prière d'Ali […] Lire la suite

LA BELLE ET LA BÊTE, film de Jean Cocteau

  • Écrit par 
  • Jacques AUMONT
  •  • 892 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Du merveilleux au merveilleux : éloge du classicisme »  : […] Le film est adapté d'un conte de Jeanne Marie Leprince de Beaumont (recueil Le Magasin des enfants , 1757) qui fut souvent publié à la suite de Peau d'âne , et que Cocteau choisit, au lendemain de la guerre, pour son caractère éminemment français. Son art aura été de rester fidèle à cette histoire, dont il conserve la trame d'ensemble et les qualités, morales et symboliques, des personnages, tout […] Lire la suite

BESTIAIRES

  • Écrit par 
  • Françoise ARMENGAUD, 
  • Daniel POIRION
  •  • 10 708 mots
  •  • 11 médias

Dans le chapitre « La symbolique traditionnelle du « Physiologus » »  : […] Pendant des siècles, les écrivains d'Europe occidentale ont cru devoir soumettre, dans leurs œuvres encyclopédiques, la description des animaux à une tradition fantastique dérivant d'une vieille compilation alexandrine. Au milieu du xiii e  siècle, Barthélemy l'Anglais, Vincent de Beauvais et Brunetto Latini répètent encore les fables recueillies par le Physiologus (Φυσιολ́ογος), anonyme naturali […] Lire la suite

CABINET DE CURIOSITÉS ou WUNDERKAMMER

  • Écrit par 
  • Myriam MARRACHE-GOURAUD
  •  • 4 017 mots
  •  • 3 médias

« Tous les hommes désirent naturellement la connaissance », déclare Aristote au début de la Métaphysique . Ce désir qui serait propre à la nature humaine, et qu’on nomme en latin libido sciendi , est une idée qui connaît une fortune particulière à la Renaissance, où les ambitions humanistes d’embrasser tous les domaines de la connaissance donnent raison à un élan, jugé proprement humain, vers les […] Lire la suite

CHAT BOTTÉ LE

  • Écrit par 
  • Marc SORIANO
  •  • 498 mots

Un chat serviable et sans scrupules assure par ses ruses la fortune de son maître. S'agit-il, comme l'assure l'interprétation ritualiste, d'un conte sur un animal « totem » (chat, renard, chacal, gazelle ou éléphant blanc) et qui concernerait l'intronisation d'un roi chargé d'assurer la prospérité des récoltes ? L'histoire date vraisemblablement de temps très lointains, car la présence d'animaux s […] Lire la suite

LE COMTE DE MONTE-CRISTO, Alexandre Dumas - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Philippe DULAC
  •  • 1 091 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Du réalisme au fantastique »  : […] Avec comme toile de fond la France d'après Napoléon, dont sont décrits avec précision certains aspects de la vie politique, économique et mondaine, Le Comte de Monte-Cristo apparaît d'abord comme un roman réaliste, où l'action semble déterminée par les mouvements de l'Histoire. C'est parce que la première Restauration est une période politiquement confuse, propice à l'arbitraire et au déni de jus […] Lire la suite

CONTE

  • Écrit par 
  • Bernadette BRICOUT
  •  • 5 800 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « L'horizon d'une attente »  : […] Le conte traditionnel est inséparable de la communauté dans laquelle il s'inscrit : « Ce qui est premier, écrit Max Lüthi, c'est le besoin intérieur du conte que ressentent ceux qui le créent, ceux qui le cultivent et ceux qui l'entendent. » À cette notion un peu vague de « besoin intérieur », on préférera celle de « fonction textuelle » (rôle joué par le texte dans le système social) et la typolo […] Lire la suite

LE CONTE DES CONTES, Giambattista Basile - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Françoise DECROISETTE
  •  • 888 mots

Dans le chapitre « Maléfices et sortilèges »  : […] L'amorce inventée par Basile se situe dans le registre du merveilleux. Frappée de malédiction par une vieille femme dont elle s'est imprudemment moquée, la princesse Zoza est condamnée à remplir de ses larmes une cruche pour libérer un prince, Tadeo, endormi par une fée, de son tombeau de marbre blanc. Mais une esclave mauresque, Lucia, en se substituant à Zoza dans son travail de résurrection, se […] Lire la suite

CONTES, Hans Christian Andersen - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Régis BOYER
  •  • 759 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Contes merveilleux et contes réalistes »  : […] Il n'est pas question, ici, d'évoquer tous les contes, tant leur variété est grande. On peut seulement proposer la distinction classique, qu'Andersen faisait lui-même, entre les eventyr , qui introduisent un élément merveilleux, de type plus féerique que fantastique (« La Petite Sirène » , « L'Intrépide Soldat de plomb », « La Bergère et le ramoneur »), et les historier , plus réalistes, ou fondés […] Lire la suite

CONTES, Charles Perrault - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Christian BIET
  •  • 1 218 mots

Dans le chapitre « Un regard nouveau sur l'enfance »  : […] Les « gens de goût » sont donc les lecteurs des Contes . Ils savent que « les bagatelles » apparentes ne sont « pas de pures bagatelles » (Préface aux Contes ), que la pédagogie et le récit enjoué sont aussi agréables à l'esprit qu'utiles à la réflexion, ne serait-ce que par la morale louable et instructive qu'ils développent au travers d'une simplicité retrouvée. Le traité de Fénelon, De l'éduca […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Jacques GOIMARD, « MERVEILLEUX », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 juin 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/merveilleux/