POLOGNE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

quelques données-clés.
Nom officielRépublique de Pologne (PL)
Chef de l'ÉtatAndrzej Duda (depuis le 6 août 2015)
Chef du gouvernementMateusz Morawiecki (depuis le 11 décembre 2017)
CapitaleVarsovie
Langue officiellepolonais
Unité monétairezloty (PLN)
Population38 138 000 (estim. 2022)
Superficie (km2)312 710

Un État membre de l’Union européenne

Lorsqu’elle intègre l’Union européenne en mai 2004, la Pologne offre une première image paradoxale. D’un côté, elle est sans doute l’État candidat le mieux préparé et qui affiche, de plus, de bonnes performances économiques (malgré un ralentissement) et, d’un autre côté, elle élit dès 2005 un nouveau président conservateur et eurosceptique, Lech Kaczyński, lequel nomme un gouvernement de coalition avec l’extrême droite. Ce paradoxe prend fin avec les élections législatives anticipées en 2007.

La vie politique polonaise après 2004

Lech Kaczyński est élu président en octobre 2005 avec 54 % des suffrages au second tour, alors que le PiS remporte au même moment les élections législatives de l’automne (27 %). Il compose alors une majorité avec les populistes de Samoobrona et de l’extrême droite LPR. L’impopularité immédiate de cette alliance, ses maladresses ou ses provocations conduisent à un éclatement de la majorité en moins de dix-huit mois et à l’autodissolution de la Diète. En octobre 2007, une nouvelle majorité est élue autour de la PO (41,5 % des suffrages), tandis que le PiS se maintient à un bon niveau et que ses alliés populistes s’effondrent et disparaissent de la Diète. La cohabitation entre le gouvernement dirigé par Donald Tusk et le président Lech Kaczyński, qui affiche un euroscepticisme doublé d’un antigermanisme mal accepté dans l’opinion, se termine tragiquement, lors d’un accident d’avion, survenu le 10 avril 2010 près de Smolensk (Russie). Le président et une centaine de hauts représentants de l’État, de toutes obédiences, se rendaient aux cérémonies de commémoration du massacre de Katyń (1940). Son successeur, le libéral conservateur Bronislaw Komorowski, soutenu par PO, est élu au second tour le 4 juillet 2010 avec 53 % des voix. Cette évolution de la scène politique polonaise se confirme en 2011, lorsque Donald Tusk, Premier ministre sortant, gagne à nouveau les élections législatives avec 39,2 % (dix points de plus que le PiS, 29,9 %).

En revanche, la gauche demeure faible. Elle continue à payer sa gestion corrompue des années 2000. Un nouveau mouvement au discours gauchiste, formé autour d’un homme d’affaires issu de PO, Janusz Palikot, a semblé un moment esquisser une orientation alternative – il obtient 10 % des suffrages en 2011. Mais ses prises de position parfois incohérentes ne convainquent pas et, malgré une alliance avec des personnalités issues du SLD, dont l’ancien président Aleksander Kwaśniewski, il ne parvient pas à rassembler plus de 3,5 % des suffrages aux élections européennes de 2014. Aussi, bien qu’affaibli et souvent déconsidéré, le SLD demeure-t-il le parti le plus solide à gauche, avec un électorat d’environ 10 %.

En fait, les clivages révélés dans la période précédente se sont approfondis. L’opposition entre anciens communistes et anciens de Solidarność est dépassée avec ces scrutins. Puis la courte et saisissante expérience d’une majorité conservatrice alliée à l’extrême droite a, semble-t-il, dissipé définitivement cette vieille opposition au profit d’un autre clivage : l’affrontement entre une droite radicale, nationale-catholique, étatiste, et un centre libéral, européen, tout aussi patriote, structure dorénavant la vie politique polonaise. Cette opposition se réfère à des traditions anciennes et exprime deux visions de l’avenir de la Pologne dans, et avec, l’Europe.

La concurrence entre ces deux orientations domine la vie politique et médiatique. En 2014, le PiS et PO obtiennent d’ailleurs des scores équivalents, autour de 32 %, et le même nombre de députés européens. Les autres partis ne parviennent pas à définir une alternative crédible. Les agrariens du PSL (qui ne dépassent pas les 6 à 7 % selon les scrutins) gouvernent avec PO, tout en conservant un électorat rural modéré séduit par les aides européennes à l’agriculture. À gauche, plusieurs tentatives de rassemblement ont échoué. À l’inverse, la réapparition d’un parti d’extrême droite aux accents antisémites et europhobes, la Nouvelle Droite, qui obtient quatre eurodéputés, souligne la permanence de cette orientation, certes très minoritaire, en Pologne.

Moins qu’une adhésion au nationalisme eurosceptique des frères Kaczyński, le vote de 2005 apparaît comme une sanction des conséquences sociales des politiques libérales de droite ou de gauche, menées dans les dix années précédentes. Le nouveau gouvernement relance la croissance en favorisan [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 66 pages

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Médias

Pologne : carte physique

Pologne : carte physique
Crédits : Encyclopædia Universalis France

carte

Pologne : drapeau

Pologne : drapeau
Crédits : Encyclopædia Universalis France

drapeau

La Vistule

La Vistule
Crédits : Glen Allison/ Getty Images

photographie

Charbonnages polonais

Charbonnages polonais
Crédits : Steven Weinberg/ Stockbyte/ Getty Images

photographie

Afficher les 27 médias de l'article

Écrit par :

  • : professeur à l'université de Paris-IV
  • : directeur scientifique au C.N.R.S., professeur à la faculté de droit de l'université de la Sarre
  • : maître de recherche au C.N.R.S.
  • : directrice d'études à l'École des hautes études en sciences sociales
  • : docteur en études politiques, ancien chargé de recherche au C.N.R.S., ancien chargé de cours à l'université de Paris-II
  • : historien, chargé d'enseignement à l'Institut d'études européennes, université de Paris-VIII
  • : docteur d'État ès lettres, professeur à l'université de Paris-IV-Sorbonne

Classification

Voir aussi

Les derniers événements

20-26 juillet 2022 Union européenne. Adoption d'un plan contre le risque de pénurie de gaz.

La Pologne, la Bulgarie, la Finlande, les Pays-Bas et le Danemark en sont déjà privés. La Commission demande aux pays membres de réduire de 15 % leur consommation de gaz entre août 2022 et mars 2023, par rapport à leur consommation moyenne au cours des mêmes mois entre 2016 et 2021. Sont préconisés la réduction du chauffage et de la climatisation, le recours à des énergies alternatives ou la baisse de régime des industries non indispensables. […] Lire la suite

26 mai - 2 juin 2022 Pologne – Union européenne. Suppression de la chambre disciplinaire de la Cour suprême.

Elles accusent Bruxelles d’avoir cédé à des raisons géopolitiques liées à l’accueil en Pologne de deux millions cinq cent mille réfugiés ukrainiens chassés de leur pays par l’invasion russe déclenchée en février. Le 1er juin, la Commission européenne valide le versement des aides prévues à la Pologne. Le 2 juin, la présidente de la Commission Ursula von der Leyen se rend à Varsovie où elle rencontre le Premier ministre Mateusz Morawiecki et le président polonais Andrzej Duda. […] Lire la suite

8-24 mai 2022 Canada – Ukraine. Visite à Kiev du Premier ministre Justin Trudeau.

Il réinstalle dans la capitale l’ambassade du Canada qui avait été délocalisée en février à Lviv, puis en Pologne. Justin Trudeau promet 50 millions de dollars canadiens (36,4 millions d’euros) d’aide militaire supplémentaire à l’Ukraine, ainsi que 25 millions au Programme alimentaire mondial (PAM) et 10 millions à divers organismes chargés notamment du déminage. […] Lire la suite

1er-30 avril 2022 Ukraine – Russie. Mise au jour de massacres de civils dans la région de Kiev évacuée par les troupes russes.

Les pays Baltes ont expulsé des diplomates russes dès février, et la Bulgarie, la Pologne, la Belgique, l’Irlande, les Pays-Bas, la Slovaquie et la République tchèque en mars. Le 5, Washington annonce le déblocage de 100 millions de dollars (95 millions d’euros) d’aide militaire. Le 13, puis de nouveau le 21, il annoncera de nouvelles aides de 800 millions de dollars (760 millions d’euros) chacune, ce qui portera le total des aides militaires américaines à l’Ukraine à 3,4 milliards de dollars (3,2 milliards d’euros) depuis le début du conflit. […] Lire la suite

11-28 avril 2022 Canada – Ukraine. Reconnaissance par la Chambre des communes des actes de génocide commis par la Russie en Ukraine.

Le 15, une centaine de soldats canadiens rejoignent la Pologne afin de participer à l’accueil des Ukrainiens qui y trouvent refuge. Le 19, Ottawa adopte des sanctions à l’encontre de quatorze proches collaborateurs du président russe Vladimir Poutine, dont ses deux filles, ainsi que l’épouse et la fille du ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. […] Lire la suite

Pour citer l’article

Jean BOURRILLY, Georges LANGROD, Michel LARAN, Marie-Claude MAUREL, Georges MOND, Jean-Yves POTEL, Hélène WLODARCZYK, « POLOGNE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 29 septembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/pologne/