LUTH

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Rôle profane et rôle sacré

On sait peu de chose sur l'emploi du luth dans la musique au Moyen Âge. Cela tient d'abord au manque total de documents écrits, puisque la musique elle-même commençait seulement de se donner des règles graphiques. La notation musicale venait de naître et restait très imprécise. De plus, elle ne s'adressait qu'aux chants liturgiques, tropes ou séquences. Le choix des instruments était donc des plus arbitraires et, lorsqu'il s'agissait d'interpréter une pièce, un luth pouvait aussi bien prendre la place d'un rebec ou d'une flûte ; à cette époque, on grattait en effet les cordes au moyen d'un plectre. Ce faisant, on n'attaquait qu'une seule corde à la fois. Le jeu du luth était donc mélodique, comme celui de la plupart des instruments médiévaux.

Au Moyen Âge, le profane et le sacré divisent catégoriquement la musique. La partie profane se caractérise essentiellement par la musique de danse qui est jouée par de petits ensembles de trois ou quatre instruments, parmi lesquels figure le luth. L'absence d'harmonie est remplacée par la forme de la ritournelle : chaque instrumentiste reprend le thème de la danse à son tour, en le déformant suivant sa fantaisie et surtout selon sa mémoire puisqu'il n'existait aucune partition. Viennent ensuite les jongleurs et les ménestrels qui utilisaient le luth pour accompagner leurs chansons. Ici l'accompagnement se limitait à la paraphrase mélodique de la chanson. L'air de luth venait aussi entrecouper d'intermèdes les « gestes » et les « dits », qui étaient souvent interminablement longs. En fait, le luth ne jouait jamais le rôle de soliste au sens où on l'entend maintenant ; il restait toujours complémentaire d'une forme qui l'englobait.

Dans la musique sacrée, le rôle du luth fut tout différent et c'est là que se trouve l'origine de son développement. À l'époque où régnait la mélodie, c'est parmi les chants liturgiques, qui bénéficient des prem [...]


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Écrit par :

  • : directeur de la revue Musique ancienne, luthier d'art (copies de luths et clavecins anciens)

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Compositeur et luthiste anglais, Pelham Humfrey est célèbre pour ses anthems et ses pièces sacrées pour voix seule. Né en 1647 ou en 1648, Pelham Humfrey (également orthographié Humphrey ou Humphrys) chante à la Chapelle royale sous la direction d'Henry Cooke et, à l'âge de dix-sept ans, part étudier en France et en Italie. Durant son séjour à l'étranger, il est nommé luthiste du roi et gentilho […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pelham-humfrey/#i_16085

INSTRUMENTS DE MUSIQUE - Facture instrumentale

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La vie du luthiste et compositeur anglais Robert Jones, actif de 1597 à 1615, demeure en grande partie inconnue. On sait qu'il reçoit un diplôme de musique ( bachelor of music ) à l'université d'Oxford en 1597 et qu'il obtient en 1610, par lettre patente, avec Philip Rosseter, Philip Kingham et Ralph Reeve, l'autorisation et les fonds permettant de créer à Londres une école de musique pour enfants […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/robert-jones/#i_16085

LE ROY ADRIAN (1520 env.-1598)

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Luthiste, guitariste, chanteur, compositeur, théoricien et éditeur de musique, qui aborda tous les genres en novateur fécond ; son influence fut considérable dans la vie musicale française du xvi e siècle. En 1551, Adrian Le Roy s'associe avec son cousin, Robert Ballard pour fonder une maison d'édition qui eut son importance pendant quelques siècles. Il fut le conseiller du roi Charles IX et, dan […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/adrian-le-roy/#i_16085

MANDOLINE

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MANDORE & MANDOLINE

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Petit luth du xvi e siècle, de quatre à huit doubles-cordes, à manche court, à caisse piriforme, à fond bombé et à côtes, la mandore est plus allongée que le luth ; elle a le cheviller recourbé en avant et qui se termine souvent par une tête d'animal. Certaines mandores possèdent quatre cordes de boyau et six de métal. On se sert parfois d'une plume comme plectre. Les cordes sont accordées en qui […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/mandore-et-mandoline/#i_16085

MILÁN LUIS (1490 env.-apr. 1561)

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Vihueliste, compositeur et écrivain espagnol, qui vécut principalement à la cour de Ferdinand d'Aragon et, vraisemblablement, pendant quelque temps à la cour de Portugal, près de Jean III, auquel fut dédié son ouvrage principal, Libro de música de vihuela de mano, intitulado « El Maestro » (Valence, 1535-1536). Cet ouvrage, première tablature espagnole de vihuela (luth), contient à la fois des œ […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/luis-milan/#i_16085

MUSICALES (TRADITIONS) - Musiques de l'Islam

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Compositeur et luthiste anglais, né vers 1570, mort en 1638 à Chester, dans le Cheshire, Francis Pilkington a connu la renommée grâce à ses pièces pour luth et à ses madrigaux. Bachelor of music du Lincoln College de l'université d'Oxford en 1595, Francis Pilkington devient chantre à la cathédrale de Chester en 1602, puis chanoine mineur en 1612 ; il en devient le maître de chapelle ( precentor ) […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/francis-pilkington/#i_16085

PIPA

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SANXIAN

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Le vocable sanxian (« trois cordes » ; san-hsien en transcription Wade) désigne un ensemble d'instruments à cordes chinois de la famille des luths dotés de trois cordes et caractérisés par un long manche sans frettes, une caisse de résonance carrée recouverte de peau de serpent sur ses faces antérieure et postérieure, un chevillier recourbé vers l'arrière et muni de trois chevilles latérales ; c […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sanxian/#i_16085

SHAMISEN

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Le shamisen (aussi orthographié samisen ) est un luth japonais à long manche, sans frettes, muni de trois cordes. Il comporte une petite caisse de résonance carrée avec des membranes frontale et arrière en peau de chat et un chevillier recourbé vers l'arrière muni de chevilles latérales. Il est dérivé du sanxien chinois, dont la version des îles Ryūkyū, arrivée au Japon au xvi e  siècle, est en […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/shamisen/#i_16085

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Le sitār est un instrument à cordes de la famille des luths très répandu en Inde du Nord. Il mesure 1,2 m de longueur environ et comporte une caisse de résonance piriforme profonde en bois et en calebasse, un manche en bois, long, large et évidé, des chevilles frontales et latérales, et vingt frettes arquées mobiles. Le sitār est généralement muni de cinq cordes mélodiques métalliques, d'une ou de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sitar/#i_16085

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Pour citer l’article

Joël DUGOT, « LUTH », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 29 janvier 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/luth/