ACIDES & BASES

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Théorie de Lewis

Généralisation des notions d'acide et de base

Historique

L'un des avantages des définitions précédentes est l'adaptation d'une interprétation unique à des phénomènes que la théorie d'Arrhenius présente sous des aspects et avec des noms différents. Ainsi l'hydrolyse des sels devient une réaction protolytique où l'acide est l'eau, et la base l'anion du sel ; les réactions acidobasiques, dans les solvants non aqueux, se traitent par analogie avec les réactions dans l'eau, pourvu que ces solvants soient capables d'échanger des protons.

Réenvisageons la réaction la plus simple de neutralisation dans l'eau : action de NH3 ou OH sur le proton H+, qui ne possède aucun électron de valence, puisqu'il résulte de la perte d'un électron de l'atome H, qui n'en possède qu'un. La base NH3 a un doublet libre sur N, qu'elle pourra céder à H+ pour former l'ion ammonium NH4+, dans lequel la couche K de H est maintenant complète, avec deux électrons ; de même, OH pourra céder un doublet de l'oxygène à H+ pour former H2O. Ainsi NH3 et OH sont des donneurs d'électrons, et H+ un accepteur. En réalité, l'attaque a lieu sur H3O+, donc sur un proton dont la structure est déjà complète ; NH3 ne peut le faire que par déplacement de H2O, suivant le mécanisme donné par la réaction 9, où la première flèche, qui va du donneur à l'accepteur, indique la liaison formée, et la deuxième flèche la liaison rompue. L'attaque d'un acide faible HF par OH s'écrira de la même façon.

Presque à la même époque que les auteurs précédents, Lewis proposa une définition des acides et bases beaucoup plus générale que la leur, fondée sur sa théorie de la valence ; reprenant les idées de Davy, il voulut débarrasser les concepts de ce qu'il appelait le « culte du proton ».

Pour Lewis, toute substance pouvant accepter des électrons est considérée comme acide, et toute substance pouvant en donner est considérée comme base.

Réactions d'addition

Si l'acide peut accroître sa coordinence sans qu'il y ait d'impossibilité théorique, la réaction du donneur sur l'accepteur sera une simple réaction d'addition. C'est [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 19 pages

Médias de l’article

Acides et bases

Acides et bases
Crédits : Planeta Actimedia S.A.© Encyclopædia Universalis France pour la version française.

vidéo

Svante Arrhenius

Svante Arrhenius
Crédits : Hulton Archive/ Getty Images

photographie

Acides et bases

Acides et bases
Crédits : Encyclopædia Universalis France

dessin

Échelle d'acidité

Échelle d'acidité
Crédits : Encyclopædia Universalis France

dessin

Afficher les 7 médias de l'article


Écrit par :

  • : docteur en sciences de la Terre, concepteur de la collection La Science au présent à la demande et sous la direction d'Encyclopædia Universalis, rédacteur en chef de 1997 à 2015
  • : professeur à l'université de Paris-VI-Pierre-et-Marie Curie et à l'École nationale supérieure de chimie, Paris

Classification

Autres références

«  ACIDES & BASES  » est également traité dans :

ACÉTIQUE ACIDE

  • Écrit par 
  • Jacques METZGER
  •  • 2 111 mots
  •  • 3 médias

L'acide acétique, acide organique de formule CH 3 COOH, est le membre le plus important de la famille des acides carboxyliques. Il joue avec ses dérivés un rôle essentiel dans de nombreuses synthèses et dégradations biologiques accompagnant le métabolisme des aliments et la formation des tissus. On le trouve à l'état libre dans la sueur et le sang. Il est présent également à l'état libre dans la s […] Lire la suite

ACIDES-ALCOOLS

  • Écrit par 
  • Jacques METZGER
  •  • 1 306 mots
  •  • 1 média

Un acide-alcool est une molécule renfermant au moins une fonction acide carboxylique et une fonction alcool. La nature nous en fournit de nombreux exemples : acides lactique du lait aigri, malique des pommes avant maturité (diacide-monoalcool), tartrique du tartre des vins (diacide-diacool), citrique du citron (triacide-monoalcool), etc. Ces derniers, d'une saveur aigrelette agréable interviennent […] Lire la suite

ALCOOLS

  • Écrit par 
  • Jacques METZGER
  •  • 5 863 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Acidité, basicité »  : […] La fonction alcool présente à la fois un caractère acide et un caractère basique. Son acidité se manifeste lorsqu'il est mis au contact d'une base : le proton est cédé à cette dernière et l'anion alcoolate formé ainsi que l'acide conjugué de la base se trouvent en équilibre avec l'alcool non dissocié : La basicité de l'alcool se manifeste lorsqu'il est mis en présence d'un acide protonique : il f […] Lire la suite

ALDÉHYDES ET CÉTONES

  • Écrit par 
  • Jacques METZGER
  •  • 7 354 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Réactions mettant en jeu l'hydrogène en α du carbonyle »  : […] Comme on l'a déjà dit, les aldéhydes et cétones possédant un hydrogène en α présentent une certaine acidité (p K a = 19-20). Cette dernière est due au fait que la base conjuguée est stabilisée par résonance (formule  a). La base, anion énolate, est une base et un nucléophile ambidents : le centre basique oxygéné est dur, tandis que le centre carboné est mou. La réactivité de l'espèce énolate est […] Lire la suite

AMINOACIDES ou ACIDES AMINÉS

  • Écrit par 
  • Pierre KAMOUN
  • , Universalis
  •  • 3 481 mots
  •  • 6 médias

Les acides aminés, encore appelés aminoacides sont les unités structurales des protéines, donc des enzymes, clés des divers mécanismes du vivant. Ils participent en outre à presque tout le métabolisme cellulaire. On les a nommés ainsi, car ce sont des molécules organisées autour d’une même structure de base – un atome de carbone – qui porte : la fonction acide-COOH ; la fonction basique amine-N […] Lire la suite

AMMONIAC

  • Écrit par 
  • Henri GUÉRIN
  •  • 5 051 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « Propriétés physiques »  : […] L' ammoniac est un gaz incolore, d'odeur vive, à saveur caustique, irritant les muqueuses. Ses caractéristiques physiques essentielles sont indiquées dans le tableau . Elles sont comme celles de l'eau, anormales si on les compare à celles des autres hydrures volatils (phosphine, arsine, stibine). Les températures de fusion et d'ébullition sont plus élevées ; sa chaleur d'évaporation anormalement é […] Lire la suite

ANALYTIQUE CHIMIE

  • Écrit par 
  • Alain BERTHOD, 
  • Jérôme RANDON
  •  • 8 878 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Potentiométrie »  : […] La potentiométrie est une méthode qui mesure la différence de potentiel entre une électrode plongeant dans la solution à analyser (ce qui constitue une demi-pile électrochimique) et une électrode de référence ayant un potentiel fixe et connu. Le potentiel de l'électrode de mesure est relié à la concentration de l'espèce en solution par la loi de Nernst. La pH-métrie est la méthode potentiométrique […] Lire la suite

ARSENIC

  • Écrit par 
  • Jean PERROTEY
  •  • 4 537 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Hydrures et dérivés organiques »  : […] L' action du zinc en milieu sulfurique dilué transforme un composé quelconque de l'arsenic en hydrogène arsénié ou arsine de formule As H 3  ; cette propriété est utilisée en chimie analytique. Ce gaz (température de fusion − 116,3  0 C, température d'ébullition − 62,4  0 C) peut aussi être obtenu par hydrolyse des arséniures de sodium ou d'aluminium, faciles à préparer par fusion des deux constit […] Lire la suite

AZOTE

  • Écrit par 
  • Paul HAGENMULLER
  • , Universalis
  •  • 4 522 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « L'anhydride nitreux N2O3 et l'acide nitreux HNO2 »  : […] L' anhydride nitreux ou sesquioxyde d'azote n'est pur qu'à l'état solide. Liquide ou gazeux, il est dissocié en mono- et dioxydes dont la combinaison lui tient d'ailleurs lieu de mode de préparation. La molécule de N 2 O 3 est plane. Les deux atomes d'azote sont liés entre eux et comportent une hybridation sp 2 . L'un d'entre eux est associé à deux atomes d'oxygène, l'autre à un seul oxygène, un […] Lire la suite

BERZELIUS JÖNS JACOB (1779-1848)

  • Écrit par 
  • Jacques GUILLERME
  •  • 2 011 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La codification du système atomique »  : […] Berzelius a pleinement développé le projet de la chimie lavoisienne qui se fonde sur le choix de la masse comme invariant. Mais ses recherches, qui ont abouti à la publication en 1818 d'une première table de masses atomiques, procèdent plus particulièrement des spéculations de Dalton. Celui-ci avait réactivé en 1803 l'antique notion d'atomes dans une théorie des gaz proche de celle de Lavoisier. […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Yves GAUTIER, Pierre SOUCHAY, « ACIDES & BASES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 novembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/acides-et-bases/