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Tentatives d'unification et divisions

Frédéric II : la lutte du Sacerdoce et de l'Empire

Petit-fils de Frédéric Ier Barberousse et héritier par sa mère du royaume de Sicile, Frédéric II réussit à se faire couronner empereur en 1220 et à réunir sous son autorité l'Empire et l'Italie du Sud. Grâce à des vicaires impériaux, il veut étendre son hégémonie à l'Italie du Nord et du Centre. Sa politique autoritaire suscite l'hostilité du pape et l'inquiétude des communes. Grégoire IX excommunie l'empereur qui tardait à accomplir son vœu de croisade ; l'on voit ainsi un prince excommunié partir pour les Lieux saints, négocier avec les Sarrasins et se faire couronner roi de Jérusalem (1229). Dans l'Italie du Nord, les communes, partagées entre les intérêts divergents de la bourgeoisie et des nobles, hésitent sur l'attitude à prendre face à l'empereur ; beaucoup penchent pour la résistance et reforment la Ligue lombarde (1226). Les troupes communales sont écrasées par Frédéric II à Cortenuova (1237). Ce triomphe trop éclatant suscite une réaction anti-impériale ; pour la seconde fois, l'empereur est excommunié. La lutte du Sacerdoce et de l'Empire concerne désormais toute l'Italie.

Elle provoque une violente polémique. Des encycliques pontificales formulent la doctrine théocratique, considérant le domaine temporel comme une annexe du pouvoir spirituel. Libelles et manifestes impériaux affirment le pouvoir absolu de Frédéric II qui, reprenant à son compte, dans un but politique, les idées émises par l'humble prédication de saint François d'Assise (1182-1226) et de ses disciples, se pose en réformateur de l'Église. Dans cette lutte sans merci, l'empereur entend utiliser les ressources du royaume de Sicile et les troupes venues d'Allemagne, pour soumettre l'Italie. Il paraît y réussir jusqu'en 1243, lorsque le nouveau pape Innocent IV s'enfuit à Lyon, y convoque un concile qui dépose Frédéric II (1245). Évincé de Parme, trahi par ses vicaires impériaux, l'empereur perd l'Italie centrale, durement conquise, et meurt vaincu en 1250.

Guelfes et gibelins

Ce long conflit a exacerbé les divisions des villes et facilité le déclin des institutions communales. Pour des questions de politique étrangère, mais aussi à la suite de rivalités de familles, deux factions s'opposent dans chaque cité : l'une, favorable à l'empereur, forme le parti gibelin ; l'autre, hostile à l'hégémonie impériale et docile aux impulsions pontificales, constitue le parti guelfe. Si certaines villes comme Pise sont gibelines et d'autres comme Florence plutôt guelfes, la plupart des cités connaissent des dominations successives des deux factions. Dans ces luttes, les vaincus perdent leurs biens, leurs droits politiques, sont bannis et vont reformer, près d'une cité amie, une commune en exil organisant la revanche ; les renversements politiques sont fréquents.

La mort de Frédéric II porte un coup sévère au gibelinisme en Italie du Nord ; mais en 1258, Manfred, bâtard de l'empereur, usurpe le trône de Sicile et reprend la politique de son père. La curie romaine, pour éviter que l'Italie tout entière ne retombe sous la coupe des Hohenstaufen, inféode le royaume de Sicile à Charles d'Anjou, déjà maître de la Provence. Ayant conclu un traité avec le pape, réuni une armée, obtenu le concours des compagnies financières florentines, l'Angevin envahit l'Italie du Sud, se débarrasse de Manfred puis du dernier Hohenstaufen, Conradin. Il étend son influence sur la Lombardie, la Toscane, Rome même, grâce à un long interrègne pontifical, et semble devoir unifier l'Italie autour de sa personne. Il noue des alliances matrimoniales avec le roi de Hongrie, le prince d'Achaïe, et entend avec l'aide vénitienne reconstituer l'Empire latin d'Orient, disparu en 1261. Ses succès ne durent pas. Grégoire X, désireux de mettre fin au schisme oriental (concile de Lyon de 1274), cesse de soutenir l'Angevin ; le parti guelfe victorieux se désagrège ; les exigences fiscales du roi mécontentent les populations méridionales livrées à l'exploitation des Toscans. Contre l'impérialisme de Charles d'Anjou, le basileus, avec l'aide de Gênes, se rapproche du gendre de Manfred, Pierre d'Aragon. Ce dernier s'empresse de saisir l'occasion que lui offre la révolte des Vêpre [...]

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Le patriote italien Giuseppe Mazzini, vers 1870

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-600 à -200. Philosophes et conquérants

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500 à 600. Reconquêtes

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Écrit par :

  • : maître assistant à la faculté des lettres et sciences humaines de Paris
  • : professeur honoraire à l'université de Genève
  • : maître assistant à l'université de Paris-I
  • : professeur émérite d'histoire à l'université de Provence
  • : professeur à la faculté des lettres et sciences humaines de Grenoble

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Pour citer l’article

Michel BALARD, Paul GUICHONNET, Jean-Marie MARTIN, Jean-Louis MIÈGE, Paul PETIT, « ITALIE - Histoire », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/italie-histoire/