MÉTRIQUE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Codage et transmission

Les structures de durée et de mélodie du slogan ou du chant ne sont généralement pas déductibles des paroles, puisqu'une même expression grammaticale peut le plus souvent se rythmer et se chanter d'un grand nombre de manières différentes. Elles se perçoivent ou se transmettent donc d'ordinaire soit par l'audition (culture orale), soit, dans l'écrit, par l'adjonction d'une notation codifiée (écriture musicale). Ces problèmes de communication tendent à creuser l'écart entre la parole versifiée (poésie), que tout individu sachant lire peut en principe consommer seul (lecture), et la parole chantée, qui se transmet souvent, pour une majorité de personnes ne connaissant pas l'écriture musicale, par l'audition d'autres personnes, voire d'« interprètes » capables de déchiffrer cette écriture.

Cependant, l'interprétation syllabique d'un énoncé français, quoique largement déterminée par sa forme phonologique, n'est souvent pas complètement déductible de sa forme écrite ; par exemple, la structure syllabique dépend, pour le mot « lion », du choix entre l'interprétation vocalique de i (« diérèse : deux syllabes), ou consonantique (« synérèse » : une syllabe) ; « samedi » fait trois syllabes si on y fait correspondre une voyelle à la lettre e, deux syllabes sinon (« élision »). La majorité de ces ambiguïtés sont tranchées par deux types de codification, peu à peu établies par l'usage, qui ont prévalu, non sans quelques flottements ou évolutions, jusque vers la fin du xixe siècle. D'une part, la forme phonique des mots tend à se figer par son usage même (langue des vers traditionnelle), et par là même à se signaler comme désuète, voire archaïque : ainsi tous les « lions » de la langue poétique classique sont des li-ons, alors que tous les « pieds » sont des [pje] (une syllabe). D'autre part, l'interprétation de la forme écrite est rigoureusement codifiée par la tradition sur certains points dont dépend la syllabation ou la rime (conventions graphiques) : par exemple, une graph [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 11 pages

Écrit par :

Classification

Autres références

«  MÉTRIQUE  » est également traité dans :

INDE (Arts et culture) - Les sciences

  • Écrit par 
  • Francis ZIMMERMANN
  •  • 14 263 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Les mathématiques »  : […] Après avoir fait l'objet de controverses passionnées, l'originalité des mathématiques indiennes et la dette de l'Occident à l'égard de l'Inde ont été reconnues, assez tardivement et seulement depuis les années 1910. Certes, comme on l'a signalé, l'Inde a emprunté à la Grèce presque tout de l'astronomie. Mais nous devons reconnaître que les idées scientifiques ont cheminé en sens inverse dans le do […] Lire la suite

LYRISME

  • Écrit par 
  • Jamel Eddine BENCHEIKH, 
  • Jean-Pierre DIÉNY, 
  • Jean-Michel MAULPOIX, 
  • Vincent MONTEIL, 
  • René SIEFFERT
  •  • 10 721 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Cycles lyriques »  : […] La longue durée du lyrisme chinois permet cependant de déceler un certain ordre dans la juxtaposition ou la succession de ses courants. L'une des figures qu'ils ont coutume de dessiner est un cercle, sur lequel se succèdent périodiquement des phénomènes analogues. On admet que l'impulsion première réside dans le génie anonyme des masses, créateur des rythmes, tels que les mètres irréguliers des H […] Lire la suite

MOYEN ÂGE - La littérature en prose

  • Écrit par 
  • Nicola MORATO
  •  • 6 837 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Le mot et son histoire »  : […] Le substantif français « prose » dérive de l’adjectif latin prorsus , proversus , dont le sens principal indique un mouvement vers l’avant ou une position avancée. Le mot est employé comme synonyme ou pour gloser l’expression oratio soluta , qui désigne un discours dépourvu de structure métrique. Les définitions médiévales remontent dans la plupart des cas à celle d’ Isidore de Séville ( Etym . […] Lire la suite

POÉSIE

  • Écrit par 
  • Michel COLLOT, 
  • Dominique VIART
  •  • 9 390 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Formes »  : […] Selon son étymologie latine ( versus ), le vers se définit par le fait de revenir à la ligne. Or ce retour comporte deux implications presque contradictoires mais pour la tradition complémentaires : une rupture dans la continuité du discours et la récurrence de traits analogues d'un vers à l'autre, qui détermine précisément la périodicité du passage à la ligne. La forme vers associe donc différenc […] Lire la suite

POÉTIQUE

  • Écrit par 
  • Jean-Marie SCHAEFFER, 
  • Tzvetan TODOROV
  •  • 4 791 mots

Dans le chapitre « Domaines d'analyse »  : […] Le structuralisme et la sémiotique ont abordé tous les aspects des études littéraires. Mais leurs contributions les plus décisives se situent pour l'essentiel dans quatre domaines : – L'analyse des techniques narratives ( narratologie). Bien que des poéticiens d'obédiences diverses aient apporté des contributions importantes à l'analyse narrative, c'est un travail d'inspiration structuraliste, Le […] Lire la suite

STROPHE

  • Écrit par 
  • Véronique KLAUBER
  •  • 334 mots

Originellement liée à la tragédie grecque dont elle désigne un moment, la strophe est un ensemble de vers reliés entre eux selon un schéma rythmique préétabli et/ou selon un système de rimes. Elle est encadrée par des lignes de blancs ou des silences et comporte parfois une césure. Un poème est composé la plupart du temps de strophes à structure identique. Cependant, il est possible de varier les […] Lire la suite

VERS

  • Écrit par 
  • Elsa MARPEAU
  •  • 1 746 mots

Dans le chapitre « Naissance de l'alexandrin »  : […] Utilisé pour la première fois dans le Pèlerinage de Charlemagne (fin xi e -début xii e  siècle), son nom apparaît seulement au xii e  siècle, dans une poésie épique, le Roman d'Alexandre . Ce vers de douze syllabes va devenir le mètre de référence du théâtre, en particulier dans l'âge dit « classique ». À cette époque, l'alexandrin possède une structure régulière, déterminée par un rythme binaire […] Lire la suite

VERSIFICATION

  • Écrit par 
  • Robert SCTRICK
  •  • 1 216 mots

Dans les langues où la longueur de la syllabe est pertinente (soit par la nature de la voyelle, soit par sa position, c'est-à-dire son environnement consonantique de droite), les vers sont construits et identifiés d'après un nombre relativement fixe de pieds (séquence rythmée de syllabes longues, notées ▂, et de syllabes courtes, notées ⌣). Les vers de six pieds sont dits hexamètres, et sont surto […] Lire la suite

VIEIL-ANGLAISE LITTÉRATURE

  • Écrit par 
  • André CRÉPIN
  •  • 1 428 mots
  •  • 3 médias

Les migrants angles, saxons et jutes ont lutté pour s'assurer le pouvoir en Grande-Bretagne dès le v e  siècle, mais les textes vieil-anglais ne datent que du vii e  siècle : ce sont d'abord des chartes puis le premier poème chrétien en anglais, de Caedmon (vers 660). La période vieil-anglaise se termine à la suite de la conquête de l'Angleterre par Guillaume de Normandie (1066) et de l'avènement […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Benoît de CORNULIER, « MÉTRIQUE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 avril 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/metrique/