POLOGNE

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quelques données-clés.
Nom officielRépublique de Pologne (PL)
Chef de l'ÉtatAndrzej Duda (depuis le 6 août 2015)
Chef du gouvernementMateusz Morawiecki (depuis le 11 décembre 2017)
CapitaleVarsovie
Langue officiellepolonais
Unité monétairezloty (PLN)
Population38 138 000 (estim. 2022)
Superficie (km2)312 710

L'effondrement du système communiste (1980-1989)

La naissance du syndicat indépendant Solidarité a provoqué un grave déséquilibre dans le fonctionnement du système politique. En contestant le monopole du Parti communiste, cette organisation indépendante le délégitimait aux yeux de la classe ouvrière et de toute la société. C'était, en fait, le début d'un long processus d'effondrement du régime.

Le rôle du syndicat Solidarité

Fondé le 11 septembre 1980, le syndicat indépendant Solidarité reprenait le nom du bulletin des grévistes de Gdańsk : Solidarność. D'abord limité à l'échelle régionale (selon les termes des accords de Gdańsk du 31 août 1980), il s'est étendu en quelques semaines à l'ensemble du pays et à toutes les entreprises. Il a pourtant fallu encore deux mois et une menace de grève générale avant qu'il ne soit enregistré officiellement. Une branche étudiante et un syndicat paysan se sont organisés, suivis par d'autres professions. Solidarité est devenu une immense organisation libre de la société face à « l'État-parti » (à l'été de 1981, il revendiquait 9,5 millions d'adhérents). Jacek Kuron, un des fondateurs de l'opposition démocratique, devenu conseiller de Solidarité, a décrit ce processus avec enthousiasme : « Dans tout le pays, la société civile s'éveillait, tout le monde se sentait responsable, tout le monde voulait faire quelque chose. Des commissions et des comités poussaient comme des champignons après la pluie, ils étaient créés selon divers schémas et compétences, ce qui occasionnera pas mal de problèmes par la suite. Ces comités et ces commissions, qui s'enregistraient immédiatement, reconnaissaient certes le rôle dirigeant de Wałȩsa et de Gdańsk, mais ils voulaient être entièrement indépendants, et ne pas recevoir d'ordres ni d'instructions émanant d'eux ». Cette expérience d'un syndicat indépendant légal, inédite sous un régime communiste, a duré seize mois. Elle a donné à la société polonaise une conscience d'elle-même et une expression pluraliste exceptionnelle. Elle est demeurée une référence pour les démocrates qui, en Pologne et en Europe centrale, ont accédé au pouvoir en 1989.

Lech Walesa à Varsovie en 1980

Photographie : Lech Walesa à Varsovie en 1980

Alors qu'il n'était qu'un chômeur anonyme, Lech Walesa se retrouve en août 1980 à la tête d'un mouvement ouvrier qui va devenir le premier syndicat libre des pays socialistes, Solidarité. 

Crédits : PAI-Foto.pl/ ullstein bild/ Getty Images

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Le syndicat Solidarité a été soumis, pendant sa période légale, à la triple pression du Parti communiste, le Parti ouvrier unifié polonais (POUP), qui remettait constamment en cause les acquis d'août, de l'URSS, dont on craignait une intervention militaire (le pacte de Varsovie se réunit en novembre 1980, des mouvements de troupes sont observés...), et d'une base sociale excédée par les désorganisations et les pénuries alimentaires. Il est maintenant avéré que le nouveau responsable du parti, Stanislaw Kania, a d'abord tenté d'épuiser le mouvement, mais cette stratégie de la « confrontation morcelée » n'a fait qu'empirer la situation. Dès mars 1981, l'option d'une épreuve de force était privilégiée. Depuis l'automne précédent, le général Wojciech Jaruzelski, ministre de la Défense, la préparait techniquement dans le plus grand secret, avec l'état-major militaire, et pressé par Moscou que ne voulait pas intervenir directement. Nommé président du Conseil des ministres en février 1981, il devient Premier secrétaire du POUP en octobre.

L'Église tenta de son côté des médiations. Le cardinal Stefan Wyszynski, primat de Pologne (mort en mai 1981), puis son successeur Jozef Glemp, mais aussi certains évêques au niveau local évitèrent à plusieurs reprises l'affrontement. De Rome, Jean-Paul II multipliait les gestes de soutien. Le syndicat devint aussi le théâtre de débats et d'oppositions politiques, qui préfiguraient, notamment lors de son premier congrès national de l'été 1981, les clivages politiques d'après 1989.

En instaurant la loi martiale, le matin du 13 décembre 1981, le général Jaruzelski répondait au désir des Soviétiques de bloquer une dynamique qu'ils ne pouvaient arrêter. Il espérait aussi détruire le mouvement, isoler ses leaders et reconstruire un contrat national pour redresser le pays. Il fonda pour cela un Conseil militaire de Salut national, qui concentrait tous les pouvoirs. Si l'opération fut, sur le court terme, une réussite (cinq mille arrestations, interdiction du syndicat, prise de contrôle de l'économie par l'armée...), et les affro [...]

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Écrit par :

  • : professeur à l'université de Paris-IV
  • : directeur scientifique au C.N.R.S., professeur à la faculté de droit de l'université de la Sarre
  • : maître de recherche au C.N.R.S.
  • : directrice d'études à l'École des hautes études en sciences sociales
  • : docteur en études politiques, ancien chargé de recherche au C.N.R.S., ancien chargé de cours à l'université de Paris-II
  • : historien, chargé d'enseignement à l'Institut d'études européennes, université de Paris-VIII
  • : docteur d'État ès lettres, professeur à l'université de Paris-IV-Sorbonne

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Pour citer l’article

Jean BOURRILLY, Georges LANGROD, Michel LARAN, Marie-Claude MAUREL, Georges MOND, Jean-Yves POTEL, Hélène WLODARCZYK, « POLOGNE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/pologne/