MÉTRIQUE

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Superstructures métriques

Dans la poésie littéraire traditionnelle, les vers ne sont pas les seules unités métriques : ils sont généralement regroupés, d'une manière systématique, en unités de niveau supérieur, essentiellement au moyen de la rime, parfois aussi au moyen des variations métriques ou de la répétition verbale. Ainsi dans ce passage de Horror, de Hugo :

Superstructure métrique

Superstructure métrique

Tableau

Superstructure métrique : extrait d'un passage de Horror, de Victor Hugo. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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La graphie impose d'emblée un regroupement régulier en groupes de six vers (sizains). À l'intérieur de chaque groupe, certaines lignes consonent deux à deux par leurs terminaisons, à partir au moins de leur dernière voyelle masculine (équivalence de rime). Si on représente deux vers rimant ensemble par la même lettre, chacun des groupes présente le même schéma d'équivalences en rime : AABCCB. Les deux groupes sont donc équivalents non par leurs sonorités terminales (les vers ne riment pas d'un groupe à l'autre), mais par leurs réseaux d'équivalences en sonorités terminales (schémas rimiques). De tels groupes métriques, en succession régulière, sont généralement appelés strophes.

À l'intérieur de chaque strophe, le schéma rimique dessine deux sous-groupes équivalents de trois vers (« tercets »), AAB et CCB, qu'on peut appeler les cellules composantes de la strophe. Ces deux cellules sont équivalentes non seulement par leurs derniers vers rimant en B, mais par leurs paires initiales de vers (« distiques »), puisque AA, dans la première cellule, est équivalent à CC dans la seconde, en schéma rimique (chacun de ces deux distiques, considéré indépendamment, est rimé en AA). Chaque tercet est donc une cellule composée de la succession d'un distique et d'un vers. Les vers courts (huit-syllabes) apparaissent comme des clausules, scandant par le changement de mètre la fin des cellules, dont le mètre de base est 6-6 (alexandrin).

Dans la poésie littéraire, la rime n'est donc pas un simple « écho sonore » visant, comme disent certains traités, au « plaisir » qui naîtrait de la « répétition ». Les schémas rimiques structurent totalement le poème en une succession de groupes emboî [...]


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Pour citer l’article

Benoît de CORNULIER, « MÉTRIQUE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 29 juillet 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/metrique/