- 1. Les différents types de blé
- 2. Blé, pains et religions
- 3. Des rendements par hectare très contrastés
- 4. Des rendements par unité de main-d’œuvre encore plus contrastés
- 5. Un marché mondial du blé en forte progression
- 6. Fortes instabilités du cours mondial du blé
- 7. Aides alimentaires et géopolitique du blé
- 8. Bibliographie
BLÉ
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Des rendements par unité de main-d’œuvre encore plus contrastés
Lorsque le blé est produit sur de toutes petites exploitations (de l’ordre de 1 ha), comme c’est encore le cas dans de nombreux pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, la productivité par homme ne peut être que modeste, de l’ordre de 15 quintaux par an, sauf si l’irrigation est possible, comme c’est le cas en Égypte, dans la vallée du Nil, et dans le nord-ouest de l’Inde (dans l’État du Pendjab).
Dans les pays où la production de blé n'a commencé à prendre son essor qu'à partir de la seconde moitié du xixe siècle (États-Unis, Canada, Argentine, Australie), l'essentiel du blé provient de régions plus ou moins marquées par la semi-aridité. Dans de telles conditions agronomiques, les rendements dépassent rarement 30 q/ha. Toutefois, compte tenu de la très grande taille des exploitations et de la mobilisation d’une mécanisation et d’une motorisation très puissantes, la productivité par unité de main-d'œuvre est très élevée – une seule personne (donc une unité de main-d’œuvre) suffit pour cultiver plusieurs centaines d’hectares, de l’ordre de 15 000 quintaux, voire plus. C'est le cas dans les wheat belts (« ceintures du blé ») des Grandes Plaines des États-Unis et dans les Prairies canadiennes.
L'Union européenne dispose de grandes régions productrices de blé (Bassin parisien, région de Magdebourg en Allemagne orientale, plaines hongroises et roumaines...). Les exploitations spécialisées dans la production de cette céréale dépassent souvent dans ces régions plusieurs centaines d’hectares. En mobilisant les équipements les plus modernes, une seule personne peut y produire également jusqu’à 1 000 fois plus de grains qu’un petit producteur d’une région pauvre.
Si, pour les cultures sous pluie (sans irrigation), les écarts de productivité par hectare vont de 1 à 10, ceux de productivité par unité de main-d’œuvre peuvent donc varier dans les cas extrêmes de 1 à 1 000.
Les niveaux de productivité par unité de main-d’œuvre les plus élevés de la planète (au moins 20 000 q) se rencontrent en Russie et en Ukraine dans le cadre de holdings agricoles géantes très puissamment mécanisées et couvrant des dizaines voire, parfois, des centaines de milliers d’hectares après que les paysanneries traditionnelles y ont été marginalisées. On comprend que, dans ce contexte, il soit impossible de mettre en compétition sur un même marché mondial des producteurs aux niveaux de compétitivité aussi éloignés.
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Écrit par
- Jean-Paul CHARVET : professeur émérite à l'université de Paris-Ouest-Nanterre-La Défense, membre de l'Académie d'agriculture de France
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